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24 février 2008 7 24 /02 /février /2008 22:42

 

  

Deux regards pour comprendre le sens d'une histoire plus riche qu'il n'y parait.

 

 Regarder la même histoire avec deux regards différents : l'expérience est peu commune et nul doute qu'elle prend tout son intérêt sur une œuvre aussi complexe qu'Akira. Il est vrai que sur le temps d'un film, il est bien difficile de s'ouvrir sur un propos qui peut parfois tiré dans l'abstraction et la confusion. D'un autre côté, le manga peut, sur la longueur, dissoudre l'attention du lecteur face à un tel discours. Au fond, la combinaison de ces deux échelles de lecture vont s'avérer très intéressantes pour avoir accès au sens profond de cet ovni qui a marqué les années 80 de sa griffe.

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Une histoire fondamentalement sociale

  

 Aussi curieux qu'il pourra peut-être y paraître à certains lecteurs du manga ou spectateurs du film, Akira est une histoire qui porte en elle une forme aigue de contestation sociale. Sur ce point, cette caractéristique ressort peut-être plus dans le film, mais elle est loin d'être absente du manga. Disons que le film permet de mieux prendre conscience de la dimension sociale du manga. D'ailleurs, il sera probablement inutile de s'attarder sur le film concernant cette question tant la question a été abordée dans la partie précédente de cet article. La présence permanente de l'émeute, de la contestation, et des discours négatifs à l'égard de la métropole, et cela de la bouche même de ceux qui la défendent et la dirige, ne cessent de confirmer cette idée. Rappelons également que la population est présentée comme majoritairement désemparée, et prête à accueillir un sauveur comme nous pouvons le constater, notamment vers la scène finale. Le caractère social de l'histoire est donc sans cesse souligné dans le film même si, il faut le reconnaître, la tournure essentiellement métaphysique de la fin a tendance à faire de cette dimension sociale qu'un aspect superficiel de l'histoire. Finalement c'est dans le manga que la critique sociale d'Otomo est la plus développée alors que, paradoxalement, elle y est peut-être moins apparente.

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En effet, à bien prendre le manga, on se rendra compte que la critique sociale est finalement le véritable fil conducteur de toute l'intrigue. Contrairement au film, le manga ne se finit pas sur une note métaphysique. Alors que le film se conclut sur une renaissance cosmique, le manga lui se conclut sur une scène tout autre. Une fois la menace Akira et Tetsuo disparue, les Américains, attentistes jusqu'alors, se décident à intervenir et à débarquer à Tokyo pour rétablir l'ordre et reconstruire la mégapole. Ils sont cependant arrêtés par des tirs de semonces. Arrivent en pleine trombe Kanéda, Kei, et le reste de la bande. Ils entendent faire le nécessaire pour rejeter l'aide américaine qui ne contribuerait qu'à reconstruire Neo-Tokyo tel qu'elle existait auparavant. Ils feront à leur manière, selon leurs principes et leurs envies. C'est alors qu'en guise de conclusion Kanéda lance cette tirade clinquante : « Akira est toujours vivant au fond de chacun de nous ! ».

  

  

Face à une telle conclusion, il est bien difficile de ne pas y voir là une référence à l'histoire contemporaine du Japon. Le débarquement américain, sa justification par la restauration de l'ordre et du progrès, tous deux renvoient forcément à l'après deuxième guerre mondiale qui fut vécu comme un réel traumatisme national au pays du soleil levant (faut-il d'ailleurs voir les deux nébuleuses Akira et Tetsuo comme une allusion aux deux bombes atomiques larguées sur Hiroshima et Nagasaki ?). En tout cas, il n'est à pas douter qu'il y a un modèle social clairement défini dans Akira qui est un modèle social à rejeter. Ce modèle, nous en avions déjà parlé, c'est celui du mode de vie moderne tel qu'il peut exister aujourd'hui dans les démocraties libérales et tel qu'il est amplifié et caricaturé dans le monde futuriste d'Akira. Nous l'avions vu, ce qui est dénoncé dans l'œuvre d'Otomo c'est cette notion factice de progrès, essentiellement focalisée sur des données matérielles de confort, et qui ne nourrit aucune vision à long terme de l'humanité. Le pourquoi de la chose est éludé, l'utilité de la modernisation passée sous silence. Akira incarne le rejet de cette société capitaliste et de consommation sans but ni finalité.

  

  

La question pourrait alors se poser : Akira est-elle une œuvre politiquement marquée ? Bien évidemment, à partir du moment où elle exprime le rejet d'un aspect de la société contemporaine, il devient impossible de dire qu'elle est neutre politiquement. Mais la vraie question est de savoir si Akira est ancré dans une mouvance politique bien définie. N'oublions pas que le manga original a été écrit dans les années 80, bref à une époque où les idées socialistes pouvaient encore avoir un écho notable auprès de la population de l'ouest, et notamment des artistes. On pourrait effectivement s'interroger si Akira n'est pas une œuvre gauchisante, voire à sympathie communiste. Certes, dans le film, on apercevra à quelques reprises le drapeau rouge lors des manifestations. Mais après tout, le drapeau rouge est avant tout symbole de révolution avant d'être symbole de communisme. Cependant, il est à noter qu'on ne retrouve finalement jamais, qu'il s'agisse aussi bien dans le manga ou dans le film, de propos qui puisse s'apparenter de près ou de loin à un discours socialisant. D'ailleurs, l'URSS est évoquée dans le manga, mais pas forcément sous ses meilleurs jours puisqu'elle s'est permise d'envahir sans somation l'île d'Hokkaido suite à la deuxième apocalypse.  En somme, il me semble important de noter que, bien qu'elle dénonce la société capitaliste et de consommation, l'œuvre de papier tout comme l'œuvre de pellicule s'efforce de rester en dehors des mouvances politiques, mais aussi religieuses, de son époque pour conserver une dimension la plus universalisante qui soit.

  

                                 

 

A dire vrai, le discours social d'Akira, bien qu'il soit très prononcé, n'est au fond qu'une accroche dans le concret de son propos métaphysique. Le caractère social présent dans Akira fait donc bien partie du cœur du sujet traité. Au fond, on sent bien la volonté d'Otomo d'inscrire sur discours essentialiste non pas au niveau de l'introspection – à l'échelle de l'individu – mais bien au niveau d'une reconceptualisation générale du monde extérieur – à l'échelle de l'univers entier. La recherche de l'essence de toute chose ne s'inscrit pas dans une démarche personnelle, elle appelle à une remise en cause globale de la société des Hommes. Une fois prise en compte cette considération, le message d'Akira, tel que le manga et le film nous le délivre, peut enfin se dévoiler.

 

  

Une ouverture au métaphysique

 

 Le cœur d'Akira, qu'il s'agisse, aussi bien du film que du manga original, c'est son discours métaphysique. A en lire d'ailleurs les critiques postées sur Allociné, c'est à cet aspect du film que les spectateurs ont été le plus sensibles, que ce soit aussi bien pour le meilleur que pour le pire. Effectivement, et même s'ils ne sont pas construits de la même façon narrativement, le film et le manga mettent ce propos métaphysique en position préférentielle. Dans le manga, c'est le deuxième volet du discours, venant compléter le premier volet essentiellement social. Dans le film, sa présence est plus effacée dans le déroulement de l'histoire mais il est au centre du dénouement final avec la fameuse renaissance cosmique qui fait office de conclusion.

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Le contenu de ce discours a déjà été superficiellement évoqué dans la partie précédente, il mérite désormais d'être approfondi en l'alimentant à la fois du contenu du manga, mais aussi de celui du film qui, en ce sens, se complètent. A ce que j'ai pu lire, certains diront sûrement que la dimension métaphysique dans le film est réduite à un strict minimum et, qu'en soi, elle n'a aucun sens véritable. Certes, il faut avouer que sur ces deux heures de film, Otomo file droit à l'essentiel sans s'étendre aussi longuement que dans le manga. Néanmoins, il me paraît tout de même erroné de dire que la dimension métaphysique du film est totalement déchargée de sens. En effet, que ressort-il du film de ce point de vue ? Finalement, comme dans le manga, cette question est introduite à travers le personne qui symbolise ce discours métaphysique : Akira. Là encore, il semble bon de préciser qu'Akira n'est pas en soi un personnage mais bien une idée, un concept. On nous le présente tout d'abord au travers d'un discours, entre le colonel et le professeur, comme étant une force dont on a perdu le contrôle par le passé et qui fut à l'origine de la destruction de la ville. Puis Akira revient sous la forme d'une idée obsédante qui gagne l'esprit de Tetsuo au fur et à mesure que son pouvoir va se décupler. Dans un troisième temps, il devient un mythe indéfinissable qui focalise l'espoir de la foule uns et la crainte des membres du gouvernement. Encore plus loin dans le film (quatrième étape), Kei va plus loin dans l'approche d'Akira lorsque celle-ci va s'efforcer de le définir à Kanéda, lors de son bref passage en prison. Elle le présentera comme « celui qui a réalisé l'énergie pure. Cette énergie qui fait évoluer les espèces, qui guide les hommes inconsciemment vers le savoir. » Bref, Akira est alors défini comme un fantasme idéaliste. Enfin, Akira nous est révélé dans un dernier temps comme une série de fioles contenant l'amorce d'une concrétisation de cette énergie pure, des amides, des embryons, et qui trouvera finalement son accomplissement qu'à partir de la métamorphose finale de Tetsuo.

 

 

Si on reprend tout ce parcours de la présentation de son personnage éponyme, il est difficile de dire qu'Akira, en tant que film, est vide de sens sur le plan de son discours métaphysique. Akira est présenté comme une idée d'absolu autour de laquelle, en fin de compte, l'ensemble des hommes convergent. Que ce soit pour des raisons politiques, sociales, militaires, scientifiques, ou économiques, l'ensemble des protagonistes de l'histoire convoite Akira. Or, à quoi aboutissent ceux qui convergent le plus vers lui, c'est-à-dire Tetsuo, mais aussi les trois drôles d'enfants numérotés que sont Masaru, Takashi et Kiyoko ? Ces personnages sont à l'origine d'un nouvel univers, d'une « renaissance » (j'insiste sur le terme) cosmique. La fin montre clairement la destruction du matériel pour ne faire survivre que le spirituel. Implicitement donc, on peut percevoir dans cette conclusion du film l'idée que la Renaissance, au sens historique du terme, c'est-à-dire la renaissance culturelle et sociale, est aux mains de ceux qui convergent vers la quête ultime de sens à l'évolution humaine, et non aux mains de ceux qui travaillent au confort matériel de l'humanité. Finalement, à bien prendre en compte la façon dont le propos du film est organisé, on se rend compte – encore une fois – à quel point ce discours déclaré comme métaphysique, relève toujours plus ou moins de l'allégorie sociale. Preuve en est cette dernière phrase du film prononcée par Kiyoko, qui est une phrase à consonance bien plus politico-sociale que métaphysico-religieuse : « Un jour verra notre règne. Il a déjà commencé ». Dimension métaphysique et dimension sociale sont étroitement entremêlées dans Akira.

 

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Le discours du film n'apparaît donc pas comme totalement dénué de sens, ni forcément appauvri par rapport à celui du manga. Seulement, il faut bien reconnaître que le discours du film, s'exprimant plus au travers de situations et d'actions plutôt, qu'au travers de paroles concrètes, prend une tournure beaucoup plus mystérieuse et dénuée de réponse que ce qu'on peut retrouver dans le manga. Sur ce sujet d'ailleurs, celui du discours de fond d'Akira, l'interaction entre le film et le manga prend tout son sens. L'un permet d'éclairer l'autre, et cette relation s'avère aussi bien valable dans un sens que de l'autre, chose qui est très rare pour une adaptation où, le plus souvent, c'est le livre uniquement qui approfondie ce que le film a juste synthétisé, et rarement l'inverse. C'est donc le cas pour cet Akira et la comparaison de ce qu'il en est dans le film avec ce qui est dit dans le manga nous permet d'en juger.

 

 

Certes, dans le manga, l'approche de la nature métaphysique du discours est différente et, d'une certaine façon, mieux explicitée. Dans le manga, rappelons-nous, et contrairement au film, l'intrigue était grossièrement divisée en deux temps : un premier temps dans la modernité de la mégapole, un deuxième temps dans le chaos de la ville dévastée. Cette structure en deux temps de l'intrigue permettait une même segmentation du discours : à la vacuité du confort matériel était confronté la nécessité de la quête de l'essentiel. La transition dans le discours est d'ailleurs clairement explicitée dans le manga : elle survient au milieu du tome 4 de la nouvelle édition (tome 20 de l'édition originelle) lorsque Tetsuo va à la rencontre de Lady Miyako. La vieille prêtresse tient en effet un discours qui traduit cette fameuse transition : d'après elle, c'est parce que l'esprit humain est consacré au matériel qu'il est forcément voué au calvaire. Le vrai objet de l'Homme ne devrait pas être le progrès matériel mais bien de chercher à percevoir le flux cosmique qui berce l'univers. « Lorsqu'il cherche à voir plus loin l'homme plisse les yeux, alors qu'il suffit de les ouvrir. […] L'homme demeure incapable de comprendre : au-delà de la forme, il faut étudier le fond ». A bien y regarder, le discours est à l'origine fondamentalement de même nature que celui du film. Cependant le manga développe une allégorie que le film occulte, et qui fait que le premier développe peut-être plus l'aspect métaphysique du discours que le second, c'est l'allégorie du « fleuve cosmique » utilisée par Miyako.

 

 

A vouloir résumer l'idée du fleuve cosmique telle que la présente Miyako, et que Tetsuo reprendra pas la suite, c'est qu'au fond, l'évolution peut être comparée à un fleuve. Comme un fleuve, l'évolution n'est finalement qu'un courant continu dans lequel les Hommes sont emportés. Ainsi, l'évolution n'est pas à percevoir comme une conséquence de l'action de l'Homme, mais c'est plutôt l'action de l'Homme qui serait inconsciemment guidée par ce courant qu'est l'évolution. L'allégorie du fleuve cosmique pose donc comme clef à la félicité de l'Homme sa capacité à se laisser porter par le courant, l'erreur étant de chercher à nager à contre-courant. C'est d'ailleurs ce à quoi amène à penser Tetsuo lorsqu'il va s'adresser à la communauté de scientifiques étrangers qui étudient le phénomène Akira de l'extérieur. Il avancera l'idée que l'erreur est de chercher la puissance au fond de soi alors qu'en fait la puissance est ailleurs. La vraie puissance, prétend-il, c'est celle qui berce l'univers. Si l'Homme cherche donc un sens à son existence, il ne doit donc pas porter ses recherches sur la nature de l'Homme, mais bien sur la nature du fleuve qui le porte. Pour filer l'allégorie : ce n'est pas l'étude approfondie du rondin de bois qui va permettre de dire où le fleuve va le conduire et pour quel raison ; c'est l'étude du courant qui va plutôt permettre de comprendre ce qui l'attend et pourquoi il a été mis là.

 

 

A bien y regarder, il faut reconnaître que le manga permet ici de compléter la dimension métaphysique déjà présente dans l'intrigue du film d'Akira. Néanmoins, cette dimension métaphysique n'en demeure pas moins au service du regard critique qui est porté sur la société moderne d'aujourd'hui. Or, si la fin du manga s'efforce de le rappeler avec le refoulement des Américains par Kanéda et sa bande, il faut cependant reconnaître que la connexion entre le social et le métaphysique n'y est pas forcément évidente dans la mesure où ce premier aspect s'exprime essentiellement dans les premiers tomes de l'histoire alors que le second s'exprime plutôt vers la fin. Le film, ici, permet de remettre clairement en évidence cette composante essentielle de l'œuvre d'Otomo et permet ainsi d'éclairer le sens de la scène finale du manga qui pourrait laisser dubitatif pour celui qui n'a pas vu le film.

 

 

L'art de l'adaptation selon Katsuhiro Otomo

 

 

Finalement, s'il fallait retenir une idée qui devait résumer à elle seule la véritable nature de cette adaptation au cinéma d'Akira, c'est bien celle de la complémentarité entre les deux œuvres. Chacune à son existence à la fois propre, et à la fois en regard de son autre pendant, livresque ou cinématographique. Le film intrigue et crée le désir d'un approfondissement. Le manga subjugue et appelle à une synthèse. Cette nature même qui caractérise l'adaptation d'Akira au cinéma, c'est celle qui devrait caractériser toutes les adaptations quel qu'elles soient. Or, il me semble que ce n'est que trop rarement le cas. Car, combien ont osé suivre la voie de cet Akira ? Combien de films ont osé trahir la trame évènementielle pour mieux restituer ce qui au fond importe le plus dans une œuvre : sa démarche, son discours, ou bien encore son message ?

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Heureusement il en existe quelques uns : l'exemple le plus remarquable demeure peut-être le Festin Nu de David Cronenberg, adaptation du roman de William Seward Burroughs jugé pourtant inadaptable. Plus récemment encore, on pourrait noter l'exemple inspiré de 99F de Jan Kounen qui prend de réelles libertés par rapport à l'intrigue mais qui, au fond, parvient à retranscrire assez justement l'esprit du roman original. Certes, quand celui qui adapte se doit d'opérer un changement, il est forcément confronté à un choix, qui plus est un choix qui lui est personnel, un choix qui dépend de sa sensibilité propre. Il est évident que ce choix ne sera pas suivi et reconnu par tous et que, nécessairement, il y aura toujours une part de lecteurs qui ne se retrouveront pas dans la vision qui en a été donnée par le film.

 

                              

 

C'est en cela que l'adaptation d'Akira me séduit tant. Même si elle a ses lacunes, qu'elle possède d'innombrables défauts (que je pourrais citer à la pelle), elle me propose un spectacle qui lui est propre, tout en ouvrant une interrogation sur le sens même de l'œuvre originale. Combien de films, à côté de celui-là, sent-on s'enliser sous la pesanteur d'une intrigue molle et vide de signification, tout simplement parce que le cinéaste s'est effacé face à la responsabilité de l'adaptation, et qu'il s'est contenté peureusement (voire parfois bêtement) de suivre la trame évènementielle de l'œuvre originale ? Les exemples sont légions, et malgré tout certains sont parfois encensés parce qu'ils bénéficient de l'aura de son œuvre originale. Qui aurait osé dire du mal de la Ligne Verte, roman très apprécié de Stephen King, dont l'adaptation à l'écran s'étale pourtant sur plus de trois heures durant lesquelles il ne se passe pas forcément grand-chose ?!! Autre exemple sûrement plus polémique : le Seigneur des Anneaux n'aurait-il finalement pas mérité bien plus d'audace de la part de Peter Jackson afin qu'il eût été emporté par un véritable souffle épique et non simplement par quelques effets bien sentis et une renommée qui n'était plus à faire ?

 

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Que dire de plus finalement pour mieux conclure cet article sur ce film, Akira, sûrement trop méprisé parce qu'incompris, si ce n'est qu'au fond il incarne à lui seul une démarche d'autant plus appréciable qu'elle est plaisante aux yeux des spectateurs que nous sommes. Non seulement il est un spectacle honorable qui nous interroge, qu'on ait lu le manga ou non, mais en plus il ne vient pas s'interposer ou se superposer à l'œuvre originale. C'est un film qui sait cultiver sa différence, son unicité et son originalité à force d'audace et de créativité, bref un film qui n'a pas été fait par un simple illustrateur d'œuvres de papier, mais bien par un artiste.



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Publié par L'homme-grenouille - dans Films trop méconnus ou incompris
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Startouffe 28/05/2010 22:45

Akira et l'adaptation...Salutations cher Darkskywalker,

Ravi de te retrouver une fois de plus sur ce blog, qui plus est pour cet article écrit il y a déjà quelques temps et que parfois, je voudrais retoucher car je le trouve un peu trop pompeux et un peu trop dissert'... C'est donc avec un réel plaisir de voir que quelqu'un l'a au moins lu et vraisemblablement apprécié. Chouette ! (Cela ne retire en rien mon désir de réécrire ce truc, notamment le début... Qu'en penses-tu ? Est-ce que tu trouves cela suffisamment limpide ?)

Enfin bon, trêve de blablas : de ton commentaire j'ai surtout retenu ta réaction concernant la composition du film d'un point de vue narratif et je t'avouerai que, plus je lis le manga (parce que je l'adore vraiment) plus je regrette l'absence d'un diptyque concernant le film de japanime... Et du coup me revient un tête UN AUTRE projet d'adaptation. Un Akira "live" transposé à Manhattan et produit par Leonardo Di Caprio. Tous les fans ont hurlé à l'hérésie en apprenant l'existence de ce projet en 2008, mais je t'avoue que je serais curieux de voir où tout cela pourrait-il mener... parce que figure toi que, pour le coup, le projet du diptyque a été celui qui fut retenu !

Bon je t'avoue que malgré tout, cela fait des dizaines de mois que je n'ai pas eu de nouvelles... Abandonné ? Repoussé ? Ralenti par des litiges ? Je l'ignore... En attendant il reste le manga en 6 tomes chez Glénat : un véritable chef d'oeuvre. Si tu ne l'a pas lu, un détour s'impose. Petite précision, "Akira" devient vraiment prenant à partir du tome 3, mais c'est au 4 qu'on commence à se toucher le téton de délectation. Voilà voilà...

Au plaisir de te revoir sous peu. See you soon space cowboy !

Darkskywalker 24/05/2010 20:03

Et bien une nouvelle fois merçi pour cet article si enrichissant. Ayant vu Akira récemment, ton article m'a pas mal éclairé sur quelques points obscurs du récit même s'il va falloir que je le revois plusieurs fois pour assimiler toutes ses spécificités.

Ta comparaison avec le manga était vraiment intéressante, sans être un grand connaisseur de l'animation japonaise, il me semble assez rare qu'un auteur adapte lui même son propre manga, tu as bien souligné les différences des deux oeuvres caractérisant la construction de leurs médias respectifs. Aprés je t'avoue que quand tu as parlé de ces deux grandes parties du manga dont la seconde a été quasi effacée du film, j'ai directement pensé: "Ben pourquoi ne pas avoir fait tout simplement deux films pour les deux parties du manga?" Mais ton analyse a bien démontré que l'auteur souhaitait compléter le récit original et non le retranscrir à la page prêt.

Concernant ce débat sur l'adaptation, j'ai envie de dire que malheureusement c'est une question qui se pose trop souvent depuis une dizaine d'années étant donné que les deux tiers de la production hollywoodienne sont composés d'adaptation de roman, de bd culte etc (et quand on sait que le dernier tiers est pas mal rempli de remake, reboot et autres suites, je ne cesserais jamais de me plaindre du manque de créativité et d'audace d'Hollywood ces derniers temps mais bref).

Et le mot d'ordre qui revient trés souvent dans la bouche des réalisateurs est "nous avons fait notre possible pour être le plus fidèle possible au récit originel". Tu as cité la ligne verte mais j'ai pensé directement aux deux Harry Potter de Chris Colombus, les plus fidèles de la saga mais peut être les moins intéressants cinématographiquement (pour le seigneur des anneaux, Peter Jackson et ses scénaristes ont quand même fait pas mal de changements qui ont déplu à plusieurs fans).

Le pire étant les bandes dessinées où maintenant, les réalisateurs se glorifient d'avoir retranscrit la BD à l'image prêt, je trouve ce principe un peu facile personnellement et c'est pour cela que j'ai un peu de mal à admirer un Sin City de Rodriguez ou un Watchmen de Synder. Malgré leur indéniable qualité, ce concept donne le sentiment que le réalisateur est complètement dépendant du récit qu'il adapte.

Mais pour citer un exemple de BD retranscrit avec audace et innovation, le Dark Knight de notre cher Christopher Nolan me semble une bonne démonstration américaine du procédé employé avec cet Akira.

Encore merci pour cet article et bonne continuation!

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