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31 janvier 2009 6 31 /01 /janvier /2009 01:42

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L'année 2008 vient de se conclure et, ici comme ailleurs, les blogs font fleurir leur classements des meilleurs films, des meilleurs acteurs, ou encore des meilleurs réalisateurs parfois. Mais, une fois de plus, ils sont passés à la trappe nos chers compositeurs de musique de film ! Quelle ingratitude nous leur faisons quand on y pense bien ! Certains airs nous entête, d'autres ne se retiennent pas et pourtant c'est eux qui ont su donner toute l'intensité à un instant mémorable. En ces temps de classements et d'articles rétrospectifs, je me permets donc un nouvel article, le deuxième sur ce blog, entièrement consacré aux bandes originales de film. Au départ il s'agissait seulement de combler l'absence des bandes originales de film des différents classements de fin d'année en désignant la meilleure composition de chacune des années d'aujourd'hui en remontant le plus loin possible. Puis les choix furent trop durs : j'ai élargis à un top 3 pour les quinze années précédentes afin de rendre justice au plus grand nombre de compositeurs, dans le plus de genres possibles. Bien sûr, l'objectif est de vous sensibiliser ou de vous faire découvrir la magie de la bande originale sans prétention aucune et dans une optique très grand public. Libre à vous de compléter mes lacunes ou mes ignorances par les commentaires de votre choix !

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Image d'en-tête (de g.à d.) : Joe Hisaishi, Susumu Hirasawa, Angelo Badalamenti, Hans Zimmer, Danny Elfman, James Newton Howard, Clint Mansell, John Williams, Vangelis, Michael Kamen et Kenji Kawai.

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2008

C'est 2008 qui vient de se clore à l'instant et c'est cette année que l'on célèbre actuellement par une multitude de classements et articles rétrospectifs en tout genre. C'est donc tout bien tout honneur que nous commenceront par glorifier les compositions qui ont su remarquablement donné du relief aux chefs d'uvres de cette année qui vient à peine de se clore.

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1. 1234132083_the_dark_knight.jpg The Dark Knight

En tête de gondole, difficile de passer à côté de la bande originale de l'incontournable Dark Knight. Au-delà des sempiternels « pompièreries » habituelles au genre du blockbuster, avouons qu'Hans Zimmer et James Newton Howard ont su nous pondre un ensemble qui sait à la fois répondre aux exigences hollywoodiennes tout en sachant s'adapter à la tonalité nolanienne. Un petit conseil personnel pour la première piste Why so serious ? qui rappelle avec plaisir cette jouissante introduction ; ou bien encore pour Like A Dog Chasing Cars qui traduit bien le « tourbillon » de cet épisode dans la saga de l'homme chauve-souris.

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2. 1234132247_the_darjeeling_limited.jpg The Darjeeling Limited

Mais à côté de cette composition de Dark Knight très « classique », je vous invite aussi à parcourir la remarquable bande originale de Darjeeling Limited qui replonge immédiatement dans l'atmosphère décalée du film. Entre autre, il y a cette chanson de Peter Sarstedt, Where Do You Go To (My Lovely) qu'on entend de manière récurrente avec ses you dance like Zizi Jambert et ces fancy appartement of the boulevard Saint Michel qu'on a du mal à se sortir de la tête. Même chose pour les cithares indiennes de Satyajit Ray et autres murmures de ce cher Shankar Jaikishan qu'on en vient à fredonner frénétiquement chez soi, entre amis, au boulot A la fin tout le monde vous déteste d'ailleurs pour leur avoir refilé le virus.

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3.  1234132387_juno.jpg Juno

C'est pour cela qu'en troisième position, je vous conseillerais un petit détour vers la B.O. de Juno, drôle de compile entre plein de morceaux guimauve qu'il s'agisse du  All I want is you très country qu'on entend en introduction du film, jusqu'aux multiples chansons de Kimya Dawson et sa voix toute douce, en passant par les quelques Cat Power, Buddy Holly et autres Sonic Youth qu'on entend ici ou là dans ce merveilleux ensemble. Tout le monde retiendra certainement Anyone Else But You de Molty Peaches chanté en fin de film par les deux principaux protagonistes ; mais j'avouerai pour ma part que je ne me lasse jamais du charmant I'm Stickin' With You qui résume parfaitement l'esprit du film. Une compilation qui refile la pêche à n'en pas douter.

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2007

Si vous avez déjà oublié les chefs d'oeuvres de l'année précédente, 2007, cette petite sélection saura rendre hommage aux quelques films qui auront su s'illustrer par la distraction qu'ils ont su apporter.

1. 1234133170_planet_terror.jpg Planète Terreur

Je me plais à mettre en tête la bande originale pour Planet Terror, le volet Grindhouse de Robert Rodriguez. Vraie bande originale à l'ancienne comme on les aime alors que les compilations sont plus en vigueur en ce moment. Chef d'uvre d'autant plus appréciable qu'il est l'uvre de sieur Robert Rodriguez himself qui se plait à mélanger les genres. Le Main Title suffit à poser l'atmosphère, indescriptible mais qui refile littéralement des frissons. On ne manquera d'ailleurs pas de jubiler aux passages genre « très vieux films de Carpenter » (autre bonhomme à faire lui-même ses bandes originales soit dit en passant) comme c'est le cas pour cette piste au titre qui en dit déjà long : His precription Pain. De plus l'ensemble de cette B.O. est beaucoup plus diversifiée que ne le laisserait suggérer le film et c'est un vrai bonheur de redécouvrir cette composition survitaminée.

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2.  1234133022_sunshine.jpg Sunshine

Pour ceux qui ont peur de faire saigner leurs oreilles avec Planet Terror, virage à 180° avec la zénitude de la bande originale de Sunshine, composée par le talentueux John Murphy. Au milieu d'un écho de l'appel de détresse d'Icarus I,  j'avoue être particulièrement sensible à la douceur qui se dégage de la piste intitulée The Last Message, ou tout simplement de la montée lyrique du grand moment du film, le fameux What Do You See [Keneda] ? Bref une composition de grand standing, responsable en grande partie de la prégnance de l'atmosphère de ce film. Très agréable.

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3. 1234132921_transformers.jpg Transformers

Enfin et je me ferais certainement tacler encore une fois pour citer ce film mais soulignons l'efficacité de la bande originale qu'a composé Steve Jablonsky pour Transformers. Très hollywoodien et très propre dans son style (on croirait parfois du Zimmer), on vous bassine à droite et à gauche de cette musique à toutes les sauces, notamment à la remise des prix des dernières palmes d'Or, pour vous dire ! Toutes ont leur charme, difficile d'en faire ressortir une du lot tant l'ensemble est à prendre comme un tout. Peut-être Arrival To Earth est la piste qui résume le mieux la tonalité et la qualité de cette B.O. Voila bien une agréable surprise que de se risquer à une telle aventure sur le plan musical, de la même manière que le film avait finalement su le faire dans les salles obscures !

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2006

1. 1234133710_the_fountain.jpg The Fountain

Autant le dire tout de suite, avec The Fountain sorti en fin de l'année 2006, on tient là l'une des plus belles bandes originales jamais composées pour un film. Son auteur, Clint Mansell, est par excellence le génie resté dans l'ombre. Déjà, son morceau de Requiem For A Dream a été utilisé et réutilisé mille et une fois, notamment dans les bandes annonces en tout genre, la plus célèbre étant celle des Deux tours. Avec The Fountain, il atteint incontestablement le sommet de son art, contribuant indéniablement au charme du dernier film en date de Darren Aronofsky à qui il a su rester fidèle depuis le départ. Pour ceux qui veulent découvrir la tonalité de l'album, certains vous conseilleront certainement Death Is A Road To Awe, le moment d'envolée lyrique qui conclut formidablement cette composition, mais pour ma part je vous conseillerais plus volontiers Xibalba ou bien encore Together We Will Live Forever qui embrassent mieux la délicatesse et la subtilité du travail d'orfèvre de Clint Mansell. Amoureux de musiques de films, amateurs de cinéma empirique, The Fountain est un incontournable si vous y avez échappé jusqu'à présent.

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2. 1234133400_paprika.jpg Paprika

Dans un style plus déjanté, mais toujours en accord avec l'esprit du film qu'il habille, difficile de ne pas citer la bande originale de Paprika, composée par Susumu Hirasawa. N'ayant pas peur des gros sons électroniques qui tachent et des churs de tous genre, cette bande originale est un espèce de fourre-tout très péchu qui mérite fortement le détour. Qu'il s'agisse du thème principal Mediational Field, ou bien d'ambiances sonores plus oppressantes comme Prediction, Hirasawa excelle dans l'emphase. Pour ce qui est de ma préférence, elle irait peut-être vers la plénitude qu'inspire A Drop Filled With Memories. Voila une bande originale très expérimentale et très riche comme finalement seuls les Japonais osent nous les faire. Rah ! décidemment cette année 2006 a vraiment été un très bon cru d'un point de vue bandes originales !

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3. 1234133525_silent_hill.jpg Silent Hill

Dernier de la liste mais non le moindre et je tenais à le citer c'est le remarquable travail d'Akira Yamaoka sur le film de Christophe Gans, Silent Hill. Transfuge du jeu-vidéo, Yamaoka s'est d'ailleurs fait connaître pour son travail sur Silent Hill le jeu. Gans a eu la clairvoyance de reprendre Yamaoka pour peindre l'atmosphère sonore de son adaptation au cinéma. Adapté, c'est bien le terme qui correspond. Yamaoka a su faire des pistes très sombres mais parfaitement acclimatées au cinéma. Très créative au niveau de la recherche des sons et de leurs combinaisons, certaines pistes sont de véritables uvres d'art comme Journey At The School ou encore Under The Tree. D'autres, sont plus accessibles mais non moins efficaces comme c'est le cas de The Cliffside ou bien encore du trailer Welcome To Silent Hill. A l'image de ses deux prédécesseurs de 2006, la bande originale est une véritable merveille qu'on ne se lasse d'écouter pour encore mieux l'appréhender.

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2005

1. 1234134392_batman_begins.jpg Batman Begins

2005 est une année qui a su surprendre par sa variété au niveau des bandes originales. A sa tête, je ne peux m'empêcher de citer une fois de plus la composition commune de Hans Zimmer et de James Newton Howard pour Batman Begins. Vous allez me dire : « c'est de la triche ! C'est la même que celle de Dark Knight à deux trois bidouilles près ! » A cela je m'opposerais formellement. Certes, les thèmes principaux sont là continuité oblige mais la composition de Dark Knight est beaucoup plus tourmentée que celle-ci faite pour Batman Begins, beaucoup plus proche de ce qu'on est en droit d'attendre d'un blockbuster. Il suffit de s'attarder sur les deux extrêmes de l'album, Eptesicus d'un côté, consacrée à l'enfance fragile du jeune Bruce ; Molossus de l'autre, plus orientée sur l'aspect épique et « dégomme-tout » d'un Batman affirmé et flamboyant. Ralalah ! A écouter cette bande originale en même temps que je compose cet article, je n'ai qu'une envie : revoir cette perle de maître Nolan !

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2. 1239545017_life-aquatic.jpg La vie aquatique

Difficile de résister au charme enivrant de cette bande originale remarquablement composite. Ressortent bien évidemment de cet ensemble les chansons de David Bowie reprise en Portugais et de manière envoûtante par le chanteur brésilien Seu Jorge (Starman, Rebel Rebel, Life on Mars, etc) Mais il y a tellement plus encore ! On pourrait noter les petites mélodies de plage comme celles de Sven Libaek (ma préférence allant pour Open Sea Theme), mais il y a surtout les compositions guillerettes qui ont construit tout l'esprit du film et qui furent orchestrées pour l'essentiel par Mark Mothersbaugh. Difficile de les décrire, surtout pour un non musicien comme moi, donc autant que vous vous laissiez aller à les écouter (en commençant par Ping Island que j'adule personnellement !) Bref, une B.O. qui mérite qu'on tente le grand saut !

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3. 1234133917_chevalier_du_ciel.jpg ex aequo. Les chevaliers du ciel

Enfin, en dernière position, je triche un peu car j'en cite deux ex aequo, mais je me dis que je peux bien me le permettre étant donné que ce cher Batman a eu en quelque sorte droit à un doublon. Dans un esprit très différent, on notera d'un côté la très surprenante bande originale réunie pour les chevaliers du ciel de Gérard Pirès. Chris Corner est à la baguette pour l'essentiel, et on ne saurait être insensible à ses bouffées d'onirisme comme c'est le cas avec les deux versions de You're My Conversation accompagnée de la douce voix de Sue Denim, ou bien encore du rock sympathiquement « teenage » de We Rise. En somme une B.O. plaisante, surtout qu'elle est parsemée de classiques indémodables comme le Heaven Is Inside You de I Monster ou bien encore The Crawl de Placebo.

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3. 1234133830_team_america.jpg ex aequo. Team America World Police

A côté des Chevaliers du ciel, la bande originale de Team America World Police peut jurer. Pourtant, cette facétie composée par les papas de South Park « themselves » (C'est comme ça qu'on dit ?)  est très drôle et pour le moins entraînante. Que dire de Everyone Had AIDS ou bien encore de l'hilarant America Fuck Yeah !, deux morceaux qui a eux seuls témoignent de la tonalité de l'ensemble.

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2004

1. 1234135010_lost_in_translation.jpg Lost In Translation

Pour 2004, nul doute, tous mes suffrages se penchent du côté de Lost In Translation. C'est une compilation certes, mais une compilation très cohérente qui sait à la fois brasser du Air, du Kevin Shield, du Death In Vegas ou autre Brian Ratzell. Tout cela forme un ensemble très homogène, parfaitement dans le ton du film. Frenchies que nous sommes, nous vanteront le Alone In Tokyo qui magnétise littéralement ce film, mais j'avouerai que le bref Tommib de Squarepusher, l'Ikebana de Kevin Shields, ou bien tout simplement le Shibuya de Brian Ratzell ont su m'électriser d'une toute autre façon.

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2. 1234134927_innocence.jpg Innocence : Ghost In The Shell 2

Si une suite de Ghost In The Shell a finalement bien eu un intérêt, c'est bien seulement pour sa bande originale. Difficile d'enchaîner après le chef d'uvre que nous avait pondu Kenji Kawai pour le premier opus ! Faut-il jouer la rupture ou la continuité ? Kawai a trancher entre les deux : il reprend les mêmes thèmes et les mêmes paroles, mais change les mélodies. Avec Doll House il rompt totalement avec l'atmosphère du 1, par contre il sait aussi nous offrir une remarquable réorchestration de Floating Museum, tel un merveilleux clin d'il au premier opus que chacun saura apprécier à sa juste valeur. Difficile d'apprécier à sa juste valeur le travail musical ici opéré sans avoir écouté Ghost In The Shell premier du nom, par contre nul besoin de s'attarder sur le film pour en cerner toute la dimension. Quel dommage que l'ami Oshii n'ait finalement pas su être à la hauteur de ce compositeur de talent qui lui a toujours été fidèle jusqu'à aujourd'hui.

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3. 1234134482_old_boy.jpg Old Boy

Dans un autre style, bien moins subtil, mais non pour le moins intéressant, la bande originale de l'ouragan coréen de 2004 qui avait balayé la Croisette : Old Boy. Son compositeur, Cho Young-Yuk expliquait que la consigne qui lui avait été donnée par Park Chan-Wook était de s'inspirer des grands classiques du cinéma de la variété internationale ou de la musique classique. C'est vrai qu'on reconnaîtrait presque Chostakovitch quand on entend Cries And Whispers ou une version épurée d'un film de Coppola en écoutant Lonely Place. Et qu'importe l'aspect synthétique de toutes ces compositions, l'ensemble a du souffle et sait distraire l'amateur de bandes originales.

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2003

1. 1234135345_killbillvol1cd.jpg Kill Bill vol.1

C'est presque devenu un grand classique avec Tarantino : la sortie d'un de ses films est synonyme d'une bande originale à décorner les diables et qui sera par la suite pillée par les pubs, émissions télés et mêmes autres films. Pourtant c'est vrai : on pourrait dire de cette énième compilation qu'est Kill Bill volume 1 qu'elle n'est qu'un simple agrégat de chansons tombées dans l'oubli qu'on se contente de remettre au goût du jour. Ce n'est pas faux, mais c'est nier la magie de Tarantino qui sait donner corps à un ensemble qui en d'autres mains aurait été totalement incohérent. Tout le monde est déjà hypnotisé aux premières notes de Nancy Sinatra et son Bang Bang (My Baby Shot Me Down), tout le monde se souvient de cette infirmière sifflant le Twisted Nerve de Bernard Hermann, le Woo Hoo des 5.6.7.8's. Et on l'oublie trop souvent, mais ce qui est aujourd'hui la musique d'intro des matchs de l'équipe de France sur TF1 était avant toute chose l'entrée d'Oren Oshii dans Kill Bill : une musique si justement intitulée Battle Without Honor And Humanity de Tomoyasu Hotei (qui doit aujourd'hui couler des jours heureux) Et j'en oublie car on pourrait tous les citer ! Même l'apparition d'un Santa Esmeralda ne résonne plus à nos oreilles qu'aux couleurs du combat entre Black Mamba et Oren Oshii. Il n'y a rien à dire : à l'image du film, la B.O. est somptueuse de lyrisme et ne peut que susciter l'engouement.

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2. 1234135150_dark_water0.jpg Dark Water

Après le feu d'artifice qu'est Kill Bill, difficile de ne pas faire un plus grand écart qu'en évoquant la bande originale composée par Kenji Kawai. Pourtant je vous avouerai là qu'on touche à l'un des compositeurs de musiques de film pour lesquels j'entretiens le plus d'affection. Kawai l'excentrique reconnaît commencer à composer ses morceaux qu'une fois le film entièrement fini. Cela ne lui laisse que peu de temps, mais il affirme que c'est là la seule façon pour lui de créer une musique en adéquation avec l'image. En tout cas, cela se ressent pleinement sur cette B.O. de Dark Water. Là encore, les voix qui se perdent telles des souffles agonissant et les sons stridents de son drôle d'instrument (pour plus de détail voir mon autre article consacré aux B.O.) Mais Dark Water ne limite pas qu'à cela : si From The Abyss ou Yelling sauront constituer de parfaits ambassadeurs pour les ambiances ténébreuses de maître Kawai ; je vous invite aussi à vous pencher sur Ideal ou Crossroad pour découvrir tout la charme émotionnelle que peut contenir cette B.O. sans pour autant se faire racoleuse comme beaucoup de B.O. actuelle se plaise à le faire. Cependant, si vous cherchez la piste qui incarne le vieux l'esprit de l'ensemble de Dark Water, je vous invite à vous pencher sur Prisoner qui condense tous les aspects présents dans cette composition (les 3 dernières minutes m'en refilent d'ailleurs toujours un frisson d'émotion !). Difficile de résister ensuite à l'enchaînement proposée et de ne pas poursuivre sur la conclusion du film : Narcotic. Je pourrais en parler des heures tant ce travail de mise en musique et plutôt de mise en son me parle. Le mieux reste donc encore de m'arrêter là et de vous inviter à découvrir cette B.O. de Dark Water par vous-même.

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3. 1234135241_dolls.jpg ex aequo. Dolls

Autre compositeur dont je vais être amené à vous parler souvent : Joe Hisaishi. De toutes ses compositions, Dolls est peut-être la plus minimaliste. Les sons sont limités à l'essentiel, l'aspect « j'ai composé cette musique tout seul dans mon garage avec mon synthé » se ressent totalement. Mais paradoxalement, c'est cela qui fait tout le charme de cette composition. Il en est d'ailleurs difficile d'en faire ressortir un morceau parmi tant d'autre. Peut-être tout simplement Dolls, ou sa version encore plus épurée (et peut-être aussi plus captivante) Pure White, sauront être de belles portes d'entrée à cette B.O. atypique mais au combien envoûtante.

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3. 1234135424_cite_de_dieu.jpg ex aequo. La Cité de Dieu

Année très riche que fut 2003, si bien qu'une fois de plus je me permets un petit écart en citant la Cité de Dieu. J'ai un vrai remords à ne pas vous parler de la bande originale d'Interstella 5555 ou bien de celle de Michel Vaillant, toutes deux composées pour des raisons différentes par deux grands groupes de la scène électro pour l'un et alternative pour l'autre : j'ai nommé respectivement Daft Punk et Archive. Mais c'est à évoquer la Cité de Dieu que je me suis finalement risqué. Cette B.O. recèle de véritables perles qui plus est mâtiné d'un style difficile à découvrir ailleurs. Jouant sur le mélange que permet le film entre un style très funk (comme le symbolise très bien la piste Meu Nomé é Zé ou encore No Caminho Do Bem) marié à un style très samba à l'image de A Transa (sublime) ou de quelques morceaux brésiliens enivrants (mon coup de cur allant vers Convite Para Vita), cette bande originale est d'une remarquable densité que je vous laisse découvrir par vous-même.

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2002

1. 1235836777_avalon.jpg Avalon

Ceux qui auront lu mon premier articles consacrés aux bandes-originales et qui maintenant parcourent cet article l'auront compris depuis longtemps : parmi la multitude de compositeurs de bandes originales qui ont pu s'illustrer sur grand écran, Kenji Kawai fait partie de ceux qui méritent le plus d'attention. A ce titre, Avalon occupe une place toute particulière. A l'origine, Avalon devait être le premier film de Mamoru Oshii tourné en prise de vue réelle. C'était une belle gageure, devenu célèbre pour ce réalisateur qui ne s'était jusqu'alors illustré que dans le domaine de l'animation, notamment via le somptueux Ghost In The Shell. Pour donner la tonalité musical à ce film peint aux couleurs de l'Europe de l'Est, la dure tache fut confiée à Kenji Kawai de composer une bande originale qui colle à l'esprit des opéras d'occident : une première pour lui aussi. Si le film reste à désirer, la bande originale est quand à elle une remarquable réussite, si bien qu'elle peut se découvrir indépendamment du film (ce qui serait presque préférable paradoxalement). On ressent la multitude des influences du maître Kawai. Beaucoup vous conseilleront le thème principal du film, Log In et Log Off, qui sont effectivement des morceaux pleins de vivacité qui donnent beaucoup de dimension au film. Cependant, il me semble que les deux pistes qui traduisent le mieux l'ampleur du travail de Kenji Kawai sont les chansons intitulées Voyage To Avalon (la version orchestrale met mieux en évidence la réutilisation des thématiques musicales propres au compositeur japonais). Pour retrouver d'ailleurs la force habituelle des compositions d'ambiances propres au maître, qu'on se risque à l'écoute de Ruins D99 ou de Tir Nah Mban. Dans la même lignée, on pourrait s'intéresser à la montée lyrique de Nine Sisters qui est vraiment intéressante. Bref, Avalon est une composition autant étonnante que riche qu'un amoureux de bande originale se doit de découvrir.

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2. 1235837093_donnie_darko.jpg Donnie Darko

Nul doute que dans Donnie Darko, ce premier film du talentueux mais néanmoins méprisé Richard Kelly, la bande originale fait partie des ingrédients qui rendent cette uvre si particulière et envoutante. Film d'ambiance, la bande originale de Michael Andrews l'est tout autant. La piste d'ouverture Carpathian Ridge, bien que très courte, suffit à elle seule à poser l'atmosphère. Dans sa continuité se trouverait Gretchen Ross, toute aussi courte, mais usant de la même façon de ce petit cur aussi étrange que captivante. Plus oppressive, Manipulated Living renvoie somptueusement à l'idée que l'on garde du film, notamment dans son côté légèrement malsain. Enfin, on ne pourrait passer à côté de The 4th Dimension qui fait la synthèse de toute cette richesse d'atmosphères qui composent le film. Et puis, ceux qui ont vu le film n'oublieront pas non plus la présence de quelques morceaux pop le très « tarantinesque » Echo And The Bunnymen ou bien encore le méditatif Mad World de Garry Jules qui conclut merveilleusement le film. Bref, une bande originale sûrement mésestimée mais qui mérite pourtant un véritable détour.

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3. 1235837236_zooldander.jpgZoolander

Dans un esprit plus « compilatif » que « compositif » (ou comment affoler le correcteur d'orthographe de Word en une seule phrase) la bande originale de Zoolander fait aussi partie des agréables écoutes de 2002. Qu'il s'agisse du flamboyant Call Me introductif de Blondie, remixé pour l'occasion ; du Anyway You Want It de Journey Man, ou bien encore du clou du film le Relax des Franky Goes To Hollywood la compilation qu'est la bande originale de Zoolander possède une sacrée pêche et mérite à ce titre de figurer parmi celles que je vous conseille de découvrir parmi les productions de cette année.

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2001

1. 1235837523_millelium_mambo.jpg Millennium Mambo

Le film en lui-même est déjà à mes yeux le pur chef d'uvre de cette année 2001 et qu'il faut découvrir absolument. Mais, même en ne s'intéressant qu'aux bandes originales, Millennium Mambo est aussi le chef d'uvre de cette période. Millennium Mambo est un film qui est à percevoir comme une peinture avant tout, une peinture très visuelle d'abord, mais aussi une peinture sonore grâce à la composition de Lim Giong, DJ taïwanais. Pure Person, l'introduction du film, est de loin la grande perle du film qui séduit dès la première écoute. A la fois onirique, suave et rythmé, cette piste est un amalgame qui traduit parfaitement l'atmosphère sur laquelle repose l'efficacité du film. Dans le même esprit, Lightning Road, ou bien encore la piste finale Fly To The Sky vaut aussi son pesant d'or. Mais cette bande originale sait aussi surprendre par ces morceaux de techno pure qui renvoient à l'atmosphère des boites de nuit branchées de Taïwan comme The Chat, ou bien encore cette étrange reprise de What Does My Heart Feel So Bad, grand succès de Moby à cette époque.

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2. 1235837606_requiemforadream.jpgRequiem For A Dream

Comme quoi 2001 était l'âge d'or de la bande originale car c'était aussi cette année que sortait aussi Requiem For A Dream de Darren Aronofsky, film à la musique devenu désormais si célèbre tellement elle a été repompée depuis un peu partout, parfois de façon totalement éhontée. Pour ceux qui ne voient pas encore de quelle musique je parles, qu'il écoute tout de suite la première piste Summer Overture thème qui est ensuite repris plusieurs fois dans l'album (notamment avec Hope Overture, Cleaning Apartment, Marion Barfs, Winter Overture ou bien encore avec le final : Lux Aeterna). Par contre, il serait bien dommage de limiter cette splendide composition de Clint Mansell à cette seule mélodie, car ce serait échapper à sa remarquable richesse. Cette B.O. est d'autant plus agréable à écouter qu'elle est très segmentée : il faut compter plus d'une vingtaine de pistes, mais qui durent rarement plus de deux minutes : on retiendra Party, Ghost Of Things To Come, Ghosts ou l'oppressant mais puissant The Beginning Of The End (reprise avec Meldtown).

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3. 1235837694_communaute_de_l__anneau.jpg Le seigneur des anneaux : la communauté de l'anneau

Ceux qui me connaissent ou qui ont l'habitude de me lire le savent : je fais parti de ce qu'on pourrait appeler les « Anneaux-septiques ». Cependant, même si la trilogie de Peter Jackson me laisse dubitative, j'avoue que la composition de James Horner, par contre, constitue une remarquable merveille et colle parfaitement à la dimension épique à laquelle le film aspirait. Au-delà du thème principal, j'avoue que cette composition recèle de moments d'une grande intensité comme le final très sobre de Bridge of Kazhad Dum et Lothlorien . Un vrai plaisir.

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2000

1. 1239545424_jin-roh.jpg Jin-Roh, la brigade des loups

Même si chacun pourra discuter de la véritable force du film, il me semble que personne ne pourra nier la pertinence de la bande originale de Jin-Roh. Essentiellement limitées à l'usage d'instrument à cordes, la composition d'Hajime Mizoguchi peut sembler très classique dans la forme et même si elle reste très académique elle séduit par sa volonté constante de créer une réelle dynamique mélodique. Ainsi, on se surprend à trouver dans la plupart des piste une forte charge dramatique face à laquelle on a du mal à rester indifférent. Qu'il s'agisse de la gravité de Gray Black, de l'émotion contenue de Blue Cloud, de la sensibilité de Fragrance Rain, ou bien encore de la fragilité que suggère Long Destiny ; chaque piste, aussi courte soit-elle, montre toute l'étendue et la richesse de cette composition qui sait se faire cohérente sans être monolithique. Et puis parfois Jin-Roh c'est aussi un début électrique avec son Opening Version, mais surtout un final d'anthologie, qui aiguise même l'intérêt de ceux qui surprennent cette musique sans pour autant avoir vu le film. Personnellement, Jin-Roh fait sûrement partie des dix bandes originales qui m'ont le plus marqué parmi toutes celles que j'ai eu l'occasion d'écouter. Bien plus que le film dont elle est tirée, cette bande-originale mérite incontestablement qu'on s'y intéresse.

2. 1239545530_o_brother_soundtrack.jpg O Brother

On retient rarement un film des frères Coen pour sa musique comme on peut le faire pourtant pour un film de Quentin Tarantino ou bien encore un film de Steven Spielberg. Eh bien ce O'Brother est l'exception qui confirme la règle. Excitante accumulation de vieilles chansons country qu'on garde sans cesse en tête comme le You're My Sunshine de Norman Blake, l'Angel Band des Stanley Brothers ou bien encore l'électrique I'm A Man Of Constant Sorrow chantés par les fameux Soggy Bottoms Boys. Mais cette bande originale sait se distinguer par ses merveilleux chants féminins comme l'entrainant Keep On The Sunny Side des Whites, ou bien même l'amusant In The Highways chantées par les petites surs Peasall (qu'Orange a d'ailleurs pillé pour une de ses pubs mensongères pourris en enfer Orange !) Mais ma préférence, parmi tous ces chants de nymphes, va de loin vers les deux pistes interprétées par Alison Krauss : d'un côté I'll Fly Away bien entrainant, et de l'autre l'envoutant chant des sirènes Down In The River To Pray. Bref, O'Brother est une B.O. d'autant plaisante qu'elle est assez riche et atypique. Un vrai bonheur qu'on écoute que, personnellement, j'aime écouter régulièrement.

 

3. 1239545693_mononoke.jpg Princesse Mononoke

On avait déjà évoqué les compositions de Joe Hisaishi pour les films de Takeshi Kitano, mais il est aussi et avant tout connu pour son travail avec Hayao Miyazaki. A ce titre, la bande originale qui a été composée pour Princesse Mononoke est peut-être la plus flamboyante et la plus accessible au public occidental que nous sommes. Mises à part quelques pistes typiquement « hisaishiesque » comme Kodamas, Princesse Mononoke occulte souvent les instruments à connotations orientales, Hisaishi jouant essentiellement la carte du lyrisme grandiloquent, mais avec succès. Toutes les pistes reprennent pour l'essentiel le thème principal, mais sur des tonalités différentes. The Journey To The West rappellerait presque une version zen de Braveheart avec ses flutes, ses violons et à quelques rares instants ses cornemuses. The Encounter, jouée à la harpe, est peut-être encore plus épurée et évasive que la piste citée précédemment. Mais la véritable version qui refile de grands frissons de par ses grandes envolées lyriques reste néanmoins The Legend Of Ashitaka Theme. Il faut que mises à ces pistes précitées, le reste de la composition est plus classique et captive moins l'attention (si ce n'est peut-être cette chanson de Mera Yoshikazu dont le timbre vocal est aussi surprenant qu'envoutant). Néanmoins, ne serait-ce pour les quelques perles qu'il contient, cette bande originale est un vrai régal à écouter à réécouter, que ce soit pendant ou indépendamment du film.

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