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27 février 2010 6 27 /02 /février /2010 13:49

 

Xingu Films

 

Ceux qui ont eu l'occasion de lire les articles de ce blog consacrés à Inland Empire, Indiana Jones IV ou bien encore Mr. Nobody ont sûrement déjà entendu parlé de mon cher ami cinéphile JW (aussi connu dans des temps anciens sous le pseudo de Coxwell) avec lequel d'ailleurs je prends un plaisir régulier à échanger et disserter sur le cinéma. J'avoue qu'il n'y a que lui pour m'amener à découvrir autant de films obscurs, sortis dans l'ombre, et dont peu de personnes entendent parler. Cela fait d'ailleurs maintenant quelques années que ce cher JW m'invite régulièrement à mener en son humble demeure un « marathon » de découvertes cinématographiques. 24 heures, quelques pizzas, de la cocaï…... d'autres pizzas, et surtout une douzaine de films composés de quelques unes de mes perles et de quelques unes des siennes. Pourquoi je vous parle de cela ? Peut-être pour vous inciter à tenter cette expérience inégalable (on vit vraiment le cinéma autrement après ça), mais aussi et surtout pour vous dire que sans ce chercheur acharné de la petite pépite qu'est JW, jamais je n'aurais entendu parlé de ce Moon, film sorti dans les salles de nos chers voisins d'outre-manche en mai 2009, et dont la sortie en France était envisagée aux alentours des mois d'avril ou de mai de cette année 2010… Film au budget réduit, et première réalisation qui plus est pour Duncan Jones qui n'a pour seule gloire que celle d'être le fils de David Bowie, Moon fait partie de ce genre trop rarement présent au cinéma : le cinéma de genre d'auteur. Eh bien jeunes gens – comme quoi l'art ne se commande et ne se prévoit pas – car malgré ce manque de moyens et d'expérience, Moon a été pour moi une véritable claque en plein visage ; ce genre de film dont on est assuré qu'il fera partie du panthéon de l'année… ...Seulement voilà -– patatra ! -– voilà quelques semaines que l'annonce est tombée : fautelm de distributeurs, Moon, sortira directement en DVD… Mais comment est-ce possible ?...

 

 

Une alchimie prohibée sur le territoire français : film de genre et cinéma d'auteur…

 

L'argument des distributeurs français est tombé comme un couperet : Moon est de ces films qui ne trouvera pas son public. Le prix du jury et le prix de la critique que lui ont décerné le festival du film fantastique de Gérardmer 2010 (sûrement ce festival considère-t-il la science-fiction comme un sous-genre du fantastique…... Bizarre...) n'y changeront rien : Moon ne trouvera pas son public. Il faut dire qu'au travers du prisme des distributeurs, il ne peut exister que deux publics en France. D'un côté, il y a le public destiné au cinéma de masse : ce sont ceux qui vont au cinéma une à deux fois par mois et qui ne se déplacent que pour un spectacle qui ne leur prendra pas la tête, et leur assurera un bon moment de détente. Les films qui trouvent ce genre de publics se caractérisent généralement par le fait qu'ils soient de grosses productions, avec pas mal d'action et d'effets visuels. Souvent d'ailleurs il s'agit de films de genre américains : thriller, science-fiction, horreur, fantastique, aventures, etc... Ainsi, cette année a-t-on allègrement distribué les Livre d'Eli, Sherlock Holmes, et autres Percy Jackson.  Enfin, de l'autre côté, il y a le public destiné au cinéma « d'auteur ». Ce public ne va peut-être pas forcément plus souvent au cinéma, mais ses exigences sont autres : ils sont plus « cérébraux », et l'image qu'ils se font du septième art ne se limite pas à celle du simple divertissement. Ainsi, destinés à ce public, tous les films d'auteurs qui ont pour but de présenter une réalité sociale, de diffuser un message moralisant, de sensibiliser à un passage de l'Histoire qu'il ne faut pas oublier…... Ainsi, sont sûrs d'avoir leur ticket les Refuge de Ozon, Bright Star et Autre Dumas parmi ceux qui garniront les salles obscures.

 

 Metropolitan FilmExport Warner Bros. France Pathé Distribution UGC Distribution

.

Ainsi, pour ces gens que sont les distributeurs, l'évidence tombe sous le sens : ces deux publics ne se confondent jamais, sauf peut-être dans les rares cas où des grands messieurs comme Martin Scorsese nous sortent un Shutter Island...… A part cela, c'est sûr et certain : jamais le spectateur de blockbuster ne se risquera à voir un film qui ne garantit pas son minimum d'action et d'effets visuels, et jamais non plus le spectateur raffiné ne prendra la peine d'aller se souiller l'esprit de ces films de genre réservés à une plèbe en mal d'imagination... … Moon est de ces films qui ont eu la bêtise de s'asseoir entre ces deux chaises…. Quel mauvais businessman ce Duncan Jones…... Eh oui ! C'est assez surprenant mais c'est comme cela. On ne mélange pas cinéma d'auteur et film de genre, ce serait mélanger les torchons et les serviettes ! Un auteur est forcément un artiste, et un artiste a forcément des choses importantes à dire. Or, on a du mal à concevoir qu'on puisse dire quoi que ce soit de sensé dans un film de science-fiction. Car oui -– raisonnement inverse –- la science-fiction c'est fait pour faire rêver les gens, mais comment les gens peuvent-ils rêver sans qu'on leur crache de l'argent à la figure ? Ainsi sommes-nous pris en otage par ce mode de pensée. On ne pourra même pas se faire nous même notre avis car les distributeurs l'ont décidé : ce film n'est pas pour la France. Quel dommage, car loin d'exclure les deux publics, Moon au contraire pourrait presque se vanter de pouvoir contenter une moitié de chacune des deux parties tant ses qualités sont là.  Après tout, pourquoi tous ceux qui aiment le grand spectacle sont-ils forcément hostiles à tout film qui cherche à faire réfléchir sur sa propre condition ? De même, ceux qui se lassent des films vides de sens et d'interprétation sont-ils forcément réticents au plaisir de l'évasion qu'apporte le cinéma de genre ? Moon aurait très bien pu alors trouver son public, mais bon, les distributeurs en ont décidé autrement…... 

 

 

Un vrai film de genre qui sait incarner au mieux le minimalisme formel au profit de son propos.

 

C'est souvent le reproche que l'on fait aux films de genre : être trop policés au niveau de son intrigue et de ses personnages pour finalement se reposer que sur le grand spectacle à coup d'effets visuels et sonores. De la même manière, beaucoup rechignent à se risquer dans un film dit d'auteur car on craint que le cérébral interdise toute fantaisie et que par conséquent le spectacle se fasse bien sec. Moon est de ces trop rares films qui savent réconcilier ces deux opinions. Moon, c'est le film aux antipodes du tape-à-l'oeœil. Le lieu où se déroule l'intrigue en dit déjà suffisamment long : pas de galaxie lointaine, pas de colonie sur une planète habitable, pas de civilisations extraterrestres…... La lune, c'est tout. Paysages épurés, noirs et blancs, incarnant le mieux le vide sidéral. Reste la base, immaculée, épurée, virginale…... La seule fantaisie de cette grande prison qu'est la base spatiale de Lunar, c'est l'intelligence artificielle qui vient assister le seul être humain présent. Avec sa voix placide (celle de Kevin Spacey en l'occurrence) elle rappelle forcément la froideur de ce bon vieux HAL dans 2001. Fim de genre donc ce Moon, mais minimaliste. Certains diront que ce minimalisme est le fait d'un budget cheap…... Peut-être, mais en tout cas cela ne se voit pas à l'écran. Les sorties à la surface de la lune sont sublimes et souvent accompagnées d'une musique de Clint Mansell qui s'accorde au maximum à cet aspect épuré mais néanmoins évasif. Science-fiction donc, mais huis-clos surtout…... 

 

 

Car oui, c'est cela avant tout l'attrait de ce Moon, c'est qu'il s'agit d'un huis-clos qui n'a qu'un seul centre d'intérêt, qu'un seul sujet : l'Homme. Un seul acteur dans le film : Sam Rockwell, mais sa présence irradie l'espace. Il vit dans une bulle, celle de son travail pour Lunar. Son existence se limite au « vaisseau, boulot, dodo ». Sa connexion avec l'extérieur se fait par l'intermédiaire d'écrans, de messages différés, ou bien tout simplement des smileys de son cher compagnon artificiel : Gerty. Par son épopée spatiale, Moon parvient à nous apporter ce que le cinéma a de plus précieux : un regard extérieur sur nous-même. Sam, c'est nous, et Lunar est notre monde. L'existence d'un homme peut-elle se limiter au simple accomplissement d'une tache dénuée de sens, se raccrochant pour cela à une finalité conventionnelle, à un simulacre de famille ? Même si tout est faux, il y a ce besoin qui ressort de Moon : le besoin de sens, le besoin de vérité sur la nature des choses. Sam est victime, mais Sam se bat. Sam ne reçoit de l'émotion qu'au travers des émoticones de Girty, mais que valent-elles vraiment ? Sam est faux, mais par sa quête de vérité, il touche finalement à une forme d'authenticité. C'est dans le dépassement de sa condition que l'Homme trouve finalement toute son essence (difficile de faire plus référencé au chef d'œoeuvre du genre qu'est 2001). En dire davantage serait trahir l'exploration de cette lune riche de sens et de plaisir. Car, s'il y a bien une qualité qu'on ne peut nier à ce Moon, c'est qu'il sait éviter le film rasoir pour intellectuels frustrés, il n'en oublie pas d'être un film de genre, c'est-à-dire un spectacle qui s'efforce de maintenir du rythme et des rebondissements réguliers et remarquablement pensés. Bref, Moon est de ces films qui savent réunir tous les artifices du cinéma pour notre seul service, pour celui du plaisir et de l'émotion du spectateur. Alors, messieurs les distributeurs, le film de genre d'auteur n'est pas une catégorie de cinéma en dehors des deux seules catégories susnommées. Au contraire, il sait en embrasser la totalité pour au final transcender les possibilités du cinéma…

 

 

Conclusion : l'art c'est de l'incertitude, c'est donc aussi du risque…

 

Alors, bien évidemment, sur quoi puis-je m'appuyer pour dire que Moon a le potentiel pour rencontrer son public si ce n'est le fait qu'il m'a beaucoup plu ? Sur rien…... Mais une chose est sûre, c'est qu'il ne risque pas de le rencontrer si aucune salle ne daigne le proposer. Invendable Moon ? C'est sûr que si on conçoit la promotion d'une œoeuvre comme l'art de présenter ce film comme correspondant aux critères d'exigence du public, cela implique que l'on sorte du schéma de penser qui veut qu'on classe le public français qu'en deux catégories : l'un destiné au grand spectacle visuel, l'autre au cinéma d'auteur socialisant. Moon ne peut se vendre au public comme un film de grand spectacle qui pète dans tous les coins, avec des explosions, des paires de seins, ou autres « exigences connues » du grand public. De même, difficile de montrer dans la bande-annonce qu'il y a un regard porté sur l'Homme étant donné qu'à aucun moment le réalisateur ne placarde grossièrement sa morale à l'écran. Finalement, quand on nous annonçait que « Moon est un film qui ne trouvera pas son public », il ne fallait pas comprendre qu'il n'y avait pas de public pour Moon, mais que les distributeurs n'avaient pas envie de faire l'effort de le trouver...… Chercher le public de Moon, cela aurait impliqué une autre façon de communiquer sur le film, la recherche de nouveaux éléments d'accroche pour parler à ce spectateur qui se permet l'outrecuidance de ne pas rentrer dans les cases que l'on a conçues pour lui. Finalement Duncan Jones a eu le malheur de prophétiser le sort de son spectateur avec ce Moon : celui d'un individu qui aimerait bien voir et vivre autre chose que ce qu'on lui montre et que ce qu'on lui demande de faire…... Cela en deviendrait presque pathétiquement risible…...

 

 

 

 



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Publié par L'homme-grenouille - dans Films trop méconnus ou incompris
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commentaires

jecogite 12/10/2013 15:10

Une fois de plus, je tiens a préciser que ma critique ne se porte pas sur les Blockbusters. Loin de moi cette idee. Je suis pas la a me faire passer pour un intello du cinema. J'adore les
blockbusters car ils nous procurent des sensations qui n'ont aucun rival (a part probablement les jeux videos et les livres qui arrivent a exiter notre imagination).

Je dis juste que les 1ers films de ce genre qui sont sortis pouvaient se permettre d'avoir un senario leger car les gens allaient les voir avant tout pour le renouveau que proposaient les effets
speciaux.

Aujourd'hui on est abreuvé de ces effets. Alors les gens un tant soi peu exigeant, reviennent au seul besoin que notre conscience réclame: l’excitation de l'intellect.

Une belle nana dans le lit c'est le pied mais au bout d'un moment, quand on a rien a lui dire....

Le cinoche c'est pareil. Elysium aurait ete un des 1ers films de science fiction, il serait resté dans les anales.

Je n'ai rien contre le blockbusters mais contre ceux qui ont un scénario de merde.
Comment un réalisateur peut il oser léser le scénario a ce point ? C'est prendre les gens pour des cons. Espérer qu'ils vont bouffer le magnifique gateau plein de couleurs sans se rendre compte que
ca n'a aucun arôme.

Avec Elysium, je me sens pris pour un con a avoir foutu le prix d'un ticket de cinema.
Avec Moon, cette sensation ne m'a pas traversé l'esprit.

Voila ce que je ne supporte plus car a ce moment la, plutot que de faire un film de merde qui coute de quoi nourrir un petit pays pauvre, autant sauver des vies avec cet argent. C'est honteux je
trouve.

l'homme-grenouille 12/10/2013 10:25

Oui bah ce que tu racontes ne m'étonne pas... et ne me choque pas plus que ça. Des gens qui ne veulent pas se prendre le chou, qui veulent le confort des choses simples, qui s'en foutent se savoir
si leur vie pourrait être meilleure ou non, il y'en a un paquet, il y'en a toujours eu et il y en aura toujours. Je ne me sens pas prophète : je n'entends pas leur faire la leçon pour les
contraindre sur la voie que j'aurais estimé être celle de la lumière... Moi tant qu'on me laisse vivre mon trip de mon côté, qu'on me laisse le partager avec les gens qui en ont envie, ça me va...
Après, je reconnais que justement aujourd'hui on en est peut être justement pas là, et ton exemple du restaurant pourrait se reporter au cinéma...

Au fond, parce qu'on a décrété que les gens voulait du basique, parce que finalement c'est plus rentable de jouer sur la satisfaction du peu, plus grand monde ne pense à satisfaire les exigeants...
Finalement ils sont peu nombreux et ils demandent plus de recherche, plus de travail, sans qu'on ait la certitude qu'ils soient satisfait. Si on avait vraiment un cinéma diversifié qui satisferait
tout le monde, je pense qu'on ne pesterait pas autant sur le cinéma formaté. Après tout, moi aussi j'ai envie d'avoir mon petit blockbuster...

jecogite 11/10/2013 21:29

Salut
D'abord merci d'avoir pris le temps de répondre.

Et bien il est sur qu'on ne peut qu’être d'accord a moins d’être intolérant.
Évidemment que le cinéma, comme tout art, ne peut être QUE subjectif du point de vu émotif ou sensation.
Et oui, comme toi, il y a des films considérés comme riches et chiants comme la mort mais il y a des personnes sur terres autre que soi-même qui vont adorer.
Ca me fait penser aux films du festival de Cannes dont je suis allergique la plupart du temps.

Oui, ce qui est sur, c'est qu'un des rôles du cinéma est de procurer le plaisir des sens.

Ce que je critique, c'est comme critiquer une pizza surgelée qu'on veut nous faire passer pour une pizza faite dans un restau typique dans un petit village en Italie.

Mon discours n'a pas pour but de rentrer en lévitation en pensant que je suis un spectateur supérieur (c'est vrai que mon discours précédent peut le laisser entendre).

Non, ce qui me dépasse avec un film comme Elysium pour en revenir a lui, c'est que le scénario a été depuis longtemps digéré par des milliers d'estomacs.
Je t'avoue que je ne vois pas trop en quoi il est efficace car en fin de compte, on est tellement aspergé d'effets spéciaux (et comme beaucoup, j'aime les effets spéciaux) que j'ai comme le
sentiment que le réalisateur a dit au montage: "Steve, rajoute moi des vaisseaux spatiaux a droite et fout moi une putain d'explosion a la 138 eme minutes. On va leur faire oublié qu'ils regardent
de la merde"

Une fois, je suis allé mangé dans un resto.
Ce que j'ai mangé n’était pas mauvais mais banal. Juste banal genre saumon fumé, tranches de tomates carrefour. Bref, le truc sans vraiment de gout.
Le patron a la fin s'approche pour me demander si ca a ete et ce qu'on en a pensé.
Je lui ai dit ca, que c'etait pas mauvais mais que ca aurait ete pas mal des petits truc genre graines de sesames, ou du miel pour faire un peu sucré salé. Enfin bref, mettre un peu plus de gout
(pour le plaisir des sens par exemple)

Ben le mec, il s'est approché de moi et il m'a dit texto: "Avant je faisais ca, mais vous savez, les gens, ils aiment manger de la merde".

Je suis resté sur le cul par rapport a son honnêteté.
Mais le pire c'est qu'il a raison.
Et que ce soit la bouffe, le cinema, ou un foutu tableau ou un mec a éternué dessus sans faire expret et a collé une etiquette 15000 balles dessus, c'est pareil.
Les gens vont s'extasier devant parce qu'on leur a dit que c'est de l'art.

l'homme-grenouille 11/10/2013 17:48

Alors là,, vaste débat. Est-ce parce que nous sommes plus exigeants que cela fait de nous des critiques de "qualité" ? Est-ce que du coup, par conséquence, cela fait que les films que nous
apprécions, sous prétexte qu'ils nécessitent plus d'exigence pour être appréciés, n'en sont que plus riches et meilleurs ? Je t'avoue que tu ouvres un débat qui me passionne et je vais t'expliquer
pourquoi... (En rapide, bien sûr ! ^^)

D'un point de vue je suis d'accord qu'il y a un aspect factuel qu'on ne peut pas renier. Quand un film dispose de plusieurs degrés de lecture, quand un film utilise un schéma de narration plus
complexe ou de choix photographiques ou sonores variés, on ne peut nier que le film est plus travaillé, a plus d'aspérité, qu'il est donc plus "riche"...Est-ce qu'il en est pour autant meilleur ?
Bah après, la qualité d'un film ne se jauge qu'à l'affect, c'est-à-dire de manière totalement subjective. Moi je préfère Transformers à The Artist, même si le premier est clairement plus brut et
primaire que le second. Parfois, souvent, je préfère une mécanique classique qui marche plutôt qu'un concept chelou mal réfléchi qui perd de vue qu'il y a un spectateur à "séduire"...

Et je ne dis pas forcément ça dans une logique de discours hypocrite pour fâcher personne alors qu'en fait je pense le contraire. Je pense ça parce que, moi je premier, ça me gonfle quand on me dit
: "je suis un meilleur cinéphile que toi parce que moi je sais apprécier à leur juste valeur des films ultra exigeants comme "Cris et chuchotements"." Bah désolé mais non. Je n'aime pas "Cris et
chuchotements". Et oui, le fait que ce soit en noir et blanc, que ça parle que très peu, que ça manque de péripéties joue sur le fait que ça ne me parle pas. Je l'assume amplement. Je n'ai pas
envie qu'on me dise que je suis l'équivalent d'un bouffeur de pop-corn parce que je ne sais pas m'ouvrir au cinéma exigeant. Je n'ai pas envie de me corrompre. Je vais au cinéma pour le plaisir des
yeux, des oreilles, des sens... Effectivement, comme toi, quand je me tape un scénario basique et caricatural, mon cerveau rentre en mode fringale et je peste contre ce manque de stimulation. Mais
je conçois que d'autres n'aient pas envie de se prendre la tête, n'aient pas envie de faire les efforts; comme moi je n'ai pas envie de faire l'effort pour Bergman... Le cinéma reste un plaisir. Si
on est guidé vers un cinéma c''est parce qu'on aime, pas parce qu'on est obligé. Nos goûts reflètent finalement ce qu'on est : quelqu'un qui n'aime pas se prendre la tête (et ça se respecte) ;
quelqu'un qui aime la stimulation des sens et de l'esprit (et ça se respecte) ou quelqu'un qui aime avoir des goûts conformes à ceux de la bonne société (et ça se respecte aussi).

Alors plus riche/plus pauvre, plus élaboré/plus primaire, j'accepte les qualificatifs... De meilleure qualité ou de moins bonne qualité, par contre, je rejoins le propos que quand la subjectivité
du point de vue est reconnu et assumé. Exemple du parle d'Elyseum. Tu dis avoir détesté ça et trouvé ça très con et très formaté. Moi j'ai trouvé ça juste aseptisé mais malgré tout efficace ; en
tout cas bien plus plaisant que la plupart des films du même genre que j'ai vu dernièrement. Donc tu vois... Qui a raison ? Qui a tort ? Moi je pense que ni l'un ni l'autre. Ce n'est qu'une
question de point de vue...

Voilà donc ce que je te répondrais sur le coup ^^

Jecogite 08/10/2013 18:45

Je suis entièrement d'accord !

Sauf... pour la norme ou la référence dont tu parles.
Je m'explique:
Personnellement (et ca n'est pas pour me la jouer genre je suis blase) sur 50 films vus, il va y'en avoir une 15ene regardable et peut être 1 parfois (pas toujours) qui va me marquer.
Alors il ne reste plus qu'a faire des maths:

Admettons que pour une personne comme moi (ou toi) qui regardons pas mal les films et qui y cherchons au pire un réalisateur qui nous prend pas pour des cons et au mieux qqe chose que nous
définissons "d'artistique", comment cela se fait qu'il y ait si peu de films sur un grand nombre qui nous plaisent (car je suppose que tu as du te taper un paquet de conneries avant d'avoir ta
filmothèque des la tète).

Admettons aussi qu'il y a un grand nombre de films a "pognon".
Si ces films sont nul et qu'ils sortent quand même, ca veut bien dire qu'ils sont supposes rapporter du pognon !? Simplement parce qu'ils ont été pondus grace au livre des recettes (dont tu as
parle) ?

Donc oui, il y a bien une catégorie de gens qui bouffent du médiocre ? Et cette catégorie represente la plus grosse pour les producteurs ?
Avoue que tu te sens qq'un dont la critique est de qualité ?
Avoue aussi que tu a croise beaucoup de gens qui ont du te dire qu'ils ont trouve ca bien un Elysium (dernière merde intersidérale du moment) ?
(J'aurai pas l'air con si tu me dis que tu as adore he he)

Personnellement, je viens de voir Elysium et je ne peux pas me résoudre a comprendre de qui on se fout ?
Et quand j'entends un "médiocre" (je vais les appeler comme ca maintenant) me dire que c'etait pas mal et qu'il a passe un bon moment, alors la, j'ai l'impression que je viens d'une autre
dimension.
Comment peut on se laisser berner par... CA ?

Bon certes, mon discours est très intolérant et peut être un peu virulent mais on ne peut pas nier une chose: c'est que si il y a tant de merdes qui sortent dans le milieu de l'art du cinéma, c'est
qu'il y a des gens pour les bouffer et payer pour les manger tout cru ces ""superbes œuvres""

Bon maintenant je vais me faire descendre par la moitie de la planète.....

l'homme-grenouille 08/10/2013 17:31

Oui oui effectivement, un certain public habitué à bouffer du blockbuster décérébré ne fera pas l'effort de voir ce film... Mais bon, ferions-nous l'effort de regarder jusqu'au bout des films comme
"No Pain No Gain" ou "World War Z" ? Moi personnellement non. Je ne vois pas pourquoi cette catégorie là de spectateur serait plus représentative que toi ou moi d'une certaine norme, voire d'une
référence de base. Personnellement je ne fixe jamais mes critères d'ennui par rapport à cette supposée base caricaturale. Je préfère toujours les miens ^^.

Pour moi il n'y a qu'une réalité : la nôtre. Difficile de dire qu'un film est lent ou rapide, ennuyeux ou captivant. Comme tu dis, il y a des films qui commencent en pétant dans tout les sens, cela
ne veut pas dire pour moi qu'il est rythmé et vif. Si l'intrigue ne bouge pas d'un pouce, qu'il y a de la répétitivité dans la scène et qu'en plus elle n'en fini pas, alors à mes yeux ce début sera
lent et ennuyeux. A mon sens, un propos ou une impression ne peuvent être compris qu'au travers de ceux qui l'expriment. L'objectivité n'existe pas au cinéma...

jecogite 06/10/2013 12:56

Salut

Quand je dis qu'il faut faire un effort pou rentrer dans le film (pas un énorme non plus car il y a des films qui démarrent beaucoup plus lentement) cela ne veut pas dire que le film est ennuyeux
ou que je me suis ennuyé. Beaucoup de films (americains, blockbuster, etc....) sont la, a hurler des les 1eres minutes de générique: "regarder comme je suis un bon film" avec des couleurs vives et
beaucoup de bruit.
Ca n'est pas le cas de Moon. les couleurs sont sobres, épurées, le démarrage du film t'es peut etre rapide et pose les bases mais pour Mr ou Mme Dupont, c'est deja trop long. Ce sont a ces gens que
le message s’adresse car ce sont les plus nombreux. Et les plus nombreux sont ceux qui apportent le plus de sou-sou.
(d'ou la recette du blockbuster dont tu parle dans ton blog).

Ce que je veux dire, c'est qu’après une journée de boulot, il y a des films qui, n’éveillent pas l’intérêt des les 1ere minutes et qu'il y a un effort de persistance a faire lorsque la curiosité
est un cran au dessus.

Pour ma part, je suis tombe sur ce films en cherchant. Je l'ai regarde et j'ai aime. Enfin a un certain degrés car y'a toujours mieux ou moins bien

Je pense que c'est un film que beaucoup de gens zapperaient car malheureusement, il ne fait pas parti de ces films qui t'apportent de la distraction pré-digérée sur un plateau des les premières
minutes.

On peut pas nier que le film démarre lentement malgré tout et que la compréhension du "pourquoi" qui amène l’intérêt ne démarre que lorsqu'on commence a voir qu'il y a un truc bizarre jusqu’à
arriver au retournement de situation (que je ne mentionne pas pour ceux qui n'ont pas vu le film).
Mais cette mise en place et cette lenteur est indispensable (enfin je pense) un peu comme quand on attend pour un truc plaisant. Ca n'en sera que meilleur. Faut juste persister un peu et pas lâcher
(difficile dans une société ou on a tout et on veut tout, tout de suite)

Avec Moon, faut persister et creuser un peu plus pour y voir un film non creux comme beaucoup pourraient le ressentir mais au contraire dérangeant et plein de réflexion.

En gros, ce que j'essaye de dire c'est que pour la majorité de la population, tout doit être prémâché afin de demander le moindre effort au cerveau.

Mais en effet, c'est preuve de qualité pour une oeuvre que de plaire a différentes personnes.

l'homme-grenouille 04/10/2013 19:34

Bah tu vois, comme quoi c'est intéressant de partager les points de vue parce que, contrairement à toi, je ne me suis pas ennuyé à Moon. Je trouve qu'au contraire le film démarre super vite et sait
très vite poser ses péripéties. Mais en disant ça je ne pense pas avoir raison et toi tort, je pense juste que cela révèle encore une fois, à quel point, nous sommes tous différents et comment
l'appréciation d'une oeuvre dépend d'éléments subjectifs.

Mais en fin de compte, ce que je trouve génial concernant ce film c'est que, bien qu'on l'ai perçu différemment, on l'a tous les deux apprécié. c'est quand même là une belle marque de qualité !

Jecogite 02/10/2013 12:52

Bonjour

Je confirme.
Moon est un film qui certes, ne happe pas le spectateur des le générique.
(C'est vrai que c'est bien après une journée de boulot, de s'affaler sur le canapé et de se laisser happer par un film. On n'a pas envie de faire encore des efforts.)
Mais Moon fait parti de ces films qui nous demandent un effort pour rentrer dedans, un acte de notre part.
C'est un peu une invitation: "fais un pas vers moi et je t'ouvrirai mon âme"
Oui, il fait parti de ces films la.
Mais une fois l'effort fait, mmm... quel plaisir.
L'ambiance "grise" commence a vous imprégner. Ce que l'on a pris pour de la lenteur au 1er abord devient qqe chose de pesant.
Le manque d’intérêt que l'on croit ressentir se transforme en intérêt.
Car on commence a ressentir l'effet.
Et même si oui, il y a une lenteur, elle est nécessaire. Sans elle, pas de huit clos sur cette lune.
C'est comme en musique, la pause a une importance capitale pour transmettre l’émotion.
Dans Moon, c'est pareil.

Moon fait parti de ces films qu'il a fallu chercher.
Profitez donc de ce site car il vous l'apporte sur un plateau.

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