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1 janvier 2014 3 01 /01 /janvier /2014 22:00

 

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Oooooh yeeeeah biiiiiaatch ! 2013 c’est over ! BOOOOAAAM ! (...et là l’idéal aurait été d’intégrer juste en dessous de ces lignes le GIF d’une grosse explosion numérique pompée de n’importe quel bousin de cette année, mais bon, c’est encore la crise ma petite dame... et puis ça aurait fait moche aussi...) Vous l’aurez compris, fin d’année oblige, j’essaye de respecter un petit peu l’atmosphère dominante de cette année... Or, pour moi, le premier truc que je retiens de cette année c’est blockbuster US, blockbuster US et blockbuster US... Je ne cite même plus les titres puisqu’après tout chacun de ces films étaient plus ou moins les mêmes, avec les mêmes scénarios qui en avaient rien à foutre de multiplier les incohérences, avec les mêmes trouze-millions de points de Blake Snyder, mais aussi les mêmes effets numériques dégueulasses, tout ça fait sur fond d’orange et de bleu... Quand je dis ça, j’ai l’impression de faire davantage un résumé de mon activité sur ce blog (qui n’a d’ailleurs jamais été aussi dense ! Mazette !) que de faire un résumé de l’actualité cinéma. Mais après tout, n’est-ce pas lié ? D’ailleurs, je tiens à en profiter pour noter que cette augmentation de mon activité s’est associée à une augmentation du flux de visiteurs sur ce blog. Il n’est en effet pas rare qu’on frôle - voire dépasse - la barre symbolique des 100 visiteurs uniques par jour. Je sais que pour d’autres blogs ce n’est rien – même par rapport au temps où ce blog était hébergé par Allociné c’est peu - mais bon, moi ça me fait plaisir de savoir qu’un petit lectorat se reconstitue petit à petit... ça fait plaisir de savoir que ce qu’on fait est lu, parfois décrié, parfois apprécié... Et rien que pour ça, merci aussi à vous... Je me rends d’ailleurs compte qu’en tant d’années de blog, je n’avais jamais pris l’occasion de vous remercier, alors je profite de ce bilan de fin d’année pour le faire. Je le fais notamment pour ceux qui préfèrent m’envoyer des mails plutôt que de me poster des commentaires. Sachez qu’avec le système d’Overblog je ne sais pas trop comment répondre sans me retrouver subitement à découvert, à vous répondre avec mon adresse perso, donc systématiquement, j’ai tendance à ne pas répondre. Ne croyez pas que je sois ingrat. Bien au contraire. Ça me touche beaucoup. A la base je fais ça pour moi et quelques potes, pour qu’on puisse en parler après coup lors de conversations intéressantes et nourries. Mais du coup, quand je constate que d’autres s’intéressent à ça et parfois même participent avec un commentaire, ça me fait vraiment plaisir. C’est cool, alors que le cinéma s’écroule, de constater que malgré tout la passion du cinéma est encore là, et qu’elle peut encore se partager...

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Parce que oui, comme je le disais plus tôt, moi ce que je retiens de cette année (« comme les années précédentes » allez vous dire...), c’est cette standardisation – cette uniformisation – des films projetés sur nos écrans. Les salles préfèrent désormais passer le même film dans trois salles différentes pour des logiques de rentabilité plutôt que de diffuser trois films différents. Et encore, quand je parle de trois films différents, encore faut-il pouvoir y distinguer des différences. Puisque maintenant, parmi les grands studios et distributeurs, ce sont les businessmen qui font les règles, c'est souvent le même genre de film qu'on se bouffe selon la saison (...bah oui, les graphiques disent que ces mieux ainsi... LES GRAPHIQUES !) Ainsi, on se retrouve avec tous les blockbusters l’été ; tous les films d’auteurs l’automne et rien entre janvier et juin (à part les quelques pépites qu’il faut savoir trouver dans cette rivière de cailloux moisis...) « Donc, on avait raison : rien de neuf par rapport au discours de l’an dernier et de celui de l’année d’avant » vous allez me dire... Eh bah oui, c’est vrai... Et c’est triste... C’est justement triste que cette situation s’enlise, voire pire, s’accentue. Je retiendrais d’ailleurs comme principal évènement de 2013 cette intervention de Steven Spielberg annonçant la fin du cinéma US tel qu’il avait été institutionnalisé depuis l’ère du Nouvel Hollywood. D’après lui les sommes engagées sont trop importantes ; les auteurs sont trop timorés ; les productions sont trop standardisées... C’est vrai que toi, Stevie, tu peux parler... C’est pas comme si tu ne participais pas au truc... Tu n’es qu’un pauvre auteur sans le sou qui ne peut pas s’affranchir du système, c’est évident... Mais bon, je pense qu’il a raison. Au bout d’un moment, les gens ne seront plus prêt à payer pour voir des films qu’ils ont déjà vu mille fois, qui les prend pour des cons et qui, en plus, ne parviennent même plus à les faire rêver. Parce que oui, je suis désolé de le dire mais je le pense : je ne suis pas sûr que ce soit le fait de tout rendre possible grâce aux effets numériques qui fasse davantage rêver les gens... Au bout d’un moment l’imagination a aussi son rôle à jouer... C’est une base essentielle à laquelle on reviendra forcément. Si ça doit entrainer la chute d’Hollywood, eh bien soit... On peut faire du bon cinéma sans des flopées de millions... Vivement qu’on le (re)découvre...

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Mais bon, certains répondront à ça que cet autre cinéma existe déjà, qu’il suffit d’en vanter les mérites et d’aller le voir pour qu’il se développe. Alors oui, il existe. De moins en moins, mais il existe et j’espère avec mon Top 10 savoir faire la lumière sur le pend de ce cinéma là que j’ai apprécié cette année. D’ailleurs, petite parenthèse – cette année 2013 n’est pas une très bonne année mais elle n’est pas la pire non plus. Certes, sur 98 films vus, je n’ai attribué que trois fois ma note suprême, mais j’ai aussi mis seize fois « 4 étoiles » et vingt-trois fois « 3 étoiles », ce qui est sensiblement plus que l’année précédente... Maintenant, quand j'entends de la part de certains que l'une des alternatives possibles au système américain, c'est le cinéma français, je crois qu’il ne faut pas déconner non plus. D’ailleurs, cette année fut une révélation pour moi au sujet du fonctionnement du cinéma français. Certes, je connaissais déjà les causes de la standardisation de notre chère production hexagonale (comme quoi, pas besoin de businessman pour tuer la diversité, un CNC et des réseaux de distribution aux mains d’une caste de nantis peut suffire largement). Par contre il y a un phénomène du cinéma français que je ne connaissais pas encore, c’est celui du blockbuster MADE IN FRANCE. Oui, ça existe... Cette année le gros blockbuster français c’était La vie d’Adèle. Oui oui... La vie d’Adèle est un blockbuster. Ne pouffez pas ! Soyez plutôt attentif... Qu’est-ce qu’un blockbuster, si ce n’est un film dont le principe est de tout écraser sur son passage ? Qu’est-ce qu’un blockbuster si ce n’est un film pour lequel on met tout ce qui est en notre pouvoir pour que les gens soient presque contraints d’aller le voir ? Alors certes, Man of Steel est un blockbuster, Pacific Rim est un blockbuster... Personne ne me le contestera. Dans ces deux cas, le pouvoir utilisé pour marteler et contraindre le public fut celui de l’argent : comment échapper aux affiches ? Comment ne pas avoir vu les effets spéciaux démentiels sur les sites spécialisés ? Mais finalement, dans son genre, La vie d’Adèle est aussi un blockbuster ! Là aussi on nous a martelé matin, midi et soir pour nous dire qu’il fallait aller voir ce film, là aussi un pouvoir énorme a été sollicité pour nous contraindre à aller le voir, pour au moins se faire un avis sur l’évènement du moment... Alors certes, pour le coup on n’a pas utilisé le pouvoir de l’argent, on a utilisé le réseau d’information contrôlé par ce merveilleux copinage de caste qu’est la monarchie bourgeoise à la française... J’abuse, diront certains. N’empêche le résultat est le même. Pas un spectateur lambda n’avait vu ce film là que déjà tout le monde était convaincu d’aller le voir, pire il était déjà convaincu – voire contraint, au risque de passé pour un ignare insensible, qu’il était bien. Un blockbuster je vous dis... Comme quoi le cinéma français n’a rien à redire à l’Hollywood en déroute de 2013...

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Et puis à part ça ? Quoi ? Bah toujours le même constat... En France, si tu n’es pas un film américain, ou bien un film naturaliste français, ouzbek, saoudien, japonais ou je ne sais quoi d’autre, tu n'a plus de distributeur, du moins pas en province... Alors certes, il y a bien eu l’exception Snowpiercer... Mais bon voilà, s’il faut se plier aux codes américains et intégrer un casting américain dans un film pour qu’il puisse arriver dans notre pays, c’est quand même un peu triste... Donc oui, vivement que tout ce système là se casse la gueule... Qu’on reparte à la base, qu’on fasse du cinéma avec une caméra, des acteurs, quelques bouibouis numériques qui ne coutent pas trop cher, et surtout de l’imagination... Tout le monde ne s’en portera que mieux... Alors après, je dis ça, mais je me rends compte que ce que je retiens de mieux de cette année ne correspond pas forcément à ce portrait là que je fais du cinéma. La plupart du temps, ce sont des films qui ont quand même du budget, qui ont quand même de la gueule, et qui sont la plupart du temps, soit français, soit américains... Bref, comme quoi, ça doit vouloir dire que la meilleure solution serait sûrement que le système se décrispe un peu... Peut-être... Mais en attendant de voir demain, attardons-nous sur aujourd'hui. Regardons donc ce que, selon mon humble point de vue, 2013 nous a réservé de meilleur...

 

 

 

Top 10 :

 

 

http://fr.web.img3.acsta.net/r_160_240/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/92/29/61/20471737.jpg   1. Cloud Atlas

Pour ceux qui me connaissent, pas de surprise. Ce film est ma claque de l’année, et l’une des plus grosses     que j’ai reçu au cours de la dernière décennie (oui, rien que ça). Plus d’une fois je me suis dit que je devais en écrire un article. Je me le suis dit en revenant du film la première fois, je me le suis dit en revenant du film la deuxième fois, je me le suis dit à la sortie du blu-ray que j’ai aussi vu deux fois, et je me le suis enfin dit en début de ce mois de décembre, sachant pertinemment qu’il siègerait en tête de ce top. Mais au final je ne l’ai pas fait comme c’est souvent le cas avec les films que je chéris à ce point. Le film me semble tellement clair, tellement pur, que je ne vois pas ce que je pourrais dire si ce n’est de la paraphrase. Et puis en fin de compte, comme ce fut le cas pour The Dark Knight Rises l’année dernière, je me rends compte qu’en fait une explication de texte n’aurait pas été superflue. Je me rends compte que ce film n’a pas été boudé parce que son propos n’intéressait pas les gens mais juste parce que, la plupart du temps, le propos n’avait pas été compris, la démarche avait dérouté... Je vais être sévère dans ce que je vais dire mais malheureusement c’est le sentiment que j’ai au moment où j’écris ces lignes : "mais qu’est-ce que les gens sont devenus paresseux..."

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Oui, c’est vrai, Cloud Atlas, est construit de manière très alambiquée. Mais ce n’est pas un gadget, ce n’est pas un cache-misère. Le film entend faire la synthèse d’un trait de l’humanité, d’une caractéristique propre à notre vie d’individu au sein d’une société. Or, pour le faire, pour embrasser au plus large sans lasser, il a décidé de raconter plusieurs époques en même temps, comme si de la multitude ressortait un schéma qui pouvait se condenser qu’en un. Ainsi nous dit-on dès le départ dans ce film que la façon de raconter sera certes atypique, mais que c’est la seule façon de raconter ce qu’il a à raconter. Et personnellement, je suis amplement d’accord. Certes, cela nécessite un effort de concentration, certes cela nécessite qu’on accepte d’être perdu la première fois qu'on le voit, mais la récompense est tellement grande qu’un petit effort s’impose bien...

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Que raconte ce Cloud Atlas finalement ? Il raconte l’histoire d’une humanité. Une humanité qui fonctionne selon deux modes qui s’opposent et se combattent : le premier est celui de la nature qui force les humains à vivre en exploitant d’autres humains et qui prend comme forme celle qui est la plus aliénante possible : la norme sociale. Et face à cette mécanique qui broie les individualités, de temps en temps, il y a ces quelques individus qui, de manière presque aléatoire, sont amenés à résister, juste parce qu’ils ont décidé d’être eux-mêmes, d’être libres. Ces individus sont souvent vilipendés, marginalisés, broyés, mais au final ce sont eux qui font évoluer l’humanité et la conduisent vers le progrès. L’affranchisseur d’esclave inspire le compositeur en fuite, qui lui-même va inspirer la journaliste, qui a son tour stimule l'esprit du vieil éditeur incarcéré ; qui de son côté sert de révélation à la figure libératrice de Néo Séoul qui enfin, à son tour, devient une déesse dans l’époque post-moderne... Et à mes yeux, ceux qui n’y ont vu qu’un jeu de maquillage caché derrière un propos social limité n’ont pas osé regarder suffisamment loin pour saisir tout le discours que cela implique sur l’identité même de l’individu, de son immortalité à travers sa liberté, de sa transposition possible d’une période à une autre, de son universalité selon les lieux et les temps... Ce film est un cri à la libération : libération par rapport aux normes, par rapport aux contraintes, par rapport même aux conventions. Il y a dans ce film une quantité incroyable de dialogues qui pourraient être gravés sur les frontons des bâtiments publics, un paquet de plans qui devraient être enseignés dans les écoles de cinéma, un paquet de séquence où mon coeur s’envole face à tant d’harmonie. Car oui, et c’est ça que je trouve formidable avec ce film, c’est qu’en plus d’avoir une démarche de fond très audacieuse et qui me parle énormément, la forme est juste en totale adéquation avec l’ensemble. Elle est presque une réinvention de la narration cinématographique, elle applique à la forme ce qu’elle annonce dans le fond. Personnellement, j’ai rarement vu un film aussi abouti. Il rentre clairement au panthéon de mes films préférés de tous les temps. Après, libre à vous de ne pas l’aimer, mais moi, en tout cas, sur ce Cloud Atlas, mon opinion est faite...

 

 

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J’avais adoré le Valse avec Bachir d’Ari Folman, et un peu bêtement, je pensais que ce Congrès serait du même tonneau. Fort heureusement j’avais tort. Je pensais avoir à faire à un simple réalisateur, alors qu’en fait j’avais à faire à un artiste. Parce que oui, moi je trouve qu’il faut en avoir pour se lancer là où ce Congrès s’est lancé. Non seulement il y a une véritable question qui se pose à nous dans notre rapport à nous-mêmes, à l’autre et à notre réalité. Mais en plus de ça, il y a une démarche qui vise à ne pas solliciter notre raisonnement mais plutôt nos sensations. Et sur ce sujet là, Ari Folman est allé très loin...

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Souvent on pense qu’il suffit de faire n’importe quoi pour aller très loin, que c’est là que se trouve la véritable liberté de créer. Je ne suis pas d’accord, et j’entends m’appuyer sur ce Congrès pour renforcer mes dires. Certes, plus d’une fois, je ne savais pas trop où ce Congrès entendait me mener. Plus d’une fois j’étais perdu. Je me suis même dit à un moment : "C’est certes très riche visuellement, mais au bout d’un moment, il ne faut pas oublier de raconter une histoire." Pourtant, plus le film a avancé, plus je me suis rendu compte que l’histoire, justement, se trouvait là. Folman nous montre ce que c’est de fuir le réel, de fuir le passé, de fuir la douleur... Au fond on fuit une histoire, on fuit la joie au profit d’un trip de drug addict... Et le film a cette force de savoir maintenir une forme de mélancolie qui nous ramène progressivement à la réalité. Or, ce final qui remet toutes les idées dans le bon sens, il m’a juste scotché. Là je me suis soudainement souvenu du pouvoir des images. Là je me suis soudainement rappelé ce que sont ces instants de lucidité totale qu'une véritable œuvre d’art était capable de générer. Franchement, comme Cloud Atlas, je reconnais que ce Congrès est costaud à suivre et pas très parlant pour le monde, mais en tout cas pour moi, il a été une énorme baffe...

 

 

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Et dire que j’ai failli ne pas aller le voir. Ça avait l’air si cul-cul, si classique, si guimauve... Et pourtant, c’est justement parce que c’est cul-cul, classique dans sa forme et guimauve dans son contenu que ce film m’a totalement conquis. Pour être plus honnête il m’a surtout conquis sur sa deuxième moitié et surtout sur un aspect de sa démarche parce que sinon, c’est vrai, je serais le premier à lui trouver des défauts à ce film. Il ouvre des pistes qu’il n’explore pas, il n’est pas toujours très cohérent avec lui-même, il subit la prestation en demi-teinte de Rachel McAdams (et dire que Zooey Deschanel était le premier choix du réalisateur !) et surtout il manque parfois un peu de lucidité et de subtilité quand il parle de la vie de couple dans sa seconde moitié. Mais bon, malgré tout ça il y a LE truc qui fait que, moi, je n’ai pu qu’adhérer à ce film en l’adorant pour ce qu’il est. Ce truc, c’est sa réinvention des codes de la romance...

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A dire vrai, cet Il était temps ne réinvente pas forcément les codes de la romance, il décide d’en étendre le concept à d’autres domaines que le simple registre amoureux du couple. D’habitude seul le couple a le droit à son effusion de guimauve, de tendresse et de fleurs bleues... Et je n’ai rien contre ça, au contraire j’aime bien... Eh bien justement, que Richard Curtis ait osé dans sa deuxième période étendre ce traitement à l’amour fraternel puis à l’amour paternel, personnellement, non seulement je trouve ça nouveau, mais je trouve ça remarquablement pertinent. Combien de fois on traite la perte d’un parent sous le ton du drame. Ici, avec le ton guimauve et fleur bleue de la romance, la chose prend une toute autre tournure : plus douce, plus naturelle, et franchement plus sincère. Ces derniers moments de film, où d’un seul coup la petite astuce de sauts dans le temps se transforme en mécanique de narration pour saisir une réalité de la vie - la beauté du simple quotidien -  je trouve ça juste brillant. Franchement, rien que pour ça, merci Richard Curtis...

 

 

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Boulevard de la mort, Inglorious Besterds... Voilà quelques films que Quentin Tarantino ne m’avait plus fait rêver, justement parce qu’il se laissait trop souvent aller à ses Tarantineries... Django Unchained, pour moi, c’est la réconciliation avec le grand maître. Même si j’ai encore et toujours des réserves, notamment sur cette fin interminable, je dois bien avouer que cela m’a fait plaisir de voir un bonhomme qui prend le temps à nouveau de questionner son rythme et de prendre au sérieux certaines scènes contrairement à ce qu’il a pu faire auparavant...

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Et puis voilà quoi, ce film est quand même un enchainement assez invraisemblable de scènes cultes dans lesquelles le vrai héros est pour moi Christophe Waltz. Quel talent ce gars ! Je n’en dis pas plus parce que j’aurais l’occasion d’en reparler plus tard, mais je trouve que c’est quand même significatif que, dans un film, tout le monde rayonne de mille feux. Si chaque acteur, chaque technicien est au taquet, c’est qu’il y a un matériau de base qui permet de s’exprimer pleinement. Alors certes, sur la longueur je peux nourrir des réserves sur ce Django, mais tellement peu au regard de tout ce qui me comble...

 

 

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Je me doute bien que beaucoup vont retirer beaucoup de crédit à ce Top quand ils verront cet Oblivion en cinquième position. Seulement voilà, je pense qu’il y a deux façons de voir les films de Joseph Kosinski : la classique qui effectivement peut vous amener à pester contre un scénario simpliste et vu des milliards de fois, ou celle de l’esthète qui, je pense, est celle de l’auteur, et qui vous fera découvrir un cinéma nouveau. Parce que oui, pour moi, Kosinski, ce n’est pas un narrateur, c’est un créateur d’univers. Ce film, c’est une exploration de décors, de mondes, d’atmosphères. L’histoire n’est finalement qu’un prétexte pour passer d’un paysage à l’autre, pour admirer la richesse du visuel de chaque plan, pour apprécier le soin qui a été apporté à la photographie et la bande-son de chaque moment.

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Certains parfois se moquent gentiment de moi quand je me crispe sur la photo standard d’aujourd’hui (l’orange et bleu), la numérisation de tous les effets, ou bien encore les accompagnements sonores à base de cornes de brume qu’on entend à outrance dans les blockbusters. Mais justement, je ne supporte pas ça parce que j’estime que le son, le cadre, la photo, sont des éléments essentiels pour constituer des univers. Kosinski est l’un des rares cinéastes à respecter ça de nos jours et franchement, moi j’apprécie beaucoup ça. Si simple, mais si plaisant...

 

 

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Faire figurer un film de Ron Howard dans mon top 10 : jamais je ne l’aurais cru. Soit c’est parce qu’il n’y a pas de réelle concurrence, soit c’est que le bonhomme, malgré ses lourdes conventions, a réussi à pondre un spectacle qui a une âme. Alors, le pire, c’est qu’il y a un peu des deux. Mais de me dire qu’un film de Ron Howard ait une âme, c’est déjà un sacré pas en avant. Parce que oui, je dois bien le reconnaitre, Rush reste quand même un film de Ron Howard, avec toutes les réserves que ça implique : c’est plat au niveau du rythme, c’est assez pataud dans le traitement des personnages et des dialogues et c’est convenu dans la forme. Mais bon, pour l’occasion, il y a un « mais... »

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Ron Howard, c’est aussi le mec qui tente des trucs. Le problème, c’est que souvent, il tentait mal. Ça se voyait parce que souvent ce n’était pas très pertinent. Là, je trouve par contre qu’il a trouvé une bonne formule – peut-être par hasard certes – mais le résultat a été là pour moi. D’abord il y a dans la gestion de l’évènement sportif quelque-chose de sympa qui se produit. Ron Howard ne reste pas muré dans les codes de la retransmission télé de la même manière qu’il ne part pas en sucette en essayant de s’en démarquer. Il trouve un juste milieu entre des plans très télévisuels, des plans de détail sur les moteurs très cuts et presque totalement fantasmés, et des intermédiaires assez subtils comme ces plans mobiles filmés à partir d’une voiture lors de la course. Le montage est judicieux et l’équilibre est très bon. Et ces scènes sont d’autant mieux rendus qu’Howard sait les articuler dans une intrigue qui mêle à la fois le dépassement sportif mais également la limite que pose le danger. Et dans cette articulation là, l’opposition Hunt/Lauda prend tout son sens. Et finalement, la pauvreté des dialogues et des constructions de personnages s’en retrouve compensée par le fait que chacun d’eux devient d’avantage une posture archétypael plutôt qu’un personnage profond à proprement parler. J’ai eu un peu de mal au départ, mais j’avoue que sur la fin, la magie a carrément fonctionnée. Et le pire, c’est que je reste persuadé qu’elle peut fonctionner sur un public très large, y compris les personnes allergiques au sport automobile...

 

 

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Autre bonne surprise en termes de sport à l’écran, ces Petits Princes... et en plus c’est français ! Et ceux qui me connaissent savent que je ne dis pas ça par fierté mais plutôt par surprise. Le cinéma français, pour moi c’est un cinéma sclérosé, et il fallait sûrement un petit nouveau comme Vianney Lebasque pour dépoussiérer un peu tout ça. Parce qu’au fond, ce qui m’a vraiment envouté dans ce film c’est qu’il se risque sur un paquet de secteurs casse-gueule et s’en sort – je trouve – avec les honneurs.

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Déjà – premier grand respect – avoir réussi à sortir du ghetto cinéphilique cette thématique qui me tient à cœur : le football. Souvent on s’accroche aux strasses, aux paillettes, à la folie des jeux de l’arène... mais personne n’avait jusqu’alors su explorer ce milieu comme un lieu d’apprentissage et d’initiation. Pour moi, ces Petits princes arrivent déjà à ça, et ils y parviennent aussi bien dans le fond que dans la forme. Parce que oui, Vianney Lebasque a un rapport avec l’image sur le terrain qui est très intéressant, très authentique. Il a compris comment gérer le mouvement, le rythme, le montage et – mieux encore – le ralenti. C’est qu’en plus Lebasque a eu l’intelligence d’avoir recours à de jeunes footeux plutôt qu’à de jeunes acteurs (qui au final ne sont pas si mauvais que ça), tandis que le côté charisme est quant à lui plutôt assuré par deux grands messieurs : Reda Kateb et surtout Eddie Mitchell. Finalement je tiendrais le même discours que pour Rush : pas besoin d’aimer le football pour aimer ce film, il y a suffisamment d’humanité et de talent pour que ça puisse vous enivrer...

 

 

 

http://fr.web.img4.acsta.net/r_160_240/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/93/52/00/20360511.jpg  8.  Promised Land

Quand je vois un film qui parle d’écologie avec Matt Damon dedans, je ne sais pas pourquoi, mais d’habitude ça me fait peur (en fait, le seul Matt Damon suffit à me faire peur). J’en avais même oublié que c’était Gus Van Sant qui était aux commandes. Il faut dire, son dernier film, je n’en avais pas été fan, comme c’est le cas d’un film sur deux le concernant. Mais bon voilà, pour l’occasion c’est le bon Gus Van Sant qui est derrière la caméra et – ouah ! – ça je l’ai senti.

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/93/91/65/20432429.JPGhttp://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/93/91/65/20432419.JPGhttp://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/93/91/65/20432344.JPG

Ce que j’aime chez ce mec, comme ça peut être le cas dans Paranoid Park ou Elephant, c’est qu’il sait poser une ambiance, un lieu, une situation. Il sait prendre le temps. Et là, pour moi, ce Promised Land, c’est ça : il sait prendre le temps de nous faire découvrir cette campagne. Et c’est bien là que son message passe. Moi, je suis un écolo convaincu, et je pense qu’on poserait la question à tous, tout le monde se revendiquerait écolo par principe, qu’importe ce qu’on met derrière. Un discours, une démarche intellectuelle, ça m’aurait barbé et je pense que ça aurait barbé tout le monde parce que tout le monde est convaincu du fait qu’il faille protéger la nature. Là, en nous faisant balader dans sa campagne, Van Sant parvient à poser la question différemment. Qu’est-ce que l’argent permet d’avoir et qu’est-ce qu’il ne peut pas remplacer ? Finalement, ce n’est pas tant un film écolo que ça. C’est plus un film sur la recherche de la richesse, la vraie richesse. Là le film pose une question qui va bien au-delà de l’écologie : c’est une vraie question individuelle et sociale. Rien que pour ça, moi ce film, je l’adore... J’espère qu’il saura aussi vous conquérir...

 

 

 

http://fr.web.img6.acsta.net/r_160_240/b_1_d6d6d6/pictures/210/182/21018207_2013102210303588.jpg  9. Casse-tête chinois

Suite de l’Auberge espagnole et aussi suite des Poupées russes, ce Casse-tête chinois est en quelque sorte un volet d’une saga culte dont on était en droit d’attendre beaucoup, mais aussi de risquer beaucoup d’être déçu. Heureusement, c’est un problème auquel j’ai réchappé. N’étant allé voir ce film que pour le nom de Klapisch, je n’avais même pas lu le pitch et fait le lien avec la saga. Bien m’en a pris car ce fut l’occasion de prendre le film comme ça, au débotté, sans me laisser griser ou duper par l’attente. Or, ce que j’en retiens c’est que, quand même, Klapisch c’est un réalisateur clairement au dessus de ses compatriotes et que, surtout, il a su rester fidèle à lui-même dans sa saga.

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/493/21049332_20131014160154382.jpghttp://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/493/21049330_2013101416015396.jpghttp://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/493/21049320_20131014160107002.jpg

L’air de rien, il y a du culot et de l’ambition dans cette saga qui, au départ, n’avait peut-être pas été pensée pour en être une. Et c’est peut-être justement pour ça que je la trouve aussi bonne. Chaque personnage avait été développé jusqu’au bout pour un seul film ce qui fait que, reprendre des personnages aussi riches, pour reconstruire quelque-chose qui l’est tout autant, cela amplifie l’expérience de cinéma. Et puis voilà quoi : ce qu’il y a de beau aussi dans ce Casse-tête chinois c’est que c’est SON film, SON univers, SES personnages. On sent que Klapisch les créé et qu’il aime à leur faire vivre des choses, qu’il a envie qu’ils soient heureux. Or, pour être heureux chez Klapisch, il faut vivre, se heurter à la vie, et savoir voir tout ce qu’il a de beau dans chaque contrainte. Moi personnellement, j’adhère totalement. Des œuvres aussi sincères, ça me porte, et c’est pour cela que ce film finit clairement dans mes coups de cœur...

 

10. Metro Manila

Ah j’avoue que j’ai un peu galéré pour choisir le dernier film de ce Top, tant finalement j’avais beaucoup de candidats et qu'aucun ne se distinguait clairement. Soit je choisissais un film classique que j’avais adoré juste parce qu’il avait su être efficace, mais sans rien vraiment bouger en moi ; soit je choisissais un film qui fut exigeant, qu’il m’a fallu du temps pour apprécier, mais qui finalement a bougé pas mal de choses. Pour moi, Metro Manila, c’est justement un film de cette deuxième catégorie là. Certes, je trouvais ça très beau, très esthétique, il y avait quelques moments où le film se révélait très pertinent, mais en fin de compte, je trouvais l’histoire trop caricaturale et trop basique pour vraiment grimper au mur... Mais il y a eu ce dernier tiers...

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Dans ce dernier tiers, tout s’emballe un peu, tout se met enfin un peu en place. Or, dans la dynamique, ce film commence vraiment à développer quelque-chose de fort. Quel dommage de devoir attendre pour comprendre comment le piège de la métropole manillaise peut s’abattre sur quelqu’un et  - surtout – dans quelle circonstance extrême on peut espérer le déjouer. C’est d’autant plus dommage que le truc est vraiment bien ficelé et que surtout Sean Ellis est juste un remarquable esthète. Il a le sens du cadre, de la photo, du son. Comme quoi, des vrais artistes, il y en a plus beaucoup, mais ils sont encore là. Et quand – à défaut de nous donner une œuvre totale – au moins il nous livre une œuvre puissante, moi j’ai tendance à aimer, voire même à aimer davantage que le bon classique bien gaulé...

 

 

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Publié par L'homme-grenouille - dans Sélections de l'homme-grenouille
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commentaires

l'homme-grenouille 02/01/2014 18:26

ENFIN ! Je ne tenais plus !

ça fait plaisir de voir que tu postes ton top tiens ! Certes, tu me l'avais annoncé sur Skype, mais je tiens quand même à le souligner. c'est peut-être le genre de choses qu'on devrait faire plus
souvent sur les articles comme celui-ci, ça permet vraiment de voir l'année avec davantage de perspective.

Pour ce top, j'avoue que, bien évidement, tu me scies le cul de travers à faire figurer autant de blockbusters, notamment "Man of Steel" en tête de classement, mais aussi et surtout "le Hobbit",
que je n'ai certes pas vu, mais dont on m'a tellement raconté les affres que je ne peux m'empêcher de le percevoir comme la plus grosse coquille vide de l'année... Après, je vois ce "Sessions" qui
se balade et que je n'ai pas vu, et qui pour le coup va susciter mon intérêt pour les mois à venir...

Ensuite, pour ce que je disais pour "Cloud Atlas", je ne pensais pas forcément à toi quand j'ai écrit ces lignes. J'ai beaaaaucoup d'amis qui, en m'en parlant, m'avaient avoué n'avoir pas compris
grand chose et qui, du coup, n'avaient absolument rien grillé au propos. Après, bien sûr, je peux aussi pleinement concevoir qu'on comprenne ce film et que malgré tout on ne l'aime pas. De toute
façon, pour moi, Cloud Atlas est une oeuvre entière. Elle ne peut pas, presque par définition, plaire à tout le monde, et il me semble logique qu'elle ait autant d'adorateurs que de détracteurs...

DanielOceanAndCo 02/01/2014 18:10

Provocateur l'homme-grenouille ^^

En tout cas, plus le temps passe, plus tu te lâches (cf la nécrologie Pixar ^^).

Oui, "Cloud Atlas" est une œuvre très dense avec un sujet qui interpelle, un de ces films totaux qui fascinent les uns et rebutent les autres, mais j'avoue que j'ai du mal à comprendre ce reproche
que tu fais aux spectateurs qui n'ont pas aimé, donc ce reproche que tu me fais de ne pas y avoir mis suffisamment de volonté surtout que j'en avais des a priori très positifs.

D'ailleurs, pour tout te dire cher ami, c'est un film qui me hante encore, et je me dis qu'il faudrait que je le revois quand j'en aurais envie. Avec ça, je ne dis pas que je vais automatiquement
changer d'avis, mais voilà, si ça arrive, je réécrirais ma critique en conséquences ^^.

En ce qui concerne cette année, j'ai passé pas mal de très bons moments avec un record de 10 films à 5 étoiles (bon, en fait y en a deux que j'ai rattrapé en VOD).

Bon, on va pas faire durer le suspense, voici mon top 10 personnel :

10. Le Dernier Pub avant la fin du monde
9. Le Hobbit : la désolation de Smaug
8. Le Loup de Wall Street
7. Star Trek into Darkness
6. Gravity
5. Inside Llewyn Davis
4. Snowpiercer
3. The Sessions
2. Stoker
1. Man of Steel

"Man of Steel" qui possède pour moi une des scènes qui m'a le plus ému cette année : quand Clark dit a sa mère qu'il aurait aimé que Jonathan voit le héros qu'il était devenu et qu'elle répond
"mais il a vu" et qu'on a droit à un flash-back de Clark enfant qui court dans le jardin avec une cape. Juste magnifique!!

Bonne année à tous et une excellente année cinéma!!

l'homme-grenouille 02/01/2014 18:04

Aaaaah mon cher Rupo ! Quel plaisir de te voir ainsi à l’affût de cet article !

Encore une fois, voilà un commentaire concis mais précis et qui suscite encore chez moi le plus vif des intérêts (à moins que ce soit ton usage de la corne de brume qui soit parvenu à me troubler,
comme quoi c'est plus efficace qu'on ne le pense ces merdes là)...

Quand tu dis "ce n'est peut-être pas le cinéma qui devient plus mauvais mais notre capacité à nous transcender qui diminue", tu mets le doigt sur une question que je me suis déjà posée de multiples
fois. Je pense qu'effectivement, plus le temps passe et - forcément - plus tu en viens à connaître les ficelles sans le vouloir et tu deviens moins impressionnable. Après tout, moi, quand j'avais
12-13 ans, je m'étais touché lors de la sortie cinéma d"Independance Day" alors que bon, c'est un blockbuster tout aussi pourri que ceux qu'on voit aujourd'hui. Donc oui, forcément, plus le temps
passe, plus on se lasse de la banalité, plus il est difficile de se laisser émoustiller. Peut-être que tout simplement, je suis davantage blasé parce que je vais davantage au cinéma que toi, ce qui
accélère donc forcément le processus me concernant...

Mais bon... D'un autre côté, il y a une autre idée qui me vient en tête. Je me dis que cette mécanique qui conduit vers davantage de lassitude ne date pas d'hier. Or, par le passé, quand j'ai
commencé à me lasser des blockbusters, j'ai commencé à aller voir les films d'auteurs. Quand j'ai commencé à me lasser des cinémas français et américains, je suis allé voir les Japonais et les
Coréens... Dans la multitude de films qui sortait par an, il y avait une ALTERNATIVE. Or, et c'est ça le problème au jour d'aujourd'hui : l'alternative je ne la vois plus. Alors certes, on pourrait
me retourner l'argument suivant : en dix ans j'ai eu le temps de faire le tour de toutes les alternatives. Sauf que, aujourd'hui, le cinéma coréen, je n'en vois plus. Du cinéma japonais non plus...
Alors vous allez me dire : bah si ! Y'a eu des films de Bong Joon-Ho, de Park Chan-Wook, de Kim Ki-Duk ou bien même encore de Kim Jee-Woon ! Certes... Les mêmes auteurs qu'il y a dix ans !!! Il y a
dix ans, ces mecs là, personne ne les connaissaient, et pourtant, on avait eu L'AUDACE de les distribuer. Aujourd'hui, dans une logique de contraction de l'économie, la stratégie du repli sur les
valeurs sures est appliquée, ce qui explique selon moi, à la fois le manque d'audace dans la distribution, mais aussi finalement la standardisation des productions.

Parce que bon, tu parles de Nolan, son TDKR est un petit peu le dernier représentant d'une logique disparue. Avant, quand on confiait une réalisation de blockbuster à une grosse pointure, sa patte
se ressentait sur le film : "Dark Knight", "Hellboy", "X-Men"... Alors que maintenant : la patte de Del Toro est très atténuée dans Pacific Rim (celui qui s'en sort le mieux selon moi) ; où sont
Snyder et Nolan dans "Man of Steel" ? Ou est Branagh dans "Thor" ? Où est Mangold dans "Wolverine" ? Alors certes, d'une année sur l'autre, ça ne choque pas trop ce changement, mais si on compare
ce qui se fait aujourd'hui et ce qui se faisait il y a cinq ou dix ans, je trouve quand même qu'il y a un gouffre...

Mais bon, cette question est bien plus ouverte qu'il n'y parait et ce n'est pas mon envie de vouloir la clore trop brutalement avec ce seul argument...

Super Rupo 02/01/2014 01:37

Pour l'écriture de ce commentaire, je revendique le droit à la corne de brume qui est le moyen le plus simple et le plus efficace pour créer une tension et un suspense bon marché.

Poooooooôn
Ca doit être la première année où je retrouve les films que j'ai préféré dans ton top 10 (même si je n'ai pas vu tous les films de celui-ci). C'est suffisamment surprenant pour le noter
Poooooôoon
Je suis mitigé sur ton constat. Ou plutôt je pense que j'ai tendance à voir le verre à moitié plein. Dans ton top il y a quand même du très bon niveau même si il n'y a pas beaucoup de film. C'est
déjà beau de voir que dans une industrie qui a vocation à générer du revenu on puisse sortir des productions qui ont leur identité propre (même si ce n'est bien évidemment pas incompatible à partir
du moment où il y a un public demandeur ou qui peut se découvrir demandeur). Par contre je n'arrive pas vraiment à me faire une idée de la tendance. Effectivement les films qui me transcendent sont
de plus en plus rare mais je ne peux m'empêcher de constater qu'il est aussi de plus en plus difficile de me transcender et ce n'est, je ne pense pas, lié à l'époque mais principalement au fait que
j'ai accumulé le visionnage et la lecture de tellement d'oeuvres qu'au bout d'un moment c'est difficile de trouver de la nouveauté ou des films qui poussent des thèmes ou des mécaniques connues
plus loin que d'habitude.
Poooôoooon
Après je suis d'accord que l'été fut rude avec ses douloureux blockbusters qui devraient peut être arrêter de vouloir devenir ce qu'ils ne sont pas. Nolan (en réalisateur, pas en producteur) a mis
la barre haute avec ses blockbusters à plusieurs degrés de lecture. Les autres ont du avoir des complexes de passer après. Sinon je ne m'explique pas comment on peut avoir des scénarios "cul entre
deux chaises" où on veut mettre du fond parce que du divertissement pour du divertissement ne doit pas leur paraître suffisamment légitime et où le résultat n'est qu'un immonde agrégat d'histoires
et de positions qui viennent plomber l'ensemble.
Poooôoooon
Dans l'attente de la 2ème partie du meilleur de 2013
Cordialement
Poôoooooon

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