Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
1 janvier 2013 2 01 /01 /janvier /2013 13:00

Top 2012 Entête JPG

 

Comment ça mon image d’entête est pourrie ? C’est vrai que l’année dernière j’avais rendu hommage à la fin de la saga Harry Potter et, en toute logique, j’aurais dû faire de même cette année en me raccrochant à une autre grande saga qui, en cette année 2012, a pris fin. Mais bon, entre Twilight et les Batman de Nolan, l’hésitation était trop grande, comme vous pouvez vous en douter… Donc voilà pourquoi j’ai décidé de faire siéger en entête de cet article l’affiche de ce chef d’œuvre de Roland Emmerich. Voilà un film qui finalement a eu le mérite, en 2009, d’anticiper à la perfection ce qu’allait être cette année de cinéma : une année apocalyptique. Et, reconnaissons au moins au génie d’outre-Rhin la cohérence de sa démarche. Lui au moins avait su mettre en adéquation fond et forme : à ce sujet que fut la fin du monde, il y avait associé fort pertinemment une forme de cinéma qui annonçait la fin du cinéma. Or, au jour d’aujourd’hui, alors que tout le monde vient de nous gonfler comme pas deux avec leurs conneries de calendrier maya, on est passé à autre chose du jour au lendemain alors qu’au niveau du septième art, la fin du monde est toujours là. « Roh ! Ça y est ! Il est reparti dans son discours blasé du cinéma ! Il nous refera donc le coup chaque année ! » Bah oui, je m’en doute : cela doit être redondant pour les lecteurs qui sont fidèles à ce blog mais c’est un fait me concernant : la crise a fait mal au cinéma et, depuis 2009, les signes d’apocalypse cinématographique sont légions, et cette année 2012 n’en est qu’un nouveau et désœuvrant exemple.

 http://fr.web.img2.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/89/43/69/20150437.jpg http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/85/32/85/19859026.jpg http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/90/68/49/20330375.jpg

Avant de s’émerveiller sur tout ce que cette année a pu offrir de meilleur, penchons nous malgré tout sur ces signes de mauvaises augures que 2012 a pu nous apporter. Il y a d’abord eu ces multiples rappels qui nous ont été faits, nous signalant que la création n’avait désormais plus sa place parmi les grosses productions. Comme un symbole, on a vu se reproduire d’innombrables sagas qui désormais n’en finissent plus. Cette année, on a ainsi eu droit à Twilight chapitre 5, Avengers chapitre 6, ou James Bond chapitre 23 et enfin un Spider-man chapitre 1, tome 2. Il est d'ailleurs drôlement significatif ce retour de l'homme-araignée à l'écran. Le dernier opus de Sam Raimi tournait encore dans les salles il y a de cela seulement 4 ans, mais bon… L’appel de l’argent facile a visiblement été le plus fort puisque la saga raimisienne est déjà morte et enterrée par ce mot désormais devenu à la mode : le « reboot »… Une drôle de façon de concevoir le « renouveau ». Le pire, c’est que Spider-man n’est finalement pas un cas isolé. La logique du « reboot-à-gogo », de remake, de suite, est désormais clairement lancée et pleinement assumée. Une fois de plus, cette année 2012 en a été la parfaite illustration. Les projets sont annoncés dans tous les sens, de Blade Runner à Videodrome, le tout devant certainement prendre la même forme que l’insipide Total Recall. Et quand on ne reboote pas, on « préquellise ». Et voila du Bilbo ou du Prometheus pour délayer à nouveau au lieu de rechercher du côté de la création ! Et parce que le cynisme n’a plus de limite aujourd’hui dans le monde du cinéma-business, on n’hésite pas à coupler cette idée vaseuse de la prequel à d’autres idées comme celle de la trilogie interminable. Ainsi, non content d’être vides de sens et d’intérêt, Prometheus et Bilbo serviront néanmoins de points de départ à de nouvelles sagas. Des sagas suites de sagas, mais qui ne sont même pas des suites parce que des prequels justement… Vous suivez ? Vous trouvez ça con ? Pourtant c’est ce qu’on se bouffe actuellement… Qui aurait pensé que le monde des majors tomberait un jour aussi bas. Finalement, avec sa Menace fantôme sortie en 1999, George Lucas s’était posé à l’époque comme un précurseur du cinéma non-créatif qui nous envahit aujourd’hui. Et voilà d’ailleurs qu’on nous annonce que Mickey va relancer la franchise Star Wars… Comment peut-on franchement y voir un signe encourageant ?

http://fr.web.img3.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/85/31/58/20033271.jpg http://fr.web.img3.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/88/95/51/20301381.jpg

Certains rétorqueront sûrement à ce merveilleux élan de pessimisme que les majors américaines ne font pas le cinéma à elles toutes seules : qu’il y aussi le cinéma des auteurs ! …et le cinéma du reste du monde aussi ! Côté « reste du monde », pour moi cette année a vite réglé la question. La frilosité des distributeurs européens nous a fermé les portes de l’Asie si bien que c’est presque contraint que je me retrouve avec un classement purement occidental. 2012 a donc bien été une forme de fin du monde pour moi dans la mesure où j’ai vu disparaître tout une partie de ma planète cinéma… Me reste malgré tout le cinéma occidental me diriez-vous, et notamment la diversité que peut donc apporter le cinéma d’auteur. Mais là encore, pour le côté « auteur », l’Europe et l’Amérique ont su aussi démontrer à quel point elles étaient toutes les deux des continents malades. Je ne reviendrai pas sur la déchéance de Ridley Scott qui ne semble même plus savoir ce qu’est de la science-fiction. De même, j’ose à peine évoquer le pauvre Clint Eastwood… Quand il ne nous endort pas avec son J. Edgar d’un autre temps, il parle à des chaises vides pour défendre une Amérique d’un autre âge… La déchéance, c’est triste… Le constat pourrait être le même en Europe. Il suffit juste d’évoquer un seul nom pour se rendre compte de ce qu’est devenu le cinéma d’auteur européen : Michael Haneke. Alors on pourrait chercher la relève, et en Amérique on tombe sur Ben Affleck. Comme ses prédécesseurs, Argo a brillé par son style impersonnel. Mais bon, cela n’empêche pas à bon nombre de personnes de dire d’Affleck qu’il est le futur… Clint Eastwood. La blague… La question reste de savoir si on fait ici référence au Clint de l’âge d’or ou du Clint actuel qui sombre dans la sénilité. Moi, j’ai ma réponse… Je vous laisse la deviner… Ensuite, pour ce qui est des nouveaux auteurs, il reste aussi les fils à papa, autre symbole pas très encourageant pour l’avenir. En Amérique on a donc eu droit cette année au nouveau film de Jason Reitman qui, après deux trois films plutôt frais lors des années d’embellies, nous montre désormais qu’il ne fait que suivre la mode du moment. Et sortir de l’Amérique sur ce sujet n’est pas forcément plus rassurant. Dans la logique du film de « fils à papa », la France est encore une fois une parfaite illustration. Cette année c’est clairement Radiostars qui décroche, avec Douglas Attal, le pompon avec le placement de fiston le plus horrible de l’histoire du cinéma depuis le Grand chemin. Après avoir dit tout ça, difficile de se dire qu’il y ait pu avoir du « meilleur » dans cette année 2012, n’est-ce pas ? C’est vrai : les années passant le cinéma que j’aime se raréfie. Mais bon, même des pires mécaniques il peut parfois ressortir du bien…

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/85/39/18/19863020.jpg http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/83/12/86/19864547.jpg

Certes, je me suis plaint des sagas et reboots à gogo, il n’empêche que le film que j’ai désigné cette année comme le film de 2012 sort de cette logique. Je me plains aussi des vieux auteurs dégénérés, pourtant vous constaterez que certains vieux papys ont su faire de la résistance. Je prendrais comme exemple Francis Ford Coppola et William Friedkin qui ont su revenir à leurs premières amours avec une jeunesse pour l’un et un esprit transgressif pour l’autre que beaucoup de jeunots pourraient leur envier. De même, parmi les jeunes fils à papa, le jeune Josh Trank ne doit sa place à la direction de Chronicle que grâce à ses relations personnelles. Cela ne l’a pourtant pas empêché d’exprimer un réel talent, et franchement tant mieux ! Du pire, il peut donc parfois sortir du bon. Malgré tout, à se raccrocher à la statistique comme j’aime le faire chaque année, mon bilan reste ce qu’il est : assez navrant. A souligner néanmoins que pour 2012, j’ai vu 5 films auxquels j’ai octroyé les fameuses 5 étoiles sur Allociné. C’est beaucoup pour certains. Pour moi c’est la moitié de mes années d’avant crise et c’est le quota tristement habituel depuis 2009. Par contre, pour ce qui est des films à 4 étoiles, j’ai cette année moins de dix films pour compléter la liste. Certains, qui suivent assidument mes posts de critiques, remarqueront peut-être que cette baisse est la faute à une fréquentation des salles plus faible me concernant par rapport aux années précédentes. C’est vrai, cette année je dépasse à peine les 80 films vus quand je dépassais la centaine les années précédentes. Mais ne nous leurrons pas non plus. Je n’ai pas déserté les cinémas faute de temps : je les ai désertés faute d’intérêt. Si j’étais allé voir vingt films de plus, cela aurait sûrement été pour voir les rares films asiatiques qui ont su débarquer dans nos contrées mais qui répondent tous à la logique bobo de I Wish… ou bien encore pour donner leur chance à des films comme Total Recall, le dernier Ozon, ou bien encore Battleship… Je ne sais pas vous, mais moi je ne suis pas sûr que si j'étais allé voir ces films, mon taux de bonnes notes se porterait mieux… Donc bref, à faire un bilan de tout ça, ceux qui n’ont pas eu le temps d’arpenter les salles obscures pourront au moins avoir une satisfaction : les séances de rattrapages de cette année 2012 risquent d’être brèves tant l’année ne fut pas prolixe en chefs d’œuvre. Malgré tout, au milieu de ce cinéma qui se meurt de monolithisme et d’absence de créativité, il y a donc quand même quelques œuvres vers lesquelles je vous conseille de faire un détour…

 

 

 

Le Top 10

 

 

 

http://fr.web.img2.acsta.net/r_160_240/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/83/56/27/20158098.jpg 1. The Dark Knight Rises    

« Oh mais quelle surprise ! » devez-vous vous dire en découvrant ce « TDKR » régner sur l’ensemble de cette année 2012 ! De la part d’un mec qui a écrit une multitude d’articles sur Batman et Nolan, et qui plus est un mec qui ne s’est exprimé cette année que sur ce film par le biais d’un article, comment un autre choix aurait-il pu être possible ? Alors certes – désolé !  – ça fait le vieux qui radote ; ça fait le gars qui se touche devant chaque Batman de Nolan comme une ado s’amourache d’un Twilight… Mais j’assume amplement ce choix. On jasera sûrement d’autant plus que beaucoup ont jugé cette conclusion de la saga « pas à la hauteur », brouillonne, confuse, pompière, mais bon… Rien ne me fera revenir sur mon choix et ma perception… Et cela pour deux raisons. Oui, ce TDKR est sûrement perfectible. Mais d’une part, aucun de ses concurrents de cette année n’a pu prétendre à davantage de perfection. Et surtout d’autre part, aussi imparfait soit-il, ce film fut tout de même l’un des rares qui soit capable de se montrer aussi riche dans son propos que travaillé dans sa forme… et cela sur 2h40 s’il vous plait ! Bah oui, désolé de radoter, mais ce film est un film de Christopher Nolan, et les films de Christopher Nolan sont comme ça : brillants.

 http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/83/56/27/20183154.jpghttp://fr.web.img2.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/83/56/27/20092719.jpghttp://fr.web.img2.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/84/48/34/20082864.jpg 

Oui TDKR est un film brillant et en évoquer les raisons ne ferait que répéter les multiples arguments que j’ai déployé dans un très long article que j’ai écrit sur le sujet. Voilà pourquoi j’entends donc me contenter de quelques fulgurances qui – je l’espère – sauront au moins convaincre les plus sceptiques que cette place est loin d’être volée. Tout d’abord TDKR, c’est le film qui sait faire oublier qu’on a affaire à un blockbuster alors même qu’on nous sert une multitude de scènes spectaculaires et remarquablement bien filmées. TDKR, c’est aussi le film qui a le mérite de boucler vraiment la boucle. Pas de fin à l’emporte pièce, sortie de nulle part, mais bien une réelle progression sur trois épisodes qui donne à l’ensemble une cohérence rarement égalée. TDKR, c’est encore cette capacité à faire cohabiter d’un côté l’aspect encyclopédique vis-à-vis de l’univers Batman avec de l’autre côté une lecture contemporaine et nouvelle de ce héros légendaire. Enfin, TDKR c’est surtout une nouvelle leçon de cinéma en termes de rythme, d’envolée lyrique et de rigueur narrative. Alors oui, j’admets amplement le caractère pathétique de la scène-clef de Marion Cotillard dans ce film – un truc à vous flinguer un film à lui tout seul – mais ça ne me rendra pas aveugle à l’ensemble des autres qualités de cette œuvre hautement maitrisée par l’un des plus grands génies que le cinéma ait connu jusqu’à présent. Alors oui, c’est peut-être blasant et monotone d’avoir à encenser Nolan et ses œuvres au fur et à mesure des années, mais il n’empêche que me concernant, je ne me lasserai jamais de ce couple détonnant entre audace et maîtrise…

 

 

 

http://images.allocine.fr/r_160_240/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/86/40/76/19996345.jpg 2. Chronicle    

C’est sûrement LA surprise de l’année. Pourtant tous les éléments qui sont constitutifs de ce Chronicle sont connus et ont déjà eu le temps d’être usés. Il y a d’abord le thème des ados à super-pouvoirs. Il y a aussi cet aspect de teen movie qui se prend au sérieux. Mais surtout, il y a ce found footage qu’adopte le film ; ce procédé qui consiste à donner un aspect documentaire à son film alors qu’il n’en reste pas moins un pur produit de narration artificielle. Blair Witch et Cloverfield l’avaient fait avant lui et une flopée d’autres films leur ont emboité le pas depuis, que ce soient les [Rec], les Paranormal Activity ou bien même des Projet X… Malgré tout Chronicle se distingue de la concurrence, non pas par l’apport d’ingrédients nouveaux et originaux, mais juste parce qu’il est le premier selon moi à être parvenu à ENFIN maîtriser ces nouveaux outils narratifs.

http://fr.web.img3.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/86/28/55/20002211.jpghttp://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/86/28/55/20002216.jpghttp://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/86/28/55/20002210.jpg

Oui, à mon sens, mon adoration de Chronicle ne vient essentiellement que de cette capacité qu’il a eu enfin à tirer le meilleur du found footage fantastique. Ça ne bouge pas trop dans tous les sens ; la réalisation est lisible, le montage est nerveux et surtout la démarche est nette. Chronicle, c’est le film d’une génération. La génération des moins de trente ans ; la génération qui a connu une adolescence 2.0 et qui n’a aucun référent adulte pour les guider dans cette forme nouvelle de sociabilisation et d’épanouissement de soi. Sur la forme, Chronicle adopte le ton des vidéos de Youtubers, avec la jouissance de cette spontanéité et de cette absence de prétention dans l’objet filmé. Dans le fond, le voyage au milieu de ces adolescents qui découvrent leurs nouveaux pouvoirs, ces nouvelles formes d’expression de leur être, est l’occasion de montrer que ces nouveaux outils ne changent en rien les adolescents. Au contraire, ils les révèlent davantage, dans leur insouciance au début ; dans leur fragilité à la fin. Et le pire, c’est que cet équilibre enfin trouvé dans le found-footage fantastique à la sauce teen movie est le fruit d’un jeune gamin qui a la vingtaine... Bravo donc à Josh Trank. J'attends de voir ses autres films avec impatience...

 

 

 

http://images.allocine.fr/r_160_240/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/85/42/35/20039667.jpg 3. Twixt    

De toute cette liste de films, s’il y en a bien un qui m’a fait me dire qu’il ne fallait « jamais dire jamais », c’est bien ce Twixt ! Pourquoi ? Parce qu’avant ce film, Francis Ford Coppola était pour moi un auteur qui n’avait plus rien à me proposer d’alléchant : l’homme sans âge comme Tetro avaient été deux trips plastiques qui, moi, m’avaient laissé de marbre. Le pire, c’est que je ne vois pas en quoi Twixt est si différent que cela de ses deux prédécesseurs. Finalement, là aussi on est dans un trip plastique, jusqu’au-boutiste, avec un univers qui semble tourner sur lui-même. Or, pour une raison que j’aurais bien du mal à expliquer, pour moi Twixt a fonctionné du début jusqu’à la fin.  

http://fr.web.img2.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/85/42/35/20024453.jpghttp://fr.web.img3.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/85/42/35/20024450.jpghttp://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/85/42/35/20024459.jpg

Alors - vous me connaissez trop bien pour que je vous fasse le coup – je viens de vous dire « j’aurais du mal à expliquer » mais vous vous doutez bien que l’amoureux de dissection intellectuelle que je suis doit bien avoir deux ou trois éléments d’explications dans sa besace. Bien sûr, je l’ai énoncé et j’en parle encore, mais la composition plastique du film est loin d’être négligeable dans ce film. Elle est à la fois garante de l’ambiance de ce Twixt comme elle est aussi une des formes de l’illustration du propos. Car oui, au fond Coppola nous invite à regarder la fin des choses comme une façon détournée d’atteindre la délicatesse, malgré la peur que cela puisse engendrer. Bien évidemment, quand Coppola parle de fin, il parle de SA fin. Mais – par tous les dieux ! – que la fin de Coppola est belle quand on la compare aux fins aigries d’autres artistes (tousse – Haaaneke ! – tousse). Alors ceux qui me connaissent me rappelleront sûrement que je suis le premier à me plaindre quand un artiste tourne autour de son nombril, qu’il se laisse aller à un exercice de style, et que l’éloge que je fais actuellement de Twixt ne fait que me contredire. Le pire c’est que vous auriez peut-être raison d’affirmer cela, même si au fond de moi je trouve que la force ici du maître a été de savoir rendre ce regard universel, notamment grâce à la remarquable composition et interprétation du personnage de Val Kilmer. Mais bon, peut-être que le talent de Val Kilmer n’est qu’une excuse à la con. Peut-être que ce film se limite à un simple exercice de style qui se regarde son nombril de cinéaste. Eh bah après tout, si c’est le cas, je m’en fous… Je suis prêt à revenir sur n’importe lequel de mes propos tant que c’est pour reconnaître l’ivresse que peut m’apporter une œuvre. Or là, après TDKR et Chronicle, voila bien là le film qui m’a apporté le plus d’ivresse lors de cette année 2012…

 

 

 

http://images.allocine.fr/r_160_240/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/88/64/21/20079610.jpg 4. Moonrise Kingdom    

Moi qui dis souvent que Tim Burton est un génie disparu parce qu’il ne sait plus se renouveler et qu’il se contente de reprendre ses codes jusqu’à l’usure, je me rends compte que je pourrais dire presque la même chose de Wes Anderson. Bah oui, parce qu’au fond, ce Moonrise Kingdom est une belle illustration de « Wesandersonnerie »… une de plus. On reprend les univers loufoques, les décors qui ressemblent à des maisons de poupées géantes, on reprend jusqu’aux mêmes personnages marginaux qui – encore une fois – sont incarnés par les mêmes acteurs. Mais bon… Toujours la même chose ou pas, moi – désolé ! – je suis encore une fois à fond accro dessus.

http://fr.web.img1.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/88/63/68/20104251.jpghttp://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/88/63/68/20081693.JPGhttp://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/88/63/68/20081689.JPG 

J’aime Wes Anderson. J’aime son Moonrise Kingdom. On parle parfois d’auteurs qui ont un regard particulier sur le monde. Wes Anderson fait indéniablement partie de ceux là. Avec lui l’endroit le plus chiant ou le plus banal du monde devient un superbe terrain de jeu ; les thématiques les plus graves peuvent devenir les thématiques les plus innocentes ; les enfants peuvent être des adultes et les adultes peuvent être des enfants. Pour moi, la magie de Moonrise Kingdom, elle vient de là. Le cinéma d’Anderson n’est pas une mécanique qui tourne à vide, c’est bien au contraire une mécanique qui a encore des aspects du monde à broyer puis à reconstruire. Ce rapport identitaire entre enfants et adultes, Anderson l’avait déjà caressé, mais jamais vraiment abordé de front. Là, il l’a fait, et pour moi ce mec à tout compris à l’humain. Du moins, il m’a amené à revoir l’humain sous un autre angle. Et pour ça, franchement, bravo !

 

 

 

http://images.allocine.fr/r_160_240/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/86/03/52/20260405.jpg 5. God Bless America  

Chaque année il y en a un… Il y a toujours un petit chef d’œuvre qui me passe entre les doigts et que je me dois de rajouter après coup. Et c’est rageant ! je vois prêt d’une centaine de films par an pour justement éviter que les rares perles m’échappent... et pourtant. Car oui, pour moi God Bless America est vraiment l’un de mes énormes coups de cœur de 2012... même si je ne l’ai découvert qu’en février 2013... Encore une fois, je me dois bien de remercier ce cher JW sans qui une pelletée de films brillants me passerait clairement entre les doigts. Enfin bon, où est le mal puisqu’au final, ce film je l’ai vu... Et où est le problème pour vous dans la mesure où vous voila désormais mis au courant de l’existence de ce petit bijou.

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/86/03/52/20126559.jpghttp://fr.web.img3.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/88/70/84/20091698.jpghttp://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/86/03/52/20126555.jpg

Petit bijou ? Oui, je s’assume. Ce que j’aime dans ce film indépendant américain, c’est qu’il est transgressif comme jamais et jusqu’au-boutiste dans sa démarche. Pourtant le principe de base a déjà été ressassé mille fois. Un quadra américain, divorcé, dénigré par sa famille ses voisins et ses collègues, se trouve au bout du roulbab… La seule différence entre ce God Bless America et les milliers d’autres films ayant déjà traité ce sujet, c’est que dans celui-là, le héros a décidé, avant de se tirer une balle dans le carafon, de régler quelque peu ses comptes avec cette société bête et méchante qui est responsable en bonne partie de ses malheurs, histoire de remettre les conteurs à zéro avant de se tirer une balle dans le carafon. Bien évidement, rien ne va vraiment se passer comme prévu, surtout à partir du moment où une petite morveuse de 15 ans (magnifique Tara Lynne Barr) décide de se mêler de cette affaire. Ce que j’ai trouvé de génial dans ce film, c’est qu’il a le mérite de partir au quart de tour, ne s’embarrasse pas des convenances, et pose tout de suite l’état d’esprit. Or, le pied, c’est que Bob Goldthwait tient ses promesses en persistant dans le cynisme annoncé par l’intro, le tout en sachant parfaitement le marier avec un humour noir tordant de rire, le tout alimenté par une liberté de ton très rafraichissante. Non, décidemment, je confirme ce que j’ai annoncé tout en haut : ce film fait partie des bijoux de l’année.

 

 

 

http://images.allocine.fr/r_160_240/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/90/74/11/20320850.jpg 6. La Chasse    

Voilà le seul film non-américain qui m’a donc enchanté cette année, et il est danois. Certains seront d’ailleurs sûrement étonnés que ce soit ce film là qui ait su avoir raison de moi tant il est décrié justement pour n’être ni original, ni subtil et encore moins maîtrisé de bout en bout. Pourtant, pour avoir lu ce qu’on reprochait à cette Chasse, je m’ose à dire que, dans sa grande majorité, la critique parisiano-bourgeoise a tout faux. Je l’affirme non pas parce que j’estime que les bobos parisiens ont forcément tort et moi forcément raison, je l’affirme parce que les arguments qui ont été avancés péremptoirement pour dézinguer ce film démontrent pour le coup à quel point ils ont tous été dupés par un conditionnement intellectuel qui les a littéralement enfermé dans une lecture stérile de l’œuvre.

http://fr.web.img1.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/90/74/11/20271611.jpghttp://fr.web.img2.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/90/74/11/20271609.jpghttp://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/90/74/11/20271614.jpg 

Je ne vais néanmoins pas vous leurrer, je reconnais que ce film étant minimaliste, mon adoration pour lui ne repose que sur pas grand-chose. Or, passer à côté de ce « pas grand chose », c'est tout de suite se retrouver face à un film qui, sur bien des points, est relativement banal. Pour ses détracteurs d'ailleurs, ce qui fait que cette Chasse n’a rien pour elle, c’est que le film n’ose jamais faire aborder par les protagonistes le fond réel du problème. Thomas Vinterberg est en effet accusé d’éluder le sujet pour éviter qu’il ne soit résolu en dix minutes et que son film ne tombe à l’eau. La vénérable Marie Sauvion ne disait-elle pas : « En vrai, le héros aurait rappelé à son meilleur pote qu’ils se connaissent depuis plus de vingt ans et qu’il savait très bien que jamais il n’aurait été capable d’une chose pareille. » Oui, effectivement, c’est ce qui nous apparaît à NOUS comme la réaction la plus logique. Seulement voilà, Marie Sauvion et ses confrères semblent ne pas avoir compris que le sujet était justement l’absence de communication. Communiquer est certes logique, mais ce n’est pas pour autant que c’est le processus normal d’un petit patelin planqué dans la cambrousse danoise. Bah oui ! Pour avoir des racines issus des tréfonds ruraux du Santerre, je n’ai rien vu d’illogique à ce que tout ce gentil petit monde n’ose pas aborder les problèmes en face. Dans le Santerre comme dans le petit village de la chasse, quand on doit se dire les choses, eh bah « en vrai », on éprouve les plus grandes difficultés à en parler, parce que justement on n’a pas cette culture rationnelle. Or, c’est là que je trouve que Vinterberg frappe juste et fort. Oui, pour moi le film ne repose que sur ça, mais il l’illustre remarquablement bien. Être un gars qui a de la jugeote au milieu d’une communauté bien gentille mais bien repliée sur elle-même, qui n'ose jamais dire les choses et bousculer l'équilibre de la gentille communauté, eh bien c’est une plaie. Le personnage principal ne dit rien parce qu’il sait que, dans ce monde, la parole rationnelle ne pèse rien face au sentiment commun. Le seul moyen de prouver son innocence sera de la démontrer non pas par les paroles, mais par l’émotion, les attitudes, les actions. Ce film montre toute la difficulté d’une société basée sur ces fameuses valeurs de « bon sens » dont on vante tant les mérites dans les campagnes mais qui sont clairement les ennemis du droit et de la justice quand il s’agit de régler les problèmes « entre nous ». Brûlot ? Critique ? Constat ? Franchement rien de tout ça. Vinterberg se contente juste de nous poser face aux faits, et de nous questionner à chaque étape de ce qui pourrait bien être fait dans ce genre de société où l’émotion et la cohésion sociale passe avant la raison et le droit. A ce niveau, le personnage de Mads Mikkelsen est remarquablement écrit et interprété, puisque c’est de par sa réaction mesurée et inhabituelle que le film parvient réellement à rendre sensible la question qui est au cœur de ce film. Alors oui, cela repose sur rien, mais c’est justement pour ces moments de délicatesse et de subtilité là que j’adore aussi le cinéma.

 

 

 

http://images.allocine.fr/r_160_240/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/84/55/42/19961614.jpg 7. The Descendants    

Pour le film précédent, je parlais de délicatesse et de subtilité. Voilà bien deux mots que je pourrais aussi aisément associer à ces Descendants. Est-ce d’ailleurs parce qu’ils ont su solliciter cette même veine chez moi que ces deux films se suivent dans le classement ? Je ne sais pas. Je ne pense pas… Pourtant c’est vrai, comme la Chasse, ces Descendants ne reposent que sur pas grand-chose : il y a juste cette petite douceur en plus, cette absence de lourdeur émotionnelle, ce décalage que produit le lieu qui fait que le charme que génère ce film semble plus reposer sur des détails que sur le fond de l’œuvre. Autre similitude dont je me rends compte aussi : comme La Chasse pouvait se reposer beaucoup sur le génie de Mads Mikkelsen, là aussi, pour ces Descendants, le film doit beaucoup au talent de George Clooney qui sait incarner à lui seul la démarche subtile du film. Mais bon, je ne tape pas quelques paragraphes pour chaque film pour justifier mes choix, mais bien pour vous inciter à découvrir un film. Arrêtons donc là les comparaisons car, au fond, ces Descendants, se distingue clairement de la Chasse dans leur rendu final.

http://fr.web.img3.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/84/55/42/19857057.jpghttp://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/84/55/42/19857070.jpghttp://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/84/55/42/19835082.jpg 

Je disais tout à l’heure « délicatesse » et « subtilité » pour décrire ces Descendants, mais à dire vrai, le mot qui correspondrait certainement le plus serait : « équilibre ». Oui, je trouve que ce film m’a clairement envouté pour cela. Cela pouvait virer vers le film « indé » qui regarde aigrement la réalité social, mais ce n’est pas vraiment le cas. Cela aurait pu être un feel-good movie aussi, mais là encore ce n’est pas vraiment le cas. Cela aurait pu être un film sur Hawaii, mais là encore, ce n’est pas non plus pleinement le sujet. Descendants, c’est un peu tout ça, mais ce serait le réduire que de le limiter à seulement ça… Sa force, sa délicatesse, son ton, trouvent justement leur force à savoir faire cohabiter tous ces aspects sans jamais vraiment valoriser l’un par rapport à l’autre. On pourrait ne pas savoir sur quel pied danser, et pourtant c’est l’inverse qui se passe. Moi, j’avais l’impression de « flotter » dans ce film : je ne savais pas trop sur quoi me reposer, dans quelle veine glisser, dans quelle émotion sombrer… Mais la réalisation d'Alexander Payne est tellement équilibrée que je suis resté ainsi en suspension jusqu’au générique de fin. Ainsi, Descendants a-t-il pu me raconter une histoire forte avec des personnages vrais sans que jamais je n’en ressente le poids ou l’inertie. Certains s’en plaindraient sûrement. Moi, j’ai adoré ressentir cette sensation que je ressens si peu au cinéma. Alors oui, il a l’air de rien ce film, mais c’est justement parce qu’il est presque rien qu’en soi, pour moi, il en dégage encore mieux son tout.

 

 

 

http://fr.web.img3.acsta.net/r_160_240/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/82/31/84/20079900.jpg 8.  Starbuck    

Starbuck, ou LE feel-good movie de l’année. C’est presque aussi le film de l’intégration me concernant, car autant je me doute qu’on pourra me contester fortement pour tous les films que j’ai précédemment cité, autant je pense que personne ne remettra en cause la présence de ce Starbuck dans le classement tant il est « sympa ». Ce qui est marrant avec ce film, c’est que tout le monde est en général d’accord pour dire qu’ils a aimé ce Starbuck, mais la plupart du temps, ils sont peu à savoir dire pourquoi. La réponse est rarement la même. Certains évoquent le sujet. D’autres évoquent cette belle histoire d’humains que tout pourrait séparer mais qui se rapprochent grâce à un lien aussi arbitraire que ténu. Quelques uns ont même carrément évoqué les charmes de cet accent québécois inégalable. Quand j’écoute tout cela et que je mets les arguments bout à bout, je me dis qu’effectivement il y a un peu de tout ça dans mon attrait pour Starbuck, même si finalement je me dis que l’essentiel est ailleurs.

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/85/53/06/20152516.jpg http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/82/31/84/19956021.jpg http://fr.web.img2.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/85/53/06/20152523.jpg

Comment un film aussi simple peut finalement se retrouver parmi les films qui m’ont le plus marqué durant cette année ? Il y a pour moi deux choses. La première est pour moi la plus importante. Elle tient non pas au sujet, qui est un prétexte, mais surtout à la démarche du film. Le but est de forcer un individu lambda à reconsidérer son rapport aux autres, et à percevoir l’ensemble des anonymes qui l’entourent comme des êtres qu’il aurait pu chérir. Aux regards de la période actuelle, Starbuck se pose presque comme une démarche salutaire. Alors qu’aujourd’hui on aurait tendance à laisser les autres avec leurs propres problèmes parce qu’après tout « ils sont responsables de ce qu’ils connaissent et qu’on en a déjà suffisamment à gérer de notre coté », Starbuck nous oblige à considérer les choses autrement. La petite junky part peut-être en sucette parce qu’elle a personne sur qui s’appuyer ; les gamins du beau-ftère sont peut-être incontrôlables parce qu’on a jamais pris le temps de chercher à les contrôler… Pour moi, ce film apporte cette fraicheur là, celle de se dire qu’on se sentirait tous mieux à être davantage soucieux les uns des autres. Le problème de Ken Scott, c’est qu’il part peut-être trop dans le mielleux sur la fin et que cela fait sombrer quelque peu le film dans le ridicule. Néanmoins, je trouve que cela passe malgré tout parce que, bien qu’il ne témoigne pas d’une réelle inventivité dans sa mise en scène, Scott sollicite une deuxième qualité qui pour moi fait la différence : le rythme. Starbuck s’ennuie très rarement avec les passages obligés, il rentre très vite dans son sujet et enchaine les cas sans nous faire languir. De même, il est d’autant plus efficace dans son rythme qu’il parvient à superposer les niveaux d’intrigue, entre la découverte de ses bambins et sa lutte contre la procédure lancée par ses enfants pour l’identifier. Donc oui, au fond Starbuck est pour moi un très bon film de cette année car il a su cumuler deux qualités qu’on retrouve aujourd’hui rarement dans un même film : une vraie science de l’écriture, le tout au service d’une sincère générosité…

 

 

 

http://fr.web.img1.acsta.net/r_160_240/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/85/38/83/20137597.jpg  9.  Killer Joe

Je parlais plus haut de Coppola qui revenait pour renouveler son cinéma comme un petit jeunot le ferait. Pour ce film, on pourrait aussi parler du retour d’un ancien. Par contre, ici, par de nouvelle jeunesse puisque ce sont les mêmes vieilles recettes qui sont utilisées depuis des décennies. Mais, après tout, ou est le problème si ces recettes marchent encore ? Le papy en question, c’est William Friedkin. Son dernier film remonte déjà à 5 ans, il s’agissait de Bug, un film diablement efficace. Pas de grosse révolution pour ce retour avec Killer Joe, on retrouve le goût du malsain et les méthodes insidieuses du père de l’Exorciste… Mais personnellement je m’en fous : putain que c’est efficace !

http://fr.web.img1.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/85/38/83/20161782.jpghttp://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/85/38/83/20161781.jpg

Comme je sais que j’aurais l’occasion de reparler de ce Killer Joe par la suite, je ne vais pas trop m’étendre sur le sujet ici. Je vais me limiter à l’essentiel pour que vous compreniez bien ce qui fait pour moi qu’un film de Friedkin mérite toujours d’être vu et revu. Ce que j’aime chez ce mec, c’est qu’il a une capacité à réveiller chez nous notre partie sombre. En voyant ses films, on a des réflexes, des attentes et des interprétations parfois malsaines. On n’ose à peine se l’avouer, mais Friedkin sait que cette nature malsaine est en nous, comme en chaque humain, et il sait nous la titiller de manière très subtile. Ici, comme d’habitude, on commence en douceur pour progressivement plonger aux enfers. J’ai lu ici ou là que Killer Joe a peut-être trop loin dans la tension, dans le malaise, dans la violence. Pour moi, certainement pas. A partir du moment où rien n’est gratuit, je ne vois pas pourquoi on considèrerait qu’on aille trop loin. Après, c’est sûr, on parle de Friedkin, un vieux de la vieille qui fait les choses à l’ancienne, sans aseptiser son cinéma comme on pourrait le faire de nos jours. Rien que pour cela aussi, je trouve que ce film mérite une fois de plus qu’on s’y attarde et qu’on s’y attache (mmmmh). 

 

 

 

http://images.allocine.fr/r_160_240/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/92/31/04/20217764.jpg 10.  Elle s’appelle Ruby

Etrange transition que de passer de Killer Joe à ce Elle s’appelle Ruby. Seulement voilà, la magie du classement veut ça. Je finis donc mon Top 10 par ce Elle s'appelle Ruby et je dois malgré tout bien avouer que j’ai longtemps hésité sur la position que je devais donner à ce film. C’est que, comme le précédent film de Jonathan Dayton et Valérie Faris, j’ai nommé Little Miss Sunshine, ce Elle s’appelle Ruby supporte assez mal le revisionnage. La première fois j’ai été super emballé, emporté par le tourbillon, curieux de voir jusqu’où les auteurs pourraient conduire leur drôle d’aventure. Lors de la seconde vision par contre, l’effet de découverte étant passée, on se retrouve confronté face au fait que le film manque clairement de densité et de richesse formelle, si bien que parfois on se tourne un peu les pouces. Malgré tout, comme vous pouvez le constater, j’ai placer ce film dans mon top 10, c’est donc qu’au final, il me reste malgré tout des éléments dans ce film qui me font le chérir.

 http://fr.web.img3.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/92/31/04/20198069.jpghttp://fr.web.img3.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/90/23/47/20193563.jpghttp://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/90/23/47/20193562.jpg

Deux choses me font littéralement jouir dans ce Elle s’appelle Ruby. Tout d’abord, il y a la démarche de ce film. Elle s’appelle Ruby est une comédie romantique, qui entend user de tous les codes de la comédie romantique. Seulement voilà, moi ce qui me gonfle avec les comédies romantiques du moment – notamment les comédies romantiques américaines – c’est qu’elles sont toujours très réacs, notamment par cette habitutde qu'elles ont quasiment toutes à s'embourber dans une vision de l’amour et de la relation amoureuse qui sont très imprégnées de la traditionnelle morale judéo-chrétienne… Elle s’appelle Ruby casse ça. Au lieu de s’arrêter à « Oh ! Nous nous aimons... Qu’est-ce que c’est cool ! », le film va plus loin en commençant d’abord par questionner ce rapport angélique de cette relation en faisant de Ruby, la fille non pas parfaite – mieux – la fille voulue, puisque le gentil Calvin peut la modeler à sa volonté. Du coup, Elle s’appelle Ruby rentre dans un champ très intéressant : on n’est pas seulement là pour s’emmitoufler dans une guimauve sans sens, on se questionne sur ce qu’on veut vraiment dans une relation. Et le film ne s’arrête pas seulement à l’étape fusionnelle, il va au-delà : il questionne la pérennité du couple, et donc l’évolution du sentiment amoureux. Malgré tout, je rassure tout de suite ceux qui craignent le traité philosophique : Dayton et Faris n’entendent pas trop creuser la question pour nous inonder de propos (c’est peut-être ce qui manque malgré tout pour la deuxième vision). On sent qu’ils ont voulu miser sur la romance avant tout. Or, et c’est le deuxième point fort, ils y parviennent grâce à un couple à l’écran qui fait un remarquable boulot : Paul Dano et Zoe Kazan. Alors oui, à la deuxième vision, le côté mièvre étouffe un petit peu la possibilité de creuser la démarche, mais il n’empêche : à la première vision cela donne clairement du peps à l’ensemble. Donc, ne serait-ce que pour la première fois, laissez vous tenter et faites vous franchement plaisir…

 

 

 

 

=> Pour la suite du meilleur de 2012, veuillez tourner la page... 

Partager cet article

Repost 0
Publié par L'homme-grenouille - dans Sélections de l'homme-grenouille
commenter cet article

commentaires

l'homme-grenouille 12/02/2014 23:08

Pas de souci !
Je fais ça avec plaisir et je suis content que certains, comme toi, s'y retrouvent !
Merci pour ton commentaire et à la prochaine sur ce blog !

Mickael 07/02/2014 09:51

Salut ! Effectivement, c'est très difficile de tous les voir ! D'ailleurs, grâce à tes sélections, je rattrape certains films que je n'étais pas allé voir comme Starbuck, je n'osais pas le voir à
cause du québécois pas toujours facile à comprendre mais il est très bien finalement !

Pour God Bless America, un grand bravo sur toute la première partie du film mais il y a eu un coup de mou (zoom sur la relation des deux) avant la fin comme si le réal avait peur d'y aller à fond
dans le genre humour grinçant et voulait quand même rajouter du patos que je n'est pas trouvé franchement nécessaire.

En tout cas, je rejoins ton point de vue sur "les bêtes du sud", je ne l'aurais jamais vu si j'avais dû choisir, il se trouve que je l'ai vu par hasard et j'ai pris une claque !

Merci pour le temps que tu passe à commenter tous ces films et à bientôt !

l'homme-grenouille 29/01/2014 13:46

Salut Mikael !

Effectivement je n'ai pas vu ce film, "les bêtes du sud sauvage"...
Comme tu as pu le constater, je vais déjà voir pas mal de films au cinéma, mais bon... je n'ai pas forcément le temps ni l'envie de tous les voir. Donc, presque logiquement, il y a quelques pépites
qui m'échappent. Par exemple, c'est le cas dans ce top de "God Bless America" que j'ai découvert après la rédaction de cet article. Je l'ai malgré tout intégré, chassant pour le coup "Projet X"
dans la liste additionnelle...

En toute honnêteté, ces "bêtes du sud" ne me tentaient pas du tout, mais bon... Maintenant que quelqu'un me les a conseillé, je pense que si l'occasion se présente, je m'y risquerai. Merci donc du
conseil, et n'hésite pas à pondre un commentaire sur n'importe lequel de ces articles, quelque soit leur date de parution. Pour moi tout reste d'actualité...

Bonne continuation à toi sur ton blog et peut-être à une prochaine fois sur celui-ci !
A plus...

Mikael 28/01/2014 17:56

Bonjour, c'est un peu hors sujet avec les autres commentaires mais je viens de voir votre sélection 2012 et je suis très étonné de ne pas voir "Les Bêtes du Sud Sauvage" étant donné que votre
sélection est très pertinente, je pense que vous n'avez peut être pas eu l'occasion de le voir car je trouve qu'il mérite amplement sa place dans votre sélection. ^^

l'homme-grenouille 26/01/2013 00:08

Salutations cher Red,

Merci de tes compliments, ils font toujours très plaisir.
C'est toujours agréable de savoir qu'on est lu et surtout que des gens puissent alimenter leur passion du cinéma à travers des blogs comme celui-ci.

Que tu préfères ce blog aux critiques, je le conçois aussi pleinement. Seulement voilà, si ça peut te rassurer ce n'est pas le fait de faire mes critiques qui m'empêche de consacrer du temps au
blog. Le problème c'est le temps et - surtout - la disponibilité intellectuelle. ça peut paraître con à dire, mais en général quand je suis bien reposé du ciboulot, les articles s'écrivent tout
seul sans gros souci, ce qui n'est pas le cas quand je bosse et que j'ai déjà passé ma journée à cogiter. Donc les moments adéquats pour écrire des articles sont rares, ce n'est pas les idées qui
me manquent. Un temps j'étais arrivé à un article par mois. Je ne te cache pas que je vais essayer de reprendre cette cadence... mais progressivement hein ^^...

Pour ce qui est d'un article sur Perfect Blue, j'avoue que si tu ne l'avais pas proposé, je n'y aurais pas pensé. En général j'écris mes articles quand j'ai l'impression qu'un truc énorme est
présent dans un film mais que personne ne le voit. je trouvais que c'était le cas de Paprika... Je ne suis pas sûr que ce soit aussi évident pour "Perfect Blue".Il se trouve que malgré tout, vers
la fin avril, je vais utiliser ce film dans le cadre d'un cours d'audiovisuel. Je vais donc forcément le revoir et porter une analyse dessus. Si elle se révèle plus riche que prévu, alors pourquoi
pas... A toi de revenir zieuter de temps en temps vers cette période !

P.S. J'ai reçu un mail il n'y a pas longtemps via Overblog. J'ignore si c'était de ta part ou d'un autre... Mais tout ça pour dire que je ne réponds jamais aux mails. Si vous désirez une réponse,
le com reste encore le plus efficace !

red 21/01/2013 02:31

bonjour, je laisse ce commentaire pour vous encourager a continuer car vous m'avez éclairer sur bien des films, que je n'avait pas trop compris, donc bonne continuation et mes felicitations pour
votre travail.
ps: je prefere ce blog au critique de allocine
pss: si possible qu'il est un article sur perfect blue merci.

l'homme-grenouille 15/01/2013 19:33

Salutations (à nouveau) Zhurricane,

Je n'ai qu'une seule chose à dire pour commencer : "Tu n'as pas encore vu Dark Knight Rises ? La chance !" J'espère aussi que la découverte des autres films saura t'apporter quelques
satisfactions.

Pour ce qui est de Projet X, je ne vais pas vraiment m'évertuer à la défendre. Pas que je ne l'apprécie pas, mais effectivement parce que je crois que c'est le genre de film-trip auquel t'accroche
ou pas. Perso, je ne suis pas trop fan de ce type d'humour avec pouffes MTV mais bon, à chaque fois "Projet X" a su tenir l'équilibre pour que je sois pas expulsé, au point que, lorsque le film
déjante finalement, je n'en suis que plus happé.

Je l'ai vu deux fois ce film. A chaque fois le tournant pour moi a été au même endroit. Le moment où le héros est sur le toit et décide de faire un fuck à l'hélicoptère. Pour moi c'est le point de
départ au VRAI grand défouloir. Moi j'ai vraiment senti ce sentiment qu'à partir de ce moment, tous les coups étaient permis. Or, cette sensation d'incertitude qu'on peut avoir face à un film qui
semble être capable de tout, moi ça m'emballe.

Pour le reste, le film ne semble certes pas nourrir de grandes prétentions. Pourtant, je trouve qu'à utiliser les codes des teen-movies un peu trashs du moment, il arrive finalement à jouer
d’ambiguïté. D'un côté, il semble adopter une forme très commerciale et consensuelle par rapport au public visé, de l'autre côté il semble toujours faire une peinture acerbe de cet univers
superficiel. J'extrapole peut-être, mais le fait est que j'ai vraiment aimé ce film. Après -effectivement - ça ne doit pas tenir à grand chose et j'en ai conscience...

Zhurricane 09/01/2013 15:35

Encore moi ^-^
Alors n'ayant que peu l'occasion d'aller au cinéma, je n'es vu dans ce top que projet x. Les 9 autres films de ton classement on à l'air en tout cas très bien, nul doute que j'en verrais quelques
un dans le futur.

Justement je n'est pas trouvé ce film super consistant. On arrive pas à s'attacher aux personnages, c'est plutôt la fête le personnage central. Sa me gêne parce que on rigoles pas et justement je
ne suis pas d'accord avec toi je trouve que le film n'est pas assez transgressif. Sa aurait pu encore aller plus loin et durer une heure de plus (oui une heure de plus) et là peut être que j'aurais
été conquis. Après le lance flamme à la fin c'est le seul truc qui es bien trouvé, mais je trouve ça mince.

Tu dis que ce film nous questionne sur la nature de l'ordre social, peut être c'es vrai.Et sur la jouissance de la régression, là c'es vrai mais le problème c'est que j'ai l'impression que le
spectateur est écarté du film, en somme on arrive pas à être aussi exiter que les personnages.
Après je sais pas si tu aimes American Pie, mais moi je retrouve dans ce film beaucoup plus d'envie de le regarder que dans ce projet x. Même si sa tourne autour d'un humour scatologique, sa n'en
reste pas moins très efficace sans qu'on en est pourtant honte. C'est bien le problème avec projet x j'ai pas retrouvé l'aspect comédie du film. Après c'est normal que ça donne des idées de faire
des fêtes e projet x dans la réalité.

Présentation

  • : Le blog de l'homme-grenouille
  • Le blog de l'homme-grenouille
  • : Exilé d'Allociné mais la motivation reste intacte ! Par ce blog j'entends simplement faire valoir notre droit à la libre-expression. Or, en terme d'expression, celle qui est la plus légitime est celle des passions. Moi, je suis passionné de cinéma, et je vous propose ici mon modeste point de vue sur le septième art, en toute modestie et sincérité, loin de la "bien-pensance" mondaine. Puisque ce blog se veut libre, alors lisez librement et commentez librement. Ce blog est à vous...
  • Contact

Recherche