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30 décembre 2009 3 30 /12 /décembre /2009 17:15

 

 

Cette année 2009 – sur ce blog s'entend – aura décidemment été consacrée à ce genre merveilleux qu'est la science-fiction ! Alors que déjà deux articles bien longs retraçaient la portée sociale et philosophique que pouvait prendre ce genre, voilà que je découvre, juste après leur rédaction, une série qui faisait déjà depuis quelques années beaucoup de bruit : il s'agit de Battlestar Galactica, série américaine lancée par Ronald D. Moore en 2003… « Battlestar Galactica ? 2003 ? » Eh oui, peut-être que ce nom renvoie à plus loin dans le temps pour certaines oreilles. C'est normal, puisqu'à l'origine Battlestar Galactica est une série TV sortie en 1978, dans la foulée de Star Trek mais surtout dans celle du succès cinéma de l'époque : j'ai nommé le grand Star Wars (il suffit d'ailleurs de regarder la trombine des vaisseaux, le style de calligraphie employé, ainsi que les passages marquants de l'épopée du Galactica de 1978 pour se convaincre de l'influence qu'a eu le film de Lucas sur la série…) Même si à l'époque le succès ne fut pas triomphal, néanmoins Battlestar Galactica, ce space opera en collants fluos où les Hommes devaient fuir la menace génocidaire des robots cylons, aura malgré tout suffisamment d'impact pour constituer autour de lui une petite communauté de fans irréductibles qui, des décennies durant, demanderont la suite ou la reprise d'une saga qu'ils estimaient injustement interrompue trop tôt…

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A gauche, la version de 1978. A droite celle de 2003.

 

Vous l'avez compris, ce Battlestar de 2003, qui vient de se conclure au cours d'une remarquable quatrième saison en 2008, est le fruit de ce rêve longtemps alimenté par les fans d'hier... Enfin, encore faudrait-il que les fans de l'ancienne série s'y retrouvent ! Car oui, ce fut loin d'être le cas ! Lors de la diffusion des deux pilotes qui servaient à relancer la saga (ce qui représentait déjà 3h d'aventure spatiale l'air de rien !), les anciens s'étaient offusqués des choix qui avaient été pris par Ronald D. Moore, le « résurrecteur » de la série, attribuant même à la nouvelle venue le pseudonyme peu gratifiant de « Gino », à comprendre l'acronyme de « Battlestar In Name Only ». Il est vrai que les changements ont été nombreux : l'aspect fantastique de la série originelle a été totalement gommée au profit d'un aspect clairement plus réaliste. Finis les collants, finis les robots en alu, finis aussi les fusils lasers : tout est fait pour renvoyer à la réalité, et même à une réalité plus proche qui n'y parait… En effet, et c'est ce qui surprend le plus en découvrant cette nouvelle mouture de Battlestar Galactica ce sont ces multiples clins d'œil et autres regards portés sur l'histoire récente ou plus ancienne des Etats-Unis d'Amérique. Alors, Ok, les fans de l'ancien temps s'offusqueront peut-être (mais dois-je leur rappeler que l'ancienne série est toujours là…) il n'empêche que le parti pris de ce nouveau Battlestar ne peut qu'enjouer ceux qui aiment la science-fiction telle qu'elle fut présentée lors de mes deux articles précédents. Car – oui ! – ce Battlestar Galactica version 2003-2008 sait offrir tout aussi bien un recul sur la société d'aujourd'hui qu'il sait aussi s'ancrer dans une introspection mystique de la nature humaine. Quelle richesse ! Quel plaisir ! Une telle série si remarquablement menée ne pouvait mériter de la part de ce blog qu'un coup de projecteur appuyé, tant elle répond à tout ce qu'on y apprécie. Bien évidemment, pour ne pas gâcher le plaisir de la découverte à ceux qui ne connaissent guère cette série, je m'efforcerai sur ces deux premières page d'être le moins divulgateur possible des ressorts de l'histoire… Malgré tout, je ne pourrais m'empêcher à partir de la troisième page de briser l'interdit fatidique afin que cette exploration de l'univers Battlestar soit la plus complète que possible…

 

 

 

 

Battlestar Galactica 2003, une histoire située entre le mythe de la série d'origine et la réalité de la société américaine du XXIe siècle…

 

 

 Pour commencer ce voyage au sein du vaisseau Battlestar Galactica, une précision semble s'imposer d'office. Contrairement à ce que vous soutiendront les fans de 1978, la nouvelle mouture qui s'offre à nous aujourd'hui est loin d'être si déconnectée que cela du modèle original. Au contraire ! A dire vrai, il est même difficile de comprendre tout le sens profond de la série de 2003 si on ne connaît pas quelques détails au sujet de la série originelle. Certes, finis les collants, les caricatures manichéennes à la Star Trek totalement dépassées, mais malgré tout les principales bases de l'intrigue restent les mêmes. Rappel…

 

    

                         A gauche, la version de 1978. A droite celle de 2003.

 

Qu'il s'agisse de la version de 2003 que de celle de 1978, la base de l'intrigue dans Battlestar Galactica c'est une attaque surprise menée sur les Humains par leurs esclaves d'hier, les robots cylons. Dans la série originale, cela faisait mille ans que les deux espèces, humaine et cylonne, étaient en guerre, mais les deux flottes sont sur le point d'être réunis pour un armistice historique. Seulement voilà, la fourberie robotique n'a pas de limites et lors d'un piège perfidement mené, les Cylons détruisent toute la flotte spatiale humaine et réduisent en cendres leurs mondes par la suite… Pour qui a vu le remake de 2003, pas de réelle surprise… Là aussi l'intrigue commence par une attaque cylonne, seulement la guerre était ce coup-ci terminée depuis une bonne cinquantaine d'année… D'ailleurs, le Battlestar répondant au nom de Galactica, le plus vieux de la flotte, est en cours de désarmement au moment de l'attaque. Alors qu'ils n'avaient plus donné de nouvelles depuis un demi-siècle, les Cylons s'abattent sur les mondes humains en un raid éclair, réduisant leurs populations à coups de bombes thermonucléaires et éliminant toute possibilité de riposte en piratant ce qu'ils avaient longtemps espionné et qui relève d'ailleurs de leur domaine de prédilection : le réseau informatique de la flotte… Autre similitude, c'est le destin réservé aux Humains. Dans un cas comme dans l'autre, seuls quelques milliers d'humains survivent au génocide cylon, parmi eux le Battlestar Galactica, avec à son commandement le valeureux William Adama. Face à la perte de leurs foyers, les survivants se lancent alors à la quête d'un nouveau chez eux, loin de la barbarie cylonne. Leur destination sera cette planète dont parlent les lointaines légendes mais dont on ignore si elle existe vraiment : leur destination sera la Terre…...

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L'attaque cylonne sur les colonies humaines version 1978 à gauche, et version 2003 à droite.

 

Car oui, Battlestar Galactica version 2003 a également conservé toute la mythologie de son aînée. Dans la version de 1978, l'humanité avait pour lointaine origine une planète appelée Kobol et que, suite à des conflits dont on ne connaît guère l'origine, les Hommes auraient fini par fuir en destination de douze autres planètes habitables, toutes situées dans le même système solaire… On parle d'ailleurs, et cela dans les deux séries, des douze colonies de Kobol. Au même titre que cette origine mythique, Ronald D. Moore a conservé dans son Battlestar de 2003 toute la complexité de la mythologie de 1978. En effet, la série originelle se permettait tout un mélange d'influences, entre récupération de Grèce antique d'un côté (notamment dans le nom des colonies qui reprennent chacune d'elle un signe du zodiaque, avec des variantes entre la première et la seconde série : Aeries (1978)/Aerelon (2003) pour le Bélier ; Sagitara (1978)/Sagitarron (2003) pour le Sagittaire ; Gemoni (1978)/Gemenon (2003) pour les Gémeaux, etc… , mais aussi dans les personnages comme Appolo, Athéna, Thrace, la Pythie… ou bien encore dans le nom des vaisseaux : Atlantia, Pegasus pour les Batllestar, mais aussi Vipers et Raptors pour les chasseurs et éclaireurs de la flotte car, dans la Grèce antique, vipères et vautours étaient les deux animaux annonciateurs de messages divins…) et de l'autre côté la série phagocyte également quelques croyances mormones. En effet, et même si ces croyances relèvent plus du détail dans la nouvelle saga, le Battlestar Galactica original a été créé par un Mormon, Glen A. Larson, et il ne s'est pas privé pour garnir sa création de multiples références à ses croyances (ainsi reprend-il l'idée de cycles de vie ou bien encore construit-il le nom de Kobol à partir de Kolob, nom donné à l'étoile la plus proche de Dieu chez les Mormons)… Mais il est surtout important de se rendre compte que Moore n'a certainement pas conservé ces aspects par simple respect pour la saga originale, mais qu'il l'a sûrement fait dans l'idée de s'en servir pour étudier les rapports actuels que les Américains peuvent entretenir avec la religion.

Le Battlestar Galactica, survolant la colonie de Caprica.

 

 

Malgré tout, même si Ronald D. Moore a su témoigner d'un grand respect à l'égard de la saga originale, et notamment à l'égard de sa mythologie, le sens que prend chacun de ses éléments de l'intrigue est différent selon qu'on se projette dans la saga de 1978 ou bien dans celle de 2003. Dans la série originelle, la menace que symbolisent les Cylons est évidente : c'est une allégorie de la menace communiste qui, encore en 1978, pèse sur les Etats-Unis. La caricature est telle qu'elle ne souffre d'aucune ambiguïté. Les Cylons, ce sont des robots aux individualités effacées par leur uniformité d'apparence et de pensée. Le Cylon, c'est celui qu'on a contribué à créer et qui s'est rebellé contre nous, alors que sans nous, son action n'a pas de sens. Ainsi dresse-t-on allégoriquement le portrait de cet ennemi né de la société occidentale et à qui on s'était même risqué de donner un appui décisif durant la seconde guerre mondiale… Symbole supplémentaire s'il était nécessaire : le faisceau rouge qui, tel K-2000 (autre création de Larson), parcourt lancinament le regard vide du robot, par des va-et-vient réguliers de droite à gauche… En 2003, la menace communiste n'est plus, mais l'attaque cylonne est restée : foudroyante, inattendue, permise par des agents dormants à l'intérieur même de nos villes, et qui surtout utilisent notre technologie contre nous même. En 2003, la menace n'est plus la même, mais elle existe toujours, elle a juste changé de nature. L'attaque cylonne de 2003, c'est l'attaque terroriste du 11 septembre 2001 qui frappe le pays en plein cœur alors que personne ne s'y attendait…

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Un centurion cylon : version 1978 à gauche, version 2003 à droite.

 

D'ailleurs, il y a un point intéressant à noter, c'est que même si la menace cylonne renvoie à tout autre chose d'une version à l'autre, par contre le sens qui est a donné aux douze colonies de Kobol reste le même. Les douze colonies, auxquelles s'ajoute à la fin des épisodes pilotes la treizième colonie que serait la Terre, renvoient directement aux treize colonies anglaises qui, le 4 juillet 1776, déclarèrent leur indépendance pour donner naissance aux Etats-Unis d'Amérique. Bref, aussi bien dans la version de 1978 que dans celle de 2003, les Etats-Unis d'Amérique sont clairement désignés comme étant le sujet allégorique de Battlestar Galactica. Seulement voilà, la différence sensible qu'il peut exister entre les deux, c'est que le regard que porte l'actuelle saga est bien plus introspectif et critique que l'ancienne… Certes, effectuer un comparatif à ce niveau là entre les deux versions semble totalement déplacé puisqu'il n'a jamais été dans l'idée du Battlestar original de se faire une subtile allégorie de la société de son époque : ce qui comptait avant tout, c'était l'aventure spatiale ! (…surtout qu'au final, l'esprit qui anime la série est au fond assez réactionnaire.) C'est pourtant là la divergence la plus sensible que fait prendre Ronald D. Moore à sa refonte du Galactica de 1978. « Exit » le schéma manichéen que l'on identifie en même pas cinq minutes. Il s'agit plutôt de se concentrer sur l'espace et l'aventure avant tout. Chez Moore, les situations sont toujours teintées d'ambiguïtés. Preuve en est, les trois changements majeurs que Moore fait prendre à l'univers Battlestar…

           

Glen A. Larson à gauche et Ronald D. Moore à droite

 

Le premier changement – le plus visible – c'est celui qui touche à la nature des Cylons. Certes, les gros robots en alu existent toujours, ceux qu'on appelle les « centurions », mais ils ne sont désormais qu'un détail de la civilisation cylonne. Désormais, le cœur de leur espèce, ce sont ceux qu'on pourrait qualifier de Cylons-humanoïdes. Il s'agit de robots à l'apparence humaine, dont on ignore d'ailleurs qu'elle part de biologique et d'informatique les compose… Ils sont comme nous, ils peuvent se fondre parmi nous… Bien évidemment, cet ajout fait par Moore répond à un besoin scénaristique fondamental. Les Cylons devant se référer à la menace terroriste et non plus à la menace de l'invasion communiste, il faut qu'ils puissent se mêler aux Humains… Mais ce changement révèle aussi d'une volonté de nuancer les rapports manichéens entre les deux espèces. Il n'y a pas les gentils humains prêts à croire à la paix d'un côté trahis par les méchants cylons incapables de faire autre chose que la guerre de l'autre comme c'était le cas dans la série de 1978… Dès le départ, la série cultive l'ambiguïté des valeurs : l'agression cylonne est abominable certes, mais l'humanité n'est-elle pas responsable en sous-bassement de cette guerre à laquelle elle a contraint malgré elle les Cylons ? Cette ambiguïté qu'insuffle Moore dans cette guerre intergalactique, il l'a renforce par un deuxième changement de taille : la personnalité et le rôle de Baltar dans l'intrigue.

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A gauche, les nouveaux modèles centurions encadrant la grande nouveauté de la série : les Cylons-humanoïdes.

 

Dans la version originale, le comte Baltar était l'ambassadeur des Humains partis négocier l'armistice auprès des Cylons. Seulement voilà, suite à la perfide trahison cylonne, au lieu de mourir en héros, il préfère collaborer avec l'ennemi et mener personnellement la traque aux survivants pour le compte des robots. Baltar, dans la version de 1978, c'est le traître, l'ennemi récurrent et clairement identifié, l'élément irrécupérable assimilée au Cylon… Dans la version de Moore, le Comte, titre de noblesse à connotation militaire, se transforme en « Docteur ». Pour autant, son esprit fourbe et lâche n'a pas changé d'un iota. Présenté dans le premier épisode pilote comme un scientifique brillant mais dont l'arrogance n'a d'égal que l'autosuffisance, le docteur Gaius Baltar sera le maillon faible de la chaîne humaine qui va permettre aux Cylons de pénétrer le système de défense de la flotte coloniale. Pourtant, le personnage est ici au final plus nuancé : l'aide apportée aux Cylons n'était pas voulue, il s'est juste fait manipulé par une Cylonne-humanoïde à la plastique irréprochable… Et même si notre cher Gaius sera capable de toutes les manipulations et mensonges inimaginables pour sauver sa peau par la suite, il n'en reste pas moins un personnage pour lequel on se prend de sympathie. Gaius Baltar n'est pas le traître qui s'est vendu à la cause cylonne et que tout le monde a depuis identifié comme l'ennemi à abattre, c'est au contraire l'un des membres éminents du Galactica, écouté et respecté, mais qui avant de penser à la cause humaine ou cylonne, pense à sa propre cause. Or, paradoxalement, Moore, va en faire un personnage qui, de par son dédain pour la cause humaine, va être celui qui va jouer un rôle dans la compréhension du mode de vie cylon, ainsi que de leur motivation dans cette guerre contre les Humains…

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A gauche, le comte Baltar de la version de 1978. A droite, le docteur Baltar de la version de 2003.

 

Vous l'aurez donc compris, même si Moore tient à sauvegarder une grande part de la mythologie enchanteresse de la saga d'origine, il a néanmoins pris le parti de rompre avec la logique de l'épopée médiévale pour se focaliser sur une trame plus en accord avec les préoccupations d'aujourd'hui. C'est aussi cela la science-fiction : savoir porter un regard sur le monde d'aujourd'hui au travers d'un futur fantasmé, d'où le troisième changement majeur par rapport à la série originale, et qui a déjà été évoqué maintes fois auparavant : c'est la mise au placard de tous les attributs propres au mythe de l'aventure spatiale telle qu'elle est définie par les codes du space operas : des habits différents, des vaisseaux inimaginables, des vêtements psychédéliques, des technologies qui relèveraient presque de la magie comme les téléporteurs, les lasers, les pendentifs à super-pouvoirs, etc… Moore a gommé tout cela. Les vêtements civils sont les mêmes que ceux du XXIe siècle, quant aux militaires ils portent certes des uniformes originaux mais sobres, que pourraient porter n'importe quel corps d'armée d'aujourd'hui. Pas de laser : les hommes se battent encore aux pistolets à balle, aux fusils-mitrailleurs et à la grenade, tandis que les vaisseaux emploient encore le bon vieux missile, voire même le missile nucléaire. Pas de robots ni d'ordinateurs super funky ou bien encore d'hologrammes… Au contraire, Moore nous ressort les vieux téléphones filaires et les vieux moniteurs d'ordinateurs. Pas très futuriste me diriez-vous, mais Moore s'en accommode très bien en justifiant ce choix dès les premières minutes de saga par une pirouette scénaristique audacieuse : l'ennemi étant de nature hautement technologique – et maîtrisant d'ailleurs ce domaine à la perfection – le Galactica a été pensé pour fonctionner sans technologie avancée, offrant ainsi moins de possibilité à l'ennemi de la retourner contre ses propres utilisateurs. C'est ce qui vaudra d'ailleurs la survie du Galactica aux dépends des 1200 autres Battletars de la flotte coloniale… Au fond, suivre l'épopée de cette équipage du Galactica n'a presque rien de futuriste : on se croirait d'ailleurs plus dans un sous-marin en mission plutôt que dans un vaisseau spatial en exode. L'effet est voulu : rapprocher sans cesse l'univers du Galactica du monde actuel. Finalement, si par définition la science-fiction est de se projeter dans le futur pour imaginer comment va évoluer notre société par rapport aux avancées de la science, c'est dans les faits rarement le cas. Pour preuve, la série Battlestar Galactica de 1978 se projette finalement plus dans le passé, avec ses mythes, ses comtes, ses colonies, qu'elle ne se projette dans le futur… Pour le Battlestar de 2003, les motivations sont encore plus clair : c'est dans le présent qu'il s'agit de se projeter, dans notre actualité… Une actualité sur laquelle la démarche science-fictionnelle va nous permettre de porter un regard nouveau et introspectif… Accrochez vos ceintures, le voyage au cœur de l'actualité commence…

 

 

 

Battlestar Galactica 2003, un regard sur l'actualité brûlante, une introspection sur le monde d'aujourd'hui…

 

 

 

 Quatre saisons (dont la dernière tronquée en deux à cause de la grève des scénaristes) pour une épopée qui aura sensé durer quatre ans. Quatre ans de voyage intersidéral, quatre ans de mandat (entrecoupé il est vrai) de la part de la présidente des Colonies qui mena son espèce à l'exode (tiens donc, la durée d'un mandat présidentiel aux Etats-Unis, est-ce un hasard ?). Quatre ans aussi d'une vie menée bon-an-mal-an par une civilisation qui a dû se prémunir d'une menace fatale et constante : l'anéantissement cylon. Fidèle à l'idée évoquée plus tôt, Moore s'est surtout intéressé à la vie de cette microsociété qui pourrait être la nôtre (et qui se veut justement ressembler au plus prêt de la société américaine). Ainsi Moore montre comment fonctionne ce gigantesque flotte de vaisseaux civils rescapés ainsi que leur protecteur : le vaisseau militaire Battlestar Galactica. Ainsi nous présente-t-on comment il s'approvisionne en eau, en nourriture, en tylium (minerai de base à la production d'énergie), rien n'est laissé au hasard… Mais surtout, Moore s'attarde beaucoup sur la façon dont vit et s'organise une société qui ressort d'un traumatisme, et qui ne sait plus vraiment où aller… Cette société qu'ausculte Ronald D. Moore, c'est la société américaine post-11 septembre… Une société sonnée, une société perdue, et à laquelle la série Battlestar Galactica offre, par le biais de la fiction, une prise de recul sur l'état d'esprit dans laquelle elle se trouve et sur les décisions qu'elle prend pour se sauvegarder… Mais là où Battlestar est une série remarquable, c'est qu'elle ne se contente pas d'allégoriser les évènements, elle offre aussi des clefs de compréhension et surtout du recul sur la nature profonde des actes et des choix qui ont été commis et faits…

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Caprica, sous le feu nucléaire cylon.

 

Comme dit précédemment, le point de départ de toute la série, c'est cette attaque cylonne qui raccroche dès le départ le sort des rescapés de l'attaque robotique à celle des Américains frappés par les attaques terroristes du 11 septembre 2001… Or, c'est à partir de ce point de départ commun, que les épisodes que va connaître le Galactica vont sans cesse rentrer en résonance avec l'actualité des Etats-Unis qui a directement suivi la chute des deux tours. Tout d'abord, il y a cette psychose qui va gagner l'ensemble de l'équipage. On se rend compte que l'ennemi est peut-être parmi nous… Car oui, il aura suffit de moins d'à peine quelques dizaines d'heures et un détour par la base Ragnar, stock de munitions de la flotte coloniale, pour que l'équipage du Battlestar prenne conscience de l'abominable vérité. Les Cylons, pendant leur demi-siècle d'absence, ont depuis réussi à prendre les traits des humains. Le docteur Baltar, le traître, sait de la Cylonne qui l'a manipulé qu'il n'existe que douze modèles différents, tout le reste sont des clones de ces douze modèles. Douze… A la fin des deux premiers épisodes pilotes, l'équipage n'en connaît qu'un, celui trouvé sur Ragnar. Baltar en connaît un second : sa sulfureuse manipulatrice. Un soupçon pèse sur un troisième, de par son comportement suspicieux, Aaron Doral, sans qu'on sache vraiment si ce soupçon est totalement fondé. Le spectateur en découvre même un quatrième, occupant une place non négligeable dans le vaisseau. Mais il en reste huit… Huit inconnus… Cela pourrait être n'importe qui… Chaque geste suspicieux, comportement inhabituel est le point de départ d'une nouvelle psychose. Plus personne ne croit personne, les libertés sont alors restreintes, des tribunaux de fortune se mettent en place pour « anticiper » d'éventuelles culpabilités… En cela, le Galactica ne fait que suivre la voie qu'ont suivi les Etats-Unis avec le vote du Patriot Act dès octobre 2001.

 

A gauche, Leoben Conoy, n°2 des douze modèles humanoïdes. A droite, Aaron Doral en fait-il aussi partie ?

 

Entorse fondamentale aux principes démocratiques sur lesquels se sont construits les Etats-Unis d'Amérique, le Patriot Act permettait à la NSA, la CIA, ou le FBI d'incarcérer tout individu suspecté d'activité ou de projet terroriste et cela sans procès ni limite de temps… Pas d'avocat, pas de juge, pas de requête possible… La menace justifie-t-elle la suppression de droits fondamentaux à tout individu ? Battlestar Galactica va concrètement poser le problème dès l'épisode 2 de la première saison : Water. En effet, à peine sait-on que les Cylons peuvent prendre forme humaine qu'une attaque terroriste fait sauter les réserves d'eau du vaisseau. Un Cylon, sûrement… On enquête, on recherche qui a pu avoir accès aux réservoirs et qui a emprunté les sas y menant juste avant l'explosion. Or, il se trouve que le chef de pont Galen Tyrol s'y trouvait, mais non pas dans le but de faire sauter les réservoirs d'eau mais bien dans l'espoir de retrouver en cachette sa belle avec qui il entretient une relation interdite par le règlement. Couverts par ses ouvriers, Tyrol va néanmoins s'attirer les soupçons de la commission d'enquête lorsque les témoignages qui relatent ses faits et gestes se montrent contradictoires. Ni une, ni deux, Galen Tyrol se retrouve arrêté, interrogé, et séquestré jusqu'à nouvel ordre par mesure de prévention. Du côté de l'autorité militaire du vaisseau, le commandant William Adama, on se dit que le sacrifice momentané de la liberté d'un potentiel innocent vaut mieux qu'un potentiel cylon en liberté dans le vaisseau. Seulement voilà, le spectateur sait, lui, que Tyrol est innocent… Or, il voit aussi comment à la peur du Cylon est venu s'additionner la peur de la condamnation arbitraire et injustifiée. C'est aussi la peur du jugement de l'autre, bref, c'est la destruction de l'esprit de société…

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Le chef de pont Galen Tyrol, accusé d'être un cylon.

 

Mais Battlestar Galactica va encore plus loin dans la dénonciation des pratiques de l'administration Bush, puisque dès l'épisode 8 de la première saison, intitulé Flesh And Bones, ce sont les pratiques menées dans le camp de Guantanamo – base américaine de Cuba dans lesquels étaient incarcérés et torturés les potentiels terroristes – qui sont montrées du doigt et disséquées au travers du prisme Galactica. Dans cet épisode, l'équipage a réussi à mettre la main sur – non plus un suspect – mais bien sur un Cylon dont la nature est certaine à 100%. En effet, l'individu arrêté est un exact clone de celui trouvé sur Ragnar : le doute n'est donc pas permis. Avoir en sa possession un Cylon vivant entre les mains est une opportunité de premier choix pour le commandant Adama, chef des armées. Ainsi ordonne-t-il qu'on lui soutire le maximum d'informations qu'il sera possible de lui extraire. Toutes les méthodes sont autorisées. Le seul piège dans lequel il ne faut pas tomber, c'est de se laisser prendre par son apparence, et d'hésiter à agir de par son apparence d'humain. Le cylon, n'est pas humain, c'est un « toaster » comme on se plait à les surnommer au sein du Galactica, la torture d'un toaster n'a ainsi rien de cruel. Ainsi, et malgré les multiples insinuation du Cylon comme quoi il est fait de chair et de sang et que, par sa nature pensante, il est assimilable à un humain, les supplices les plus cruels se multiplieront sur lui jusqu'à ce qu'on obtienne satisfaction ou pas… Ainsi, la série Battlestar Galactica pose clairement la question de la déshumanisation de la société qui, pour se sauvegarder, décide de sacrifier ses propres principes. D'ailleurs, dès l'épisode suivant, l'arrivée d'un détecteur de Cylon, considéré par son créateur lui-meme (le fameux Docteur Baltar) comme une extravagante supercherie, n'est pas sans assimiler cette chasse au Cylon à la détection des races supérieures et inférieures qu'on menés les Occidentaux en Afrique sur les populations noires. D'ailleurs, et en réponse à ce qui avait déjà été dit ci-dessus, on sent encore là l'importance crucial que prend le personnage de Baltar dans l'analyse que peut porter le spectateur sur la situation. Son désintérêt pour la cause humaine fait de lui un spectateur extérieur à la situation qui peut la juger avec le dédain – et donc une certaine forme de neutralité – qui lui est propre. Finalement, Baltar l'égoïste, pourrait presque être considéré comme le seul esprit sain de la flotte auquel le spectateur puisse se fier, et ceci malgré ses hallucinations chroniques…

http://idata.over-blog.com/4/92/80/11/archives/2009/12/1262194739_bsg-torture1.jpg http://idata.over-blog.com/4/92/80/11/archives/2009/12/1262194827_02x07_-_bsg108a.jpgL'interrogatoire de Leoben : torture inhumaine ou simple décorticage de machine ?

 

En fin de compte, ce combat permanent qui tiraille les Etats-Unis entre ses valeurs libérales et ses intérêts stratégiques est clairement concrétisé au travers de l'opposition de deux personnages forts du Battlestar Galactica : d'un côté il y a le chef de la flotte militaire, le commandant William Adama pour qui la sécurité de la flotte compte avant tout ; et de l'autre il y a la présidente des douze colonies de Kobol, l'ancienne secrétaire à l'éducation Laura Roslin. Adama traduit très bien la position qu'avaient les militaires et les partisans du Patriot Act dans les années qui suivirent le 11 septembre : c'est une guerre, c'est une question de sécurité nationale, c'est donc aux militaires de la régler, point barre. L'agitation de la présidente, ici assimilable aux défenseurs des libertés civiles qui protestèrent contre le Patriot Act (dont Hillary Clinton faisait à l'époque partie et à laquelle d'ailleurs le personnage de Roslin fait souvent penser…) cette agitation est donc quant à elle perçue par Adama comme étant celles de personnes étroites d'esprit, ne percevant pas la réalité des enjeux, et s'obscurcissant la vision par leurs idéaux babas-cool, importante certes, mais moins importants que la victoire finale contre l'ennemi. D'ailleurs, pendant  toute la première saison, Adama ne sait même pas pourquoi il obéit à cette femme qui n'est plus qu'un vestige passé de l'ancienne civilisation, une ancienne maîtresse d'école qui a autant d'utilité dans la situation actuelle qu'un vieux chamane dans une réunion de stratégies militaires. Cette confrontation entre les principes éthiques et la real politic fait un petit peu penser à la situation qui a conduit à la Guerre en Irak dès mars 2003. D'ailleurs cette guerre, qui a elle aussi grandement alimenté l'opinion publique américaine lors de la diffusion de la série aux USA, fut elle aussi analysée au travers de la fictionalisation de l'actualité à laquelle s'est régulièrement livrée ce Battlestar Galactica.

http://idata.over-blog.com/4/92/80/11/archives/2009/12/1262195143_02x08_adama_02.jpg http://idata.over-blog.com/4/92/80/11/archives/2009/12/1262195206_02x09_adama-roslin.jpg http://idata.over-blog.com/4/92/80/11/archives/2009/12/1262196449_02x10_battlestar-galactica138.jpg

A gauche, William Adama. A droite, Laura Roslin.

 

C'est au début de la saison 3 que la question irakienne est clairement traitée, bien qu'indirectement, par la série Battlestar Galactica. Pour ceux qui ont vu la série je rappellerai juste – pour se resituer rapidement – qu'il s'agit du seul moment de l'intrigue où l'espace de quelques épisodes, la flotte cesse de vivre à bord de leurs vaisseaux et s'installent sur une planète (je n'en dirais cependant pas plus, afin de ne pas dévoiler trop d'éléments d'intrigue à ceux qui n'ont pas encore découvert cette splendide saga). Lors de ces épisodes, il est clairement question de savoir si la décision du Colonel Tigh d'envoyer des bombes humaines pour éliminer leurs objectifs est justifiée. Situé à un moment où la situation est critique pour les rescapés humains, cette méthode lui sera reproché par ceux qui ont été épargné par ce qui s'est passé sur cette planète. Là encore, le propos de Tigh est sans ambiguïté : il fallait y être pour savoir qu'ils n'avaient pas le choix. Etant donnée la situation, le manque de moyens, les possibilités réduites d'action : le seul moyen de résister c'était celui-là, et cela à porté ses fruits. Pour Tigh, c'est très facile de juger des méthodes quand on ne prend pas en compte la situation. En tout cas, c'est peu dire que cette troisième saison ne se risque pas à décortiquer l'actualité, même la plus chaude, puisque pour l'occasion, c'est clairement la vision de la barbarie irakienne, martelée par les télés américaines, qui est remise en cause et questionnée par la série. Dans ces épisodes, pour la seule et unique fois, les habitants des colonies ne sont plus assimilés aux Etats-Unis mais à l'ennemi. En ressort une nouvelle ambivalence amenée par la série sur les valeurs et les choix adoptés à cette époque par l'essentiel de ma population américaine.

http://idata.over-blog.com/4/92/80/11/archives/2009/12/1262196557_02x11_-_tigh.jpg http://idata.over-blog.com/4/92/80/11/archives/2009/12/1262196589_02x12_-_tiny_b_g__10-20_tigh_and_adama.jpg

Le colonel Tigh, un homme au passé torturé, mais qui assume ses actes...

 

Osé, indéniablement ce Battlestar galactica version 2003 l'est. Mais surtout, ce qui fait sa force par rapport à l'actualité ce n'est pas tant son audace, mais c'est surtout sa pédagogie. Car, au fond, on pourrait très bien dire que, s'ancrant et se comprenant essentiellement avec son actualité, ce Battlestar Galactica possède une pertinence qui serait par essence périssable. Aujourd'hui les Etats-Unis changent (du moins c'est ce qu'on est en droit de croire, mais seul l'avenir nous le dira) et avec eux l'actualité… La pertinence d'hier ne ferait alors plus la pertinence de la série d'aujourd'hui, sauf pour les férus d'Histoire et les gens de grande culture… Ce serait effectivement le cas si la série se contentait seulement d'analyser l'actualité avec pour but unique de limiter son analyse à cette période-là. Seulement voilà ce n'est pas le cas. Même si elle répond à l'actualité, l'intrigue de Battlestar Galactica n'a pas besoin de cette actualité pour être comprise et faire ainsi en sorte que les enjeux nous parlent. L'Histoire des Etats-Unis à cette période de l'Histoire, tout comme l'histoire de Battlestar Galactica, c'est l'Histoire de la contradiction de toute société humaine à quelque période que ce soit. D'ailleurs, Battlestar n'a pas peur de reconnecter ses propos à des moments plus anciens, ou à des pays autres que les Etats-Unis. On parlait justement des premiers épisodes de la saison 3… Ceux qui les ont vu auront sûrement retrouvé dans les évènements qui se déroulent sur cette planète des points communs avec l'Europe pendant l'occupation nazie, notamment, en ce qui nous concerne, avec la France de Vichy… Battlestar galactica n'est pas une série inscrite dans un temps précis et qui va périr avec ce temps. Battlestar s'ancre effectivement dans une période mais en fait sa lecture de l'humanité, de la société humaine, des Etats-Unis est totalement intemporelle et donc entièrement universelle. Pour en être convaincu, direction la partie suivante…

 

 

Pour ceux qui veulent lire la suite, veuillez tourner la page...



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Publié par L'homme-grenouille - dans Séries TV : du cinéma autrement
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Startouffe 31/12/2009 01:00

...réponse alambiquéeDésolé de répondre si tard cher Nostalgic !

J'étais tellement obnubilé par l'édition de cet article que je n'avais pas vu ton commentaire (il faut dire qu'avec tous les bugs de l'interface Allociné, on y passe vite des heures et des heures... Preuve en est, je suis encore dessus à prêt d'une heure du matin... Screugneugneu...)

Pour répondre à ta question, disons que je me suis fait le plus évasif possible. Bien évident, je parle de quelques grands tournant de la saga, mais je garde les vrais temps forts pour la 3e page, les deux premières étant vierges de spoilers.

Pour te donner une idée concrète de cette "évasivité" (Bernard Pivot va me tuer), et vu que tu es à la fin de la seconde saison, je peux par exemple te dire que j'évoque l'élection présidentielle c'est vrai (ce qui est un moment assez marquant de l'histoire) mais je ne dis pas qui sont les candidats, ni qui gagne. J'évoque un argument démagogique qui pourrait faire gagner l'un des deux candidats mais je ne dis pas lequel. Je dis qu'il y aura tentative de tricherie, mais je ne dis pas si elle va réussir et si elle sera démasquée. Bref, ceux qui auront vu sauront combler les vides et comprendre le propos qui est soutenu, les autres ne devraient pas souffrir d'informations aussi vagues qui ne donnent aucune idée de quelle tournure va prendre la saison.

Pour te rassurer aussi, sache que j'évoque essentiellement des faits des deux premières saisons, aussi pour éviter d'ébruiter des bouleversements des deux dernières saisons. Enfin, seule entorse, je révèle l'identité cylonne de Leoben Conoy, mais on connait son identité dès le pilote, donc je me suis permis ce petit spoiler qui n'en est pas vraiment un.

Par contre, si tu ne veux vraiment pas être spoilé, ne va pas sur la 3e page, réservée à ceux qui ont vu la série en son intégralité. Mais bon, vu que je vais prendre du retard sur son écriture et sa publication, sûrement auras-tu fini les quatre saisons de la série avant que tu puisses la lire !

Voilà, j'espère avoir répondu à ta question. Profite bien de la saison 3, ses 6 premiers épisodes font partis de mes préférés et le cliffhanger de fin m'a littéralement fait hurler d'excitation. Enjoy l'ami. Et à plus tard sur ce blog ou dans un autre... ;)

Nostalgic du cool 30/12/2009 21:54

question tordue...Je m'excuse d'avance pour le côté un peu absurde de ce commentaire car j'avoue n'avoir presque rien lu de ton article. En effet j'ai découvert Battlestar il y a peu (grâce à l'insistance payante d'un ami, j'étais sceptique pauvre de moi !) et j'apprécie beaucoup cette série. J'étais donc impatient de lire ton avis mais un terrible doute m'a assailli, faisant ressurgir ma crainte parfois irraisonnée du spoiler (en particulier sur les séries). Je n'en suis qu'à la fin de la saison 2 et donc j'ai peur de découvrir des évènements majeurs en te lisant. Ainsi j'aimerais avoir ton avis : est ce que je peux lire sans crainte ou est ce que comme je le suppose vu l'apparente densité de l'article tu exploites à fond la série dévoilant certains moments cruciaux? Si jamais c'est le cas ce ne sera de toute façon que partie remise car je suis curieux de lire ton avis sur cette série qui est je trouve l'émission de SF la plus ambitieuse et aboutie que j'ai vu depuis longtemps.

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