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28 février 2016 7 28 /02 /février /2016 11:59
Le meilleur de 2015 [2e partie]

Ces instants qui méritent qu'on perde deux heures pour eux...

 

La déambulation en plein Broadway de Michael Keaton dans

Birdman

Pour être entièrement honnête, je ne saurais même pas dire ce qui m’a fait aimer cette scène. Personnellement, Birdman, j’ai certes bien aimé pour le travail formel, mais le discours trop artistocentré – caricature du piège à Oscar – m’a très vite conduit à prendre mes distances. Et puis est venu ce moment : cette scène où Michael Keaton se retrouve à devoir déambuler en slip dans les rues de Broadway, seul moyen pour lui d’accéder à la scène. Ce passage, il dégage vraiment quelque-chose de magique parce que, pour le coup, je trouve que le postulat du film s’incarne enfin. Je ne sais pas vous, mais moi quand j’ai vu cette scène, je ne savais pas qu’elle était la part d’artifice et qu’elle était la part de « réalité ». Toute cette foule n’était-elle composée que d’acteurs ? Qu’en partie ? Pour le coup j’avoue que le doute m’a pris et que ça a généré chez moi une belle passerelle entre ce que je ressentais et le postulat du film. Après tout, la porosité entre le personnage de Riggan et la vraie vie de Michael Keaton semble tellement forte dans ce film qu’au final cette scène est celle qui retranscrit le mieux la démarche du film. Donc, pour le coup, oui, perdre quelques heures pour cette scène là, ça peut être sympa…

 

La découverte de XXX dans :

Seul sur Mars

Non, il n’y a pas Vince Diesel qui joue xXx dans Seul sur Mars (oulala, j’aurais peut-être pu l’éviter de la faire cette blague), mais c’est juste que, pour ceux qui n’ont pas vu le film, je ne voulais pas spolier le plaisir de ce moment là. Ainsi ai-je gentiment remplacé le nom de ce merveilleux objet vers lequel se rend le personnage de Mark Watney au milieu de son aventure afin que ceux qui s’intéressent à la conquête de l’espace échappent à ce bel effet de surprise. D’ailleurs, à ceux-là, je leur conseille de passer tout de suite au paragraphe suivant car, oui, au milieu de tout ce que je n’ai pas aimé dans ce Seul sur Mars, il y a quand même un petit paquet de bonnes idées qui pouvaient suffire pour faire de ce film un vrai bon moment d’exploration spatiale. Et donc, parmi ces vrais bons moments d’exploration, s’est trouvé une véritable pépite pour moi (j’espère que tout ceux qui n’ont pas vu le film sont déjà passé au paragraphe suivant), c’est donc la découverte par Mark Watney de Pathfinder. Pour le coup, c’est la fiction qui rejoint la réalité, c’est le rappel que la conquête de Mars a déjà commencé, et qu’en fin de compte, tout ce que nous raconte le film n’est pas si dément que cela. Ce retour à la réalité qui, pour le coup n’est pas un retour sur Terre, m’a refilé un sacré vertige. Oui, l’humain a déjà balancé des trucs sur Mars. Ce n’est pas de la fiction, c’est la réalité. Et que le film sache se raccrocher à ça en le réintégrant à son intrigue, j’ai trouvé ça juste génial. Donc oui, il n’est pas extraordinaire ce Seul sur Mars, mais ne serait-ce que pour des scènes comme celles-là, il vaut quand même le coup d’œil…

 

La découverte de Tomorrowland par Casey dans :

A la poursuite de demain

Ah que j’en veux à Disney de s’être senti l’obligation de nous montrer Tomorrowland au bout de cinq minutes via le personnage de Frank Walker, alors que sa découverte via le personnage de Casey est tellement plus intéressant ! Pour le coup, Brad Bird rappelle qui il est ; un rêveur. Dans cette scène, Casey se trouve immédiatement projeté dans une réalité parallèle, celle de Tomorrowland, dès qu’elle touche un Pin’s. Là où le génie opère, c’est que le déplacement dans un monde entraine un déplacement dans un autre. Ainsi, on peut très bien marcher tranquillement dans Tomorrowland tandis qu’on peut très bien se viander lamentablement dans son escalier à la maison. Et c’est là que je trouve que cette scène devient géniale. Par cette astuce, Tommorowland devient un monde de l’idée, un monde au cœur de la pensée dans lequel il faut apprendre à cheminer. Certes, le vrai Tommorowland est accessible pour de vrai dans l’intrigue du film, mais cette simulation oblige le personnage de Casey – et nous-mêmes par la même occasion – à apprendre à saisir les subtilités de l’exercice afin d’en découvrir le plus possible sans risquer sa peau pour autant. Pour le coup, c’est pour moi là toute la démarche que se doit d’accomplir un rêveur et, j’ai envie d’ajouter, c’est aussi là la démarche de tout inventeur. Apprendre à penser le monde autrement sans pour autant s’affranchir totalement de la réalité des choses. L’air de rien, ce Tomorrowland possède quelques subtilités comme celle-là, ce qui le rend clairement regardable. Dommage que la moulinette Disney en ait fait globalement un film plutôt passable…

 

Les visions de « la chose » dans :

It Follows

Quand ce film est sorti, il a connu un réel engouement. Certains le présentaient même comme un nouvel étalon du genre. Personnellement, je suis loin de partager ce point de vue. Certes It Follows est efficace, mais il manque à mon sens d’un véritable enjeu au niveau de l’intrigue, surtout dans sa seconde moitié… Reste malgré tout pour lui le fait que la première moitié fut pleine de promesses et riche de certaines audaces. Or, pour moi, s’il y a bien un truc qui m’a marqué dans ce film, ce sont les apparitions de la fameuse « chose ». L’air de rien, en termes d’atmosphère oppressante, j’ai trouvé ça super efficace et, qui plus est, reposant sur un savoir-faire formel irréprochable. Pas d’effets spéciaux, que de la mise en scène, que de la mise en situation… ce n’est pas que je sois un vieux con qui rejette toutes les nouvelles technologies (du moins j’espère), c’est juste que – trop souvent – un bon gros CGI semble dispenser le réalisateur de faire des efforts de mise en scène. Trop souvent, à mes yeux, c’est un recours à la facilité ; une facilité qui ne marche pas sur moi. Là, David Robert Mitchell prend ses responsabilités de réalisateur en ne s’appuyant que sur son savoir-faire. Eh bah moi je trouve que ça marche, ça marche même d’enfer. Rien que pour ces scènes là, le film vaut donc le coup, selon moi, d’un petit détour…

 

 

Les passages de conte dans :

Le petit prince

Ah qu’il est inégal ce film ! C’est dommage qu’il soit si rare que les grosses productions s’osent à prendre des risques visuels. Pour le coup, dans ce Petit prince, c’est vraiment un sentiment qui m’a agrippé plus d’une fois. Parce que oui, quand on regarde la bande-annonce de ce film, finalement, on voit une esthétique très pixarienne, très conventionnelle, susceptible d’attirer les parents et les enfants. Alors que bon… Dans ce film, il y a au milieu de ce visuel standardisé des purs moments de créativité visuelle absolument sublimes. Et moi, ces moments où le film décide de nous plonger dans le conte, avec une esthétique proche du stop-motion, je trouve ça juste MAGNIFIQUE. Et quand en plus Vincent Cassel vient mêler sa voix au renard, moi j’atteins l’orgasme. Bref, ces moments sont des vraies parenthèses de fraicheurs, appuyés en plus par une bande originale souvent forte à propos. Quel dommage que ces moments soient si rares ! Quel dommage que d’autres bonnes idées dans ce film soient noyés dans d’autres conventions ! Malgré ces déceptions, ce Petit prince n’en reste pas moins un film sympa à voir, donc, même si je ne vous garantis pas l’extase, au moins pourrez-vous voir ces quelques instants de belle poésie... Et c’est toujours ça de pris !

 

L’évangile de l’obsédé dans :

Le tout nouveau testament

Comme je l’expliquais quand j’abordais le cas des Nouveaux sauvages, je suis du genre assez réfractaire à l’égard des films découpés en saynètes. L’air de rien c’est un exercice casse-gueule, qui nécessite d’avoir une certaine homogénéité entre les intrigues proposées et surtout une vraie science de la transition, chose que la plupart des films n’ont pas. Pour ce Tout nouveau testament, à mes yeux, on est clairement dans ce défaut là. Globalement, le film ne m’a que moyennement plu, la faute à de nombreux passages qui m’ont laissé plus que dubitatif. Et pourtant, au milieu de tout ça, il y avait quelques instants de magie. Et c’est le cas, pour moi, de ce qui a été présenté dans le film comme « l’évangile de l’obsédé. » Déjà, dans de nombreux films, Jaco Van Dormael avait déjà su démontrer toute sa maitrise narrative et plastique. Eh bien dans ce Tout nouveau testament, c’est dans ce passage que, à mon sens, il parvient le mieux à l’exprimer. L’air de rien, ce qui fait toute la poésie de ce moment, c’est cette capacité qu’à Van Dormael de transformer une situation et un personnage qui avaient tout de pathétique en situation touchante et profondément humaine. Or, en ce sens, le choix d’acteur qui a été fait pour incarner l’obsédé joue beaucoup. Serge Larivière. Je l’avais déjà trouvé très beau et très touchant avec son rôle de kidnappeur maladroit dans J’ai toujours rêvé d’être un gangster ; j’ai retrouvé le même personnage beau et touchant dans cet évangile. Dommage donc que ce beau moment soit noyé au milieu d’autres moins intéressants. Dommage, car celui-ci vaut pour moi son pesant d’or.

 

La découverte de Jakku dans :

Star Wars VII, le réveil de la force

Je n’attendais pas grand-chose de cet événement « planétaire » tant ma foi en les qualités de conteur de J.J. Abrams sont limitées. Et pourtant, force m’est de reconnaître que, pour le coup, quand il fallu faire le tableau de cet univers trente ans après, certains coups de pinceaux de l’ami J.J. m’ont plutôt séduit. L’air de rien, c’est quand même l’une des grandes forces de ce gars. Il a un niveau créatif proche du zéro absolu, mais il sait analyser très rapidement les forces d’un univers pour mieux les reprendre et les retranscrire. Là, avec ces premiers instants sur Jakku, j’avoue qu’il a fait fort. L’espace d’un instant, j’étais totalement dedans. Le mythe fonctionnait sur moi. La force me pénétrait… Eh puis après il y a eu le reste du film qui, comme souvent avec Abrams, vient démontrer que la mécanique tournait à vide, mais qu’importe. En ce début sur Jakku, l’illusion marchait. Du coup, il serait bien dommage de se priver de ce moment là si l’univers Star Wars vous parle…

 

Le final de :

Ant-Man

Je ne vais pas vous le cacher, si The big short n’était pas venu se glisser dans le classement au dernier moment, il m’aurait fallu choisir un deuxième film « 3 étoiles » pour compléter mon Top 10, et cela aurait sûrement été cet Ant-Man. Alors oui, c’est un nouvel opus de cette saga que je vomis, les Avengers. Oui aussi, c’est encore plein de CGI et de références moisies à cet univers kitsch au possible, et pourtant, il y a dans ce film une petite fraicheur et un certain recul qui le rendent fort agréable. Or, s’il y a bien un instant qui traduit parfaitement cet état d’esprit d’Ant-Man, pour moi, c’est son final. Alors, pour le coup, le fait que ce soit la conclusion du film qui m’intéresse ici rend soudainement cet exercice qu’est le mien bien délicat. Loin de moi l’envie de vous spoiler le spectacle en vous en révélant la fin. Ainsi, je n’en dirais pas grand-chose, sinon que c’est tantôt amusant, tantôt rafraichissement (moi je me suis retrouvé un peu comme un gamin face à cette drôle de scène) et surtout franchement barré sur sa conclusion. Pour le reste, l’image affichée vous donnera un indice. Ça vous en dit un peu, sans vous dire tout. Pour moi c’est finalement le meilleur des teasers

 

 

Top 3 des plans de l'année :

 

 

1. Le plan séquence de :

Victoria

Alors oui, forcément je triche un peu en vous parlant d’un plan qui dure près de deux heures, car il s’en passe des choses en près de deux heures. Mais bon, c’est franchement une force en soi, que d’avoir été capable de construire un film tout entier avec un seul et unique plan, sans raccords artificiels comme ce fut le cas dans Birdman. L’air de rien, pour ma part, ça a clairement contribué à la moitié du plaisir ressenti lors de ce film. D’imaginer toute l’organisation que cet exercice de style à nécessité, j’ai franchement trouvé cela jouissif. Bon, l’intrigue quant à elle est parfois truffée de trous d’air, mais bon, l’exercice formel est quant à lui assez créatif et vraiment remarquable. Au jour de la publication de cet article, ce plan séquence est encore le plus long de l’histoire du cinéma. Il serait donc dommage, pour un amoureux de cinéma, de ne pas aller jeter un coup d’œil en direction de cette belle performance...

 

2. La montagne de sable dans :

Mad Max : fury road

Bon, ce film est pétri de plans iconiques au possible, mais il y en a quand même un qui me refile des frissons à chaque fois que je tombe dessus, c’est celui où, après la tempête de sable, on se retrouve face à une montagne de sable… Montagne de sable qui, en fait, n’en est pas une. Ça ne dit rien de particulier. C’est juste beau. Et moi, la beauté, j’aime ça…

 

3. Rylance et Hanks séparés par les carreaux d’une fenêtre dans :

Le pont des espions

Parfois je me suis encore surpris d’entendre des gens, pourtant assez curieux en termes de cinéma, réduire Spielberg a un simple « faiseur » de grands spectacles, rejetant cette idée qu’il puisse être un réalisateur de talent, doté d’un réel savoir-faire. Alors, vous me connaissez, je suis du genre à considérer que oui, on peut aimer ou ne pas aimer un réalisateur au cinéma et qu’il n’existe pas – intrinsèquement – de bons et de mauvais films étant donné le fait que, selon moi, leur qualité repose avant tout sur l’émotion qu’ils suscitent. Néanmoins, j’avoue que j’ai un peu de mal à ce qu’on puisse dire d’un réalisateur qu’il n’a pas de talent, d’inventivité ou de maitrise des codes de son art. La preuve pour moi avec ce Pont des espions. C’est un film que je n’ai que modérément apprécié, et pourtant, il m’est difficile de renier que certains plans sont juste remarquables dans leur composition. Alors, à tous ceux qui seraient encore sceptiques à l’égard de Spielberg, je les renvois à ce plan, assez récurrent dans le film, où les deux personnages, appartenant à deux blocs différents, sont régulièrement associés dans un même plan, mais séparés par un élément visuel. Sur l’illustration que je vous ai mis, c’est par des barreaux. Dans le plan que j’avais en tête, c’était par des carreaux de fenêtres. Et j’aimais cette idée, que le plan soit sans cesse fragmenté en trois. C’était si suggestif de la situation qui nous était présenté. Par rapport au plan avec les barreaux de fenêtre, l’espace central était occupé par une radio, symbole du monde extérieur, du monde vivant. Certes, le personnage de Mark Rylance en est exclu, car il est en prison. Mais ce qui est intéressant, c’est que le personnage de Tom Hanks est aussi suggéré comme étant exclu du monde. A soutenir un espion communiste, lui-même se retrouve dans une prison. Et pourtant, il n’est pas pour autant dans le même camp que celui qu’il défend. Ainsi chacun se retrouve isolé, réduits à êtres seuls dans leur case, chacun de leur côté. Moi ce genre de composition aussi riche, j’en suis plus que fan. Et force est de constater que, quelque-soit le film que Spielberg nous pond, il arrive toujours à nous en glisser quelques-uns des comme ça. Rien que pour cela, chapeau l’artiste… 

 

 

Top 3 des B.O. de l'année :

 

 

1. Mad Max : fury road

composée par Tom Holkenborg (Junkie XL).

Bah oui… Mad Max… Forcément… Et de trèèèèès loin. J’aime toujours, quand je présente une bande originale, évoquer les quelques pistes qui, à mon sens, sont les points d’orgue qui ressortent de la composition. Là, franchement, je galère, tant je trouve que l’ensemble est homogène et efficace. Allez… Malgré tout, pour essayer de jouer le jeu, je citerais quand même cette merveilleuse envolée lyrique au milieu de la tempête, Storm Is Coming (repris plus tard et plus calmement avec Walhalla Awaits), mais aussi Escape, The Chase, Claw Trucks ou bien encore le final Let Them Up. Mais franchement, entre les passages de folles percussions, les furies du guitariste fou, ou bien encore les étranges moments de mélancolies (comme Moving On, My Name is Max et surtout Redemption, mais que c’est bon !), tout se prend et tout s’écoute d’une traite. C’est nerveux. C’est bon. C’est jouissif. J’adore.

 

 

2. Une belle fin

composée par Rachel Portman.

Moins riche et plus répétitive que les autres bandes-originales que j’ai tendance à plébisciter dans ce top, je me permets néanmoins de faire figurer sur la seconde place de ce podium la composition de Rachel Portman pour ce Still Life. Pour le coup, c’est vraiment pour ce qu’elle apporte au cours du film, parce que l’air de rien, elle est d’une sacrée richesse émotive me concernant. Bien évidemment, pour ceux qui ne veulent pas se l’écouter en entier, je conseille le traditionnel Final qui retranscrit bien l’esprit de l’ensemble de la composition. Ça mérite une oreille attentive à mon sens…

 

3. Chappie

composée par Hans Zimmer.

Le choix fut plus compliqué pour cette troisième place. J’avoue que j’ai hésité avec une autre composition de Hans Zimmer, celle du Petit prince. Aucune ne me convainc intrégralement, mais je dois bien avouer que celle-ci, celle de Chappie, contient quand même quelques bons passages de bravoure qui méritent quand même le détour. Si je ne suis pas très fan de pistes très rugueuses comme The Only Way Out of This, Mayhem Downtown ou les Indestructible Robot Gangster 1 et 2, par contre j’adore les moments qui partent de poésie enfantine pour finir vers quelque chose de plus « cyberpunk » comme c’est le cas pour A Machine That Think And Feel ou bien encore Black Sheep, tout comme c’est le cas de ces moments presque d’onirisme électronique comme Breaking The Code. Mais bon, la perle de cette bande-originale, à mon sens, c’est l’un des morceaux finaux qui traduisent selon moi, au mieux, l’identité Chappie. Je pense notamment au morceau We Own The Sky que je peux me passer en boucle sans trop de souci tellement j’ai l’impression que ce morceau a été pensé pour ça. Bref, du bon et du moins bon. Mais du bon quand même ! Alors moi, vous me connaissez, je ne me prive pas…

 

 

 

Les personnalités de l'année :

 

 

                 

1. George Miller     2. Quentin Dupieux     3. Alain Chabat

 

Bon alors c’est certain, ceux qui me connaissent ne seront guère surpris de retrouver là, en tête de ce top, les auteurs qui sont à l’origine de mes deux claques de l’année. Parce que oui, je dois bien l’avouer, Mad Max Fury Road et Réalité sont quand même bien deux films à part me concernant, largement au-dessus du reste. Alors je pourrais certes très bien dire que ces films sont le produit de toute une équipe et pas seulement de quelques uns, de même que je pourrais dire que certains ont su apporter une incroyable contribution au cinéma sans que cela se traduise par un chef d’œuvre à la fin. Certes, je pourrais dire cela… Mais bon, avouons-le quand-même, je ne vois pas comment Mad Max Fury Road aurait pu exister sans George Miller. Ou, plus exactement, je ne vois pas comment Mad Max Fury Road aurait pu devenir ce parangon du retour aux vrais codes du cinéma d’action si ce n’était pas George Miller qui était aux commandes. Souvent je vante les nouvelles étoiles dans ce classement, là c’est clairement l’ancien, le vieux briscard, qui réinjecte son souffle vital au cinéma. Cela fait du bien… Pour Dupieux et Chabat, ma messe sera plus rapidement dite. Comme pour Nolan, Dupieux commence à devenir un habitué de ce top. J’aime les gars qui prennent des risques en permanence. J’aime les gars qui explorent sans cesse leur démarche. Dupieux continue, et il le fait remarquablement bien, donc qu’il soit béni par les dieux du septième art. Quant à Chabat, qu’il ait pu mettre son savoir-faire comique au service de Dupieux, je ne peux que m’en réjouir. J’aime ce mec, je pense que je l’aimerai toujours. Continue Alain… Continue ainsi… 

 

         

   6. Eddie Marsan     5. Oscar Isaac       4. Vincent Cassel

 

Et derrière Chabat, je me permets d’enchainer avec une autre volée d’acteurs, parce que, pour le coup, c’est trois mecs là, cette année, ils m’ont tous mis une belle claque, ci ce n’est plusieurs ! Limite, j’aurais tendance à parler d’Eddie Marsan en premier parce que, pour le coup, il ne doit sa place qu’à un film, un film qui repose entièrement sur ses épaules, et dans lequel il s’avère exceptionnel. Pour un acteur qui joue souvent les seconds rôles, et qui brille par sa qualité d’effacement, je trouve que c’était là un rôle rêvé pour lui, dans lequel justement, il a excellé. En toute honnêteté, je pensais même que je mettrais Eddie Marsan plus haut quand j’ai commencé à rédiger ce classement, seulement voilà, la concurrence s’est vite révélée très rude. D’abord, forcément, je devais citer Oscar Isaac. La raison était double. Tout d’abord c’était parce que je n’étais pas parvenu à l’intégrer dans le classement de l’année précédente concernant sa remarquable interprétation dans A most violent year. Le film était sorti lors de la dernière semaine de 2014, je l’avais vu en 2015, mon classement était déjà fixé dans ma tête, je ne me sentais d’écarter personne. Mais finalement en parler pour cette année 2015 n’est pas si absurde que cela, tant la rupture avec son interprétation dans Ex Machina n’en n’est que d’autant plus forte et d’autant plus troublante. Ce gars, ce n’est pas compliqué, je n’avais jamais vraiment accroché sur son nom et sur sa trombine avant, maintenant je ne peux m’empêcher de le percevoir comme un grand rayon de soleil dès qu’il apparait dans un film. C’est systématique (…ou pas en fait, parce que bon, dans Star Wars VII, quel rôle de merde il a hérité le pauvre… Déjà le fait d’avoir récupérer le même nom que le héros de Kung Fu Panda, ça fait quand même tache !) Et enfin donc, devant ces deux merveilles d’interprétation, et dans le sillage du merveilleux Chabat, un autre acteur qui a su s’illustrer dans plusieurs films cette année : le gigantesques Vincent Cassel. Alors oui, c’est vrai, cette année l’ami Cassel ne s’est illustré dans aucun film transcendant me concernant. Seulement voilà, c’est peut-être là que se trouve toute sa force. Même dans des films moyens, ce mec rayonne. A mes yeux, sans lui, Mon roi n’existe pas. Sans lui, le renard du Petit prince n’a pas le même charme. Quand à Tale of Tales, il fait parti de ces quelques acteurs de génie qui parviennent à donner tout son sens à cet univers très audacieux. Non mais franchement, cet acteur, je trouve qu’il a atteint un niveau juste incroyable. Alors que d’autres profiteraient de la situation pour s’afficher partout, lui choisit méticuleusement ses films, en fonction de ses goûts, et qu’importe s’il reste dans l’ombre. Ça c’est un artiste, un vrai… 

 

       

7. Pete Docter     8. Matthew Vaughn     9. Michael Keaton     10. Edgar Wright

 

Et pour cette dernière volée, peu de surprise je pense. Je mets d’abord Pete Docter, forcément. Quand je vois comme Pixar était en train de sombrer avant son Vice-versa, cela fait plaisir de voir un auteur historique du studio rappelait ce qui en faisait la force : la créativité, l’audace, la personnalité. Docter a rapporté tout ça à la fois avec Vice-Versa, donc merci d’être encore là cher Pete. Ensuite, voir Matthew Vaughn qui colle derrière, ça me paraissait évident, encore une fois. Ce gars a révolutionné le film de super héros, maintenant celui de l’agent secret. Il fait un boulot remarquable dans le monde pas évident dans ce type là de cinéma, généralement très cloisonné, donc franchement « chapeau bonhomme » et continues ainsi. Ensuite, pour les deux derniers, j’avoue que j’avais fait le tour des évidences, du coup j’ai décidé de valoriser Michael Keaton, injustement boudé aux Oscars alors que, il faut bien le reconnaitre, Birdman ne tient que sur ses épaules. Et puis voilà, c’est aussi un acteur que j’adore, donc pourquoi je me priverais ! Et enfin, pour conclure, je n’ai pas pu m’empêcher de faire un petit clin d’œil en direction d’Edgar Wright. Alors certains pourraient s’étonner. « Ah bon, mais il a fait quoi en 2015 ? » Eh bah justement, il était à l’origine du projet Ant-Man. Le gars a finalement été débarqué parce qu’il était un peu trop puriste pour les studios, mais pour moi, il est clair que tout ce qu’il y a de bien dans ce film vient de lui. Donc voilà, même quand un gars ne se retrouve même pas au crédit final (ou si peu) d’un film, il peut avoir une influence positive sur le monde du cinéma et, rien que pour cela, merci Edgar…

 

 

L'espoir de 2015 pour 2016...

 

La politique de la Warner

 

Bah oui… Cela fait déjà quelques années que j’avais envie de dire merci à la Warner ! Parce que bon, l’air de rien, qu’il s’agisse de Mad Max : Fury Road, de Cloud Atlas ou bien encore des derniers Nolan, au final c’était toujours là Warner qui était là pour produire. Oui, quasiment toutes mes plus grosses claques de cette dernière décennie sont des productions Warner et, pour moi, il est évident que ce n’est pas un hasard. Alors OK, j’en vois déjà quelques uns grimacer, m’affirmant que la Warner fait partie des grands méchants loups qui contribuent à couler Hollywood ces dernier temps, et ceux là parviendront sûrement à me faire une liste longue comme le bras des bouses dont ils sont aussi responsables. Certes. Je ne renie pas ça. Mais d’un autre côté, sachons aussi regarder une réalité du cinéma d’aujourd’hui. De nos jours, si tu veux te manger une grosse claque visuelle dans la tronche, il faut une tirelire. Or, de nos jours, les propriétaires de tirelires ne veulent plus miser sur des projets audacieux ni trop laisser de latitude aux auteurs. La Warner, pour moi, c’est la dernière major qui adopte encore une posture qui doit être pour moi celle d’une major. Certes, ils assurent un minimum sur des projets standardisés, et puis, de temps en temps, à la fois pour leur image de marque mais parce qu’ils n’ont pas peur de miser : ils laissent un projet un peu fou se lancer. Ils n’oublient pas que ceux qui savent le mieux comment faire du bon cinéma, ça reste les bons cinéastes. Ils ne choisissent pas leurs gars par hasard. Ils leurs posent certes l’ultimatum du succès, mais ils laissent AU MOINS les gars s’exprimer. Nolan, Wacho, De Toro… Moi quand on laisse des liasses à des gars comme ça, forcément, on concrétise des rêves. Donc oui, merci encore aujourd’hui à la Warner d’être là, et d’être la Warner…

 

 

...c'est tout pour 2015 !

Bonne année et bons espoirs pour 2016 !

 

 

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Publié par L'homme-grenouille
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commentaires

DanielOceanAndCo 02/03/2016 17:03

Hello l'ami,

Ta conclusion sur le studio Warner Bros, m'a fait très plaisir vu que j'aime énormément ce studio par rapport à leur politique d'auteur et si effectivement, ils ont une liste de bouses longue comme le bras, leur liste de chefs d'œuvre est encore plus longue.

Alors après, tout ça, c'est évidemment subjectif, j'ai beau adoré "Man of Steel" et "Le Hobbit", je sais qu'ils sont loin de faire l'unanimité (et je m'en branle après tout (ou que ça fait du bien d'écrire une petite grossièreté sans avoir peur qu'on supprime mon comm)). Mais bon, là n'est pas le sujet... ou pas loin!!

Parce que j'aurais adoré assister à la réunion de janvier 2016 en faisant le bilan de l'année écoulée : plus gros succès commercial "San Andreas"!!! Alors certes, la réception critique et publique sur "Mad Max" a été bien meilleure, mais c'est quand même cette grosse bouse pleine de deus ex machina qui a fait le plus de pognon.

Bon, en 2016, la logique devrait être respectée, c'est à dire les films à licences comme "Batman v Superman", "Suicide Squad" ou "Les Animaux fantastiques" (spin-off d'"Harry Potter") sensés démonter le box-office mondial et peut être pour toi de ne pas te retrouver dans ces films-là même si les Wacho et Nolan vont revenir également dans les mois à venir!!

L'homme-grenouille 03/04/2016 09:59

Oula ! Je me rends compte que je n'avais pas répondu à ce commentaire ! Vite ! Corrigeons cet outrage !

Bah pour la Warner, le pire, c'est que ça fait vraiment quelques années que je me dis la même chose : heureusement que parmi les grandes Majors, il reste la Warner...

Et oui, comme tu le dis si bien, je me retrouve totalement dans ton argument du "qu'importe le nombre de bouses qu'ils produisent..." Moi, "San Andreas", je ne suis pas allé le voir. Que ce film existe ne me dérange pas. Et vu son succès, il aurait été dommage qu'il n'existe pas car beaucoup semblent s'y retrouver. Mais s'il faut un San Andreas pour financer un "Mad Max", moi je bénis "San Andreas".

Critiquer la Warner parce qu'elle ne produit pas QUE des bons films, je trouve ça absurde sur toute la ligne. D'abord parce que - oui - qu'est-ce qu'un bon film ? Et ensuite parce qu'on semble oublié que les bons films ne pourraient exister sans des projets plus safes économiquement. C'est en cela que je ne crache jamais vraiment sur les productions Besson en France. Je trouve qu'il fonctionne un peu pareil, et c'est tant mieux pour la diversité et la qualité du cinéma.

J'espère en tout cas que 2016 nous réservera quelques bonnes surprises.

Gros bisous l'ami et à bientôt...

Le Nouveau Cinéphile 28/02/2016 16:22

Merci pour cette seconde partie (très attendue)!!

Personnellement, le plan de l'année à mes yeux est cette traversée de Max et de son camion au milieu d'un marais, avec ces hommes visiblement vissés sur des échasses depuis leur plus tendre enfance...

Au fait, à un moment (pour récompenser la personnalité de l'année), tu parles de "Frank Miller". Je t'avoue que j'ai pris peur, tant le bonhomme, certes talentueux, est connu pour ses opinions à la limite du fascisme... ce qui n'aurait peut-être pas tant dépareillé dans Mad Max, mais enfin bon, ça reste (de loin) le meilleur film de l'année.

Et au fait, bonne année 2016 et bons espoirs!

L'homme-grenouille 28/02/2016 20:58

Salut NC,

Vraiment désolé pour tout ce retard mais ces derniers temps ont été vraiment compliqués. J'ai fait au mieux. J'ai au moins réussi à poster la première partie à temps. Franchement, au vu des conditions c'était déjà un miracle !

Comme d'habitude je pense que le blog devrait reprendre une activité plus régulière en arrivant vers avril. J'ai déjà quelques articles en tête, dont la suite du Top5 sur les séries. ^^

Pour ce qui est de ces tops 3 là, je l'avoue, le choix de plan de l'année que tu m'évoques me parle aussi beaucoup. Mais bon, c'est un peu comme l'an dernier avec Interstellar : si je m'étais vraiment lâché, j'aurais fait un top 10 qu'avec le même film. Du coup il a fallu ne choisir qu'un plan. Si j'ai pris celui-ci, c'est aussi parce qu'il a une dynamique. Or, il se trouve qu'en plus de cela, les deux premières fois que je l'ai vu, je me suis fait avoir. Du coup, forcément, ça m'a marqué. Mais bon, sinon je suis plus ou moins d'accord avec ta conclusion : "Mad Max" ça dépote quand même méchamment par rapport à al concurrence de cette année là.

En tout merci encore pour ton commentaire - pour ta correction aussi ! - et à très bientôt sur ce blog !

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  • : Exilé d'Allociné mais la motivation reste intacte ! Par ce blog j'entends simplement faire valoir notre droit à la libre-expression. Or, en terme d'expression, celle qui est la plus légitime est celle des passions. Moi, je suis passionné de cinéma, et je vous propose ici mon modeste point de vue sur le septième art, en toute modestie et sincérité, loin de la "bien-pensance" mondaine. Puisque ce blog se veut libre, alors lisez librement et commentez librement. Ce blog est à vous...
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