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3 mai 2016 2 03 /05 /mai /2016 19:59

 

Oui, vous avez bien lu : je suis raciste.

 

Ce n’est pas moi qui l’invente. On me l’a dit.

 

…Et pas n’importe qui, s’il vous plait. C’est Allociné.

 

En toute honnêteté, je ne m’attendais pas à cette révélation en postant ma critique du film La Vache, fin mars 2016. Pourtant, le courrier que j’ai reçu fut sans appel : « Votre critique du film La Vache a été modérée pour la raison suivante : votre critique contient des éléments de nature raciste ou discriminante à l’égard des minorités et cela n’est pas autorisé sur notre site. Merci de les supprimer de votre critique. » Merde… Je suis raciste.

 

 

Découvrir ce qu’est le racisme, grâce à Allociné…

 

Vous savez, ce n’est pas évident d’apprendre qu’on est raciste alors qu’on était persuadé jusqu’alors de pas l’être. Ça rend tout de suite les choses beaucoup plus compliquées, même les choses les plus simples. Par exemple, dans le cas de ma critique de La Vache, j’étais prêt à reposter ma critique en retirant tous les propos honteux que j’avais pu mettre de dedans, mais merde alors, que c’est dur à faire quand on est persuadé que pas un seul mot qu’on a écrit n’est de nature raciste ou discriminatoire !

 

Alors pas grave. J’ai essayé. J’ai expérimenté. J’ai modifié phrase par phrase en validant à chaque fois, afin de voir à partir de quel moment Allociné considérerait que ma critique ne contiendrait plus de propos racistes ou discriminatoires à l’égard des minorités. Et ouf ! Enfin, avec un peu de temps, j’ai fini par y arriver. J’ai fini par isoler quelles étaient ces propos honteux contre lesquels je devais lutter pour ne plus être raciste. Accrochez-vous, vous allez voir, ça mérite d’être su.

 

Tout se trouve dans l’illustration malheureuse que j’ai pu faire d’un de mes points de vue à l’égard du film. Je me plaignais notamment que l’image donnée de la France, notamment dans son rapport à l’Algérie et aux Algériens, était beaucoup trop fantasmée, à tel point que finalement, la Vache tombait dans une sorte de « déni de la réalité ». Et là j’ai eu le malheur d’illustrer de la manière suivante : « Ainsi, quand Fatah l’Algérien débarque à Marseille avec sa vache et qu’il subit un contrôle douanier, il tombe sur des douaniers sympas, souriants et respectueux (…et quiconque a déjà eu la chance de subir des contrôles de la douane pourra vous confirmer cette idée qu’effectivement, en toutes circonstances, les douaniers sont systématiquement sympas, souriants et respectueux). Quand ce même Algérien se balade ensuite dans toute la région PACA (région qui est d’ailleurs reconnue internationalement pour son hospitalité légendaire, surtout à l’égard des populations en provenance d’Afrique) tout le monde lui parle, lui sourit, lui rend service, l’héberge… » Voilà. Il était là-dedans le propos raciste et discriminatoire. Pour preuve, il m’a suffi dans la première phrase de changer l’expression « Fatah l’Algérien » par « le héros Fatah » ; dans la seconde phrase de remplacer « ce même Algérien » par « ce même Fatah » ; et enfin de remplacer « populations en provenance d’Afrique » par « populations étrangères. » et le tour était joué. Plus de racisme. Plus de discrimination. Grâce à Allociné donc, j’ai appris que les mots « Algérien » et « Afrique » avaient une connotation raciste et discriminatoire. Merci Allociné. C’est noté. On ne m’y reprendra plus…

 

 

La vache qui cache la forêt…

 

Alors certains me voient peut-être mieux venir à présent. « Ah en fait c’était ça ! En fait cet article avait pour but initial de tailler la nouvelle politique de bienséance instaurée par Allociné ! » En bah pourtant non. Ou plutôt si, mais pas que… Parce que oui – pour ceux qui ne le savaient pas – depuis un peu plus d’un an maintenant, Allociné s’est acheté une morale. Être simple lecteur ne suffit pas pour s’en être rendu compte. Seuls les posteurs ont eu l’occasion de découvrir les joies de ce nouveau code Hays appliqué pour les critiques de spectateurs. A dire vrai, ce n’est pas forcément la charte de publication qui a changé, c’est la manière de l’appliquer. Avant, bien rares étaient les critiques qui étaient modérées, il fallait vraiment se lâcher (ou ne pas avoir de pot) pour voir sa critique supprimée par l’équipe de modérateurs. Désormais, ce n’est plus le cas. Chaque critique est passée au peigne fin (par de simples bots ou bien peut-être par de vrais humains qui sait…) et il n’est pas rare (du moins me concernant) que les critique ne soient retoquées pour des motifs divers et variés, allant de la simple vulgarité aux propos blessants, le tout en passant parfois par la case « propos révisionnistes ». Oui, je vous le jure…

 

Faire la liste par le menu de toutes ces absurdités n’est pas le but fondamental de cet article, même si pour le coup, cela permettrait de faire un portrait intrigant et non dénué d’intérêt de ce qu’est aujourd’hui devenu Allociné. En effet, il est quand même cocasse de constater qu’une critique peut se faire recaler pour un simple « je trouve ça con » alors qu’il suffit de le remplacer par un « je trouve ça bête » pour qu’elle soit validée. ; de même qu’il est interpellant d’être taxé de « révisionnisme » quand on ose questionner le caractère partial et propagandiste d’Hors-la-loi ; comme enfin il est juste risible de remarquer qu’on se fait striker sa critique des Huit salopards pour avoir utilisé le mot « salopards » jugé « injurieux et blessant » alors que c’est juste le titre du film (tout cela est véridique). A dire vrai, ce n’est pas Allociné qui m’intéresse, mais ce qu’il cache, ce qu’il révèle. Au fond, Allociné n’est qu’un symptôme. Il n’est que l’une des multiples déclinaisons d’un problème plus large. Moi, quand je vois ce qu’Allociné définit comme racisme, j’y vois en fait ce que notre société en général définit aujourd’hui comme racisme…

 

Quand je parle de notre société, bien évidemment, je parle de son courant mainstream, de ce courant véhiculé par les multiples institutions (qu’elles soient gouvernementales, économiques ou médiatiques) et qu’une majorité d’entre nous a tendance à adopter sans forcément se poser plus de questions que cela. Au fond, ce qui gêne dans cette société, ce n’est pas le racisme. Ce qui gêne, c’est l’émotion, le débat, l’absence de consensus préétabli… D’ailleurs, à bien y réfléchir : pourquoi cela ne pose pas de souci de dire que la région PACA n’est pas accueillante à l’égard des étrangers alors que ça en pose un de dire qu’elle n’est pas accueillante à l’égard des Africains ? De même, pourquoi cela pose un problème de remettre en cause l’amabilité des douaniers à l’égard d’un Algérien alors que ça n’en pose pas lorsqu’on la remet en cause à l’égard d’un individu lambda ? Visiblement, qu’importe qu’on dénigre les douaniers ou les gens de la région PACA, puisque cet aspect là du propos passe la modération. Non, ce qui a dérangé, c’est qu’on ait osé suggérer qu’il y avait du racisme là où on aait décrété qu’il n’y en avait pas. Le problème c’est qu’on ait osé déterrer un sujet clivant. Algérie, racisme, homophobie, sexisme, propagande, ségrégation sociale, domination culturelle, libre parole… Tout ça est toléré tant que ça reste dans les cases prévues pour ça. Il ne faudrait pas que la question déborde du cadre institutionnalisé. Il ne faudrait pas non plus qu’un « foutre », un « con », voire un autre propos hors de la doxa ne vienne bousculer un lecteur occasionnel dans son confort. Non Allociné ne lutte pas contre le racisme ou la vulgarité. Allociné lutte contre tous ceux qui ne veulent pas se conformer au bon ordre moral. Après tout, dans notre société, le racisme ne dérange pas, tant qu’il est institutionnalisé…

 

 

La différence entre un bon raciste et un mauvais raciste…

 

Oui, je l’affirme, il y a du racisme institutionnalisé. J’entends par là qu’il y a bien un racisme toléré, voire véhiculé par les institutions, et cela y compris par Allociné, voire même par le cinéma français en général. Alors j’ai bien conscience qu’en disant ça, je ne lance pas la révélation du siècle, mais je trouve quand même intéressant de constater à quel point, finalement, le racisme n’est pas un vrai problème pour le courant maintream français. Il suffit juste de voir comment ce film La Vache a été reçu par la presse pour s’en convaincre. On parle de « comédie touchante », « réjouissante », « drôle » pour le Parisien, Gala et Paris Match (ce dernier allant jusqu’à le qualifier de « fable humaniste »). On ose dire de cette comédie qu’elle est « sympathique » et « naïve » du côté des Fiches du cinéma. On y rajoute le qualificatif « inoffensif » du côté d’à-voir-à-lire. Mieux encore, on parle dans Télé 7 jours d’un film sur « le choc des cultures » et « l’ouverture aux autres », tandis que TF1 News (oui je sais, ça vend du rêve) parle d’une comédie « fédératrice ». Les seules critiques négatives que l’on peut rencontrer à l’égard de ce film c’est qu’il souffre d’un « excès de gentillesse » (le Nouvel Obs) ou qu’il abuse du « sirop de l’unanimité » (les Inrocks). Ce qui me sidère, c’est que personne n’ait pris le temps de reprocher à ce film d’être ce qu’il est aussi… Raciste. Alors que oui – même s’il l’est de manière peut-être involontaire – il me semble quand même bien que plusieurs éléments nous démontrent que ce film n’est pas si « naïf », « humaniste » et « fédérateur » qu’on veuille bien nous le dire…

 

Juste un instant – pour ceux qui ont vu le film – prenez le temps de vous questionner sur ce portrait « fédérateur », « naïf » et so « feel good » qu’on nous vante tant. La belle France, dans La Vache, c’est avant tout du monde rural, des fermiers, et de bons vieux ripailleurs qui s’amusent au pied du château seigneurial local. Alors certes, on pourrait s’étonner que tout le monde soit si gentil dans ce film, on pourrait dire que c’est naïvement abusé, mais moi je pose quand même une question sur la nature de cette vision idyllique de la France. La France, c’est idyllique à partir du moment où il y a des nobles ? Des terroirs ruraux préservés ? …et des Arabes uniquement là où on est sensé en trouver, c'est-à-dire dans les cités et en Algérie ? Quelle drôle d’image d’ailleurs ce film nous donne des Arabes ! Les Arabes, dans ce film, ils n’existent et ne sont valorisés que dans deux postures : soit ils sont ou viennent d’Algérie, et dans ce cas là ils doivent correspondre à la caricature ultime de l’indigène lors de la période coloniale ; soit ils sont Français mais dans ce cas-là ils sont mariés à des Françaises du terroir, le tout en ayant bien veillé à effacer toute trace de culture algérienne chez eux. D’ailleurs, à part les gamins qu’on voit taguer la vache et quelques autres figurants vus à la télé, il n’y a dans ce film qu’un seul Arabe qui soit Français dans ce film, du moins un seul qui mérite la qualification de « personnage ». Sur un film qui parle des liens entre France et Algérie, c’est étrangement proportionné…

 

Alors après, entendons-nous bien. Il ne s’agit pas de dire qu’un film est raciste dès qu’il présente un Algérien bien du bled ou un Français d’origine ou de culture arabe mariée à une blonde. Non, la vraie question pose sur le regard sélectif qui est ici opéré. Pourquoi ne voit-on que ces stéréotypes là et pas les autres ? » Dans un film qui entend dresser un portrait « idyllique » de la France, est-ce que les couples endogames chez les Français d’origine ou de culture arabes ça fait aussi tâche qu’un douanier zélé ou un fermier provençal raciste ? Est-ce qu’un terroir bien blanc dirigé par son seigneur local ça fait davantage rêver qu’une ville française métissée ? Là, pour le coup, on est en droit de questionner cette démarche et de ce qu’elle traduit de notre société… Mais bon, ce ne sera pas la première fois que, face à un film fédérateur, on jugera qu’il est inconvenant de questionner la nature-même de l’élément qui est parvenu à fédérer…

 

Intouchables, Bienvenue chez les Ch’tis, Qu’est-ce qu’on a fait au bon dieu ? Voilà les trois derniers gros succès français dans le sillage desquels La Vache a essayé de s’engouffrer. Trois films sur des sujets sensibles : la société de classes pour le premier, l’identité régionale pour le second, les tensions intercommunautaires pour le troisième. Trois succès qui révèlent d’ailleurs à quel point la masse apprécie que le cinéma s’investisse de ces questions. Mais sur ces trois succès, deux peuvent clairement être interrogés sur leur manière d’aborder ces questions. Si personnellement, je n’ai rien contre Intouchables, que je trouve vraiment très réussi et très malin dans son propos, je trouve par contre qu’il y aurait beaucoup à redire sur Bienvenue chez les Ch’tis et Qu’est-ce qu’on a fait au bon dieu ? Peut-on vraiment se réjouir que la France se retrouve dans des films qui, bien qu’ils prônent tous un message de tolérance et d’ouverture à l’autre, ne savent le faire qu’en confirmant les clichés racistes ou culturels de chacun ? On accepte le ch’ti à partir du moment où il vit dans des corons, où il mange des frites, du maroilles et de la bière en permanence et qu’il a un accent à couper au couteau. Mais attention, dès qu’un gars ne correspond pas à ce stéréotype dans le film, c’est un Parisien, car les Nordistes, c’est bien connu, c’est tous des Ch’tis. Pareillement, dans Mais qu’est-ce qu’on a fait au bon dieu ? on accepte le Juif que tant qu’il est pingre, le Chinois que tant qu’il fait du kung-fu et le Noir que tant qu’il est issu d’une famille nombreuse qui tchipe. Bah oui, sinon ça aurait été moins drôle… Ça aurait été moins « léger » je suppose… Ainsi ce racisme là passe, sans souci, au point qu’Allociné le conseille même lorsqu’il passe à la télé. Par contre, osons questionner dans une critique le racisme lancinant de ce film, et il est quasiment certain qu’Allociné vous attribuera 4 smileys rouges de manière automatique pour plonger votre critique directement en dernière page…  Comme quoi, pour paraphraser le sketch des Inconnus : le mauvais raciste, lui, il voit un film raciste, eh bah il se marre... Alors que le bon raciste, eh bah il voit un film raciste, eh bah il se marre…

 

 

Conclusion : où comment Allociné m’a permis de comprendre plein de trucs sur la France d’aujourd’hui…

 

Alors après avoir dit tout cela, entendons-nous bien : qu’un film comme Qu’est-ce qu’on a fait au bon dieu ? colporte des clichés racistes, au fond ça ne me dérange pas. Bah non. Que ce film rencontre un grand succès auprès de la population française, que tout le monde s’y bidonne dans la salle – y compris les personnes ciblées – ça ne dérange pas non plus. Quitte à en choquer quelques-uns, j’estime que le racisme n’est pas forcément méchant ou haineux. Non pas qu'il ne blesse pas. Mais je dis qu'il n'est pas toujours pensé pour blesser. Il est parfois juste une culture aux codes qui nous imprègnent sans qu’on s’en rende compte, qu’importe la part de réalité sur laquelle ces codes se fondent. Après tout, peut-on accuser le réalisateur Mohamed Hamidi et l’auteur Fatsa Bouyahmed, deux Français de culture algérienne, de cultiver sciemment et vilement des stéréotypes, racistes ou non, sur la France et sur l’Algérie ? Si tel était le cas, cela paraitrait étrange. Maintenant ce n’est pas parce qu’ils n’en ont pas conscience, ou parce qu’ils estiment que ce n’est pas fait méchamment, qu’au final ces deux hommes ne véhiculent ou ne confortent pas une vision assez racisée, voire même parfois raciste, de la société française…

 

Donc non, je n’ai pas fait tout ce speech juste pour dire qu’il y a du racisme partout, même allusif, que c’est mal et qu’il faut le condamner. Non. Si j’ai fait tout ce speech, c’est certes pour dire que le racisme est partout, mais qu’il faut juste en prendre conscience. Et que d’une certaine manière, ne pas conscientiser la chose, c’est aussi entretenir la chose. Après qu’on trouve ça bien, mal, inconséquent, chacun est libre de choisir sa posture et de l’assumer… Mais, par pitié, ne nions pas la réalité des choses. Dire que La Vache ou Qu’est-ce qu’on a fait au bon dieu ? offrent une vision très droitière de la société française, avec tous les filtres et autres déformations que ça apporte, ce n’est pas juger et condamner, c’est juste comprendre. Seulement voilà, dans une société comme la nôtre, avec ce fonctionnement qui est actuellement le sien et dont Allociné n’est qu’un symptôme et pas une cause, on ne peut même plus dire ça. Dans les cercles privés pourquoi pas, mais – par pitié ! – pas sur la place publique ! Le confort du déni doit primer sur l’ouragan libérateur que pourrait apporter un débat…

 

Donc voilà… Par simplicité donc, aux yeux d’Allociné et du grand public, je serai donc un raciste. Après tout, c’est tellement plus simple. Oui, il est tellement plus facile et confortable que de se dire que l’ennemi c’est l’autre. Le racisme, le terrorisme, la propagande, ça ne vient jamais de nous. Et si par malheur quelqu’un venait à rompre l’illusion ; si par malheur quelqu’un venait à s’attaquer à ce confort d’une société lissée par des décennies de méthode Coué ; alors la facilité appellera toujours à la même réaction. Il ne s’agira pas de réfléchir à la question posée ou au problème soulevé. Non. On bannira le présomptueux en l’étiquetant du mal qu’il a voulu dénoncer. Ainsi, vivons-nous sereinement, grossissant le rang des extrêmes, jour après jour, sans chercher à savoir ce qui stimule ce mécanisme. C’est ainsi qu’il en va du racisme, comme il en va aussi ainsi pour de nombreux autres sujets… Mais après tout, faut-il vraiment s’en inquiéter ? Après tout, n’est pas un raciste qui vous le dit ?...

 

 

 

 

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Publié par L'homme-grenouille - dans Regard amphibien sur le ciné
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commentaires

Tom 07/08/2016 19:04

Je ne suis peut-être pas assez "conscientisé" mais j'ai vu le film et je n'y ai rien décelé de raciste (ni d'ailleurs le fait que tout le monde y serait si gentil).
Il est vrai que parmi les thèmes survolés par le film n'y figure pas celui du racisme. Pour un film franco-algérien avec une toile de fond rurale, c'est presque une exception ! Pas dans l'air du temps. Politiquement incorrect, non ?

Mais peut-être que le politiquement incorrecte est de droite et ça expliquerait tout. Enfin, au moins cet article.

L'homme-grenouille 12/11/2016 18:46

Salut Tom !

Merci de ta réponse et j'ai envie de dire : pas de souci si on n'a pas vu la même chose !

Je pense avoir expliqué clairement comment le simple fait de faire une sélection de ce qu'on représente et de ce qu'on ne représente pas à l'écran traduit l'angle de pensée d'un auteur. Il me semble donc absurde de reprendre ma démonstration. Après je pense qu'effectivement, c'est une question de sensibilité. Il est vrai que, je le reconnais, le racisme que je vois dans "La Vache" est moins choquant que celui qui pourrait apparaître dans le cinéma américain de la première moitié du XXe siècle. On pourrait très bien ne pas le voir, ou l'interpréter autrement. J'ai exposé ici mon angle d'approche et les éléments sur lequel je m'appuyais. Bien évidemment on peut les remettre en cause...

Après, j’insiste encore, mais mon vrai sujet, en soi, n'est pas ce film "la Vache". le racisme que j'y vois n'y est même qu'un aspect seulement de l'article. Mon vrai sujet, là-dedans, c'était justement notre manière de percevoir le racisme et comment la société en son ensemble se positionnait par rapport à ça. Je l'ai dis et je le redis encore : le film "La Vache" ne me choque pas tant que ça. Oui, je trouve qu'il y a des vieux relents de racisme involontaire dedans, mais dans quoi n'y en a-t-il pas ?

En tout cas, ce n'est clairement pas moi qui vais vouloir t'imposer coute que coute mon impression sur la question. Mon blog ne s'intitule justement pas "qu'une question de point de vue" ?

En tout cas merci encore pour avoir alimenté cette discussion.
Je l'ai trouvé très enrichissante.
N'hésite pas à revenir sur ce blog et à poster d'autres commentaires. J'y répondrai avec plaisir et, je l'espère, davantage de promptitude ! ^^

Tom 11/11/2016 16:56

Salut,

Eh bien il n'y a aucun problème de définition entre nous. Il est normal de distinguer l'acte raciste du racisme dans la société. Ceci dit je ne vois toujours pas où ce dernier se niche dans "La Vache". Je n'ai pas vu - par exemple - à quel moment la place des arabes y était réduite à la manière que l'on réduit celle des femmes dans un film qui échouerait lamentablement le test de Bechdel.

Bref je me répète et on en revient au départ : On a décidément pas vu la même chose. Je continue de penser que tu extrapoles cette vision sur le film en fonction d'autres films similaires déjà sortis. Il ne s'agit que d'un seul film après tout. C'est un peu court pour y déceler une vision globale des arabes alors que ce n'est même pas son sujet de départ.

L'homme-grenouille 19/10/2016 20:04

Salut Tom,

Je te réponds avec presque un mois de retard. C'est juste la grosse looooooooose.... Rah je suis désolé... Je suis vraiment un blogueur en carton. D'un autre côté, je ne voulais pas répondre à lava-vite. Je voulais prendre le temps de me poser et de réfléchir à tête reposée sur ton commentaire.

Est-ce que je fais un procès d'intention à ce film ? Après tout, c'est vrai que ce serait possible. On est tous conditionnés par notre milieu ; on nourrit des sentiments d'appartenances culturels souvent sans le vouloir, et peut-être qu'au fond, ce qui m'a dérangé dans ce film, c'est qu'il n'entrait pas dans les codes de lecture du moment. Après tout c'est vrai, aujourd'hui, dire qu'on aime la France, la campagne, les trucs simples, qu'on trouve ça joli et que ça nous suffit, ça peut très vite conduire certains à nous cataloguer sympathisants frontistes, comme pouvait le faire quinze ans plus tôt Serge Kaganski en parlant d'Amélie Poulin. Suis-je victime de cela ? Mes arguments consistant à définir le propos de "la Vache" comme étant droitiste et traditionaliste ne reposent-ils finalement que sur une vague impression et non sur des éléments concrets ? Eh bien franchement, désolé d'insister, mais je pense que clairement que non. Il y a bien une démarche et une peinture droitiste dans ce film, voire même raciste, et je vais chercher à te le démontrer autrement que j'ai pu déjà le faire.

Puisque je ne veux pas me répéter, je vais ricocher sur ce que tu disais. Tu disais que je savais illustrer comment un film pouvait être misogyne comme pouvait l'être un James Bond mais que je ne l'avais pas fait pour un Arabe, un Musulman ou bien même pour la population rurale. Soit faisons ça. Listons les différentes façons de présenter un Arabe. On peut le représenter de mille manières. On peut montrer un Arabe qui vit dans la cité, un Arabe de la middle-class, un Arabe auto-entrepreneur, un Arabe prof, un Arabe barman, un Arabe musulman ou non, un Arabe encore lié à sa culture d'Arabe et qui l'exprime dans son habitat, ses habitudes, etc... On peut surtout voir des personnages arabes qui se définissent autrement que par le fait qu'ils soient Arabes et qu'ils renvoient aux stéréotypes habituels de l'Arabe. Du coup, forcément, quand je tombe sur un film qui limite son échantillon de personnages arabes (alors qu'il n'y en a pourtant beaucoup) à seulement ces deux stéréotypes - l'Arabe du bled et l'Arabe de la cité - forcément ça m'interpelle. Dans ce film, l'Arabe du bled, c'est le stéréotype de l'Arabe colonial (parce que bon, pour être allé en Algérie, là aussi on a quand même un bel éventail possible d'Algériens...). Quant à l'Arabe de la cité, c'est l'Arabe assimilé, désarabisé, désislamisé, marié à une blondinette... Pourquoi que ces deux types là et pas les autres ?

Alors certes, un film n'a aucune obligation à faire à chaque fois un catalogue exhaustif dès qu'on aborde une "minorité" sous peine d'être taxé de racisme. Néanmoins,de par ses choix, un film trahit toujours ce qu'il veut montrer et ce qu'il ne veut pas montrer ; ce qui l'intéresse et le désintéresse. Cela trahit son regard sur la question. En réduisant cette vision des Arabes à ces deux visions seulement, on se retrouve dans le même cas qu'un film qui limite ses personnages féminins aux seuls faire-valoir sentimentaux, ou aux bimbos sexy. Là, pour moi, se trouve la démarche droitiste, voire raciste du film. Il n'adopte pas n'importe quel regard sur les Arabes. Il n'adopte que le regard qui va dans le sens d'une vision droitiste et raciste. Un Arabe, c'est soit un équivalent de ce que fut Banania pour les Noirs, soit c'est un gars qui est Arabe sans l'être, c'est à dire un mec qui n'emmerde pas les "vrais Français de souches" avec sa religion et sa culture...

Alors après je pourrais continuer dans la même logique concernant le monde rural. Je crois d'ailleurs que sur ce point on ne s'est pas compris. Quand je dis que le film présente une image idyllique de la campagne, je n'entendais pas dire qu'il présentait l'image d'un monde sans accroc. J'entendais juste dire qu'il présentait l'image d'un monde qui correspondait à cet idéal qu'on veut s'en faire aujourd'hui. Dans cet idéal, les fermiers sont gentils, les nobles sont des bons seigneurs, on reste entre gentils de saucissons, tout va bien (parce que oui, l'Arabe rural n'existe pas non plus dans ce film). Encore une fois, ce qu'on choisit de montrer et ce qu'on ignore trahit un regard. Alors après, oui, on nous montre des agriculteurs en colère. Maintenant est-ce que ça ne correspond pas à l'image d'Epinal qu'on aime globalement avoir d'eux ? On les aime bien et on les comprend les agriculteurs quand ils sont en colère ! Encore une fois, dans une logique droitiste, voire extrême-droitiste, le ras-le-bol du monde rural fait partie de ce qu'on tolère voire même de ce qu'on approuve. Contre quoi luttent-ils ? Contre quoi sont-ils en colère ? On n'en saura jamais vraiment rien, mais est-ce important ? Dans le film, seule l'image compte. C'est un peu comme dans "La vie d'Adèle" ou la jeune Adèle manifeste dans la rue sans qu'on sache vraiment pourquoi. Visiblement, Kechiche s'en foutait de ses idées, ce qui l'intéressait dans cette scène, c'était montrer que son personnage était conforme à une certaine représentation que certains se font des étudiants ou des jeunes en général.

Bon alors voilà, c'est un peu long, je sais. Je ne suis même pas sûr que tu auras la témérité de revenir sur cette page un mois plus tard pour voir si je t'ai répondu. En tout cas j'espère que ça éclaire sur ma vision de voir la chose.

En tout cas merci encore pour ce genre de commentaire. Se confronter au ressenti des autres est un excellent moyen de se confronter à ses propres ressentis. Merci donc pour ça...

A la prochaine peut-être donc ! Ce coup-ci je m'efforcerai de répondre plus tôt !

Tom 24/09/2016 18:59

Merci de la réponse.

Malheureusement ça n'a pas du tout fait avancer le schmilblick. Après t'avoir lu je ne pense pas avoir de problème de définition et être capable saisir la subtilité et les nuances qu’instillent le racisme en société. Mais ma remarque initiale n'a pas changée : je ne vois pas où est le racisme dans "La Vache" (sauf à considérer qu'il est raciste - car trompeur - de ne pas mentionner le racisme dans ce film). Tu as donné un exemple qui porte sur les femmes mais rien sur le racisme anti-algérien. Et par ailleurs je ne vois pas plus ce que ce film a de traditionaliste (sauf à considérer que l'est tout film qui représente la campagne rurale française autrement que comme dans un film de Delepine & Kervern). Ce n'est même pas niais comme la plupart des films franchouillards sur le sujet puisqu'on y montre clairement les problèmes économiques du milieu. J'ai l'impression que tu n'y as retenu que la scène du bal où tout le monde est heureux, s'embrasse et boit. C'est pourtant loin de respirer la joie champêtre tout du long.

Je dois donc faire partie de ces gens qui t'interpellent. De mon côté j'ai plutôt l'impression que tu fais un gros procès d'intention au film, essayant d'y faire coller une théorie globale mais qui cadre mal pour le coup. Peut-être avec d'autres films, mais pas celui-ci. Peut-être parce qu'il est moins lisse que cela justement.

L'homme-grenouille 27/08/2016 19:25

Salut Tom !
Désolé de te répondre si tard ! Je suis parti pendant deux mois loin d'Internet, d'où ma réponse tardive.

J'entends quand tu ne perçoives pas forcément le caractère raciste du film "la Vache". A dire vrai, tout dépend de ce que tu mets derrière le mot "racisme". Si on considère qu'un acte est raciste à partir du moment où il est une attaque ou une agression à l'égard d'une personne ou d'une population en raison de sa "race", alors dans ce cas-là, effectivement, "la Vache" ne serait pas raciste. Seulement voilà, si on considère qu'un acte raciste ne relève pas forcément de l'agression, mais simplement de l'acceptation d'une distinction racisée de la population, alors dans ce cas, la question n'est plus du tout la même...

Le problème de "La Vache" n'est pas qu'il agresse ou qu'il attaque quiconque. Le problème de "La Vache" se trouve dans le prisme qu'il nous propose de la réalité. Tu parlais de droite et de gauche en fin de commentaire, mais je pense qu'effectivement, il y a une dimension politique dans la vision que l'on aime se donner des choses et des événements. Là, clairement, le film joue la carte d'une vision traditionaliste de la France, avec ses nobles, ses paysans, ses buveurs de vin dans les villages, et ses Arabes dans les cités et dans les colonies... et où, bien évidemment, tout le monde est heureux de vivre comme ça ! En soit, le traditionalisme, par définition, s'appuie sur les vieilles valeurs et les vieilles représentations qu'on se fait des choses de la société et des gens. Donc oui c'est de droite (par définition). Et oui, puisqu'il est question de nous montrer des Arabes au travers de ce prisme traditionaliste, c'est aussi insidieusement raciste.

Et justement ! Si l'article visait bien à quelque-chose, ce n'était pas de condamner des films pour racisme, mais plutôt d'apprendre à identifier la réalité du racisme aujourd'hui dans notre culture. Réduire la place des femmes dans une fiction au simple rôle de la secrétaire ou du faire-valoir amoureux ce n'est pas une agression caractérisée à l'encontre des femmes... Il n'empêche que c'est sexiste, parce que cela conforte une image où dans la société, la femme est exclusivement réduite à une fonction subalterne ou bien strictement définie par rapport aux besoins masculins. C'est pas forcément volontaire. C'est inconscient. Pourtant ça montre quand même ce que ça montre : des femmes toutes heureuses d'être réduites aux places où on les parquent. "La Vache" ne fait pas moins avec les Arabes que, par exemple, "James Bond" avec les femmes.

Un James Bond n'a pas été pensé pour être misogyne, mais il exprime malgré tout de la misogynie. Il est misogyne malgré lui. Il participe à cette structure de représentation dans laquelle les femmes sont exclues des rôles que la société patriarcale leur a attribués et, de ce fait, il impacte la société en confirmant ces biais auprès de gens comme toi et moi. Après tout, c'est vrai, pourquoi devrais-je trouver légitime qu'une femme veuille être autre chose que mon faire-valoir amoureux ? La société me confirme en permanence que le monde fonctionne comme je le pense ! Ainsi, par ma résistance que je trouverais normale, parce qu'acceptée socialement, vais-je participer inconsciemment à la mécanique d'aliénation des femmes. Au final, c'est moi qui accomplit l'acte d'oppression, mais il a été clairement facilité par le sexisme ambiant de ma culture. "La Vache" c'est ça, du racisme ambiant. Pas un acte, pas une agression, juste un biais, juste une manière de montrer et de présenter les choses. Ce racisme là, il est partout. Et justement, si on ne le voit pas, on ne peut pas comprendre comment le racisme s'alimente encore et toujours dans notre société.

Mais encore une fois j'insiste : quand je dis cela, je ne joue pas mon inquisiteur. Loin de moi l'envie de condamner des films comme "La Vache" sous le simple prétexte qu'il ne correspond pas à ma Doxa. Comme je l'ai dit en conclusion. "La Vache" ne me choque pas. De même que ça ne me choque pas que des gens trouvent ça drôle. Moi aussi j'ai trouvé ça drôle. Maintenant, ce qui m'interpelle, c'est que les gens ne voient pas ce qu'il y a dedans et qu'ils ne savent pas non plus l'identifier. C'est comme ces millions de personnes qui vont au Puy-du-fou et qui en reviennent enchantés sans voir quel problème il peut y avoir à livrer une vision totalement révisionniste et extrêmedroitiste de l'Histoire de France. Moi, à ces gens là, je n'ai pas envie de leur dire que le Puy-du-fou c'est nul et que leurs dressages de faucon ne vaut pas le coup d'être vu. Non, je les sensibiliserais davantage sur ce qui leur a été dit, par qui ça leur a été dit, et pourquoi ça leur a été dit. Pour moi, le progrès social se fait par l'ouverture progressives des esprits. Si on veut vraiment moins de racisme dans la société, apprenons donc d'abord à savoir identifier et percevoir où se trouve le racisme dans notre société...

Voilà, c'est un peu long, mais j'espère en tout cas que ça fait avancer ton schmilblick
En tout cas, n'hésite pas à réagir à nouveau à ce commentaire si jamais l'humeur t'en dis.
Merci pour ton commentaire et à très bientôt sur ce blog !

Max Miguel Fuentes Rockatansky 08/07/2016 02:09

Cher homme-grenouille, as tu pensé a intégrer SC qui sans être parfait, permet (pour l'instant) une expression quasi libre ? Sinon, ton article est très intéressant, je n'ai pas vu le film dont il est question, mais le rapprochement fait avec Bienvenue chez les cht'is et qu'est ce qu'on a fait au bon dieu ? ne m'étonne pas et permet de soulever un problème bien actuel. Pour ce qui est du racisme, j'ai même l'impression qu'il s'est ancré dans la société, et ce malgré la "lutte" faite a son égard (enfin quand ça arrange j'ai l'impression).

Max Miguel Fuentes Rockatansky 17/11/2016 22:06

Super alors. Bien-sûr qu'on pourra en reparler. Mais de rien, il n'y a pas de quoi, à bientôt, j'aurai surement d'autres choses à dire.

L'homme-grenouille 17/11/2016 19:43

T'inquiète pour la vulgarité, le trash talking ou bien encore l'écriture à l'arrache, je pratique des fois. C'est vraiment une pratique qui ne me choque pas. Je ne suis pas encore allé lire, mais quand ce sera le cas, on aura peut-être l'occasion d'en reparler.
En tout cas, merci encore pour tes commentaires et peut-être à bientôt sur ce blog !

Max Miguel Fuentes Rockatansky 16/11/2016 20:34

Bien d'accord, le problème viens surtout de la condamnation de tout et n'importe quoi par intérêt. C'est vrai que le racisme est parfois présent (moi je trouve que Qu'est ce qu'on à fait au bon dieu en est un grand exemple) mais on en y viens trop vite et parfois pour rien (moi perso je pense au cinéma de Bay que je vois comme un satire des USA, du cinéma américain et même de son propre cinéma et ça me gave qu'on le taxe de gros beauf, redneck, etc...). Pas de quoi pour les commentaires. Je sais pas si ma plume plaira, j'ai tendance à cracher dans la soupe et à être vulgaire, j'aime bien essayé de mêler du vocabulaire soutenu avec du vocabulaire "à l'arrache".

L'homme-grenouille 12/11/2016 18:24

Salut Max !

Merci pour les liens, j'irai y faire un tour !

Sinon, pour ce qui est de regarder les films avec relativisme, au fond je te rejoins. le but de cet article n'est pas qu'on s'insurge contre "la Vache". Encore une fois, ce film ne me pose pas de problème. Le racisme, le sexisme, et tous les vilains trucs en "isme" étant présents partout et dans tous les films - et sûrement sur ce blog aussi - il serait absurde de condamner tout support qui en serait imprégné. D'ailleurs, c'est moins la racisme de "la Vache" qui me dérange que la manière qu'à Allociné, la plupart des médias, voire même la société en général de le percevoir et de ne le condamner que lorsque ça l'arrange. Donc, pour ton regard relativiste, au fond moi je dis oui. ^^

En tout cas, merci encore pour tes commentaires et au plaisir de te relire !

A bientôt sur ce blog !

Max Miguel Fuentes Rockatansky 29/10/2016 17:57

C'est pas grave, de toute façon la mienne l'est encore plus. Merci de me répondre, je trouve ce que tu dit finalement très juste et "sage" (dans le bon sens du terme). C'est peut-être le fait que je sois quelqu'un de cynique qui me pousse à ne pas trop prendre de recul et a ne pas en relativiser l'effet "anodin" (dans le cinéma hein). Effectivement le racisme évolue, avec nos moeurs, je pense que d'une certaine manière il sera toujours présent (pour tout ce qui est nouveau, qui change).
J'ai déjà bien parcouru le blog et allociné, je n'hésiterai pas à commenter si j'en ai envie.
Voici un lien de mon profil (allociné et senscritique) si ça peux intéresser, bon il y'a une tonnes de critiques qui ne me conviennent pas et je dois faire un tas de faute d'analyse et tout et tout mais bon j'ai quand même bien envie de le partager, puis je me présente comme le défenseur de certaines choses qui paraissent indéfendables, comme Michael Bay.
http://www.allocine.fr/membre-Z20150211145101243526228/
http://www.senscritique.com/Max_MiguelRockatansk

L'homme-grenouille 27/08/2016 18:30

Salut Miguel,

Désolé de la réponse encore plus tardive que la précédente ! Mais bon, là j'avais une excuse : j'étais bien loin d'Internet (Ah les vacances !) Et ce coup-ci, je vais m'efforcer de relire ma réponse avant de la poster, cela évitera quelques mots perdus ça et là, au milieu de phrases qui n'ont rien à voir.

Tout d'abord, pour ce qui est de la musique, des livres et des jeux-vidéo, effectivement, j'explore aussi ces domaines culturels là. Maintenant, on ne va pas se mentir : d'une part je consomme BEAUCOUP moins ces produits là que le cinéma, mais en plus, je trouve aussi que j'ai moins de "légitimité" à en parler. Ce que j'aurais à dire, je le trouve déjà ailleurs, alors à quoi bon parler...

Ensuite, pour ce qui est du racisme, j'avoue que je n'ai pas forcément de point de vue sur la méthode à employer. Disons que d'une manière globale, je fais surtout confiance au temps long et à la pensée de système. Pour moi le racisme, le sexisme, l'homophobie, la discrimination de classes sont des problèmes liés qui doivent être traités tous en même temps. Tous relèvent plus ou moins de la même mécanique et peuvent se déverrouiller globalement.

Mais comme je l'ai dit, je ne crois pas au remède miracle qui ferait que quelqu'un qui a été éduqué durant des décennies dans le racisme ou le sexisme pourra / osera / voudra changer ses vieux réflexes en un clin d’œil. Il y a même de fortes chances qu'il ne le fera jamais. Pour moi, ces questions se traitent sur des générations. Quand déjà on sera débarrassé de toute la génération baby-boomer, je pense qu'on perdra déjà une bonne masse d'indécrottables. Après, ça ne voudra pas dire que le problème sera réglé pour autant. Resteront les nouvelles générations. Mais à mon avis, le racisme, le sexisme ou l'homophobie ne seront plus implantés chez eux de la même manière...

Moi, plus d'une fois, je me suis dit que ça a dû être plus facile pour moi de ne pas être raciste que ça a dû l'être pour mes parents et mes grands-parents. Moi, j'avais des Arabes, des Noirs et des Asiatiques dans mes salles de classe. Je pouvais bien voir que le racisme fonctionnait essentiellement sur des fantasmes et des caricatures. Côtoyer permet de connaître, et connaître permet d'accepter. Dans mes classes, aujourd'hui, des gamins acceptent de se reconnaitre ouvertement homos. Eh bah c'est globalement accepté par tous les autres gamins. Moi, forcément, je me dis que cette génération-là aura beaucoup plus de facilité à assimiler l'homosexualité dans sa culture, loin des stéréotypes et des fantasmes...

Bref voilà, c'est peut-être aussi pour ça que les films racistes ne me dérangent pas plus que ça. Le racisme est là. Il est ancré. Si tu le dénonces, les gens se crispent. Si tu te contentes de l'identifier sans le condamner, les gens se sentent moins attaqués dans leur conviction et sûrement plus ouverts sur la question, moins dans l'émotion. Donc à voir. Moi, en tout cas, je fais confiance au temps long...

Désolé pour cette réponse bien tardive donc. N'hésite pas à réagir à nouveau, sur cet article là ou sur un autre.
A très bientôt sur ce blog !

Max Miguel Fuentes Cvetanovic 16/07/2016 16:00

Il n'y a pas de soucis pour la réponse tardive, pour ce qui est de sens critique, merci pour ta réponse elle m'éclaire. En fait quand je faisais cette proposition c'était aussi par curiosité, celle de voir tes avis sur autre que des films, puisqu'il me semble que dans certaines de tes critiques (Tron, Interstella 5555, et ce chef d'oeuvre (tousse) qu'est Resident Evil) était esquissé des avis sur jeux et albums (enfin pas des avis, plutôt une marque d'affection). Mais en effet, je conçoit le challenge de rester sur allociné (personnellement j'ai opté pour les deux cites), et aussi celui d'y être bien malgré tout, vis à vis du lectorat (bien que je trouve plus intéressant la méthode SC qui permet une sorte de débat dans les commentaires d'une critique).

Pour ce qui est du de la question du racisme, je ne sais pas trop quoi ajouter à tes dires, ton avis est intéressant et pour le coup je suis d'accord, tu nuance ce que j'ai dit (c'est aussi quelque chose de très complexe je pense dans le fond, comme un peu tout). C'est peut-être sur ton dernier paragraphe que j'ai a émettre mon avis, non pas que je sois en désaccord avec toi, je trouve même que la pédagogie comme lutte serait un chose formidable, elle qu'elle marche sans doute. Seulement, étant de nature assez pessimiste sur notre monde et ce qu'il entoure, je pense aussi que les actions coup de poing pourrait être efficaces. Un fait marquant peut faire réagir un peuple en bien ou en mal également (malheureusement).

L'homme-grenouille 15/07/2016 01:14

Salut Miguel

Désolé de te répondre aussi tard.
Pour être honnête, on m'avait déjà parlé de Sens critique (s'il est bien question de cela) mais il y a longtemps, mais genre trèèèès longtemps (genre il y a dix ans, quand je commençais à écrire sur le net). A cette époque, on m'avait surtout vanté la fréquentation du site qu'on m'avait qualifiée de plus avertie. D'un côté je me suis dit "pourquoi pas", de l'autre je me dis que je m'en fous un peu de l'endroit où je m'exprime tant que je peux m'exprimer. Or, Allociné a justement ce mérite d'être une plateforme large. On y trouve de tout, on y trouve tout le monde, et c'est finalement plus dans ça que moi je me retrouves...

Alors après, certes, à cette époque là, la question de la bienséance allocinéenne ne se posait pas. Aujourd'hui, j'aurais à refaire le choix, peut-être choisirais-je autrement. Mais la réalité c'est que je suis sûrement trop flemmard pour changer mes habitudes. Je suis installé sur Allociné, j'y ai mon lectorat, et même si je dois maintenant me battre avec la modération, j'en suis encore à un point où c'est moi qui gagne quand même à la fin. Et puis d'un certain côté que c'est bien plus pertinent aujourd'hui de poster des avis parfois irrévérencieux sur des sites qui de grands canaux qui se veulent bienséants plutôt qu'auprès d'un public davantage de niche mais déjà acquis à la cause. Enfin bon, j'ai peut-être tort, je ne sais pas... ;-)

Pour ce qui est du racisme, je ne pense pas qu'il s'est ancré dans la société. Je pense plutôt qu'il y a toujours été là et qu'il a juste changer de forme. Alors après, je ne vais pas dire non plus que le racisme d'aujourd'hui équivaut au racisme d'hier en termes de violence et de conséquences ségrégatives dans la société, ce serait absurde. C'est juste - je pense - que notre socle culturel ne se fait pas remplacement mais par empilement. On ne peut pas effacer l'héritage raciste de notre société comme ça ; pas un élément qui a été si structurant de notre société.

C'est comme notre culture romaine, judéo-chrétienne ou bien encore rousseauiste. Chacun de ses éléments a fini par imprégner nos symboles, notre langue, notre patrimoine. Après tout, notre drapeau est un drapeau monarchiste, les armoiries de notre actuelle république comporte un incroyable symbole fasciste ; et l'école obligatoire a beau avoir évolué depuis Jules Ferry, il n'empêche qu'on hurle dans les médias quand on se rend compte que les maîtres d'aujourd'hui n'ont pas réussi à convertir toute la population au Jesuischarlisme.

Je pense qu'effectivement, si on veut vraiment lutter contre quelque-chose, encore faut-il être en mesure de l'identifier. or, le fait est que nous sommes tous très mauvais joueurs à ce jeu là. Tout homme sera prêt à se dire féministe dans l'idée, mais ils seront une foule à reculer quand on va leur expliquer la révolution comportementale que cela implique... Après tout, pourquoi sacrifier son confort quand la lutte qu'on mène ne nous profite même pas directement ? Ainsi, dans une société majoritairement de blancs, je pense qu'on sera toujours bien nombreux à ne pas voir le problème au fait de rire à "La Vache" ou bien "Qu'est-ce qu'on a fait au bon dieu ?"

Or, que faire face à ça ? bah en toute honnêteté j'en sais rien. Déjà faire l'effort sur soi. Perso, ça me parait déjà pas mal. Et si éventuellement les efforts que nous faisons venaient à intriguer quelqu'un, alors pourquoi pas tenter un peu de pédagogie. Alors oui, ça risque de ne pas beaucoup les choses, du moins pour une seule action collective. Mais moi, je suis vraiment adepte de la sagesse des masses. Je suis persuadé que des petites actions individuelles de ce genre font bien plus que des lois, des spots, ou des actions coup de poing. Mais bon, après, ce n'est que mon point de vue...

DanielOceanAndCo 30/05/2016 17:26

Surtout que notre ami Yoann Sardet jure comme un charretier dans toutes les émissions Fanzone qu'il présente et que la direction s'en bat les couilles!!

L'homme-grenouille 09/06/2016 00:04

C'est vrai que je n'y avais pas du tout pensé ça !
Mais quel foutage de gueule quand même quand on y pense !
Allociné dans toute sa splendeur...

Le Nouveau Cinéphile 16/05/2016 19:28

Je suis d'accord avec toi sur le fond, même si je serais plus nuancé que toi sur le sujet du racisme. Non que le racisme soit bon à mes yeux, loin de là, mais il me semble qu'il ne présente plus de danger, dans sa forme "classique". En revanche, je remarque que beaucoup accusent de racisme ceux qui n'ont pas les mêmes idées qu'eux, et qui veulent les faire taire. Le pire, c'est que souvent, ça marche.

En tout cas, je te remercie d'avoir pointé du doigt cette imposture qu'est "Hors-la-loi".

L'homme-grenouille 17/05/2016 19:52

Salut NC...

Perso, dans mon article comme dans la vie de tous les jours, j'avoue que j'ai tendance à aborder le racisme non pas comme un bien ou comme un mal, mais plus comme une donnée culturelle qui est là, qu'on ne peut pas nier, et qu'il est nécessaire de comprendre avant de penser même à la juger.

Comme pour beaucoup d'idéologies ou de valeurs, je pense qu'il n'y a pas un racisme. Je pense même qu'il y a sûrement autant de racismes que de racistes, qu'il s'ignore ou non. Pour moi cette question se traite clairement au cas par cas. Et encore une fois, je pense que c'est une question super intéressante qui peut être à la source d'une masse de discussions.

Paradoxalement, ce n'est pas vraiment le racisme qui est au coeur de mon article. C'est plus le déni. Pour moi c'est surtout ça qui qui pourrit une société de l'intérieur. Cette idée que "non, ça ce n'est pas du racisme", "non ça ce n'est pas de la discrimination sociale", "non il n'existe pas de lutte des classes"... Le déni tue la réflexion dans l'oeuf, le déni tue le débat, le déni tue la lucidité.

Si j'ai fait un article sur ce petit épisode, c'était moins pour cet épisode en lui-même, mais plus parce qu'il traduisait une pensée que je me faisais beaucoup en ce moment, sur le déni social et la lâcheté individuelle au sein d'un corps justement. Mais bon, après chacun y voit ce qu'il veut. C'est là toute la liberté qu'offre une production écrite quelle qu'elle soit. Elle échappe forcément un peu à son auteur. ;-)

Dyegacre 14/05/2016 12:21

Très bon état des lieux. C'est quand même paradoxal de voir que des films a priori fédérateurs et pleins de bons sentiments finissent par ancrer encore plus profondément une certaine idée du racisme, ou plutôt d'entretenir cette même idée. J'ai toujours un peu de mal avec le fait qu'une comédie ne puisse pas être intelligente dans son propos et soit obligée d'user les cordes du mélodrame gentillet. Dans un autre registre, l'émission BITS abordait récemment le thème de "l'ironie dans les blockbusters", qui finit petit à petit par être vidée de tout sens, devenant par ailleurs une sorte de norme, de conformité, et de n'avoir au final plus de véritable impact, sans réel message derrière, ironique, non ? :D
Au passage je conseil BITS à tout le monde ^^.

L'homme-grenouille 09/06/2016 00:03

Merci de cet éclaircissement, et merci aussi pour le compliment. Cela fait plaisir !
A très bientôt sur ce blog !

Dyegacre 20/05/2016 12:25

En fait, le lien que je faisais entre ces deux types de films, c'est que l'un se veut d'être un remède contre le racisme mais continue inlassablement à propager une image nauséabonde de ceux qu'il prétend défendre et l'autre, dans une posture d'icône du décalage et de l'ironie se trouve être l'exemple parfait de la conformité. Ils sont donc en total contradiction avec eux même, c'était ça le lien :D

Sinon c'est plutôt moi qui devrait te remercier pour ces articles. Je suis content de voir, et de plus en plus ces derniers temps, qu'il est encore possible d'être critique (par rapport à plein de sujets) sans être forcément haineux, irréfléchi ou plein de bons sentiments, de véritablement traiter un sujet en profondeur, ça change des critiques en 140 caractères si tu vois ce que je veux dire ^^.

Bon courage pour la suite ;)

L'homme-grenouille 17/05/2016 19:40

Salut Dyegacre,

Merci pour ton message. Je ne te cache pas que, parfois, je me demande si ce genre d'article a une quelconque pertinence. Recevoir ce genre de réponse fait donc du coup forcément plaisir.

Après, j'avoue que je ne vois pas trop le lien que tu fais entre mon article et l'émission BITS, mais étant moi-même un toxicomane de cette émission, non seulement je ne peux qu'aller dans ton sens en hurlant "allez voir tous les épisodes de BITS", mais en plus, je ne peux m'empêcher de vouloir sauter de joie rien qu'à l'idée que quelqu'un ait pu faire un lien - quelle qu'en soit la raison - entre mon blog et cette formidable émission...

Raaaah... Rien que pour ça. Mille mercis supplémentaires. :-)

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