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1 janvier 2011 6 01 /01 /janvier /2011 19:41

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Top 10

(la suite)

6.  Notre Jour viendra

 

C'est à coup sûr l'audace de l'année. Alors que certains pourraient citer de purs exercices de style comme Lebanon et Buried qui limitent leur intrigues à des espaces étriqués (sans au final rien révolutionner soit dit en passant...), il y a des films comme ce Notre jour viendra qui se risque à partir un peu en freestyle, sur le fil ténu de cinéma jusqu'au-boutiste, en équilibre au dessus du précipice du grand n'importe quoi. Or Notre jour viendra vacille parfois, se rattrape d'une main à d'autres instants, mais saisit malgré tout par la fougue avec laquelle il est déterminé à aller jusqu'au-bout avec force et sans chuter. Cette démarche absolutiste ne pouvait être l'œuvre que d'un vieux routier chevronné qui a tout connu et qui est désormais prêt à tout pour sortir de ses propres conventions autrefois épanouissantes mais aujourd'hui étouffantes, ou bien celle d'un jeune fou extrémiste et inconscient. Or, avec Romain Gavras on est un petit peu entre les deux. Jeune fou, Gavras l'est car c'est là son premier long-métrage après toutefois une petite expérience au travers de quelques clips polémiques. Néanmoins, difficile de dire de quelqu'un qu'il s'appelle Gavras qu'il part réellement de rien. Fils du grand Costa-Gavras, nul doute que l'univers du père a structuré, habité, conditionné le jeune homme pendant longtemps, au point de faire que ce premier long traduit autant la folie que la maturité des plus grands. C'est d'ailleurs un petit peu tout le thème de cette histoire, le jeune fou qui entraîne autant qu'il est guidé par un mentor lui aussi en recherche de cette folie qui fait ici office d'échappatoire…

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/85/29/44/19782792.jpg http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/85/29/44/19782789.jpg

Alors c'est sûr, des erreurs de jeunesse il en fait ce Notre jour viendra, notamment dans ses débuts, faisant craindre l'horreur des Dardenne, ou le manque de mise en relief du jeune puceau du grand écran. Mais très vite le Romain nous montre que loin d'être inexpérimenté, le bonhomme est habitué à toucher de la caméra et nous pond alors des ambiances remarquablement construites : d'un quotidien de base il fait un monde fantastique. S'appuyant sue des grands, SebastiAn à la musique et le grand Cassel à l'interprétation, le film part lentement flirter avec le chaos, avec la folie, sans jamais néanmoins nous noyer. Gavras nous fait descendre petit à petit, comme le sas pressurisé descend dans les abysses. Le supermarché, l'hôtel, le mariage, la raffinerie : chacune de ses étapes continue la descente. Pas de réelle histoire ? Pas grave, l'instant est rapide (1h25) mais intense. Les claustrophobes ou sujets à vertiges ne sont peut-être pas forcément les plus aptes à s'embarquer dans l'aventure de ces Redheads, mais pour ceux que tous ceux qui ont l'amour du risque ne regretteront pas de s'être frotté à ce « jour à venir », soit pour au moins avoir vu, soit parce qu'ils auront été, eux aussi comme moi je l'ai été, touché par la grâce.

 

7. Twentieth Century Fox France Fantastic Mr. Fox

 

Rah ! Ce Wes Anderson ! Il a quand même tout un art pour nous dresser un univers atypique, mais en même temps tellement riche de sens et de charme ! Qu'il passe au film d'animation en pâte à modeler est ici d'ailleurs une nouvelle preuve de son audace car j'avoue avoir été bien loin de l'imaginer se risquer à telle entreprise. Bon malgré tout, j'avoue néanmoins qu'au premières minutes, j'ai eu un petit peu peur de la tournure qu'avait l'air de prendre cette expérience modélisante. Ça parlotte, ça jacasse, ça ne bouge pas... Je me disais que si c'était pour faire la même chose que n'importe quel film et de seulement remplacer les banales images d'acteurs par des personnages de pâte à modeler, sans tirer parti du format, ça risque de me gonfler grave. Mais que nenni ! Loin de servir de gadget, l'animation va être au contraire totalement être mise à contribution par le génie visuel et détraqué qui nous avait auparavant pondu La vie aquatique et A bord du Darjeeling Limited...

Twentieth Century Fox France Twentieth Century Fox France Twentieth Century Fox France

En effet, en plus des multiples razzias nocturnes, dédales de tunnels et expéditions vengeresses de fermiers en colères, il y a aussi dans ce Fantastic Mr. Fox toute une série de petits détails visuels qui ne cessent d'agrémenter cet univers et cette intrigue déjà assez dense. Anderson n'oublie pas d'ailleurs de se lâcher au travers de scènes dont l'humour ne repose uniquement sur la mise en scène du visuel de son œuvre. Ainsi – ô surprise ! – les spectateurs dandy habitués des fresques de l'ami Wes salivent ; même les non-initiés apprécient et  -mieux encore – même les enfants jubilent ! Beau tour de force donc de la part de Wes Anderson avec une œuvre qui, une fois de plus, touche à son but alors qu'il s'était pourtant risqué – une fois de plus – à une belle pirouette.

 

8. Paramount Pictures France Lovely Bones

 

Quand on dit « Peter Jackson », la plupart des gens vous répondent « Ah ! Le seigneur des Anneaux ! », voire parfois « Oh ! King Kong ! » Mais il est bien rare de rencontrer des gens qui vous citent spontanément et d'emblée les Bad Taste, Braindead ou autres Créatures célestes... C'est bien malheureux parce que, pour ma part, autant les gros blockbusters qu'il a pu faire me semblent totalement dénués de personnalité et de charme, autant les œuvres plus intimistes et personnelles qui datent des débuts de ce charmant néo-zélandais ventripotent suscitent chez moi les plus délectables souvenir. Avant cette année 2010, je pensais que ces temps où jadis le grand Peter savait me faire rêver étaient révolus... Et puis il y a eu ce Lovely Bones. Or, tout ceux qui ont vu et adoré Créatures célestes ne pourront s'empêcher de repenser à ce film en voyant ce Lovely Bones tant la vieille veine de Jackson a été ici remise d'actualité...

Saoirse Ronan et Reece Ritchie. Paramount Pictures France Saoirse Ronan. Paramount Pictures France Mark Wahlberg. Paramount Pictures France

Alors OK, je le concède, si Lovely Bones peut en déconcerter plus d'un, c'est sur cette vision qui est faite de l'au-delà par ce film... Car oui, Lovely Bones c'est au départ l'histoire d'une jeune fille qui, victime d'une agression, va vivre le deuil de sa famille en tant que fantômes. Bon alors, si on prend le parti d'excuser cet univers fantastique rose-bonbon par le fait que notre héroïne est une jeune adolescente en fleurs au moment de la tragédie, alors après je ne vois plus quelles peuvent être les réticences à l'égard de ce film, tant celui-ci parvient à se faire tragique sans se faire pathos, tant il sait se faire fort sans se faire larmoyant, et tant il nous gonfle d'espoir sans nous emplir de niaiserie... Car c'est aussi cela qui fait du bien avec ce Lovely Bones, c'est de tomber enfin sur un film qui sait nous présenter l'effervescence du monde adolescent autrement qu'au travers des caricatures de teenages movies, et qui parvient en plus à notre mener une vraie tragédie sans les trémolos et anesthésiques habituels. Bref, merci Peter Jackson de savoir filmer ! Rien que pour ce savoir-faire devenu trop rare en cette année 2010, il serait bien dommage de ne pas flirter avec ce Lovely Bones.

 

9.  Machete

 

Alors là ! Voilà le film le plus improbable de cette année 2010. Improbable non pas par son contenu, mais improbable de par son principe. Car oui, Machete fut cette année un film projeté dans les salles – et quel film ! – et pourtant, à l'origine il était loin d'être prédestiné à le devenir… En effet, je suis prêt à parier que si on était aller voir Robert Rodriguez juste après qu'il ait mis en boîte la première bobine de ce Machete qu'il deviendrait quelques années plus tard un long métrage distribué mondialement et plebiscité par de nombreux fans, voire même quelques critiques presse plutôt rangés, il aurait certainement explosé de rire d'incrédulité. Pourquoi se demandent peut-être certains ? Parce que tout simplement, à l'origine, Machete c'est une simple fausse bande-annonce de quelques minutes destinée à servir de gag entre les deux parties du projet Grindhouse qui contenait Boulevard de la mort et Planète Terreur. Cette bande-annonce était ridicule, tournée en dérision, totalement premier degré… et en 2010 c'est devenu un film sorti dans les salles…

Danny Trejo. Sony Pictures Releasing France Danny Trejo. Sony Pictures Releasing France Jeff Fahey et Robert De Niro. Sony Pictures Releasing France

Je peux vous sentir septiques en voyant trôné un gros film trip ouvertement pas élaboré dans mon top 10. Vous devez vous dire que cette année 2010 devait être vraiment – mais vraiment ! – moisie… C'est pas totalement faux, mais c'est surtout loin d'être au désavantage du film. Certes, en une année normale, Machete se serait surement retrouvé dans la liste des films additionnels car, tout trip efficace et fendard qu'il est, il n'en reste pas moins basique et peine parfois à rester rythmé et inventif sur 1h30 durant… Malgré tout ne lui retirons pas ses qualités. Machete est devenu un film parce que les fans ont plébiscité l'esprit de la fausse bande-annonce, et Rodriguez a su parfaitement retranscrire et développer cet esprit fait de dérision, de surenchère et de caricatures. L'air de rien, l'art de la caricature n'est pas si évident que cela, et Danny Trejo, l'éternel second rôle enfin mis en vedette, parvient parfaitement à rester sur la droite ligne qu'a tracé pour lui Rodriguez. De même, c'était culotté mais audacieux de demander la participation d'acteurs habitués autrefois à être des icônes de caricatures, comme Steven Seagal et Don Johnson chez ces messieurs, ou Michelle Rodriguez et Jessica Alba chez ses dames. A cela s'ajoute les cabotinages sympathiques d'un Robert de Niro toujours dans les bons coups. J'obtiens donc au final le trip jubilatoire souhaité, certes un peu étouffé dans la deuxième moitié, mais parfaitement conclu par un final dantesque. Désolé pour tous ceux qui ne comprennent pas l'engouement qu'on peut avoir pour un tel film mais moi j'assume : Machete, c'est le pied…

 

10.  Tamara Drewe

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S'il y avait bien un film dont je ne me doutais pas en en sortant qu'il figurerait malgré tout dans mon top 10, c'est bien ce Tamara Drewe ! Alors attention, n'allez pas comprendre là que je fais de ce film un pis-aller dans ma liste de bons moments de 2010 – loin de là – mais plutôt qu'il s'agit de ce type de film qui ne payent pas de mine comme ça, mais qui restent malgré tout durablement dans les esprits, parfois même davantage que certains films qui nous marquent plus sur l'instant. Si je devais donner une explication à l'existence d'un tel sentiment aussi durable,  je dirais tout d'abord que c'est avant tout la faute à la fraîcheur de ce cinéma et de cette campagne so british qui séduit toujours autant par ce côté flegmatique et sophistiqué à la fois, pittoresque sans faire vraiment rustre… Et puis, il y a aussi la présence de ce petit rayon de soleil d'outre-manche, ou plutôt devrais-je dire la super-nova britannique tant elle explosé sur tous les écrans dans tous les films cette année, c'est la fameuse Gemma Arterton… Autant la jeune nouvelle ne m'avait guère convaincu dans son interprétation peu inspirée d'Alice Creed, autant elle ne m'était apparu que comme une banale icône de beauté comme beaucoup d'autres le sont dans Prince of Persia, autant là, dans cette Tamara Drewe, elle a su exprimer toute l'épice de sa personnalité en tant qu'actrice.

Tamsin Greig et Bill Camp. Diaphana Distribution Gemma Arterton. Diaphana Distribution Dominic Cooper. Diaphana Distribution

Ça c'est sûr, ce Tamara Drewe doit beaucoup à son interprète principale, tant l'ambiguité, la richesse et la subtilité de la situation passe par les multiples facettes de ce personnages aussi frais que tourbillonnant… Mais ce serait peut-être un petit peu trop oublier le maître alchimiste de cette petite collation bien appétissante, le brillant Stephen Frears. Sachant flirter un petit peu avec tous les genres, il parvient à maintenir cet équilibre entre une forme la fraîcheur et le cynisme, entre l'humour léger et l'humour noir, bref entre le chaud et le froid qui fait qu'on se sent si bien dans cette tiédeur de fait mais certainement pas de ton. Ainsi je me fais donc une joie (toute relative) de la tiédeur de cette année 2010 car au moins me permet-elle de porter plus en avant un de ces films qui ne bouleverse jamais d'un coup, mais savent remuer longtemps par leur subtilité. Un vrai plaisir...

 

 

 Mais aussi...

 

Après un Top 10 où figurent déjà de nombreux films qui n'ont pas eu la note maximale de 5 étoiles, voilà une petite liste additionnelle de films que je vous conseille également parce qu'ils m'ont beaucoup plu (je leur ai d'ailleurs attribué 4 étoiles). Seulement voilà, comme vous pourrez le constater, cette liste n'est pas bien longue faute de café à mettre dans mon moulin et cela malgré la centaine de films vue cette année. Malgré tout, je pense que vous saurez trouver dans la liste qui suit de quoi vous satisfaire :

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StudioCanal Chloe 

Tout le monde en a dit que c'était une énième version édulcorée des précédents films d'Atom Egoyan, et que du coup il n'en valait pas le détour une seule seconde. Personnellement je m'insurge face à cette idée. Je ne la comprends pas. Certes je n'ai pas vu toute la filmographie d'Egoyan, mais j'ai trouvé que cette Chloe possédait le charme et la maitrise des plus grandes œuvres. Et même si certains jugeraient ce triangle amoureux trop classique à leur goût, je leur dirais quand même qu'il faut bien être difficile pour cracher sur un Liam Neeson et une Julianne Moore d'un tel niveau. Classique ce Chloe ? Peut-être mais moi je ne suis pas convaincu. Raffiné et somptueux : cela correspondrait plus à la définition que je m'en ferais…

 

Warner Bros. Invictus

De même que pour le précédent Chloe, beaucoup ont pesté contre cet Invictus, dernier film de Clint Eastwood, retraçant le parcours de l'équipe de rugby d'Afrique du Sud lors de la coupe du monde organisée du temps de Mandela… Trop classique qu'ils disent… Alors, certes, je suis entièrement d'accord avec ceux qui considèrent qu'Invictus est un film d'un fort classicisme. C'est évident : la démonstration est convenue, la conclusion est attendue, et le découlement de l'histoire est connu sur le bout des doigts avant même d'avoir vu le film. Seulement voilà : moi je ne cours pas forcément qu'après l'originalité absolue. Moi, quand on m'offre un film qui se présente si ouvertement comme un film classique, mais qu'il mène son spectacle avec grande maitrise et véritable sincérité, moi je suis satisfait. Invictus, moi, ça me satisfait, et ça me satisfait même grandement…

 

Ad Vitam Mammuth

Y'en a marre du cinéma social à la Dardenne ou ces foutues comédies de mœurs à la française ! D'ailleurs on serait très vite de mettre ce Mammuth dans le lot tant il semble correspondre à l'ennemi tant décrié. Pourtant, j'avoue que les amis de Groland, j'ai nommé Benoît Delepine et Gustave Kervern, ont su brillamment jouer de ce minimalisme miteux qui est à la mode en ce moment pour en tirer une fable assez drôle et grinçante qui a apporté une vraie touche de fraîcheur cette année. Bon, après c'est sûr que parfois les deux gars se perdent dans des effets de style un peu loupés et que le film perd un peu de pêche sur la fin, mais qu'importe ! L'envie est là et, pour moi, le plaisir l'a été aussi. A tenter…

 

 Sound of Noise

Dans la série des films tout simples mais qui n'en sont pas moins incroyablement sympathique, je pourrais également citer ce Sound of Noise. Bon, c'est sûr, l'intrigue est un petit peu simplette et le concept s'essouffle un peu sur le long terme, mais quand même ! Suivre cette clique de malfaiteurs du son promet quand même de bons moments. Dans ce grand concert composé de bruits de tout et de rien dans des situations insolites, certains moments m'ont totalement emporté, comme ce must qui reste la scène du morceau joué dans l'hôpital. Dans cette année morose, il peut le mériter son détour ce Sound of noise…

 

 Le nom des gens

Ils sont trop rares pour ne pas en parler : je parle bien évidemment des films français qui savent surprendre en bien. C'est pour cela que je pourrais passer sous silence le vrai plaisir que j'ai eu à découvrir ce Nom des gens. Le titre du film fait certes un petit peu peur, mais franchement il cache en fait beaucoup de fraîcheur, d'envie et d'authenticité dans la démarche. En plus, contrairement à tous ces films de bobos qui se disent engagés mais qui s'endorment dans une sorte de consensus mou, ce Nom des gens met les deux pieds dans le plat et se présente ouvertement comme un grand film de gaucho. Que ça plaise ou que ça ne plaise pas, au moins ça a le mérite d'être franc, ça a le mérite de s'affirmer. Alors moi je dis "oui", et je dis merci, parce que c'est avec des films comme ça qu'on se dit que ça pourrait vraiment être sympa un bon petit cinéma tout sympa en provenance de chez nous…

 

 Simon Werner a disparu

Et puisque le cinéma français personnel et audacieux se fait rare ces temps-ci – et surtout parce que cette liste additionnelle est bien maigriotte, je me permets pour une fois de faire figurer un film auquel je n'ai seulement attribué que trois étoiles sur cinq possibles. Alors peut-être allez-vous vous dire que je perds mes exigences et que du coup voilà qu'aux années médiocres vont s'y associer des listes contenant des films médiocres ! Sur ce point, je tiens à vous rassurer : si je me permets d'évoquer ce Simon Werner a disparu c'est qu'il répond justement à ce type de cinéma qui me branche bien ; du cinéma qui ose. Ici, on a à faire à un film français, mais ça n'empêche pas que son réalisateur – Fabrice Gobert – se risque à nous pondre une narration en flash-backs avec retours récurrents sur les mêmes scènes mais vécus d'un point de vue différent (oui c'est vrai que ça rappelle fortement Elephant, et alors ?), le tout tournant autour d'un monde d'ados qui vont se retrouver confrontés à un drame (Bon, oui c'est vrai, cela rappelle TRES fortement Elephant…). Mais quand même… Même si Gobert est parfois un peu dépassé par les évènements et se foire un petit peu sur sa fin (d'où ma note de 3) ce film est malgré tout pétri de bonnes idées et habité par une réelle sincérité de la démarche. Preuve en est, le film est déjà sorti depuis plusieurs mois, et pourtant il n'a jamais vraiment quitté mon esprit lors de la rédaction de cet article… Alors pour ceux qui seraient prêts à tenter l'expérience, j'appelle à cette prise de risque car au fond, pour ce Simon Werner, elle risque plus de rapporter que de faire perdre… Et pour ceux qui ne seraient pas convaincus, c'est quand même l'un des rares films qui s'ose à parler rétrospectivement des années 1990 et le temps des Super Nintendo quand même ! Si ça c'est pas un argument décisif !

 

StudioCanal Green Zone

Retournons dans le luxe des spectacles 4 étoiles avec du lourd : un bon film de Paul Greengrass ! Or, ce qui est toujours marrant avec un film de Paul Greengrass, c'est qu'on ne peut pas s'empêcher de se dire qu'il ne semble être capable de ne faire que : soit du très bon Jason Bourne ; soit… du très bon Jason Bourne. Bah oui, parce qu'à regarder ce Green Zone, il parvient quand même à prendre un super agent joué par Matt Damon qui court partout de toits en toits pour découvrir la vérité que l'Etat américain lui cache. C'est un peu caricaturé, mais c'est presque ça. Si ça c'est pas du Jason Bourne ? Alors certes, le caractère Bournesque fait forcément sourire tant il est évident, mais après tout de quoi se plaint-on ? Après tout, Jason Bourne c'est chouette non ? En tout cas, Green Zone assure l'essentiel en sachant partir d'un sujet un peu gonflant, les armes de destructions massives en Irak (Encore ? Mais ils ne savent parler que de l'Irak ces Américains !), pour en faire un spectacle échevelé, ne laissant aucun répit et dont l'intrigue finit malgré tout par susciter l'intérêt. En cette année de disette, un spectacle de cette trempe fait forcément du bien.

 

 Salt

Dans la même veine qu'un Bourne qui ne dit pas son nom – et j'avoue que c'est un petit peu ma surprise de l'année – c'est ce Salt. Je dis bien « la surprise » parce que c'était vraiment le film dont je n'attendais strictement rien en entrant le voir dans la salle de cinéma (…c'est souvent le cas vont dire ceux qui me connaissent, mais là c'était vraiment profond…). C'est qu'avec ce Salt, la formule est connue : on est dans la banale affaire d'espionnage qui suscite toute une série de course-poursuites encore une fois très bournienne, avec toute une série de retournements de situation et un suspense millimétré… Mais le tout est tellement bien mené, ficelé comme un rôti AOC, que moi, personnellement, je me suis totalement laissé porter. Rien de faramineux j'en conçois, mais franchement, un bon film d'action-espionnage aussi bien mené, je trouve ça trop rare en ce moment pour s'en priver… 

 

 Paramount Pictures France Dragons

Parmi tous les bouis-bouis numérisés dont on nous inonde maintenant, j'avoue qu'entre les Pixar, ogres verts et autres Megamoins¸ c'est finalement ce Dragons qui m'a le plus emballé. Là encore, le principe de base n'est pas si extraordinaire que cela, mais pour une fois qu'un univers fantastique qui fait partie des grandes images d'Epinal est plutôt bien retranscris, moi je ne crache pas dessus. Surtout que le spectacle sait se faire autant spectaculaire qu'épique, avec un excellent final, alors moi j'adhère forcément à ce type de films, et pas qu'un peu… 

 

 Shrek 4, il était une fin

The last but not the least, je finis cette courte liste par non le moindre des représentants de cette année 2010 : le fameux Shrek. Je lui rends d'autant plus facilement honneur que, de toutes les licences et gadgets numériques qu'on s'est coltiné cette année, c'est de loin celui qui a joué le plus honnêtement le jeu. Tout d'abord, cette cuvée 2010 de Shrek est la seule cette année à s'être vraiment risquée à une véritable démarche audacieuse. Alors que Pixar raclait ses fonds de tiroirs, que David Yates faisait marcher sa photocopieuse à Potter et que Disney cherchait à nous rappeler combien le monde c'était mieux avant, Shrek lui ose renverser ses codes et son univers dans un épisode final qui, certes, devait rattraper un prédécesseur un peu faiblard. C'est à noter aussi, Shrek 4, c'est peut-être aussi celui qui a été le moins malhonnête avec sa version 3D qui là, exploitait assez régulièrement la les trois dimensions de son spectacle. Et enfin, Shrek 4, c'est enfin celui qui a osé dire stop à une époque où la frilosité des producteurs appelle à la dilution des formules qui marche : ce quatrième opus est le dernier, et c'est très bien ainsi. Alors moi, je le dis, merci l'ogre vert d'avoir égayé cette année triste.

 

 

Pour encore plus de classements concernant 2010, veuillez tourner la page...

 



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Publié par L'homme-grenouille - dans Sélections de l'homme-grenouille
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commentaires

Startouffe 10/01/2011 00:10

Ah ça ! La grande question !Est-ce les attentes qui sont trop fortes, ou est-ce vraiment un vide de la part des grands réalisateurs ?

J'avoue m'être penché sincèrement sur la question. Tu sais d'ailleurs que j'aime aller voir un film sans rien n'en avoir vu auparavant afin d'éviter de créer des attentes disproportionnées par rapport à ce que le film offre vraiment. Je sais effectivement que je n'ai pas une posture neutre quand je vais voir un film, même si personnellement, je n'ai pas la sensation que cela pèse vraiment sur ma façon de le voir pendant la séance. Enfin bon, je dis ça comme si cela m'était personnel, mais la réalité c'est qu'on est tous comme ça. D'ailleurs, je constate que certains ensensent des films parce que ceux-ci ont été le produit d'un grand nom et que - inconsciemment - on est toujours plus réceptif à un film quand on s'est prédisposé à le percevoir comme potentiellement plaisant. Le débat pourrait être long, je l'ai déjà partiellement abordé lors de mes articles "Vous avez dit cinéphile?" et "L'assassin durait moins de deux minutes", donc je ne rentrerai pas dans le détail avec ce commentaire...

Pour se focaliser sur MON ressenti sur cette année 2010 et ses grands noms, je pourrais donc m'efforcer de prendre des arguments qui ont tendance à me faire penser qu'il y a une réelle dépréciation des grands auteurs. D'abord, je pourrais te dire que cette année a aussi été riches d'auteurs pour lesquels j'avais de grandes attentes et qui ont su malgré tout me toucher profondément : Nolan est en soit un exemple à lui tout seul ; Gregg Araki, Wes Anderson, Atom Egoyan, Clint Eastwood, Robert Rodriguez en sont d'autres... Je pourrais aussi citer Danny Boyle, et même les Coen finalement, car je l'ai adorais déjà avant "No country" et "burn after reading", et pourtant j'ai adoré ces films, "Serious Man" n'étant - je pense qu'un accident.

Autre élément qui me fait penser que j'ai gardé toute ma sensibilité au cinéma, c'est qu'Outrages s'est fait savater par la critique et par mes potes, ce qui n'était pas le cas des précédents Kitano. C'est aussi le cas de "Shutter Island" pour ce qui est de l'avis de mes potes, c'est vrai que la critique a été plus élogieuse par contre à ce sujet. Je ne suis visiblement donc pas le seul à ressentir une faiblesse. On pourrait prendre plein d'autres exemples dans ce genre et ils suffisent, pour moi, à me rassurer sur l'état de ma sensibilité aux autres, au cinéma et au monde en général.

Ainsi, je ne peux que confirmer le souci de mes inquiétudes. Personnellement, je ne m'inquiète pas de ma capacité à jouir ainsi qu'à celle de m'épanouir au contact des choses. Bien évidemment j'évolue et il semble logique qu'au fur et à mesure de mon "ascension spirituelle" (non je ne suis pas rentré dans une secte) je devienne plus exigeant quant à l'intensité des films que j'expérimente. Ce n'est donc pas ça qui m'inquiète. Que certains auteurs se délitent ne m'inquiète pas non plus finalement : Kitano, Scorsese ou Burton ont fini par dire tout ce qu'ils avaient à dire. Cela arrive dans la vie. D'autres viennent prendre le relai sur ce chantier immense qu'est celui de la culture humaine universelle... J'espère juste que ces nouveaux ne soient pas trop bridés par un système qui se cloisonne de plus en plus...

Après, il est vrai que je comprends ton étonnement de te sentir seul dans cette vague globale de pessimisme. Moi j'ai envie de te dire : si tu t'y retrouve, tant mieux. Chacun à sa vie propre, son parcours qui lui est propre, et donc forcément son cinéma qui lui est propre. Comme je le disais dans mon article sur la cinéphilie (putain, le mec qui se cite lui-même !), quand on échange au sujet d'un film, on ne parle pas de cinéma, on parle de soi à travers le cinéma. Ce ne sont pas des données techniques que l'on échange mais des valeurs et des émotions qui nous sont chères et qui transparaissent au travers des films que nous voyons. Ainsi, je pense, ces classements et ces articles nous permettent de nous rendre compte à quel point nous sommes différents, bien plus que ce que le jeu des masques sociaux ne le laisserait penser, et que les passerelles pour nous relier sont infinies...

En tout cas, une fois de plus, je te remercie de ta contribution sincère et de tes critiques qui - toujours - même si elles ne correspondent pas à mes goûts, me guident en permanence car je sais quoi en tirer du fait qu'elles sont honnêtes.

Bon, j'ai bien blablaté, je ne vais donc pas me relire étant donné l'heure, et j'espère du coup que ma réponse aura été clair.

See you l'ami...

DanielOceanAndCo 09/01/2011 23:06

J'ai vraiment l'impression d'être le seul à avoir kiffé l'année 2010 avec sur 152 films vus au ciné, pas loin de la moitié qui a eu au moins 3 étoiles.

Au moment où une étude sur le pessimisme chez les français fait son apparition, j'ai parfois le sentiment d'être le dernier optimiste dans le coin lol.

Sinan, pour commenter ton top, c'est davantage une déception sur ton appétit de cinéphile que les réalisateurs contemporains n'arrivent pas à rassasier que sur les films que tu as choisi en eux-mêmes (tout est subjectif, perso, Machete m'est passé à 30 000 pieds). Tim Burton t'a perdu il y a un moment maintenant et aujourd'hui c'est au tour de Scorsese et surtout Kitano et dans une moindre mesure les frères Coen. Ils ont réalisés de mauvais films ou la mécanique de leur cinéma n'a plus aucun effet sur toi?? Ou tout simplement leur simple nom créé une attente qu'ils n'arrivent pas à satisfaire?? Tu es le seul à pouvoir à répondre à ces questions.

En tout cas, je te souhaite une excellente année 2011 dans tous les domaines en général et d'un point de vue cinématographique en particulier en espérant que Messieurs Eastwood, Coen, Spielberg ou Madame Coppola fasse renaître ta flamme de cinéphile.

Biz

Startouffe 09/01/2011 01:33

"La révolution par la base" cher Rupo ! Oh que oui !Salutations cher Rupo !

Oh qu'il est bon de lire là un de tes merveilleux commentaires, toujours aussi empreints de sagesse et d'optimisme ! J'ai beaucoup aimé ton allusion au fait que c'est le public qui fait plus le marché que les grands pontes du cinéma. C'est vrai, tu as raison, et cela me rassure et me ragaillardit un peu. Nolan en est d'ailleurs un symbole. Voilà un gars qui s'est un peu construit tout seul, à contre courant, mais qui a su apporter sa patte au cinéma tout en suscitant le consensus populaire autour de lui. Que cela serve de leçon. Néanmoins, j'ai envie de te répondre que, pour que le public fasse pencher la balance pour les films qu'il veut en allant les voir en masse, encore faut-il pour cela qu'ils sortent en salle. Pensons à "TowelHead" et "Moon" qui se sont vu privé de sortie en France. Et combien de films comme cela n'ont tout simplement pas vu le jour alors que les daubes amalriciennes et dardennesques trouvent droit de cité sans souci...

Sur le reste de ton propos, et les films que tu cites pour compléter cette liste additionnelle, sache que nos grands esprits se rencontre car, alors que tu postais ce commentaire, j'avais déjà de côté la dernière partie de mon article qui, tu vas le voir, rejoint grandement ce que tu évoques.

Merci à toi de participation, et bonne année cinéphilique, philosophique et éthylique... (même si par "éthylique" j'évoque bien sûr la noblesse de notre patrimoine local : la bière).

Rupo 08/01/2011 21:29

Aaaaah 2010... Je ne sais même pas si je suis allé voir 20 films cette année. Si c'est pas malheureux avec une carte illimitée... Il n'y a vraiment pas eu grand chose qui m'ait motivé. Quand je lis ton article mon cher Startouffodrome, je constate que c'était plutôt justifié.

Ce que je trouve paradoxal c'est que même si le niveau global semble plutôt bas, les films que j'ai aimé m'ont vraiment scotchés. Ces films sont pour la plupart dans ton classement (inception, kick-ass, agora, machete) et je me suis empressé de les acheter à leur sortie en dvd (même si l'édition ultimate pouet pouet collector d'inception à 30 euros c'est abusé à mon sens). Pour mr. nobody je ne partage pas ton enthousiasme même si je vais probablement retenter l'expérience qui me semble difficile à appréhender en un seul visionnage. Et ce sentiment vis à vis des films forts de l'année je ne l'ai pas forcément éprouvé les années précédentes.

Et d'un autre côté je te rejoins sur le thème de la prise de risque. Et là aussi je trouve ca paradoxal parce qu'on en a eu mais elle ne s'est soldée que par de cuisantes désillusions :
- les chèvres du pentagone : ca à l'air rigolo pour au final ca ne fait que brasser du vent
- kill me please : ca réussit le tour de force d'introduire un sujet difficile pour finalement gâcher le film de manière lamentable
- rubber : ca commence bien pour aboutir à pas grand chose
- le bruit des glaçons : fait illusion 5 minutes

Alors pour ma part, 2010 ca restera mitigé même si les quelques perles qui en sont sorties n'en sont que plus délectables.

Quand à l'avenir du cinéma... Je suis tenté pour ne pas me faire de souci. En fait je n'ai pas vraiment d'idée sur la direction que tout cela va prendre. Peut être que cette standardisation finira par lasser et que, une fois moribonde, l'industrie retrouvera un second souffle. Ou alors ca me fait penser au principe d'action-réaction en physique. Toute action entraîne une réaction. Ce qui pourrait se traduire par moins de diversité mais une diversité plus marquée. Ou alors le cinéma se calera dans une modèle économique où il n'est en rien un art mais un simple générateur de divertissement. Dans ce cas là, rien n'empêche à ceux qui ne veulent pas tomber dans ce modèle de se consacrer à l'art sans contraintes. Comme rien n'empêche de générer des fonds par le divertissement pour les consacrer en partie à l'art. Tout ca m'inspire le sentiment que la clé réside dans les gens qui font le cinéma et pas le système. Mais ca c'est mon côté idéaliste qui me fait croire que les gens peuvent faire évoluer le système ^^.

Pour finir sur ce commentaire, j'aimerais tout de même parler d'une bien bonne surprise : fatal bazooka. Alors je trouve ce film très bon (même si l'inspiration assumée de zoolander et autres comédies stillesque et ferrelesque y est pour beaucoup) mais ce qui me plaît encore plus c'est de voir les possibilités que cela ouvre dans la comédie. Ce qui me plait dans ce film, c'est ce qui me plait dans Zoolander. C'est l'absurde pour l'absurde dans un cadre cohérent et réaliste mais surtout l'aspect décomplexé des trips des auteurs. Ah le super clash, quel bonheur. Et finalement elle est peut être là la prise de risque de l'année 2010 : prendre les bons (goût personnel) codes d'une frange de la comédie américaine pour venir dépoussiérer la comédie française. Alors peut être que je me berce d'illusions, mais j'ai envie de croire à l'enrichissement de nos comédies dans les années à venir.

Startouffe 02/01/2011 18:54

Merci merci...Bon bah content de constater que ce top t'ait donné envie de découvrir deux films de cette année qui me semblent majeurs. (En même temps c'est le but.)
Du coup il ne me reste plus qu'à aller récupérer de mon côté les quelques perles qui me manquent peut-être...

Darkskywalker 02/01/2011 15:25

Tu m'as donné envie de visionner Notre Jour Viendra et Mr Nobody qui me sont passés à côté. Pour le reste, je me suis déjà exprimé sur Kick Ass dans ton article dédié à ce sujet et j'attend de me revoir Inception pour apprécier pleinement ton article.

Néanmoins, j'ose espérer que le succés du film, qui ne manque pas de complexité et d'originalité, saura rafraichir les mémoires vacillantes des producteurs Hollywoodiens: oui le grand public n'est pas idiot, il peut apprécier les films intelligents, il aime avoir le plaisir de la découverte dans le film et ne pas juste voir le traditionnel message "D'aprés l'oeuvre culte de machin bidule". Il y a des scénaristes doués à Hollywood, c'est inutile de totalement recopier des histoires d'autres médias pour avoir un bon scénario. Rien que pour cela j'ai envie de remercier l'ami Nolan certainement le cinéaste qui aura su le mieux concilier la dimension commerciale de ses films avec un réel intérêt cinématographique. J'espère que d'autres prendront exemple sur lui et qu'il continuera sa carrière pendant longtemps.

Juste un dernier mot concernant Machete qui m'a assez déçu, j'ai eu le sentiment désagréable que le film essayait trop de coller parfaitement à la bande annonce et ne s'arrivait pas à s'émanciper du trailer quitte parfois à tomber un peu à plat, hop la scène avec la moto mitrailleuse qui dure 5 secondes pour coller avec le trailer, hop la séquence dans la piscine etc etc...

Enfin bref, en tout cas, le faible niveau de qualité de cette année cinématographique ne t'a fort heureusement pas empêché de continuer à écrire des articles intéressants, bonne continuation pour 2011 camarade et vu que l'occassion s'y prête bien, bonne année 2011 également!

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