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12 août 2014 2 12 /08 /août /2014 13:00

http://fr.web.img6.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/14/05/23/17/03/300170.jpgAaaaah l’été ! Son soleil, ses chaleurs, ses orages, ses jolies pépées qui se baladent dans la rue à moitié nues (merci les filles : qu’est-ce que je reprends foi en l’humanité en vous voyant) et surtout… ses blockbusters ! Ah ça ! C’est devenu le marronnier des distributeurs. C’est bien connu : l’été les gens se détendent et, s’ils vont au cinéma, c’est pour ne pas « se prendre la tête ». Et pourtant ! Bah oui, cette saison estivale 2014 des blockbusters mérite un « et pourtant » parce qu’elle a su commencer avec un film qui sortait un peu du lot – un qui savait apporter son originalité – j’ai nommé Edge of Tomorrow ! Alorscertes, c’est vrai, depuis j’ai eu le malheur de voir Transformers 4 : l’âge de l’extinction et là, ma foi en l’humanité pour cette saison estivale 2014 en a repris un coup. Mais bon, comme je voulais rester attaché à l’idée que cette année fut celle qui m’avait redonné quelques espoirs dans les grosses machines hollywoodiennes, j’ai voulu rester sur mon souvenir de cet Edge of Tomorrow. D’ailleurs, pour un peu reprendre foi en l’humanité, j’ai décidé avant de partir en vacances de retourner le voir dans les salles (il faut dire que je n’avais pas le choix, cette semaine là il pleuvait, donc adieu les jolies filles à moitié nues) et là ce fut la surprise. Moi qui avais tant apprécié ce film la première fois, il était retombé comme un soufflet la seconde ! A dire vrai, la surprise n’en était qu’une moitié d’une. Pour être pleinement honnête, après l’enthousiasme de sa première vision, j’avais senti, en y repensant quelques jours ou semaines plus tard, que quelque-chose clochait. Je ne parvenais plus à en parler avec enthousiasme ; j’étais moins convaincu. Je pensais qu’en le revoyant j’aurais ma petite claque au cul ; mon retour au beau fixe… Il n’en fut rien. Visiblement, bien que supérieur à la plupart des productions à gros moyens que nous produit hollywood, Edge of Tomorrow est un film qui ne supporte pas demain…

 

 

…Mais où serait le mal ?

 

http://fr.web.img1.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/94/71/38/20350388.jpgAlors j’en vois déjà venir plus d’un : mais quel intérêt aurait-on à ce que je vous dissèque ce film sous le prisme du « ah bah finalement c’était pas si bien et je vais vous expliquer pourquoi » ? C’est vrai ça, après tout ! De quoi je me plains ? Pour une rare fois où je tombe sur un blockbuster qui me divertit vraiment, qui ne m’ennuie pas, qui m’amuse, il faut que j’aille le revoir jusqu’à ce que finalement je lui trouve des défauts ! Attend-on d’un blockbuster qu’il puisse être vu et revu à l’infini avec le même plaisir ? Déjà, j’en connais une bonne flopée, notamment parmi mes connaissances personnelles, qui vous diront que revoir un film qui nous a vraiment plu, c’est MAL. Parce qu’en effet, selon leurs points de vue, revoir un film qui nous a bien botté en espérant qu’il nous fasse le même effet que la première fois, c’est comme vouloir revivre un moment magique de notre vie en espérant la même intensité d’émotion : c’est impossible. Un premier baiser, une victoire inattendue, une rencontre surprise… Ça ne se vit qu’une fois ! Alors après on peut repenser au fameux bisou ; on peut toujours revoir une vieille VHS de ce moment heureux qu’on a immortalisé, mais dans ce cas là on est dans un autre mode : la nostalgie. On se détend en repensant à un bon moment et, avec un peu de chance, on aura un souvenir fugace de l’émotion que l’on avait ressenti à ce moment là… Mais pour que la nostalgie marche, encore faut-il que de l’eau ait coulé sous les ponts ! Encore faut-il que la période soit révolue ! Plus encore, encore faut-il que le cerveau ait quelque peu oublié pour ressentir le plaisir du ravivement ! Comment espérer que Edge of Tomorrow me remette la même claque seulement quelques semaines après l’avoir vu ? Forcément que j’allais moins me laisser prendre par la curiosité ! Forcément que j’allais moins me laisser emporter par cette force du « mais comment tout cela va-t-il finir ? »…Et surtout, forcément que j’allais m’ennuyer davantage. Edge of Tomorrow est un simple grand spectacle. S’il a rempli sa mission à la première vision, qu’on l’en félicite pour cela et qu’on lui laisse le temps de nous émerveiller une fois qu’il se sera quelque peu effacé de nos mémoires, soit à la sortie du DVD/Blu-ray pour les plus poissons-rouges d’entre nous ; soit dans quelques années lorsqu’on le surprendra sans nous y attendre un soir sur la TNT…

 

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/14/05/23/17/06/025188.jpgCertes, en fait j’ai peut-être merdé. Moi qui condamne certains  pour aller voir Transformers et de sortir en lui reprochant de ne pas questionner l’existence des quadras new-yorkais, peut-être ai-je adopté un comportement avec ce film qui le lui était pas adapté. Un blockbuster n’est pas un film qui se revoit immédiatement… Mais alors… Comment expliquer que je suis allé voir Spider-man premier du nom deux fois de suite en seulement deux semaines et que j’ai encore plus apprécié la seconde fois ? Comment expliquer que le même processus s’est produit également pour Batman Begins alors que seulement deux jours séparaient ces deux visionnages ? Comment expliquer que j’ai du voir Matrix une bonne vingtaine de fois, parfois avec des intervalles réduits, et qu’à chaque fois, c’était toujours autant le pied ? Alors certes, peut-être que je compare là un très bon film, Edge of Tomorrow, avec les Rolls du genre : les exceptions qui confirment la règle. Peut-être bien… Ou peut-être pas. Je pense qu’au contraire les sentiments que l’on a pendant le film, à la sortie du film et plusieurs jours après avoir vu le film ont autant d’importance les uns par rapport aux autres pour juger de notre rapport à celui-ci. Quand un pote ou un collègue vient nous voir pour nous demander notre point de vue sur un film, il me semble que toutes ces dimensions là doivent être prises en compte pour exposer véritablement la réalité de notre ressenti. Lui conseiller un Edge of Tomorrow comme on lui conseillerait un Matrix, ce serait finalement mal lui traduire notre pensée… Et finalement on y gagnerait à savoir repérer cette distinction car il me semble effectivement qu’on a à faire à des films qu’ont clairement pas là même trempe et – j’ose le dire – n’expriment clairement pas la même rigueur de travail…

 

http://fr.web.img6.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/14/05/23/17/04/043582.jpg« Oulala l’ami grenouille ! On t’a surpris en flagrant délit ! Ne te défile pas ! » Oui c’est vrai, je viens de le dire. Je pense sincèrement que si Edge of Tomorrow est davantage retombé comme un soufflé, et cela avant même que je ne le revois, c’est à mon sens parce qu’il est nettement moins travaillé qu’un film pleinement rigoureux comme Batman Begins ou Matrix. Alors certes, en disant cela, on pourrait avoir l’impression que je me contredis par rapport au moment où j’affirmais que je m’efforçais d’exprimer un ressenti personnel plutôt qu’une prétendue vérité universelle, pourtant quand on prend la peine d’y réfléchir, il n’en est rien. Je ne dis pas que tout le monde est obligé de connaître la débandade. Si ça se trouve, beaucoup ont revu deux fois Edge of Tomorrow et ont adoré les deux fois ! Si ça se trouve beaucoup préfèrent Edge of Tomorrow à Matrix ! Et je ne vois aucun mal à ça. Seulement je pense qu’à partir du moment où on s’est rendu compte qu’on aimait le cinéma – et qu’importe la manière dont on l’aime – la question du « où trouver le plaisir ? » est une question qui se pose à tous. Or, si justement j’ai fini par me décider de vous faire partager mon expérience vis-à-vis d’Edge of Tomorrow, c’est parce qu’à mon sens, elle nous en dit long sur l’importance de certains éléments d’un film que l’on néglige trop souvent…

 

 

Pourquoi ce film m’a semblé très chouette… mais finalement pas tant que ça.

 

http://fr.web.img5.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/13/12/19/12/21/568693.jpgL’avantage quand on a pris l’habitude d’écrire des critiques sur les films que l’on vient de voir, c’est que cet exercice nous oblige à mettre des mots sur des sensations, mais surtout à chercher les éléments qui ont généré ces sensations. Quand il m’a fallu écrire ma critique d’Edge of Tomorrow à la sortie de ma première vision, j’avais écris ceci : « Et c’est encore à la Warner que revient le mérite de nous sortir des blockbusters qui sortent un peu de la norme, et c’est tant mieux ! Moi le blasé de ces spectacles numérisés à outrance, bruyants comme pas possible et stéréotypés jusqu’à la moindre ligne de dialogue, voilà que je me réjouis de trouver là un peu de neuf et d’originalité dans ce monde qui semble pourtant désormais interdit à la moindre imagination. J’ai loupé les cinq premières minutes, et finalement ce n’était pas plus mal. Je ne savais pas contre quoi Tom Cruise devait se battre, mais je le voyais là, assis en uniforme devant Brendan Gleeson, cherchant à se défiler face à une grande opération de débarquement sur les plages de France. Je ne savais pas quoi il était question, mais déjà la réalisation sobre de Doug Liman, le personnage couard de Tom Cruise et ce croisement inattendu entre conflits du passé et guerre futuriste titillait déjà ma curiosité. Or, franchement, moi j’ai trouvé que ça avait de la gueule. C’est un peu un patchwork de plein de trucs connus, comme « Starship Troopers » et « il faut sauver le soldat Ryan », mais l’un dans l’autres, ce mélange détonnant m’a fait sourire surtout que, au départ, Liman est très propre dans sa réalisation et ne succombe pas à la mode du bougisme et du pompiérisme. Et voilà qu’à ça, le film nous rajoute une intrigue à la « Source Code / Un jour sans fin » ! Non mais arrêtez messieurs d’Hollywood ! Ce serait presque nous traiter avec trop d’égards ! […] » Le pire, c’est qu’à me relire, encore aujourd’hui, je n’ai envie de changer aucune de ces lignes. Alors où est le problème ?

 

http://fr.web.img1.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/14/05/23/17/07/081500.jpgFinalement, mon décalage de ressenti entre la première et la seconde vision, j’en retrouve déjà les éléments d’explication dans la seconde partie de ce que j’avais alors écrit : « Quel plaisir de se faire raconter une histoire dont on ne sait pas trop où elle va mener ni comment elle va vraiment se dérouler. C’est riche, c’est dynamique, et ça se permet même d’être drôle. Personnellement, j’ai davantage pris mon plaisir pour la dimension « thriller / puzzle » de l’intrigue que pour la dimension épique de l’Histoire. D’ailleurs – et c’est bien la grosse limite que je lui trouve – c’est qu’arrivé dans le dernier tiers, cet « Edge of Tomorrow » abandonne progressivement ses tours de passe-passe au profit d’un bon gros final bien banal. A croire qu’il y avait des quotas à respecter : on retourne alors vers une conclusion beaucoup plus standard et bas du casque avec en gros, des gros monstres contre des gentils humains et surtout – pire encore – à une réalisation beaucoup plus pif-paf-pouf-çabougeetçafaitdubruit. Bon, bref, mise à part ce final pas top et les quelques incohérences inhérentes à 90% de ces intrigues, je trouve que pour cette fois-ci, ça valait quand même bien la peine de se déplacer pour un blockbuster. Pour une fois, je ne me suis pas senti considéré comme une buse incapable de réfléchir, si bien que j’ai pu prendre davantage plaisir au défouloir et à l’imagination visuelle qui m’a été proposée... Et franchement, ça fait du bien. » Là par contre, quand je me relis après mon second visionnage, j’avoue que j’aurais vite tendance à ne plus du tout doser mon propos de la même manière. Après avoir revu le film, forcément je ne peux plus parler d’histoire « dont on ne sait trop où elle va » ; j’ai un véritable gros problème avec le final, mais surtout – pire que tout – ces fameux 90% d’incohérences que j’avais l’air de considérer comme anecdotiques, eh bien je ne les trouve plus du tout si anecdotiques que cela. Au contraire, je trouve que c’est là toute la limite du film. Etait-ce si difficile que cela de gommer ces incohérences ? Ces faiblesses de scénario ? Je pense qu’il suffit de les lister pour se rendre compte que oui, on pouvait les faire disparaître. Alors, on n’aurait plus du tout eu le même film. Or, je ne suis pas sûr que ceux qui l’aiment déjà l’auraient moins aimés. Par contre, je pense que pas mal de déçus auraient pu aimer ce film davantage.

 

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/14/05/23/17/03/589359.jpgEdge of Tomorrow, en gros (attention spoilers !), c’est l’histoire de l’invasion de la Terre par une grosse méduse et des pieuvres géantes extra-terrestres. Elles sont nombreuses, mais surtout elles sont quasiment invulnérables. Non pas qu’elles soient ultra-résistantes, mais elles savent voyager dans le temps pour apprendre de leurs erreurs et pour anticiper les mouvements ennemis. Manque de pot, le hasard fait que notre cher Tom Cruise va se faire accidentellement inoculer ce pouvoir de voyage dans le temps si bien que, à chaque mort, il a une nouvelle chance pour optimiser sa journée et essayer de battre l’ennemi. C’est une sorte de scénarisation filmique d’un jeu-vidéo. Au départ on est un boulet, à la fin on sait traverser Omaha sans se prendre une seule balle alors que, bon, dans l’histoire, c’est toujours sensé n’être que notre première expérience de combat. D’ailleurs – je ne retire rien à ce que j’ai pu dire – moi ce que j’adore dans ce film, et que j’ai retrouvé lors du second visionnage, c’est de voir comment ce pleutre de Tom Cruise se construit en fonction de cette étrange expérience. Il sait qu’il peut tenter, qu’il peut reproduire, qu’il a le droit à une seconde chance. L’absence de peur le rend audacieux. L’audace le rend plus doué. Le don le rend plus responsable. Là-dessus rien à redire. Mais pour être honnête, quel dommage que pour obtenir cela, il ait fallu que le dispositif mis en place ait si souvent des ratés dans sa logique. Pourquoi Tom Cruise s’évertue-t-il à aller toujours par le même chemin en Suisse, alors qu’il sait que dans sa baraque de viticulteur, sa copine va crever ? Pourquoi ne pense-t-il pas à siphonner un réservoir sur l’autoroute alors qu’il sait pertinemment, au bout de la huitième fois, qu’ils vont tomber en rade d’essence ? Pourquoi craint-il de buter une pieuvre bleue alors qu’il l’a déjà fait en début de film pour choper son pouvoir ? Pourquoi, quand il a perdu son pouvoir, ne rebute-t-il pas une nouvelle pieuvre bleue pour l’acquérir à nouveau ? Pourquoi ne laisse-t-il pas un courrier tous les matins avant de partir à l’aventure dans lequel il dit : « si je venais à perdre mon pouvoir et mourir connement, sachez que je savais voyager dans le temps grâce au sang des pieuvres bleues. Je ne vous l’avais pas dit de peur de me faire charcuter, mais bon, maintenant que je suis mort ça n’a plus d’importance ». Et surtout, pourquoi quand Tom Cruise meure, il réussit à retrouver son pouvoir en baignant dans le sang du Metroid Prime (qui, donc visiblement perd son pouvoir quand Tom l’a, mais le retrouve quand Tom le perd… MmmmmmOK…) et que grâce à ça, il peut remonter le temps… jusqu’au lendemain ?! Bah oui ! C’est forcément le lendemain puisqu’on annonce que le Metroid a été buté ! Mais dans ces cas-là, que fout-il dans l’hélico comme si c’était la veille ? Et Emily Blunt est encore vivante ? Mais elle était pas sensée s’être fait charcutée sur la plage elle, vu qu’à la fin, Tom Cruise décide de ne plus la déranger ? (oui, à un moment Tom Cruise se dit que le mieux reste encore de ne plus déranger sa bien aimée pour éviter qu’elle ne meure sur la route de la Suisse. Bon, vraisemblablement, il avait oublié ce détail que, sans ça, elle mourrait sur le champ de bataille, mais bon, un détail dira-t-on). Donc on est où là ? Le passé ? Le futur ? Une version alternative du passé parce que le-Metroid-quand-il-meure-il-génère-ça ? Cette fin n’a ni queue ni tête ! Alors beaucoup répondront peut-être « Orf ! Moi ça ne m’a pas choqué. Je n’y ai pas forcément fait attention. Ça ne m’a pas empêché de prendre plaisir au film. » Sûrement est-ce vrai, et tant mieux ! Mais après, moi, la question que je pose, c’est la suivante : « Auriez-vous moins aimé si le scénariste avait fait l’effort de bosser tout ça ? »

 

 

Christopher McQuarrie, l’homme qui n’a pas suffisamment bossé son « prestige »…

 

http://fr.web.img5.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/95/48/70/20408936.jpgVoilà pour moi la nuance qu’apporte le second visionnage et, mieux encore, le second visionnage immédiat. Il nous en dit davantage sur l’œuvre. Il nous révèle si le film sera capable de nous poursuivre comme un Matrix ou non… Parce que pour moi, ce second visionnage, c’est celui qui m’a permis de prendre conscience ce qui faisait la différence entre un film que je trouve sympa et un film que j’adore véritablement. Edge of Tomorrow, c’est en fait un film sympa. Il y a quelques bonnes idées, un univers original, un postulat atypique… C’est déjà bien. C’est cool… Seulement voilà, quand je veux me replonger dans cet univers, quand je veux explorer davantage la mécanique intellectuelle qu’il met en place, le film ne parvient plus à m’alimenter. Parce qu’il ne dure que seulement deux heures me diriez-vous ? Non ! Parce que ce film est pétri d’incohérences. Alors certes, quand on le regarde la première fois, on découvre cet univers, on prend du plaisir à se familiariser avec cette logique nouvelle, donc il est assez facile de laisser de côté, de ne pas se faire déranger par tout ça. On regarde le film dans les grandes lignes et on trouve ça sympa. Seulement voilà, le film n’offre pas la possibilité d’aller au-delà de ça. Or, ce n’est pas une impossibilité liée à sa nature de blockbuster – dans ce cas là je ne lui en voudrais pas – c’est une impossibilité lié à son manque de travail et de rigueur d’écriture. Vous allez me répondre que je suis du genre à exiger la perfection pour chaque film, qu’il faut savoir être raisonnable. Eh bah justement ! Je demande aux gens d’être raisonnables et de bien réfléchir. Ce film a coûté la bagatelle de 180 millions de dollars ! Dans ce gros paquet, il y en a sûrement un ou deux qui sont allés dans la poche du scénariste Christopher McQuarrie (photo ci-à droite). Ce mec a écrit le script de Usual Suspects ! Ce mec est capable de faire des scripts riches et irréprochables ! Est-ce si déraisonnable que cela de penser qu’en donnant quelques MILLIONS de dollars à ce mec là, il prenne le temps de reprendre la lecture de son script jusqu’à ce qu’il ait pensé à tout ? Pour moi, la posture raisonnable, c’est de répondre « oui »…

 

http://fr.web.img4.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/14/05/23/17/07/072125.jpgLe pire, c’est que lorsque je repense à Edge of Tomorrow, et notamment à sa fin, je repense à ce film de Christopher Nolan, le Prestige. Comme les plus fidèles de ce blog le savent sûrement, ce film occupe une place vraiment particulière dans mon esprit, et plus le temps passe, plus l’estime que je lui porte grandit. Ce film, si je l’aime, c’est qu’il est à mon sens une leçon de cinéma, mais au sens littéral du terme. Tout le film parle de magiciens, d’illusionnistes, il nous explique que la qualité d’un tour repose sur la capacité qu’a un magicien de respecter des phases précises pour illusionner son spectateur. Il doit d’abord établir une promesse, durant laquelle il démontre à son spectateur les éléments de crédibilité sur lequel va reposer le tour, puis vient le tour, moment où, malgré ce postulat de crédibilité, il parvient à le faire voler en éclat. Il bouleverse l’esprit logique du spectateur. Il le fait se questionner. Mais le tour n’est réussi que s’il se conclut par un prestige, une opération qui consiste à rétablir la logique, à faire réapparaitre ce qui avait disparu, pour que le spectateur soit véritablement émerveillé par le fait d’avoir été berné. Là où le Prestige – le film de Nolan – m’inspire grandement quand je pense à cet Edge of Tomorrow, c’est que McQuarrie n’a pas bossé son prestige à lui. Finalement, je n’ai pas grand-chose à redire sur sa « promesse ». Les bases sont posées de manière assez étalées dans le temps, mais je m’y retrouve encore. En gros, cela se résumait à : des méduses extra-terrestres qui voyagent dans le temps ; un pouvoir qui se perd dès qu’on saigne sur quelqu’un d’autre ; un retour du pouvoir à l’envoyeur dès que le porteur mélange son sang avec du sang normal… Soit. Why not. Pour ce qui est du « tour », ça commence déjà à sentir un peu le pâté, mais bon, l’intention était louable. Certes, il joue des échelles de temps. La narration jongle entre des moments qui sont des premières fois et d’autres moments qui sont en fait des énièmes fois. L’effet d’ellipse est malin car il permet d’accélérer le récit et de ne pas lasser le spectateur d’un principe qu’il commence déjà à maîtriser. Le problème, c’est que déjà, quelques incohérences se glissent ça et là, mais ce n’était pas encore le plus grave. Finalement, tout le problème du film repose sur son prestige. Ce film n’a tout simplement pas de fin. Alors si, il en a une : il y a ce fameux retour conclusif dans ce passé-futur où tout va bien et où le héros confirme son statut de héros, ce qui lui permet de choper la minette du film. Certes. C’est une fin. Mais, si on y réfléchit bien, cette fin n’a aucun lien avec le tour et la promesse ! Et ça, je trouve franchement que c’est un vrai problème dans ce film.

 

http://fr.web.img2.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/13/12/16/15/46/152904.jpgParce qu’après tout, la question qu’on pourrait se poser en regardant la fin de ce film c’est : mais que me dit-elle de cette aventure ? Qu’est-ce que je retire comme sensation de cette étrange plongée dans cette guerre qui recommence sans cesse ? Qu’est-ce que ces répétitions infinies ont comme conséquence sur le héros, sur la situation, sur la guerre ? En gros, on en tire juste l’idée de « bon bah les humains ont gagné et c’est cool ». Ce film a pioché la fin de n’importe quel autre blockbuster. Au fond il finit comme Godzilla, Independence Day ou Avengers : « bon bah les humains ont gagné et c’est cool »… Alors que si on prend le temps de regarder les films dont cet Edge of Tomorrow a pu s’inspirer, aucun ne finit comme ça ! Dans Starship Troopers, à la fin les humains ont gagné… Mais c’est pas cool du tout ! la guerre a dressé des benêts comme Casper Van Dien en héros, des nazis comme Barney Stinson en modèle, tout ça pour qu’au final n’en ressorte aucune finalité réelle. Cette guerre n’avait pas de sens, et le déroulement du film est ce qui permet de conclure vers ça. Si on s’intéresse par contre à l’aspect Un jour sans fin de cet Edge of Tomorrow – cette histoire du héros qui revit sans cesse la même journée – là encore l’original aboutit à une conclusion qui donne un sens à ce processus narratif particulier. Au départ Bill Murray est un connard qui ne supporte pas sa coéquipière et qui trouve que le jour de la marmotte c’est un truc pour gros cons de provinces. Mais le film l’amène à reconsidérer sa coéquipière ; reconsidérer ce jour de la marmotte ; reconsidérer ce village de province et surtout à se reconsidérer lui-même. Et nous, spectateur, on a été invité à ça. Qui ne s’est pas interrogé sur lui-même après Un jour sans fin, malgré le fait que pourtant ce film soit innocent ? Maintenant même question pour Edge of Tomorrow… Que m’a révélé le parcours de Tom Cruise ? OK, au départ c’est un couard et je me reconnais parfaitement dans ça. Et OK aussi, le voir prendre du recul une fois qu’il n’a plus peur de la mort, c’est aussi vachement intéressant. Mais… et pour finir ? Qu’en retire-t-on de cette expérience ? En quoi la conclusion du film est une réponse adaptée au postulat du début ? A partir de quoi puis-je sentir que cette histoire de voyage dans le temps a apporté quelque-chose de particulier à ma façon de percevoir ce héros ou ce conflit ? La réalité c’est qu’il n’y aucun lien ! Juste un banal retour au début mécanique mais qui n’apporte rien au schmilblick ! Je disais dans ma critique le plaisir de ne pas voir où l’histoire comptait aller. Mais en fait c’était une illusion, et c’est bien tout ce que je reproche à McQuarrie. La promesse du début nous laisse suggérer que le film va nous raconter une histoire différente. Son tour laisse planer l’illusion. Mais le film n’a pas le prestige d’aller jusqu’au bout de sa démarche. Alors certes, Edge of Tomorrow a eu le mérite de faire un effort pour la première étape et d’essayer de tenir un peu la cadence sur la seconde, alors que tous les autres blockbusters n’en font aucun. C’est toujours un mieux, c’est vrai. Mais n’est-il pas rageant de ne pas aller jusqu’au bout de l’effort, surtout quand on s’appelle Christopher McQuarrie ?

 

 

Conclusion : comme quoi tout est relatif…

 

http://fr.web.img6.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/214/21021459_20130720224509024.jpgAprès avoir dit tout ça, la question que je me pose en conclusion est finalement la suivante : si on me demande aujourd’hui ce que je pense de cet Edge of Tomorrow, qu’est-ce que je réponds ? Le plus simple serait bien évidement de redire ce que je viens de dire ici. Ce serait long, mais ce serait circonstancié. Mais s’il me fallait être synthétique ? S’il me fallait résumer la chose au travers d’une note, comme c’est le cas sur Allociné : où placer le curseur ? Au sortir du film j’avais mis 4/5. Aujourd’hui, je mettrais davantage 3/5. Mais dois-je prendre en compte ma nouvelle note en sachant que la plupart des gens ne verront ce film qu’une fois et qu’ils se prendront moins le chou que moi ? Faut-il donc que, par souci du conseil le plus avisé, je laisse une note qui soit conforme au plaisir que j’ai ressenti la première fois ? Ou bien au contraire, faut-il que je me montre rigoriste et que je puisse relire ma critique et ma note sans me dire que cela n’est pas fidèle à la réalité de mes sentiments actuels ? Pour moi, la question que me pose cet Edge of Tomorrow n’est pas vraiment là. La vraie question est plutôt de savoir à quoi je me fie quand je parle d’un film et de mon point de vue sur lui et, surtout, à partir de quoi ce point de vue se forge.

 

http://fr.web.img1.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/14/05/23/17/04/063899.jpgJe me suis rendu compte avec le recul que mon point de vue sur Edge of Tomorrow a aussi évolué parce que, en fonction de la première ou de la seconde vision, je ne l’ai pas vu selon le même référentiel, et c’est là pour moi tout un élément à prendre en compte quand on se questionne au cinéma. La première fois où je suis allé voir ce film, je me suis mis dans la posture du gars qui vient dans la salle pour découvrir des films. Cette posture évolue selon les périodes. Il est évident que si je ressors de pures bombes, j’arrive au cinéma avec une véritable joie et j’espère du prochain film qu’il saura me rassasier autant que les précédents. Quand par contre je ressors d’autres blockbusters miteux, inconsciemment je me pose sans trop y croire, je me conditionne à recevoir de l’insipide. Avoir reçu du Edge of Tomorrow après des Pacific Rim, Man of Stell, Godzilla et consorts, mon esprit fut surpris. Il y eut le plaisir d’avoir du meilleur par rapport à l’environnement habituel. Par contre, la deuxième fois, je n’allais plus découvrir un film sans rien en savoir. J’allais explorer un film qui faisait partie de ceux que j’aimais. Le référentiel avait changé. Les derniers films que j’avais vu dans ces conditions, c’était Cloud Atlas, Le Congrès, Drive, Intouchables… On n’était plus dans la cour. Comparer Edge of Tomorrow avec Godzilla et le film de Doug Liman en ressort grandit. Mais bon, le revoir aux côtés d’une pièce maitresse qui va jusqu’au bout de sa démarche jusqu’à la dernière seconde, ce n’est plus la même chose. Alors qu’Intouchables finit avec Una Mattina et Cloud Atlas par le magnifique final de Tom Tikwer, Edge finit par… Love Me Again de John Newman ! Pour moi ça résume tout. Alors peut-être qu’aujourd’hui, entendre Love Me Again à la fin d’un film ça fait classe et tellement « in »… Mais dans dix ans, on se dira « Ah mais ouiiiiii ! Ça me dit quelque-chose ! C’était qui ce gars là ? Roh ! Ça fait tellement 2010’s ! Tiens d’ailleurs, tu te souviens de Larousso ?! » Par contre, quand on entendra à nouveau Una Mattina lors de la conclusion d’Intouchables, on se dira juste que c’est une très bonne conclusion, et on se moquera de savoir d’où elle vient et de quand elle date. Finalement c’est peut-être à ça que pourrait se résumer Edge of Tommorow… Un petit film sympa par rapport au moment donné où il est sorti… Mais un film qui n’a pas été suffisamment bossé pour supporter demain…

 

 

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Publié par L'homme-grenouille - dans Regard amphibien sur le ciné
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commentaires

DanielOceanAndCo 29/09/2015 22:28

Hello cher ami.

Je voulais réagir à cet article quand tu l'as écrit mais ça faisait plus de deux mois que je l'avais vu et j'avais peur d'être à court d'arguments pour poster ici, donc j'ai attendu de le revoir, ce que j'ai fait il y a quelques semaines avec Nadhiya en Blu-ray (car oui, j'ai acheté ce film en Blu-ray!!!) et finalement, en relisant ton article, je me suis senti frustré parce que tu développes un sujet passionnant et je trouve dommage que tu te sois focalisé sur "Edge of Tomorrow" plutôt que de faire un article d'analyse plus global comme l'était celui sur la cinéphilie.

Parce que finalement, un film adoré au premier visionnage puis avec un avis plus nuancé au second, ça arrive souvent (et ça a du souvent arriver à ceux qui disent que c'est MAL de revoir une petite claque cinématographique, ce avec quoi je ne suis absolument pas d'accord). Alors certes, tu exposes d'une manière claire et nette ton avis au premier visionnage et ton avis au second, mais j'aurais préféré un article où tu développes les différentes variables : un film détesté de prime abord puis adoré, un film adoré puis de moins en moins, un film que t'as toujours aimé et inversement et que tu commentes ta fameuse citation du "c'est MAL de revoir un film adoré".

Parce qu'au fond, cet article, je l'ai lu comme ça : "mouais bof, il a kiffé puis il a moins kiffé, tant pis pour lui, moi j'ai kiffé et tant mieux pour moi".

L'homme-grenouille 24/10/2015 10:08

Non. Je n'envisageais pas le fait qu'en revoyant Edge of Tomorrow j'aurai peut-être fini par le considérer comme un chef d’œuvre. Ce que je dis, c'est qu'il avait beaucoup d'éléments intéressants pour en devenir un, mais qu'il ne l'est pas devenu à mes yeux parce qu'au final, le traitement a été trop superficiel.

Ce qui me désole un peu avec ce film, c'est que la première fois où je l'ai vu, il y avait tellement de promesses qui étaient posées et des effets de mises en haleine qui avaient été mis en place que le film a réussi à capter mon intention et mon intérêt pendant plus des deux tiers, grisé à l'idée de voir vers quelle vision ou propos originale le film allait se diriger et se conclure. Seulement, au final, rien de tout cela n'a été exploité. Bon, finalement, il y a juste eu un gros méchant qui a été tué par un super gentil qui en a profité à la fin pour sauver le monde et se pécho la fille.Il n'y a pas eu de réelle exploration de ce concept de soldat qui revit sans cesse, au final ça a juste été un gadget pour nous tenir en haleine. Alors pour la première fois ça passe. Pour la seconde, ça m'a fait un effet amer puisqu'à chaque fois que le film posait une piste intéressante je me disais tout de suite : "bon, de toute façon ça ne sert à rien de se prendre la tête, comprendre la subtilité de ce point ne me permettra pas de mieux comprendre ou de comprendre autrement le propos / la fin."

En gros, j'aime qu'Edge of Tommorow se risque à poser le concept d'un soldat qui revit la veille dès qu'on le tue. Oui, ça change le rapport du soldat au combat ; oui ça change la perception de la vie par rapport à l'échec. L'échec n'étant pas fatal, on peut se permettre de tenter plus de trucs puisqu'au final, on aura la chance de fraire un Ctrl+Z... En cela, "Un jour sans fin" avait réussi à faire le taf. Pris dans ce dispositif, le héros a su transformer son quotidien morne et répétitif (dans lequel on peut tous s'identifier) en occasion de prendre le temps de connaître les autres, de se connaître mieux et de travailler à prendre sa vie en main. Alors oui, "Edge" fait un peu ça aussi, mais en plus light. Seulement je n'attendais pas d'Edge qu'il se fasse un simple "Jour sans fin" du pauvre avec plein de trucs qui explosent autour. Poser le concept en pleine guerre, c'était pour moi l'occasion idéale de faire un parallèle avec la posture d'un joueur de jeu-vidéo. Il y avait vraiment moyen de se poser la question de ce que la culture du Die and Retry insinuait dans notre esprit. Est-ce que ce genre de procédé a tendance à nous désensibiliser à la réalité des choses ? Est-ce que cela nous davantage inconséquent ? Ou bien est-ce qu'au contraire, cela nous permet d'avoir un regard nuveau et une pré-expérience ce qu'on ne vivra certainement jamais ? Est-ce un savoir à prendre ? Une logique enrichissante pour l'individu qui s'y expose. Pour moi, ça, ça aurait pu être excitant. Vraiment. Et revoir le film m'aurait vraiment questionné sur un propos intéressant, qui porte sur la nature humaine. Seulement voilà, ce n'est pas le cas. Et je trouve ça dommage que, pour le coup, le travail d'audace n'ait été fait qu'à moitié...

DanielOceanAndCo 15/10/2015 21:04

D'accord, j'entends bien ton point du vue, mais tu parles de "chef d'œuvre", cela veut-il dire que tu envisageais "Edge of Tomorrow" comme un film qui aurait pu se bonifier avec le temps, qu'il finisse avec un 5 étoiles de ta part après l'avoir décanté?? Ou tu es sorti de la salle en te disant que t'avais vu un blockbuster drôlement bien troussé mais qui justement n'entendait pas atteindre ce statut de chef d'œuvre??

L'homme-grenouille 13/10/2015 20:27

Oui tu n'as pas totalement tort...
Je pourrais faire ça...
Après tout pourquoi pas...

Après j'aurais quand-même deux choses à t'opposer.

D'une part, parler plus généralement de pourquoi on change d'avis sur un film, c'est quelque-chose que j'ai déjà plus ou moins fait avec mon dernier article sur Bollywood.

D'autre part, je t'avoue que dans mon esprit, l'objectif de cet article n'était pas de traiter des raisons d'un changement d'avis, mais bien plus de ce qui différencie un gadget scénaristique d'une véritable trouvaille narrative de génie. Pour moi, le problème de cet Edge, c'est qu'il avait entre les mains une trouvaille de génie, mais il n'a été utilisé que comme un gadget. certains te diront qu'ils s'en foutront tant qu'ils ont l'ivresse. Moi je voulais juste dire par cet article que je ne m'en fous pas tant que ça, parce qu'un bon usage d'une trouvaille narrative peut générer un chef d’œuvre que tu peux voir et revoir, et qui t'ouvres du coup à d'autres degrés de compréhension du film (kof kof Nolan kof kof). Cet Edge aurait peut-être pu le devenir s'il avait poussé le taf jusqu'au bout. Il ne l'a pas fait, et je trouve ça dommage qu'on ait perdu cette rare opportunité...

samprastowin 26/01/2015 20:39

Je me rappelle de certaines critiques lors de la sortie de Jurassic Park qui mettaient en avant le manque de consistance des personnages. Or, 20 ans après, combien de blockbusters prennent encore
la peine de développer leurs personnages ? L'exercice est compliqué puisque par définition on va voir un film qui coûte cher pour qu'il nous montre à l'écran qu'il a coûté cher. Mais, tu as raison,
on se souvient avant tout de ceux dont les héros sont plus qu'un tronc et des jambes qu'on utilise pour occuper l'écran et préparer le spectateur à la prochaine explosion. Et Jurassic Park, encore
lui, n'a que des personnages dont on se souvient. Sûrement parce qu'on a vu le film 50 fois. Mais pas seulement, chaque héros a juste 2 ou 3 traits de caractères facilement identifiables, qui les
rendent profondément humains.

Dans Edge of tomorrow, je suis d'accord, Tom Cruise n'est pas inoubliable. Son personnage est sympa au début parce qu'il est lâche, égoïste et humain. Après c'est une machine de guerre déjà vue
dans 1000 autres films.

Merci pour ce blog, tu fais un très chouette travail !

L'homme-grenouille 21/01/2015 01:05

Mmmmh...

Pas mal cette histoire des scènes cultes... J'avoue qu'effectivement je trouve l'idée intéressante.

Après, qu'est-ce qui fait que la scène du T-Rex est une scène culte dans "Jurassic Park" ? Pour moi, c'est aussi parce qu'il y a eu toute une manière de l'amener. En fin de compte, elle 'n'est que
le ciimax d'une démarche qui se pose à la fois en termes de propos (peut-on se permettre de faire joujou ainsi avec la nature ? Au départ oui car l'illusion de contrôle est là, mais avec cette
scène on comprend vite qu'en fait non) mais aussi climax dans la démarche en termes d'atmosphère (du parc merveilleux on passe enfin, avec cette scène, au jardin des enfers, c'est d'ailleurs à
partir de là que le film amorce une magnifique logique de survival horror).

Bref, la scène culte révèle peut-être aussi toute la cohérence de l'édifice. S'il n'y a pas de scène culte dans Edge of Tomorrow, c'est peut-être parce qu'au fond, il n'y a pas vraiment d'édifice.
En termes d'atmosphère, je pense que le film n'a rien à se reprocher, mais c'est vrai qu'en termes de propos, ça cloche quand même pas mal. Je ne sais pas toi, mais moi je suis resté très distant
au personnage de Tom Cruise. "OK, l'expérience lui permet de devenir meilleur soldat... et ?" C'est sûrement cela qui manque à ce film parce que, oui, je suis d'accord, en termes de divertissement,
il se tient carrément. Dommage par contre que ce divertissement ne repose que sur de la poudre de perlimpinpin pour donner l'illusion d'un fond qui en fait n'existe pas.

samprastowin 21/01/2015 00:31

Je viens de voir le film et j'ai pas vu le temps passer. Normalement vers la moitié d'un film à la maison j'ai envie de faire pipi et de me resservir en kellog's mais là j'ai été jusqu'au bout
d'une traite ! Seulement gros problème : c'est quoi cette fin de merde ?

Soit j'ai rien compris soit c'est vraiment une fin de merde. J'ai tapé "fin de merde" dans google, je suis arrivé ici et je constate avec joie ne pas être le seul à avoir tiqué sur cette grosse
incohérence. Je dis "grosse" parce que de petites, yen a plein dans le film, comme dans tout film qui joue avec l'espace temps. Et elles sont largement tolérables. Mais cette fin pourrie vient
gripper tout le mécanisme. C'est le "happy end" au détriment de la logique. Le film aurait été super avec 5 minutes de moins. Là on sent la projection test qui a ruiné "la vraie fin". Dommage.

Maintenant en ce qui concerne le pouvoir de "revisionnage infini" que possèdent les meilleurs blockbusters, je pense qu'il vient avant tout "des scènes cultes". Je déteste ce mot, "culte", employé
à tout bout de champ, mais je crois que certaines scènes marquent et imprègnent tout le film de leur aura. On regarde Jurassic Park pour la scène du T-Rex et celle des raptors dans la cuisine.
Matrix pour la fusillade dans l'immeuble. T2 pour l'évasion de prison etc... Mais où est la super scène dans Edge of Tomorrow ? Le film est plaisant pour sa mécanique, mais aurais-je envie de
ressortir le BluRay pour un moment précis ? La réponse est non. Du coup, ce film souffre inévitablement d'un second visionage. Sa force c'est de ne pas savoir comment ça finit. Or, une fois qu'on
sait et qu'en plus on a la sensation de s'être fait couillonner par un happy end idiot, le film n'a presque plus d'intérêt.

Pour ma part, j'ai pas vu passer les deux heures, donc pari gagné pour ce divertissement. Mais je ne me forcerai pas à le regarder à nouveau.

Salut !

L'homme-grenouille 11/01/2015 15:57

Oui je crains effectivement que ce soit le schéma routinier vers lequel ce pauvre Christopher McQuarrie s'est orienté. Ainsi d'ailleurs, le scénario bouclerait la boucle. Why not...

Mais bon, comme tu le dis si bien, cette fin passe à condition de ne pas trop réfléchir à ce qu'il y a autour. Et justement, c'est ça que je trouve dommage. "Edge of Tomorrow"est un film agréable à
regarder mais à condition de ne pas aller trop loin dans notre façon de l'appréhender. Cela aurait pu être un super chouette film si McQuarrie avait fait en sorte qu'en le regardant avec davantage
de finesse on puisse davantage plonger dans cet univers... Vraiment dommage quoi...

madvic 10/01/2015 23:32

Voici ma version de la fin :
Pour moi il revient au début du film c'est à dire la veille !
La différence c'est que c'est devenu un vrai soldat, il ne refuse pas. Donc n'est pas considéré comme un déserteur et peux donc officier sur le front avec son grade. Ce qui lui permet d'aller à la
rencontre de sa chère et tendre.
Et concernant les incohérence, ça m'a effleuré l'esprit mais comme beaucoup je n'ai pas pris le temps d'approfondir pour les énormités (surtout comment elle sait qu'elle n'a plus le pouvoir ?)...

L'homme-grenouille 31/10/2014 12:00

Salut Vince !

D'abord merci pour félicitations, ça fait toujours plaisir.

Ensuite, pour ton interprétation de la fin, j'ai envie de dire : "Pourquoi pas..."
Peut-être que justement le problème de ce film, c'est que toutes les interprétations restent possibles et que ça ne nous apporte pas forcément grand-chose sur sa compréhension...

Après, je me dis qu'on peut s'en foutre aussi carrément. C'est vrai que cet "Edge of Tomorrow" propose un univers sympa dans lequel on peut clairement se faire plaisir. Disons que, pour
synthétiser, je trouve juste quand même dommage d'avoir eu tous les outils pour faire un film qui aille au-delà de ça et qu'il ne fasse pas le dernier pas alors qu'il était faisable... Au-delà de
ça, c'est vrai, et ça ne fait pas de mal de le rappeler, ce film reste quand même éminemment sympathique...

vince 26/10/2014 00:16

Excellent article!
Je tombe sur ce blog juste après le visionage, cherchant des critiques constructives.
Pour ce qui est de la fin, je l ai comprise autrement:
Pour moi, la résurrection de cage à la fin n est pas du au même procédé/pouvoir que les autres.
Lors de sa contamination par l alien bleu, il fait parti du processus de reboot de la pieuvre alors que lorqu il se fait contaminer par celle ci, il acquiert le pouvoir suprême, celui du maitre du
temps.
Malgré la mort de cette pieuvre, cage doit pourtant revrivre dans un espace temps de son vivant, un peu abracadabrantesque, mais qui sommes nous petits humains pour juger cette technologie
alien.
Ce qui m intrigue le plus, c est de savoir si la femme a aussi acquit le pouvoir, s etant faite tuer par un alien bleu, je suspecte des retrouvailles complices entre les 2 sur le dernier plan et
pas une fin si cucul que ca.

L'homme-grenouille 06/10/2014 14:04

Salut cher Giova,

Merci pour ton commentaire. Comme pour Florine, ta participation permet de compléter cet article et d’étendre la discussion. J’avoue qu’en plus l’argument auquel tu as recours n’est pas sans me
parler : l’importance du rythme. Moi le premier j’avais usé de cet argument pour défendre « The Dark Knight Rises ». Certains se plaignaient qu’au moment où Wayne sort du gouffre de Lazare, on le
retrouve subitement, dès le plan suivant, en plein Gotham, tout bien rasé. Je n’avais jamais compris cette critique. Pour moi l’ellipse était tellement nécessaire pour préserver le rythme Ce
dernier m’importait bien plus que l’ajout d’information superflues comme le type d’aéroport par lequel Wayne est rentré, le modèle de l’avion et celui du rasoir… Or, il est vrai qu’en cela l’ami
McQuarrie a su faire un bel effort en termes de rythme pour cet « Edge of Tomorrow ». Lui aussi à sujouer de l’ellipse, notamment pour ce qui est du passage en Suisse…

D’ailleurs, il n’y a pas que là-dessus que je te rejoins. Je trouve moi aussi que spectacle visuel est bien assuré, que les dialogues sont plutôt maitrisés, que l’action se renouvèle bien… Moi le
premier je n’attends parfois pas plus d’un film d’action. « Transformers » premier du nom est par exemple un film qui me plait beaucoup alors que, pourtant, il laisse mon cerveau sur l’étagère.
Seulement voilà, j’estime que dès qu’un film se risque dans une entreprise, il se doit de la mener jusqu’au bout, au risque de nous inviter sur un terrain qu’il ne maitrise pas. Pour moi, « Edge of
Tomorrow », c’est ça. C’est un bon film d’action, inventif visuellement, bien mené au niveau du rythme… mais qui malheureusement s’est aussi décidé à nous mettre sous le nez une intrigue complexe
alors qu’il ne parvient à rien tirer. C’est ça le reproche que je lui fais.

Après, il semble visiblement nécessaire de le rappeler, je n’ai pas détesté le film. Je l’avais beaucoup aimé la première fois, je l’ai juste moins aimé la seconde fois. Maintenant, dans mon
esprit, c’est juste un film sympa mais sans plus. Je me suis rendu compte que ma source de plaisir lors de la première vision était essentiellement due à l’idée que cet artifice scénaristique
allait me conduire sur une histoire originale. Du coup, quand je me suis rendu compte qu’en fait non, on restait dans les basiques, j’ai senti comme une impression de duperie. Si on l’accepte la
première fois en se disant que grâce à ça, cette duperie m’a permis de ressentir une forme d’excitation, la seconde fois la magie ne peut plus fonctionner. Et c’est cela que je trouve dommage.
C’est cela que je reproche au film. Quitte à se risquer à quelque-chose, autant aller jusqu’au bout…

Au-delà de ça, certes, c’est clair, net, précis, même dans les flashs-backs… Mais d’un autre côté ça n’a pas de mal à l’être quand le film change ses règles à l’envie. Si on se préoccupe que de la
trame de base qui se limite en gros à « Tom = héros = péripétie qui sacralisent le héros = à la fin les gentils ont gagné grâce au héros », alors certes, on s’en fout de savoir comment fonctionnent
vraiment ces extra-terrestres et qu’elle est la réelle nature du pouvoir… Mais bon, dans ces cas-là inutile de partir dans le trip de voyage dans le temps puisque ça n’apporte rien à l’intrigue…
C’est au contraire duper les gens en disant « Eh attention, tu vas voir comment cette intrigue va apporter une approche nouvelle… Tu vas voir… Attention… Hop ! Hop ! C’est pour bientôt… Ça y est
presque… Ah bah finalement non, on se rabat sur le truc classique. Désolé du coup pour les incohérences ! Sans rancune ! Bye ! »

Contrairement à ce que tu dis, il existe des films capables d’apporter des concepts scénaristiques nouveaux qui savent révolutionner la nature d’une intrigue sans se prendre les pieds dans le
tapis. C’est le cas de « Matrix » par exemple. Ça peut être le cas de « T2 » également. Voilà des films qui parviennent à faire du grand spectacle sans se prendre les pieds dans le tapis de leur
propre histoire, tout en proposant à la fin un parcours initiatique original qui se distingue bien du reste de la production. Ça peut se faire… ça peut être à la fois original, riche, rythmé et
cohérent. Seulement il faut bosser. Et ce que je reproche à cet « Edge of Tomorrow ». En le bossant davantage, le film aurait encore été meilleur. Même toi tu l’aurais sûrement davantage apprécié.
Et pour le coup cela aurait été de la VRAIE science-fiction. Car oui, la science-fiction, la vraie, est rigoureuse de bout en bout. Elle est une projection concrète vers un avenir ou un possible
scientifique, anticipant toutes les conséquences éthiques et sociales que cela pourrait avoir. Elle n’est pas, dans l’absolu, qu’un simple prétexte qu’il faut savoir doser pour éviter de gonfler
tout le monde. Si un film de science-fiction est chiant parce qu’il est cohérent, c’est tout simplement parce qu’il est mal écrit et qu’il est donc pour le coup un mauvais film de science-fiction.
« Edge of Tomorrow » est un mauvais film de science-fiction. Il est certes un bon film d’action – et c’est cool – mais c’est un mauvais film de science-fiction, ce qui est dommage car il a
clairement voulu prendre cette voie… le pire, c’est que je pense que McQuarrie aurait pu faire un bon scénario de science-fiction. Seulement il aurait fallu qu’il bosse davantage. Il n’a pas pris
le genre suffisamment au sérieux. Il s’est contenté d’ajouter une petite fioriture / une petite promresse, en plus du bon film d’action de Doug Liman… Certes, ça fait de « Edge » un film d’action
un peu au-dessus de la mêlée, mais pour moi il ne rejoint pas les films qui ont su faire le travail proprement. Dommage…

En fait je pense juste qu’entre nous deux, nous ne nous fixons pas les mêmes étalons d’exigence en terme de science-fiction blockbusterisée. Pour moi, le summum du blockbuster c’est « Matrix », «
Dark Knight » ou bien encore « Cloud Atlas ». C’est à la fois la claque visuelle et sonore ; c’est à la fois l’audace discursive, c’est enfin le propos révolutionnaire… Quand c’est juste la belle
claque visuelle bien rythmée comme Stargate, Avatar ou ID4, je peux prendre du plaisir, c’est vrai, mais pour moi on n’est clairement pas au sommet… Après, tout est une question de point de vue…
j’espère au moins que ce commentaire aura clarifié le mien… ;)

giova 03/10/2014 18:58

Oh et je rebondit au commentaire de Florine :

Oui moi aussi pendant le film j'ai pensé là même chose : comment peut elle savoir, puis j'ai fermé les yeux sur ce point en me disant "pas grave, on verra plus tard".

En fait c'est ce que j'essayais d'expliquer ci dessus :
Quand on regarde ce genre de film, c'est comme si on faisait du ski nautique. Par défaut on se laisse ballader, on en prend plein la gueule et on aime ça. Mais si on se met à réagir sur l'aspect
cohérance (pourquoi comme ci ... oui mais alors mais !) notre esprit décroche, c'est comme si on lachait la corde, et on s'enfonce dans l'eau en regardant le bateau partir au large.

Bien-sur on peut alors basculer dans un autre mode : on ne suit plus la vibe, on vanne le scenar, mais dans ce cas le plaisir n'est plus le même.

Science Fiction =
Science, la base solide qui donne un petit coté plausible, c'est l'addesif qui nous rattache à l'histoire
+
Fiction , l'impossible le surnaturel, c'est l'explosif qui nous fait perdre pied et nous éblouit. Il nous transporte dans un monde que l'on ne connaitra jamais.

Mélangez les deux, rognez les bords qui dépassent, et l'imagination fera le reste.

PS : quand j'aurai vu le film 3 fois, je pourrai vous donner une explication des plus plausible concernant ce paradox : comment sait elle qu'elle ne peut plus mourrir :D

PS2 : à article à ralonge, commentaires à rallonge ^^

giova 03/10/2014 18:05

Bonjour.

Ouha quel article ! j'avoue avoir survollé certains paragraphes :p

Alors pour commencer, tu as écrit dans ton chapitre 2 :
"on le surprendra sans nous y attendre un soir sur la TNT"

Ca n'est pas sérieux ! depuis quand on passe des films sur la TNT? Tu imagine HD1 "la chaine du cinéma" diffuser ça entre deux Julie Lescaut ? M6 entre 2 top chef? ou encore NRJ12 entre 2 reality
show? allons allons...

Ensuite tu reproche trop d'incohérences, mais semble ignorer quelques points importants :

1) le scenario vient du Japon, on est donc dans un autre monde, il n'y a qu'à relire ton paragraphe sur les pieuvres pour s'en convaincre.

2) Il y a une chose qui a été je trouve extrêmement bien gérée dans ce film : le rythme. Je n'avais jamais vu ça : pas de blabla (pour financer un money shot ), et en même temps on en prend plein
les yeux, mais sans que ce trop trop excessif (je trouve que dans les transformers il y en a trop, ça donne mal à la tête).

3) Enfin je pense que les flashback, c'est la tache la plus difficile à gérer quand on realise un film. Souvant je n'aime pas les flashback (j'ai détesté "la mome" j'étais tout le temps perdu, je
me suis senti exclu). Dans edge of tomorrow je trouve que c'est du grand Art ! il y en a plein, et en meme temps on n'est jamais perdu. Des fois même on a plusieurs flashback en quelques secondes,
sans fondu, sans aucun signal visuel pour nous le faire comprendre, mais ça passe sans problème.

Alors je pense que si ils avaient essayé de mieux gérer les incoherences, le rythme aurait pris un violent coup dans l'aile, soit il auraient du nous expliquer pourquoi on change de lieu, soit on
aurait été perdu dans les flashback.

Edge of tomorrow est à mon gout le meilleur blockbuster que j'ai vu de ma vie, et il va en falloir des navés avant de vibrer à nouveau ! Pour bien l'apprécier, je ferme les yeux sur ses défauts,
car un bon film ne peut pas etre parfait (autrement il serait ennuyeux). Je prend ce qui est bon et laisse mon imagination courrir.

Tout comme stargate (le film), avatar, terminator 2 , independance day (pour ne citer que les SF) je sais que je le regarderai au moins 5 fois, toujours sous un angle différent :D

L'homme-grenouille 22/09/2014 13:20

Encore une belle incohérence, j'en conviens...
Merci de la rajouter à la liste.
Le pire, c'est que je pense qu'on peut encore en faire une liste longue comme le bras !

Merci pour ta précision Florine, elle révèle toute la limite de ce film !

Florine 20/09/2014 16:10

Le problème n'est-il pas : comment sait-elle qu'elle a perdu le pouvoir de revivre sa journée ???
Si elle est morte et qu'elle l'a perdu, elle ne revient pas au lendemain. Mais elle est morte.
Si elle n'est pas morte, elle ne sait pas ce qu'il se passera si elle meurt. Donc elle ne sait pas qu'elle n'a plus le pouvoir.
Ou alors, ce n'est pas la mort qui les fait retourner à la veille mais simplement le délai de 24 heures écoulés ?
Moi, pas comprendre.
Help.

ploup 24/11/2015 16:49

"Car quand une pieuvre bleue meurt, elle prévient l'oméga pour lui dire de rebooter."
C'est d'ailleurs ce qui doit se passer car l'attaque sur le Louvre n'est pas une surprise, il y a du avoir un crétin qui a tué une pieuvre bleue et comme Carter le dit si bien à la 88e minute : "Si nous tuons un Alpha, l'Oméga redémarrera toute la journée. Nous ne nous rappellerons même pas avoir eu cette conversation. Ils sauront que nous arrivons."

ploup 24/11/2015 15:52

Je réponds à certaines remarques un an après car je viens de le voir 2 fois en peu de temps.
1-Le reboot final n'a jamais eu lieu (l'oméga transférant son pouvoir à un humain) donc liberté totale dans le script : aucun souci de cohérence avec le reste (un peu comme le dit Vince : "pouvoir suprême" de rebooter un jour plus tôt comme il a du vraiment avoir envie de le faire). Ou alors, le cycle de reboot de l'oméga est plus long que celui de Tom Cruise : il y a un reboot de l'oméga la veille du reboot de Tom et quand Tom tue l'oméga son reboot meurt avec lui.
2-La coloration des yeux en noir semble indiquer un transfert de pouvoir (25e minute du film quand il l'acquiert et 83e minute du film quand il la perd et 103e minute quand il a celle de l'oméga) ce qui pourrait expliquer pourquoi elle ne veut pas mourir pour vérifier si elle a perdu son pouvoir.
3-Par contre, le coup de "j'ai trouvé où c'est, c'est à Curnera" alors que le gars ne trouve pas du premier coup (à la 51e minute) et il trouve à la 56e alors que pour lui c'est la même journée qui recommence....
4-Les Mimics mettent 5 ans à envahir la moitié de l'Europe alors qu'ils ont le pouvoir de recommencer. A moins qu'ils ne puissent pas rebooter autant de fois que les humains.
5-"Pourquoi craint-il de buter une pieuvre bleue alors qu’il l’a déjà fait en début de film pour choper son pouvoir ?"
Il faut mourir en même temps que la pieuvre bleue et être aspergé par son sang pour avoir le transfert de pouvoir. Car quand une pieuvre bleue meurt, elle prévient l'oméga pour lui dire de rebooter.

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