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19 janvier 2014 7 19 /01 /janvier /2014 21:31

 

      Top 2013 Entête

La suite...

 

 

Mais aussi...

 

http://fr.web.img5.acsta.net/r_160_240/b_1_d6d6d6/pictures/210/232/21023233_20130729173134181.jpg Gravity

 Un film qui est à l’origine d’un paquet d’interprétations différentes selon les spectateurs... Et ça, en général, c’est déjà bon signe. C’est qu’à défaut de plaire, au moins a-t-il un propos et une démarche. Or, justement, c’est bien la force que je trouve à ce Gravity et c’est aussi la raison pour laquelle je le conseille. Souvent les gens vanteront la qualité du « thriller spatial » que ce film parvient à mettre en place (parce que oui, ce n’est pas parce que ça se passe dans l’espace que c’est de la science-fiction ! Des humains dans l’espace ça existe dans la réalité d’aujourd’hui ! Il n’y a donc pas ici de projection fictionnelle liée à une avancée de la science. Ce n’est donc pas un film de science-fiction ! C’est juste un thriller !) Or, justement, ce n’est pas vraiment pour son aspect thriller que je trouve ce film efficace, mais bien plutôt pour son propos. Certes, il est vrai que l’atmosphère mise en place grâce au talent de Cuaron facilite l’immersion et l’implication dans l’histoire. En plus, restituer avec autant de réalisme une mission spatiale, je trouve que c’est un vrai plus, car rares sont les films qui ont su le faire. Mais bon, après je trouve que ça a ses longueurs et que plus d’une fois j’ai regardé la montre, justement parce que les mécaniques de thriller manquaient de renouvellement. Par contre, lorsque dans son final, le film révèle son propos, son regard sur la vie, là j’avoue qu’il m’a vraiment parlé. Et comme le film est beau et qu’il est court, cette dimension discursive est parvenue à faire pardonner les quelques moments d’ennui que j’ai pu ressentir. Bref, un film qui est une véritable démarche de réalisateur, et rien que pour ça donc, ça vaut le coup...

 

http://fr.web.img4.acsta.net/r_160_240/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/95/48/86/20503476.jpg The Place Beyond The Pines

 C’est dommage qu’il soit un peu trop prévisible et dirigiste sur sa seconde partie, parce que c’est le seul élément qui m’a quelque peu fait sortir de cette histoire. Dommage oui, parce qu’à bien tout prendre, ce Place Beyond The Pines a pour moi tout d’un grand. Il a tout d’abord trouvé un équilibre vraiment sympa entre naturalisme et artifice raffiné que j’apprécie beaucoup, mais surtout, il a su me surprendre. Qu’est-ce que j’en ai marre d’avoir tout le temps à faire au même schéma narratif ! Là – BAM ! – avant même le milieu du film, le film se risque à un retournement de situation assez culotté qui ouvre sur une histoire totalement nouvelle. Et vu que Derek Cianfrance maîtrise franchement son ton, ses images, son rythme, moi je me suis vraiment senti en confort avec ce film qui me prenait vraiment dans le sens du poil, avec un contenu et un propos riche qui plus est. Donc, certes, ça a ses limites sur le final, mais quand même, globalement, ça a de la gueule...

 

http://fr.web.img2.acsta.net/r_160_240/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/95/08/30/20474197.jpg Perfect Mothers

 D’Anne Fontaine, je retiens surtout le diptyque Augustin qui m’avait séduit pour son ton ambigu entre cruauté et tendresse. Oui, Anne Fontaine incarnait le cinéma français que j’aimais bien, du moins pour Augustin, parce que depuis, plus rien... C’est finalement aux Etats-Unis qu’Anne Fontaine a rebondi et, franchement de la plus belle des manières. Alors certes, ce n’est pas un cinéma qui a de l’ampleur, mais c’est aussi de là qu’il tire sa force. C’est un film épuré mais qui n’est vraiment pas dénué d’idées formelles,. Mais surtout, c’est aussi un film qui ose prendre un sujet qui est loin d’être évident à traiter et qui parvient à le traiter de bout en bout, sachant alimenter copieusement le questionnement moral qu’il initie, jusqu’à une conclusion qui, un peu à l’image de l’Anne Fontaine que j’apprécie, sait se faire très ambigüe et ouverte. Sans être du cinéma total, ça reste du cinéma que moi j’apprécie beaucoup...

 

http://fr.web.img4.acsta.net/r_160_240/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/86/82/68/20400605.jpg Shadow Dancer

 Alors là, on a avec ce Shadow Dancer du cinéma très sobre, très épuré ; naturaliste comme on s’imagine le cinéma britannique qui entend avoir un propos engagé. D’habitude, c’est du cinéma que je n’apprécie pas trop, parce qu’il n’est pas très inventif dans sa narration et dans sa forme. Alors certes, il n’y a pas de révolution dans la forme, mais ça a au moins le mérite d’être sans fausse note et au service de son propos. Car oui, sur la question de la narration, je trouve que James March s’y est vachement bien pris. Son intrigue commence tambour battant, et la situation à suspense qu’il créé par la suite n’est pas là pour créer une tension croissante mais pour servir de prétexte à explorer des personnages et une situation. Franchement, je trouve ça vraiment bien mené, sans temps mort et interprété divinement. Sobre, mais efficace... Posé ais dynamique, débouchant sur un propos presque inattendu. En somme, je n'ai pas peur de dire que ce film est un de mes coups de cœur de l’année...

 

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 Paul Greengrass, pour moi, c’est le mec qui ne révolutionne rien, mais qui fait très bien ce qu’il sait faire. A mes yeux, Capitaine Phillips rentre dans cette catégorie là. Encore une fois, Greengrass nous plonge dans l’actualité chaude avec un réalisme saisissant et un rythme bougrement efficace... Pas de surprise donc mais – merde alors ! – qu’est-ce que c’est efficace. Plus les films de ce mec passent et plus je me dis qu’il est clairement le nouveau M. Action du cinéma américain. C’est bien mené, ça ne marche pas à l’économie d’énergie, mais c’est maitrisé sans effet d’esbroufe. Alors certes, pour qui connait Greengrass il n’y aura pas de réelle surprise, mais bon, parfois qu’il est bon de naviguer en terrain connu quand c’est un grand maître qui est à la barre...

 

http://fr.web.img6.acsta.net/r_160_240/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/94/68/40/20446781.jpg Möbius

Ah ça ! Il est loin d’être parfait ce film d’Eric Rochant, et je suis le premier à le reconnaitre. Peut-être que le principal problème de Möbius c’est qu’il se risque à user de codes esthétisants très proches du cinéma américain, mais qu’il les utilise avec un verbiage et des acteurs bien typés cinéma français. Ce type de mariage ne m’a jamais paru naturel parce que justement, en tant que spectateur formaté, je me retrouve toujours un petit peu le cul entre deux chaises. Mais bon, c’est peut-être aussi ça qui m’a tant plus dans ceMöbius : c’est peut-être le premier film qui m’a donné du contenu et de la sensation malgré l’utilisation de cette forme un brin batarde. L’air de rien, le film se risque à meler une sorte de romance dramatique au genre du film d’espionnage. Ce qui peut frustrer c’est que chaque genre semble empêcher à l’autre de pleinement s’exprimer. Mais ce qui peut plaire, et ce qui moi m’a plu, c’est que cet audacieux mélange donne aussi une petite atmosphère mélancolique qui a son identité, et dans laquelle certaines scènes prennent vraiment une couleur particulière. Au final, je suis ressorti de là assez saisi, et je me dis qu’il ne fallait pas grand-chose pour que ce film parvienne à donner quelque chose de vraiment excellent. Une belle expérience en tout cas...

 

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Je tiens à le dire tout de suite, si vous comptez voir ce film parce que vous venez d’en apprendre l’existence, je vous conseille de le voir sans rien en savoir. Pour moi c’est ce qui apporte tout le sel de cette démarche d’Edgar Wright qui, bien qu’au final soit assez similaire à ses précédents films, sait malgré tout se montrer assez originale dans son amorce et son traitement visuel. Mais bon, en fin de compte, toutes les qualités de Wright sont là : c’est so british, c’est décalé, c’est bien filmé et c’est aussi très bien rythmé. Peut-être que la conclusion me semble un brin baclée, mais au final je trouve que ça ne retire pas tant que ça au plaisir que le film peut procurer...

 

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Dupontel, pour moi, c’est l’un des rares mecs qui sauve le cinéma français. On pensera ce qu’on voudra de ses histoires, mais au moins c’est un gars qui accorde un attachement de dingue à la forme. Aucun plan n’est bâclé, le rythme est soutenu et l’histoire suffisamment riche pour soutenir la durée. Et puis aussi, Dupontel ça reste aussi pour moi quelqu'un qui a cette petite folie douce qui rend ses films franchement adorables. Moi j’ai beaucoup ri, et je suis sorti de là avec un sacré sourire. Franchement, peu de films peuvent se vanter de ça...

 

http://fr.web.img3.acsta.net/r_160_240/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/94/97/40/20512713.jpg Les gamins

Autre bonne poilade, mais dans un autre genre : les Gamins. Pour le coup, on est dans de la comédie beaucoup plus classique dans sa forme – beaucoup plus mainstream – mais personnellement je trouve que ça reste du bon mainstream... Ce qui me plait dans ce film, c’’est que tout d’abord on renoue avec la bonne vieille tradition de l’humour juif à la française. La présence d’Alain Chabat n’est d’ailleurs pas un hasard : même si au final ça reste assez sage, on n’hésite pas malgré tout à franchir quelques barrières de la bien-pensance. Et puis bon, Chabat n’est pas tout seul : l’air de rien il a autour de lui quelques bonnes figures, allant de Max Boublil à Sandrine Kiberlain, en passant par Mélanie Bernier et Kheiron... Des acteurs sympas ça ne fait jamais de mal... Et puis bon, certes au final ça reste davantage une romance plutôt qu’une véritable comédie grinçante, mais je trouve que malgré tout c’est bien mené, bien accompagné musicalement, avec un bon montage et une bonne maitrise des codes du genre. Du mainstream oui, mais du mainstream comme moi je l’aime...

 

 

Quelques moments qui méritent qu'on perde 2 heures pour eux...

 

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Le combat final dans :

Le dernier rempart

J’avoue que j’étais très sceptique durant toute la première moitié de ce film que je ne trouvais pas très inventif et surtout pas très Kim-Jee-Woonesque... Mais bon, je reconnais aussi que ce seul final m’a fait changer d’avis tant il renoue avec la base du cinéma d’action américain (un duel sans parole mais avec de la maestria visuelle dans des décors insolites totalement détournés) et surtout tant il met en avant la qualité de la réalisation du cinéaste coréen. Que ce soit pour les combats dans la petite ville qui prend des allures de scènes de western ou bien pour le duel final sur grosse cylindrée au milieu du champ de tournesols, là j’avoue que j’ai pris mon pied. Donc, rien que pour ce final là, je peux conseiller qu’on subisse le reste du film.

 

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Quelques moments ambigus dans :

Stoker

Puisqu’on parle de grands réalisateurs coréens qui ont tenté leur chance aux Etats-Unis, parlons aussi de Park Chan-Wook et de son Stoker. J’avoue que globalement je n’ai pas été totalement conquis par le film et cela justement parce qu’il n’y a pas dans la seconde moitié ces quelques moments que j’ai adoré dans la première. Ces moments, ce sont les rares instants super-ambigus durant lesquels on ne sait plus trop comment interpréter les personnages ou les situations qu’ils vivent. Parmi ces instants, il y a celui de la douche ou de la leçon de piano. Deux passages du film durant lesquels Park parvient à faire des enchainements et des cadrages ambigus qui m’ont amené à une foule d’interprétation et de revirements en l’espace de quelques secondes. Là, dans de telles circonstances, je trouvais le film énorme et je ne regrette pas de l’avoir vu... Dommage que tout le film ne soit pas équitablement pourvu dans ce domaine là...

 

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La traversée des wagons de tête dans :

Snowpiercer

Allez ! Tant qu’à aborder les Coréens, autant se faire la sainte trinité d’un coup ! Encore un film qui ne m’a pas totalement emballé mais qui a su me séduire sur quelques instants. Pour Snowpiercer, ce fut notamment le cas lorsque le groupe d’insurgés se met à traverser les wagons de tête... Cette traversée m’a soudainement basculé dans un étrange univers décalé, entre les écoles niaiseuses, les boîtes de nuits, les aquariums et les serres géantes... Alors certes, ce que j’ai adoré là-dedans c’est d’abord l’exercice visuel qu’il offre et qui a su séduire mon œil d’esthète, mais c’est aussi cette prise de conscience qu’il a su générer chez moi. Imaginez ces wagons si proches et pourtant s’ignorant totalement l’un l’autre, ça apportait une métaphore de la société moderne que je trouvais au fond très intéressante et très visuelle. Dommage qu’à mes yeux, le plaisir pris dans ce film ne le limite qu’à cet instant. Donc, non, j’aurais du mal à vous conseiller pleinementSnowpiercer. Par contre, ne serait-ce que pour cette scène, je peux aussi vous préciser malgré tout que le voir n’’est pas totalement vain non plus...

 

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Les visites à l’hôtel de ville et chez l’oncle dans :

Aujourd’hui

Et pour finir dans la rupture, pas de Coréen pour le dernier exemple, mais un Sénégalais ! Et je trouve cet exemple intéressant car le cinéma africain est quand même un cinéma déshérité manquant grandement de moyens et de techniques (en tout cas les rares représentants que je lui connais m’en font déduire cela) et malgré tout, Alain Gomis démontre qu’avec des moyens de base, on peut faire autre chose qu’un banal film naturaliste et sociétal sur lesquels quelques bobos vont se toucher. Il y une véritable expérimentation formelle dans ce film. Pas tout le temps malheureusement, mais il y a quand même quelques moments que j’ai trouvé assez saisissants, notamment cette visite à l’hôtel de ville et chez l’Oncle... A ces deux moments là du film, Gomis parvient à faire planer une réelle ambiguité sur la nature de l’évènement auquel on insiste. Et pour le coup, il ne maîtrise pas trop mal la forme par rapport aux moyens limités qu’il a. Alors certes, le film n’arrive pas à développer ça sur son ensemble, et c’est dommage, mais pour ces deux moments, on peut encore s’y risquer, même si c’est pour abandonner le reste...

 

 

 

Le Top 3 des plans de l'année :

 

 

Ce n’était sensé être qu’une exception pour une année… C'était en 2011... Finalement j’y reviens encore trois ans plus tard. Eh oui, il semblerait bien que vous faire un Top 3 des plans qui m'ont le plus marqué au cours de l'année va devenir une habitude. Il va falloir vous y faire ! Voilà d'ailleurs le trio que je retiendrais pour cette année 2013 :

 

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1. Le plan d’introduction dans

Gravity 

A parcourir pas mal de critiques sur Allociné, je pense que ce plan a su faire son effet sur pas mal de monde et pas que sur moi. Est-il alors vraiment nécessaire d’en parler ? Pour moi la réponse est toute trouvée : « oui » ! Oui, parce que ça peut donner envie à ceux qui ne l’ont pas encore vu de découvrir ce film fort sympathique qu’est Gravity. Et oui aussi parce que j’adore parler ou écrire sur des choses qui m’ont bien bougé de l’intérieur. Et il m’a bougé ce plan d’intro ! Je ne parle bien évidemment pas du carton de départ où on nous dit que dans l’espace il n’y a pas d’air, pas de son, que les températures varient etc etc… Je parle de ce premier plan où d’un seul coup – BAM ! -  une image somptueuse de la Terre vue de l’espace. Pas en son entier, au contraire. Le plan est assez rapproché, il est fixe, et en plus il dure assez longtemps, ce qui donne l’occasion de bien observer les nuances de lumière et de couleurs des différentes couches de l’atmosphère… Rien que pour ça – rien que pour le fait d’ouvrir sur une image aussi sublime, le tout sur un silence d’or – moi je dis que ce plan est déjà en lui-même une œuvre d’art. Mais bon, il faut qu’en plus ce plan soit en fait un plan séquence, durant lequel un travelling s’opère tout doucement sur une petite tache qui s’avère être une navette spatiale accrochée à un télescope. L’air de rien, le fait qu’on opère un tel travelling sur cette navette – un travelling finalement assez rapide puisqu’on s’en rapproche très vite – parvient en plus à donner de l’ampleur et de la dimension à ce vide intersidéral. Parce que l’air de rien, alors qu’on se rapproche à vitesse grand V de cette navette et de ses petits têtards qui palabrent, la Terre, elle, reste presque immobile. Ce décalage donne une impression de profondeur qui, à lui seul, suffit à poser toute l’atmosphère du film. Franchement, ouvrir un film sur un plan aussi riche et aussi puissant, moi j’appelle ça du génie…

 

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2. La voiture qui tombe dans

Cloud Atlas

A un moment, j’ai hésité à le mettre en première position du classement tant ce plan me fait un effet bœuf à chaque fois que je tombe dessus. Certes, par rapport à l’intrigue, ce plan a beaucoup moins de richesse de sens que le précédent, mais en terme de sensation – de transmission de ressenti – il vaut son pesant d’or. Pour ceux qui ne visualisent pas encore le plan dont je parle, il s’agit de celui où Luisa Rey (Halle Berry) traverse un pont en voiture et se rend compte que, subitement, toutes les lumières s’éteignent de manière très suspicieuse. Elle doute, elle recherche du regard une voiture qui la suivait encore quelques secondes plus tôt. Et puis soudainement on sent une secousse. Le plan n’est pas interrompu. La caméra est dans l'habitacle, immobile, mais le décor aux alentours semble bouger de manière chaotique. Dans ce moment de doute et de suspension, les objets qui se mettent à flotter au sein de l'habitable effacent progressivement le doute. Un léger travelling se tourne vers le pare-brise. L'eau se rapproche et puis – SPLASH ! – dans l’eau. Je le disais, en termes de sens par rapport à l’histoire il n’y a rien, mais en termes de richesse de sensations, c’est juste remarquable. Finalement, on est vraiment mis dans la posture de la pauvre Luisa qui se demande sur l’instant ce qui lui arrive et qui ne le comprend que trop tard. Cet instant de perdition, je le trouve remarquable. Et le pire, c’est que ce plan n’est finalement que celui qui m’a le plus marqué de ce film car, en définitive, j’aurais pu en citer bien d’autres tellement ce film est riche. J’aurais pu évoquer ce plan sur la falaise où on voit le mauvais esprit Hugo Weaving s’approcher en marchant horizontalement sur le flanc rocheux ; j’aurais pu citer ce plan dans le quartier déshérité de Néo Seoul aux allures de Blade Runner, ou bien un autre qui suit juste derrière où Sonmi observe un de ses clones, tel un hommage à Ghost In The Shell. J’aurais pu enfin évoquer les quelques plans qui s’enchainent pour montrer l’abattage de clones… Et dire ça me forcerait presque à parler de la remarquable science de montage de ce film. Et commencer à parler de ça ce serait s’égarer. Je préfère donc rester sur cette idée que le meilleur moyen de se remémorer ce film reste encore de le revoir…  

 

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3. Le plan final de

Né quelque part

…Plan final qui n’est d’ailleurs pas celui que j’ai fait figurer en illustration ! Bah oui ! N’ayant pas acheté ce film, je n’ai pas pu en faire de capture d’images, d’où cette illustration de substitution à défaut d’avoir trouvé mieux. Mais c’est dommage, parce que finalement j’aurais aimé vous la montrer cette image et vous la raconter afin que vous compreniez tout le bien que je pense de ce plan. Pourtant, ce plan est au fond assez banal, mais c’est la manière dont l’histoire le pose comme une finalité qui le rend très beau. D’ailleurs, je pourrais presque forcer le trait en disant que tout le film pourrait se résumer à ce plan – voire mieux – que le film n’existe que pour donner du sens à ce plan et le charger d’une histoire. A quoi ressemble ce plan ? C’est un simple plan général filmé en travelling, suivant Farid (Tewfik Jallab) et son père (Abdelkader Secteur) roulant sur une mobylette qui traverse les paysages désertiques de l’Algérie sous une lumière crépusculaire… Seulement voilà, avec le film qui s’est déroulé avant ce plan, celui-ci est chargé d’une histoire. On voit comment Farid regarde loin devant, vers l’avenir, avec une assurance que lui apporte ce bagage culturel qu’est son père. Ce dernier est assis derrière, la tête en travers, penchée vers le bas et vers l’arrière. Il regarde le passé. Son regard n’est pas chargé d’assurance, il est plutôt chargé de sérénité. Il sait que sa route ne s’arrête pas là. Il sait que l’héritage est repris et que son histoire continuera à travers celle de son fils. Il se laisse guider, il profite de l’instant. Il contemple l’Algérie de sa jeunesse comme on contemple sa vie. Autant j’ai trouvé les premières minutes de la réalisation de Mohamed Hamidi un brin balourde et pas très subtile, autant je trouve que sur la fin il a su trouver le ton juste et sait vraiment délivrer de belles images très bien composées, comme ce plan final. Franchement, rien que pour revoir – revivre ! – ce plan final, cela ne me déplairait pas de revoir ce Né quelque part…

 

 

 

Le Top 3 des Bandes-originales de l'année :

 

Une petite note avant de commencer le Top 3 des bandes originales de cette année : vous avez été plusieurs à me recommander pour le Top de l’année précédente la bande-originale de Bellflower. Or, effectivement, c’est quand même vraiment chouette. Donc je précise juste pour information que j’ai intégré cette B.-O. en tête de mon classement de l’an dernier. Voilà un oubli de corrigé.

 

Cloud-Atlas_Sdtk-Cover_1425px_300dpi_RGB.jpg

1. Cloud Atlas

Composée par Tom Tykwer / Johnny Klimek / Reinhold Heil

Bon, alors là, aucune hésitation possible. Cette bande-originale, je la trouve juste remarquable. Elle est dans la droite lignée des grandes BO que j’adore, c’est-à-dire que ce n’est pas qu’une simple compilation de musiques disparates composées pour d’autres occasions ; ce n’est pas non plus qu’un seul thème emblématique enrobé d’une multitude de violonneries ou percussions random sans personnalité et sans mélodie que l’on retrouve partout et qui n’exprime que dalle. Là c’est vraiment une belle BO qui laisse une jolie emprunte sur le film et qui a une cohérence sur tout son long. Bien évidemment, j’ai surtout la larme à l’œil dès que le thème principal est joué, que ce soit dans le Prelude (The Atlas March), All Boundaries Are Conventions (ma préférée de l’album) ou le Cloud Atlas finale. Mais il y a aussi quelques morceaux qui ressortent clairement du lot parce qu’ils sont justement des morceaux marquants des points clefs de l’intrigue. Je pense notamment à l’Opening Title, à Kesselring, Temple of Sacrifice, New Direction, Death Is Only A Door ou bien encore aux Won’t Let Go et Escape très enlevés. Le reste s’écoute davantage dans une logique d’ensemble, non sans intérêt, même s’il est difficile de les prendre à part entière. Enfin bref, c’est du lourd, c’est du très lourd. En somme encore un joyau à associer à ce film que je trouve merveilleux…  

 

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2. Oblivion

Composée par M83

Alors là j’avoue qu’en passant de Cloud Atlas à cet Oblivion, on descend quand même clairement d’un cran en termes d’emballement. Bon, après, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. D’un côté je trouve que la BO de Cloud Atlas est exceptionnellement bonne par rapport à ce qui peut se faire généralement (ce qui aurait créé un gap de toute façon avec quelque concurrence que ce soit) et d’autre part, même si je ne suis pas entièrement envouté par la BO de cet Oblivion, j’ai beaucoup de sympathie pour elle et je l’écoute sans déplaisir. C’est qu’aux commandes, on retrouve M83, un groupe que je chéris depuis près de dix ans maintenant. Mais bon, on n’est plus dans la même logique que Daft Punk pour la BO du précédent film de Kosinski. Ici, on sent que le groupe électro s’est davantage plié aux conventions du genre en livrant une composition assez monocorde, utilisant souvent des codes qu’on retrouve souvent ailleurs, notamment dans la période Batman de Zimmer. Alors forcément, à la première écoute, j’avoue que je n’avais pas été pleinement convaincu : ça manquait de titres et de mélodies qui se distinguaient clairement du reste. Mais bon, deux éléments ont quand même clairement plaidé en sa faveur : d’une part lors du film, la BO colle parfaitement au rythme et à l’atmosphère du film, et d’autre part, à la seconde écoute, à la prendre d’un bloc, il y a quand même vraiment une patte qui se pause. Alors certes, du coup, dans cette logique, peu de tracks ressortent vraiment du lot. Mais je conseillerais peut-être, pour qui veut se faire une idée, de tendre tout d’abord l’oreille vers les tracks qui reprennent le thème principal comme Waking Up (qui déménage quand même pas mal) et même le final chanté sobrement intitulé Oblivion. Mais aussi, il serait dommage de ne pas faire un tour vers ces quelques singularités bien sympas comme le très beau et très doux Star Waves (ma piste préférée personnellement), comme aussi I’m Sending You Away, pour la délicate manière dont elle évolue, ou bien même Earth 2077 dont le final dépote quand même pas mal...

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/en/6/6d/Django-soundtrack.jpg

3. Django Unchained

Compositeurs multiples

Oui... Django... Et oui, je sais, il y’a tout un paradoxe à dire deux paragraphes plus haut qu’on adore les B.O. qui ne sont pas de simples compilations... et puis mettre en troisième position cette compilation qu’est Django Unchained. Mais bon : dire ça, ça ne veut pas dire qu’on n’aime pas les compilations non plus ! Dans cet exercice, Quentin Tarantino est quand même un boss du genre. Bien évidemment, je retiendrais la chanson d’intro, Django, de Luis Bakalov, ou bien encore His Name Is King (Los Chamaviano King) interprétée par Edda Del Orso. Et pour ce qui est de l’aspect plus « instru », le choix d’avoir piqué quelques pistes à Ennio Morricone colle quand même bien à l’ensemble, qu’il s’agisse de Braying Mule, de Sister Sarah’s Theme ou de Un Monumento. Bon alors après, si l’ensemble tient la route et joue bien son rôle lors du film, j’avoue que je trouve cette B.O. clairement un ton en dessous de ce qu’on a pu retrouver dans un Tarantino. Je le concède d’ailleurs, en fin de compte je l’ai très peu écouté cette B.O. Mais bon, de tout ce que j’ai arpenté, si j’en avais trois à choisir de cette année, cette compilation Django passerait quand même devant toutes les autres B.O. que je n’ai pas ici cité. A savoir donc...

 

 

Ils ont marqué 2013 :

 

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         1. Lana Wachowski        2. Robin Wright          3. Ari Folman

Bah oui… Ça me semblait tellement évident de mettre une personnalité liée à Cloud Atlas en tête de ce classement. Ce film m’a tellement bouleversé que ça ne pouvait qu’être qu’un des trois larrons à la tête du projet. C’est donc Lana Wachowski. Et pourquoi pas le frangin Andy ? Et pourquoi pas l’ami Tykwer qui en plus de son génie plastique nous a pondu une magnifique BO ? A dire vrai, c’est parce que tout d’abord, avec cette logique, Cloud Atlas aurait sûrement trusté la moitié du classement ce qui aurait pu être chiant à lire, mais aussi et surtout parce que je trouve que ce film porte avant tout la marque de la mue qu’est Lana Wachowski. Parce qu’après tout, qu’est ce film sinon toute la philosophie qui a conduit autrefois-Larry à devenir Lana ? Cloud Atlas, c’est l’audace de celui qui est seul, mais qui entend se libérer des conventions pour se réaliser lui-même. C’est un message universel porté de plein de manières différentes mais par des individus qui finalement sont toujours un peu les mêmes. Il y a dans ce rapport entre la multiplicité et l’unicité de l’humanité, incarnée par cette troupe qui ne cesse de se grimer pour changer d’apparence, de personnalité et de sexe, toute la concrétisation de la démarche de Lana Wachowski. Finalement, cette femme est un peu l’incarnation de ce film, et c’est pour cela que je trouve que cette réalisatrice est clairement la figure marquante de 2013. D’ailleurs, après avoir parlé d’elle, il devient plus difficile de s’étendre autant sur ceux qui suivent. Presque logiquement, ce sont deux personnalités du Congrès qui suivent, ma deuxième claque de l’année après Cloud Atlas. Alors vous allez me dire, pourquoi avoir dupliqué pour le Congrès alors que je m’y suis refusé pour Cloud Atlas ? D’abord parce que je ne mets pas Robin Wright en seconde place que pour le Congrès, film où malgré tout elle s’est totalement révélée à moi. Je la mets aussi parce que l'air de rien, elle participe aussi à un autre film qui m'a beaucoup parlé cette année, Perfect Mothers, mais aussi et surtout parce qu'elle fournit une remarquable prestation dans la série House of Cards, où elle s’impose clairement pour moi comme une sorte de successeur à Glenn Close.  J’avoue qu’avant ces deux films et cette série, pour moi Robyn Wright était un nom vague qui flottait dans mon esprit et qui me renvoyait vaguement à une actrice blonde parmi tant d’autres. Après ces trois claques, je me retrouve face à une figure marquante dont j’ai du mal à trouver un équivalent. Donc rien que pour ça, la seconde place s’imposait. Du coup, ça me permet de mieux distinguer ce que j’attribue à Ari Folman dans ce Congrès. Parce que, au-delà des choix remarquables de mises en scène qu’il a osé faire, je retiens aussi et surtout que le bonhomme parvient à pondre ce chef d’œuvre alors qu’il ressort de Valse avec Bachir. Il aurait pu rester enfermé dans sa logique, stérilisé par son succès, mais le gars à quand même suffisamment de background pour nous pondre une œuvre qui va totalement ailleurs, qui n’en reste pas moins remarquablement profonde, et surtout formellement démentielle. Non, franchement, je dois bien avouer qu’avec un podium comme ça, ce Top 10 des personnalités prouve bien quand même qu’il s’est passé des choses marquantes en 2013…

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    6. Joseph Kosinski     5. Vianney Lebasque     4. Christoph Waltz

C’est aussi en abordant ce pied de podium que je prends conscience à quel point Lana Wachowski, Robin Wright et Ari Folman m’ont mis une sacrée belle baffe cette année… Parce que, l’air de rien, ils m’obligent à ne vous parler de Christoph Waltz que maintenant. Or – franchement – mais quelle claque il a su me mettre lui aussi. Pour moi, c’est déjà lui qui sauvait Inglorious Basterds de la Berezina. Et pour ce qui est de ce Django de haute volée, il est aussi pour moi au firmament de son art. Mais quelle subtilité dans le jeu, quelle richesse de panel, quelle intensité ! Moi il me coupe le souffle dans ce film. D’ailleurs, je dois bien avouer que dès qu’il s’est éclipsé de l’écran, le film a perdu en charme me concernant. Ensuite, derrière le grand Waltz, je ne voyais pas comment ne pas parler de ces deux réalisateurs qui sont pour moi les bouffées de fraîcheur de cette année. D’abord Vianney Lebasque parce que je trouve que réinventer la place du football au cinéma, ce n’était pas chose aisée, et il a su le faire. Et là où je le trouve doublement méritant, c’est qu’il l'a fait dans le cadre sclérosant du cinéma français, alors qu’en plus c’est un petit nouveau dans la cours des cinéastes. Franchement, chapeau l’artiste. Je n’ai mis Joseph Kosinski qu’après parce qu’au fond, sa révélation, il l’a faite il y a deux ans quand il a sorti son Tron : l’héritage. Seulement voilà, à l’époque je ne l’avais pas cité parce que je craignais qu’il ne soit qu’un Tron fan qui avait muri ce projet toute sa vie mais qu’il n’aurait peut-être pas les reins suffisamment solides pour exprimer une même sensibilité sur d’autres œuvres. Eh bien avec Oblivion il vient de faire une pierre deux coups. Non seulement il arrive à développer un autre univers, tout aussi riche et subtil en terme de sensorialité, mais en plus, il a su maintenant se poser pour moi comme l’un des noms à suivre pour retrouver justement ce cinéma élaboré formellement que j’aime tant et qui se raréfie pourtant à mon grand dam…

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7. Cédric Klapisch    8.  Eddy Mitchell     9.  Bill Nighy   10. Alfonso Cuaron

Pour les quatre autres loustics, je pense que peu d’explications seront nécessaires tant leur présence ici semblent évidente. Pour commencer par Cédric Klapisch, il m'a surtout marqué parce qu’il a su, avec son Casse-tête chinois, imposer une nouvelle logique de suite qui moi me parle beaucoup, d’autant plus que le bonhomme fait ça avec un véritable savoir-faire plastique, ce qui relève du mythe aujourd’hui en France. Ensuite, je ne pouvais pas ne pas signaler les deux performances pleines de charisme que furent celle d’Eddy Mitchell et de Bill Nighy. Certes, ce n’est pas la première fois que j’en parle : déjà dans ma critique du bonheur est dans le pré, j’avais dit à quel point je considérais que ce mec avec l’étoffe d’un grand, quant à Bill Nighy je l’avais aussi mis dans mon Top de 2011… Mais bon voilà, quand des évidences vous pètent à la tronche comme ça, je ne vois pas pourquoi on aurait à se travestir. Parce que oui, moi dans Les petits princes, Eddy Mitchell m’a fait me dire que je ne le voyais pas suffisamment sur le grand écran et que c’était un sacré grand manque aux vues de ce qu’il nous fait dans ce film. Quant à Bill Nighy, ce mec, je crois que je ne m’en lasserai jamais. Quand j’ai vu qu’Il était temps était de Richard Curtis, je me suis tout de suite dit « Putain ! J’espère qu’il y aura Bill Nighy dedans comme à chacun des films de Curtis ! » Eh bah ouais : il était là, dès le départ. Et franchement, c’était Noël pour moi. Ce mec, dès qu’il est à l’écran, il fait rejaillir sur moi sa bonhommie de sage dandy décalé, mi bourgeois-mi rocker, qui me laisse tout le temps apparaître un petit sourire sur le coin de la lèvre. Et pour finir, je ne pouvais pas ne pas citer Alfonso Cuaron. Alors c’est con, parce que du coup je n’ai pas pu faire figurer Sandrine Kiberlain dans ce top, mais d’un autre côté, je ne voyais pas comment je ne pouvais pas faire figurer le type grâce à qui j’ai pu ressentir l’espace intersidéral d’une façon aussi pénétrante. Or, je ne dois pas le nier, si à certains moments j’ai plané durant Gravity, c’est parce qu’il y a eu un bonhomme qui a su imposer des silences, qui a su étouffer des bruits à travers des combinaisons, qui a su choisir avec minutie certains plans fixes et des cadrages minutieux. C’est grâce aussi à des mecs comme ça, qui ont un véritable savoir-faire, qu’on vit tous des grands moments au cinéma…

 

 

L'espoir que 2013 fait naître pour 2014 :

 

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La chute d’Hollywood...

Eh oui ! Comme quoi j’ouvrais sur cette question là comme si finalement c’était la fin de tout, alors qu’en fait, je ne peux m’empêcher d’y voir l’espoir de quelque-chose de neuf. Le « trop d’argent » a clairement tué la créativité à Hollywood. Et je ne dis pas ça pour faire mon basique moraliste bigot ou gaucho, je le dis comme celui qui constate l’application d’une mécanique logique. Oui, parce qu’il y a énormément d’argent en jeu, on ne veut rien laisser au hasard. Donc on a recours aux recettes business approuved de Blake Snyder, aux CGI validés par des graphiques d'expériences clients, et enfin on met la patate de pubs partout afin que personne n'y échappe, que tout le monde aille le voir... Ça ne me dérangerait pas encore trop si cette logique n'était pas devenue une mécanique uniformisante et stérilisante. Ce scénario ne me rappelle rien de connu alors je ne suis pas sûr qu'il atire son minimum de clanpins ; cette gamme de couleurs s'éloigne du spectre graphique validé par nos sondages. Ceci est peut-être trop rude, trop choquant, trop neuf... Quand des millions sont en jeu, ce n'est plus l'audace de l'artiste qui parle mais la prudence de l'investisseur. Finalement, le fait que la bulle explose ramènera peut-être le cinéma à une dimension plus humaine. Certes, on ne verra peut-être plus deux robots se casser la gueule de 300 points de vue différents avec des travellings improbables. Peut-être qu'on se dira qu'avec deux trois caméras et un peu d'ingéniosité on saura faire fonctionner l'imagination des gens grâce à une réalisation plus suggestive. Peut-être que sans toute cette miriade d'effets spéciaux qui clignottent et qui cherchent à capter l'attention des spectateurs ebettés, on se dira qu'il faudra maintenant savoir les tenir davantage en haleine par des histoires plus captivantes, plus cohérentes, plus inventives... Peut-être que la destabilisation progressive d'Hollywood crééra un trou d'air dans les salles françaises que les distributeurs hexagonaux combleront avec des spectacles asiatiques. Peut-être que des producteurs européens audacieux y verront l'aubaine d'y caser des projets audacieux. Bref, peut-être qu'on retrouvera davantage de diversité. Donc OUI, casse-toi la gueule Hollywood. Personnellement je ne vois pas ce qu'on a à y perdre. Je ne vois que ce que nous aurions tous à y gagner... 

 

Voilà pour 2013, et bonne année

pleine de cinéma pour 2014 !

 

 

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Publié par L'homme-grenouille - dans Sélections de l'homme-grenouille
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L'homme-grenouille 26/03/2014 01:39

Merci ! Et je suis heureux que tu ais trouvé ici ton bonheur.
N'hésite pas à repasser sur ce blog et commenter...

myself 25/03/2014 16:10

Je place Django en numero 1 des BO 2013 :)
J' ai découvert ton blog en lisant des critiques sur allo-ciné, et notemment la tienne à propos de "La Reine des Glaces". Tres bonne continuation ;)

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