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20 février 2008 3 20 /02 /février /2008 20:42

                                                   LES FILMS TAMILS

                                                          (Kollywood pour les intimes...)

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L'Inde. Un pays fascinant qu'il est impossible de définir en un mot tant il est diversifié culturellement, religieusement et linguistiquement. Même cent ouvrages de mille pages chacun ne donneraient qu'un vague aperçu de la complexité historique de cette civilisation qui fait partie des plus anciennes du monde. En quelques chiffres, l'Inde, c'est un milliard d'habitants, plus d'une vingtaine d'états et autant de langues officielles divisés en deux catégories : les langues indo-aryennes (hindi, panjabi, bengali) parlées au Nord et les langues dravidiennes (tamoul, télougou, malayalam et kannada) parlées au Sud du pays. En somme, deux grandes sous-cultures aux origines historiques éloignées qui ont fini par s'influencer mutuellement pour donner l'Inde actuelle, un pays au mille visages.

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                                                              Shalini dans Alaipayuthey

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A cette image, on ne peut résumer le cinéma indien dans sa globalité par le terme Bollywood qui désigne le cinéma commercial hindi (j'insiste sur « commercial » puisque des films tournés en hindi tels Le mariage des moussons de Mira Nair ou Raincoat de Rituparno Ghosh peuvent difficilement être qualifié de films Bollywood). Si Bollywood est l'industrie la plus puissante économiquement de l'Inde, elle a toujours été accompagnée par d'autres industries régionales, les deux plus connues étant « Tollywood », le cinéma télougou provenant d'Andhra Pradesh et « Kollywood » le cinéma tamoul tourné au Tamil Nadu qui comptent à eux deux environ la moitié de la production annuelle. Cet article a d'ailleurs pour but de vous présenter en particulier le cinéma tamoul et la raison pour laquelle il mérite le détour.

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Les principales différences en Bollywood et Kollywood

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Dans son article sur Bollywood sur ce blog, Startouffe décrivait avec perspicacité (si si j'insiste !!) les caractéristiques propres à ce cinéma étonnant venu d'Asie. Des films qui durent rarement moins de trois heures qui parlent souvent d'histoires d'amour impossibles entrecoupées de cinq à sept numéros musicaux. Bon d'accord, difficile de faire plus cliché que ça mais il est vrai que la comédie dramatique romantique est le genre inhérent au cinéma hindi, genre qui a produit quelques très grands films comme Dilwale Dulhania Le Jayenge d'Aditya Chopra et Kuch Kuch Hota Hai de Karan Johar. Des films commerciaux que beaucoup jugent sans intérêt puisque « c'est toujours la même chose les films indiens » dixit des gens de mon entourage. Ce qui n'est pas complètement faux mais qui ne remet absolument pas en cause la qualité de certains films hindis.

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                                           Le film Bollywood de tous les succès : Dilwale Dulhania Le Jayenge

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Alors que dans le cinéma hindi, on fait une distinction claire et nette entre cinéma d'auteur et cinéma commercial, il n'en va pas de même dans le cinéma tamoul, où beaucoup de films abordent des sujets sérieux (politique, terrorisme, pauvreté, banditisme, relations familiales et conjugales) sans en exclure les caractéristiques inhérentes au cinéma indien populaire, tels les histoires d'amour, traitées d'une manière moins glamour qu'à Bolly mais présentes quand même, et les passages chantés et dansés, ce qui au fond n'est pas étonnant puisque la culture indienne dans son ensemble, et c'est bien l'un des rares aspects culturels communs à tous les Indiens, est une culture très axée sur la musique et profite de la moindre occasion pour l'utiliser dans la vie courante. Alors que dans de nombreux films hindis d'antan, les chansons arrivaient comme un cheveux sur la soupe, les cinéastes tamouls se sont appliqués à placer ces numéros musicaux dans la logique de l'intrigue, ce qui au fil du temps, finit par inspirer les cinéastes hindis. Les thèmes sérieux sont souvent abordés d'une manière réaliste et moins luxuriante que dans les films hindis ce qui permet aux Occidentaux que nous sommes de pouvoir apprécier sans problèmes ces films même si l'on est hermétique au style de Bollywood.

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Depuis quelques années, les producteurs de Bollywood sont conscients du succès des films hindis à l'étranger et par conséquent, ils s'appliquent à produire des films de plus en plus exportables sans pour autant remettre en cause les caractéristiques propres à leur cinéma. A l'inverse, les films tamouls purement commerciaux, appelés masala, étant uniquement conçu pour un public tamoul (Inde, Sri Lanka, Malaisie, Singapore entre autres) laisseront sans doute, et c'est bien là l'ironie de la chose, les spectateurs occidentaux complètement dubitatifs devant ces films que je me plais à définir comme « un bordel scénaristique permanent » et qui mélange tous les genres : comédie, drame, action, histoire d'amour dans un manichéisme des plus primaires : le héros est vraiment très gentil, le méchant vraiment très méchant, et la fille vraiment très jolie mais vraiment peu bavarde puisque son rôle est inexistant dans l'intrigue. Là encore, je caricature, mais cela part d'un constat bien réel. Cela dit, certains films masala restent de très bonne facture et que l'on peut, si l'on se prépare psychologiquement, vraiment apprécié, et pas nécessairement au second degré.

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Le cinéma tamoul est donc suffisamment varié et différent du cinéma hindi pour que nous, spectateurs occidentaux, puissions y trouver un grand intérêt même si l'on reste quoiqu'il arrive réfractaire à Bollywood.

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Artistes à connaître

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Kollywood a vu, et verra, un nombre tellement important de grands artistes qu'il serait impossible d'en faire une liste exhaustive. Néanmoins, je vous propose une petite sélection d'artistes contemporains à connaître.

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Les réalisateurs

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Dans le cinéma indien en général, où le star-system régit l'industrie, il est difficile pour les réalisateurs d'exister en tant qu'artistes à part entière. Néanmoins, quelques-uns ont réussis à se construire une réputation qui leur permet de séduire les stars et par conséquent de monter leurs projets. Les plus célèbres actuellement sont K.S. Ravikumar, principalement connu pour ses masala de qualité tels Muthu et Padaiyappa avec la super star Rajinikanth ; S. Shankar, également connu pour ses masala, tous ses films sont des succès au box-office (à l'exception de Boys). Dans un registre un peu plus confidentiel, on retiendra l'excellent réalisateur Bala qui livre principalement des films d'auteur qui rencontrent des succès relatifs au box-office. Mais l'actuel réalisateur qui a révolutionné le cinéma tamoul est Mani Ratnam, l'homme qui en une vingtaine d'années s'est constitué une filmographie d'exception et dont la notoriété s'est élevée au niveau national et dont l'influence sur Bollywood a été considérable puisque beaucoup de films beaucoup plus sérieux sont apparus depuis le succès de Roja en 1992. Un cinéaste de génie qu'il est difficile d'aborder en quelques lignes et dont je vous conseille la lecture de sa  biographie en ligne, un article très réussi et très complet sur son uvre.

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                          Les deux grandes figures de la réalisation à Kollywood : Mani Ratnam et K.S. Ravikumar

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Parmi la jeune génération de cinéaste qui montent et qui réalisent des films mélangeant cinéma d'auteur et populaire, on retiendra Vishnu Vardan (Pattiyal), Gautham Menon (Kaakha Kaakha) ou encore Ameer Sultan (Raam) dont on reparlera en fin d'article.

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Les compositeurs et chanteurs.

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La musique tenant une place particulièrement importante dans la culture indienne, il est inconcevable de monter un projet cinématographique sans ses six passages chantés et dansés incontournables. D'ailleurs, il sera amusant de noter que les chanteurs et compositeurs tamouls sont parfois, sinon autant, plus célèbres que les acteurs qui sont considérés comme des dieux vivants.

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La légende de la musique tamoule s'appelle Ilaiyaraaja, il est le précurseur de ce qui se fait de mieux aujourd'hui question musique et a notamment côtoyé, et probablement influencé, A.R. Rahman dans sa jeunesse. A.R. Rahman est considéré aujourd'hui comme l'un des plus grands musiciens au monde et a signé quelques chefs d'uvre musicaux inoubliables tels Roja, Alaipayuthey ou Kandukondain Kandukondain. Eternel associé de Mani Ratnam, il a également une carrière bien remplie à Bollywood où il a signé deux de ses plus belles compositions Dil se et Lagaan. Parmi les autres compositeurs célèbres, on compte aujourd'hui Harris Jeyaraj, Vidyasagar (plébiscité pour la bande-originale pour Mozhi) et les deux fils d'Ilaiyaraaja : Karthik Raja et Yuvan Shankar Raja.

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                                   Deux grands compositeurs tamils : A.R. Rahman et Ilayaraaja

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Côté chanteurs, la scène musicale tamoule est dominée depuis bon nombre d'années par le géant S.P. Balasubrahmanyam et la femme au timbre de voix magnifique K.S. Chitra (ironiquement, ni l'un ni l'autre n'est tamoul). La jeune génération possède également un incroyable vivier de talent puisque l'on entend désormais très souvent des chanteurs tels Karthik, Anuradha Sriram, Naresh Iyer ou Chinmayee. Certains chanteurs de Bollywood sont également reconnus à Kollywood tel l'illustre Udit Narayan et l'exquise chanteuse Shreya Ghosal ou y sont parfois plus célèbres qu'au Nord comme Sadhana Sargam.

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                                    Les voix de Kollywood : SP Balasubrahmanyam et KS Chitra

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Les stars.

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Côté acteurs, les deux superstars sont incontestablement Rajinikanth et Kamal Hassan. Avec une carrière de plus de trente ans chacun, ils sont les acteurs les plus populaires de Kollywood et déchaînent les passions chez plusieurs générations de fans. Egalement les mieux payés de l'industrie (pour info, Rajinikanth gagne plus que la légende vivante de Bollywood Amithab Bachchan et le King Shah Rukh Khan), leur règne n'est pas prêt de s'interrompre même si la jeune génération d'acteurs compte quelques stars dont le seul nom suffit à remplir les salles. Ils se nomment Ajith Kumar et Vijay qui ont tendance à jouer le même style de personnage dans des films masala. Quant à Vikram et Surya, ils sont connus pour leurs performances d'acteurs et n'hésitent pas à prendre des risques dans leurs carrières en acceptant des rôles beaucoup plus complexes. Le héros romantique Madhavan, lui, se renouvelle constamment auprès de son mentor Mani Ratnam, chez qui il a livré ses meilleures prestations. D'autres jeunes acteurs sont actuellement en train de percer à Kollywood comme Bharat, Arya ou l'acteur malayalam Prithwiraj grâce à leurs bons choix de carrière. On notera aussi l'excellent Siddharth Narayan qui, après deux bides au box-office tamoul, est parti travailler avec succès à Tollywood et Bollywood (dans le magnifique Rang de Basanti) et qui devrait prochainement revenir au cinéma tamoul.

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                         De gauche à droite : ces messieurs Rajinikanth, Kamal Hassan, Surya et Ajith Kumar

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Côté actrices, est un peu plus compliqué à définir quelles sont celles qui ont régné sur le cinéma tamoul tant la durée de vie de leur carrière est courte (beaucoup arrêtent après le mariage). Deux actrices sont néanmoins sorties du lot ces dernières années même si elles ont annoncés leur retraite. Il s'agit de Jyothika, appréciée pour ses talents comiques et dramatiques et au charme incroyable, et Simran, souvent cantonnée aux rôles glamours, elle a récolté des critiques dithyrambiques pour sa prestation dans Kannathil Muthamittal de Mani Ratnam. Le plus ironique étant qu'elles sont hindis et qu'elles n'ont jamais réussi à faire carrière à Bollywood. La jeune génération suit et aujourd'hui, les producteurs parient sur les actrices, parfois d'anciens mannequins, Trisha Krishnan, Asin Thottumkal, Pooja Umashankar ou encore la magnifique Sneha qui refuse jouer des rôles glamours et préfère les films plus artistiques, qui sans égaler leurs homologues masculins niveau notoriété font tranquillement leur chemin.

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                               De gauche à droite : les belles Jyothika, Simran, Pooja Umashankar et Sneha

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Quelques films pour découvrir le cinéma tamoul

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Les films trouvant l'équilibre entre cinéma d'auteur et cinéma commercial

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Autograph de Cheran

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Pas besoin d'être indien pour pouvoir apprécier ce petit chef d'uvre en provenance du pays de Gandhi. En effet, Cheran signe un film absolument universel où tout le monde peut se reconnaître très facilement : le film est bourré d'anecdotes qui confèrent une véracité rarement atteinte, certaines sont très drôles, d'autres très émouvantes. L'histoire : Sendhil (interprété par le réalisateur) s'apprête à se marier et il tient absolument à ce que toutes les personnes qui ont compté dans sa vie soient présentes. Il retourne alors dans son village natal où il retrouve ses anciens camarades, professeurs, mais surtout son premier amour. Puis au Kerala pour retrouver ses amis malayalam et aussi celle qu'il aurait du épouser. Cette histoire est évidemment agrémenter de flash-backs qui narrent les grandes étapes de sa vie, ses moments charniers qui ont changé sa façon de voir la vie : son adolescence et ses premiers émois amoureux, l'université et le grand amour de sa vie qu'il perdra, la descente aux enfers qui suit, puis le retour à la surface grâce à une superbe amitié. Sublimement interprété, soigneusement réalisé, scénario subtil, "Autograph" est l'un de ces films qui marquent à tout jamais et c'est bien rare.

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Petite mise en bouche : Autograph

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Mozhi de Radha Mohan

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Karthik et Viji sont des amis proches qui travaillent ensemble en tant que musiciens dans l'industrie cinématographique. Un jour, Karthik rencontre la sourde et muette Archana et il est immédiatement attiré par son fort caractère. Avec l'aide de Viji, il rencontre la meilleure amie d'Archana qui l'aide à apprendre le langage des signes pour communiquer avec Archana. Malgré son handicap, il est déterminé à l'épouser. Archana, de son côté, est effrayée par le mariage à cause de la mauvaise expérience avec ses parents. Le reste du film montre comment Karthik convainc Archana d'affronter la réalité de la vie. Sorti en février 2007 en Inde, Mozhi est définitivement un de mes gros coups de coeur de l'année. Gros succès public et critique, le film fait l'unanimité. Bien que le film traite de nombreux sujets sérieux, le réalisateur laisse beaucoup de place à la comédie, considérant même son film comme un simple divertissement, à l'opposé donc du Black de Sanjay Leela Bhansali. Alors, Mozhi n'est vraiment qu'un simple divertissement ? Pas vraiment !! En effet, bien que l'histoire soit tellement simple qu'on pourrait la résumer en une phrase, le réalisateur arrive néammoins à en tirer un film touchant qui fait rire et pleurer et qui impressionne par son élégance. Scénariste et réalisateur, Radha Mohan confère à son film une atmosphère proche de la réalité, bien loin du côté glamour de nombreuses productions tamiles. D'ailleurs, le réalisateur évite tout misérabilisme quant à la situation d'Archana, qui est une jeune femme forte et  déterminée.

                           

Petite mise en bouche : Kaatrin Mozhi

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Kandukondain Kandukondain de Rajiv Menon

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Cette adaptation tamoule d'un roman de Jane Austen ("Raisons et Sentiments") est probablement l'un des plus grands films tamils de ces dernières années : un scénario dense et profond psychologiquement, une histoire très intéressantes, une photographie superbe (Rajiv Menon, le réalisateur, est également reconnu comme étant l'un des plus grands directeurs de la photo au monde), des interprétations de qualité et une musique de A.R. Rahman sublimissime.

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Petite mise en bouche : Konjum Mainakkaale

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Alaipayuthey de Mani Ratnam

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Mani Ratnam traite ici un autre de ses sujets de prédilection : les relations conjugales. Quatorze ans après Mouna Raagam, le film préféré du public tamoul et qui traitait du même sujet, il revient avec cette histoire d'amour entre deux jeunes Indiens modernes et ouverts d'esprit (d'ailleurs, le film s'adresse clairement à ce public précis, ce qui peut expliquer le succès tout relatif du film en salles). La principale réussite du film vient de son traitement réaliste (sauf peut être les passage musicaux) : tout dans le film respire l'authenticité : des décors aux dialogues, en passant par le jeu des comédiens d'un naturel saisissant et la photographie, on a vraiment l'impression d'assister à une tranche de vie de ce couple. Madhavan et Shalini, les interprètes principaux, sont excellents et jouent à la perfection les phases de séduction comme les grosses scènes de ménage, une véritable performance.

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Petite mise en bouche : Pachai Nirame

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Aayutha Ezhuthu de Mani Ratnam

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Mani Ratnam est un grand réalisateur, et contrairement à beaucoup de grands réalisateurs, il n'hésite pas à s'inspirer ouvertement des films qui l'ont marqué (Le Parrain dans Nayagan, THX 1138 et Indiana Jones dans Thiruda Thiruda par exemple). Dans Aayutha Ezhuthu et Yuva, il s'approprie la narration d'Amours Chiennes du réalisateur mexicain Alejandro Gonzales Inarittu où l'on suit les destins croisés de plusieurs personnages reliés par un même événement. Si les films indiens et mexicain ont en communs ce style proche de la réalité, les tenants et aboutissants sont tout autre et il faut quand même avouer que cette narration éclatée est l'une des raisons de la réussite artistique du diptyque de Mani Ratnam mais qui n'a pas convaincu les spectateurs indiens, beaucoup plus habitués à une narration linéaire. Si les deux films ont une histoire passionnante, une musique signée A.R. Rahman des plus agréables, des personnages très bien travaillés et une mise en scène qui leur est propre (et oui, Mani Ratnam ne pouvait pas se contenter de filmer les deux films de la même manière!!) ce qui justifie que les deux films valent le coup d'oeil -il a d'ailleurs ajouté une ou deux scènes dans chaque film qui ne figure pas dans l'autre; il y a une très nette différence entre les deux versions : le casting. En effet, les acteurs de la version tamile sont dans l'ensemble bien meilleurs que ceux de la version hindi.

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Petite mise en bouche : Jana Gana Mana

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Kannathil Muthamittal de Mani Ratnam

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On a tous un film qu'on aime tellement que l'on est incapable d'en faire une critique précise, de peur de ne pas trouver les mots justes, ou alors de ne pas exprimer ce que l'on a ressentit à sa vision et finalement d'avoir l'impression que l'on n'a pas pu lui rendre justice. Pour moi, ce film est Kannathil Muthamittal, véritable chef d'oeuvre dont chaque scène est indispensable au récit et est un vecteur d'émotions incroyable. En effet, il est très difficile de faire une liste exhaustive des moments forts de Kannathil... tant ceux-ci sont nombreux : de la scène des retrouvailles entre Amudha et sa mère biologique et la révélation de l'adoption par le père adoptif, le film est parsemé de moments attendrissants, parfois cocasses, mais toujours d'une extrême justesse au point qu'on a l'impression que l'histoire qui se déroule devant nos yeux est un documentaire.

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La trilogie du terrorisme de Mani Ratnam

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Bombay (1995) : Un chef d'oeuvre de Mani Ratnam: une histoire d'une très grande puissance que ce soit dans la première partie (un couple tamoul dont l'homme est hindou et la femme musulmane vont vivre à Bombay) ou dans la seconde (les émeutes entre hindous et musulmans qui ont ensanglantées le pays fin 92-début 93). Avec une interprétation sans faille, une photo superbe et la musique magistrale de AR. Rahman.

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Roja (1992) : Mani Ratnam signe avec "Roja" un film bouleversant, un étonnant portrait de femme (qui tient le haut de l'affiche, c'est rare en Inde!!) qui cherche par tous les moyens à faire libérer son mari enlevé par des terroristes qui se battent pour l'indépendance du Kashmir. Un sujet sérieux qui n'empêche pas l'émotion devant ce couple (Roja et son mari Rishi) plus qu'attachant. Ajoutez à cela la musique magnifique de AR Rahman et la photographie extraordinaire de Santosh Sivan et le bonheur du cinéphile est total.

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Quant au dernier film de la trilogie, il s'agit du film hindi Dil se, que l'on a précédemment évoqué.

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Petite mise en bouche : Kanalane

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Trois films de la jeune génération qui monte.

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Raam d'Ameer Sultan : un chef d'uvre côté scénario, un thriller très bien construit dont les scènes de comédie et les passages musicaux font tâche dans le résultat final. Dommage, avec un peu plus de rigueur et une prise de risques plus grandes face aux codes du cinéma tamoul, on aurait pu obtenir un chef d'uvre.

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Pattiyal de Vishnu Vardhan suit les (més)aventures de deux jeunes tueurs à gages, incarnés par Bharat et Arya, qui se retrouvent embarqués dans une histoire d'assassinat politique. Un thriller rondement mené et finement interprété (Bharat incarne un sourd et muet) et techniquement irréprochable. Un succès surprise de 2006 en Inde.

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Kaakha Kaakha de Gautham Menon s'intéresse quant à lui, à la vie d'un policier solitaire et sa rencontre avec une jeune femme magnifique et son affrontement avec un gangster vraiment terrifiant. Un polar musclé et rythmé qui n'a rien à envier aux grosses productions américaines même si le budget est évidemment moins élevé. La musique d'Harris Jeyaraj est particulièrement agréable. Un must.

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Petite mise en bouche : Ethetho (extrait du film Pattiyal)

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Et quelques masala très sympathiques, qui mélangent comédie, drame, action, amour, parfois horreur (Chandramukhi), des films techniquement parfaits et un peu bordélique côté scénario, mais qui procurent un vrai plaisir.

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1205106140_mayavi.jpg Mayavi (Petite mise en bouche : Kathadi Pola)

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1204378997_muthu.jpg Muthu (Petite mise en bouche : Oruvan Oruvan)

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1204379062_padaiyappa.jpg Padaiyappa (Petite mise en bouche : Minsara Poove)

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1204379100_chandramukhi-1.jpg Chandramukhi (Petite mise en bouche : Raa Raa)

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1205106064_dum_tn.jpg Dumm Dumm Dumm (Petite mise en bouche : Dhesingha Raja) 

Petite mise en bouche : Kaatrin Mozhi

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