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1 janvier 2017 7 01 /01 /janvier /2017 20:00

 

Dix ans ! …Eh bah ouais dix ans que ce blog existe l’air de rien, et il est toujours là !… Ah ça ! Ça en refilerait presque un coup de vieux ! Parce qu’à bien y regarder, qui tient encore des blogs aujourd’hui ? C’est so 2000’s ! Et puis regardez-le le visuel de ce blog ! Sa colonne de texte toute étriquée ! Ses liens hypertextes fluo et soulignés ! Sa bannière réalisée à l’arrache avec une version de photoshop datant du siècle dernier (…et de mémoire, cette affirmation est à peine exagérée) ! Et puis ses multiples bugs d’affichage / liens brisés / caractères spéciaux disparus provoqués par les changements multiples de plateformes, tous non désirés ! La dernière hécatombe « upgradienne » ne date d’ailleurs que de quelques mois ! Les plus fidèles l’auront d’ailleurs remarqué ; depuis fin septembre, plus moyen de retoucher une page sans risquer les bugs en cascade. Du coup, je n’ai pas pu modifier ma page d’accueil, compléter mon article sur les séries comme promis, etc… Prévoir une mise-à-jour rétro-compatible avec les versions d’avant, visiblement c’est trop compliqué pour Overblog… Bref la galère… Mais c’est aussi cela durer dans le temps : c’est savoir affronter les difficultés que les passages de mode nous font subir. C’est se dire que parfois le fond saura justifier le manque de forme.  Alors oui, c’est sûr, ce blog a vraiment une gueule d’éclopé… Mais bon, il est toujours là, fidèle au poste, comme un bon vieux marronnier qui marque le quotidien…

Alors pour ces dix ans, je vais peut-être faire un peu de ménage dans la mise en page. Rien de révolutionnaire malgré tout : je tiens tout de suite à tuer tout espoir dans votre esprit. Ça va sûrement se limiter à une légère retouche de la mise en page, en attendant une autre période où j’aurais le courage de faire mon propre site, avec une forme qui me correspond vraiment. Des fois je me dis que ça pourrait être sympa d’ajouter une version audio à chacun de mes nouveaux articles afin de m’adapter un peu aux évolutions techniques du moment. Après tout, j’ai beau considérer que dans plus de 90% des chroniques Youtube, l’image est inutile, j’avoue que j’apprécie malgré tout le fait de pouvoir passer du temps à écouter plutôt qu’à lire. A une époque et (me concernant) à un âge où le temps libre devient une denrée rare (…et ce n’est pas prêt de s’arranger, croyez-moi), l’usage de l’audio peut se révéler être un bon compromis médiatique… Après je ne sais pas ce que vous pouvez en penser… N’hésitez pas à vous exprimer en commentaire et je verrais ça… Après tout, c’est aussi à ça que ça sert les dates-seuils, à se remettre en question et à innover… ou pas. ;-)

Au-delà de cela, je ne vais pas m’étendre non plus. Je sais que j’écris trop – beaucoup trop – et que parfois, je gagnerais à être concis, surtout quand c’est pour sombrer dans les mêmes laïus déjà pondus les années précédentes. Donc faisons court mais faisons bien. Pour cette dixième année je vous dirais que ce n’est pas une année qui m’a déplu. J’ai vu moins de films, seulement 79, mais en regardant mes statistiques personnelles, j’ai l’impression que j’ai surtout su faire le tri pour éviter d’aller me barber face à des films que, me concernant, je savais perdus d’avance. (Bon, je tente toujours. Il ne faut pas se refermer sur ses certitudes non plus !) D’ailleurs, à ne m’en tenir qu’aux chiffres, les notes que j’ai distribué cette année aux films que je suis allé voir en salle reflètent plutôt bien cette relative bonne qualité du spectacle proposé en 2016. J’ai attribué un minimum de 3/5 à un peu près la moitié des films (soit 36 sur 79), ce qui est synonyme chez moi d’un agréable moment passé. Et parmi ces agréables moments, j’en ai particulièrement adoré seize d’entre eux (4 étoiles Allociné), dont quatre que je qualifierais personnellement de véritables chefs d’œuvre (5 étoiles Allociné). Bref, je ne vais pas me plaindre pour cette année anniversaire. Et puisque vous venez certainement sur cet article pour picorer quelques conseils, je ne vais pas plus attendre et tout de suite vous présenter ce que j’ai retenu de meilleur de cette année 2016…

 

 


 

Top 10

 

 

 

1. Mademoiselle

Ceux qui se baladent régulièrement sur ce blog ne seront pas surpris. Mademoiselle est le seul film qui, cette année, a eu la force de m’inspirer un article. Pas étonnant donc de le voir siéger au sommet de ce Top 10 de 2016. Je pourrais d’ailleurs vous renvoyer directement audit article plutôt que de vous expliquer une nouvelle fois ce qui m’a conquis dans ce film mais, d’un autre côté, il serait une lecture bien inappropriée pour qui n’a pas vu le film et voudrait le voir. Alors du coup, pour qui, n’a pas vu Mademoiselle, comment vous vendre ce bijou ? Comment vous mettre l’eau à la bouche sans vous gâcher le plaisir ? Comment vous inciter à découvrir ce qui fut mon coup de cœur de l’année sans vous tromper sur la marchandise non plus ? Car après tout, le chef d’œuvre des uns n’est pas le chef d’œuvre des autres. Je reste même persuadé que les films qui nous touchent le plus sont ceux qui ont fait le parti de livrer quelque-chose d’audacieux et de sincère à défaut d’être conformiste et pensés pour le plus grand nombre. Alors oui, puisque ce film m’a totalement conquis, il est par conséquent certain qu’il en révulsera quelques-uns. Mademoiselle est un film d’auteur. C’est un film d’audace. C’est loin d’ailleurs d’être un film exempt de tout reproche mais, me concernant, ce n’est pas cela qui compte au cinéma. Ce qui compte pour moi, au cinéma, c’est la trace qu’il laisse sur nous. C’est sa capacité qu’il a à nous faire revenir vers lui. Or, pour plein de raisons, Mademoiselle est de loin le film qui m’a fait le plus revenir vers lui cette année. Laissez-moi vous expliquer pourquoi, en espérant que ça vous donne envie de tenter l’aventure…

      

Déjà, pour ceux qui ne savaient pas, Mademoiselle est le film de Monsieur Old Boy ; j’ai nommé Park Chan-Wook. Et si vous ne connaissez pas le bonhomme, courez tout de suite vous procurer sa fameuse trilogie vengeresse dont Old Boy fait justement partie ; allez vous procurer Thirst ; allez même vous procurer I’m A Cyborg But I’m OK. Cet homme est un maître plasticien ; c’est un auteur qui tente beaucoup de choses dans le visuel, le sonore, la rythmique, le cadre et les transitions… Pour moi c’est clairement quelqu’un qui insuffle de la vie au cinéma et le fait évoluer. Donc, rien que pour cela, se risquer à aller découvrir ses films est presque à mes yeux un devoir pour tout amoureux du cinéma. En cela, Mademoiselle est une parfaite illustration de ce que fait Park Chan-Wook. C’est beau, c’est léché, c’est malin, c’est maitrisé, c’est inventif, c’est audacieux. Je pense qu’on peut détester le fond tout en ne s’ennuyant pas tellement la forme est riche et se renouvelle constamment. Seulement voilà, pour mon cas, ça ne s’est pas arrêté là. Non seulement j’ai trouvé ce film magnifique dans la forme, mais en plus j’ai totalement été conquis par le fond.

      

Alors encore une fois, j’insiste : il est loin d’être exempt de tout reproche ce film. Son schéma narratif pourra paraître à certains bien trop surchargé et, par conséquent, artificiel. D’autres ne goûteront que très peu l’excès en grivoiserie dans lequel le film se complait parfois. Le pire, c’est que je serais sûrement d’accord avec eux. Mais il y a tellement de choses à dire autour de ça. Tellement de choses à dire sur ce que l’artiste nous dévoile de lui, de son rapport au spectateur, de son rapport au plaisir, de la liberté, de l’asservissement, de la culture, qu’il s’agisse de la culture qui emprisonne comme de la révolution culturelle… Ce film est une mine. Et c’est d’ailleurs cela qui, au final, m’a fait le mettre au sommet de ma pyramide de films de 2016. J’ai toujours quelque-chose à dire, à voir, à sentir de nouveau en repensant à Mademoiselle. J’ai toujours des frissons indescriptibles quand j’écoute (en boucle) la bande-originale de ce film. Oui, ce film peut nourrir les reproches, mais il est tellement riche, généreux, stimulant, qu’il ne peut qu’occuper une place à part dans mon cœur et dans ce top. Voilà ce qu’est pour moi Mademoiselle par rapport à cette année 2016. C’est LE film qui, à mon sens, est à voir. Alors après, faites ce que vous voulez de mon conseil  mais, d’un autre côté, si vous venez chercher des idées de visionnage sur ce blog en particulier, c’est aussi sûrement parce que vous savez qui vous le propose. ;-) 

 

 

2. The Revenant

Autre film, autre atmosphère, autre ressenti que le film précédent, mais bon, voilà… C’est aussi cela la magie du cinéma : cette capacité à nous offrir une fabuleuse mosaïque de diversité de sensations et d’impressions. Si avec Mademoiselle j’ai su apprécier la haute sophistication de l’intrigue proposée, avec The Revenant, je suis totalement tombé sous le charme de cette histoire brute, épurée, nous renvoyant à l’état primal des choses et de l’humain. Parce que oui, au final, moi, c’est ça que j’ai retenu de ce The Revenant. Ce film a fait bien plus que me raconter une histoire, il m’a ouvert un monde. Un monde du ressenti. La sauvagerie qui nous habite et habite ce monde ne s’explique pas, elle se vit, elle se ressent, elle se palpe. Or c’est là toute la force de la réalisation d’Alejandro Gonzalez Innarritu que d’avoir su élaborer ce genre d’artifice là : direct, cru, viscéral…

      

Parce qu’au final, s’il fallait chercher un point commun entre ces deux premiers films en tête de mon Top 2016  ce serait bien celui-là : leur très haut niveau de maitrise et d’inventivité formelles. C’est même d’ailleurs d’autant plus prégnant dans ce The Revenant que l’intrigue parvient à s’effacer au profit de ce formalisme de génie. Parce que oui, il faut du génie pour faire en sorte qu’un film aussi long parvienne à fonctionner avec une histoire aussi sommaire. Chaque attaque, chaque traversée, chaque contemplation est une perpétuelle sollicitation des sens. Moi en tout cas, j’ai eu des frissons à chaque plan, et ça m’arrive rarement. Et je ne pense pas qu’il faille être un expert en cinéma pour être réceptif à ça. C’est plus une question d’état d’esprit que de connaissances de codes. Après – je le reconnais – The Revenant n’en reste pas moins un film exigeant. Il faut accepter « d’éprouver » le film plutôt que de le suivre. Mais ce n’est pas parce qu’il est éprouvant qu’il est barbant, vide et rageant. Justement, je trouve que c’est toute la force de ce film que d’avoir su rendre ça possible. Réussir ce genre de démarche nécessite une imagination et un créativité formelles très poussées et que moi je retrouve dans ce film. Du coup, vous comprendrez qu’il est difficile d’en dire plus pour chercher à vous convaincre.  Pour ceux qui ne l’ont pas vu, je ne peux que vous inviter à risquer l’aventure. Je ne vous garantis pas la transcendance et le plaisir que j’ai eu, mais je pense au moins pouvoir vous annoncer sans trop de risque un film qui ne vous laissera pas indifférent. En tout cas, moi, c’est mon deuxième coup de cœur de l’année, et je ne vous cache pas qu’il a été en top-list de ma liste au Père Noël cette année… Comme quoi…

 

 

3. Captain Fantastic

C’est peu dire que ce film fut ma bonne surprise de l’année ! Même si je n’attends jamais vraiment rien d’un film avant de le voir, il y a quand même pas mal d’éléments qui, au final, motivent mon déplacement. Le simple fait de croiser le nom de Park Chan-Wook ou d’Alejandro Gonzalez Innaritu sur une affiche suffit souvent à me convaincre qu’il faut que j’aille voir ce film. Mais après il y a tous ces autres films : ceux qui sont le produit d’auteurs encore peu connus et qui, parfois accidentellement, peuvent s’avérer être d’excellents spectacles… Ceux-là, pour les voir, soit il faut être un acharné qui va voir 300 films par an ; soit il faut avoir de la chance ; soit il faut avoir de très bons potes pour vous renseigner. Moi, il se trouve que, pour ce Captain Fantastic, j’ai eu de très bons potes pour me renseigner. Je ne connaissais pas du tout Matt Ross comme réalisateur, quant à l’affiche et le pitch, ils ne m’avaient clairement pas donné envie. Tout cela avait des allures de films tout droit sorti du festival de Sundance ou du festival de Deauville avec ce que cela comporte parfois de préjugés négatifs… Bon, alors après c’est vrai : là pour le coup on a bien à faire à un film tout droit sorti du festival de Sundance et du festival de Deauville, mais – il ne faut pas croire ! – parfois il y a de véritables petits bijoux qui sont primés par ces festivals ! N’oublions pas qu’on a des pépites comme Little Miss Sunshine, Collision ou bien encore Whiplash qui ont été primés par ces festivals là (peut-être que vous vous ne l’avez pas oublié, mais moi quand je me bouffe des Visitor, des Frozen River, des Winter’s Bone ou autre Bêtes du sud sauvage je l’oublie souvent !). Or, pour le coup, ce Captain Fantastic me semble bien être dans la droite lignée de ce côté clair de la force festivalière ; dans la veine de ces fameux feel-good movies qui savent à la fois être drôles, touchants, tout en nous questionnant sur les mœurs de notre société… En cela, je trouve que ce Captain Fantastic est peut-être d’ailleurs le film le plus équilibré de ce Top 10, le rendant ainsi et aussi, sûrement le film le plus accessible de ma sélection. Donc – vous l’aurez compris – pour moi Captain Fantastic est un film à voir s’il n’a pas déjà été vu…

      

Alors, certes, j’aurais pu m’arrêter là dans la présentation de ce film, et c’est vrai que d’un certain point de vue, cela pourrait s’avérer suffisant pour inciter la plupart d’entre vous vous aller le voir… Mais bon, j’entends quand même apporter quelques précisions afin quand même de rendre à César ce qui est à César. Certes, Captain Fantastic est un excellent feel-good movie, mais ne nous trompons pas sur la marchandise non plus. J’insiste sur le fait que, contrairement à pas mal de feel-good movies, on a quand-même à faire ici à une mise en scène que je trouve très soignée. Certes, on n’atteint pas le niveau d’un Mademoiselle ou d’un The Revenant, néanmoins on a quand-même à faire à quelque-chose de très malin (l’introduction notamment est très malicieuse je trouve), et qui sait faire ressentir les différents univers qui se percutent ici. Mais bon, on ne va pas se mentir, ce que j’ai vraiment adoré dans ce film, c’est cette capacité à faire ce que très peu de films savent faire ces derniers temps, c’est cet art de raconter une histoire suffisamment riche et originale pour faire en sorte que je ne sache pas vraiment où elle nous mène. J’aime me laisser porter et me laisser surprendre par une histoire qui sait jouer des codes sans s’y enfermer. Or, là, pour le coup, je trouve que cette démarche fonctionne parce qu’à aucun moment, le film ne sombre dans une forme de dogmatisme qui le rendrait rapidement prévisible. L’air de rien, il est quand même question d’éducation d’enfants et, par digression, d’idéal de vie. Deux sujets sensibles l’air de rien, surtout le premier, qui peuvent très vite diviser le public par des positions tranchées plutôt que de le réunir dans une sorte de  feel-good consensuel et unificateur. Et là selon moi que se trouvent justement toute la force et la singularité de ce film. Il ne tient pas pour l’un en condamnant l’autre. Il remet souvent en question les postures de chacun. Il révèle les limites et les avantages de chaque éducation. Bref, c’est un film qui ne donne aucune réponse, mais qui nous incite avant tout à nous poser des questions. En somme, c’est la posture la plus intelligente qui soit pour un film, et c’est peut-être justement le meilleur moyen de réunir tout le monde autour d’un film fédérateur. En tout cas – et encore une fois – je le trouve remarquablement équilibré dans ce qu’il tente ce film, et c’est vraiment l’une des grosses bouffées de fraicheur de 2016. Alors je sais que je l’ai déjà dit mais je le redis : voilà vraiment un film qu’il vous faut découvrir…

 

 

4. Demolition

De mes quatre chefs d’œuvre de l’année, voici donc au pied du podium celui qui, sûrement,  est passé le plus inaperçu de tous. Alors après je tiens à préciser ma pensée : je ne dis pas qu’on n’a pas parlé de la sortie de Demolition de Jean-Marc Vallée ; je dis juste qu’on a relayé sa sortie comme un film quelconque ; comme d’un Jean-Marc Vallée mineur qui ne méritait pas forcément autant le déplacement qu’un C.R.A.Z.Y. ou qu’un Dallas Buyers Club… Que les choses soient claires, je ne vais pas vous faire tout un laïus sur pourquoi ce film est génial et comment les méchants critiques s’y s’ont pris pour passer à côté d’un bijou pareil. Pour le coup ce serait vraiment aller aux antipodes de ma philosophie qui consiste à dire qu’il n’existe pas de chef d’œuvre dans l’absolu. Et je le maintiens, ce Demolition n’est pas un chef d’œuvre dans l’absolu, pas plus que Mademoiselle, The Revenant ou Captain Fantastic le seraient. Non, ce Demolition, est un chef d’œuvre dans mon cœur et dans ce Top. Comme tous les autres films ici présentés, je ne pourrais vous garantir qu’il vous plaira ou vous touchera. La seule chose que je peux vous assurer, c’est que mon emballement à l’égard de ce film a été total, sincère, profond… Alors après, c’est toujours la même question : êtes-vous pour vous risquer à prendre deux heures de votre vie pour tenter l’aventure ?...

      

avait cette audace de traiter de mort, de perte, de deuil avec un ton et un propos assez iconoclastes. Pas de larmoiement, pas d’atmosphère lourde, pas de complaisance et de racolage dans la tristesse. C’est même tout le contraire qui se passe et c’est de ce décalage qu’il se produit quelque-chose d’intéressant. Est-ce cynique ? Est-ce drôle ? Est-ce cru ? Bah au fond pas vraiment… Même pas du tout. A dire vrai le film n’entend rien faire d’autre que d’explorer une façon particulière de vivre la mort d’un proche, rien de plus, tout en explorant la façon dont cela peut être perçu et incompris. Ça ne ressemble pas à ce qu’on a pu nous en dire ; ça ne ressemble pas non plus à ce qu’on a pu en vivre. C’est juste singulier, ça livre une vérité – sa vérité – et rien de plus. Or, ce que j’aime dans ce film, c’est que justement ça fasse vrai. Pas vrai dans le sens « cinéma réaliste à DemolitionSi j’avais à réfléchir à la manière dont j’aurais aimé qu’on me convainque pour aller voir ce film, je pense que j’aurais aimé qu’on me dise que la Dardenne / ça rend tout pourri donc ça fait vrai. » Non, un vrai dans le sens où « ça sonne sincère. » Encore une fois, voilà un film qui m’a fait beaucoup cheminer sur un sujet qui me parle beaucoup. Ce n’est pas la seule chose que j’attends du cinéma, mais cela fait partie des choses que j’attends de lui. Demolition m’a offert ça, et j’ai même envie de préciser que, pour ma part, de tous les films de Jean-Marc Vallée, c’est celui qui m’a le plus offert de ça. Bref, moi ce film je le chéris. Et pareil que pour The Revenant, il a fait partie de ma wishlist écrite pour Papa Coca-cola… ;-)

 

 

5. Guibord s’en va en guerre

Je parlais de feel-good movie quand j’ai abordé le cas de Captain Fantastic, mais à dire vrai, celui qui mérite vraiment ce qualificatif parmi tous les films que je vais vous proposer dans ce Top 10, c’est bien celui-ci. Ah ce Guibord s’en va en guerre ! Et dire encore une fois qu’il allait m’échapper ce film s’il n’y avait pas eu les bons conseils de ce cher Rupo ! (Vivent les amis !) C’est vrai qu’elle est passée relativement inaperçue cette petite perle québécoise. Je m’étonne qu’on sache faire tout un tintamarre autour d’un Starbuck (…et pas à tort ! Attention !) et qu’on laisse de côté cet adorable Guibord qui, à mon sens, n’a rien à lui envier. Parce que Guibord, c’est ça : un film gentil avec des personnages gentils qui essayent de trouver une solution gentille à un problème qui leur tombe sur le coin du nez alors qu’ils ne l’ont pas demandé ! Et ce que j’apprécie tout particulièrement dans ce film, c’est qu’il sache nous parler de politique, mais à mille lieues des manières auxquelles on nous a habitué au cinéma et dans les séries. Là, on va bien soulever tous les dysfonctionnements de nos belles démocraties occidentales, mais en usant d’un ton tellement absurde et risible que ce portrait parvient à se transformer en farce risible très légère, mais non moins efficace…

      

Et pourtant, ce qui m’étonne, c’est qu’alors que la politique est au cœur du propos et de la démarche, ce n’est pourtant pas ça que je retiens le plus de ce film. Ce n’est même pas pour cela que je le mets si haut dans mon estime et dans mon classement. Non, ce que j’aime par-dessus tout dans ce film, c’est qu’il sache nous présenter un monde qui semble totalement fou – étrange patchwork de choses qui ont l’air de n’avoir rien à faire ensemble – mais qui malgré cela nous apparait comme incroyablement familier. Parce que l’air de rien, ce film nous montre un univers incroyablement complexe : une sorte d’Amérique rurale et de grands espaces se retrouvant impliquée dans des questions internationales complexes ; où un hockeyeur se retrouve à discuter avec des Algonquins, le tout conseillé par un Haïtien qui lui cite à tire-larigot du Rousseau et Tocqueville. Ce film c’est une sorte de rencontre improbable des extrêmes : la démocratie locale rencontre la démocratie internationale ; l’Amérique des Indiens rencontre celle des Occidentaux ; la francophonie tournée vers la culture étatsunienne rencontre la francophonie tournée vers le vieux passé français. Ce cocktail un peu dément donne vraiment naissance à un spectacle que je trouve détonnant et rafraichissant. Après Captain Fantastic, c’est ma deuxième bouffée de fraîcheur de l’année…  

 

 

6. Zootopie

Allez… Puisqu’on parlait de bouffée d’air frais juste avant, j’en rajoute une avec ce Zootopie. Alors je ne vous le cache pas, j’ai longtemps hésité à le mettre dans le classement ce film. Et je me suis rendu compte que si j’hésitais à ce point, c’est parce que je ne savais vraiment pas à quelle hauteur le mettre. Parce que bon, vous allez voir ce qui suit, mais pour moi il y a quand même du lourd qui se retrouve derrière, et se dire qu’un film dans lequel il y a du Shakira passe avant tout ce petit monde là, moi, cinéphiliquement parlant, ça me fait un peu mal. Seulement voilà, je pense qu’il faut savoir être honnête avec soi-même. Ce film, je l’ai déjà vu trois fois. Je crois même que, de tout le classement, c’est le film que j’ai déjà le plus revu (bon, les circonstances ont aidé, mais quand même !) Et puis oui quoi : merde ! J’assume ! J’aime ce film. J’aime ce film parce qu’il est malin. J’aime ce film parce qu’il est riche. J’aime ce film parce qu’il est beau. J’aime ce film parce qu’il est drôle. Et puis – aussi – j’aime ce film parce qu’il me donne de l’espoir. Que Disney, l’un des symboles d’Hollywood que j’exécrais le plus pour ses valeurs et ses démarches, sache redevenir à mes yeux une maison de production honorable capable de produire ce genre de bijoux, moi ça me redonne foi au cinéma. Mieux, ça me redonne même foi en l’avenir…

      

Alors, qu’est-ce qu’il a de plus que tous les autres films d’animation qu’on nous envoie régulièrement à la tronche, ce Zootopie ? Est-il dans la lignée de ces chefs d’œuvre pixariens dont j’ai déjà eu l’occasion de faire les éloges lors d’années précédentes ? Après tout, les deux maisons sont tellement proches à présent que cela pourrait se concevoir… Eh bah pourtant non. Ou plutôt, oui et non. C’est vrai qu’il y a un peu de l’ADN Pixar dans ce film (mais dans quel film d’animation n’y en a-t-il pas aujourd’hui ?), mais je trouve néanmoins qu’il continue de répondre à l’identité Disney, du moins dans tout ce que je lui trouve d’agréable. Pour moi, ce qui fait encore la patte Disney, c’est que ce studio reste très attaché à la forme du conte. Et ce Zootopie a beau se passer dans une grande mégapole moderne, il n’en colle pas moins à cette structure là. Toute cette histoire ne se résume en fin de compte qu’à un gigantesque parcours initiatique durant lequel le personnage principal va apprendre à s’accomplir individuellement, dessinant malgré lui une figure héroïque qui servira d’exemple moral. Autant cette structure me sort par les trous de nez quand elle défend des valeurs réactionnaires comme ça a pu être le cas pour des Le Roi Lion, Volt, Raiponce et j’en passe, autant celle-ci ne me dérange pas du tout quand elle est l’opportunité à une réflexion et à un questionnement par lesquels cheminer, qu’on soit enfant ou adulte. Or, là, Zootopie pousse l’audace vraiment loin. Autant ce genre de démarche a été un régal pour moi en tant que simple spectateur, mais en plus, lors de mon second visionnage, il a en plus eu le mérite de faire se poser plein de questions à mes petites fripouilles de neveux ce qui, pour un film initiatique, démontre quand même une certaine pertinence. Et puis quand bien même, au-delà de tout ça, reconnaissons aussi à ce Zootopie qu’il sait aussi séduire en tant qu’univers à part entière. Cet univers est non seulement riche de lieux et de personnages, mais en plus je le trouve fin et drôle dans tout ce bestiaire qu’il nous présente. J’ai souvent dit dans mes critiques de Disney que ce qu’il y avait toujours à sauver là-dedans, c’était le petit humour gentillet et parfois un brin absurde de ses personnages secondaires. Perso, j’ai toujours eu l’impression que c’était la petite fenêtre de liberté à travers laquelle les créateurs pouvaient se lâcher un peu par rapport aux exigences pesantes du studio. Là, dans Zootopie, j’ai l’impression qu’on a ouvert toute la maison tant la part belle est donnée à cet état d’esprit là. Alors oui, il y a du Shakira, mais ce film est tellement généreux, enlevé, maitrisé, qu’il m’était impossible de passer sous silence ce véritable kiff que m’a refilé Zootopie. Vous voilà donc prévenus…

 

 

7. The Nice Guys

Pour cette septième place, on va rester dans la gaité et la bonne humeur. Après tout, il n’y a pas de raison. Pour ceux d’ailleurs qui seraient persuadés, avec tout ce que je viens de dire auparavant, que je ne sais apprécier que les trucs originaux, osés, compliqués, audacieux, eh bien j’espère que la présence de ce The Nice Guys à cette septième place saura les convaincre du contraire. Bah oui, je ne sais pas vous, mais des fois je suis ravi qu’on sache me pondre un bon classique bien mené et bien spontané. Pour moi, en tout cas, c’est comme ça que je vous présenterais ce film. The Nice Guys, c’est juste du bon vieux buddy-movie à l’ancienne, mais du buddy-movie rondement mené, avec tout ce que j’aime dedans. Le duo qui est ici mis en scène fonctionne, je trouve, du tonnerre. Il fonctionne d’autant mieux que l’auteur, Shane Black, a su jouer des icônes qu’incarnaient à la fois Ryan Gosling, à la fois Russell Crowe dans notre imaginaire. Parce que oui, ces gars-là ont des gueules, des identités qui les poursuivent en dehors de leurs films, et il est évident qu’en engageant ces deux comédiens dans The Nice Guys, on importe avec eux toute une série d’images qu’on leur colle allégrement. Je pense que, de toute façon, un buddy-movie ne fonctionne que sur ça : la sollicitation d’une représentation qu’on se fait à l’avance de ces deux personnages que tout va opposer. Soit il est lié aux acteurs (Will Smith / Martin Lawrence ; Stallone / Russell : Pacino / De Niro ; etc…), soit il est lié à des archétypes sociaux qu’on identifie rapidement (opposition homme / femme ; blanc / noir ; riche / pauvre ; etc…) Là, avec ce The Nice Guys, je trouve que le jeu d’opposition fonctionne sur les deux niveaux. D’abord il y a ce plaisir de voir Ryan Gosling et Russell Crowe malmenés par leur rôle dans leur badassitude ; mais il y a aussi cette jouissance de voir les stéréotypes habituels de ce genre de film se faire détricoter en permanence dans leur posture de mâle alpha. Ça n’a l’air de rien comme ça, en regardant, mais c’est justement parce que ça passe tout seul, que c’est subtil, régulier, rythmé, que pour moi ça mérite vraiment le détour…

      

A dire vrai, je pense que la merveille de ce film, c’est sa capacité à être polymorphe. Il est à la fois un bijou de rythme et de renversement de situation pour celui qui aime le genre et qui n’entend pas forcément qu’on joue avec les codes ; mais il est aussi ce petit jeu malin de contrepied qui fera sourire les habitués du genre et qui se délecteront sûrement de cette bouffée d’air frais apporté par ce film. En gros, pour moi, The Nice Guys, c’est une sorte d’audace dans le classique ; de prise de liberté dans le respect des codes… Et puis même, au-delà de ça, je trouve qu’il y a quand même quelque-chose de salvateur à sortir un film comme ça en 2016. L’air de rien, sans qu’il n’y ait forcément de Code Hays en vigueur en ce moment, je trouve que les actionners, les buddy-movies et les blockbusters en général se sont quand même bien aseptisés avec le temps. Qu’il s’agisse de l’air du temps général, tout comme de l’élargissement du public à des pays nouveaux comme ceux d’Asie ou du Moyen-Orient, désormais il faut penser lisse, consensuel, conformiste… Que Shane Black débarque avec son  The Nice Guys en mode « Bon, dans les sixties la société était aussi pas mal coincée mais au moins à l’époque on savait envoyer foutre tout ça » je trouve que c’est revigorant, libérateur et oui – je le répète – salvateur. Donc après j’ai bien conscience que lorsque je vous conseille ce film là  je m’adresse aussi à un public particulier. Mais bon, voilà, c’est aussi ça la magie des Tops : moi ce film je l’ai adoré, et je l’ai adoré justement pour sa spontanéité et sa capacité à rafraichir les codes tout en les respectant à la lettre. Bah oui ! Le cinéma de genre, moi je dis, quand c’est fait comme ça, il n’y a que ça de vrai… ;-)

 

 

8. Comancheria

Il y avait longtemps que je n’avais pas cité de western dans ce genre de Top. Le dernier, de mémoire, c’était Django Unchained de Tarantino. Et pour le coup – non – ce n’est donc pas Les huit salopards du même Tarantino qui va mettre fin à la série. C’est donc ce Comancheria. Parce que oui, même si j’en ai quelque peu douté lors des premières minutes du film, il s’avère que, pour moi, Comancheria est un western, et même un western dans la pure des traditions. (Dommage d’ailleurs qu’Allociné ait fini par retirer ce qualificatif sur le fiche de ce film car, pour ma part, je le trouvais vraiment à propos…) Certes Comancheria se passe en 2016, mais ce n’est pas pour autant qu’on n’aura pas nos shérifs et nos brigands de grands chemins, nos cowboys et nos Indiens, nos grands espaces et notre ruée vers l’or… Tout est bien là. La seule particularité de ce western moderne, c’est que nos brigands chevauchent des grosses cylindrées plutôt que de vaillants canassons ; l’or vers lequel on se rue est désormais noir, quant aux cowboys et aux Indiens, ils ont désormais cessé leur lutte face à l’arrivée de nouveaux colons venus de l’Est : j’ai nommé les concessionnaires pétroliers et les banques. Et c’est un drôle mais fabuleux exercice dans lequel s’est lancé là David Mackenzie par ce film car, à bien y regarder, ce Comancheria est une sorte de baroud d’honneur des cow-boys du grand Ouest ; la dernière sortie de flingues avant l’extinction. Et le pire, c’est qu’il est arrivé à nous rendre ça beau…

      

Parce que oui, peut-être pourra-t-on contester parfois un regard un brin réac sur ce bon vieux temps qui fout le camp, mais bon, non seulement je trouve que ce genre de démarche possède pleinement sa place dans la logique d’un western, mais en plus, je trouve qu’au final ce film parvient à aborder la plupart des questions selon des angles différents. Et surtout, il sait y joindre la forme. Parce que, pour moi, un western c’est aussi et avant tout un film qui a cette capacité à poser la question du « comment réapprendre à survivre dans un monde sans foi ni loi ». Or, pour que ça marche sur le spectateur, il faut que le film sache prendre aux tripes. Or, c’est sur ce point là que je trouve que le film de Mackenzie se fait le plus malin et le plus séduisant. C’est très beau ; ça incarne vraiment le lieu, et surtout le rythme sait parfaitement alterner entre la lenteur de ce Texas à l’agonie et les passages nerveux de ce Texas qui se débat pour échapper à l’ennemi qui veut le faire disparaitre et lui prendre son bien. Là, pour le coup, tout ça est mené comme sur du papier à musique et c’est un vrai régal. Et quand en plus on retrouve dans ce spectacle là le merveilleux Jeff Bridges pour mener le tout, je trouve que c’est une belle cerise sur un gâteau qui ne se néglige pas…

 

 

9. Green Room

Après le déjà très bon Blue Ruin, Jeremy Saulnier nous est donc revenu cette année avec ce Green Room. Pour ceux qui auront vu le premier film cité, vous pourrez comprendre pourquoi je me suis rué sur le second. Or, comme sa présence dans ce top l’atteste, j’ai donc adoré ce Green Room. Ah ça ! Des films de cette trempe, j’en redemanderais tous les jours ! Premier avantage qui, moi, me parle beaucoup, c’est que ce film est court. 1h30. Parfait. De nos jours c’est souvent le signe de films qui savent aller à l’essentiel et qui ne s’embarrassent pas du superflu. Parce que c’est vrai que Green Room c’est quand même un film sacrément pêchu et bien rythmé. Rien que pour ce point de départ là, moi je suis déjà ravi. Mais surtout, moi ce qui me ravit dans ce Green Room, c’est que Jeremy Saulnier reprend finalement la recette qui a fait selon moi le succès de son Blue Ruin : il prend un genre bien codifié, et puis il nous en offre une déclinaison inhabituelle, tout aussi logique et cohérente que ce à quoi on est habitué, mais avec suffisamment d’audace et d’inventivité pour que tout ça sonne plus frais et moins téléguidé. Or, ça, qu’est-ce que ça fait du bien !

      

Parce que oui, comme Blue Ruin, ce Green Room est clairement un pur film de genre. Ici, c’est le survival en huis-clos qui est traité, et – par tous les dieux ! – que ça fait du bien qu’on nous dépoussière un peu tout ça. Les codes sont tellement téléphonés dans ce type de film que j’avais du mal à croire qu’on puisse les décloisonner. Eh bien si, Green Room le fait. Le pire c’est qu’il le fait sans rien réinventer non plus : Quand je suis sorti de ce film, je me suis dit que j’avais finalement assisté à un survival pure souche, avec quasiment que des éléments que je connaissais. Seulement voilà, dans ce film là, l’ami Saulnier sait recomposer la chose comme il le faut, avec suffisamment de sang frais, à la fois dans l’enchainement des situations, comme dans l’esthétique de ses protagonistes (parce oui, sinon on ne rompt pas avec la logique d’espace unique ni avec les archétypes habituels de personnages), pour que tout ça soit nerveux, tendu, efficace. Bref voilà, pas de révolution, mais une bonne bouffée d’air frais. Moi, quand on revisite ce genre de classique là, et avec talent et maitrise qui plus est, moi ça ne peut que réjouir au plus haut point ! Bref, un film que je vous conseille vivement. 

 

 

10. Remember

Et pour conclure ce Top, je suis ravi de conclure avec un de ces auteurs qui m’enchante le plus ces derniers temps : ce cher Atom Egoyan. Ce ne sera d’ailleurs pas une surprise pour qui a déjà lu les précédentes sélections de ce blog. Adaptation, Chloé, Captives : chacun de ses derniers films lui a valu une citation dans mes sélections, et donc ce Remember vient désormais compléter la liste. Bah oui, ce gars j’adore ce qu’il fait. J’adore cette façon qu’il a de poser des situations moralement perturbantes mais face auxquelles le film ne permet aucun jugement moral tranché. Alors je le sais : pour certains c’est inconfortable, pour d’autres ce n’est pas accrocheur, mais bon voilà, pour des gars comme moi, c’est toujours un régal. J’aime les atmosphères d’Atom Egoyan. Et même si la plupart du temps on est dans une situation de « on aime ou on n’aime pas », je pense que Remember est ce genre de film qui mérite qu’on s’y risque, juste pour voir si, ce coup-ci, la magie opérera ou pas.

      

La seule chose qui m’ennuie en concluant avec ce film, c’est qu’il m’empêche d’en dire davantage tellement je trouve agréable de découvrir progressivement ce dont il est réellement question. Alors certes, lire le pitch ne spoile que les vingt premières minutes, mais j’ai presque envie de dire que c’est déjà trop. La manière dont le film se déroule est tellement régulière, tellement bien rythmée, tellement bien menée que, pour moi, c’est un régal de se laisser tout doucement porter par ce cheminement mené de main de maître. J’ai conscience que de dire ça c’est finalement en dire bien peu, et c’est surtout vous laisser esclave de mon point de vue, sans apporter d’arguments ou de détails vraiment parlants, mais je préfère encore opérer ainsi plutôt que gâcher à ceux qui s’y risqueront la découverte de cette intrigue malicieuse sur – une fois de plus avec Egoyan – les méandres complexes de l’esprit et de la morale humaine… 

 

 

 

Et pour la seconde partie, c'est ici !

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Publié par L'homme-grenouille - dans Sélections de l'homme-grenouille
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DanielOceanAndCo 23/03/2017 21:42

Ecoute, ça me fait plaisir que ça te fasse plaisir ;) Sinan, oui, il manque les deux premiers car j'ai du partir et je ne rédige pas mes commentaires sur Word avant de les publier, d'où cette attente insoutenable pour savoir quels sont mes deux films préférés de l'année.

Sans plus de cérémonie:

2. "The Revenant" d'Alejandro Gonzalez Inarittu.

Inarittu, je l'adore particulièrement depuis "Babel" en 2006 et il ne m'a jamais déçu depuis, que ce soit "Biutiful", "Birdman" et aujourd'hui "The Revenant". Le film est d'ores et déjà légendaire pour son tournage particulièrement difficile mais cela en valait largement la peine : c'est visuellement somptueux. Mais cette histoire de vengeance est également portée par deux performances d'exception : Tom Hardy et Leonardo DiCaprio sont impressionnants. Bref, je ne vais pas m'étaler davantage surtout que le film n'a pas besoin que je le défende, c'était immense!!

1. "Batman v Superman : l'Aube de la Justice" de Zack Snyder.
Eh oui, sorti il y a un an jour pour jour, "Batman v Superman" est donc le film qui m'aura apporté le plus de bonheur en 2016... mais sa réception critique m'a vraiment miner et c'est pas souvent que ça m'arrive. Mais bon, j'ai adoré, je trouve que Snyder a autant flatté l'adulte que je suis que fait plaisir au petit garçon qui rêvait de voir Batman et Superman dans le même film depuis presque vingt ans. Bref, pour l'instant, j'adore le DC extended universe et j'ai hâte de découvrir les opus suivants dont j'espère parler (enfin écrire) dans mon prochain top annuel.

Voilà, je sais qu'on va vraiment pas s'entendre sur le premier, mais c'est vrai qu'on a une tripoté de films en commun cette année et ça fait zizir!!

DanielOceanAndCo 23/03/2017 18:24

Hello l'ami, I'm back pour l'événement de l'année : mon top 10!! Dans l'ensemble, un sentiment plutôt positif (également du au fait que je me suis épargné un bon nombre de merdes en puissance) et je vais d'ailleurs commencé par une petite liste additionnelle de films qui m'ont particulièrement marqué ;

- "Les Huit Salopards" de Quentin Tarantino.
Oui, un Tarantino reste toujours une œuvre à part qui mérite d'être découvert et la liste des choses satisfaisantes dans son dernier western est immense : le casting, l'histoire, le final, le début, les dialogues, etc. etc. mais bon, le seul bémol pour moi reste que Quentin a parfois comme défaut de trop se regarder écrire et je ne doute pas du pied qu'il prend à écrire des scènes aussi longues, sauf qu'à un moment, moi ça me sort du film. Du coup, même si "Les Huit Salopards" reste un mémorable moment de cinéma, il reste à la porte du top 10.

- "Sing Street" de John Carney.
Après le déjà excellent "New York Melody", Carney reste dans le monde musical avec cet excellent "Sing Street", une dramédie sur l'un des thèmes récurrents au cinéma : le passage à l'âge adulte. Mais bon, le film fonctionne grâce à ses excellents jeunes comédiens, sa bande-son très pop, son humour qui fonctionne, une émotion transmise grâce à la sincérité de son auteur, bref, un très beau film.

- "The Strangers" de Na Hong-jin.
Le réalisateur de "The Chaser" et "The Murderer" s'attaque à l'horreur avec toute la démesure dont sont capables les réalisateurs coréens pour un résultat qui m'a laissé un sentiment étrange sur sa première partie à cause d'un rythme pas assez maîtrisé mais ce défaut est rattrapé par la deuxième partie qui possède d'ailleurs deux des scènes les plus intenses que j'ai eu l'occasion de voir dans un film d'horreur : léger spoil : l'exorcisme et le final. Bref, une pépite d'un réalisateur dont j'attends d'ores et déjà le prochain avec impatience!!

- "Steve Jobs" de Danny Boyle.
La forme exceptionnelle dont Boyle fait souvent preuve qui rencontre la plume extraordinaire d'Aaron Sorkin ("The Social Network") pour ce film en trois actes distincts mais qui parvient à poser des questions intéressantes sur le fondateur d'Apple et à y répondre, avec en prime la performance exceptionnelle de Michael Fassbender!!

Et sans transition, passons tout de suite au top 10:

10. "Miss Peregrine et les enfants particuliers" de Tim Burton.
Etrangement, ce film m'a davantage convaincu sur ses 40 premières minutes sur l'aspect familial qui unit Asa Butterfield et son grand-père qui m'a rappelé "Big Fish", avant que notre héros se retrouve confronté à Miss Peregrine et les enfants particuliers, mais dans l'ensemble, il se dégage cette poésie très burtonnienne, ce sens de l'humour absurde dont il a le secret et surtout, l'histoire est très captivante et cette bataille entre les enfants et les squelettes qui rend évidemment hommage à Ray Harryhausen mais que j'ai trouvé complètement whatthefuckesque dans son exécution, mais au final, j'adore le sentiment que m'a laissé tout le film.

9. "Kubo et l'Armure Magique" de Travis Knight.
A part "Zootopie", "Vaiana" et "Your Name", c'est vrai que l'animation était un peu à l'ouest en cette année 2016 mais c'était sans compter sur ce quatrième film du studio magique Laïka qui après trois hommages successifs à Tim Burton, fait davantage référence au cinéma d'Hayao Miyazaki ici avec ce conte d'inspiration japonaise que j'ai trouvé exceptionnel aussi bien sur la forme que sur le fond. Un vrai bijou!!

8. "Comancheria" de David Mackenzie.
Le scénariste de "Sicario" et le réalisateur de "Les Poings contre le mur" s'associe pour ce western moderne mais qui respecte la mécanique du genre, sublime visuellement avec un scénario au millimètre et surtout et avant tout, trois prestations marquantes de la part de Chris Pine, Jeff Bridges et Ben Foster.

7. "The Nice Guys" de Shane Black.
Injustement boudé par le public, il n'en reste pas moins que je me suis régalé pendant près de deux heures avec ce Buddy-movie qui avait tout pour que je l'aime : un cadre très 70's, un des auteurs cultes de ma jeunesse à la plume et à la caméra, un humour implacable et un duo d'acteurs au sommet, bref, LA comédie de 2016!!

6. "Mademoiselle" de Park Chan-wook.
Pas eu le temps de le digérer tellement je l'ai vu il y a peu, "Mademoiselle" est un thriller érotique absolument fascinant qui permet au réalisateur d'"Old Boy" de livrer une pépite aussi bien formelle que thématique et surtout, cette façon de manipuler le spectateur avec ses trois parties qui enrichissent le récit au fur et à mesure des 2h25 de projection. Jouissif?? Non, orgasmique!!

5. "Dernier Train pour Busan" de Yeon Sang-ho.
Je ne lui ai accordé que 4 étoiles à sa sortie, pourtant, j'étais déjà pas loin du 5 étoiles mais quand il m'a fallu choisir 10 films qui m'ont marqué en 2016, il en faisait partie, du coup je me suis lâché et j'ai rajouté une étoile à ce film de genre aussi intelligent dans sa métaphore de la société coréenne qu'intense en terme d'action, mais ce qui me fascine avec nos amis coréen, c'est leur capacité à rendre très rapidement leurs personnages très attachants et frémir avec eux pendant les événements du film. Un must!!

4. "Premier Contact" de Denis Villeneuve.
Le réalisateur de "Sicario" s'attaque à la SF, une sorte d'entraînement avant "Blade Runner 2" et "Dune"?? Non, une œuvre dense et émouvante portée par une Amy Adams qui a su me transmettre énormément d'émotions et un réalisateur qui a un véritable don pour faire monter la sauce avant les grands moments charnières du film!!

3. "Captain Fantastic" de Matt Ross.
Si je viens de déclarer "Nice Guys" la meilleure comédie de l'année, c'est parce que pour moi, "Captain Fantastic" n'est pas vraiment une comédie... ni vraiment un drame non plus. C'est fin, c'est émouvant, les personnages sont extraordinaires surtout celui de Viggo Mortensen qui livre une de ses plus belles prestations (et que j'aurais bien vu gagner un Oscar), bref, un beau chef d'œuvre, le feel-good movie of the year!!

L'homme-grenouille 23/03/2017 19:18

Aaaaaaaaah ! Voila qui fait plaisir !
C'est marrant parce que cette année, au final, on cite plus ou moins les mêmes films (mais pas dans le même ordre).

Je remarque que Sing Street m'a totalement échappé. Je le note !
Je remarque aussi que "Mademoiselle", "Comancheria" et "The Strangers" t'ont plu ! Eh bah sache que ça me fait plaisir ! (Bon, après c'est vrai que pour moi "The Strangers" me laisse encore une arête dans la gorge. Mais bon... Je comprends pleinement ceux qui l'apprécient.)
Bon et puis sinon, c'est moi, où il manque les trois premiers ?

Le Nouveau Cinéphile 03/01/2017 12:29

Salut Homme-Grenouille, et mes meilleurs voeux pour cette année 2017!

Excellent classement semble-t-il ! Voici mon propre top 5 de l'année 2016:

1) Jodorowsky's Dune.
2) The Revenant.
3) Spotlight.
4) X-Men: Apocalyps (oui, je fais partie de cette petite minorité qui a aimé ^^).
5) Zootopie.

Mention spéciale à "The Killing Joke" et à "Deadpool". Et j'ai bien l'intention de rattraper mon retard sur la filmographie de Park Chan-Wook.

Sinon, j'ai bien hâte de voir la suite des activités de ce blog.

A très bientôt !

PS: Que penses-tu de la BA du "Valérian" de notre Besson national ? Ce projet suscite-t-il ton intérêt ?

L'homme-grenouille 04/01/2017 14:17

Salut à toi NC !

Merci pour ton commentaire et surtout merci pour ton top.

Après Inthepanda, tu es la deuxième personne qui porte mon regard sur "Jodorowsky's Dune". J'avoue que je n'avais pas entendu parlé de ce film et voilà que je me retrouve fortement intrigué. Je vais essayer de mettre la main là-dessus, crois-moi. ;-)

Sinon, pour la B-A de Valérian, j'avoue que je suis tombé dessus en débarquant comme ça, au cinéma, sans savoir de quoi il était question. Or, je dois bien avouer que ça m'a interpelé. Je me suis tout de suite dit : tiens c'est marrant, y'a l'air d'avoir un univers là-dedans. Après, le mérite de cet effet ne vient-il pas tout simplement de l'univers aguicheur de la B.D. de base ? Besson, même si j'apprécie le bonhomme pour sa manière dé dépoussiérer le monde du cinéma français, est quand même un réalisateur que je trouve vraiment médiocre. Perso, j'ai un peu peur, notamment pour la tenue de l'intrigue. Enfin bon, je le verrai. On en reparlera alors sûrement...

En tout cas, merci encore pour ton commentaire. Je vais m'efforcer de poster la deuxième partie de mon top d'ici deux semaines ou trois. On aura alors certainement l'occasion de se reparler. ;-)

DanielOceanAndCo 02/01/2017 00:32

BOOOOOONNE ANNEE M. lhomme-grenouille et mes meilleurs vœux.

Et puis surtout, ça fait plaisir de te "voir" enfin de retour après ces quelques semaines.

Dis-moi, tes stats 2016 prennent en compte le changement de 3 à 2 étoiles que tu as opéré sur "Rogue One"?? ^^

Ton top est intéressant et sur 6 films que j'ai vu, on va en avoir 3 en commun et malheureusement, j'ai loupé "Comancheria" et "Mademoiselle" qui ont un fort potentiel pour finir dans mon top personnel quand je les aurais vu, quant aux deux autres, on ne sait jamais même si je ne suis pas un inconditionnel d'Atom Egoyan, par contre, j'avais beaucoup aimé "Starbuck" avec notre ami Patrick Huard donc pourquoi pas?? Et puis, tu avais l'air de penser que "The Strangers" était bien susceptible de me plaire donc je me demande si je ne vais pas attendre de voir tout ça avant d'établir mon top personnel, qu'est-ce que t'en penses??

Par contre, je peux d'ores et déjà faire mon top 10 de mes plus grosses attentes 2017:
1. "Star Wars Episode 8" de Rian Johnson
2. les films du DC Extended Universe à savoir "Wonder Woman" de Patty Jenkins et "Justice League" de Zack Snyder
3. "Dunkerque" de Christopher Nolan
4. "Blade Runner 2049" de Denis Villeneuve
5. "La Planète des Singes 3" de Matt Reeves
6. "Kingsman 2" de Matthew Vaughn
7. "La La Land" de Damien Chazelle
8. "Silence" de Martin Scorsese
9. "Kong : Skull Island" de Jordan Vogt-Roberts
10. "Un Jour dans la vie de Billy Lynn" d'Ang Lee

Mais il y en a tellement d'autres : "Alien : Covenant" de Ridley Scott, "Quelques minutes après minuit" de Juan Antonio Bayona, "Nocturnal Animals" de Tom Ford, "Live by night" de Ben Affleck, "Lego Batman", "Loving" de Jeff Nichols, "A cure for life" de Gore Verbinski, les deux Pixar "Cars 3" et "Coco", "Logan" de James Mangold, "Trainspotting 2" de Danny Boyle, "Transformers" de Michael Bay, "Valerian" de Luc Besson (oui oui!!!), "Baby driver" d'Edgar Wright, "La Belle et la Bête" de Bill Condon, "King Arthur" de Guy Ritchie, "Spider-Man : Homecoming" de Jon Watts ou encore "La Momie" d'Alex Kurtzman, et j'en passe et des meilleurs

Sur ce, à bientôt mon gars!!

L'homme-grenouille 02/01/2017 19:07

Salut ma louloute et bonne année à toi aussi !

Merci pour ton commentaire ! Comme d'habitude, il fait toujours ardemment plaisir ! Et je m'empresse d'ailleurs de répondre rapidement à tes questions.

D'abord, concernant "Rogue One", non, le chiffre que tu as lu ne prenais pas en compte le changement de note. Tu fais d'ailleurs bien de me le signaler, je vais changer ça. De toute façon, ce chiffre était déjà périmé puisque, d'une part, j'avais compté un film en trop et d'autre part j'ai eu l'occasion de voir entre temps deux autres films de cette année 2016, dont un super chouette dont j'aurais l'occasion de reparler dans la suite de cet article, il s'agit de "Your Name".

Pour m'étaler d'ailleurs un peu sur le changement de note opéré sur "Rogue One", je l'ai décidé lors de mon repas de Nouvel An, après qu'en en discutant avec des amis, je me suis rendu compte que ma critique et ma note ne reflétaient absolument pas la réalité de mon sentiment. Comme me l'avait d'ailleurs si justement remarqué l'un d'entre eux, c'était bien la première fois que je mettais 3/5 à un film face auquel je me suis fait globalement chier et dont j'ai trouvé le contenu insipide. Alors après ça ne retire rien au fait que ce film présente de nombreux mérites même si, pour être plus juste, je pense que le vrai mérite revient en fait surtout à Gareth Edwards. Ce film, dès la conception, il est moisi. Je trouve juste que l'ami Gary a su en faire un truc incroyablement honorable par rapport à la fumisterie qu'on lui avait foutu dans les pattes. Mais bon, après ça n'en reste pas moins chiant et insipide. Un univers ne suffit pas à faire un film, enfin, en tout cas c'est mon point de vue... ;-)

Sinon, concernant les films du top que tu n'as pas vu, oui, je te les conseille fortement. Et si, effectivement, tu préfères attendre de les voir avant de poster ton top définitif, ça me paraitrait la posture la plus sage. "Mademoiselle", "Comancheria", "Guibord" comme "Strangers" sont vraiment des films susceptibles de te plaire, donc wait and see. Maintenant, rien ne t'empêche de poster un premier top tout de suite, puis d'en soumettre un autre plus tard si jamais l'envie t'en dit. Moi je n'y verrais aucun problème. Ce n'est pas comme si mon blog était assailli de commentaires !

Et puis sinon, merci pour ton Top des attentes. Tu me connais, moi j'ai tendance à avancer à vue, donc je serais bien incapable de te donner le mien. L'avantage, c'est que maintenant, je serai plus attentif à certaines sorties grâce aux pistes que tu as lancé. D'un autre côté, je n'ai pas manqué le fait que "Dunkerque" et "Kingsman 2" allaient sortir. De même que "La La Land" a l'air vachement chouette. (J'ai vu la B.A. au cinéma : quand j'ai vu que c'était Damian Chazelle qui était aux commandes, ça m'a tout de suite donné envie !) Enfin bon, encore une fois, "wait and see" : 2017 finira aussi par donner son verdict, et on verra ce que ça donnera dans un an !

Gros bisous en tout cas, et merci encore pour ton commentaire !

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