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31 mai 2015 7 31 /05 /mai /2015 14:20

 

Voilà maintenant une semaine que l’une des grand-messes du cinéma mondial vient de rendre son verdict et, à bien tendre l’oreille ici ou là, ou à bien tourner les pages de toute la presse hexagonale, il semble bien qu’un seul bilan s’impose : le cinéma français est celui qui est ressorti comme le grand vainqueur de ce Festival de Cannes 2015. Cocorico ! Alléluia ! Et-un-et-deux-et-trois-zéro ! On a eu le droit à tous les cris de joie. Tout le monde en semble ici fort heureux et n’a pas manqué de l’exprimer, des producteurs aux critiques, le tout en passant jusqu’aux hommes et femmes politiques. Voilà qu’on nous dit que ce triomphe est bien la preuve que le cinéma français n’a jamais été aussi vivant, créatif, au sommet de son art, etc... Bref, on nous rabâche les oreilles pour nous rappeler à quel point nous avons raison de nous attacher viscéralement à notre sacrosainte « exception culturelle ».  Après tout, quoi de mieux qu’une pluie de récompenses issues d’un festival mondialement connu, au jury international de grand choix, pour valider cette délicieuse certitude ? La chose semble si évidente, et pourtant…

 

 

Moi quand j’ai entendu le palmarès tombé, je n’ai pas pu m’empêcher de me rappeler cet article que j’avais lu sur Slate et qui avait été publié un jour avant l’ouverture du dit-festival. Le titre se suffisait à lui tout seul : « Cinéma français à Cannes : attendons que les récompenses pleuvent ». Car oui, selon les calculs de ce bon vieil ami Thomas Messias (que je salue au passage), il y avait 93,2% de chances qu’un film français reparte avec un prix. En bon prof de maths qu’il est, il l’annonçait déjà – c’était écrit pour lui – il n’y avait nul besoin de voir les films ou d’attendre les critiques pour l’affirmer haut et fort : les Français ressortiraient du festival sous une pluie de lauriers. Il suffit donc de se rappeler à ce seul article pour comprendre qu’il y a un loup dans l’enthousiasme irénique que tous expriment en ce moment à l’égard de notre glorieux cinéma national. Parce que oui, je le dis et je l’affirme, avec moins de sciences dures que le bon Saint-Thomas, mais avec une bonne couche de mon expérience en sciences sociales : non, le palmarès de Cannes n’est pas l’annonce d’un triomphe du cinéma français. Au contraire. Non seulement ce palmarès est le signe de sa totale déliquescence artistique, mais en plus, c’est aussi la démonstration que le Festival de Cannes est en train de lentement sombrer avec lui…  Pour ceux qui ne comprennent toujours pas comment je peux me permettre de telles affirmations, les paragraphes qui suivent sont là pour ça…

 

 

Démonstration par l’absurde…

 

Alors je l’annonce tout de suite, mon but ne sera pas ici de paraphraser l’article de Thomas Messias. Malgré tout, il me semble difficile de passer outre la tentation de s’appuyer sur sa démonstration pour exposer à quel point la considération artistique ne pèse finalement que peu de choses dans le processus électif du festival pour désigner ses lauréats. En gros, pour faire vite, puisqu’il avait sept prix à distribuer, que les films en compétition étaient au nombre de dix-neuf et qu’un quart d’entre eux étaient français, alors – calculatrice, probas, pif-paf-pouf – il ressortait qu’il existait 93,2 % de chances que la France reparte au moins avec une récompense. Mais aussi 63,4% de chances qu’elle reparte avec au moins deux trophées. Au final elle en a eu trois. Elle est déjà là toute l’absurdité du dernier Festival de Cannes. Sa sélection. Vous pouvez constituer n’importe quel jury, qu’il soit présidé par les frères Coen, Christopher Nolan ou Takeshi Miike, le résultat sera toujours le même. Il suffit juste d’orienter la sélection pour s’assurer du résultat. Aucune chance pour les Coen de récompenser Mad Max : Fury Road si celui-ci est hors compétition. CQFD…

 

Et pourtant – à croire qu’on avait envie d’y croire – tout le monde a foncé dans le panneau, la tête la première. Personne ne s’est interrogé vraiment sur ce que signifiait ce palmarès. Vous allez me dire, ce n’est pas le rôle du journaliste que de se risquer à des interprétations. Dire qu’il y a peut-être une couille dans le potage et que ce palmarès est potentiellement le résultat d’un calcul un brin tordu de la part du Festival, ce serait après tout livrer une interprétation personnelle et sortir de l’indispensable neutralité du journaliste. Pourquoi pas. Peut-être qu’effectivement le rôle d’un journaliste n’est que de livrer l’information de manière brute, sans interprétation. Seulement voilà, ce n’est pas à cela que s’est livrée la presse dans sa grande généralité. Elle ne s’est pas contentée de dire : « Palme d’or pour Audiard ; prix d’interprétation pour Lindon et prix spécial pour Varda… » Non… Elle a bien parlé de triomphe du cinéma français… Oui, elle a relayé le mythe… A quoi bon mettre de telle œillères pourriez-vous vous demander ? C’est pourtant simple. Et pour le comprendre il suffit juste d’accepter de changer de paradigme. Il suffit juste de retirer de notre logiciel de pensée que le but du Festival de Cannes est de récompenser le cinéma en temps qu’art…

 

 

L’art du politique et la politique de l’art…

 

Mais si Cannes n’est pas un festival promouvant l’art, que peut-il être ? C’est bien simple. Pour le comprendre il suffit de regarder qui le finance et qui le dirige. L’Association française du Festival International de Cannes c’est un budget de 20 millions d’euros, issu pour moitié de fonds publics et pour autre moitié de fonds privés issus des milieux professionnels du cinéma hexagonal. Le CA est donc à la fois composé des éminences grises du ministère de la Culture mais aussi d’autres éminences en provenance de TF1, M6, Arte, Canal+, Gaumont, Pathé, etc… Qui le dirige ? Pierre Lescure, ancien président de Canal+, gros investisseur dans le cinéma français, mais aussi proche de l’actuel gouvernement socialiste pour lequel il a présidé une commission sur l’avenir d’Hadopi. Vous voyez où je veux en venir ? « Ah non c’est trop gros ! Trop démagogue ! » se disent peut-être déjà certains d’entre vous. Et pourtant, seriez-vous à ce point naïf pour ignorer que le Festival de Cannes est avant tout une association créée par et pour l’Etat et certains industriels français ? Revenez simplement sur la genèse du festival pour vous en convaincre. Quand Jean Zay – un ministre ! – créé le Festival de Cannes durant l’entre-deux-guerres, c’est pour lutter contre la Mostra de Venise qui se fait le diffuseur du cinéma propagandiste italien et allemand. Le Festival de Cannes est avant tout un outil POLITIQUE. Et ce qui était vrai hier l’est encore aujourd’hui…

 

En 2015, où est l’intérêt de l’Etat ? Où se trouve l’intérêt des grandes industries du film français ? Il se trouve pour l’un dans la promotion d’un certain discours politique et pour l’autre dans la promotion des produits Made In France… Alors le calcul est simple. Puisque Cannes a réussi à s’imposer comme LE festival de propagande politique depuis le lendemain de la Seconde guerre mondiale, alors il faut l’utiliser pour vendre soit du film français, soit du film qui regarde le monde comme le gouvernement français entend nous le montrer (et si possible les deux). Ainsi, l’art n’a que peu ou prou son mot à dire. Ce qui compte c’est ce que le film dit, pas la manière dont il le dit. On nous parle de la rudesse de la société, des méchantes injustices sociales, de la dureté du monde ? Mais voilà exactement la came misérabiliste avec laquelle le monde bobo-parisien entend endormir la masse ! Ne réfléchissez pas, émouvez-vous et – par pitié – dites-vous que les choses pourraient être bien pires vous concernant au regard de ce que vivent ces pauvres Dheepan et Vincent Lindon ! Apitoyez-vous. Contentez-vous de ce qu’on vous avez. Dormez… Et pour qui doute encore que seul le sujet compte à Cannes, allez voir La loi du marché qui est déjà en salles, et posez-vous la question de savoir où se trouve la technique de l’artiste dans ce film. Un ami qui l’a vu aussi m’a dit que ce film ressemblait formellement en tous points à ce que pouvait fournir un élève de lycée lambda qui passe l’option audio avec sa petite caméra à bas prix. Oui, c’est ça la sélection de Cannes. Parmi les 19 meilleurs films du monde se trouve donc la production d’un banal élève de CAV… Franchement, ça ne choque personne ?

 

 

Cannes et l’art de la duperie sociale : so french…

 

Mais bon, les démonstrations pourraient se multiplier à l’envie, la vraie question serait plutôt : « A-t-on vraiment envie de voir ? » Après tout n’est-ce pas ce qu’on attend du Festival de Cannes ? A défaut de nous faire rêver, au moins nous endormir un instant ? Oui, la France va bien. Oui, les rigidités de nos structures sociales sont certes lourdes mais elles nous sont tellement bénéfiques. C’est vrai qu’il a l’air austère et creux notre cinéma comme ça à première vue, mais regardez, visiblement les plus grands spécialistes du monde ont l’air de reconnaitre que c’est là le meilleur cinéma qui existe actuellement ! Et attention, ce sont les Coen qui nous le disent ! C’est Spielberg ! C’est Sean Penn ! Pourquoi vouloir percevoir les trucages alors que la féerie de l’illusion qu’on nous projette est si belle et réconfortante ! Ah ! Ça nous ressemble tellement…

 

Alors certains sceptiques trouveront certainement encore des arguments pour sauver cette belle mascarade qu’est le Festival de Cannes, en affirmant que malgré tout, sans renier tout ce que je viens de dire, il peut encore s’exprimer au milieu de tous ces enjeux une vraie perle, un bijou qui marquera les esprits et l’histoire du cinéma. Et ceux là s’appuieraient alors certainement pour justifier leur propos sur les quelques pépites que ce Festival a su mettre en valeur par le passé : MASH, Taxi Driver, Apocalypse Now, Sexe Mensonge et vidéo, Sailor et Lula, Pulp Fiction ou bien encore Elephant ! Eh oui, c’est vrai que, pour le coup, le Festival savait conjuguer ses exigences sociales avec les exigences formelles du cinéma. Oui, mais d’un autre côté, comme par hasard, c’était là une période où le cinéma français était bien rarement représenté, et encore moins titré (notons durant cet âge d’or les deux seuls Salaire de la peur en 1966 et Sous le soleil de Satan en 1987). Seulement voilà, c’était peut-être une époque où la France sentait moins l’importance de justifier son rang ; c’était peut-être une époque où le cinéma français avait moins de difficulté à se vendre… Mais les Trente glorieuses sont désormais bien loin. Le verrouillage d’un cinéma hexagonal autour d’une élite restreinte finit par afficher ses conséquences : cinéma qui s’appauvrie dans ses savoir-faire, qui se monolitise dans les sujets qu’il aborde, qui se ferme aux courants et aux cultures extérieures, navigant seul dans les eaux troubles d’une déchéance proche dont tout le monde commence à se détourner… Ouvrir les yeux sur une telle dynamique, ce serait appeler à remettre en question notre manière actuelle de fonctionner ; ce serait nous inviter à faire sauter les privilèges, à réoxygéner la bête avec du sang nouveau… Mais accepter cela pour le cinéma ce serait le suggérer pour la société toute entière. L’élite en place ne peut pas se le permettre. Alors vendons du rêve. Affichons les dorures du Versailles de la Croisette. Montrons à quel point le monde est ébloui par notre splendeur, et soyons nous-mêmes éblouis par l’éblouissement que nous voulons voir chez les autres. Alors oui, convainquons nous. Le cinéma français a triomphé dans un festival international où Angelina Jolie et Brad Pitt sont venus… Allez, laissons-nous duper, ça nous permettra de ne pas avoir à trop se poser de questions.

 

 

Conclusion : la « magie » du cinéma…

 

Autrefois, quand on voulait duper la plèbe qui se larmoyait sur la pauvreté de sa condition, l’élite en place avait un outil merveilleux qui s’appelait l’Eglise. Dès qu’un pauvre paroissien se plaignait d’être pauvre, on lui répondait que Jésus aussi l’était et qu’en fin de compte il était bien plus heureux qu’un riche. Et comme on nous avait réussi à nous mettre dans le crâne, dès le plus jeune âge, que l’Eglise avait le monopole de la bonne morale et de la vérité sur le monde, eh bien ça marchait. Tout le monde finissait par accepter son sort, par naïveté pour une part et peut-être aussi par lâcheté pour une autre… Aujourd’hui, en 2015, notre cathédrale du cinéma, c’est Cannes. Quand le foule de spectateurs s’interroge sur la pauvreté de notre cinéma hexagonal, on lui répond que la Palme d’Or l’est aussi, mais que tout le monde s’accorde pour dire qu’on prend plus de plaisir devant ce genre de film plutôt que sur les autres cinémas clinquants certes mais putassiers en vérité…

 

Mais après tout pourquoi pas… C’est si facile de lâcher prise. Arrêtons de lutter contre le système et luttons contre nous-mêmes. Faisons ce que l’humain sait faire le mieux : s’adapter à son environnement. N’allons plus voir que du Dheepan et de La loi du marché. On finira bien par y trouver notre compte et notre conviction que finalement, tout ne va pas si mal que cela en France. Au diable les calculs de Messias le matheux et au diable aussi les pseudo-analyses socio-économiques de cet affabulateur de Crapaud. Qu’importe si le premier a su prophétiser le triomphe français avant son avènement, et qu’importe si le second savait trois mois à l’avance que Timbuktu allait tout rafler aux Césars et cela sans même avoir vu le dit-film ! Il est si facile de se laisser bercer par les strasses et les paillettes cannoises. Tout va bien. Notre cinéma est merveilleux. Il se porte bien. Et le monde entier est convaincu avec nous. Dormons. Dormons…

 

 

 

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Publié par L'homme-grenouille - dans Regard amphibien sur le ciné
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commentaires

samprastowin 31/07/2015 00:45

Mille fois d'accord !
Les récompenses sont depuis des années uniquement politiques. On le sait, il suffit simplement de ne pas y prêter attention, d'envoyer bouler tout ce politiquement correct gerbant et d'aller voir Mad Max en mangeant des M&M's.
Seulement ce qui me tue chaque année ou presque c'est le parjure artistique de cinéastes que j'admire, nommés présidents du jury et qui votent au mépris de toute logique. Comment le jury de Tarantino peut il décerner sa palme à Farenheit 9/11 quand Old Boy fait partie de la sélection ? Comment imaginer qu'un truc formellement aussi laid que la Vie d'Adèle puisse plaire au type qui a fait Jaws et E.T ? Comment les frères Coen, demi-dieux de la mise en scène peuvent ils promouvoir un film qui est en dépourvu ?
C'est quoi le truc ? On paye le jury pour leur dire quoi voter ?

L'homme-grenouille 01/09/2015 18:52

A dire vrai, je n'en sais pas grand-chose, mais pour avoir déjà eu l'occasion d'être dans les coulisses d'un festival je peux te dire qu'une discussion de jury peut se retourner très vite. La décision finale, c'est une réunion longue, et même si tout le monde est d'accord depuis un moment depuis plusieurs jours, il suffit qu'un film débarque au dernier moment, qu'on se requestionne, que ça dure des plombes et que, sous la fatigue, on se laisse prendre par les arguments de l'autre et par la mécanique de groupe. Et le pire, c'est que parfois, c'est pour primer au final un troisième film qui n'avait rien à voir avec les deux autres...

Pour moi il y a trois trucs qu'il ne faut pas oublier dans un festival et qui influent forcément un jury . D'abord, les gars n'ont pas de recul, ce qui rend plus difficile l'appréciation d'un film coup de poing. Old Boy a besoin de décantation. 9/11 par contre fournit une émotion forte de par sa démonstration, mais souffre par contre de la décantation. Ensuite, ils sont influencé par tout l'environnement qui les entoure : applaudissements finaux, échos, parfois des intérêts amis qui interviennent. Et enfin, et ce n'est pas rien, n'oublions pas que parfois, le jury fournit un choix de consensus plutôt qu'un choix de coeur. Un premier tiers du jury a bien aimé A mais a été bouleversé par B. Un autre tiers a aussi bien aimé A mais a été bouleversé par C. Et le dernier tiers aime aussi A mais a été bouleversé par C. Trois films bouleversants, forts, crus, mais qui justement, parce qu'ils sont crus ne font pas l'unanimité, ne vont pas remporter la palme alors que A fait consensus.

C'est malheureusement un peu tout cela un festival...

Zhurricane 18/07/2015 13:46

J’enverrais bien un mail à overblog mais je ne sais pas comment faire :(

Oui pour les "moutons" je me suis mal expliqué et j'ai fait une transition sur ton article suivant. Je voulais dire par là que quelqu'un qui ne va que très rarement au cinéma ne va pas prendre de risque à aller voir un film qui n'est pas un blockboster ( souvent de super héros) voire une comédie. C'est vrai que je suis sortit du cadre de l'article. C'est effrayant l'idée que: "un film a fait des entrées c'est qu'il est forcément bien. Parce que c'est le nombre de personne qui justifie la qualité". Avec ce genre de raisonnement on tombe dans la faute lourde qui pourrait consister à dire que par exemple la guerre c'est forcément bien parce que le plus grand nombre voulait ça.
Pour ce qui est du spectateur qui va voir beaucoup de films au cinéma (comme toi) bien sur que suivre un minimum les critiques est rassurant. Après je te cache pas que des fois j'écoute une critique négatif( dans le cercle par exemple) sur un film et que cela me donne envie de le voir. Parce que je sens que cela peut m'intéresser, il faut prendre du recul.

PS: Pour les bandes annonces, je fais comme toi je ne les regardes que très rarement, et pareil pour le résumé. Parce que je veux entrer au mieux dans le film sans avoir d'information. Parce que certains spynosis nous parle d'un truc qui arrive après 50 minutes de film, j'aime pas ses spoliers. Par contre ce que je regarde, c'est à quel genre de film j'ai à faire, le réalisateur, et les acteurs.

Bah on a qu'a créé un festival qui défendrait le cinéma que nous voudrions ;)

Oui je vais donc voir Cloud atlas, et il faudra que je revisionne Matrix, j'ai vu que tu as fais un article dessus je pense que j'aurais beaucoup de chose à dire sur le sujet.

L'homme-grenouille 20/07/2015 23:26

Après, moi j'ai envie de dire qu'il est difficile d'en vouloir aux gens de ne pas vouloir prendre de risque pour un divertissement aussi coûteux que le cinéma. Moi le premier, si je n'avais pas d'abonnement, et pas d'habitude de grosse consommation du cinéma, je pense que je ne me déplacerais que rarement au cinéma, et les rares fois où je m'y rendrais avec l'espoir de rentabiliser mon déplacement. Or voilà, c'est un raisonnement commun je pense : on se dit tous qu'un grand spectacle visuel ça se justifie mieux sur grand écran que la petite comédie indé qui peut se suivre tout aussi bien sur un petit écran d'ordinateur...

Sinon pour Matrix et pour Cloud Atlas, tu fais comme d'habitude : tu n'hésites pas à venir commenter.
Merci encore et à bientôt sur ce blog !

Zhurricane 04/07/2015 18:38

Bon si j'ai mis autant de temps pour répondre, c'est que je viens de voir que la section commentaire récent a disparu.

Oh oui, je suis d'accord avec toi, le problème c'est dirigé par un groupe de vieux, qui a peur des films qui prennent des risques. Tout est calibré, même si cela me semble moins pire que les cérémonies récompensant les musiques ( dont je ne regarde pas e dont jet ne prend même plus la peine de m'informer).

Oui, les gens sont des moutons et se disent: '' oh ce film a été nomé aux oscars, il doit être forcément bien". C'est dommage d'avoir cet avis si réducteur. Alors bien sur, je ne dis pas qu'il ne faut pas un minimum suivre les palmarès, les critiques et autres classements fait par des sois disant profesionnels du cinèma. Mais c'est oublié que leur mode de pensé est calibré dans un moule sans qu'il s'en rende forcément compte. Alors qu'il oublie, une chose super importante qui s'appel les sentiments ( au sens large). Parce que je m'en fou de savoir des choses trop présises sur la mise en scène, des choses qu'on apprend en école de cinèma. Je préfére le ressentis. Même si la forme permet d'acceder à ce ressentis. Mais pour moi le problème c 'est ça on explique pas pourquoi nous on aime ce film, mais pourquoi vous devrez l'aimer. Sans peut sembler pas très important, mais ça l'est. Comment quelqu'un peut t'il avoir une vision personnelle sur un film s'il est ancré dans un carcan de préjugés.

Bref, je m'égare, pour en revenir aux "moutons" c'est triste qu'ils ne se fondent pas leur propres opignions, est ceux pas quand matière de cinèma ( comprendra qui voudra comprendre ;) )

Pour finir, je reprend une de tes phrases écrites sur le film "Cloud Atlas" das ton top de 2013: "mais qu’est-ce que les gens sont devenus paresseux..." Oh oui je te le fais pas dire c'est bien ça le problème, ils ne veulent pas réfléchir, et regarder. Bon cela peut ce comprendre, et moi aussi j'aime bien a certains moments le cinèma sans prise de tête, mais bon le cinéma qui fait réfléchir c'est mieux, parce que ça nous apporte vraiment quelquechose.
Finallement j'ai bien envie de voir ce "Cloud Atlas'', ne ressemble t'il pas au film: "Mr. Nobody" ?

L'homme-grenouille 05/07/2015 17:59

Salut Zhurricane !

Merci pour ton commentaire, c'est toujours un plaisir de te voir fureter sur ce blog ! Désolé pour la disparition des "derniers commentaires". Overblog m'a confirmé que c'était définitivement supprimé et qu'on ne pouvait rien y faire. Je trouve ça très con. Si jamais tu as l'occasion de leur envoyer un petit mail sur le question, n'hésites pas. Si on se plaint tous, ils finiront bien par reconsidérer leur position. (Enfin, je ne force à rien... Fais comme tu veux...)

Pour ce qui est des "moutons", je serais peut-être un peu moins sévère que toi. Vu le nombre de films qui sortent, on est tous plus ou moins dépendants de la presse et des récompenses pour faire nos choix de visionnages. Moi-même ayant été pendant un petit moment réceptif aux uns et aux autres, j'avoue que j'ai du mal à en vouloir aux gens de se laisser prendre eux aussi par ce piège perfide...

Après voilà, moi je suis comme toi sur cette question des critiques et surtout des festivals. Je ne prône pas leur disparition. Au contraire. Comme toi je considère juste qu'un festival doit savoir afficher sa couleur, annoncer quel type de cinéma il entend promouvoir, afin que les gens ne soient pas lésés. C'est malheureusement trop peu fait et, surtout, les festivals qui actuellement sont relayés par la presse sont souvent ceux qui défendent le même type de cinéma, c'est-à-dire ces boboseries cannoises. Donc c'est dommage car, sur ce point, le monde du septième art hexagonal n'est pas très fair play avec les spectateurs.

Et puis enfin, pour "Cloud Atlas", je ne dirais pas qu'il s'inscrit dans la droite lignée de "Mr. Nobody" car cela reste deux films différents, mais sinon oui, c'est bien ce genre de film qui prend le risque de te raconter une histoire qui sort un peu des codes habituels, le tout fait d'une manière elle-aussi très éparpillée, mais non moins cohérente. Donc, je ne te garantis pas que ça te plaira, mais c'est vrai que pour le coup, je ne peux que te le conseiller, pour qu'au moins tu te fasses ton idée... ;-)

l'homme-grenouille 17/06/2015 14:05

Bah... Vois-tu cher Zhurricane, je pense qu'en ce qui concerne Cannes, les Césars, les Oscars ou quoi que ce soit d'autres, je pense que ce qu'il y a de plus triste c'est qu'on oublie qui compose ces comités et dans quels buts ils se constituent. Les Oscars, c'est un troupeau de vieux. Donne leur un truc bien pensant super académique et ça passe. Que des films comme "la couleur des sentiments", "12 years a slave", "Imitation Game" ou bien encore l'atroce "Une merveilleuse histoire du temps" soient nominés n'a rien à voir avec leurs qualités intrinsèques. S'ils sont nommés c'est parce qu'ils plaisent à des vieux académiciens, rien de plus.

De toutes façons, pour ma part, je ne considère pas qu'un film soit objectivement et intrinsèquement bon ou mauvais. Il y a des films qui plaisent à certains pour certaines raisons, et d'autres films qui sauront séduire une catégorie de population totalement différente pour des raisons elles aussi différentes. Je trouve juste dingue qu'on se laisse prendre par l'argument d'autorité. Les Oscars disent que ce film est bien, donc on y va complaisamment, avec déjà l'idée réacquise que le film à voir doit nous plaire. Ainsi se laisse-t-on prendre par ces directeurs de la pensée et de l'émotion que sont les cérémonies de festivals ou d'académie. Non "12 years" n'est pas un film meilleur que les autres, il a juste trouvé la sympathie de vieux Américains. Non "Dheepan" n'est pas la quintessence du cinéma mondial, c'est juste ce que l'Etat et l'industrie du cinéma français a voulu mettre en valeur... Donc oui, ce que j'ai juste cherché à dire c'est "apprenons à être lucide" et, c'est vrai, pas seulement au cinéma.

Zhurricane 17/06/2015 02:04

Attention par les temps qui courent, tu pourrais avoir des problèmes concernant ce genre d'article.
Cela dit je suis bien d'accord avec ton article, et j'aurais d'ailleurs aimé ne pas l'être.
J'aurais aimé que le cinéma français ne soit pas dans cet état qui est le sien, mais le problème est plus profond comme tu dis et c'est pour cela que je disais que tu risquerais peut être d'avoir des problèmes ( même si c'est quand mêlme sur le ton de l'humour, je ne pense pas que tu es de véritables problèmes).

Ca fait plaisir ce genre d'article qui va au delà des conventions que la société semble nous imposer.

Alors tu critiques ce festival de cannes, mais je pense qu'il a quand même un peu plus de légitimité que la cérémonie des Osacars où la promo joue encore plus un rôle pour avoir un prix.
Les Oscars c'est le show pour essayer de récompenser le glamour. Bon dès fois le glamour va de pair avec les bons films ( comme cette année par exemple, même si Interstellar a été snobé ).
Quand on pense à Cannes, on pense à quoi. On pense à une cérémonie chiante de bobo, c'est l'anti oscars par ce qu'elle veut consacrer. Cannes consacres soit disant des films intelligents, ou d'auteurs. Mais bon ça devient très vite ellitiste.
Donc il y a un juste milieu qu'on devrait avoir pour représenter le Cinéma entre les paillettes des Oscars et l'élitisme de Cannes. Le problème donc ce ne sont pas les choix faits, mais l'état d'esprit qui a amené ses choix.

Ensuite tu demandes de parler de changer de paradigme, et de réfléchir, et bien dit donc quand je lis ça moi je pense que cela peut s'appliquer pas seulement au cinéma, mais tout ce qui trait à notre société relié par nos bon vieux amis les médias (note l'ironie dans mes propos). Oui le problème c'est ses financements qui font que l'art n'est pas la priorité première des industries. Le problème c'est toujours l'ARGENT. Sans lui beacoup de chose serait plus simple. Enfin je m'égare, mais c'est vrai que pour moi cet article et plus large que simplement le cinéma.

Après je n'ai pas vu "la loi du marché", mais je vois bien de quel genre de film il s'agit, peut être que j'adorerais ou détesterais ce film, la n'est pas vraiement la question. La question c'est ce genre de film bon ou pas bon, ne doivent pas être un modèle, il doit être sufisament rare. Parce que oui faut pas déconner on va pas passer notre vie a voir des films aussi minimaliste. Enfin certaines personnes aiment ça, mais bon avec cette manière de penser et de réaliser on a fait vite le tour du cinéma. ON veut de vrai expèrience qui sont pensé et réfléchie et pas seulement un " exercice de style".
Après Lindon mérites peut être son prix, ( oui j'adore cet acteur), mais c'est autre chose. Un acteur peut être génial et le film nul. Bref je n'irais pas voir ce film au cinéma, pas envie d'enrichir ce genre de cinéma.
Alors ce type de cinéma on peut penser que c'est underground, parce que ça fait pas d'effort pour filmer, c'est sensé représenté la réalitéet blah blah blah. Mais pour comparé à la musique, une musique underground, c'est destructurée et les sons sont plus crade sa exprime des émotions, et c'est ça qui es top. Mais ça marche pas au cinéma ce genre de cinèma est tout sauf destructuré, mais justement structuré d'aucun effort, il ne faut pas confondre.

Et ta conclusion est géniale et peu de monde en a concience, comme c'était le cas avant avec l'Eglise. Voilà j'aurais pu faire plus long, mais l'essentiel est là ^^.

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