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12 mars 2011 6 12 /03 /mars /2011 13:58

                                     EuropaCorp Distribution

 

L'année 2011 vient de commencer (Quoique… Deux mois l'air de rien !) et déjà ses premiers phénomènes se distinguent, ceux que l'on retiendra une fois l'année close. Parmi eux – difficile d'y avoir échappé ! – le dernier film de Dany Boon écrase tout sur son passage en terme de fréquentation et d'échos au sein des médias et autres bouches-à-oreilles. C'est qu'après Bienvenue chez les Ch'tis, le succès de Rien à déclarer semble confirmer que la petite comédie franchouillarde n'est pas morte, que le goût pour les traditions, les patrimoines et les régionalismes de tous genres sont toujours là ! Après avoir mis en lumière les 6-2 qui ch'timisent voilà nos amis belges qu'on met en avant, qu'on valorise… qu'on… (comment dire…) enfin qu'on met en image devrais-je plutôt dire car « valoriser » c'est un bien grand mot en fin de compte au regard de ce film. L'ami Dany a pourtant passé son enfance à Armentières, commune frontalière avec la Belgique voisine, mais visiblement il n'a jamais su (ou voulu) regarder au-delà de l'imaginaire populaire et paillard. Moi le Nordiste (d'adoption pourtant) j'avoue rester un peu coi face à la satisfaction que beaucoup de gens ont face à cette image potache dont ce film nous fait de la Belgique. Les Belges, c'est des mecs sur qui ont fait des blagues, qui boivent de la bière et qui disent « une fois » après toutes leurs phrases à la con… et bien évidement, ils font du tuning ! Alors je vous vois tout de suite venir ; vous vous dîtes : « Roh mais qu'est-ce qu'il a l'Homme-grenouille dans cet article ? Dès qu'on tourne autour de sa région il perd son humour, il n'a plus de second degré ! » - Eh bien si c'est l'idée que vous vous faîtes de ces premières lignes alors je vous arrête tout de suite. Qu'importe le fait de tourner en dérision nos chers voisins, mais qu'au moins on le fasse bien avec un esprit bien de chez eux. Quand je vois dans ce Rien à déclarer à quel point ces pauvres François Damiens et autres Jean-Luc Couchard se retrouvent totalement sous-exploités par cette espèce d'humour de nounouilles, je ne peux m'empêcher de vouloir organiser sur le champs des actions commandos pour pénétrer dans la salle de projection qui passe ce navet et d'en substituer les bobines par un vrai produit du terroir wallon, une vraie bonne blague belge d'aujourd'hui, un film qui – pour moi – traduit à la lui seul la véritable belge-attitude : j'ai nommé Dikkenek !

 

 

Benoît Poelvoorde & Dany Boon. Pathé Distribution              Jérémie Renier. EuropaCorp Distribution

                                              Pas bieeen....                                                  Bieeeeeeeen...

 

Dikkekoi ? C'est vrai que même dans le Nord, le film n'est resté qu'une seule et misérable semaine dans les salles, si bien qu'on n'a pas pris le temps de se familiariser avec ce mot de pur patois bruxellois. Et alors que l'autre Rien à déclarer va nous amputer de trois salles à l'UGC pendant huit mois, puis ensuite va nous pourrir les plages horaires du dimanche soir à la télé une année sur deux et cela pendant quarante ans, Dikkenek quant-à lui est déjà tombé dans l'oubli alors qu'il est sorti il y a de cela moins de cinq ans. Aujourd'hui, peut-être peut-on encore espérer le voir sur un écran d'ordinateur, en streaming, le tout doublé en flamand et sous-titré en japonais. Quel dommage qu'un tel bijou moisissent dans les tréfonds de l'ignorance alors que c'est un pur chef d'œoeuvre d'humour noir, jaune et rouge Made in België. D'ailleurs, au-delà du bel hommage acerbe mais tellement drôle fait à nos chers voisins d'Outre-Flandres, Dikkenek est d'autant plus injustement boudé que, toutes frontières mises à bas, ce film est un pur chef d'œoeuvre de cinéma comique, un remarquable pionnier dans un registre scabreux dans lequel il trouve toutes ses lettres de noblesse. Alors il est vrai, pour qui n'est pas très connaisseur de la vraie Belgique profonde – celle des babaches, celle des nounouilles, bref celle des « dikkeneks » - l'immersion peut être rude, austère, violente, pour ne pas dire répulsive. Même pour moi, Dikkenek a failli m'éjecter de son trip par overdose de jusqu'auboutisme. Mais par contre, pour qui a pris le temps de décanter l'affaire, on peut alors espérer tomber sous le charme de ce génie outrancier, mené avec une maîtrise admirable par le jeune prodige Olivier Van Hoofstadt, et incarné par un casting insignifiant aux yeux de la France pour l'époque mais qui aujourd'hui vaut de l'or : François Damiens, Dominique Pinon, Jean-Luc Couchard, Marion Cotillard, Mélanie Laurent, Florence Foresti ou bien encore Jérémie Rénier...… Alors que ceux qui n'ont jamais entendu parler – ou jamais VOULU entendre parler – de Dikkenek parce que le simple qualificatif de « belge » lui a fait ressasser tous les clichés et niaiseries véhiculés par le bon vieil esprit grégaire et rétrograde de l'ami Boon, le moment est venu de faire volte-face et de se risquer au K.O. Car oui : Dikkenek a pour moi le pouvoir révolutionnaire d'un Pulp fiction. C'est d'ailleurs un Pulp fiction : un Pulp fiction belge...… Et pour ceux qui l'ont vu et qui n'en serait pas convaincus, les paragraphes qui suivent sont pour vous...

 

 

Dikkenek/Pulp Fiction : l'hommage affiché.

 

 Dès l'introduction du film, tout est dit. Une explication s'impose pour pénétrer dans l'univers de ce Dikkenek, de la même manière que, quinze ans plus tôt, il fallait ouvrir son dictionnaire pour comprendre ce qu'allait être une fiction « Pulp ». Là aussi, comme pour le chef d'œoeuvre de Quentin Tarentino, le générique de début du film de Van Hoofstadt passe par la même case que son modèle en posant immédiatement sa définition. « Dikkenek [dikkenek] : traduction littérale de gros cou, du vantard, grande gueule, monsieur ou madame je sais tout. » Vingt secondes de films et déjà le lien entre Dikkenek et Pulp Fiction est affiché, la filiation est annoncée...… Dikkenek n'entend pas être un film ordinaire, avec son histoire, son héros, son schéma actantiel et tout le tralala…... Dikkenek est un film qui entend explorer un état d'esprit, une attitude : celle du bon vieux beauf à la belge…... Et pas n'importe lequel d'ailleurs, pas le beauf belge classique, mais celui qui en plus entend se la ramener, qui entend nous apprendre la vie. D'ailleurs le film s'appelle Dikkenek au singulier, non pour désigner une personne en particulier, comme par exemple le fameux JC qui nous sort déjà tout son bagout dans sa 305 turbo, Dikkenek au singulier désigne un genre, car JC ne sera pas le seul dikkenek de cette histoire : juste après voilà qu'on nous présente le grand Claudie Focan, « photographe semi-professionnel » comme il aime à se présenter, on nous présente aussi la vénale Tante Sylvie et sa charmante nièce qui a compris son petit. On pourrait aussi évoquer cette pauvre loque de  qui se prend rouste sur rouste, ou bien encore le commissaire Laurence auprès de qui il va régulièrement se plaindre. Dikkenek n'a donc pas de centre, c'est un peu un film choral un peu à l'image de Pulp Fiction qui passe alternativement du duo Vincent/Jules, à Vincent et Mia, en passant par Butch le boxer...… Le film se contente de cerner un instant, un état d'esprit plutôt qu'une réelle aventure, tous ces personnages se mélangeant par tout un jeu d'interconnections plus ou moins claires. Finalement, la vraie aventure c'est leur vie de tous les jours…

                                        EuropaCorp Distribution

Or c'est une sacrée aventure que celles de ces grandes gueules. Il suffit d'écouter le flot de conneries que débite JC à la minute pour le mettre au niveau des échanges entre l'apathique Vincent et Jules au sujet des Big Macs. Mais de la même manière que le duo Vincent/Jules n'est pas le centre de Pulp Fiction, même si on les retrouve un peu partout dans le film, le duo JC/Stéphane n'est pas le centre de Dikkenek. D'ailleurs, et c'est le deuxième grand point commun avec la forme de Pulp Fiction, Dikkenek est un film qui en plus d'être un film choral est un film qui ne nous fait pas trop savoir où il nous emmène. De la même manière qu'on se désintéresse finalement des missions des deux hommes de mains du film du grand Quentin, on ne sait jamais vraiment ce que font JC et Stéphane : ils vont au cinéma, piquent une bagnole, se retrouvent dans des soirées auxquels ils ne sont pas invités. Il est d'ailleurs bien difficile de savoir que fait chaque personne dans ce petit microcosme ni pourquoi il est là : comment Greg, le faux playboy blondinet, peut se retrouver dans la cabine téléphonique de la place Poulhard au même moment ou JC et Greg piquent la bagnole de Claudy Faucan ? Tous ces gens là se croisent, se recroisent, et finissent par se rencontrer dans cette soirée au Zoot au petit bonheur la chance. Quel est leur histoire ? Leur but ? Leur envie ? Ils n'en ont aucun, ou plutôt des buts extrêmement sommaires : kidnapper une jolie blondinette, trouver une pepette à lever pour que Stéphane puisse s'amuser, aller au ciné ou au Peep Show, ou tout simplement glander, comme Natasha semble si bien s'y entendre. D'ailleurs, que raconte ce Dikkenek en fin de compte ? Eh bien rien. Il ne s'est rien passé vraiment, les évènements se sont enchaîné de manières désordonnées et pas vraiment hiérarchisées, sans savoir quoi à vraiment de l'importance. Ainsi J.-C. sauve Natasha d'un enlèvement sans qu'on sache vraiment de quoi il l'a sauvé et tout le monde l'oublie d'ailleurs très vite, minimisant la chose. Un peu comme Quentin Tarantino tue Vincent Véga en plein milieu de son film presque à la légère, comme s'il s'agissait d'un sous-évènement. Les rapports d'importance et les valeurs semblent totalement différents dans leur univers plutôt que dans le nôtre : Daisy cautionne l'usage de GHB pour aider le gentil Claudy, comme si c'était un service (et là encore le film ne s'attarde pas dessus) ou bien encore une mère peut maltraiter son gosse, l'insulter, l'abandonner et lui laisser bouffer des chips en guise de 4h sans que personne ne s'en émeuve. Ainsi Dikkenek semble volontairement tout aplanir et mélanger chaotiquement pour ne pas distraire le spectateur par les artifices d'usage et ainsi faire en sorte qu'il soit capté par ce sur quoi le réalisateur entend s'attarder. Dans Pulp Fiction, c'était la culture pop, car finalement c'était le seul dénominateur commun qui faisait le liant entre toutes ces situations et ces personnages. Dans Dikkenek il en va de même, ce que le lien entre tous les éléments de ce marasme c'est la culture beauf.

 

 

Après la glorification de la culture pop, la glorification de la culture beauf…...

 

 Dikkenek a aussi ce côté Pulp fiction par cette volonté évidente de mettre en « valeur » une culture, ou du moins un univers culturel qu'il juge trop peu mis en lumière. Dans ce film, la culture beauf est à tous les étages, elle en est même le personnage principal. Ainsi tout l'univers de Dikkenek est-il entièrement composé ou tourné vers la beaufitude à la Belge : ainsi retrouve-t-on la fameuse fricadelle, élément bien plus emblématique du coin que la frite. Suprême honneur : le film se permet même d'avouer l'inavouable : sa composition. La fricadelle joue même le rôle de lien pour raccorder deux des premières scènes, entre les abattoirs de Claudy et la friterie où Aziz et Stef se rencontrent. Et quand ce n'est pas la fricadelle c'est la bière qui joue ce rôle : la Vedette, sûrement la pisse la plus dégueulasse de ce paradis de la bière est ici omniprésente, tout comme le bar Duvel ou bien encore les Bikis...… Et vas-y que je te rajoute là-dessus des vieux maillots Lozano de la vieille époque d'Anderlecht, des « septante-milles balles » en veux-tu en voilà, ou bien encore les niveaux au nom à la con du parking Poulhaert (seul parking au monde, je précise, où l'on peut garer sa voiture au niveau « carotte »). Ajoutons à cela la présence de tout ce symbole de la culture belge du beauf : le pilier de bar. C'est dingue, mais Van Hoofstadt a poussé le vice du détail jusqu'à aller chercher un vrai pilier de bar, pour le planter dans tous ses décors de bistrots. Ainsi, le bon vieux Yves a-t-il suivi l'équipe du film juste pour s'enfiler des bières et rester pinté pendant des semaines durant (et aux vues des bonus du DVD, il a pris son rôle très à coeœur...…).

 

EuropaCorp Distribution   François Damiens. EuropaCorp Distribution   EuropaCorp Distribution

 

D'ailleurs, au-delà que dans la simple accumulation de détails, la beaufitude est aussi l'élément moteur de chacun des personnages. J'écrivais plus haut que Dikkenek suivait Pulp Fiction dans sa façon de minimiser son intérêt pour ce que font ses personnages, ne faisant jamais vraiment savoir qui fait quoi ni pourquoi il est là. Mais malgré tout, il pourrait quand même y avoir un élément structurant à toutes ces actions : c'est justement cette beaufitude. Claudy shoote des modèles car c'est un minable pervers, Natasha se fait photographier parce que c'est une branleuse ; JC traine partout avec Stef et Aziz parce qu'il n'y a qu'avec eux qu'il croit avoir de l'épaisseur, le commissaire Laurence fait ses procès verbaux et ses contravention parce que c'est une revêche qui a besoin de déverser son fiel sur les gens…... Bref, la beaufitude est vraiment mise à l'honneur dans ce film comme rarement elle l'a jamais été. S'il y en a d'ailleurs qui cherchaient qui était le personnage principal de ce film, le héros, eh bien ce serait finalement cette beauf-culture. Mais bon, malgré tout, c'est vrai que parler de glorification de la beauf-culture peut sembler exagéré. Si on le compare d'ailleurs à son modèle, Pulp Fiction, on pourrait remarquer qu'il y a quand même ce charme de la culture populaire, ce regard attendri que n'a pas forcément Dikkenek à l'égard de la culture beauf. C'est vrai que le regard ici porté est cinglant, voire même cruel sur certains aspects. Pourtant, quand on regarde de plus près, on constatera que le film se veut beaucoup plus nuancé qu'il n'y paraît sur sa façon de présenter la culture beauf et qu'à bien tout prendre, la tendresse pour le beauf est ici elle aussi présente.

 

 

Le beauf n'est pas toujours celui qu'on croit…...

 

 C'est vrai, il faut l'avouer, mais Van Hoofstadt n'y va pas de main morte avec ses dikkeneks. Difficile d'y voir là un portrait reluisant : photographes violeurs, mères démissionnaires, policières xénophobes (et s'il n'y avait qu'elles) ; difficile de dire qu'à l'image du grand Quentin on présente ici la beaufitude comme méritant malgré tout le respect en tant que culture en soi. Mais finalement le film opère une différentiation intéressante dans ses personnages, qui fait que tout ce microcosme a quand même quelque chose de charmant et d'attendrissant. En effet, si le film s'attarde essentiellement sur les dikkeneks, c'est-à-dire les grandes gueules qui ont justement comme talent de se mettre en vedette même s'ils n'ont rien à dire, il y a aussi les autres. Or, les autres, dans ce film, c'est finalement le couple Stef/Nadine. De toute cette galerie de branquignoles, Stef et Nadine sont les seuls à ne pas se la jouer, à ne pas faire croire qu'ils en savent plus qu'il en est. Certes, Nadine joue un peu sa dikkenek quand elle est dans sa posture d'institutrice, mais dans la vie de tous les jours elle est tout ce qu'il y a de plus normal : elle ne la ramène jamais, elle fait sa timide, elle n'ose pas trop se lâcher dans les plans culs que lui propose sa copine Natasha. Pour Stef c'est encore plus clair : il n'est jamais affirmé, il suit JC dans tout ce qu'il fait et tout ce qu'il dit, il n'est que son faire-valoir en fin de compte. Or, de tous les personnages présentés, les seuls qui finissent le film mieux qu'ils ne l'ont commencé sont justement Stef et Nadine, puisqu'au final ils trouvent enfin l'âme sœur (d'ailleurs en se mettant ensemble). C'est eux qui la ramènent le moins, et c'est finalement eux qui chopent au final et qui finissent d'ailleurs heureux. JC a beau raconter ce qu'il veut, mais il finit le film sans Natasha ; Natasha elle aussi reste aussi paumée qu'au début ; Greg le blondinet continue de se prendre des pains par tout le monde tandis que Claudy reste toujours aussi désespéré dans sa quête de « modèles »...… Mais le plus beau dans tout ça, c'est que si Nadine et Stef finissent ensemble, c'est grâce à toutes les gesticulations stériles de la troupe de dikkeneks présentés dans ce film…...

EuropaCorp Distribution EuropaCorp Distribution EuropaCorp Distribution

 

Ainsi, finalement, le regard porté sur les dikkeneks est assez gentil et presque attendrissant : ils sont bêtes mais pas méchants. JC continue à gesticuler et à épater la galerie sur le simple fait de tuer un lapin, de même Claudy continue d'écumer les parkings et les bars sans qu'aucune jeune damoiselle ne se rapproche de lui « pour son odeur et non pour son pognon ». Au final ils ne font de mal à personne, ils sont juste un peu con, pas très ouvert d'esprit,  et malheureux en parole...… Mais surtout, ils ne sont qu'un aspect de la beaufosphère, celle des buveurs de Vedette et autres bouffeurs de fricadelles, car parmi les vrais beaufs il y a aussi ceux qui écoutent du Ghinzhu, ceux qui laissent deux nanas se rouler un patin dans un bar sans que personne ne s'en offusque, ceux qui se permettent des parties de jambes en l'air dans les près sans se prendre la tête. Finalement, une fois qu'on fait abstraction de ces dikkeneks qui gesticulent pour se faire voir, la vie du beauf à son côté charmant, sans prise de tête. Finalement, Stef et Nadine ont cet aspect frais, celui des gens qui ne prennent personne de haut, qui cohabitent avec tout le monde, et qui assument leurs particularités sans avoir à en rougir. Si ça ce n'est pas une déclaration d'amour à la culture beauf made in Belgium...

 

 

Conclusion : Vive le dikkenek libre !

 

Alors c'est sûr – et je comprends – il en faut du courage pour se manger de pleine face ce pur concentré de comédie cynique en provenance de nos chers voisins septentrionaux ! Mais bon, qu'il est tellement agréable de jouir à nouveau du plaisir de la découverte : celle d'un nouvel univers culturel, nouvellement mis en valeur, le tout au travers d'une comédie aussi acerbe qu'elle est osée dans sa forme et dans son ton. Alors, bien évidemment, je conçois qu'il est tellement plus facile de se retrouver dans ce qu'on connaît déjà, c'est-à-dire ces bons vieux clichés sur les Belges sortis de nulle part, et cet humour bêta digne de l'époque de Jean Lefebvre ! Dany Boon en a fait son fond de commerce : pourquoi pas…... Mais personnellement, j'avoue que je peux m'empêcher d'avoir en travers de la gorge le fait qu'on surfe aussi facilement sur la caricature facile et dépassée et qui, bien qu'elle se cache derrière un vieux discours moralisateur sur un combat déjà gagné d'avance, continue malgré tout de cultiver une sorte de culture de l'ignorance. Moi je dis, quitte à se foutre de la gueule des Belges, faisons le bien, tel que les certains Belges savent le faire, notamment ce jeune Von Hoofstadt ! L'humour est peut-être bien plus difficilement accessible, mais au moins il est riche, réfléchi et novateur. Alors peut-être que Dikkenek, à l'inverse de son mentor Pulp Fiction, n'a pas connu la gloire de l'engouement populaire et de la Palme d'or, mais j'avoue qu'au fond de moi, je reste persuadé que ce film en à la même trempe. Sûrement saura-t-il laisser une petite trace, mais une trace durable, dans l'histoire de la comédie mondiale. Alors je vous en prie, si vous avez l'âme d'un aventurier, dès maintenant, devenez un pionnier : voyez Dikkenek parce qu'au fond, comme le dirait si bien Claudy Faucan : « au-dessus de lui il y a personne, en-dessous de lui il y a personne...… »

 

EuropaCorp Distribution    EuropaCorp Distribution    Marion Cotillard. EuropaCorp Distribution

 



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commentaires

L'homme-grenouille 02/10/2011 13:08


Eh bah ! Les multiples strates de la société se seraient donc laissées contaminer par le subtil goût de la Vedette ? Je ne manquerais pas de vérifier ça aussi de mon côté, ce film est tellement
atypique, il en deviendrait presque un révélateur de personne à forte ouverture d'esprit...

Merci de ton commentaire.
A bientôt sur ce blog...


Rupo 24/09/2011 16:35


Aaaaaaaah Dikkenek! Quel bonheur ce film.
Effectivement la première vision est déstabilisante. D'ailleurs je m'étais laissé feinté et pensait que JC était le personnage principal...
Mais ne t'inquiète pas mon cher Startouffe, ce film est culte et tu serais étonné du nombre de personnes qui le connaissent. J'en suis moi même étonné. Régulièrement je lance des répliques de ce
film dans des environnements divers et variés et je suis surpris d'y trouver écho.
Bon il faut que j'y aille, je ne sais pas pourquoi mais une envie pressante me pousse à regarder ce film encore une fois.


Startouffe 12/07/2011 14:11

Ah ! Un connaisseur !Eh bien ça fait plaisir de voir qu'il y a quelques délurés pour apprécier ce film film à sa juste valeur ! J'ai en effet vu récemment que sur Allociné ce film n'était pas trop en odeur de sainteté.

Je m'en suis rendu compte lorsque je suis tombé sur l'émission d'Allo qui s'appelle "Ma scène préférée" où un truc du genre. Y'avait un acteur qui avait cité la scène du cinéma entre Jean-Luc Couchard et Jérémie Rénier comme étant sa scène culte? PAF ! Ni une deux, il s'est fait cisaillé dans les commentaires en disant qu'il faisait descendre le niveau, que "Dikkenek" c'était du bas de gamme, etc... Je pense effectivement que c'est un film difficilement accessible, mais que, pour qui prend le temps de s'ouvrir à la démarche de cet OVNI, on ne peut que se rendre compte de sa puissance humoristique.

merci en tout cas de ton petit commentaire, et à bientôt sur ce blog ou sur le tien !

Ben 12/07/2011 10:46

Bien trouvé le rapprochement avec Pulp fiction, c'est un peu ça en effet, avec toute la saveur des films de nos amis belges !

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