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11 mai 2007 5 11 /05 /mai /2007 12:15

Affiche française. Twentieth Century Fox France

 

Après avoir discuté un long instant avec un ami cher à propos de Sunshine, le dernier film de Danny Boyle, l'envie m'était monté d'en écrire un article. Mais, vu que cette discussion avait eu lieu sur MSN et que j'ai la bonne idée de tout archiver, je me suis finalement à nouveau laissé tenter par la publication de la conversation telle qu'elle a eu lieu. Après tout, il y avait déjà eu un précédent avec l'ami Guitou sur Aniki mon frère, alors pourquoi ne pas en faire autant avec ce Sunshine qui, justement, me semble être un film qui porte à discussion.

 

 

 

Pour la petite info, sachez que l'ami en question est ce cher Rupo, qui m'a déjà gratifié de quelques uns de ses fameux commentaires sur ce blog, et j'en profite d'ailleurs pour le saluer bien bas ! La conversation vous est livrée telle qu'elle, avec juste quelques corrections qui ont été apportées par rapport aux abréviations et aux raccourcis linguistiques. Libre à vous par la suite de la poursuivre par vos commentaires si l'humeur vous en dit. Bonne lecture…

 

 

                                       Twentieth Century Fox France

 

--------------------------------------------------------------------

| Début de la session : vendredi 13 avril 2007 10h41                       |

| Participants :                                                     |

| Startouffe (Kuch Kuch Startouffe – eh oui le pouvoir de Bolly ! )

| Rupo

.--------------------------------------------------------------------.

 

 

 

 

Rupo

…et sinon, au passage, Sunshine ça pète !

 

 

Kuch Kuch Startouffe

(Raaaah ! Mais tu veux me retenir ma parole !)

…Mais oui, tu as raison, Sunshine ça pète vraiment pas mal…

…même si perso j'ai été un peu déçu par la seconde partie que j'ai trouvé assez sommaire…

…mais sinon ça reste du grand cinéma de science-fiction !

 

 

Rupo

Bah, il y a une très bonne ambiance…

 …assez fascinant comme film…

 

 

Kuch Kuch Startouffe

Oui oui, là-dessus rien a redire.

…et j'ai trouvé la distribution très racée

Retrouver dans ce film Hiroyuki Sanada, je ne m'y attendais trop pas !

 

Hiroyuki Sanada. Twentieth Century Fox France

             (L'acteur japonais Hiroyuki Sanada)

 

 

Rupo

Par contre j'ai trouvé que l'aspect "philosophique" n'était pas suffisamment creusé à mon goût…

 

 

Kuch Kuch Startouffe

Voila, je voulais y venir. Je suis d'accord avec toi sur la profondeur de l'Histoire.

A tout reprendre, j'ai l'impression qu'au fond, le voyage n'a pas été très initiatique.

 

 

Rupo

…pour les personnages, c'est clair que non…

 

 

Kuch Kuch Startouffe

…mais même pour les spectateurs finalement !

 

 

Rupo

Le film pose juste quelques questions fondamentales…

 

 

Kuch Kuch Startouffe

Pourtant moi au début j'ai adoré les questions que le film semblait poser,

Notamment quand ils disent : « On n'est pas en démocratie, c'est une décision scientifique que l'on doit prendre ! »

J'étais comblé par tant d'audace…

…et je trouve qu'à ce niveau, la question sur la notion de sacrifice par rapport à la survie aurait pu être mieux mise en avant…

…et qu'il aurait fallu mieux creuser la fin par rapport aux dynamiques qui sont posées dès le début du film…

 

 

Rupo

Oui, d'ailleurs tout se résout trop facilement !

…Les uns meurent dans des accidents…

…un autre se suicide…

 

 

Kuch Kuch Startouffe

…Parce que se retrouver au final avec un simple truc de démence où on se limite à un gars qui dit : « l'Homme ne doit pas s'approprier les pouvoirs de Dieu,

il faut laisser faire l'œuvre de Dieu… »

Franchement, j'ai limite trouvé ça sommaire…

 

 

Rupo

Bah perso, moi c'est le principal discours que j'ai retenu.

Mais j'y ai pas mal réfléchi depuis…

 

 

Kuch Kuch Startouffe

…et alors?

 

 

Rupo

Bah je me dis que peut-être Dieu nous a donné notre intelligence justement pour pallier aux défaillances de la nature…

Mais à ce moment ça voudrait dire que Dieu a construit un univers imparfait,

et donc c'est incohérent…

(Note. Oui, le Rupo est très théologien à ses heures… Mais – comme il le dit si bien – il se ferait probablement excommunier par le pape en personne…)

 

 

Kuch Kuch Startouffe

…Oui, mais si tu retires Dieu de l'équation, le rôle de l'Homme prend tout son sens,

et je pense que c'est plutôt sur cette voie que le film s'est penché…

 

 

Rupo

Oui voilà.

 

 

Cliff Curtis. Twentieth Century Fox France

 

Kuch Kuch Startouffe

Car, tel que je l'ai ressenti dans ce film, l'Homme est posé comme une puissance divine qui est en mesure de tracer le destin d'un univers et de le dérouter de sa voie fatale…

 

 

Rupo

…donc ça annihilerait le concept de Dieu omnipotent.

 

 

Kuch Kuch Startouffe

…en même temps je trouve que ce concept de Dieu omnipotent est un peu suranné, et qu'au fond il n'est pas très excitant intellectuellement !

 

 

Rupo

Nan c'est sûr !

Cela ne nous ferait pas vraiment avancer dans l'intrigue…

…et puis de toute manière, le soleil n'est pas prêt de s'éteindre,

et on n'a aucun moyen actuellement pour le rallumer.

 

 

Kuch Kuch Startouffe

C'est vrai qu'en y réfléchissant bien, je me suis dit qu'effectivement, le but de l'histoire était sûrement de nous faire réfléchir sur ce pouvoir que pourrait acquérir l'Humanité…

Un pouvoir qu'on pourrait effectivement qualifier de divin puisque nous aurions dès lors le pouvoir de vie ou de mort sur notre propre monde…

…Sunshine ne faisant au fond qu'étendre le concept au fait que l'Homme puisse aller au-delà des règles fixées par l'univers lui-même…

 

 

Rupo

Cela pose la question de savoir si on doit rester de simples habitants passifs d'une planète ou bien prendre en main le destin de l'univers…

 

 

  Twentieth Century Fox France

 

 

Kuch Kuch Startouffe

Exactement,

Surtout qu'au final on ne connaît pas les conséquences de l'intervention humaine…

En gros c'est vraiment une question d'introspection – d'introspection sur la nature et le sens de l'humanité j'entends…

D'une certaine façon, la question serait alors : « Dieu peut-il jaillir de l'Homme ? »

…car là, l'Homme est bien créateur de vie et un annihilateur de la mort naturelle.

Il change les règles de l'univers en en modifiant les données de bases…

 

 

Rupo

Oui, mais n'empêche que ça aurait pu être intéressant de voir cette prise de conscience,

Mais le film ne creuse pas assez cette idée…

 

 

Kuch Kuch Startouffe

…et ce qui est d'ailleurs dommage, c'est que ce Sunshine ne se limite qu'à cette simple question : « Pouvons-nous et devons-nous assumer ce rôle ? »

 

 

Rupo

…parce que là – Bim ! – on tombe sur Icarus I et un fou furieux…

…et on ne sait pas comment l'équipage en est arrivé à penser ça,

que l'Homme ne devait pas aller à l'encontre du processus naturel voulu par Dieu…

 

 

Twentieth Century Fox France

 

 

Kuch Kuch Startouffe

Oui, c'est effectivement le deuxième reproche qu'on pourrait lui faire à ce Sunshine,

c'est que cette question est en plus assez isolée de ce qui semblait être l'intrigue centrale…

 

 

Rupo

Exactement,

Même si quelque part le psy d'Icarus II avait l'air de suivre le même chemin par rapport à cette fascination, ce truc sur Dieu arrive n'importe comment, sans qu'on sache ce qui les a conduit à penser ça…

 

 

Kuch Kuch Startouffe

Mais moi j'ai trouvé qu'au final, ce film ne nous faisait pas se poser des questions…

…et c'est ça qui est vraiment dommage,

parce que le début était vraiment intéressant.

 

 

Rupo

Peut-être que pour Icarus I, ils étaient tellement fascinés par le soleil,

qu'ils se sont laissé "éblouir" par sa puissance…

…et donc ont relativisé leur propre puissance.

 

 

Kuch Kuch Startouffe

Oui je pense effectivement que c'est ce qui était sous-entendu…

Mais moi j'ai vraiment perçu ces moments de bains de soleil comme étant des passages où les personnages étaient à la fois fascinés par cette grande mécanique de l'univers,

mais aussi fascinés par le fait de se dire qu'ils sont d'une certaine façon acteur, voire mâitre de cette grande mécanique...

Il y a vraiment ce coté double que j'ai ressenti…

…et d'ailleurs l'histoire du filtre de la salle d'observation peut vraiment être vu comme une allégorie des limites au pouvoir que peu détenir l'Homme.

 

 

Twentieth Century Fox France

 

 

Rupo

Oui,

trop de pouvoir le brûle.

 

 

Kuch Kuch Startouffe

…comme le personnage de Pinbaker

 

 

Rupo

Oui, lui serait devenu accro…

 

 

Kuch Kuch Startouffe

Ouais mais j'ai pas trouvé dans ce personnage quelque chose de véritablement transcendant, qui permette de le mettre en relief,

de montrer ce qui l'anime…

Que de déception là-dessus…

 

 

Rupo

Oui, c'est juste un "rebondissement" dans le scénar

 

 

Kuch Kuch Startouffe

Voila, c'est ça !

…et c'est bien dommage…

 

 

Rupo

…alors que ça aurait été tellement intéressant d'étudier le gugusse,

qui mine de rien attend 6 ans et demi Icarus II !!

…pour le saboter

tout en se brûlant devant le soleil !

 

 

Kuch Kuch Startouffe

En fait le propos du film manque de liant.

 

 

Rupo

Bah il aurait presque fallu faire 2 films :

le premier avec Icarus 1

et le second qui aurait été Sunshine…

 

 

Kuch Kuch Startouffe

Oh là non je sui pas d'accord…

 

 

Rupo

Ouais finalement ça casserait les effets pour le 2…

 

 

Kuch Kuch Startouffe

Je pense qu'au contraire il y aurait vraiment eu moyen de donner une unité au film si Boyle avait plus centré sur une idée centrale et unificatrice.

 

 

 Cillian Murphy. Twentieth Century Fox France

 

 

Rupo

Bah on suit surtout le physicien…

 

 

Kuch Kuch Startouffe

Je pense que Boyle a pas assez travaillé la rigueur de son propos,

Ouais je crois que tu as cerné le truc quand tu parles du physicien…

C'est lui qui pose problème !

 

 

Rupo

Après il y a pas mal de membres de l'équipage qu'on ne connaît pas…

 

 

Kuch Kuch Startouffe

Oui mais le physicien c'est le personnage central de l'histoire.

C'est chez lui qui devrait se créer la synthèse du propos,

ainsi que devrait se générer chez lui un doute inspiré par les idées de Pinbaker…

Mais finalement rien…

Il reste extérieur au message du film…

Du coup, nous, spectateurs, on le reste aussi…

 

 

Rupo

Bah oui surtout que c'est lui qui maîtrise la bombe.

 

 

Kuch Kuch Startouffe

Du coup l'air de rien,

Le propos est forcement relégué au second plan

 

 

Rupo

Bah oui et non…

…parce que le physicien est lui même fasciné par le soleil.

Il veut aller à la surface.

…à la limite la bombe c'est juste un moyen d'y aller.

Sa fascination à lui, c'est de faire vivre le soleil…

Lui aussi est concerné par le propos du film…

 

Cillian Murphy. Twentieth Century Fox France 

(Cillian Murphy, qui interprête le rôle du fameux personnage du physicien : Capa)

 

 

Kuch Kuch Startouffe

Il est fasciné par ça on est d'accord,

mais jamais on ne le voit se poser de question ce gars !!

…et ça c'est dommage…

 

 

Rupo

Alors que la fascination de Pinbaker est de le laisser mourir…

Donc ils luttent physiquement,

mais jamais sur le plan des idées…

 

 

Kuch Kuch Startouffe

Hmmmm

Intéressant

J'y réfléchis là...

Oui oui d'accord

 

 

Rupo

En même temps, dur de taper le débat avec un mec complètement cramé…

(note. Qu'avais-tu fait la veille au fait Rupo ? Les démons du disco t'avaient-ils possédé à nouveau ?)

 

 

Kuch Kuch Startouffe

En bref…

Dommage qu'il n'y ait pas de liant à l'histoire,

ce propos semble un truc superficiel ajouté par dessus l'intrigue qui est au fond un huis clos futuriste…

 

 

Rupo

Moi, la fin m'a un peu déçu,

vu qu'on suit surtout le physicien,

on aurait pas dû savoir si ça avait fonctionné

 

 

Kuch Kuch Startouffe

Orf

Ca je ne sais pas…

 

 

Rupo

Ca aurait fait un putain de tollé !

 

 

Kuch Kuch Startouffe

Non, là j'avoue que j'aurais été frustré de pas voir le résultat…

 

 

Rupo

Bah oui exactement,

Ça aurait été couillu !

 

 

Kuch Kuch Startouffe

Ah oui mais là non !

C'est déjà couillu de partir directement d'Icarus II moi je trouve…

…Nous plonger dans le vaisseau sans rien justifier avant.

J'entendais d'ailleurs en sortant de la salle des gars qui se plaignaient déjà de ça…

 

 Cillian Murphy et Troy Garity. Twentieth Century Fox France

 

Rupo

…En même temps c'est pas The Core ou Deep Impact

C'est du Boyle !

 

 

Kuch Kuch Startouffe

Ah mais oui ! Et je suis entièrement d'accord là-dessus !

C'est évident qu'il n'est pas venu faire du grand spectacle mais un film de genre avant tout

 

 

Rupo

Ne pas voir la terre ça donne de la force au film…

 

 

Kuch Kuch Startouffe

Oui oui, tout à fait d'accord

 

 

Rupo

…et la fin en fait, ça fait une happy end…

Alors vu qu'il pose une question sans vraiment y répondre,

autant pas savoir si le soleil se rallume !

Laissons le choix au spectateur !

 

 

Kuch Kuch Startouffe

Ouirf…

Enfin, une happy end sans que vraiment une synthèse du propos n'ai été faite…

 

 

Rupo

Oui voilà !

Là, j'ai ressenti : "on m'impose une fin" …

 

 

Kuch Kuch Startouffe

Orf, moi pas tant que ça…

On ne sais pas s'ils ont eu raison de le faire

mais ils l'ont fait c'est tout...

Donc la fin reste ouverte…

…

Mais bon…

…sur ce,

faut vraiment que je m'enfuis…

Que je vole au vent !

Cette conversation fut bien sympathique…

 

 

Rupo

Tout à fait…

 

 

Kuch Kuch Startouffe

Ca me donne l'idée d'un article pour mon blog tout ça…

 

 

Rupo

Oh… Chouette…

 

 

Kuch Kuch Startouffe

lol

 

 

Kuch Kuch Startouffe

Bon allez…

Je m'envole tel un Icare volant vers...

...le Furet du Nord…

 

 

Rupo

La classe…

 

 

Kuch Kuch Startouffe

je sais je sais,

allez…

Peut-être a demain alors !

 à +…

 

 

Rupo

à +

 

Fox Searchlight Pictures

 

 

 

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commentaires

Rupo 24/12/2007 14:29

2 ème visionnageBon, j'ai craqué, j'ai acheté Sunshine en DVD (qui est une véritable injure pour le consommateur il faut bien l'avouer, mais ceci est un autre débat). Heureusement le film en lui même justifie pleinement cet achat. Le 2ème visionnage de ce film s'est avéré extrêment intéressant, tant au niveau du ressenti que de la compréhension du propos.

Alors tout d'abord, j'ai été étonné. Comme vous la "2ème" partie m'avait laissé un peu dubitatif, et je me suis rendu compte que finalement elle n'était pas si longue ni répétitive que ce qu'il m'avait semblé au cinéma. Je me suis apercu que finalement on voit peu Pinbacker et que celui ci ne tient son discours que 2 ou 3 fois dans le film. La partie "thriller" pour faire référence aux précédents commentaires m'a parue bien moins longue et lourde. Celle ci se déroule rapidement, sur un bon rythme et l'enchaînement des attaques sur les divers membres de l'équipage ne souffre à mes yeux d'aucune longueur. D'ailleurs on a l'impression qu'à ce moment, le film penche vers le thriller mais j'en doute de plus en plus. Les effets de flous ne sont là que pour éviter de provoquer du dégoût du spectateur je pense. Effectivement, on ne peut pas dire que l'aspect extérieur de Pinbacker soit des plus agréable à l'oeil. Pareil pour les photos "subliminales" des membres d'Icarus I. J'avais le souvenir qu'elles étaient omniprésentes et ne servaient à rien. Je revise aujourd'hui totalement ce jugement. Elles sont rares, apparemment chaque photo de membre d'Icarus I n'apparaît qu'une fois. Et leur apparition se justifie parfaitement et vient illustrer le propos du film. En effet, le seul contact que nous avons avec l'équipage d'Icarus I est la poussière et Pinbacker, des représentations bien lointaine d'un être humain. Ces photos sont là pour faire faire au spectateur, connaissance avec eux. Nous montrer ce qu'ils étaient et ce qu'ils sont devenus. Montrer à quel point, au départ, les équipages d'Icarus I et II sont semblables (les photos d'équipages venant se faire écho) et combien le voyage à creuser un fossé entre eux deux. Finalement de cet équipage, il ne reste que le souvenir, et ces photos sont une métaphore de celui ci. A noter que l'équipage n'est plus que poussière et donc est respiré par les membres d'Icarus II. Imposer ces photos c'est comme faire pénétrer le souvenir de ces personnes dans l'esprit des spectateurs, sans que ceux ci puissent réagir, tout comme la poussière qu'on respire. Bref pour moi, ces images ont donc une utilité, nous imposer le souvenir d'Icarus I et représenter son équipage, non plus comme des êtres de raison, mais des émotions abstraites.

Pour ce qui est de la cohérence scientifique... eh bien cela ne m'a pas particulièrement choqué, les entorses à la science se justifiant principalement pour amener un propos. Néanmoins je ne suis guère un spécialiste de l'espace ou de la physique quantique. Disons que le seul passage qui m'a plutot géné et lorsqu'ils regagnent Icarus II en urgence, après que le sas d'Icarus I ait été saboté. Le principal problème selon eux est la température très basse. Effectivement, la température est proche du zéro absolu. Néanmoins l'espace étant vide, il n'y a que très peu d'échanges thermiques (sur terre, nous sommes entourés d'une multitude de particules, même si nous ne les ressentons pas, aussi, par contact avec celles ci, des transferts de chaleurs s'effectuent). Je trouve qu'ils gèlent beaucoup trop rapidement. Et là où cela me gène vraiment c'est que le plus gros problème n'est pas la température mais la différence de pression. Je pense que la mort est instantannée. Passer de 1 à 0 bar de pression devrait provoquer l'évaporation de tous les liquides corporels et ce de manière immédiate. Autrement dit, Mace n'aurait jamais du pouvoir s'en sortir. Maintenant je ne suis pas un spécialiste, si je me trompe, je serais ravi que quelqu'un m'éclaire sur le comportement d'un corps dans l'espace.
Pour le problème de l'IA ..... je ne sais pas si on peut considérer cela comme une intelligence artificelle. En effet, elle semble plutôt être une unité de conseil et d'analyse de données. Preuve étant que Trey peut la by-passer pour changer la trajectoire, Carrie et Harvey reprennent le contrôle malgré le statu de "mission en péril" et Kaneda lui donne finalement de son propre chef la charge des opérations. C'est l'être humain qui possède le pouvoir de décision. Aussi ca ne m'étonne pas qu'elle ne signale pas la présence de Pinbacker, elle ne semble avoir aucun module de "prise d'initiative". Capa pose la question sur le niveau d'oxygène, elle lui répond. Et ce n'est qu'au bout d'un long échange que finalement Capa pose la bonne question pour obtenir la bonne réponse. Ce qui me fait penser qu'Icarus n'a pas d'esprit d'analyse autre que celui qui lui a été programmé, c'est à dire uniquement des données. Quand à la destruction de l'UC, aussi évolué soit l'ordinateur, si on le sabote physiquement, il ne peut pas réagir et on voit clairement le boulot de Pinbacker à ce niveau. En résumé, Icarus n'est qu'un outil d'analyse et de conseil rien de plus et est bien loin d'avoir atteint le libre arbitre.

Mais c'est vrai que la fin m'a encore semblé assez anecdotique même si au cours du deuxième visionnage le propos m'est apparu admirablement construit et si quelque part une réponse est apportée aux questions posées.

Beaucoup de passages m'ont marqué alors que la première fois je les avais totalement zappés. La rencontre avec Mercure par exemple. Cette scène m'apparaît importantissime désormais. Voir Mercure au loin, si petite et enchaîner sur un plan de l'équipage, sûr, confiant et regardant avec conviction. A ce moment du film l'humanité nous semble toute puissante. En voyant une planète si petite, l'équipage semble géant. Et même si le soleil est encore plus énorme, je n'ai pu m'empêcher de ressentir cette scène comme le message on ne peut plus clair: l'humanité, fort de sa science vient défier l'univers. Et finalement ceci viendra rejoindre le discours de Pinbacker "ce n'est pas notre place de défier Dieu". Mais j'ai néanmoins l'impression que le propos est plutot le résultat du match raison/émotion et que celui d'humanité/univers. Car ce n'est pas le soleil ou une quelconque intervention divine qui va poser problème, mais bien le capitaine d'un équipage ayant perdu la raison et se laissant guider par ses émotions. Alors que la première fois j'avais considéré que la question centrale était "qui sommes nous pour défier Dieu?" , je me rends compte que ce film traite plutot des limites de l'humanité et de ses forces. Car finalement, un message répond à la question. Alors que le jardin a été détruit par les flammes, une pousse renaît. La nature ne se pose pas de question, la vie ne demande qu'à s'épanouir. Aussi redémarrer le soleil n'apparaît pas pour l'humanité comme une volonté de défier Dieu mais bien comme un simple réflexe de survie, ce vers quoi nous pousse notre instinct, comme celui de tout être vivant (mis à part les lemmings peut être ^^). Désormais je ne vois plus Pinbacker comme un pseudo-représentant d'une quelconque volonté divinité mais plutot comme la réprésentation de l'irrationnel et de la perte de raisonnement de l'humanité. D'où l'affrontement raison/émotion précédemment cité. L'opposition entre Icarus I dont on nous présente l'équipage par des propos et des souvenirs abstraits (cf les photos "subliminales") et Icarus II présenté à travers ses actes et ses choix difficiles (détourner la trajectoire, se "séparer" de Trey), la lutte entre notre propre raison et nos propres émotions. Je suis peut être un peu trop extrême en présentant ce duel car finalement les membres d'Icarus II sont loins d'être dénué d'émotions, notamment Mace ou Corrie, mais celles ci sont toujours régulées par la raison. Car je pense que quelque parts, ces membres ne partent pas seulement sauver l'humanité, ils y vont aussi pour satisfaire des aspirations personnelles. Seale qui pense avoir fait le tour de la nature humaine mais qui ne semble pas avoir trouvé de réponse les cherche dans la pleinitude offerte par le soleil, Capa et Corrie qui inconsciemment espèrent certainement être les premiers humains à toucher le soleil, etc... La différence avec Pinbacker c'est que pour lui l'émotion a pris le pas sur la raison. Ses aspirations ont pris le pas sur l'objectif de la mission. Sa raison ne sert plus qu'à trouver des justifications pour ses émotions. D'où son discours et sa "fausse" réflexion sur la place de l'être humain dans l'univers, qui sont une manière de justifier ses actes et dédouaner, en apparence, la prédominance de son ressenti sur sa raison.
Finalement la réussite de la mission parait anecdotique à mes yeux. La raison a vaincu l'émotion, mais tout avait été déjà dit. Seulement l'histoire nécessite une fin et cette "deuxième partie", qui doit ne représenter qu'un tiers du temps soit dit au passage, me semble plus être l'illustration de ce choc et toute réflexion plus poussée aurait surement était de trop.

Bref, Sunshine, ca dépote.

Tribersman 02/11/2007 15:52

En même temps ...Que de temps depuis le dernier message ...
Tu me répond 7 jours après et là on en est à 3 mois. Désoler du retard j'ai été pas mal occupé depuis les dernières vacances.

Effectivement le film se lance sur de grande phase admirative, ou je peut par exemple pardonner facilement cette fenêtre donnant plein soleil ou l'objectif de la mission.

Le problème c'est qu'il ne détourne pas sa cohérence dans ce but mais pour créer un suspense en papier maché pour créer un côté "thrillers" alors que le film démarrait très fort dans un réalisme de SF.

Car au contraire je pense que c'est la cohérence d'un film de SF qui créer l'admiration, une technologie qui n'est là que pour remplir le cahier des charges en provoquant une absurdité sans nom ne m'intéresse pas.
Il est par exemple impossible de s'intéresser à la place de l'IA dans le vaisseaux quand son comportement est aussi absurde.

Pour parler de la scène finale, je ne faisait que jouer mon gros chieur prétencieux en envoyant au bac à sable le réalisateur du film, en étant déjà blasé par tous ce que je lui repproche.
J'ai parfaitement compris le message qu'essayait de faire passer l'auteur.
La vision du choc de ses deux puissances infini par un humains normal.
Le problème c'est que la façon de le présenter est bien trop terre a terre au vu de la situation et donne une interprêtation faussée.
Certe on se doute bien que les lois de la physique ne s'applique plus.
On comprend qu'il à une puissance nucleaire démentielle dérrière lui.

Mais tous ça demande une interprétation bien plus détourné que s'il avait été tourné différement.
Il ne donne pas l'impression d'être mort puisque le décors reste en place et qu'il s'intègre toujours dans le décors.
Les petites étincelles sont loins de donner autant d'impression de puissance qu'une explosion nucleair.
Notons le fait que l'activité solaire est de même nature et ne devrait pas avoir l'air différente.
L'absence de symétrie ou simple la forme "carré" de l'ensemble cadre difficilement avec la notion d'explosion simultanée.
Et finissont avec le fait que le soleil donne l'impression d'avaler la moitiée des charges explosives en coupant de moitiée la partie "bombe" (pourtant en rotation).

J'ai d'ailleurs des exemples légèrement différent mais largement plus réussi de démonstration de puissance.
La première est la scène finale de l'anime Gunbuster (une perle au fan-service totalement assumé) dont le résultat est la création d'un trou noir capable d'avaler la moitié de la galaxie. La "bombe" en elle même est ronde, et tous les piliers de détonnation converge vers un même point.
La seconde est la séquence finale du jeux "Zone of the Enders 2" qui part d'une expension par vague continue d'une zone de compression spatiale, à son effondrement en brisant la reaction en chaine. La différence avec l'extérieur est montré par un effet de négatif des plus efficaces, les dégats subie à chaque "vague" par le mecha (déjà surpuissant) affiche clairement le côté mortel de la chose.

Aucun de ces 2 exemples n'est plus réaliste que l'exemple de Sunshine, mais tous les deux ont bien plus d'impact qu'une scène qui ne pousse pas loin la cohérence générale.

C'est comme si 2001 l'Odyssé de l'espèce s'était contenté de renvoyer le spationaute nu dans l'espace pour simuler une renaissance cosmisque.


Note pour moi même : éviter de partir aussi loins dans les exemples.

Startouffe 27/08/2007 00:25

Décidemment, les films de SF suscitent de vives réactions!Oula ma parole ! Mais on dirait bien que ce Sunshine nous lance dans un pléthore de commentaires comme ce fut déjà le cas pour 2001! Tant mieux! ...et merci à vous deux, Nostalgic et Tribersman, de venir alimenter la discussion et le débat.

Pour commencer par Nostalgic, je dirais que ta détermination à sauver cette seconde partie n'a pas été totalement vaine car - il est bien vrai - il ne faut pas perdre de vue que Sunshine n'entendait pas jouer sur la même cour que 2001, et c'est sûrement lui donner des prétentions qu'il n'a jamais eu que de lui reprocher de ne pas avoir tenu sa réflexion du début jusqu'au bout. Mais bon, je crois que malgré tout, je ne pourrais m'empêcher, à chaque fois que je verrais ce film, de regretter ce qu'aurait pu être ce Sunshine s'il s'était risqué à tenir sa barre ainsi jusqu'au bout. Certes, ça aurait pu tomber à l'eau assez facilement, mais bon... je considère qu'à prendre sa voix "thriller" le film se débine aussi. Donc, quitte à se débiner, autant aurait-il fallu le faire avec panache. (Je sais, j'en démord pas :) )

Pour ce qui est de ton commentaire Tribersman, j'avoue honnêtement que je n'ai jamais vraiment fait attention aux incohérences techniques que tu as souligné. Perso, j'ai toujours été très indulgent vis-à-vis de la crédibilité d'un film de SF, surtout quand les libertés prises avec la science servaient à l'histoire ou à l'esthétisme du film. Juste pour l'exemple : pour la scène finale avec Capa qui assiste à la réaction en chaîne de l'explosion, je me suis aussi dis que c'était très peu crédible mais qu'en même temps, elle permettait de visualiser ce processus, au travers des yeux de Capa, comme une remarquable phénomène qui suscite à la fois admiration et fascination. Sûrement l'ami Rupo - celui avec qui j'ai eu cette conversation sur MSN - serait peut-être plus en accord avec toi sur ce point car je sais qu'il a tendance aussi à rechigner quand un film de SF énonce une absurdité.

En parlant de Rupo, sache cher ami que j'espère bien que toi aussi tu va finir par mettre la main à la patte et venir nous donner ton opinion là-dessus. En tout cas, merci encore à vous deux de vos commentaires forts intéressants, et je ne peux que vous inciter à poursuivre dans cette voie si le coeur vous en dit!

Tribersman 20/08/2007 01:33

Hum hum hum ...

Pour ma part je vais juste conforter ce que je vois dans vos commentaire.
Je trouve que c'est bien le soleil qui incarne la puissance divine a laquelle se mesure l'Homme avec sa technologie.

Pour moi le problème de ce film c'est qu'il ne donnait que l'impression de partir dans une réfléxion poussée, car la suite de l'histoire ne fait que changer les bases de façon abérante uniquement pour servir le côté thriller, comme le font les mauvais film de SF.
Passons sur la question de la gravité qui est pardonnable pour des raisons technique évidente qui était pourtant bien mise en avant pour servir la partie "thrillers" du film et passons sur le charactère très variable de leur "Intelligence Artificielle".
Elle montre une capacité d'auto-apréciation des risques physiques ainsi que le positionnement et l'identification des membres d'équipages, son jugement peut d'ailleurs être prépondérant sur celui de l'équipage.

Attribue qu'elle perdra spontanément quant elle fera preuve d'une incompétence que de vrai scientifique n'auraient jamais laissé passer dans un scénario réaliste et cohérent.
Sa va de la non détection de la mort des membres d'équipage (en dehors des sortie hors du champs de localisation pour la maintenance)
Jusqu'au moment ou elle laisse une personne sans badge d'identification laisser surchauffer le coeur de son système via un ordre "électronique" qu'elle pourrait très bien outrepasser comme elle l'avait déjà fait avant.

Et je peut aussi en dire beaucoup sur les raccourcies "grand spectable" comme le cosmonaute qui ne ressent pas le moindre du monde l'accélération pourtant incroyable de toute la partie "bombe" du vaisseaux.

Non seulement je déteste les films qui abandonne leur cohérence pour remplir un cahier des charge lufoque.
Mais je déteste encore plus un film dans lequel j'arrive à remplacer parfaitement des scènes entières avec uniquement mon imagination.

Même si ça peut paraître arrogant, la séquence de fin montrant le physicien au beau milieu d'une force destructrice défiant l'imagination et la lois de la physique aurait très bien plus être menée d'une façon encore plus métaphysique sans poser le moindre souçie de tournage (un écran blanc et tadam !)

Bon aller dernier repproche ... d'habitude les codes habituel des thrillers marche très bien sur moi mais là c'est "too much"
Comme les visages qui apparaissent a chaque fois qu'une lampe est pointé vers la caméra.
Si ses passages n'était pas aussi fréquent et longs et aussi prévisible l'effet aurai été parfaitement réussie mais là...
Pareil pour tous ce qui est du floutage éxagéré et absurde du "cramé" quand de l'autre côté les personnages principaux apparaissent parfaitement bien.

Nostalgic du cool 14/05/2007 19:20

Je dois avouer que quand j'ai vu le film j'ai pris les élements comme il venait sans trop réfléchir, mais maintenant que tu le dis c'est vrai que la reflexion initiée dans la première partie tombe un peu à plat dans la seconde. A réévoquer le film je ressens mieux la coupure entre les deux parties, mais sur le coup j'etais tellement absorbé par l'intrigue que cela ne m'a pas trop fait réagir, au sortir du film seule la fin m'avait déçu. Maintenant je trouve que le film aurait du conclure les reflexions qu'il avait entamées au début, toutefois les problèmes soulevés etaient tellement riches et complexes et les dérapages et carricatures étaient tellement faciles avec ce genre de sujet que je pourrais comprendre qu'on ait éludé la conclusion. Imagine que les reponses aux questions eussent été ridicules ou plates, là vraiment je n'ose imaginer la deception. Peut être aussi, vu qu'on l'évoquait et que Boyle y fait parfois référence dans le film, c'est le fantôme de 2001 qui a bloqué la reflexion, comment passer derrière Kubrick? D'ailleurs mon hypothèse, très farfelue je l'accorde, expliquerait le côté thriller, ce qui serait une habile pirouette pour éviter de trop s'enfoncer sur un terrain risqué, puis elle à l'avantage de transformer une frustration en un sauvetage.
Donc je vais me faire défenseur de la seconde partie, car personnellement j'ai trouvé le thriller certes moyennement bien amené mais très efficace, haletant et angoissant. Il est d'autant plus surprenant que comme tu le dis on ne s'attend pas à voir surgir ce genre dans le film. Le personnage de Pinbacker (merci pour le nom) est vraiment un excellent personnage de thriller, mystérieux, à la fois sur le plan physique car on ne le voit jamais clairement et sur le plan psychique car on ne comprend pas sa démence. Enfin le lieu du thriller est génial, le vaisseau cadre du huis clos reflexif de la première partie devient un labyrinthe terrifiant, coupée du monde, j'ai trouvé cette réutilisation très astucieuse.
Voila désolé de ce commentaire encore long mais je crois que le contact avec ton blog entraine chez moi une maladie rare nommé la cinéphilite dont les symptomes sont un besoin irrépressible de disserter longuement sur un sujet et une certaine tendance à se laisser aller à des interprétations plutôt imaginatives (c'est un euphémisme).

Startouffe 14/05/2007 01:37

Ouah! Quel message !Alors tout d'abord je tiens à te dire merci cher Nostalgic de laisser des messages aussi creusés, on peut dire que ça fait plaisir... et puis ça fait réagir aussi :) !

Tout d'abord j'ai totalement approuvé ce que tu disais sur "Mr. Cramé" (Pinbacker de son nom dans le film) au sujet du mystère qu'il suscite etc... Et effectivement dans la logique d'un thriller ça tient parfaitement la route. Mais ce qui est un peu génant avec ça dans Sunshine, c'est que le film n'était pas du tout parti sur cette voie du thriller et moi j'ai assez mal ressenti cette évolution. Je trouve qu'il y a beaucoup perdu car une atmosphère vraiment excellente avait su se mettre en place dans la première partie et le fait que le film bascule dans quelque chose de plus classique par la suite, ça fait un peu tout retomber, surtout qu'on était pas allé jusqu'au bout de ce qui s'était amorcé...

Alors oui, tu dis qu'on a peut-être demandé à ce film la profondeur d'un 2001, mais c'est aussi parce que le début relevait franchement de cette veine là. La qualité de la réalisation couplée à ces grands moments de méditation, de fascination et de contemplation, ont fait qu'on sentait bien que le film mettait le doigt sur quelque chose d'énorme. C'est tellement rare qu'un film parvienne à nous faire prendre autant de recul sur notre condition d'être humain dans l'immensité de l'univers que je trouve au final dommage que ce Sunshine n'est pas su tirer parti jusqu'au bout de ce qu'il avait su générer.

D'ailleurs c'est marrant, je suis retourné le voir aujourd'hui même et la première partie m'a encore mieux plu qu'à la première fois, mais par contre la seconde partie m'est apparue plus amère encore. Là vraiment j'ai ressenti un trop fort décalage entre la subtilité du début et le caractère un peu sommaire du dénouement. Mais je chipote, je chipote! Bien évidemment que moi aussi je considère ce Sunshine comme un très bon film, mais je regrette juste qu'il n'ait pas su se transformer en ce chef d'oeuvre qu'il aurait pu devenir...

Enfin voila... Comme tu vois moi aussi il m'arrive de ne plus savoir m'arrêter en parlant de ciné. En tout cas merci encore pour ce commentaire vraiment super. Si tout le monde laissait des commentaires comme les tiens, ces articles deviendraient de vraies amorces à des discussions vraiment enrichissantes et ça serait alors l'extase. Merci encore donc, et n'hésite pas à renouveller l'expérience du cimmentaire pléthorique sur ce blog.

Nostalgic du cool 14/05/2007 00:00

Jamais écrit un commentaire aussi long!Je suis plutôt d'accord avec toi et ton pote dans toutes vos analyses, cependant je pense qu'il faut préciser que la seconde partie du film est un thriller, qui n'est pas le genre qui s'adapte le mieux à une reflexion philosophico-métaphysique. Puis le film aborde tellement de genre, joue sur tellement de niveaux qu'il est difficile d'aller au fond des chose dans tous les domaines. Quant au personnage "cramé" (j'ai oublié son nom) certes sa personnalité n'est pas très creusée mais c'est pour moi cela qui le rend fascinant et terrifiant, le "méchant" doit être mystérieux. C'est parce qu'on ignore qui il est, pourquoi il est devenu fou qu'il nous fait peur. Puis il vient bouleverser l'assurance des autres, leur logique, car c'est un de leur semblable, un scientifique qui a perdu la raison, pourtant il vivait dans les mêmes conditions qu'eux. Alors sont ils à l'abri de la folie, d'ailleurs le psy eprouve une fascination obsessionnelle pour le soleil. Pour en revenir au Fou, je trouve que son rapport à dieu s'explique par un élement que vous soulignez très justement qu'est le soleil. Cette enorme astre fascinant dont on ne connait presque rien (même dans ce futur) à la fois objet de vie et de mort, face auquel on n'est qu'une poussière renvoit forcément à l'irrationnel, à l'inexplicable et donc nous pousse a nous rattacher à une force supérieure : Dieu. Puis cette folie peut s'expliquer aussi par le fait que les personnages se retrouvent en comité restreint, isolé de leurs semblables dans un huis clos permanent qui ne peut qu'exacerber les sentiments, mais aussi les tensions et les délires. Pour moi c'est la puissance du soleil qui renvoit à l'idée de Dieu car cela trascende tellement l'homme, il est si impuissant devant lui malgré sa science , ou sa raison que cela ne peut provenir que d'une force supérieure. Même le physicien qui est surement celui qui se pose le moins de questions existencielles, ne peut que se demander quelles sont les limites de la puissance du soleil, on voit qu'il est incapable de prédire ce qui peut se passer. Ainsi dans ce cadre l'homme qui aime tout maitriser se trouve face à l'irrationnel, à l'inimaginable au sens premier du terme ils sont incapables de savoir ce qui va se produire, ce qui est extremement frustrant. Pour moi, la reflexion sur dieu découle du fait que par cette mission ces hommes essaient d'accomplir un acte divin, biblique puisqu'il rallumerait le soleil, c'est carrément plus fort qu'un Moïse ouvrant la mer ! D'ailleurs je vais me lancer dans une comparaison osé avec Maitre Kubrick mais le personnage du "cramé" dans son délire divin m'a un peu fait penser au général qui pète un plomb dans Docteur Folamour tentant de laisser une bombe sur L'URSS. Tous deux se considèrent, dans leur folie, comme des emmissaires de dieu accomplissant un dessein divin, à travers la destruction il pense sauver les hommes. Bon tout ca pour dire que j'ai trouvé ce film très bien, l'un des meilleurs films de Sf que j'ai vu depuis fort longtemps. C'etait un exercice difficile et j'ai trouvé vos reflexions très interessantes, mais si vous me le permettez j'ai eu l'impression que vous demandez de ce film l'impossible à savoir d'atteindre le degrès de reflexion d'un film comme 2001 l'Odysée de l'Espace ce qui selon moi est infaisable. En tout cas je te remercie Startouffe grâce à toi j'ai écrit mon commentaire le plus long, bien que finalement je ne rajoute que "des brèves de comptoir"!

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