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15 avril 2006 6 15 /04 /avril /2006 21:04

 

James Cameron qualifie ce film comme étant l'oeuvre d'un visionnaire. De son côté, le grand Stanley Kubrick l'a qualifié d'un des plus grands films de science fiction de ce siècle. Pourtant, bien rares sont les critiques ou cinéphiles qui placent ce Ghost In The Shell parmi les oeuvres majeures du septième art alors qu'il en possède pourtant d'incontestables attributs. Indifférence ou mépris ? Il semble évident que cette oeuvre atypique souffre avant tout d'incroyables préjugés qui souvent invitent le commun des mortels à l'éviter ou bien à ne le regarder sans vouloir y percevoir une quelconque profondeur discursive. Si d'ailleurs je me suis finalement décidé à rédiger un tel article sur ce film si particulier, c'est bien dans l'espoir que les quelques internautes qui se seront égarés sur ce blog puissent enfin rendre à cette œoeuvre l'honneur qui lui est due.

 

 

 

Un film qui souffre du mépris général que l'on porte aux films d'animation japonais. 

 

 

ghost_affiche.jpg

La place qu'occupe le film d'animation au Japon est des plus particulières et se distingue par bien des points de celle qu'il occupe en Occident. Alors que chez nous le dessin-animé est encore majoritairement perçu comme un champ d'expression réservé aux oeœuvres pour enfants ou pour grands rêveurs, il est au Japon un domaine artistique aussi prospère qu'hétéroclite. Profitant de l'atonie que connaissait alors l'industrie cinématographique nippone au lendemain de la guerre, le cinéma d'animation a vite prospéré pour finalement capter une grande partie des énergies créatives et artistiques du pays, atteignant ainsi une diversité et une profondeur digne des productions cinématographiques des autres pays du monde. Il est donc dommage que nous, Occidentaux, nous négligions la plupart des œoeuvres de ce type tout simplement parce que nous n'osons pas aller au-delà de nos idées reçues qui veulent qu'un film d'animation mérite forcément moins d'intérêt qu'un film en prise de vue réelle. Ainsi, un certain nombre de chefs d'œoeuvre cinématographiques sont passés inaperçus ou ont été boudés que se soit aussi bien par le public que par les critiques, simplement parce que personne n'a voulu y voir autre chose qu'un simple dessin-animé au sens péjoratif du terme. Or, s'il y a bien un film d'animation qui ne mérite pas un tel sort c'est bien cette pure merveille qu'est Ghost In The Shell, car contrairement aux films de Miyazaki et autres Takahata, ce film du fantasque Mamoru Oshii s'inscrit dans un registre dans lequel on n'a pas coutume de voir l'animation s'aventurer : l'anticipation.

  

  

 

Certes, il faut le reconnaître quand même, Ghost In The Shell n'est pas non plus totalement tombé dans l'oubli lors de sa sortie en 1995 sur les écrans français. Il a même rencontré un echo globalement positif de la part des critiques. Si on stigmatisait surtout, non sans raison il est vrai, une animation assez rudimentaire, on soulignait néanmoins la présence d'un propos certes compliqué mais qui ne manquait pas d'un certain intérêt. Cependant, personne n'est vraiment allé plus loin que son apparence première de film d'action à l'ambiance cyberpunk et ne s'est osé à une compréhension profonde du propos. Nul ne s'est risqué à remonter le fil d'Ariane tissé dans son œoeuvre par Mamoru Oshii afin de cerner la dimension profondément philosophique. Certes quelques journalistes de revues spécialisées dans le monde du manga ont tenté de relever le défi mais avec une certaine maladresse, ce qui aboutissait souvent à des résultats vraiment médiocres. Certains parlaient à tort d'une dénonciation de la cybernétique, d'autres des dangers du clonage, bref autant d'analyses superficielles totalement erronées qui n'avaient pas pris le recul nécessaire pour cerner l'essence même du propos d'Oshii qui, par de nombreux aspects, se rapproche de la démarche d'un Azimov ou d'un Philip K. Dick.

 

 

 

 

Petite mise à plat de l'intrigue pour ceux qui n'auraient pas tout compris au film... 

 

Mais avant de se lancer à proprement dit dans la compréhension de ce Ghost In The Shell , il me semble avant tout nécessaire de remettre à plat son intrigue. En effet, la grande force de ce film n'est accessible que si l'intrigue est comprise ce qui - il faut le reconnaître - est loin d'être une évidence. Ce n'est d'ailleurs souvent qu'au second visionnage qu'on parvient à cerner l'intrigue dans son ensemble car, lors de la première vision, la densité et la compléxité du propos nous fait souvent rater l'essentiel... Ainsi, pour ceux qui ont un peu ramé pour comprendre les ressorts de l'intrigue, voici une petite séance de mise au clair.

 

A la base de l'intrigue se trouve le projet 2501. Comme il se présentera lui-même à la fin du film, il s'agit d'un programme crée par le docteur Willis et le professeur Daita pour le compte de la section 6. Ce programme fut crée dans l'optique de pirater des ghosts de cyborgs ou d'humains afin d'optimiser les avantages stratégiques d'organisations ou d'individus. Cependant, au bout d'un an de service, le programme prend conscience de sa propre existence et commence dès lors à échapper au contrôle de la section 6. Ses programmateurs, considérant que 2501 bugue, décident de le contraindre à plonger dans un corps cybernétique afin d'avoir une emprise physique sur le pirate et ainsi en recouvrer la maîtrise. Projet 2501 reprend alors du service pour la section 6 : cette dernière couvrant les agissements de son programme en les faisant passer pour ceux d'un pirate informatique pratiquant le recèle d'information pour son propre compte. Son nom : le Puppet Master. C'est à ce moment là que nous rentrons chronologiquement parlant, dans le début du film. Le pays dans lequel se déroule l'histoire (le Japon pourrait-on imaginer, même si Oshii ne donne aucune indication à ce sujet) est en proie à une situation diplomatique compliquée : une nouvelle junte militaire vient d'arriver au pouvoir dans la République de Gabel et sollicite un partenariat économique. Cependant, bien que le « Japon » soit globalement plutôt favorable à cette proposition, il est dans l'incapacité d'y répondre dans la mesure où il a accepté l'asile politique au chef d'Etat déchu : le colonel Malles. Le ministère des affaires étrangères se retrouve donc confronté à un problème. L'idéal serait d'expulser Malles mais pour cela il faudrait une bonne raison, ou plutôt un prétexte. C'est là que rentre en jeu la section 6 et son Puppet Master. Celle-ci va se servir de son programme informatique pour pirater le cyborg de protocole qui officiera lors de la réunion secrète avec les nouveaux dirigeants de la République de Gabel, l'objectif étant de faire porter le chapeau à Malles. Alors le « Japon » aura son faux prétexte pour expulser le colonel indésirable.

     

Dans un premier temps, l'enquête de la section 9 se passe comme la section 6 le souhaitait. Kusanagi remonte la trace de l'éboueur, qui remonte elle-même au trafiquant qui utilise des balles High Speed. Ce dernier, le ghost piraté par le Puppet Master, devait révéler à son insu des liens factices avec Malles. Cependant, la section 9 ne tarde pas à émettre des soupçons sur cette conclusion trop facile. Déjà avant l'interpellation, Kusanagi faisait connaître ses doutes à Togusa quant à l'implication de Malles. Bateau confirmera ces doutes à son vieux chef Aramaki suite à son interrogatoire des interpellés : celui qui se faisait passer pour Tsuan Gen Fang, un certain proche de l'ancien dictateur, n'était en fait qu'un voyou de base nommé Corgi qui n'avait aucun lien avec le colonel. La section 9 comprend alors qu'elle s'est faite baladée par le Puppet Master, mais en ignorant toujours que c'est la section 6 qui tire les ficelles. Il faudra attendre que le Puppet Master s'évade de la section 6 pour que l'enquête puisse reprendre.

 

C'est pour retrouver celle qu'il a choisie pour sa fusion que le Puppet Master décide de s'échapper et de se rendre de son plein gré à la section 9. Pour ce faire, il se sert de ses compétences en piratage pour transférer son esprit dans un corps vierge de l'usine de production de cyborgs Megatech. Bateau s'étonnera d'ailleurs du prodige ici réalisé, mais au fond, quand on y réfléchit bien, le Puppet Master reste avant tout un programme militaire de la section 6. On peut donc facilement envisager que ce dernier avait connaissance des codes de sécurité de l'usine Megatech, ce qui relative la difficulté de son entreprise. Comme prévu, le Puppet Master, dans son nouveau corps, se fait intercepter par la section 9. Le programme informatique n'a plus qu'à feindre l'inactivité et attendre patiemment que Kusanagi plonge en lui, pour procéder à la fusion espérée.

   

Mais le plan du Puppet Master est perturbé par l'arrivée de Nakamura, chef de la section 6, et de son acolyte le docteur Willis, concepteur du Puppet Master. Leur objectif : récupérer le Puppet Master avant que celui-ci n'ait le temps de révéler à la section 9 tous les ressorts de l'affaire qui visait à inculper Malles. Nakamura espère avoir recours à la manière douce, mais il a néanmoins ramené avec lui un commando à camouflage thermo-optique au cas où si les choses ne se passeraient pas comme prévu. Dans un premier temps, tout va pour le mieux : Nakamura parvient à présenter le Puppet Master comme un citoyen américain qui, pour échapper aux autorités de son pays, a transféré son esprit dans un corps de Megatech. Il obtient alors l'autorisation du vieil Aramaki de reprendre le Puppet Master, sous le faux prétexte de l'extrader pour les Etats-Unis.    

 

Cependant, constatant que la situation tourne en sa défaveur (le plongeon de Kusanagi n'aura finalement pas lieu), le Puppet Master se décide alors à intervenir. Sa demande soudaine d'asile politique à la section 9 change totalement la donne pour Nakamura qui se décide alors à employer la manière forte. Le commando en combinaison thermo-optique rentre en action : il capture le Puppet Master sous les yeux éberlués de la section 9. L'opération de la section 6 est presque parfaite, mais l'émetteur que Togusa réussit à ficher sur la voiture des fuyards, ainsi que l'enquête menée dans l'ombre par Ishikawa, permettent non seulement à la section 9 de confondre la section 6 dans toute cette affaire, mais aussi de reprendre le Puppet Master en interceptant le commando dans sa fuite.

     

Kusanagi retrouve la limousine qui transportait le Puppet Master dans un vieux musée inondé de la vieille ville. Il n'est pas impossible que la limousine y attendait là les hélicoptères de la section 6 afin que ceux-ci emmènent définitivement le Puppet Master en lieu sûr. Ce ne serait alors qu'une fois le rendez-vous compromis par l'intervention conjuguée de Kusanagi et de Bateau que la mission des hélicoptères se serait alors changée en mission de « nettoyage ». Le plongeon de Kusanagi dans le Puppet Master effectué, on est en mesure de comprendre que l'objectif de la section 6 avait été dès lors d'éliminer toute trace du scandale avant que celui-ci ne se répande. On notera d'ailleurs que l'opération va échouer grâce à l'intervention de Bateau qui sauve le « nouvel enfant » né dans le cerveau de Kusanagi et qui est né de la fusion entre les deux cyborgs. Etrange fin pour qui ne s'intéresse pas forcément à son sens profond..

 

 

 

Le sens philosophique profond de cette histoire... 

 

Mais au fond, une fois que l'on a mis l'intrigue à plat, quel visage nous présente cette histoire ? Quand on met de côté cette affaire d'espionnage assez compliquée et qui apparaît finalement bien secondaire, on se rend compte que ce Ghost In The Shell n'est rien d'autre que l'histoire d'une rencontre. Une rencontre entre deux êtres singuliers. Une rencontre entre deux aspects incomplets de l'humanité qui tendent justement à se compléter.    

   

D'un côté, il y a le major Motoko Kusanagi : être artificiel dont la conception fait office d'introduction au film. Bien que possédant un corps entièrement cybernétique (ossature, muscle, peau, etc…) le major n'en possède pas moins une partie humaine qu'il est important de ne pas négliger : son cerveau, le siège de son  "ghost". En effet, Oshii insiste à de nombreuses reprises sur ce point : Kusanagi reste en partie humaine. Bateau précise bien d'ailleurs que, lors de la conversation qui a lieu au large des côtes, que le major a en elle des cellules humaines, qu'elle le veuille ou non. Cette nature hybride de Kusanagi est essentielle pour comprendre la nature de son mal-être.

   

D'un autre côté, on a le Puppet Master, se définissant lui-même comme un esprit pensant spontané issu de l'océan de l'information. A la grande différence de Kusanagi, lui n'a aucun lien avec l'humanité : son ghost n'est pas issu d'un cerveau humain, mais c'est lui-même qui s'est généré son propre ghost. Ses besoins et son mal-être vont donc être en substance totalement différents de ceux du major. L'un esprit prisonnier de son corps, l'autre esprit en mal de corps : ces deux pendants de la nature humaine vont finir par se compléter dans la philosophie de Ghost In The Shell.

           

En ce qui concerne Motoko, le corps est à l'origine de son mal-être. Comme elle le confiera d'ailleurs à Bateau après sa plongée sous-marine, c'est essentiellement par son corps qu'elle peut se distinguer en tant qu'individu : son visage, sa morphologie ou sa voix sont autant d'éléments différentiateurs qui font que son être se distingue facilement des autres. Mais ces différenciations ne sont-elles pas factices ? Cette interrogation prend d'autant plus de résonance lorsque, dans la scène suivante, alors que le major se ballade en péniche, son regard croise par hasard celui d'une secrétaire de bureau qui lui est physiquement identique. Deux êtres qui ont le même corps : que reste t-il pour les différencier ? Dans l'ascenseur, le major se demandera même si elle est véritablement humaine, si l'apparente humanité de son corps n'est pas là finalement pour la tromper. Certes, elle a l'apparence d'un être humain et on la considère comme un être humain mais elle se demande si au fond tout ceci n'est pas qu'une illusion. Si son corps définit autant son individu, un autre corps aurait-il changé quelque chose à sa manière d'être et de penser ?    

   

Le mal-être de Kusanagi est en fait une crise de son identité en tant qu'individu. Le fait qu'elle ait un corps de robot lui fait prendre conscience du caractère artificiel et arbitraire de la différenciation entre les êtres. Au fond Kusanagi voudrait s'émanciper d'un corps qui tend à la réduire constamment à une individualité arbitraire. Elle semble dès lors aspirer à une sorte de « moi » universel, un esprit libre qui ne soit pas cloisonné par cette prison qu'est le corps. Si d'un côté le major perçoit donc son corps (et le corps en général) comme une prison à son esprit, le Puppet Master vient quand à lui compléter le propos en abordant une position opposée. A la différence de Kusanagi, le Puppet Master n'est pas un esprit humain enfermé dans un corps artificiel, mais un esprit artificiel affranchi de toute enveloppe corporelle. D'une certaine manière, on pourrait le considérer comme un esprit pur qui ne connaît pas d'enclave matérielle. Il incarne d'une certaine manière l'idéal sous-entendu par Kusanagi. Le fait que son objectif principal soit la recherche d'un corps puisse sembler paradoxal. Quel intérêt pourrait trouver un esprit à se fixer une prison ?

   

En ce qui concerne ses motivations à prendre corps, le Puppet Master les explique essentiellement lors du discours final dans le musée inondé. Certes la nature du corps influe sur l'esprit, et les limites sensitives du corps sont autant de limites à l'effervescence spirituelle. Pourtant, c'est dans ces limites que le corps, aux yeux du Puppet Master, devient essentiel. Par le double processus de vie et de mort, le corps permet la diversité des individus et donc la multiplicité des formes d'esprits. Ainsi, l'espèce s'enrichit, évolue et survit au travers de la multiplicité de ses individualités. Sans cette capacité à faire mourir et naître de nouvelles idées, l'esprit pur qu'est le Puppet Master n'est pas évolutif. Au fond, on se rend bien compte que le paradoxe du corps c'est qu'il constitue une prison pour le développement spirituel de l'individu, mais qu'il est aussi le vecteur essentiel du développement de l'esprit, en tant qu'entité globale qui transcende les individualités. Par ce jeu complémentaire entre ses personnages principaux, ce Ghost In The Shell parvient donc à reconstituer dans les grandes lignes un discours philosophique construit sur le rapport de l'être au corps ; un discours sur lesquels Descartes, Plotin ou autres Le Dantec ont déjà longuement dissertés.

 

Loin donc d'être un simple dessin-animé qui se donne des airs illusoires de complexité, Ghost In The Shell est bien au contraire une oeœuvre d'une phénoménale profondeur discursive, assez rare au cinéma. J'espère donc que cet article saura inciter les quelques courageux qui se sont risqués à le lire jusqu'au bout à se replonger dans cet univers envoûtant et onirique qu'est ce Ghost In The Shell.   

 

 


 

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Publié par L'homme-grenouille - dans Films trop méconnus ou incompris
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commentaires

Leprince Joan 05/04/2017 21:19

Merci trop de la bombe, tu vois je pense que le scénario d'espionnage est au final plus important que la trame philosophique, non pas car j'en suis désintéressé mais que justement en dehors du manga , j'en ai déjà fait l'expérience de pensée que je vais te faire partager: supposons que quand tu étais dans le ventre de ta mère au stade embryonnaire, on est pratiqué la scission(une des techniques de clonage) , tu aurais un jumeau monozygote mais lequel des deux serais-tu ? Et surtout, à quel moment la conscience(notre ghost quoi!) s'implante-t-elle dans le corps? Ce qui est sur , c'est qu'à l'issu de cet exemple , elle ne s'implanterait pas à la fécondation mais après, je ne t'évoquerai pas cette histoire de cellules de peau reprogrammées en cellules souches embryonnaires qui à son tour peuvent se différencier en tout type de cellule de l'organisme; et puis y a cette question à la mode de la conscience(ghost), qu'est-ce qu'elle est? Un agencement de particules que l'on a pas encore détecté et qui est accroché à notre cerveau et qui s'en détachera à notre dite "mort"; c'est pour ça que l'histoire d'espionnage m'interpelle plus; cordialement.

L'homme-grenouille 07/04/2017 22:06

Salutations Leprince Jean !
Merci pour ce commentaire "fulgurant" !
J'avoue que j'ai un peu du mal à te suivre. Tout ça mériterait sûrement une petite clarification.
Même après t'avoir relu, je ne vois toujours pas le lien entre d'un côté ton histoire de fécondation de jumeaux, de cellules de peau reprogrammées et d'agencement de particules d'un côté et de l'autre côté l'intrigue d'espionnage du film dont tu dis qu'au final elle est plus importante que le reste.
Franchement je suis plus qu'open pour qu'on livre des interprétations nouvelles sur ce film, mais je pense que ça va nécessiter une légère reformulation... ;-)

Hunter Arrow 05/04/2017 15:13

Merci pour cet article. Je viens de regarder le film à l'instant et vote article m'a permis de remettre tout son propos en ordre...parce que pris comme ça le film demeure nébuleux. Très riche thématiquement mais trop court.

L'homme-grenouille 05/04/2017 20:12

Salutations Hunter Arrow et merci pour ton commentaire !

Nébuleux et trop court, ah ça c'est sûr que c'est les principaux reproches qu'on pourrait faire à ce GITS !
- Est-ce une volonté de l'auteur d'être évasif ?
- Est-ce parce qu'il a pensé son œuvre pour être vue par des connaisseurs de l'oeuvre originale (mangas, anime) ?
- Est-ce parce qu'une minute de dessin-animé ça coûte cher et qu'il a donc été contraint de faire court pour faire beau ?

Moi personnellement le résultat final me va et pas qu'un peu), MAIS...
- Je reconnais qu'au premier visionnage j'ai un peu bloqué et j'étais super frustré.
- Je reconnais qu'il m'a fallu un certain temps avant d'apprécier l’œuvre aussi pour cette sècheresse-là.
- Oui, dans ce commentaire, j'ai décidé que parler en tirets c'était cool. ^^

D'ailleurs, c'est tout con, mais je suis loin de considérer que GITS est intouchable. Avant même la sortie de ce remake de 2017, je m'étais déjà imaginé comment on aurait pu traiter le film autrement si, justement, on cherchait à s'émanciper de cet aspect nébuleux et trop court. Du coup, l'idée même d'un remake, moi dans l'idée ça ne me choquait pas. Au contraire, ça aurait pu être une très belle opportunité pour livrer une oeuvre alternative et complémentaire au film d'Oshii. Mais bon... ça n'a pas été la voie prise... Triste...

CharlotteB 04/04/2017 00:32

Bonjour,
Je viens, piètre cinéphile, alors que je viens de regarder ce classique et ce - horreur, malheur - après avoir regardé sa version hollywoodienne. Aussi j'espère que vous êtes toujours aussi épris de ce film pour répondre aux quelques questions qu'il me reste ( pour moins de confusion et parce que vous n'avez pas l'air de vouloir aller voir le film 2017 je n'en parlerai pas ici) :

- au contraire d'un des commentaires, je ne comprends pas les motivations du puppet master pour "fusionner" avec le major. Elle qui n'a pas de corps propre, elle ne peut donner vie, ni même complètement mourir cérébralement parlant... Je ne comprends pas.

- quels éléments expliquent l'attitude du major ? Elle paraît parfois froide, distante. Il est presque difficile d'avoir de l'empathie pour elle tant son attitude est glaciale hormis les quelques moments de doute. Est-ce pour montrer sa dualité homme/machine, et dans ce cas la voit-on évoluer dans un sens ou dans l'autre dans les films suivants ?

- au final, est-ce une critique de la cyberévolution ou non ? Ou juste une invitation à réfléchir sur cette question ?

Ce film, vu une seule fois, reste encore flou. Certaines choses se dégagent, ces ambiances lancinantes, cette relation Batou/Motoko, cette dualité major/puppet master etc.. Mais il pose beaucoup de questions dont on ne trouve aucun élément de réponse. D'où vient-elle ? comment en est-elle arrivée à avoir ce corps-ci ? pourquoi elle ? Comment se fait-ce qu'elle ne prenne conscience à ce niveau de sa dualité qu'avec l'évènement du puppet master et pas avant ? abandonne-t-elle son désir d'humanité en fusionnant ? Ces questionnements et "manques" sont-ils voulus et si oui quel intérêt servent-ils ?

Je me pose des questions, je ne sais pas. Et je viens pour savoir, en espérant que vous soyez toujours aussi actif sur ce bien vieil article qui a pourtant éclairé beaucoup de mes lanternes ( c'est pour dire le nombre de questions que je me posais !)

Merci pour votre réponse

L'homme-grenouille 05/04/2017 20:02

C'est marrant, je n'avais effectivement pas remarqué que certaines phrases y étaient présentes au mot près (enfin une surtout).

Au départ j'allais répondre un truc du genre "normal qu'on tombe sur des propos similaires à partir du moment où on part d'une œuvre très claire et cohérente dans son propos", mais ton commentaire m'a quand même incité à revoir la vidéo une deuxième fois pour constater qu'effectivement, il y avait quand même des éléments qui laissaient supposer que cette vidéo s'inspirait (entre autres) de mon article.

Et pour le coup ça me fait plaisir que tu m'aies permis de le remarquer parce qu'au fond, ça me fait vachement plaisir de voir que les idées circulent ainsi comme sur le net. Il m'arrive parfois de tomber sur des forums où on s'échange mes articles en lien, ou on discute de ce que j'ai pu écrire. Vraiment ça peut paraître con mais moi j'adore cette idée que tu plantes une graine et que derrière ça fait pousser pleins de trucs dont tu vas peut-être t'alimenter après.

Ralalah, comme quoi, le net, l'humanité augmentée, la vie en réseau en mode Puppet Master, ça a quand même du bon ! ;-)

L'homme-grenouille 05/04/2017 19:48

Salut Charlotte !

Tout d'abord merci de m'apprendre qu'il y a quand même quelques personnes qui ont eu envie de regarder l’œuvre originale malgré la reprise de 2017. J'avoue que c'est déjà une belle consolation après avoir vu le film de Rupert Sanders.

D'ailleurs, je me dis moi-même que je devrais le revoir ce GITS d'Oshii. Ces dernières semaines j'avais déjà reçu un commentaire (celui de Daiki) qui m'interrogeait sur ce film. J'avoue que je me suis senti rouillé. (Eh ! C'est que je l'ai écrit il y a plus de dix ans cet article l'air de rien !) Je vais essayer de me montrer plus clair et percutant te concernant. Après, je ne promets rien, donc n'hésite pas à relancer la conversation par un autre commentaire si jamais je suis flou dans les réponses que je vais te fournir. ;-)

- Bon tout d'abord tu m'aides en évoquant la question des motivations du Puppet Master à "fusionner" plutôt que celle de Kusanagi. Personnellement, je trouve que le film les exprime plus clairement (ou alors c'est moi qui ai l'impression de mieux les comprendre. Qui sait ?) du coup ça va faciliter ma réponse. Parce qu'au final, à bien y regarder, dans ce final de GITS, c'est quand même bien le Puppet Master qui s'exprime le plus ! Que dit-il d'ailleurs ? En substance, il explique que ce qui lui fait défaut, c'est l'évolution. Certes, à être pur esprit, il peut se dupliquer à l'envie. Mais comme il le précise, il ne s'agira que de copies, pas d'évolution. Sa situation ne changera pas en se copiant car son expérience sensorielle ne changera pas. Prendre corps, c'est accepter de vivre à travers un champ d'expérience et de perception particulier. En fonction du corps, on voit, on entend, on vit les choses différemment. Le comportement des autres n'est pas le même selon le corps qu'on a. L'expérience du monde n'est pas la même selon l'endroit où on s'y trouve. Pour le coup, le corps permet de différencier l'expérience qu'on se fait du monde. Elle permet de s'individualiser. Ainsi, la somme des expériences à travers chaque corps est-elle plus riche que celle qu'on a sans corps, comme c'est le cas du Puppet Master. D'où donc, la volonté du Puppet Master d'accepter cette prison qu'est le corps. Certes, quand son corps mourra il sera sûrement contraint de changer de corps (s'il en a la capacité, le film ne le précise pas), mais au moins, ainsi, il pourra participer à l'enrichissement du vivant et, par le processus de sélection que permet la mort, il participera aussi à son évolution...

- Pour ce qui est de l'attitude froide du major, j'avoue ne pas avoir forcément le même ressenti que toi. Pour le coup, je trouve que tout le monde dans le film a ce comportement figé, rigide, froid, même les personnages humains. Pour moi c'est plus représentatif d'un type de société que nous dépeint GITS. Moi, quand je l'observe cette société, j'y vois un agglomérat de personnes qui sont en train de faire mécaniquement ce qu'on leur demande de faire. Jamais de refus, jamais de peur, jamais d'émotion. Je pense qu'il faut y voir davantage une volonté de montrer que, de toutes façons, la convergence entre robots et humains étaient inévitable dans cette société là car l'humanisation du robot semble ici se coupler à une robotisation de l'humain. Et pour le coup cette robotisation ne se ressent pas seulement qu'au travers de l'amélioration du corps, comme c'est le cas de Kusanagi avec son corps de guerrière ou bien encore Bateau avec ses yeux bioniques. Il y a quelque-chose qui relève clairement du comportemental. Pour le coup, dans un contexte comme celui-ci, je trouve qu'on peut comprendre que Kusanagi ait l'air de sentir son corps comme une donnée devenue superflue. En termes d'expérience sensible, dans un tel monde, le corps est juste une interface pour voir et entendre rien de plus. Ceci explique-t-il sa froideur en termes d'attitude ? Cette attitude s'explique-t-elle davantage par rapport au climat social qui l'entoure ? Honnêtement, à partir de là, ça ne dépend plus que du spectateur et de ce qu'il a envie d'y voir. ;-)

- Pour la question de la cyberévolution, à savoir si ce film est juste une critique ou un simplement questionnement, moi je me mouillerais personnellement pour la deuxième solution. Je pense même que c'est ça qui fait toute la force de ce film. Ce n'est pas un film moraliste GITS. Il n'est pas là pour nous éveiller à un danger. Quand on y réfléchit bien, à aucun moment le film ne cherche à développer un argument pour nous démontrer comment l'humain s'est dévoyé dans ce type d'évolution. Au contraire, on nous montre juste les possibilités nouvelles que ça offre, les frontières que ça déplace, les changements de paradigme que ça implique... C'est aussi en cela d'ailleurs que le film mérite vraiment son qualificatif de "film philosophique". Il ne pense pas en termes de bien ou de mal, de gentils et de méchants, de lauriers et de condamnations à distribuer (comme le font malheureusement la grande majorité des œuvres de fiction). Non, GITS se contente juste de s'interroger. Moi, perso, au-delà de la qualité du raisonnement, c'est ça que je trouve beau...

Alors après, tu conclues justement en revenant sur pas mal de questions qu'on peut se poser sur toute cette œuvre. Si les absences sont voulues ou pas. Personnellement je t'avouerais que je n'en sais rien. A force de discussion sur le sujet à droite à gauche, on m'a dit que l’œuvre pouvait se regarder différemment pour peu qu'on connaisse le manga original ou la série animée "GITS : Stand Alone Complex" Pour le coup, Oshii aurait pu vouloir éviter les répétitions et aller à l'essentiel, sans devoir présenter les personnages et le passifs de chacun. Peut-être... Pourquoi pas ? Après tout c'est une démarche qui aurait du sens. D'un autre côté, avec le recul, je me dis que le film n'a pas forcément besoin d'en dire plus. Certes, la première fois où j'ai vu le film, ça m'a déconcerté. J'ai trouvé que ça manquait d'éléments. J'ai trouvé que ça ressemblait plus à un épisode assez long d'une série dont je n'avais pas vu le début. D'un autre côté, c'est aussi ce côté incomplet qui a fait que je me suis beaucoup interrogé sur lui. Cette sensation d"ouverture à pas mal de questions m'a fait pensé au ressenti que j'ai eu face à "2001". C'était parce que ce film avait un propos tout en questions, et non un propos fini à base de questions et de réponses, que cette œuvre m'a tiraillée. Du coup, qu'Oshii ait voulu ou non en faire une oeuvre courte, sèche et fragmentaire comme il l'a fait, à dire vrai, me concernant, je n'en suis plus là. Qu'importe la raison au final, j'aime que GITS soit ainsi.

Bon, du coup j'ai été très long je me rends compte. J'espère au moins que j'ai été clair. Auquel cas, il ne faudra pas hésiter à alimenter la conversation par un nouveau commentaire !

Merci en tout cas pour cette réponse, et peut-être à prochaine fois sur ce blog !

CharlotteB 04/04/2017 00:50

De plus, je me suis permise de regarder la vidéo que vous avez citée : https://www.youtube.com/AnaVDLB

La vidéaste reprend certaines de vos phrases avec tellement de fidélité qu'on dirait qu'elle lit votre article mot pour mot dans certains moments !
Enfin, cela reste au autre support de communication...

Daiki 18/03/2017 02:09

Superbe article, vraiment merci il ma beaucoup aidé dans ma comprehension du film.

J'ai encore une question qui me titille l'esprit :

Pour Kusanagi, j'ai bien compris son mal-être mais ce que je ne comprend pas c'est en quoi sa fusion avec le Puppet master l'aide ? Je veux dire oui elle a un nouveau corps, certe mais celui ci aussi presentera les même que sont ancien corps au bout d'un moment non ? Elle ne fait pas que repousser l'échéance ?

L'homme-grenouille 23/03/2017 19:48

Tiens, le hasard de mes navigations sur le Nesblog m'a amené à découvrir cette vidéo assez sympa sur l'oeuvre qui va dans le même sens que mon article.
Si ça te tente, voilà le lien : https://www.youtube.com/AnaVDLB

L'homme-grenouille 23/03/2017 19:11

Bah écoute, moi, tel que je comprends le truc, c'est que le Puppet Master vend avant tout à Kusanagi sa possibilité de sortir de cette coquille qu'est le corps. Comment ? Sous quelle forme ? C'est vrai que, de mémoire, le film ne le précise pas. Mais bon, d'un autre côté, au regard de leur conversation, il n'est pas inenvisageable qu'il offre à Kusanagi la possibilité de plonger d'un corps à l'autre comme lui semble être capable de le faire.

Alors après, effectivement, tout ne se passe pas comme prévu. La section 6 intervient, Bateau sauve la situation in extremis... Le nouveau corps est finalement un corps lambda trouvé par Bateau sur le marché noir. Mais rien ne nous dit ce que ce nouvel être est capable de faire... Après tout, l'être issu de la fusion Kusanagi / Puppet Master est-il vraiment enfermé dans ce corps comme le Major l'était auparavant ? le film n'en dit rien, il s'arrête brusquement, et personnellement, je trouve ça très bien comme ça. Passer par l'image de l'enfant pour dire qu'on a à faire à un être nouveau qui va partir à la découverte des nouvelles possibilités qui sont les siennes, perso, je trouve ça juste nickel. C'est un peu comme la fin de 2001, toute proportion gardée...

Enfin bon, je ne sais pas si ma perception de cet aspect là de l'intrigue t'éclaire. Au pire, encore une fois, n'hésite pas à intervenir... ^^

Daiki 21/03/2017 20:14

Merci de ta réponse, je comprend mieux mais le changement de corps est un pure hasard quand on y pense, car au moment de cette fusion avec Puppet master, le corps de Kusanagi est toujours existant puis et détruit par les hélicoptères ce qui est la cause du changement de corps. Donc à l'origine au moment ou Puppet Master lui propose justement cette évolution, elle n'avais aucune certitude de changer de corps !

Je ne sais pas si je me fait bien comprendre. :/

L'homme-grenouille 19/03/2017 19:40

Salutations Daiki !

Tout d'abord merci pour les compliments ! Personnellement, ça fait toujours plaisir de voir que nos propres réflexions permettent d'alimenter la réflexion d'autres gens.

Pour répondre rapidement à ce que ta question, je pense que le duo Kusanagi / Puppet Master est à penser comme une relation entre "vie avec corps" et "vie sans corps". Kusanagi, parce qu'elle vit à travers un corps, peut expérimenter la vie selon la spécificité de son corps et donc prendre un cheminement de vie qui lui est propre. Ainsi, participe-t-elle à la diversification du vivant et donc à l'évolution du vivant. Le Puppet Master, lui, parce qu'il vit sans corps, mène une vie de pur intellect. Il n'est que pure information. Il peut ainsi se copier à l'infini, mais sans évoluer.

Par cette "fusion" finale entre Kusanagi et le Puppet Master, il s'opère effectivement une synthèse sur ce rapport corps / esprit. La question que tu poses c'est : "laquelle ?" Je ne reviens pas sur le gain du Puppet Master puisque visiblement ce n'est pas sur cet aspect là que porte ta question. Ta question porte plutôt sur le gain de Kusanagi. A mon sens, le gain de Kusanagi passe tout simplement par le fait de changer de corps. Même monde à explorer, mais un corps différent pour le ressentir. Par définition, l'expérience va être différente. D'une certaine manière, le Puppet Master lui a apporté ça : la possibilité de changer de corps. Un corps singulier pour le coup. Une tête d'agent de la Section 9 sur un corps de petite fille. Un corps unique. Pour moi il est là le salut de Kusanagi. Changer de corps lui permet de changer son approche du monde et de la vie. Cela lui permet aussi de changer son rapport à elle-même. Alors c'est un peu rapide de dire ça, mais en tout cas ça résume en substance ce que je pense.

Voilà, je ne sais pas si ça t'éclaire. Si ce n'est pas le cas n'hésite pas à répondre !

En attendant, j'espère que le prochain Ghost In The Shell qui ne va pas tarder à sortir au ciné saura au moins saisir une partie de cette question là. Perso je n'y crois pas trop. Mais bon... Qui ira verra !

A plus sur ce blog !

Iskandar 08/12/2016 22:46

Salutations !

J'aimerais vous flatter de votre analyse, tant elle est intelligemment inspirée ! J'ai vraiment eu l'impression de mieux cerner le film, et bien que j'eus compris que le film était un véritable bijoux cinématographique, beaucoup de subtilités m'étaient passés au-dessus de la tête ! Un grand merci d'avoir écrit ce blog, même s'il date de 10 ans. ^^

J'aimerais aussi apporter ma pierre à l'édifice, avec le peu de savoir philosophique que je possède, par une rapide déduction sans grande importance au récit ( je ne suis qu'un humble étudiant en histoire de 19 ans ). Vous avez vous-même relevé dans votre blog que personne n'a trop prêté attention à l'apparence de la petite fille à la fin de l'histoire. Or cela m'a fait penser à un discours de Nietzsche qui distinguait les 3 phases de l'esprit : on est d'abord chameau car on supporte toutes les souffrances du monde sans broncher, puis on est lion et on tend à se révolter, puis on devient enfant, et on finit par accepter sa condition. Pour moi, j'ai vu ce discours dans l'incarnation de l'enfant, justement parce que ce film avait une grande portée philosophique et que mon esprit était ouvert à ce genre d'interprétation plus que dans une autre oeuvre cinématographique. Je ne sais pas si c'est correct ni ce que vous en pensez, mais je suis sûr que ça vous fait plaisir que j'apporte moi aussi quelques éléments de réponses à ce bijou. :)

Encore merci et bravo pour ce blog vieux de 10 ans ! J'avais envie de revoir le monument GotS avant la sortie en salle de son adaptation hollywoodienne, et comme son sens m'avait une fois de plus semblé m'échapper, j'ai directement voulu en apprendre plus, et votre blog était là pour ça. :)

L'homme-grenouille 02/01/2017 18:42

Salutations à toi, ô Iskandar le Grand !

Désolé de te répondre si tard ! Pour cause de convalescence, j'étais parti au vert pendant plus d'un mois et je n'ai eu accès à aucune forme d'Internet. Je n'ai donc découvert ton commentaire qu'il y a seulement quelques-jours. J'espère donc que tu me pardonneras mon long délai de réponse !

En tout cas, merci d'abord pour ton commentaire. C'est toujours agréable de voir qu'en livrant ainsi mes pensées sur la toile certains savent y trouver leur compte. Tes compliments me vont droit au coeur, donc merci encore.

Et puis je tiens à te remercier aussi pour ton apport. Si justement j'adore les films comme celui-ci, ou bien encore ceux de Kubrick, voire de Nolan, c'est qu'ils savent mettre à contribution nos esprits, nous faisant nous poser plus de questions qu'ils ne nous apportent des réponses. C'est pour ça que j'ai envie de te dire que, forcément, le parallèle que tu fais avec Nietzsche m'intéresse beaucoup.

J'avoue que mes lectures nietzchéennes remontent à loin et je n'ai plus trop de souvenirs d' "Ainsi parlait Zarathoustra". Il faudra que je m'y recolle même si je n'ai plus trop le temps de lire en ce moment. Je suis tombé sur une version livre audio sur Youtube, le tout narré par Michael Lonsdale. En tout cas, ça me donne tellement envie que je pense que je vais me le faire sous peu !

De mémoire, ce que tu évoques renvoie à cette logique que l'Humain passe par les trois phases de l'enfant au sage homme, en passant par l'âge transitionnel de l'ado-adulte. D'abord l'enfant est obéissant et accepte le monde tel qu'on lui présente et il cherche à s'y conformer sans le questionner. Puis vient la phase de surhomme, où l'individu questionne son environnement et entend le modeler pour l'adapter à sa volonté. Et ce n'est qu'à la suite à l'expérience de cette confrontation, faite de réussites et d'échecs, que l'homme acquière une certaine forme de sagesse du monde et apprend à le redécouvrir avec un oeil neuf, comme un nouveau-né, comme un enfant quoi... De mémoire ça se tient à ça. Maintenant, si je me rends compte en écoutant le merveilleux Michael que j'ai raconté du flan, bien sûr je ne manquerais pas de repasser par là pour corriger mes erreurs.

Pour moi, associer la figure de l'enfant à une sorte de renaissance de l'individu - un reboot de l'être mais sans perdre pour autant le fruit de la sagesse accumulée - colle effectivement très bien à ce qui arrive à Kusanagi à la fin du film. D'ailleurs, Nietzsche lui-même n'utilise pas également la figure du nouveau-né dans 2001 pour symboliser le passage de l'Humain vers un nouveau stade d'évolution ? ...Et cette scène ne se déroule pas d'ailleurs sur fond musical d' "Ainsi parlait Zarathoustra" ? ;-)

Comme quoi Nietzsche, Kubrick, Ghost In The Shell, tout ça est plus ou moins lié. De toute façon, à partir du moment où il s'agit de réfléchir aux mêmes questions - ici celles liées à la nature profonde de l'Humain - pas étonnant que tout finisse par se recouper.

En tout cas, merci encore pour ton commentaire, Iskandar. Moi je vais de ce pas télécharger mes livres audio et mettre ça dans mon téléphone. Je sens que je vais m'instruire demain en allant au boulot !

N'hésite pas à repasser sur ce blog et - si ce n'est pas déjà fait - à aller jeter un coup d'oeil sur ce merveilleux film qu'est 2001. J'en ai d'ailleurs écrit un article, donc ça permettrait de boucler la boucle ! ;-)

Farouk 11/10/2016 22:01

Mais quelle analyse !
Vraiment, un revisionnage du film donne encore plus de profondeur à ton analyse.
Vraiment, c'est la meilleure critique de Ghost que j'ai pu lire.
J'avais décelé la trame philosophique, mais pas à ce niveau :D
Encore bravo :) !

L'homme-grenouille 20/10/2016 11:07

Salutations Farouk !

Merci pour ton commentaire, cela fait vraiment plaisir.
Je suis content de constater que, même dix ans après, cet article continue à faire son office, c'est-à-dire offrir à qui le souhaite un angle personnel sur cette œuvre qui me tient particulièrement à cœur.
En espérant que le remake que nous prépare nos amis d'outre-atlantique saura être (plus ou moins) à la hauteur !
En tout cas, n'hésite pas à fureter sur ce blog et à commenter si l'envie t'en dit. Tes points de vue personnels seront toujours les bienvenus.

Peverell 24/04/2016 08:42

Merci pour cette brillante analyse qui a le véritable mérite d'être simple et compréhensible contrairement à beaucoup d'autres que j'ai lu avant de tomber dessus.

L'histoire (très complexe) cache, comme vous l'expliquez si bien, une puissance philosophique très avant-gardiste pour l'époque.

Cependant, une question continue de me tarauder l'esprit.
Bien qu'ayant des visions diamétralement opposées de leur condition, Kusanagi et le Puppet Master aspirent au même objectif : plus d'humanité et par là, une plus grande raison de vivre, un plus grand but,... un "purpose". Si la vision et les moyens pour y parvenir du Puppet Master sont parfaitement compréhensibles, je ne comprend pas l'explication que vous donnez de l'aspiration de Kusanagi. Si son principal problème est son corps artificiel (qui rappelons-le contient encore d'ultimes traces d'organicité, donc de génétique, donc de Vie), en quoi perdre ce corps pour s'ouvrir à l'immensité du Net la rendrait plus humaine ? Ne perdrait-elle par là-même le dernier artefact physique de son humanité ? En quoi une conscience pure peut-elle revendiquer une humanité ? Voilà ma préoccupation, qui rejoint un peu la perplexité de Batou durant le film XD

Encore une fois merci pour votre analyse.
Cordialement.

L'homme-grenouille 24/04/2016 21:27

Salut Peverell.

Merci pour ton commentaire. Cela fait plaisir de voir que même les vieux articles sont encore lus et font encore leur office. (L'air de rien, celui-ci a déjà dix ans !)

Pour répondre à ta question, je pense que tout est plus ou moins dit par Kusanagi quand elle parle avec Bateau après sa plongée mais aussi dans l'ascenseur. En gros, pour elle, son corps, c'est sa limite. ce qui la perturbe, c'est que son physique, son visage, sa voix définissent la manière dont elle est perçue et dont elle se perçoit. Ses sensations et ses sensibilités dépendent de son corps. Si elle n'avait pas tous ses implants, elle ressentirait les choses différemment, comme l'alcool par exemple. De même, avec un autre corps et un autre visage, on la considérerait peut-être autrement. Au final, Kusanagi se sent prisonnière de cette condition là. Elle a l'impression que son corps ne lui appartient pas. Bref, elle a l'impression de ne pas s'appartenir non plus.

Au fond, ce que lui propose le Puppet Master, c'est d'aller au-delà de son propre corps. Il lui propose de s'émanciper de cette seule expérience physique pour en épouser une autre. Ainsi Kusanagi a-t-elle le sentiment de se libérer ainsi son esprits de ses entraves corporelles. Avec un autre corps, elle s'offre la possibilité d'explorer une autre partie d'elle-même. Ainsi pourra-t-elle sentir autrement, se sociabiliser autrement... D'ailleurs, il est intéressant que le film se termine sur elle, avec un nouveau corps, regardant la ville, et se demandant quel endroit va-t-elle visiter en tant que "nouveau né" ? D'ailleurs, ça m'amuse de me dire que ce film était l'un des préférés de jadis les frères Wachowski. Quand on sait qu'aujourd'hui ce sont des soeurs, on est en droit de considérer qu'ils ont du particulièrement se reconnaitre dans ce propos. ^^

Voilà. Je ne sais pas si c'est clair. En tout cas n'hésite pas à reposter un commentaire si tu veux d'autres éclaircissements.

Merci encore et peut-être à bientôt sur ce blog !

Yunan 23/01/2016 23:28

je suis impressionné par votre analyse, c'est le genre de chose dont je serai surement passé a coté même en regardant plusieurs fois le film,faut dire que j'ai plus l'habitude de regarder des film et des animé avec moins de profondeur et qui sont plus dans l’excès d'action humour et autre,J'ai regarder la bande annonce du dernier film Ghost in the Shell ya quelque jours, ce qui ma donner envie de le voir,mais comme je n'avais encore jamais vu de film GITS j'ai donc décidé de revenir au source, mais je me suis aperçue que je garder toujours en moi cette salle habitude qui fait que j'ai un regard superficielle sur ces chef d'oeuvre de l'animation,je ne voulait pas resté plus longtemps quelqu’un de stupide et ignorant,je voulait apprécier ce film en tant que grand chef d'oeuvre de l'animation, non parce que tout le monde l'affirme, mais parce que c'est ce que je pense vraiment de lui,c'est comme cela que je suis tombé sur votre site, et je dois dire que vous êtes incroyable dans votre analyse de ce film, vous avez su redonnez la vue a un aveugle, merci pour cela ! et bonne continuation.

L'homme-grenouille 30/01/2016 17:21

Salut Yunan,

Désolé de répondre aussi tard, surtout à un commentaire aussi flatteur ! je suis très heureux de constater que même mes plus vieux articles (l'air de rien, celui là va bientôt soufflé ses dix bougies) peuvent encore trouver leur lectorat.

Pour ma part je n'ai toujours pas regardé le trailer du nouveau GITS. je ne savais même pas qu'il était sorti. Pour ma part, je t'avoue que je ne suis pas très chaud de le voir. L'air de rien, pour moi, ce film, c'est un petit peu un chef d'oeuvre chanceux. Quand je vois ce que Mamoru Oshii et l'anime en général sont capables de faire, notamment (comme tu l'as dit) en terme de dérives humoristiques, visuelles, ou bien encore en termes métaphisicobullshit, la sobriété de ce film n'en est que d'autant plus unique...

Ah quand j'y pense, le cyberpunk me manque... ;-)

En tout cas, merci encore pour ton commentaire, et peut-être à bientôt sur ce blog !

l'homme-grenouille 11/10/2013 18:54

Merci beaucoup Isabelle !

Ce genre de commentaire me fait plaisir, surtout sur des articles aussi anciens. Tu m'as donné l'occasion de le relire, d'en corriger les fautes (peut-être en ai-je laissé) et de régler les
quelques soucis de mise en page lié à la migration de ce blog sur Overblog.

En tout cas, je suis ravi que ce genre d'article t'ouvre un autre regard sur cette oeuvre. C'était justement le but. Si ce blog te plait, j'espère que d'autres articles qui y sont hébergés sauront
satisfaire ta curiosité de cinéphile.

Bon plaisir sur ce blog !

isabelle 10/10/2013 21:08

Alors là, chapeau bas l'homme-grenouille : je viens de découvrir votre blog. Ghost in the shell est le premier film d'animation japonais que j'ai vu (un ami infographiste belge et très talentueux
me l'a offert il y a déjà quelques années...). J'ai été soufflée, profondément touchée par la perception sensible de quelque chose de profond et fort.
je n'aurai pas la prétention de dire que j'ai poussé l'analyse aussi loin que vous mais en vous lisant, je comprends mieux pourquoi il m'a tant ébranlée.

J'avoue tout de même avoir eu bien du mal avec le scénario la première fois (il était très tard !!) mais il fait partie depuis lors de mes films cultes avec Blade Runner.
Je vous félicite encore de la justesse de vos propos et de la finesse de vos analyses...eh non, il n'y a pas que du bavardage stérile sur le net...ouf !

l'homme-grenouille 13/11/2012 22:35

Salutations GITS fan,

Merci de tes compliments. il y avait bien longtemps que je n'avais pas eu de commentaire sur cet article, à tel point que j'en vais presque oublié l'existence. ça me fait d'autant plus plaisir que,
dès fois, je galère tellement depuis que mon blog a été déporté d'Allociné, que je me demande même à quoi celui-ci peut encore servir... Alors quand je constate qu'un article aussi ancien que
celui-ci fait encore plaisir à des fans de ce chef d'oeuvre, forcément, ça fait du bien.

Pour répondre à tes questions sur Innocence et Stand Alone Complex, sache que je suis beaucoup moins fan d'Innocence. A mes yeux, il est un peu à l'image d'Avalon du même Oshii, plein d'idées de
fond et de forme, mais carrément trop confus pour être amplement plaisant. Ce que je trouve dommage, c'est que GITS était court, donc sec et direct dans son propos. Dans Innocence, des dialogues
interminables s'enclenche pour parler un peu de tout et de n'importe quoi. Ce n'est pas inintéressant, mais cela n'a pas vraiment de ligne directrice claire. Tu dois être frustré que je ne t'en
dise pas davantage, mais c'est aussi parce que - malheureusement - n'ayant pas réellement été emballé, je ne l'ai vu que de fois, et cela il y a bien longtemps, si bien qu'aujourd'hui je ne m'en
souviens plus trop.

Pour ce qui est de Stand Alone Complex, je vais être plus rapide puisque je ne l'ai pas vu cette série ! Tu vas me dire "mais pourquoi ? Pour un fan de GITS, c'est étrange !" le pire, c'est que je
serais surement d'accord avec toi. Ce n'est d'ailleurs seulement maintenant que je me demande pourquoi je ne m'étais jamais posé la question plus tôt.

Voila donc pour ce qui en est de mon côté. j'espère que tu auras l'occasion de trouver d'autres articles à ton goût sur ce blog. @+

GITS Fan 12/11/2012 21:45

Excellent article.Tellement bon que je brûle d'envie de vous demander votre avis sur Innocence et la série Stand Alone Complex(qui a l'air encore plus compliquée au niveau de la philo ^^)

Par contre je comprends pas quand vous dites animation rudimentaire...pour moi Ghost In The Shell est l'un des plus beaux film d'animation de son époque.Les couleurs employé,les soucis du détails
ect je prendrais le risque:rien ne vaut l'animation de Ghost In The Shell !!!

l'homme-grenouille 13/06/2012 21:52

Merci de ton commentaire Luc !

Je m'excuse par avance de ne pas avoir répondu plus tôt à ton commentaire mais j'ai été débordé ces derniers temps et je n'ai pas eu l'occasion de venir sur mon propre blog. Malgré tout, je n'ai
pas grand chose à rajouter à ce que tu as dit. D'abord je te remercie de tes compliments. Ensuite, j'adhère totalement à ta remarque sur les oeuvres que tu cites et qui ont dû certainement
influencer Oshii.

Sache aussi que cela me fait d'autant plus plaisir d'avoir un commentaire sur cet article que c'est l'un des premiers que j'ai rédigé et qu'il a déjà quelques années au compteur. Je t'avouerais
d'ailleurs que j'ai en réserve quelques versions alternatives que j'ai rédigé depuis. Je n'ai jamais osé y retoucher, de peur de faire pire que mieux. Mes vacances approchent bientôt. Peut-être en
profiterais-je pour retaper un peu ce blog qui en a bien besoin.

A plus tard peut-être et bonne lecture !

Luc 21/05/2012 18:31

Bravo pour ce commentaire de Ghost in the shell ! Très intelligent et très pertinent !
On aurait également pu ajouter un petit laius sur les influences ayant nourri Oshii (Chris Marker, Blade Runner, Rastignac de Balsac...), mais l'article est tout de même excellent.
Bravo !

Startouffe 20/12/2009 16:51

En réaction à Darkskywalker...je viens de relire ton commentaire, un an et demi après que l'ai posté (^^) et je tenais juste à exprimer ce qui me semblait implicite, c'est que je suis entièrement d'accord avec toi.

Malgré tout, il semble que la revalorisation de ce chef d'oeuvre risque de passer par une autre voie. J'ai entendu dire que Mamoru Oshii s'était risqué à une réédition de son film et que Speilberg serait prêt à en faire une version "live". Enfin, on verra bien...

Cela fait un petit moment que je comptes réécrire cet article, mais je n'en trouve ni la force ni le courage... Sûrement te prévindrai-je si jamais je passe enfin à l'acte...

En tout cas merci de tes commentaires réguliers cher Dark, ne crois pas que je ne les lis pas ou que je les trouve inconséquents, c'est juste qu'en général ton propos est clair et ne mérite aucun rajout. Il se suffit à lui même et je ne vois pas ce que je pourrais lui rajouter... Il en va de même sur ton blog que je consulte de temps en temps. En tout cas, j'espère que cela ne te découragera pas de continuer à t'exprimer sur ce blog. Tu sais que tes remarques sont toujours les bienvenus...

Darkskywalker 30/03/2008 19:41

J'ai vu récemment Ghost in the shell, je n'ai pas le même recul pour juger l'histoire mais j'ai trouvé ton article intéressant, tes propos sont en accord avec le sentiment que m'avait donné le film.
Je ne sais pas si on peut parler de mépris pour ce film, disons que, c'est malheureusement toute l'animation japonaise qui est mise à l'écart mais tout comme l'est le cinéma asiatique de manière générale.

Je crois néanmoins que le succés grandissant des mangas apportera peut être du changement, et que ces oeuvres maitresses de cet art subiront un jour un nouveau rayonnement. N'oublions pas que maints films doivent parfois attendre de longues années avant que leur nom s'impose. Ghost in the shell est déjà devenu une oeuvre majeure pour tout amateur de manga et la popularité de Matrix a également mis en avant sa principale influence assumée, à savoir GITS.

Ghost in the shell 2 a été le premier film d'animation présenté à Cannes, les Miyazaki ont un succès grandissant dans le monde, et les mangas qu'ils soient sous la forme de bande dessinée ou de séries animées connaissent de plus en plus de succés. J'ai personnellement bon espoir que ce film aura un jour la reconnaissance qu'il mérite auprés du grand public, car pour l'heure peu d'autres films peuvent se vanter d'avoir créer une réflexion similaire et aussi approfondie que celle de GITS.

telords 03/03/2007 04:03

le problèmeEt oui ! le problème de ce type d'anime (bien sûre que bien d'autre anime par la même occasion) c'est qu'il ne sont pas traduis en français et par la même occasion je dois avouer que la plupar des animes sont en anglais, japonais ou même et ce occasionellement en espagnol.... Il faudrais que les anime soit traduit dans plusieurs langue ... GITS as été un de mes préfèrer et pour ceux que cela peut interesser il y a aussis final fantasy children advent qui est de même type quoi que moin bien dévloper mais bon ! C'est dur de trouver mieux que GITS

Startouffe 04/12/2006 19:10

Effectivement il est quand même assez rare d'entendre dire du mal de GITS de la part des gens qui se sont risqué à le voir, mais justement, s'ils se sont déjà risqué à le voir c'est que d'une certaine manière ils ont considéré qu'il méritait d'être vu... dont au fond il s'agit là d'une population qui a déjà franchi les préjugés qui pèse sur ce GITS et sur la japanime en général.

Voila donc pourquoi le qualificatif "méprisé" me semble quand même justifiée, surtout si on prend en compte l'ensemble des cinéphiles! GITS est aujourd'hui un film qui vieillit (plus de 10 ans déjà!), peut-on dire qu'il est entré dans le rang des grands classiques du cinéma? - Personnellement je n'en suis pas du tout sûr : je ne pense pas qu'un cinéphile lambda estime que GITS se doit d'être vu, ne serait ce que pour sa culture.

C'est en cela que j'estime que GITS est un film méprisé! Le monde du cinéma dans son ensemble ne le juge pas à sa juste valeur et c'est ce qui, dans mon esprit, à justifié ce qualificatif!

Désolé de mettre lâcher sur la réponse, mais comme tu as pu le comprendre, ce film me tient beaucoup à coeur et chaque commentaire ne fait que raviver les braises de ma passion ;) !!!! donc que dautres n'hésitent pas à laisser de commentaires, ça me fait toujours plaisir, et d'ailleurs merci pour le tien Donnyph!

Donnyph 04/12/2006 18:42

méconnuje trouve l'adjectif "méprisé " ne convient pas vraiment à ce film ,j'utiliserais plus MECONNU, car ,rares sont ceux qui ont vu le film ,et qui ensuite en ont dit du mal.

En tout cas ,superbe analyse ,tres profonde ,peut etre meme autant qu'n ghost ...et 'd'ailleur ne serait ce pas la tien qui t'a souflé tout ca ? lol

Allez a plus !

Anya 16/07/2006 00:01

Bien pratique que cet index des articles...
Analyse très complète de ce merveilleux film qu'est Ghost in the Shell. Je l'ai bien vu 5 fois, et je n'ai toujours pas l'impression d'avoir saisi la totalité de son propos.
Mais c'est vrai que dans le cas où le cyborg ressemble en tout point à un être humain, cela porte à remettre en cause ce qui définit et différencie vraiment l'Homme du robot.

Roy Callaghan 15/07/2006 12:36

Ton commentaire sur le film est tres pertinent. Je n'ai pas grand chose à ajouter, rien de tres constructif à dire, si ce n'est que ce film m'a énormément marqué. Je ne l'avais pas vu sous un angle aussi complexe, mais sa richesse m'était apparu.
Merci pour tes critiques, notamment celle de The Faculty ou j'ai été bluffé de découvrir une analyse aussi proche de la mienne.
Je retourne à la lecture de ton blog.

Roy.

Rupo 20/05/2006 15:30

Un raisonnement brillant. Je suis impressionné. Impressionné et dégouté d'être passé à côté de toute cette profondeur philosophique. Je me vois donc dans l'obligation de le revoir.
Le sujet touche à l'essence même de l'existentialisme. Comment me perçoit on? Comment percoit-on mon âme dissimulée derrière ce corps? Comment perçoit on notre propre âme cachée par notre corps? En lisant cet article, j'ai repensé à une constatation toute bête. Comment visualise t on dans notre esprit les âmes des gens? Si on y réfléchit bien, leur âme prend la forme de leur visage. Dissocier l'âme et le visage physique est extrêmement difficile.
Alors dans cet article on évoque le terme 'prison' pour le corps. Je lui préférerais le terme d'outil. Car au final, le corps reste un lien entre l'âme et le monde physique. Et même si il nous confine, il nous permet néanmoins d'expérimenter une foule de sensations auxquelles ne peuvent s'adonner des entités spirituelles pures et ainsi augmenter notre perception du monde dans lequel on vit et diversifier notre vision.
Cela peut aussi expliquer pourquoi le puppet master souhaite un corps, car en tant qu'esprit, il ne peut connaître que les faits mais pas les vivre.
Donc voilà, il faut que je revoie ce film. Cela me permettra certainement de mieux afiner mon avis.

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