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29 janvier 2017 7 29 /01 /janvier /2017 15:42

 

 

Mais aussi...

 

Vaiana, la légende du bout du monde

Histoire de faire de continuer à vanter les mérites de production Disney de cette année (et c’est suffisamment rare pour ne pas profiter de l’occasion), laissons de côté Zootopie et intéressons-nous désormais à la deuxième sortie du studio aux grandes oreilles : j’ai nommé Vaiana, la légende du bout du monde. Alors qu’on se le dise tout de suite, avec ce film-là, Disney était davantage dans ses clous habituels. Un peu dans la foulée de sa Reine des Neiges, tonton Walt nous a ressorti une histoire de princesse partant à la recherche de sa destinée au travers d’une aventure émancipatoire à base de chansons « libérée, délivrée »… Alors autant je suis moins fan de ce genre là, autant Vaiana m’a quand même vraiment emballé. (Oui je sais, je suis tout autant surpris que vous !) Alors attention, ça a fonctionné parce qu’aussi, je savais à quoi m’attendre, et que j’ai su « gérer » ces conventions qui parfois me pèsent. Donc oui, ça chante tout le temps. Oui, ça encombre l’intrigue de petites créatures absurdes et inutiles… Mais bon, pour le coup, le duo Musker / Clements a su vraiment mener habilement sa pirogue. Certes, les obligations fairytales sont livrées, mais ils savent clairement aller au-delà de ça en offrant un univers beau, amusant, séduisant… D’ailleurs, si j’ai particulièrement apprécié ce film, c’est aussi parce que Vaiana oublie rapidement qu’il est un film de princesse et qu’il sait progressivement se transformer en un vrai film d’aventure. Et franchement ça fait du bien, parce que l’air de rien, ce fut pour moi l’occasion de me rappeler que chez Disney, on savait quand même sacrément bien maitriser les codes du cinéma. Rah putain, mais ce film, qu’est-ce qu’il a comme souffle ! Et rien que pour ça, moi, j’ai envie de vivement vous conseiller un détour vers ce Vaiana. Un film convenu certes, mais un film qui sait malgré tout tirer le meilleur parti de ses conventions. Un très bon moment de 2016…

 

Zoolander 2

Restons dans la gaité et la bonne humeur en vous conseillant aussi le retour du grand Derek Zoolander ! Alors certes, je ne vous le cache pas, ce retour presque quinze ans après, il me refilait autant des frissons d’excitation que d’effroi. Bah oui, des frissons d’excitation tout d’abord – forcément ! – parce que j’ADORE Zoolander premier du nom. Je ne le considère pas comme un chef d’œuvre, mais j’aime tellement son esprit et son humour qu’il est rapidement devenu pour moi un film culte. Mais bon, du coup, forcément, il y avait de l’effroi car je craignais le sacrilège d’une simple resucée vide d’idées et de sens, pouvant aller jusqu’à souiller les souvenirs que j’avais du premier. Mais bon, c’est Ben Stiller qui est aux manettes, et moi, Ben Stiller, je l’adore. Et l’air de rien, le bougre, il a su trouver un bon équilibre entre nostalgie du 1 et nécessaire renouvellement pour le 2. Certaines scènes sont de véritables clins d’œil au premier opus ; la structure globale de l’intrigue l’est aussi. Mais là où je trouve que cette suite parvient à l’emporter, c’est sur sa capacité à porter une nuance nouvelle dans son regard porté sur la mode. En jouant sur le gap de quinze ans qui existe entre les deux épisodes, des choses sont dites, des comparaisons sont faites et, au final, le film prend tout son sens, sans perdre de vue son humour absurde. Moi, en tout cas, je me suis régalé. Alors du coup je me dis que même s’il n’a pas marché en salle, peut-être fera-t-il comme son ainé et se rattrapera sur la vente de galettes. Personnellement, c’est tout le bien que je lui souhaite…

 

Des nouvelles de la planète Mars

Toujours dans une certaine forme d’humour de l’absurde, mais ce coup-ci plus noir, je ne manquerai pas non plus de vous conseiller ce dernier film de Dominik Moll, un peu passé inaperçu, et sûrement à tort. Pour le coup, je trouve que c’est la meilleure exploitation qu’on pouvait faire du talent de François Damiens depuis Dikkenek.  Plus sobre, plus bonne-pâte, plus subtil aussi… Son personnage de gars qui se fait marcher dessus en permanence parce qu’il a le malheur de croire que chacun doit s’efforcer de faire sa part pour rendre les choses meilleures est juste irrésistible (du moins me concernant). J’aime bien cette réalisation de qui consiste à être assez sec et dur. Ça n’en rend cet humour noir que plus grinçant. Et ce qui est génial malgré tout, c’est que ce film, malgré son acharnement presque malsain sur son personnage principal, en devient malgré tout très touchant. Bref, une belle petite comédie qu’on ne perd pas à regarder à mon sens !

 

Les premiers, les derniers

, c’est aussi une sorte de western désabusé, à Les premiers, les derniers faisaient partie du Top 10. Il était sur la dernière marche, certes, mais il y était. D’un côté ça me chagrine de ne pas pouvoir faire figurer ce petit bijou dans le top, de l’autre je me dis que c’est quand même ce qui reste de plus juste en fonction de mon sentiment réel à l’égard de ce film. Parce que oui, j’adore Bouli Lanners, et j’adore le cinéma de Bouli Lanners.  Ce Les premiers, les derniersAlors, je tiens à la préciser tout de suite, je ne classe pas les films que je mets dans cette liste additionnelle. Ça fait un peu patchwork, j’en suis désolé, mais c’est aussi un peu l’effet voulu. Personnellement, ces films que je vous cite là, je n’ai pas envie de les classer ou de les hiérarchiser, et si je dis ça au sujet de film de Bouli Lanners, c’est parce qu’un temps, dans la première mouture de cet article, ce la Comancheria, à la seule différence qu’ici, le Far west, c’est le plat-pays belge (au sens large du termes). C’est grand à sa façon ; c’est sauvage à sa façon ; c’est désolé à sa façon… Bref, c’est beau. Alors tout le problème avec Bouli Lanners c’est que ses films ressemblent toujours plus ou moins à ses autres films, d’où une certaine réserve quand j’ai vu ce film. Mais d’un autre côté, ce cinéma humain, formaliste au possible et racé, je l’aime. Donc l’occasion vous est donné, ce Les premiers, les derniers, il faut vraiment le voir…

 

Your Name

Ah ! En voila enfin un ! Un film qui me réconcilie avec le cinéma japonais ! Et un dessin-animé en plus ! Décidément ! C’est coup double ! Pour ma part, ce Your Name, c’est le dernier film que j’ai découvert en cette année 2016. C’est l’ami JW qui m’y a un peu poussé. J’avoue que je n’osais pas trop. En ce moment, les dessins-animés japonais, ce n’est vraiment pas mon trip. Certainement ai-je dû enchainer trop d’expériences maussades, aussi bien sur le plan du fond que de la forme. Or, là, j’avoue que Your Name a su me réconcilier sur tous ces points là. Déjà c’est beau. Mais vraiment, c’est super beau ! Aussi bien dans la finesse des décors que celle de l’animation, on sent qu’on a fourni du gros taf du côté des studios Toho. Et puis il y a l’histoire. J’avoue qu’elle n’a pas forcément suivi et exploré les cheminements auquel je m’attendais, mais c’est aussi en cela que j’ai pris du plaisir à me laisser porter par ce film. Au moins l’histoire a le mérite d’être original et d’opérer pas mal de virages assez drastiques dans son intrigue. L’univers se renouvelle assez régulièrement, le propos aussi. Bon, après, j’avoue que j’estime qu’on pouvait encore mieux exploiter ce déluge de bonnes idées. Pour le coup, j’ai trouvé que le dernier quart de film passait quand même à côté de pas mal d’opportunités. Mais bon, l’un de l’autre, cela ne retire rien à ce vent de fraicheur. Le film est en train de cartonner comme jamais au Japon et il est aussi le premier dessin-animé non Guibli a engranger plus de 10 milliards de yens à l’étranger. Pour le coup, je trouve que le phénomène a le mérite de concerner un film qui, à mon sens, a vraiment quelque-chose d’intéressant à proposer. Donc, n’hésitez pas à l’amplifier en participant à votre tour à sa découverte…

 

Kung-fu Panda 3

Et puis je finis cette liste additionnelle – et ce n’est pas première fois ! – par un Kung-fu Panda. Troisième volet déjà et, pourtant, je trouve que ça marche toujours aussi bien. Alors je ne renierai pas le fait que l’intrigue – une fois de plus – ne casse pas trois pattes à un jard ; de même que j’accepterai volontiers les reproches qu’on pourrait faire sur l’humour parfois un brin lourdaud du film, mais d’un autre côté, qu’est-ce que c’est formellement bien gaulé ! Visuel, photo, musique, rythme : cette saga dégage toujours un de ces souffles à chacun de ses épisodes ! Un souffle face auquel je reste toujours un peu bouche bée. Donc certes, l’intrigue et l’humour sont parfois malingres, mais tous deux tiennent suffisamment la route pour constituer l’ossature nécessaire à ce spectacle bourré d’énergie et de poésie. D’ailleurs, même simple, le propos reste toujours au final pertinent, malin et touchant. Pour moi c’est bien la preuve qu’on a à faire ici à une œuvre beaucoup mieux pensée et construite qu’elle ne pourrait le laisser présager au premier abord. Mais c’est après tout cela les meilleurs artifices ; ce sont ceux qui savent faire leur office sans se faire remarquer… Je vous laisse le constater par vous-même en allant tâter de cet opus, clairement au niveau du reste de la saga…

 

 

 

Quelques moments qui méritent qu’on perde deux heures pour eux :

 

 

L’enquête menée dans

Les huit salopards

Il est long ce film. Trop long à mon goût. Même si sa présentation des personnages est savoureuse, elle dure presque trois quarts d’heure à elle seule. Quant à la conclusion, je pense qu’on aurait pu aisément en retirer vingt minutes tant elle sombre dans la surenchère. Mais bon, il y a aussi du bon dans cette longueur. Et l’avantage que, moi, j’ai tiré de ce rythme pénard adopté par l’ami Quentin dans ce huitième film commis, c’est qu’une fois tout mis en place, il se développe une petite ambiance de huis-clos tendu ; une sorte de Reservoir Dogs revu à la sauce Django Unchained, et je trouve que cette ambiance atteint son paroxysme lorsque vient le moment où chacun se met à enquêter sur… Eh bah justement, je n’en dirais pas plus ! Si vous voulez vraiment goûter à ce bon moment de cinéma ciselé et raffiné – tant pis pour vous ! – il va falloir vous coltiner les presque trois heures de ces Huit salopards. Rassurez-vous, le spectacle dans son ensemble n’est pas désagréable à regarder, loin de là  (du moins de mon point de vue). Mais bon, ici, le profit se fera au prix d’un effort, donc vous voilà prévenus !

 

Le face-à-face Fiennes / Ehrenreich

et la danse de Chaning Tatum dans

Avé César !

C’est marrant parce que, globalement, il ne m’a pas emballé plus que ça cet Avé César ! alors que pourtant il ne comporte quasiment que des choses que j’apprécie. Seulement voilà, c’est trop méta pour moi. Ou, pour être plus précis, c’est trop QUE méta pour moi. Alors si le souffle nécessaire pour animer tous ces artifices a manqué, transformant ainsi pour moi le visionnage de ce film en moment totalement dépassionné, il n’empêche que pas mal de ses artifices me sont apparus des plus savoureux. Que George Clooney débatte de lutte des classes habillé en magistrat romain ou bien encore que Dieu se réduise à une « représentation divine à introduire ici », je trouve ça jouissif, ainsi que tout le discours que les Coen ont tenté de broder autour. Seulement voilà, s’il y a bien deux moments où la magie a vraiment marché sur moi –et pour le coup il m’a été impossible de trancher entre les deux tellement que j’ai adoré les deux événements – ce sont donc ces deux moments que je vous cite ici. Le premier est le plus merveilleux cabotinage qui soit avec d’un côté le légendaire Ralph Fiennes, et de l’autre la star montante Alden Ehrenreich. C’est savourant et surtout c’est complicated…Le second est plus basique mais non moins fandard : il s’agit de Channing Tatum se lançant dans une danse endiablée à la Gene Kelly, chantant une ode à une bonne grosse virilité à l’ancienne, mais accomplissant en parallèle une chorégraphie pétrie de postures et de sous-entendus gays (moi j’en étais hilare. Comme quoi il ne m’en faut pas plus). Donc voilà. Acceptez la pilule de l’aigreur globale de ce film et profitez de ces scènes si le cœur vous en dit. En tout cas, je vous le conseille si vous avez deux heures à perdre…

 

La magouille finale de

Merci patron !

Il aura finalement fait beaucoup parlé de lui ce film de François Ruffin ; l’une des nouvelles têtes journalistique, politique et sociale de cette année. Alors oui, je n’irais pas jusqu’à qualifier François Ruffin de nouvelle tête cinématographique parce que – on ne va pas se mentir – ce Merci patron !, c’est quand même du cinéma fait à la sauvette. Mais bon, d’un autre côté, ce n’est clairement pas la prétention ni l’intention du film que de jouer la carte d’un joli cinéma formaliste. Alors certes, d’un côté, c’est ce qui fait de ce film un long métrage pas très enthousiasmant à regarder. D’un autre côté, malgré le manque de rythme globale de l’œuvre, le petit final vaut quand même son petit pesant d’or, juste pour la vaste farce par laquelle il se conclut. Bon, aussi, autre précision, autant vous dire tout de suite que si vous n’avez pas la fibre gaucho, il n’est pas sûr que cela vous parle ! Mais bon, pour les autres… ;-)

 

L’introduction de

Midnight Special

Si globalement je n’ai trouvé ce film que juste convenable, je consédère néanmoins que malgré tout, il bénéficie d’un énorme atout : son intro. Poser une atmosphère et une intrigue prenante en seulement cinq minutes montre en main, moi je dis juste « Ouah ». D’ailleurs je pense que, l’air de rien, une bonne partie du plaisir que j’ai pris lors de ce film est clairement dû à son amorçage. Pour le coup, je trouve que Midnight Special tire son intérêt non de son propos ou de sa révélation, mais plutôt de sa capacité à entretenir le mystère. Or, ce mystère il prend clairement forme dès qu’on voit cette voiture fendre la nuit sous une musique intrigante. Il prend aussi forme avec cette chambre de motel miteux où, très rapidement, la relation entre les adultes et l’enfant révèle quelque-chose de singulier. Bref, ce film pour moi n’aurait pas pu fonctionner aussi bien sans son intro. Donc, rien que pour son intro, ce film il vaut le coup d’être vu. Après, si vous lachez en cours de route, pour moi ce ne sera pas grave. Et si par contre vous allez jusqu’au bout, alors ça ne sera que tout bénef…

 

La rencontre du troisième type dans

Premier contact

Restons dans cette frange un peu fantastique de la SF avec ce Premier contact. Avec le recul j’ai constaté que beaucoup de personnes en avaient dit pas mal de bien. Je n’irais pas forcément les contredire, mais j’avoue que pour ma part, ce film est à mon sens très inégal et par pas mal de points assez bancal. Bon par contre, il y a quelques bons moments, dont cette première rencontre avec les Heptapodes. Ah ça ! La mise en place de l’atmosphère ! L’utilisation de cette plaine pour poser une forme de solitude et d’étrangeté ! La singularité du vaisseau ! L’entrée progressive dans l’antre ! La mise en place de l’atmosphère de la tension ! Et – surtout – ce moment où Jeremy Renner balance sa barre phosphorescente pour prendre conscience du changement de gravité ! Raaaaah ! Ah ça ! Pour moi, c’était vraiment de la bombe. Donc voilà, ne serait-ce que pour vous faire votre propre avis, et ne serait-ce que pour profiter de cette scène, si vous avez du temps à perdre et que l’occasion de voir ce Premier contact se présente, surtout, n’hésitez pas à vous y risquer.

 

La scène de gravité zéro dans

Passengers

Je sais. Au final ce film ne raconte pas grand-chose et, d’un certain point de vue, tout ce Passengers ne semble se résumer en fin de compte qu’à un gigantesque prétexte pour faire de jolis décors futuristes. Cest vrai… Mais bon, c’est déjà ça ! Moi personnellement, je trouve ce film très beau d’un point de vue formel, et parmi les meilleurs moments, pour moi, se trouve clairement cette scène de gravité zéro. Alors OK. Elle n’a aucun impact sur l’intrigue. Elle est purement gratuite. Mais bon, voilà, je la trouve jolie et assez saisissante quand on ne s’y attend pas. Moi, rien que pour ça, je suis content d’être allé voir ce film. Un bon souvenir de 2016, incontestablement…

 

L’univers général de

Kubo et l’armure magique

Parce qu’on est dans le beau, autant aborder tout de suite ce Kubo. Pas trop convaincu par l’histoire, je dois malgré tout avouer qu’encore une fois, les studios Laika sont parvenus à fournir un univers visuel vraiment riche et vraiment travaillé. Or, rien que pour cela, pour peu que vous ayez du temps à perdre, ça peut franchement valoir le détour.

 

Les paysages de

Tout en haut du monde

Idem, je ne vais pas trop m’étendre sur ce point là. Un peu comme Kubo, ce Tout en haut du monde vaut vraiment le coup d’œil pour ses choix visuels. Alors autant des fois ça fait super cheap et ça ne marche pas du tout. Autant des fois c’est ultra minimaliste et très élégant. Et puis bon, l’histoire est sympa comme tout, donc l’un dans l’autre, ça se prend vraiment…

 

Le principe formel de

Hardcore Henry

Ce film, il est assez con et peu diversifié dans sa posture, ce qui peut le conduire à être assez chiant sur la longue, mais bon… Franchement, ne serait-ce que pour la prouesse formelle, ça vaut le coup d’être vu. L’air de rien, tout filmer à la première personne, c’est un exercice très casse-gueule, qui nécessite beaucoup de maitrise et un certain renouvellement dans ses prises de vue. Sur cet aspect là, je trouve que ce film pousse très loin les curseurs, et rien que pour cela, je trouve que ça vaut largement un détour, même si au final on ne voit pas le film en entier. Et puis bon, même si c’est con et trop peu diversifié, il y a quand même un trip jeu-vidéo que je trouve vraiment fun et – j’insiste – vraiment prometteur. A voir ce que ça donnera pour la suite…

 

L’ambiance générale du

Dernier train pour Busan

Et je finis donc – non pas par hasard – par ce Dernier train pour Busan dont je loue donc… l’ambiance. Bon, quand je dis que cette catégorie est réservée aux « quelques moments » qui méritent qu’on perde du temps pour eux, pour le coup, j’avoue que là il est difficile de cerner un petit moment particulièrement bon dans ce film. Concrètement, ce qui fait l’intérêt de ce film, c’est qu’il est capable de prendre un concept archi connu (le film de zombie) mais d’en retransformer l’atmosphère habituelle en le baignant dans les codes de la culture et du cinéma sud-coréen. A dire vrai, de mon point de vue, il est là le vrai intérêt de ce film. C’est clean en termes de réalisation. C’est bien foutu en termes de rythme et d’intrigue. Pas de réelle invention là-dedans (quoi que… mais pour cela je vous renvoie à ma critique.) Mais reste donc cette ambiance particulière qui fait que ce film vaut le détour. D’un point de vue personnel, je ne trouve pas ce film suffisamment bon pour figurer parmi la liste additionnelle de ce haut de page, mais malgré tout, je dois bien avouer que cette atmosphère diffuse peut constituer à elle toute seule un élément qui mérite qu’on perde un peu de temps pour lui… Après tout, le dernier train pour Busan fait partie de ces films qui ont su faire sensation cette année, et pas totalement à tort. Donc voilà, maintenant moi ce que j’en pense. Si vous n’avez que cinq ou dix films à piocher cette année, personnellement je ne le choisirais pas. Maintenant, si vous êtes de ceux qui ne se posent aucune limite dans leur découverte des bons petits trucs qui se font cette année, alors n’hésitez pas à rajouter ce Dernier train dans votre panier. Avec tous les autres titres cités précédemment, je pense que vous avez de quoi vous régaler pendant un petit moment… ;-)

 


 

Les plans de l’année :

 

 

1. Le plan séquence avec l’ours dans

The Revenant

Bah oui… Pour qui ne l’avait pas vu : toute cette séquence qui concerne l’ours n’est en fait qu’un gigantesque plan séquence. Et quand on voit la performance technique que ça représente, et surtout l’efficacité de cette scène en termes de sensations transmises, je trouve que ça rend ce plan juste HAL-LU-CI-NANT. Alors certes, cela fait deux années d’affilée que je mets un plan séquence en tête de ce classement, mais ça ne veut pas forcément dire que je considère ce genre de plan supérieur aux autres. C’est vrai qu’un plan séquence est souvent plus complexe à mettre en place qu’un plan classique. Et c’est vrai aussi que, parce qu’il a le temps de jouer sur plusieurs valeurs de plan, le plan-séquence répond finalement à des problématiques bien différente qu’un simple plan fixe par exemple. Malgré tout, ce n’est pas vraiment pour ces raisons que je mets ce plan en première position. Moi j’ai tendance à valoriser les plans sur lesquels je flashe ; ces plans qui me scie tellement que je ne sais même plus trop ce qui a enchainé derrière. Ce plan, c’est clairement ce genre de plan. J’ai déjà vu deux fois ce film, et je ne me souviens toujours plus vraiment de ce qui se passe ensuite. Là on touche à quelque-chose de marquant, de fort, d’incroyablement bien pensé. Bref, on touche pour moi au plan de l’année…

 

2. Le saccage de la bibliothèque dans

Mademoiselle

Parfois, à écouter ou à lire ce qui se dit à droite ou à gauche, j’ai l’impression que pas mal de gens considèrent que le formalisme, c’est juste de la fioriture ; du maniérisme ampoulé qui surcharge inutilement un film. Eh bah, pour ces gens-là, j’ai envie de leur montrer Mademoiselle de Park Chan-Wook. Alors oui, c’est beau et c’est clinquant, mais ça dit aussi clairement quelque-chose de plus. Pour preuve : ce plan tiré d’une séquence qui en comporte tellement plein d’autres d’aussi iconiques. Pas un mot n’est prononcé. On voit juste Sook-Hee qui découvre l’univers d’aliénation d’Hideko. La fougue la prend et se traduit par un montage nerveux, une musique enlevée et surtout donc, ce cadrage. Ce plan que vous voyez ci-dessus est fixe, assez court. Il pose un espace d’ordre. Un espace rectiligne et harmonisé, aussi bien au niveau des tons que des dispositions. Au cœur de cet espace, une vitrine où reposent les textes que l’oncle d’Hideko collectionne. Cet espace est borné d’un côté comme de l’autre par deux rangées de bibliothèques où se trouvent d’autres textes. Ces textes, ce sont les textes qu’Hideko se doit de lire. Ce sont les textes de l’oppression. C’est le cadre aliénant fixé par la domination bourgeoise. C’est le cadre auquel s’attaque Sook-Hee. En d’autres mains, le geste destructeur de Sook-Hee aurait pu apparaitre comme une forme de chaos semé ; le désordre révolutionnaire face à l’ordre bourgeois. Mais pas chez Park… Park ne veut pas percevoir la révolte de Sook-Hee comme un geste seulement destructeur ; un chaos regrettable. En reversant les textes de la bibliothèque à gauche, en renversant la partie supérieure de la vitrine à droite, elle recompose l’espace sans le déséquilibrer. Au contraire, elle le remplit, elle l’enrichit de couleurs. Même son geste de dégradation à l’égard des textes présents dans la vitrine, à grandes giclées de peinture rouge, prend des allures créatrices. Sook-Hee n’est pas seulement en train d’accomplir un simple acte de vandalisme. Non, elle accomplit également un acte de recréation qui recompose l’harmonie du cadre plutôt qu’elle ne la détruit. Ses gestes s’apparentent à ceux du peintre disposant sa couleur. En quelques gestes, en décalant simplement les lignes du cadre, la révolution sociale de Sook-Hee devient soudainement une révolution créatrice. Elle établit une autre harmonie. Elle réhausse les tons, elle redispose les lignes. La révolution n’est pas chaos. La révolution est création. Un seul plan et tant de choses sont dites. Moi c’est ça que j’appelle le vrai talent formaliste…

 

3. Le plan d’introduction dans

Alliés

Bon… Comme vous pouvez vous en douter, l’image que vous voyez là n’est pas le plan dont je compte vous parler pour cette troisième place. Pour le coup je ne suis pas parvenu à mettre la main dessus. Tant pis, mais en même temps, tant mieux ! Ce plan, je pense (un peu comme tous les plans d’ailleurs), il est surtout à découvrir dans son jus. C’est le tout premier plan du film. C’est un plan d’installation. Et pour le coup, je le trouve particulièrement réussi. Ça commence par un très joli levé de soleil – atmosphère paradisiaque – et puis pouf, voilà que le cadre pivote vers une grosse masse ronde qui se révèle être un parachute. Ainsi, assiste-t-on, en plongée, à la descente progressive du héros qui vient s’échouer dans le sable, et cela dans une ambiance sonore tout ce qu’il y a de plus zen. Alors certes, l’effet spécial de la réception est un peu raté, mais sinon, je trouve que cette manière de lancer le film est juste parfaite. On se contente de balancer le héros dans un monde inconnu ; un désert. Ainsi va-t-on découvrir cet univers avec lui. On est plongé dedans pile comme il faut. En plus de ça, je trouve que l’esthétique adoptée ici par Zemeckis colle parfaitement à l’esprit du film. Ce décor qu’on nous plante avec cette jolie lumière pourrait être le paradis rêvé pour une amourette, seulement voilà, on comprend tout de suite avec le parachutiste qu’on vient y amener la guerre et toute la cruauté qu’elle comporte. Pour moi, Alliés, ça pourrait clairement se résumer à ça, et que le plan d’intro parvienne à ce point à l’incarner, je trouve ça vraiment merveilleux…

 

 

Les bandes-originales de l’année :

 

 

1. Vaiana, la légende du bout du monde

composée par Mark Mancina.

Personnellement, jamais je n’aurais imaginé un jour vanter à ce point la bande originale d’un Disney ; un Disney avec autant de chansons qui plus est ! A dire vrai, ça ne m’est arrivé qu’une seule fois d’introduire la musique d’un Disney dans un de mes Tops 3 : c’était en 1995 avec Pocahontas, une légende indienne ; une B.O. signée Alan Menken, LE compositeur Disney. Là, pour ce Vaiana, c’est Mark Mancina qui s’y est collé, et c’est peu dire que ce n’est pas du tout le même genre de personnage. Mark Mancina, c’est l’un des principaux compositeurs de film d’action des années 1990. Il est notamment l’auteur des très bonnes B.O., des Ailes de l’Enfer, de Speed, et surtout de Bad Boys. Le retrouver maintenant chez Disney, pour moi, c’est un peu comme retrouver Arnold Schwarzenegger dans un épisode de l’âne Tro-tro. Pour le coup, le voir au générique m’a surpris, et je n’étais clairement pas sûr que l’alchimie marche. Pourtant – et comme vous pouvez le constater au vu de cette place dans mon Top – je trouve qu’au final c’est tout l’inverse qui s’est produit. Cette B.O., je l’ai vraiment trouvé fantastique… Et même les chansons, c’est dire ! D’ailleurs, à bien y réfléchir, j’y retrouve un peu l’esprit de Pocahontas dans cette B.O. Par exemple, ces voix autochtones qui se perdent dans le vent dès la première piste intitulée Tulou Tagaloa, ou bien encore dans la courte mais magnifique piste intitulée Tala Returns. Elles m’ont tout de suite fait penser à ces voix qu’on entend en début et en fin de Listen With Your Heart de Pocahontas, D’ailleurs Tala a elle-même un petit côté Grand-mère Feuillage, donc pour le coup, j’ai vraiment l’impression que Mark Mancina a su totalement intégrer le logiciel Disney pour à la fois respecter son identité, tout en proposant une B.O. très riche et très dynamique. La plupart des pistes sont courtes, mais très marquées musicalement. On peut avoir des passages très doux, inspirant rapidement le dépaysement de ces îles lointaines, comme c’est le cas de pistes comme Climbing. Parfois, on est à deux doigts de l’ambiance Miyazaki avec les pistes Battle of Wills ou Village Crazy Lady, et ce n’est pas pour me déplaire. Mais surtout, il y a ces bons moments qui, tout en sachant respecter la couleur générale de l’ensemble musical, parviennent à fournir de vraies envolées : c’est notamment le cas de Return Voyaging, ou bien encore des sublimes morceaux finaux que sont Te Fiti Restaured et Voyager Tagaloa. Et puis bien sûr, au milieu de tout cela, il y a les pistes qui font la marque de fabrique d’une B.O. Disney : les chansons. Autant je trouve que, d’habitude, il n’y a toujours qu’une ou deux chansons supportables dans leur film et que le reste fait figure de remplissage pas très inspiré, là, Mancina s’est visiblement focalisé sur seulement quatre morceaux, mais lesquels savent marquer les esprits et surtout, savent revenir régulièrement soit par l’instru, soit par des reprises. C’est notamment le cas du Bleu Lumière qui revient régulièrement. Pour le coup d’ailleurs, les versions françaises et originales sont vraiment alignées en termes de qualité. Les traductions sont audacieuses et respectueuses des textes originaux (contrairement à La Reine des Neiges par exemple) Seul petit hic, Anthony Kavanagh n’a pas la même gouaille que Dwayne Johnson, mais bon, peut-on vraiment lui reprocher ? Qui aurait pu égaler le grand The Rock ? Enfin bref… Pour moi tout coule vraiment très bien. Je trouve même que certaines chansons on vraiment du coffre. C’est notamment le cas de la deuxième moitié de Je Suis Vaiana qui, à la fois dans le film, à la fois hors film, dégage quand même un sacré punch. Le paradoxe veut qu’au final, si j’avais à chercher des points faibles à cette B.O., j’irais sûrement les chercher du côté des musiques associées au passage d’action (ce qui est quand même incroyable quand on sait que c’est Mark « Bad Boys » Mancina qui est aux commandes !) A mon sens ces passages là sont très conventionnels et ne présentent que peu d’intérêt si on les écoute en dehors du film. Mais bon, au-delà de ça, je ne cache pas que je ne peux pas m’empêcher d’écouter cette B.O. en boucle… Même deux mois après avoir vu le film ! En somme, il aurait été quand même bien malhonnête de ne pas la faire figurer du coup en tête de mes coups de cœur de 2016…

 

2. Mademoiselle

composée par Jo Yeong-Wook.

Alors là, il était inconcevable de ne pas mettre cette B.O. dans mon Top, même si, à mon grand regret, je n’ai toujours pas eu l’occasion de l’écouter pleinement en entier. Parce que oui, pour moi – et ça m’est apparu comme évident dès les premiers instants de ce film – ce Mademoiselle devait beaucoup à sa musique. Bien évidemment, le morceau que je vous conseillerais en priorité est surtout celui qui compose le cœur de ce élan musical : cette piste intitulée My Tamako, My Sookee. A dire vrai, je ne saurais vous donner d’autres titres à écouter, car, pour la plupart, je n’en connais que les titres coréens, et en plus de cela, la moitié de la B.O. m’est encore inconnue… Donc bon… (Dans le doute malgré tout, écoutez aussi ces deux pistes là, 후지산 아래서 나무 et 결혼식, elles sont toutes les deux magnifiques et savent traduire toute la richesse de l’œuvre !) Alors du coup, forcément, je m’étends moins sur cette B.O. par rapport à celle de Vaiana. Mais en toute honnêteté, j’ai hésité pendant longtemps à savoir laquelle j’allais mettre avant l’autre. Au final, j’ai tranché en me fiant à mon nombre d’écoutes. Aussi incroyable que cela puisse paraitre, je n’arrive vraiment pas à décrocher de la B.O. de Vaiana. De plus, je trouve que la composition de Mancina présente ce mérite d’être incroyablement diversifiée par rapport à ce que je sais de cette B.O. de Mademoiselle. Malgré tout, cela ne peux m’empêcher de considérer le fait que, en tout et pour tout, si je devais choisir cinq morceaux parmi les deux B.O. pour les écouter en boucle, je pense que j’en prendrais trois dans celle de ce Mademoiselle et seulement deux dans Vaiana. Donc voilà. Tout ça pour dire que cette B.O. c’est aussi une pure bombe comme les films de Park Chan-Wook savent en générer. C’est vraiment pour moi de la came de luxe, donc n’hésitez vraiment pas à vous faire plaisir… 

 

3. Kung-fu Panda 3

composée par Hans Zimmer.

Alors je sais tout de suite ce que certains d’entre vous diront en voyant ce troisième volet de Kung-fu Panda 3 pour compléter ce Top… Ils se diront que c’est la troisième fois que cette saga apparait dans mes classements et que, même s’il y a toujours un peu de nouveauté à chaque opus, en gros, ça reste toujours plus ou moins la même chose…. Eh bah, certes, d’un certain point de vue je suis d’accord, mais d’un autre je ne peux accepter qu’on réduise cette B.O. à ça. A dire vrai, un peu comme le film, la B.O. présente cette capacité à faire dans la continuité et le renouvellement à la fois par rapport au reste de la saga. Le renouvellement, il vient notamment de ces nombreuses déclinaisons du thème de Kai, vraiment marquant et envoûtant. La continuité, elle vient notamment de ces incroyables envolées lyriques qui marchent toujours aussi bien, notamment cet incroyable final : Dragon Warrior. Ah ! Ça ! A chaque fois que je l’entends, je revis le combat final dans mon salon au prix de quelques dégâts ménagers. Mais bon, quand on a du bon comme ça, franchement, il faut savoir ne pas se priver je trouve…

 

 

Les personnalités de l’année :

 

 

1. Park-Chan Wook  1 ex aequo. Jeff Bridges

Cette année, j’avoue que je n’avais pas le matériel suffisant pour vous fournir un classement de dix personnalités qui me paraissait intéressant. Et parce que je ne voulais que ce classement soit une simple redite de mon Top 10 de films, j’ai décidé de surtout me focaliser sur les quelques personnalités qui, à mes yeux, sont véritablement ressorties, en mode « Ah mais putain merci à vous ! » …Et bon, sans surprise, une fois de plus, ce sera le réalisateur du film qui a fini en tête de mon Top 10 que j’entends vénérer avant tout dans ce Top 5. Je n’en dirais même pas davantage tant j’ai déjà eu l’occasion d’expliquer en quoi je vénère ce mec pour le boulot qu’il a fourni cette année. Non, je préfère au contraire me focaliser sur cet autre gars que j’ai mis ex aequo sur la plus haute marche de ce podium. Je ne pouvais clairement pas rater cette occasion de mettre en avant LA grosse performance d’acteur qui, cette année, m’a véritablement subjuguée. Parce que oui, j’estime que cette année, dans Comancheria, Jeff Bridges a absolument tout dépoté. Pour moi, ce gars, il porte et il transcende ce film presque à lui tout seul. Alors après attention : je ne dis pas que la maitrise de David Mackenzie à la réalisation ne joue pas son rôle dans le plaisir que j’ai pu tirer dans ce film, mais d’un autre côté, ce fut aussi toute la force de cette réa que de donner le beau rôle au grand Jeff. Non mais quand même quoi ! Ce gars c’est quand même le Big Lebowski ! Et même en mode papy dans ce film, il rayonne comme jamais ! Donc voilà, rien que pour ça, j’avais envie de faire un gros big up pour le grand Jeff et le mets donc premier ex aequo avec le non moins merveilleux Park. Après tout, à eux deux, ils résument déjà la grande majorité de mes frissons de cette année.

 

                                                                                 

 

3. Jean-Marc Vallée    4. Bouli Lanners    5. Alden Ehrenreich

Derrière le duo de tête, je ne pouvais pas faire un top sans lâcher un clin d’œil à Jean-Marc Vallée. Au final ce sera (presque) le seul réalisateur que j’honorerai ici dans ce classement. C’est vrai que j’aurais pu évoquer Alejandro G. Innaritu (The Revenant), Matt Ross (Captain Fantastic), Jeremy Saulnier (Green Room), ou bien encore Atom Egoyan (Remember). Mais bon, pour moi, aucun de ceux là n’a vraiment été une révélation cette année. Ces gars, on les connait, on sait qu’ils sont bons, et contrairement à un Nolan qui réinvente un genre de cinéma à chaque fois qu’il sort un film, ou bien encore contrairement à un Vaughn qui démontre une nouvelle facette de sa réalisation à chacune de ses sorties, tous ces gars là ont su juste faire le taf – brillamment certes – mais sans rien innover non plus. Par contre, avec Demolition, je trouve que Jean-Marc Vallée a fait plus que le taf. Il s’est livré. Je trouve que son film est véritablement à fleur de peau. Pour le coup je le trouve étonnamment personnel et presque impudique. Qu’un auteur sache se mettre à nu à ce point, moi je trouve ça rare et formidable. C’est donc pour ça que c’est, avec Park, le seul auteur que je fais figurer dans ce classement… Enfin le seul… Il y a aussi le magnifique Bouli Lanners. Pour le coup, si lui aussi figure dans le top, c’est certes pour son remarquable boulot de réalisateur avec Les premiers, les derniers, mais c’est aussi pour son rôle dans Réparer les vivants. Dans la première posture comme dans l’autre, ce gars, je trouve qu’il respire la vérité. C’est un mec sympa. Un mec qui sait donner de l’épaisseur humaine aux œuvres qu’il touche. Je l’aime. Et enfin, pour finir tout ça, je ne pouvais m’empêcher de conclure sur le cas d’Alden Ehrenreich. Ce mec, il m’avait surpris en 2013 dans une soupe adolescente nommée Sublimes créatures. Dans un truc lisse, il savait apporter une petite épaisseur. Il captait le regard. Là, dans cet Avé César, il est pour moi totalement à sa place. Son apparition ne fut pas bien longue, mais elle fut suffisante pour attirer encore une fois mon attention et me séduire. Ce gars va jouer dans le prochain Warren Betty et le prochain spin-off Star Wars ; deux films que je ne comptais pas forcément voir mais pour lesquels j’ai donc désormais un regain d’intérêt…  Donc voilà déjà qui m’offre des pistes de visionnages pour 2017 et 2018…

 

 

L’espoir que 2016 fait naître pour 2017 :

 

 

La mue progressive de Disney en studio du XXIe siècle.

 

Bah oui ! Disney et encore Disney… Mais d’un autre côté, mettez-vous un peu à ma place ! Pour moi, Disney, durant de longues années, c’était l’anti-Pixar ; c’était le chantre de la réaction ; c’était l’ennemi invisible qui avait su mettre le grappin sur des générations d’enfants sans que personne n’y voient le problème. Là, depuis Les mondes de Ralph, soit depuis 2012, le studio aux grandes oreilles semble avoir opéré un tournant idéologique assez marqué. Et pour qu’on en arrive à cette année 2016 où, d’un côté on dispose d’un premier film presque bourdieusien et de l’autre à un film de princesse sans princesse, moi je dis juste : « Ouah ! » Qu’un truc aussi enraciné à l’extrême-droite, depuis des décennies, ait su totalement se remettre en cause et devenir un des artisans de la pensée progressiste, moi je trouve ça juste incroyable. Mieux encore, je trouve que c’est riche d’espoirs. Bah ouais, même une grosse machine comme Disney est capable de se remettre en question. Même une grosse machine comme Disney est capable soudainement de nager à contre-courant. Ça, perso, je trouve que c’est juste super encourageant. Et je ne dis pas ça que d’un point de vue « politique », je dis ça aussi et surtout d’un point de vue cinématographique. Comme je me plaisais justement à le dire dans mon article sur le « cinéma de gauche », pour moi, être de gauche, ce n’est pas qu’une posture politique, c’est aussi une démarche que l’on adopte par rapport à la réalité d’un moment. Être de gauche, cinématographiquement parlant, c’est vouloir tenter de nouvelles recettes ; c’est vouloir explorer de nouveaux horizons… Or, Zootopie et Vaiana sont justement ça : des films qui tentent de nouvelles façons de raconter des histoires. Ce ne sont pas seulement de simples décalcomanies de films qu’on a déjà vu mille fois. Alors après, OK c’est vrai, Vaiana est une princesse, mais une princesse qui – ce coup-ci – n’aura pas le titre de princesse ; une princesse dont le but ultime ne sera pas simplement de se trouver un homme ; une princesse qui n’aura pas à opposer son épanouissement personnel au maintien d’un ordre social figé… Alors oui, c’est progressiste dans la lecture sociale que ça porte du monde, mais c’est aussi progressiste en termes d’intrigue et de cinéma. Donc voilà : la réutilisation des vieilles recettes et le repli sur soi ne sont donc pas forcément des fatalités. L’exploration n’est pas morte. Si même Disney s’y met, alors le renouveau est susceptible, lors de cette année 2017, de surgir de n’importe où… Et ça, moi, ça me remplit d’espoir. Vraiment…

 

 

Bonne année et bon plaisir pour 2017 !

 

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Publié par L'homme-grenouille - dans Sélections de l'homme-grenouille
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Remi 24/05/2017 06:31

Premier commentaire sur le blog de mon critique préféré, mais pour le temps d'une remarque seulement : Le timbre si spécifique de la BO de Kung Fu Panda n'est pas du à Hanz Zimmer mais bel et bien à John Powell. Il n'y a qu'a écouter les morceaux de Hancock ou Horton sur lesquels il était seul, c'est bien lui qui arrive à donner tout le souffle et l'éerngie qui accompagne notre cher Po (accompagnés despercussions maitrisées de Zimmer) !
PS : je cherche encore un moyen de m'abonner à toutes tes contributions via un flux RSS, en vain... Encore merci pour tes avis de films éclairés et pleins de bons sens

L'homme-grenouille 29/05/2017 19:24

Eh bien merci de la précision ! Je note cette info et vais me renseigner de ce pas.
Pour le flux RSS, je me renseigne et te dis quoi sur cette page.
Cette fois-ci, je ne serai pas long, promis ! (Après, tout dépendra d'Overblog. ^^)
En tout cas, heureux que ça te plaise.
N'hésite pas à poster d'autres commentaires à l'avenir ! Ils seront toujours les bienvenus !

DanielOceanAndCo 31/01/2017 08:18

Raaaaaaaaaah enfin la 2e partie!!!

Toujours très intéressante ce complément du top 10 qui permet de mentionner des films qui ont eu un impact moindre sur toi mais qui méritent d'être cités.

Bon, par contre, il faudrait que tu relises le paragraphe d'"Ave César", déjà dans le titre t'as mis Liam Neeson et il y a quelques fautes de syntaxe dignes d'un SEGPA.

En cette année 2016, je me suis maté quelques vidéos de Durendal et non seulement, il a mis "The Revenant" dans son flop 10 mais il estime que le plan-séquence de l'ours est trop long et inutile mais bon, j'ai remarqué que cet étudiant en cinéma n'aimait généralement pas les mises en scène qui ont des couilles, probablement par frustration!!! Mais bon, il n'a aucune pertinence dans ses analyses, contrairement au Fossoyeur ou à Inthepanda qui pour le coup, je trouve drôlement intéressants!!

Bon, après ce coup de gueule, je vais en rajouter un et après je te jure que j'arrête: c'est quoi ces films que Netflix produit et que les majors n'ont plus les couilles de sortir en salles??? Parce que franchement, "Mute" de Duncan Jones, "Bright" de David Ayer, "Okja" de Bong-joon Ho ou "War Machine" de David Michod, ce sont des films pour lesquels je me serais déplacé sans problème pour les découvrir sur grand écran!!

Bon, sinan, comme tu as pu le constater, je n'ai pas posté mon top 10 et je le ferais dans quelques semaines quand j'aurais vu "Mademoiselle" et je ferais une liste additionnelle comme toi!!

L'homme-grenouille 02/02/2017 11:06

Complément à mon premier commentaire (qui apparaitra surement avant lui dans la logique moisie d'Overblog... Enfin bon.)

Je reviens sur le passage sur les fautes d'Avé César et le style SEGPA. En le corrigeant, je viens de me rendre compte que ce n'était pas mon texte original, mais une recomposition d'Overblog lui-même ! Je m'explique - et je trouve ça quand même fort - quand j'ai relu ce passage qui ne correspondait en rien à ce que j'avais écrit, j'ai repris mon document word original. J'ai fait copier-coller. Jusqu'ici tout va bien. J'ai changé la taille de police. Jusqu'ici tout va bien. Et enfin j'ai changé le type de police de caractère. Et là... Tous les mots sont partis dans tous les sens ! Littéralement ! Les phrases de la fin se retrouvaient au début, parfois insérées au milieu d'autres phrases. Un truc incroyable. Donc oui, c'était du niveau SEGPA, mais bon, c'était la faute au bug, pas à moi !!!

(P.S. Bon par contre, la présence initiale de Liam Neeson dans ce film est bien le produit d'un bug de mon cerveau, là-dessus, pas d'excuse !)

L'homme-grenouille 02/02/2017 10:46

Eh bah merci de ta réponse l'ami !

J’avoue que moi aussi je suis assez friand de ce genre d’articles (à condition qu’ils soient correctement écrits bien sûr : je vais m’empresser de corriger ce que tu m’as signalé. Mille pardons !) J’avoue que ces dernières années, mon temps s’est raréfié pour écrire mes critiques et mes articles. Le pire c’est que je me relis. Mais vu que je ne trouve jamais de moments où je peux me poser et faire ça sereinement, il y a toujours des trucs énormes qui m’échappent. Encore une fois je m’en excuse. (Liam Neeson dans Avé César ! J’avoue que celle-là elle est quand même incroyable… Non mais rolalah quoi…)

Alors, si je dis ça dès le départ, ce n’est pas que me trouver des excuses (bon, en fait si), mais c’est aussi pour rebondir sur ton coup de gueule concernant Durendal. Personnellement, je te trouve un peu sévère avec lui. Pour moi il est capable d’une analyse cohérente, à laquelle on peut ne pas adhérer bien sûr, mais cohérente malgré tout. Le problème, c’est que cela ne se ressent que dans ses émissions sur lesquelles il a longuement bossé. Pour moi, ses « Pourquoi j’ai raison et vous avez tort » ont toujours le mérite de présenter un point de vue étayé et personnel, avec lequel je ne suis pas toujours d’accord c’est vrai, mais qui présentent néanmoins l’avantage de la cohérence. Des fois, franchement, ça m’éclaire. J’ai beaucoup aimé notamment son épisode sur « Autant en emporte le vent. » Pour moi, ce film, je l’avais juste classé dans les films bof d’époque qui m’ennuient, sans plus d’arguments que ça. Le fait qu’il ait bossé le truc et argumenté sa position, ça m’a permis de me dire : « Mais putain carrément ! »

Non, là où Durendal part en sucette au point des fois de sortir des trucs qui moi me font halluciner, c’est quand il est dans sa mécanique de vlog. Là tu sens que c’est écrit au fil de la plume. Les idées ne sont pas hiérarchisées. Il peine à se construire une vision d’ensemble de la chose, il ne fait qu’enchainer les impressions sans forcément réussir à produire une analyse globale. Et, là pour le coup ce qui me gonfle, c’est qu’il a recours à cette figure de style horripilante qu’est « le lâché aléatoire de termes techniques », une sorte d’équivalent du name dropping, mais avec du vocabulaire spécifique au cinéma. Il fait juste ça pour se donner de l’épaisseur en mode « c’est quand même l’avis d’un pro que je vous donne », alors que bon, franchement, ça ne marche que sur les noobs. Parce que bon, quand il nous dit de la réalisation d’un Dolan « là, c’est incontestable, c’est juste parfait », moi perso, j’attends les arguments. De mon côté je pense pouvoir te faire une liste longue comme le bras de prises de vue et de son qu’on pourrait qualifier de fautes techniques, donc bon… Je dis ça, je ne dis rien… Et pourquoi au final cet aspect là de Durendal est agaçant, du moins nous agace toi et moi ?... Eh bien tout simplement parce que, je pense, il ne consacre pas suffisamment de temps à ce travail là.

Après, quand tu opposes Durendal à Inthepanda, perso, je serai moins catégorique que toi. Pour moi c’est du kif kif. Le format est le même. Pour moi le niveau de taf est le même. La seule différence, peut-être, c’est qu’Inthepanda a des goûts qui se rapprochent plus des nôtres. Parce que, moi, de mon côté, je n’ai jamais eu le souvenir que ce gars m’ait fait voir une œuvre différemment grâce à son point de vue, alors que, paradoxalement, Durendal, oui. Après, on leur jette la pierre, mais je pense qu’il faut aussi savoir se regarder en face aussi. Nous aussi, quand on poste comme des bourrins nos critiques, ça nous arrive de faire du brun. On n’a pas toujours le temps. On n’a pas toujours la lucidité. On ne prend pas toujours la peine d’explorer vraiment nos ressentis. Et puis voilà, des fois on ne trouve pas les mots quoi… Encore une fois, je pense que c’est une question de temps qu’on est prêt à consacrer à ça. On va dire que, quand même, la grosse différence entre eux et nous, c’est que eux ils ont plus de temps à y consacrer que nous. Et ils palpent pour ça quand même ! Donc voilà, à partir du moment où tu estimes que tu peux demander de l’argent à tes lecteurs pour le travail que tu leur fournis, de mon point de vue, tu dois te fixer l’obligation d’un minimum de rigueur, ce qui, pour moi, n’est par forcément leur cas.

Non, finalement je suis assez d’accord avec le dernier nom que tu cites au final. De tous ceux qui font de la critique de cinéma, je pense qu’effectivement, le Fossoyeur de films reste celui qui est le plus carré. D’ailleurs regarde : il poste rarement. Il préfère digérer, prendre du recul. Là, oui, je trouve qu’il y a une analyse qui est systématiquement réfléchie et aboutie. Bon après il y a aussi l’ami Karim Debbache, mais bon, lui se livre moins à l’exercice de la review régulière, donc bon…

En tout cas, comme tu t’en doutes, vu que je suis friand de ce genre d’articles, tu dois bien t’imaginer que j’attends avec impatiente ton top, et surtout ton retour sur « Mademoiselle ». J’espère ne pas trop faire monter la hype autour de ce film et que tu pourras t’en délecter comme j’ai pu le faire, et cela malgré ses défauts.

C’est vrai qu’il est toujours difficile de se lancer dans un vrai Top 1à quand on a l’impression d’avoir laissé des films de côté. Mais bon, on en laisse toujours de côté. L’avantage que j’ai, moi, avec le blog, c’est que je peux changer mes Tops si jamais je redécouvre un film. (Même si aujourd’hui, c’est devenu un travail très compliqué avec les mises à jour Overblog… Webedia Style man… ) Reste aussi le souci des films qui, effectivement, ne sortent pas au cinéma. Tu parles des bijoux produits par Netflix. Moi je pourrais te parler de « The Frame » que j’ai découvert cette année et qui, lui aussi, n’a pas connu de salles en France. Dommage parce que c’est un putain de chef d’œuvre et que, sauf si je décide de faire un article sur lui, je ne peux pas mettre en valeur sur ce blog au travers des Tops 10.

Enfin bon, tout ça, c’est un bien menu problème. Moi, ce que j’espère surtout, c’est que 2017 saura être à la hauteur. Là, pour le moment, le mois de janvier fut pour moi quelque chose d’assez plat. Scorsese arrive, Lego Batman aussi… On verra… Bon, de toute façon on se tient au courant via nos critiques respectives. ;-)

Merci encore pour ton commentaire l’ami, et à la prochaine sur ce blog !

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