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28 février 2009 6 28 /02 /février /2009 17:38

1999

1. 1235838163_princesse_mononoke.jpg Perfect Blue

Nul ne niera le mépris ou du moins l'ignorance que l'on porte on monde de l'animation japonaise. Il suffit pourtant de regarder des films comme ce Perfect Blue pour se convaincre de son efficacité. Or, il me semble qu'au-delà du fait que cette ignorance laisse trop dans l'ombre de grands réalisateurs, il fait aussi nul doute qu'à mes yeux que cette ignorance toucha aussi des compositeurs de grands talents ; et encore une fois Perfect Blue est là pour le prouver. Certains penseront, quand j'évoque Perfect Blue, que je fais référence aux chansons pop japonaises que chante l'héroïne du film comme Ai No Tenshi, qui font effectivement partie de cette B.O Pourtant, je porte plutôt mon attention sur les créations d'atmosphère oppressantes orchestrées par l'impressionnant Masahiro Ikumi. Ce n'est pas compliqué : si on met de côté les musiques de J-Pop, il n'y a que quatre morceaux pour composer cette bande originale (avec une reprise pour Akumu et Ba-cha Mima ; mais quelle richesse pour chacun d'entre eux. C'est un délice de chercher à décortiquer chacune d'entre elles tant les artifices sont multiples et variés pour arriver à constituer ces remarquables chef d'uvres sonores. Du travail d'orfèvre. On ne s'en lasse jamais. Etrange certes, mais d'une puissance suggestive qui n'a que très peu d'égal. Je disais tout à l'heure de Jin-Roh qu'elle comptait parmi les dix bandes originales préférées, celle-ci fait par contre certainement partie de mon podium personnel. Incontournable. Un seul conseil : voyez puis écoutez.

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2. 1235838654_matrix.jpg Matrix

1999, c'était aussi l'année Matrix. Au-delà du phénomène cinématographique, il y avait aussi la bande originale très cuivrée de Don Davis auquel se sont ajoutés quelques morceaux qui n'ont qu'enrichir l'ensemble, notamment en lui donnant plus de subtilité. A ce titre, le conseil qui s'impose et de passer par la case Clubbed To Dead, remarquable composition électronique de Rob Dougan d'une très grande ampleur musicale. Un régal.

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3. 1235838725_ligne_rouge.jpg La Ligne rouge

On ne pourrait passer en revue cette année d'un point de vue musical sans évoquer l'enchantement d'avoir vu et entendu la Ligne Rouge du rare mais somptueux Terrence Malick. A l'orchestre, Hans Zimmer, dont la réputation n'est plus à faire. Que ceux qui considère dès à présent que Zimmer ne sait faire que de la soupe hollywoodienne calibrée qui n'insuffle plus aucune émotion, qu'il se penche sur cette Ligne Rouge, et notamment sur son cur émotionnel : la piste intitulée Village. C'est l'un des moments les plus forts du film, et Zimmer a su lui donner toute sa dimension au travers d'une composition somptueuse. A cela s'ajoutent quelques chants créoles, comme cet enivrant God You Tekem Laef Belong Mi, qui ne font que compléter cette remarquable bande originale.

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1998

1. 1235839014_jackie_brown.jpg Jackie Brown

Dans l'esprit compilatoire des films de Quentin Tarantino, cette bande originale est en est peut-être l'exemple le plus homogène et efficace. On cite à tout va Pulp Fiction pour ce qui est du film référence de Quentin Tarantino et il en va souvent de même pour ce qui est de la bande originale pourtant je trouve dans Jackie Brown un aspect plus accomplies. D'ailleurs, il me semble que trois chansons ressortent particulièrement de cette compilation de qualité, et c'est aussi parce qu'elles correspondent à trois moments forts du film. Il y a, sans hésitation possible, le Street Life de Randy Crawford, qu'on aurait presque pu renommer Jackie's Theme tellement il colle à la présentation et au charisme du personnage éponyme. Je citerais volontiers Didn't I Blow You're Mind des Delfonics tant il traduit à lui seul les sentiments touchants du personnage incarné par Robert Forster envers la belle Pam Grier. Enfin et parce que c'est la scène culte de ce film je soulignerais en dernier la présence de la chanson des Johnson Brothers : Strawberry Letter 23. Pour ceux qui ne voient pas de quelle scène culte je parle, un petit tappel s'impose. Chris Tucker est dans un coffre, Samuel L. Jackson au volant. Ce dernier allume son auto-radio et mettant délicatement ses gants : les premières notes de Strawberry Letter 23 résonnent. La voiture s'éloigne sur un plan fixe filmé à la grue : la musique s'étouffe petit à petit avec la distance, puis fait son retour dans le terrain vague adjacent. Le contact se coupe ; la musique aussi. Le coffre s'ouvre ; deux balles ; Samuel L. Jackson retourne au volant de sa voiture, remet de le contact, et fait à nouveau résonner les quelques notes des Johnson Brothers. Magique. Voila comment on fait rentrer une chanson dans l'histoire du cinéma.

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2. 1235839098_truman.jpg The Truman Show

Le film est merveilleux ; la bande originale au diapason. Buckhard Dallwitz n'a pourtant aucune renommée, mais cela ne l'a pas empêché de composer une bande originale parfaitement dans le ton du film. Certes, certains diront que le thème principal, justement intitulé The Truman Show semble à bien des égards des plus classiques. Néanmoins, c'est pour mieux coller à l'académisme de l'univers qui est ici dépeint. Cela n'empêche pas de grands moments de grandes intensités comme c'est le cas de Flashback ou de Truman Sets Sail. On ne saurait ignorer l'émotion de certains passages comme Dreaming Of Fiji, ou surtout ma préférée Truman Sleeps. Et puis, Truman Show, c'est aussi la musique intitulée Anthem, que l'on entend lors de cet incroyable instant où Jim Carrey arrête les voitures au milieu de la rue. C'est simple, le film est inoubliable, et on ne lasse de le revoir comme d'en écouter cette bande originale de très grande qualité.

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3. 1235856034_armageddon-large.jpg Armageddon

Oui bon, c'est vrai qu'elle n'est pas non plus transcendante cette bande originale d'Armageddon et pour une fois je l'avoue je la cite vraiment pour compléter le podium d'une année qui manque quelque peu de trésors musicaux. Néanmoins, reconnaissons à la composition très hollywoodienne de l'ami Zimmer une réelle efficacité, très proprette. Et puis, il y a quand même cet instant : celui du bécotage de Liv Tyler avec en guise d'accompagnement la chanson de son papounet de chanteur d'Aerosmith : I Don't Want To Miss A Thing. Cela ne méritait-il pas quand même une petite citation ?

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1997

1. 1235855458_ghost_in_the_shell.jpg Ghost In The Shell

La voilà LA bande originale. Compositeur : Kenji Kawai... Encore lui ! Bien évidemment, tout classement est subjectif et porte à débat. Néanmoins, pour moi, il n'y a aucune ambigüité : Ghost in the Shell est à mes yeux la composition qui a poussé le plus loin l'art de l'accompagnement sonore et musical d'un film. Je pourrais en parler des heures et je l'ai déjà fait dans mon article précédent consacré aux bandes originales voilà pourquoi je ne m'attarderai pas d'avantage. Malgré tout, si vous ne connaissez encore ni le film, ni sa bande originale, vous savez ce qu'il vous reste à voir : voir et écouter Ghost In The Shell. J'insiste bien sur le fait de voir et écouter simultanément, car jamais bande originale n'a autant cherché à se fondre à l'image, voire même à l'intrigue. Preuve en est : ces trois chants interprétés en un ancien japonais qui marque l'intemporalité de l'uvre et du propos. Chacun de ces trois chants, qui interviennent à trois moments clefs du film (le début le milieu la fin) marquent dans leur composition les étapes de la naissance du nouvel être. Retraçant l'existence d'un être mécanique en mal de conscience, on retrouve dans le premier chant l'épuration de la coquille vide. Ce même chant, lorsqu'il est repris au milieu du film, s'enrichit mélodiquement par quelques instruments à cordes pincées : la vie qui fait son apparition de façon primaire mais pure. Enfin, le final, où rentrent en jeu différents instruments à cordes frottées auquel s'associe un nouveau couplet à la résonnance cristalline. Raaaaah ! Que de frissons rien qu'en en parlant. Et encore ! ne parler que des chants éludent toutes les autres pistes ! Certaines, d'ambiances, sont les moins accessibles, même si elles sont d'une grande richesse sonore (Puppetmaster, Nightstalker). D'autres sont de remarquables compositions qui savent monter en puissance brillamment comme celle intitulée Floating Museum, qui se conclue par une splendide reprise par ces churs si atypiques qui reprennent à chaque fois les chants de Ghost In The Shell.  En somme, un vrai travail d'orfèvre de l'artiste Kenji Kawai. A voir donc, autant qu'à écouter. Mamoru Oshii, le réalisateur du film, l'a bien compris et s'est même permis de laisser de grandes plages de contemplations dans son film qui perdraient tous leur sens sans la musique. Une uvre à part, inégalable.

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2. 1235855584_hana-bi.jpg Hana-bi

Quelle difficulté, après avoir parlé de l'uvre majeure de Kenji Kawai, d'aborder un autre grand chef d'uvre de la bande originale, Hana-bi, accomplie elle aussi par un grand maître du genre : Joe Hisaishi. On craint de faire perdre de la valeur aux superlatifs que l'on emploie à devoir les utiliser si souvent avec si peu d'intervalle. Hana-bi, c'est peut-être la bande originale d'Hisaishi la plus accomplie. Ceux qui ont assidument lu l'ensemble de cet article savent que j'éprouve une légère préférence, de la part de cet auteur, pour Dolls, et son côté plus empirique et synthétique. Ce n'est donc pas me contredire que de voir dans cette composition-ci, faîtes pour le chef d'uvre de Kitano, l'aboutissement d'un artiste tant tout y est parfaitement calibré. Ici, Hisaishi fait parler toute sa science au service de l'émotion. La piste éponyme, Hana-bi, traduit parfaitement l'aspect « grave » mais en même temps « antigravitaire »  du film. A côté, See of Blue, qui marie avec délicatesse tout type d'instruments, occidentaux et orientaux, sait jouer de la tendresse brute qui émane du film. And Alone sait quand à elle faire ressortir cette rage contenue dans la sérénité des masques. Enfin ma petite préférence irait sûrement pour Painters. Après s'être lancé sur l'intense gravité de la peinture du masque, celle qui fait d'un véhicule volé une voiture de l'ordre, la piste bascule progressivement et en douceur vers la peinture du cur : celles de Tezuka, celles qui lui sont inspirées par la vision de fleurs. Somptueuse de simplicité mais en même temps de sophistication, Hana-bi est véritablement une composition reine dans l'univers des bandes originales.

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3. 1235855928_lost_highway.jpg Lost Highway

Quand il s'agit d'aborder cette bande originale, tous on sûrement en tête cette introduction et cette conclusion avec la musique envoutante du somptueux David Bowie : I'm Deranged. Néanmoins, il ne faudrait en perdre de vue la remarquable composition d'Angelo Badalamenti, qu'il s'agisse du saxophone fou de Red Bats With Teeth, la tension suave de Dub Driving, ou bien encore la sérénité morbide qui règne dans Haunting And Heartbreaking et Fred's World.  Le tout s'associe étrangement avec quelques morceaux de Barry Adamson dont l'étrange envoutement rétro que suggèrent Something Wicked This Way (sublime) ou mieux encore Mr. Eddy Theme 1 et 2. Et puis avouons le même sans être fan on se délecte des morceaux de Marilyn Manson et de Rammstein tant il ravive des plaies laissées par le film. Nul doute, voilà une bande originale à laquelle on ne pense pas forcément mais qui s'avère amplement à la hauteur du film dont elle est tirée.

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1996

1. 1235857375_rock.jpg The Rock

A elle seule, cette B.O. peut symboliser ce qu'est la B.O. calibrée Made In Hollywood. Tout d'abord, c'est parce que d'un côté, Nick Glennie-Smith et Harry Gregson Williams, les compositeurs, nous ont fait un splendide éventail de tous les clichés de la B.O. grandiloquente du film grand spectacle des années 90, à gros coup de cuivres, de violons, de tatatouins et ce genre de trucs Mais aussi et reconnaissons-lui au moins cela elle est le symbole du Made In Hollywood pour sa remarquable efficacité. C'est pêchu, rythmé, avec parfois une certaine gravité à coup de trompette épleurée Bref, une B.O. très efficace qu'on n'hésite pas à piller ici à droite et à gauche, notamment dans les émissions télés. Du Hollywood pur beurre, où malheureusement et c'est une habitude les pistes reprennent le fil de l'intrigue, ce qui fait qu'on a des pistes parfois d'une dizaine de minutes qui reprennent sans cesse les mêmes thèmes même si, il est vrai, aucune ne se ressemble. La plus caractéristique et la plus complète des pistes (histoire de se faire une idée) et sûrement la première Hummel Gets The Rockets,  la suivante Rockhouse Jail c'est du pareil au même, sauf qu'elle est peut-être plus riche, mais bien plus longue. Et que dire alors de Rocket Away, 15 minutes de tatatouin non stop ! Bref, une vraie B.O. à la classique, avec tout son lot de déclinaison du même thème. Un vrai plaisir pour ceux qui s'y retrouve.

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2. 1235857521_trainspotting.jpg Trainspotting

Au milieu de deux grosses compositions bien hollywoodiennes, typiques de ce que nous offraient alors les années 1990, j'intercale la B.O. de Trainspotting. Pas très originale parce qu'il s'agit avant tout d'une compilation de bons morceaux pop du moment, mais plaisante tout de même pour la qualité des morceaux choisis qui nous rappelle pleinement l'atmosphère du film. Entre le Lust For Life d'Iggy Pop d'introduction, où le Born Slippy d'Underground qui sont les deux titres qui nous reviennent le plus vite à l'esprit quand il s'agit d'aborder ce film ; on redécouvre aussi quelques bons morceaux de Blur ou de New Order. Vraiment du bon. Et comment résister à cet incroyable morceau de musique Dance : Think About The Way de Ice MC, incroyable et inattendu témoignage de ce qu'étaient les années 1990.

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3. 1235857624_broken_arrow.jpgBroken Arrow

Dans le même style très hollywoodien que le Rock précédemment citée, il y a aussi celle de Broken Arrow, ce coup-ci composée par le grand maître Hans Zimmer. A l'image du film dont elle est extraite, cette B.O. de Broken Arrow est une composition sophistiquées et calibrées pour répondre à toutes les exigences d'Hollywood. Alors, c'est vrai, cette musique du grand Zimmer respire le film californien à plein nez s'en est presque une caricature ! mais elle n'en demeure pas moins sympathique. Preuve en est, elle fait partie de ces B.O. qui, à son époque se sont fait honteusement pillée par d'autres films, notamment les grands succès de l'époque comme Scream 3. La piste sans cesse victime de ces emprunts sauvages est toujours la même : celle de cette introduction avec les quelques notes de basse si caractéristiques. Le seul inconvénient à l'écoute de cette composition reste son étrange segmentent en seulement huit pistes chacune d'elle assez longues (en moyenne 7 minutes) et que se permettent souvent de reprendre dans tous les sens les différents éléments musicaux de la B.O. sans réelle hiérarchisation, sinon celle du déroulement de l'intrigue. Si bien qu'au final, deux seules pistes peuvent suffire à résumer l'ensemble : la première (Brothers) et la dernière (Broken Arrow).

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1995

1. 1235857819_usual_suspects.jpg The Usual Suspects

Chef d'uvre de cette année 1995, on parle souvent de l'interprétation, de la réalisation et du scénario remarquables qui font de film un joyau. Et comment ! Dommage qu'on oublie injustement sa B.O., composée par John Ottman, volontairement discrète et aux antipodes du pompiérisme. On se souvient surtout de la musique lancinante et envoûtante  du Main Theme, mais on occulte souvent tout le reste pourtant somptueusement ancré dans une ambiance de vieux polar très très noir comme nous le rappelle des somptueuses pistes intitulées The Story Begins, Farewell Fenster, It Was Beautiful, The Arrests, New York's Finest ou bien encore The Killing Of A Rat. Rien à dire. Paradoxalement c'est peut-être sur l'une des plus belles B.O. de cet article que je m'exprimerais le moins car finalement comme pour chacune d'entre elles seule la découverte de cette somptueuse composition pourra parler pour elle. A découvrir absolument : film comme musique.

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2. 1235857951_bad_boys.jpg Bad Boys

Allez ! Encore une bonne dose de grosse bourrinitude à l'Hollywoodienne et après je vous lâche avec ça ! C'est que j'ai quand même un véritable petit faible pour ce qu'a fait Mark Mancina (auteur aussi de la B.O. de Speed) pour le tout premier long métrage de Michael Bay : Bad Boys. Beaucoup plus accessible, mieux construite, et plus variées que les deux exemples hollywoodiens cités précédemment. Très nerveux avec son intro à base de guitare et de basse bien graves, The Porsche Scene, piste d'introduction, pose tout de suite de décor, surtout que s'y enchaîne des Main Titles très flamboyants, caractéristiques de l'époque avec les grosses orchestres de violoneux qui dépotent appuyé du gros tintamarre traditionnel. Mais la B.O. de Bad Boys se fait vraiment plaisante pour toutes les pistes aux couleurs très variées qui tournent autour comme JoJo Doesn't Know The Car aux sons connotées Caraïbes, ou bien encore A Favor For Mike Lowry qui a des allures de petit polar de télé. Enfin et surtout les petits moments d'apesanteurs qu'offrent la B.O. comme He Knew The Girl, vraiment délicieux. La B.O. de Bad Boys, c'est de la grosse B.O. ricaine qui tâche mais qui s'assume totalement et qui le fait bien. Du bonheur pour qui recherche ce type de composition.

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3. 1235858041_pocahontas.jpg Pocahontas

Décidemment, ce top3 aura été très éclectique puisque je vous invite pour finir à la découverte de la B.O. d'un Disney, en l'occurrence Pocahontas, composée par Alan Menken. Tout le monde connaît le côté très empathique des musiques présentes dans les productions Disney, avec son paquet de flûtes, de clairons et de violons en tout genre Pour l'occasion, Pocahontas en est finalement le meilleur représentant car il sait distiller de temps en temps quelques morceaux assez évocateurs et grandiloquents. On retiendra forcément la chanson phare du film, Colors Of The Wind interprétée par Judy Kuhn, dont la mélodie est d'ailleurs le socle de toute la composition. A ce niveau, Execution en est peut-être la piste la plus représentative, pleine de lyrisme exacerbée. Mais il y a aussi ces moments évanescents, comme portés par un vent lointains soufflant dans de grandes contrées inexplorées : c'est le cas notamment du thème de Grand-mère feuillage : Listen With Your Heart. Enfin, difficile de pleinement découvrir l'esprit de cette B.O. sans passer par son apothéose finale, Farewell, très enlevée comme on est habituée chez les Disney, et qui sait pour le coup transporter une certaine charge émotionnelle. Une écoute agréable que ce Pocahontas pour ceux qui se plaisent à ce genre d'écoute : nul doute là-dessus.

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1994

1. 1235858523_l__etrange_noel_de_m__jack.jp L'étrange Noël de Monsieur Jack

Film d'animation sous la direction d'Henry Selick, mais orchestré par monsieur Tim Burton, cet Etrange Noël de Monsieur Jack, au-delà d'une splendide performance plastique, et aussi un remarquable hommage rendu par maître Tim à son compositeur attitré : Danny Elfman. Hommage tout d'abord parce que bien évidemment Danny Elfman a composé cette B.O. dont le rôle est ici prépondérant. Mais hommage aussi parce que Danny Elfman prête sa voix au personnage principal de Jack, ce qui en fait, du coup, le principal interprète des chansons du film. On pourrait citer de nombreuses pistes pour cette B.O. sublime. Peut-être vous ferais-je néanmoins porter votre attention sur le fameux This Is Halloween introductif absolument jubilatoire, Jack's Lament ou bien encore l'enivrant Oogie Boogie's Song. Sur le plan instrumental, l'Overture et l'End Titles suffisent à elles seules à planter le splendide décor musical de ce film or du commun et au combien merveilleux.

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2. 1235858612_pulp_fiction_soundtrack.jpg Pulp Fiction

On ne la présente plus cette B.O. d'ailleurs est-il vraiment nécessaire de la présenter tellement est devenue mythique depuis et qu'on la pille généreusement encore aujourd'hui. Pourtant, le principe reste le même que pour tous les Tarantino : une bonne compilation de vieux tubes souvent tombés dans l'oubli. On a tous en tête le Misirlou introductif de Dick Dale et de ses Delftones ; ou bien encore la scène de danse entre Uma Thurman et John Travolta sur fond de Chuck Berry : You Never Can Tell. Au-delà, les mots deviennent inutiles, il ne vous reste plus que le plaisir de découvrir ou redécouvrir cette B.O. d'un autre temps.

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3. 1235858747_schindler-s-list.jpg La liste de Schindler

Peut-être lassera-t-elle dans son entièreté cette composition du grand maître John Williams pour ce qui reste l'un des plus grand chef d'uvre de Steven Spielberg. Néanmoins, rien que pour son thème principal, cette Liste de Schindler mérite un joli détour pour conclure cette année 1994 en beauté.

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1993

1. 1235858821_green_snake.jpg Green snake

Jusqu'à présent, on était resté très focalisé sur le cinéma américain, japonais, avec un petit virage vers la Corée ; mais on n'avait pas encore eu l'occasion de toucher à ce cinéma au combien florissant qu'est le cinéma Hong-Kongais. (DanielOceanAndCo pestera fort légitimement d'ailleurs qu'aucun film indien ne soit cité !) C'est avec la composition de James Wong pour Green Snake que ce manque est réparé. Musique suave, bien dans la tonalité du film, Green Snake est une B.O. qui sait enivré notamment grâce à ses splendides chants : Unforgettable Song, Mofulouga, mais surtout l'hypnotisant Life Is Like This, présent en deux versions, l'une aussi suave que l'autre. Mais cette composition réserve aussi de splendides pistes instrumentales : en tête de gondole, j'entends encore As Smouth As The Mirror. Non loin derrière : Shearching For A Husband. Mais ne nous leurrons pas : l'ensemble est vraiment d'une belle homogénéité niveau qualité, sans pour autant se perdre dans le monolithisme mélodique. Un vrai plaisir que cette composition.

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2. 1239552976_patlabor_2.jpg Patlabor 2

Pour évoquer cette bande originale, autant commencer tout de suite par le nom de son auteur, ce qui évitera bien des discours. En effet, c'est encore et toujours ce cher et jovial Kenji Kawai qui est à l'orchestration de la musique de ce Patlabor 2. On retrouve les qualités habituelles au maître kawai : atmosphère envoûtante et sons parfois déroutants. Paradoxalement, ce n'est pas le Theme qu'on retiendra le plus, même s'il reste de qualité. Certains pistes méritent largement plus le détour pour l'ambiance qu'elle savent instaurer : Asia, Outbreak ou bien encore les trois versions d'Unnatural City. Mais c'est bien ITXL qui, personnellement, me parle le plus. Encore du Kawai diriez-vous (et c'est vrai que pour quelqu'un qui n'accroche pas plus que cela, ça doit barber !) mais chacune de ses compositions, même si elles sont marquées de la patte du maître, n'en garde pas moins une identité propre. Comment résister ?

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3. 1235858941_batman_-_mask_of_the_phantasm ex-aequo Batman : mask of the phantasm

Perdu dans l'oubli, je me permets de déterrer la bande originale de ce Batman : Mask Of The Phantasm. Film d'animation élaboré à partir d'une série animée sur Batman qui faisait fureur à cette époque, le résultat à l'écran sans être déplaisant n'avait pour autant rien de vraiment notable. Néanmoins, et c'est tout à son honneur, Shirley Walker avait hérité de la difficile tache de composer la musique d'un film qui devait clairement reprendre la musique de la série qui était elle-même une déclinaison du thème composé par Elfman pour le film de Burton. Sachant se plier à la comparaison avec l'uvre de Elfman, Walker est parvenue à composer une bande originale à l'identité vraiment bluffante. Déjà, le Batman Main Title est remarquable à lui seul, tant il cherche à donner de la noblesse et du recul au thème original de la série. Rythme plus posé, notes évasives, churs pour l'introduire : j'en suis encore aujourd'hui subjugué. Certaines pistes de cette B.O. savent d'ailleurs reprendre ce filon : comme cette conclusion enlevée que constituent Andrea's Revenge et Batman's Destiny. Mais cette composition ne limite pas là ses bonnes surprises : les sonorités associées a fantôme masqué (The Big Chase) très vieux film d'épouvante avec sa scie musicale ou bien encore la drôle de mélodie de cabaret inquiétant associée au Joker (The Joker's Hideout) sont autant d'éléments qui font de cette B.O. une splendide musique de film pour un grand Batman, même si en l'occurrence le film pour lequel elle fut composée n'est pas grand que cela.

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3. 1235859081_dragon.jpg ex-aequo Dragon

On finit enfin cette année avec une autre bande originale qui a elle aussi connu le succès qu'en se faisant emprunter des mélodies à droite et à gauche : celle composée par Randy Edelman pour Dragon, le film de Rob Cohen sur la vie de Bruce Lee. Son Dargon Theme, très dynamique et enlevé, rend parfaitement honneur à l'acteur hong-kongais. Mais c'est surtout la piste intitulée Bruce And Linda, reprise avec plus d'ampleur dans The Tao Of The Jeet Kune Do qui s'est fait emprunter de ci de là, notamment pour servir la bande-annonce de Forrest Gump (eh oui, c'était elle !) Au-delà de cela, restent toute une série de pistes fort agréables, soient qui tirent dans la veine romantique de Bruce And Linda, comme c'est le cas de Sailing On The South China Sea ; soient qui reprennent le thème principal au milieux de multiples chinoiseries qui bien que caricaturales sont très efficaces, comme c'est le cas de Fist of Fury ou bien encore de Chopsaki.  Mais bon, reconnaissons-le, le vrai plaisir de cette bande originale c'est qu'elle s'ose à un final, The Dragon Heartbeat, qui reprend ses principaux thèmes avec une intensité déployée absolument jouissive. Un chef d'uvre ! 

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1992

1. 1235860760_dernier_des_mohicans.jpg Le dernier des Mohicans

Encore une composition signée Randy Edelman ! Décidemment c'est à croire que 1992 et 1993, c'était sa période ! C'est vrai qu'on entendra plus vraiment parler de lui par la suite, ou bien pour des compositions très classiques. En attendant, sa participation à ce Dernier des Mohicans est d'une grande réussite. Même si l'ensemble est assez académique, le thème principal refile les ch'touilles à chaque fois qu'il est repris dans un ensemble d'une qualité fort appréciable.

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2. 1239546637_basic-instinct_cd.jpg Basic Instinct

Raaaah, mais comment ne pas résister à cet air lancinant et mystérieux à la fois qui nous rappelle tant le charme vénéneux de la belle Catherine Tramell. L'ensemble tourne d'ailleurs toujours autour du même thème mais véritablement nous lasser. Sur ce point, Jerry Goldsmith nous a clairement livré sa composition la plus aboutie et la plus subtile.

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3. 1239546698_1492.jpg1492 : Christophe Colomb

Alors certes, le film en soi n'a rien de véritablement remarquable, mais tous gardent en tête cette composition de Vangelis qu'on nous ressert à droite et à gauche. Paradoxalement, elle semble coller à l'esprit de l'époque alors que l'artiste grec n'hésite pas à utiliser moult instruments électroniques. L'exercice est réellement intéressant à écouter. Dommage que le reste de la B.O. soit un peu plus anecdotique

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1991

1. 1235860851_il_etait_une_fois_en_chine.jp Il était une fois en Chine

On vient à peine de quitter James Wong avec Green Snake que déjà le revoilà avec Once Upon In China. Contrairement à la précédente composition citée du même homme, ici la couleur donnée est bien moins suave et insiste sur le caractère film d'action. Résultat : une musique très dynamique et grandiloquente du plus bel effet. Le mélange d'instruments traditionnels chinois, comme de certains bruits synthétisés très désuets collent parfaitement à l'aspect vieille légende du début du siècle dernier, notamment le somptueux Out Of Luck Hero ou bien encore le thème principal A Man Should Help Himself. Mais cette bande originale est d'autant plus plaisante qu'elle est fort entrainante tout en variant les plaisirs comme la piste intitulée Aunt Mei, mais elle sait parfois se faire grandiloquente par des reprises multiples du thème principal comme au travers de Desperate Battle. Un régal qui a déjà électrisé plus d'un de mes trajets à l'écoute de mon iPod.

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2. 1239547156_edward_scissorhands.jpg Edward aux mains d'argent

Sûrement l'une des compositions les plus abouties de Danny Elfman pour le compte de son compère Tim Burton. Certes, j'avoue ne pas trop être fan des passages très « classiques » qui nous feraient presque penser à un Disney comme le sont par exemple Ballet De Suburbia, Beautiful New World, mais surtout The Cookie Factory. Mais à côté de cela il y a tous ces passages dont l'élément marquant reste ces petits churs ambigus, à la fois doux comme la neige et froid comme l'hiver. Ils nous captivent lors de l'Introduction, nous émeuvent lors de la somptueuse Ice Dance, et nous font toucher l'apothéose avec ce fabuleux Grand Finale.

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3. 1239547244_operation_corned_beef.jpg L'opération Corned Beef

Dommage que ces films ne sont pas toujours à la hauteur de ses introductions, car Jean-Marie Poiré aurait pu devenir une valeur sûre du cinéma populaire des années 80 et 90. C'est d'autant plus dommage que pour cette Opération Corned Beef, il pouvait s'appuyer sur la composition solide d'Eric Lévi, aujourd'hui surtout connu pour avoir fondé le groupe Era (qui s'illustrera d'ailleurs plus tard en composant la bande originale des Visiteurs du même Jean-Marie Poiré). Pour cette Opération Corned Beef, Lévi est bien loin de ses compositions moyenâgeuses, bien au contraire ! Très marquées années 80-90, cette B.O. est riche de morceaux très variés et surtout incroyablement pêchus. Entre une introduction enlevée, quelques passages plus axés « ambiance film d'action américain des années 90 », et surtout un final fort sympa intitulé Passion of War et interprété par Joan Paladin, on en a pour son argent ! Enfin, encore faudrait-il que cette B.O. puisse se trouver quelque part ! J'avoue que c'est bien là la seule composition sur laquelle je n'ai jamais réussi à mettre la main dans son intégralité ! D'ailleurs, si quelqu'un connaît une façon de se la procurer, qu'il n'hésite pas à nous le faire savoir par un post sur cet article !  

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1990

1. 1235860979_a_la_recherche_d__octobre_rou A la poursuite d'Octobre Rouge

Tous ceux qui auront vu le film se souviendront sans peine de la musique de Red October, notamment au travers de ses chants russes d'introduction : Hymn For Red October qui, personnellement me refile toujours des frissons (anecdote amusante : ce film est sans conteste celui qui j'ai revu le plus de fois. On dépasse les 50 visionnages sans que je sache vraiment dire combien exactement !) Cependant, le vrai problème de cette composition de Basil Pouledoris c'est que les pistes sont très longues et variées ce qui rend leur écoute pas toujours aisées (surtout que les passages les plus marquants et les plus plaisants se retrouvent pour l'essentiel dans deux pistes : Nuclear Scam et Red Route One. Parfois, certaines pistes ne sont même pas dans la bande originale ; plus frustrant, le passage que je trouvait le plus mythique du film n'est pas retranscrit tel quel dans l'album.

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2. 1239547671_dead_poets.jpg Le cercle des poètes disparus

Disparu en avril 2009, Maurice Jarre aura laissé dernière lui une remarquable collection de compositions inoubliables. Parmi les meilleurs, celle du Cercle des Poètes Disparus. Sachant jongler avec la tradition suggérées par ces mandolines et autres cornemuses, il sait insuffler cet esprit de liberté rageur qui anime Neil Perry et ses camarades au travers de percussions et de son parfois discrètement électroniques. On retiendra surtout son final, mais il faut bien avouer que l'ensemble est d'une remarquable qualité. Un vrai plaisir de l'entendre débarquer lorsqu'on met son lecteur sur mode aléatoire.

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3. 1239547764_nikita.jpg Nikita

Alors ATTENTION ! je tiens à le préciser tout de suite avant d'avoir des commentaires de moqueries et de railleries : oui, c'est vrai, les deux tiers de cette bande-originale composée par Eric Serra fait particulièrement mal aux oreilles. Ah ça, c'est sûr que ses vieux synthés dignes des années ché-brans ont super mal vieillis et que beaucoup de pistes sonnent clairement la bidouille de remplaissage. Malgré tout, je l'avoue, j'ai eu de grandes difficultés à ne pas mentioner ce Nikita ne serait-ce que pour son thème principal et toutes les pistes qui en sont le dérivé. Alors, pour ceux qui comptaient sauter ce commentaire rapidement et ne pas s'attarder sur le cas de cette B.O., je ne donnerais qu'un seul conseil. S'il n'y avait qu'une seule piste à écouter sur cet album pour se faire une idée de ce que Serra a fait, sûrement faudrait-il passer la chanson finale : The Dark Side Of Time. Personnellement, j'adore, et du coup j'excuse le reste...

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             Pour continuer de remonter le temps des bandes orginales de film...

            => Veuillez tourner la page !



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