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14 mai 2006 7 14 /05 /mai /2006 23:33

  J'ai découvert il y a peu (j'écris cet article le 14 mai 2006) un blog vraiment sympathique sur Allociné, c'est celui de Greg, alias Ston, qui s'est entièrement consacré à la thématique des bandes originales de films. Il a d'ailleurs été désigné blog du moment, ce que je trouve d'ailleurs pleinement mérité. Il y a tellement de blogs qui se sont crées juste pour marquer le coup, et pour au final ne rien dire de plus que ce qui aurait pu être mis dans la rubrique « critique de spectateurs » que je ne peut qu'apprécier la démarche originale de l'ami Ston. La musique est effectivement ce que nous avons tendance à négliger le plus dans un film alors qu'il s'agit d'un des outils narratifs, parmi tous ceux mis à la disposition d'un réalisateur, qui joue un rôle majeur voire essentiel.

                               

Si je me suis décidé à laisser un petit article moi aussi sur les musiques de film, ce n'est certainement pas pour concurrencer le splendide blog de Ston, mais plus pour compléter son approche. Surtout intéressé par les productions hollywoodiennes, Ston s'est essentiellement penché sur l'œuvre d'Hans Zimmer, Danny Elfman et autres James Horner... Même si je suis moi-même sensible au travail de ces grands musiciens, j'avoue quand même plus m'intéresser à ces bandes originales qui sortent un peu des sentiers battus et qui confèrent aux films des ambiances vraiment particulières. C'est donc à un petit panorama de mes coups de cœur que je vais ici m'exercer, en espérant que certains s'y retrouveront tandis que d'autres découvriront peut-être des noms qu'ils ne connaissaient pas jusqu'alors.

                                                

Les B.O. compils : ces étranges osmoses

Je pense que Ston me suivra quand je distingue des vrais B.O. les simples compils qui regroupent des tubes en vogue. Les exemples qui me viennent le plus vite à l'esprit sont par exemple le Journal de Bridget Jones ou encore l'Auberge espagnole : je ne reprocherai à personne d'en avoir acheté les CD mais, même s'il s'agit de bonnes compils, ça n'est pas pour autant de véritable B.O.. A mes yeux, une vraie B.O., c'est un album dont chaque piste est à écouter en fonction de l'ensemble. Il y a dans la B.O. une cohérence globale que l'on ne retrouve pas dans une simple compil ou dans certains autres albums.

 

Les Tarantino

 

Pourtant, et c'est là toute le paradoxe du raisonnement, il y a des compils que j'ai du mal à sortir du cadre de la B.O., c'est notamment le cas des films de Tarantino. Certes tous les morceaux ont pensé et enregistrer à mille lieux du cadre du film et aucun n'a à la base de lien avec les autres présents sur l'album, pourtant, je ne saurais comment l'expliquer, Tarantino sait donner à cet ensemble disparate une homogénéité troublante. Aujourd'hui, il est impossible de ne pas associer directement Son of a Preacher Man à Pulp Fiction ou encore Bang Bang (My Baby Shoot Me Down) à Kill Bill. Il existe dans ces films une alchimie avec l'histoire qui est vraiment indescriptible et que chacun d'entre vous à sûrement dû ressentir à un moment où à un autre. Ce qui est complètement fou c'est qu'on en oublie complètement le fait que la chanson a eu une existence avant le film. L'osmose est telle qu'on a l'impression que la chanson a été écrite pour la scène et pour rien d'autres.

                                         TFM Distribution

Mon meilleur souvenir musical avec Tarantino reste encore celui dans Jackie Brown, lorsque Samuel L. Jackson tue Chris Tucker dans le coffre de sa voiture, et que le volume de la chanson Strawberry Letter 23 suit l'éloignement puis le rapprochement de la voiture. La rupture avec les coups de feux, puis la reprise de la chanson une fois le forfait commis donne une dimension vraiment surréelle à la scène et au personnage de Samuel L. Jackson : du grand art ! Il est d'ailleurs vraiment dommage que les B.O. de Tarantino soient sempiternellement pillées par les multiples pubs et émissions télés, ce qui tend à les banaliser et c'est bien dommage.

                                      Pam Grier.

                                        Pam Grier magnifiée par Tarantino dans Jackie Brown

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Lost In Translation

Autre cas où il est difficile de parler de compils, même si au fond cette B.O. est une addition de morceaux composés par des artistes différents, c'est Lost In Translation. Comme pour les films de Tarantino, cette B.O. trouve une grande cohérence dans son contenu, et cela malgré la multiplicité des auteurs. Il faut dire que les divers groupes et artistes qui ont œuvré pour cet album ont chacun écrit leur morceau exclusivement pour le film, ceci expliquant cela. En tout cas, ces sonorités électro très raffinées correspondent parfaitement à l'atmosphère du film qui prend place dans le Japon ultra-moderne d'aujourd'hui. On retiendra forcément le Alone In Kyoto du groupe mythique Air, mais on ne saurait ignorer d'autres pistes à l'effet saisissant. J'avoue pour ma part avoir un petit faible pour Tommib de Squarepusher mais également le Shibuya de Brian Reitzel. Je sais : ces deux morceaux passent vraiment furtivement dans le film mais je trouve qu'ils apportent vraiment quelque chose d'unique à l'atmosphère générale. Le petit morceau de pop japonaise est aussi assez drôle à écouter, et correspond très bien à l'atmosphère d'ensemble. Bref cette B.O. est vraiment sublime à tout rapport et je ne peux qu'inviter ceux qui ne la connaissent pas à la découvrir.

                                Bill Murray et Scarlett Johansson. Focus Features

                                       Lost In Translation, un film à l'ambiance unique

 

Nos amis les Japonais

Ce qu'il y a de merveilleux avec les B.O. c'est qu'au fond elles autorisent tous les styles et surtout elles permettent certaines audaces sonores. Pour ma part, je reconnais que les B.O. alimentent pas mal mes playlists, pour peu bien sûr que celles-ci expriment vraiment quelque chose de particulier. C'est peut-être là-dessus que je me distinguerais le plus de Ston. Le travail produit par des Hans Zimmer et autres Danny Elfman est parfois un peu trop formel, d'où souvent une certaine distance quand je les écoute. A dire vrai, c'est souvent du côté du soleil levant que je retrouve la plupart des B.O. qui m'envoûtent littéralement. En voici un léger florilège.

 

Kenji Kawai

Ah ! Monsieur Kawai ! J'espère vraiment ne pas trop m'appesantir sur son cas pour ne pas vous dégoûter de lire le reste de l'article, mais Kenji Kawai est vraiment un auteur qui me tient à cœur. D'abord batteur dans un groupe rock resté dans l'anonymat, il va finalement s'illustrer pour la première fois avec quelques musiques composées pour des dessins-animés japonais comme Juliette, Je t'aime ou encore Ranma ½. Mais c'est lorsqu'on viendra le chercher pour orchestrer des films d'animation que Kenji Kawai va véritablement faire découvrir son talent. Sa rencontre avec Mamoru Oshii va être déterminante car c'est dans ses films que le compositeur nippon va signer ses plus grandes œuvres : Patlabor 2, Avalon mais surtout Ghost In The Shell en 1995. Il deviendra dès lors très prisé au Japon, notamment par Hideo Nakata qui lui confia la composition de ses deux Ring et surtout celle de son sublime Dark Water. Kawai aura aussi l'occasion d'œuvrer pour quelques films français, Bloody Mallory et Samourais, mais cette expérience est plus à percevoir comme une parenthèse dans la filmographie de l'auteur car, même si son travail restait vraiment appréciable, la qualité des films était par contre des plus déplorables.

                                                

Ce compositeur est vraiment unique et inégalable par bien des points. D'abord il fait partie de ceux qui ne peuvent travaillé qu'une fois le film en pellicule : c'est quelqu'un de très visuel qui trouve son inspiration dans l'image et non dans l'histoire du film. C'est à partir des sentiments qu'il éprouve face à une image ou à une scène qu'il va traduire en musique ce qu'il a ressenti. Kenji Kawai est quelqu'un de très spontané dans sa façon de composer. Le fait qu'il soit plus ou moins autodidacte lui confère une originalité hors norme. Cette originalité de Kawai vient aussi de sa deuxième grande singularité : il enregistre à lui tout seul l'ensemble des instruments qui composent ses morceaux. Il pousse même le talent à inventer ou découvrir de nouveaux instruments particulièrement insolites ! L'exemple le plus frappant serait cet instrument à partir duquel il a tiré tous les sons grinçants de Ring. Il s'agit d'un étrange objet cylindrique creux au centre duquel se trouve un grand manche creux lui aussi. Tout autour du cylindre se trouvent fixées une série de tiges par lesquels Kawai obtient des sons en passant un simple archer de violon dessus. Le plus fou, c'est que l'objet peut se remplir d'eau, afin de faire varier ses propriétés de résonances !

                                      

Parmi les plus grands morceaux de Kenji Kawai, on retiendra surtout l'intégralité de son travail pour Ghost In The Shell, pour lequel il a eu recours à des chœurs traditionnels japonais d'une remarquable qualité. Cette bande originale est d'autant plus saisissante que l'ensemble suit la progression de l'histoire. Il y a en effet trois pistes qui reprennent le thème central du film, Making Of Cyborg (ouverture du film), Ghost City (interlude central), et Reincarnation (fin) durant lesquels s'expriment les différentes phases de l'éveil du personnage central face à sa condition d'être mi-mécanique mi-vivant. Pour ceux qui ont l'album sous la main, je les invite à prêter attention au nombre d'instruments utilisés dans chacun des trois morceaux. Le premier est très sommaire : le rythme est plat et régulier, donné par une percussion aux résonances graves et sourdes. Il n'y a qu'une clochette pour venir briser la monotonie du morceau, comme s'il s'agissait d'une étincelle de vie encore discrète. Par rapport au premier morceau, le second est moins minimaliste : la percussion reste la même mais son utilisation est moins monocorde. La clochette est accompagnée ce coup-ci d'une corde qui produit certes des sons très pincés mais qui parviennent néanmoins à produire une mélodie vibrante et touchante. C'est le robot qui prend vie, l'esprit de Kusanagi qui prend de la substance. Enfin, troisième morceau : l'apothéose. Les cordes pincées sont remplacées par des cordes frottées. Ces violons traduisent la mue de Kusanagi, où les balbutiements du départ se concluent enfin en une harmonie souple et envoûtante. Le chant s'enrichit d'ailleurs d'un nouveau couplet, transcendantal, qui semble venir entériner l'éclosion de la coquille permettant à l'esprit de se libérer. En somme, beaucoup d'entre vous auront déjà sûrement compris que je mets aisément cette B.O. au dessus de toutes les autres : pour moi c'est de loin la meilleure qui ait été faite pour un film. Merci Mr Kawai !

Joe Hisaishi

Parmi les compositeurs japonais, c'est probablement aujourd'hui le plus connu, essentiellement pour l'ensemble de son travail avec Hayao Miyasaki. Pourtant, bien que j'apprécie fortement ce qu'a pu faire Hisaishi pour le compte du vieux dessinateur (avec une préférence pour le thème d'Ashitaka dans Princesse Mononoke), c'est cependant ce qu'il composa pour Kitano qui au fond m'ont parlé le plus. Oeuvrant pour le maître Takeshi depuis son troisième film, A scene at the sea, Hisaishi a toujours su s'adapter aux changements de style de ce cinéaste atypique et talentueux. Sachant mélanger avec maestria instruments traditionnels japonais, appareils électroniques, guitares, pianos et violons, Hisaishi sait toujours trouver le ton juste pour illustrer la personnalité de chaque film du cinéaste nippon.

 

Envoûtant pour l'été de Kikujiro, il sait se faire plus ambigu pour Hana-Bi avec une émotion tout en rupture, notamment à travers l'utilisation d'instruments plus atypiques, comme un moment l'harmonica pour le morceau appelé Sea of Blue. La B.O. qui fut faite pour Aniki mon frère témoigne parfaitement bien la flexibilité du musicien, en collant à l'univers de films de gangsters. Usant d'airs assez jazzy qui rappellent les vieux polars américains, mais y mélangeant quelques sonorités purement « kitanesques », Hisaishi a su retranscrire à merveille la double-culture dans laquelle baigne constamment le film. Mais au final, c'est sûrement pour Dolls qu'Hisaishi témoigne le plus de son talent, en sachant trouver des sonorités électriques troublantes qui parviennent à retranscrire avec beaucoup de sensibilité cet état d'esprit à la fois pesant et léger. Vraiment Hisaishi est un grand, et capable d'une incroyable diversité, même si on finit toujours pas reconnaître sa patte !

Hajime Mizoguchi

Je cite Hajime Mizoguchi juste pour son travail sur Jin-Roh, un film d'animation écrit par Mamoru Oshii. Usant presque exclusivement d'instrument à corde (violons, pianos et guitares), Mizoguchi parvient à créer des morceaux incroyablement épurés, mais qui pourtant témoignent d'une formidable émotion. J'encourage tout le monde à écouter Fragrance Rain, faite seulement à partir de quelques notes évasives mise en relief en arrière plan par des violons, elle illustre parfaitement le talent du compositeur à toucher au but avec presque rien. Finalement, on pourrait en dire autant de pistes comme Blue Clouds, Angel ou encore de Long Destiny, même si le clou de l'album reste quand même la chanson finale (Grace), qui reprend le thème principal du film avec une jeune voix pleine de sobriété et d'émotion : un instant vibrant. Pour ceux qui pourraient mettre la main sur cette B.O., laissez vous tentez, cela vaut vraiment le coup, même pour ceux qui n'ont pas aimé le film.

 

Masahiro Ikumi

Dans un style totalement différent je citerai Masahiro Ikumi, parce qu'il illustre à la perfection comment la B.O. peut être l'occasion à toute une série d'expériences musicales qui ne seraient pas possible ailleurs. C'est notamment le cas pour son chef d'œuvre Perfect Blue, où au-delà des chansons de pop japonaises nécessaires pour l'intrigue du film, il s'ose à des créations des plus originales cherchant à instaurer le malaise. Ba-Cha Mima, mais surtout les deux versions d'Akumu sont de remarquables constructions mélodiques effectuées à bases de bruits oppressants qui finissent néanmoins par se faire étrangement envoûtantes. Perfect Blue fait vraiment partie de mes B.O. préférées pour cette démarche résolument originale dans ce type d'exercice. Encore une fois il ne me semble pas nécessaire d'avoir aimé le film pour apprécier cette B.O., même s'il apparaît néanmoins comme nécessaire de l'avoir au moins vu une fois pour comprendre la démarche de l'auteur.

Akira Yamaoka

Puisqu'on aborde les B.O. expérimentales, je ne pourrais m'empêcher de citer le travail d'Akira Yamaoka qui s'est essentiellement illustré dans l'atmosphère sonore du jeu Silent Hill, mais aussi plus récemment dans l'adaptation au cinéma du même jeu. J'en parle suite à l'article que j'ai pu lire dans le blog d'Anya où celle-ci se plaignait justement des musiques et bruitages du film de Gans. Elle considérait que tout cela manquait un peu de bruits stridents et autres artifices de ce genre. Si je comprend et respecte son point de vue, je ne peux m'empêcher de défendre la démarche de Yamaoka qui a préféré miser sur l'efficacité de sa musique sur la durée plutôt que sur des instants. D'une certaine manière Yamaoka se rapproche pas mal d'Ikumi dans sa manière de penser sa musique. Il sait jouer à merveille de l'harmonisation de bruits peu conventionnels pour en faire une mélodie construite et efficace. Même si les impératifs du jeu-video obligent forcément à certains codes qui rendent son travail difficilement accessible, il me semblait néanmoins important de le citer tant son travail de recherche sonore était au fond fort intéressant.

 

…et quelques autres

Lim Giong

Toujours en Asie, mais ce coup-ci à Taiwan, on pourrait citer Lim Giong. Je ne connais certes qu'une seule B.O. de lui, mais elle est vraiment de taille, c'est celle du Millennium Mambo de Hou Hsiao Hsien. Le film prenant pour univers principal celui du monde de la nuit, la musique électronique de Lim Giong sait parfaitement rentrer en résonance avec cette atmosphère à la fois « clubeuse » et sereine. Parfois très techno, d'autres moments envoûtante, cette bande originale dégage une sensation de modernité et de fraîcheur non négligeable. En tout cas le travail de Giong dans ce Millenium Mambo participe vraiment à la qualité du film de Hou Hsiao Hsien, y occupant même un rôle que l'on s'osera à qualifier d'essentiel. C'est au fond à cela que l'on reconnaît les grandes B.O. !

Craig Armstrong

Puisqu'on surfe dans les B.O. a tendance electro, je ne pourrais m'empêcher de citer le fabuleux Craig Armstrong. Certes, son travail est un peu plus classique que les noms cités précédemment mais il se démarque néanmoins par une grande qualité de production. Souvent réutilisées dans des émissions télés et même d'autres films, les musiques d'Armstrong ont un succès non négligeables si bien que beaucoup écoutent ses albums sans même savoir qu'ils étaient à l'origine des bandes originales ! Ces morceaux phares sont essentiellement Rise, Ruthless Gravity, mais aussi Finding Beauty. Il s'est illustré par la composition de musiques de films célèbres comme Twin Peaks, Roméo + Juliette ou encore The Quiet American. Son style est assez proche d'un Rob Dougan qui a récemment officié pour les multiples Matrix. En effet, comme Dougan, Armstrong aime pratiquer couramment les mélanges nuancés entre sonorités classiques et instrumentalisations électroniques. Ils se reconnaissent entre mille et ont cet avantage d'être appréciables dès la première ou seconde écoute. Eh oui, ce n'est pas parce qu'une musique est facilement accessible qu'elle est forcément simpliste !

Eric Serra

Un peu plus éloigné de la verve électronique, sans pour autant la quitter, on pourrait citer l'ami Eric Serra. Alors certes j'évoque là un talent déjà pleinement reconnu, mais il est parfois bon de rappeler quelques évidences. Même si son chef d'œuvre absolu reste le Grand bleu, une B.O. d'une incontestable richesse sonore et mélodique, on pourrait aussi saluer quelques autres de ses participations aux films de Besson comme Nikita ou encore Léon. Ca ne l'empêche pas d'être parfois en dessous de son talent, c'est le cas notamment pour Goldeneye qui est vraiment bancal dans l'ensemble même si ce n'est pas forcément entièrement mauvais.

Vangelis

Puisqu'on évoque les évidences, je ne peux m'empêcher de faire une parenthèse sur Vangelis, car il véhicule souvent une image un peu ringarde et désuète. C'est oublier son remarquable travail sur Blade Runner, sur Chariots of Fire, ou encore sur 1492. Même si Vangelis ne fait pas partie de mes compositeurs préférés, je n'ai pu résister à l'envie de les réhabiliter au travers de cet article. Après avoir dit ça, je n'ai pu grand-chose à ajouter qui n'aurait déjà été dit dans l'article de Ston sur la question, et je ne peux que renvoyer ceux qui veulent en savoir plus sur le blog de ce dernier.

Ennio Morricone

Je conclurai enfin mon petit tour des compositeurs fameux par Ennio Morricone. Là aussi, ça vous paraîtra une évidence de citer Morricone parmi les plus grands, et pourtant on semble oublier aujourd'hui à quel point son œuvre est originale et inventive. Des morceaux comme l'homme à l'harmonica, la Resa de Conti, ou bien même les cris indiens du Bon, la Brute et le Truand sont aujourd'hui des classiques qui ne choquent plus quand on les entend, pourtant ils sont d'une incroyable originalité. En plus, on réduit souvent Morricone a son travail auprès de Léone, alors qu'il s'est aussi illustré avec beaucoup d'autres, et on retiendra là son merveilleux travail pour le Mission de Roland Joffé.

 

                                            

Voilà la fin de mon petit florilège, forcément très sélectif, et j'espère qu'il aura donné à quelques uns d'entre vous l'envie de découvrir ces quelques auteurs ici présentés. Pour découvrir ou vous remémorer d'autres auteurs ou d'autres bandes originales, je ne peux que vous inviter à faire un tour sur le blog de Ston qui est par ailleurs fort sympathique. Si vous avez une remarque à faire sur ce qui vient d'être dit, quelqu'elle soit, n'hésitez pas : ce blog est ouvert à tout type de réflexion !



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commentaires

DanielOceanAndCo 15/07/2008 19:08

Il ne faut pas oublier l'un des meilleurs compositeurs au monde : A.R. Rahman :)

Startouffe 15/07/2008 16:05

Sacrebleu ! Je suis démasqué !Ralalah ! Le hasard vient de mettre le doigt sur un de mes plaisirs inavoués cher Darkskywalker ! Car oui, je l'avoue (qu'à moitié d'ailleurs) même sans forcément apprécier la série des "Chevaliers du Zodiaque", j'avoue que la bande originale me botte beaucoup et que j'avais acheté à l'époque de la sortie les quatre premiers volumes de l'Eternal Edition ! (Ah merde, ça y est ! Ca va se savoir !)

Néanmoins, pour ceux qui ne connaissent pas, il me semble évident que cette BO ne peut s'écouter qu'avec la série en tête, car même si l'ami Yokoyama nous gratifie de jolis moments mélodiques, il n'en oublie pas de coller à la démarche de l'anime, c'est-à-dire prendre de tout pour le mélanger avec du n'importe quoi !

Pour tes autres conseils, tu l'as bien perçu, je ne suis pas trop animation japonaise, même si je m'efforce de me tenir au courant et de me risquer parfois ce qu'on me conseille... Mais je ne doute pas que tes conseils avisés ne manqueront pas d'en intéresser plus d'un. Et même remarque à toi cher K'sChoice, même si je m'attarde moins sur ton post car je suis amplement d'accord avec ce que tu y as écrit et je saurais quoi y rajouter ! ;)

Darkskywalker 05/07/2008 14:49

Et à tout hasard...J'ignore si tu regardes beaucoup de mangas en dehors des films d'animations, mais je te conseille trés vivement l'écoute des musiques de Saint Seiya qui ont grandement participé à la réussite de cette formidable oeuvre. Parmi les trés nombreux morceaux composés pour la série et les films, j'ai une préférence pour "Warrior of ice" "Camus Death" "Saint Legend" "Dream Traveller" et "Abel's Harp".

Et je ne pourrais pas finir sur les bande son de manga sans évoquer le grand Yuki Kajiura, sans doute le meilleur compositeur de musiques pour animés. Son travail sur "Noir" et "Tsubasa Chronicles" est remarquable et la bande son de ces mangas est quasiment sublime d'un bout à l'autre.

Quelques suggestions de morceau:

-Noir: "canta per me" "secret game" "salva nos"

-Tsubasa Chronicles: "strange names", "a song of storm and fire" "throught the gate" "i talk to the rain" "voices silently sing" "break the sword of justice" "endlessly" "believe"...Une sacrée BO!

A la prochaine!

Darkskywalker 18/06/2008 18:38

Ah, bravo d'avoir présenté Akira Yamaoka, je pensais déjà à rappeller son travail dans les commentaires mais je vois que tu ne l'as pas oublié. Même en n'ayant jamais joué aux jeux Silent Hill, on peut vraiment apprécier l'immense talent de ce compositeur, le meilleur selon moi des jeux vidéos même devant Koji Konda (Zelda et autres) et Nobuo Uematsu (Final Fantasy)

La particularité de ce compositeur réside selon moi dans le fait qu'il n'ait pas réellement chercher à composer une musique de jeux vidéos mais plutôt une musique hors normes, qui apporterait de l'originalité dans le milieu des BO de jeux vidéos mais également dans celui de la musique en général.

Je connais surtout Joe Hisaishi pour les films de Miyazaki, principalement pour son travail sur Princesse Mononoke, je me demande quel effet produirait son travail sur un film avec des acteurs en chair et en os.

Tes propos sur Tarantino m'ont rappellés les propres paroles du cinéaste dans sa leçon de cinéma à Cannes 2008 où il disait que la musique était un élément trop important pour qu'il laisse un compositeur toucher à son film.

Une démarche compréhensible car c'est finalement l'une des plus grandes magies de la musique, sa capacité à emporter l'esprit et l'imagination, et il suffit que l'on s'imagine une scène d'une histoire avec une musique spécifique en toile de fond pour ne plus jamais vouloir changer cette musique, même dans le résultat final.

Kschoice 29/10/2007 22:43

Merci de mettre en avant les compositeurs de musiques de films. Car il est vrai que sans eux l'émotion, l'angoisse, où l'adrénaline ne seraient pas autant ressentis lors d'un film. Il est regrettable de voir que désormais les bandes originales se composent plus de compilations de standards tous genres confondus que l'on colle aux images pour les illustrer et mieux les faire digérer. Certaines BO sont très réussies, Tarantino en est le parfait exemple, ainsi que pour certains documentaires comme Un jour en Septembre où les titres ont été judicieucement choisis pour servir le propos du documentaire. Pour ma part je regrette amèrement des mecs comme Basil Poledouris ou Patrick Doyle qui mettent tout un orchestre symphonique au service de l'épique, de l'émotion, la vraie...même si elle se rapproche des classiques violons pour pleurer la mort du héros. La superbe BO de Conan pour Poledouris en est un exemple flagrant ainsi que Henry V ou Indochine pour Doyle. Il n' ya guère plus que John Williams ou Michael Kamen qui osent encore utiliser des orchestres pour composer. James Horner et Hans Zimmer, ou encore Mark Mancina sont certes très bon (Braveheart (Horner) notemment que j'adore ou la belle BO de Tarzan (Mancina) sensible et émouvante) mais ils composent plus sur des synthés et cela se ressent, même si au final ils jouent leurs partitions par le biais d'un orchestre. Je vais peut-être faire vieux jeu en disant que certaines oeuvres du répertoires classique sont propres à faire des BO de toute beauté. Cela à déjà été le cas, et pour citer les plus connus avec Orff avec son Carmina Burana ou Wagner et sa chevauchée des walkyries. Deux derniers pour la route, le sublime adagio pour cordes de Samuel Barber utilisé avec justesse par Oliver Stone dans Platoon, et un nommé Gustav Holst et ses Planètes avec notemment "Mars qui apporte la guerre" qui pourrait illustrer des films comme Troie ou Gladiator. Enfin que du bon. Merci en tous cas pour ces hommes de l'ombre si peu connus et reconnus en tant que tels. Tiens ça me donne envie de ressortir ma 50aine de cd de BO...

Araknyd 01/07/2007 20:12

Je t'ai brièvement répondu sur mon blog, en soulevant une autre interrogation qui te donnera de quoi te torturer les neurones (les miens sont déjà à plat ^^).

Concernant la composition de Kenji Kawaï, il est vrai que la musique est par moments très absente d'Avalon. Mais est-ce un tort? J'ai trouvé pour ma part que la BO collait très bien avec l'ensemble du film (je la découvrais en même temps que les images) et ait été impressionné par sa puissance, musicale et émotionnelle. Par moments je disais, et c'est ce qui a du te déranger, la musique s'efface purement et simplement, laissant un vide total et les images défiler librement. J'ai trouvé cela très adapté au contexte justement, notamment lors des batailles virtuelles. Cela rend le jeu encore plus intense et profond d'après moi.

L'aspect synthétique de ces bruitages ne m'ont pas dérangé plus que cela, étant donné qu'ils sont employés durant les phases de jeu et que leur aspect virtuel, fabriqué est justifié par l'irréalité de ces scènes. Je pense qu'il s'agit effectivement d'une volonté du réalisateur de marquer encore plus l'ambiance du jeu.

Et ce qui me permet de ne pas douter du réalisateur sur cet aspect sonore, c'est le souvenir de la composition sonore de Ghost in the Shell, qui était en tous points parfaite .

(Post précédent à effacer, j'avais la tête ailleurs quand j'ai rentré mon pseudo ^^)

Startouffe 01/07/2007 17:44

En ce qui concerne Avalon...Salutations Araknyd,

Oui oui ! Tu supposes bien : j’ai effectivement vu Avalon. Difficile d’ailleurs de faire autrement quand on est un inconditionnel de Ghost In The Shell, du même Mamoru Oshii ! Tu as bien raison de souligner le travail d’orfèvre de Kenji Kawai pour cette bande originale : lui qui n’avait jamais officié jusqu’alors dans ce style très « opéra européen », je trouve qu’il s’en sort comme un maître. Tu soulignes les pistes « Log Off » et « Voyage To Avalon » qui sont effectivement des chefs d’œuvres accessibles à tous dès la première écoute ; moi j’inviterais plutôt de mon côté à s’intéresser au pistes intitulées « Nine Sisters » et « Ruins D99 ». Certes, ces deux pistes sont moins enlevées que celles que tu as cité, mais elles méritent vraiment qu’on y tende l’oreille car je les trouve très caractéristiques de ce qu’est capable de faire Kawai, que ce soit pour la dynamique mélodique instaurée dans la première, que pour la gestion subtile des sons dans la seconde. Après – et je ne sais pas si tu seras d’accord avec moi sur ce point – mais je trouve vraiment dommage qu’une telle bande-son soit au final à ce point sous exploitée par le film. Alors, peut-être que j’ai cette impression parce que j’avais longuement arpenté la bande originale avant de me pencher sur le film, mais même après l’avoir revu plusieurs fois, je trouve que les passages musicaux sont vraiment mal employés et sont souvent à la limite de l’audible. Je me permets en tout cas d’insister là-dessus avant de réagir à la façon dont on pourrait comprendre le propos d’Oshii dans Avalon car, pour ma part, je suis loin de considérer que le film est irréprochable techniquement. Ca me paraissait essentiel de commencer par te préciser cette divergence de point de vue entre nous deux car, contrairement à toi, je n’ai pas été vraiment emballé par cet Avalon… (Bah oui que veux-tu ! ;) )

=>> Petite parenthèse avant de poursuivre… Puisqu’on parle de l’aspect technique du film, je me demandais comment toi tu appréhendais l’univers sonore du film ? Personnellement, j’ai été surpris – notamment lors des scènes de combats – par tous ces bruitages qui sonnaient dans l’ensemble de manière très creuse et au final très synthétique. Un moment je me suis dis que, peut-être, y avait-il là une volonté de la part d’Oshii de retranscrire le caractère artificiel et « vide » de l’univers virtuel qu’est le monde d’Avalon. En tout cas, volontaire ou pas, l’aspect sonore m’a en tout cas empêché de me mettre pleinement dedans, pour ne pas dire que cela a finalement contribué à dresser une réelle barrière à mon immersion dans le film. Alors quand t’ajoutes à cela la réalisation molle ou peu inspirée d’Oshii, je trouve que le film patauge un peu au niveau de la forme. Fin de la parenthèse

Araknyd 24/06/2007 22:27

Salut Startouffe :)

A propos de Kenji Kawai, j'ai revu Avalon il y a peu et sa musique colle vraiment bien à l'ambiance du film. Voyage to Avalon est toujours aussi magnifique :p. J'ai publié une critique de ce film il y a quelque jours; je suppose que tu l'as vu, et aimerais avoir ton avis dessus ^^. A bientôt ;).

Startouffe 10/05/2007 15:35

Bah merci à tous les gars( et la demoiselle :)) de me faire savoir que cette page vous a plu. En tout cas, ça me fait plaisir de voir qu'on est pas le seul à apprécié ces quelques compositeurs (parfois pas très connus 'faut le reconnaitre). Enfin bref, ouf! ...et merci!

...D'ailleurs, si d'autres veulent s'exprimer comme l'on fait Arachnyd, ou bien tout simplement ouvrir cet article sur d'autres compositeurs de la même mouvance, n'hésitez pas, les commentaires sont là pour ça...

yasss 04/05/2007 02:29

bravovraiment bravo pour ton article magnifique. y a rien rajouter. bonne continuation

anims 02/05/2007 21:20

Trés biennnnnnnnnnnnnnnnnnnnnn je suis vraiment content d'avoir lu ce blog ,je suis d'accord avec toi et je voulais te remrcier . Moi je suis un grand fan des 2 fameux compositeurs joe hisaishi et ennio morricone.

Araknyd 10/12/2006 21:42

Très bel article =).

Je me suis arrêté plus particulièrement sur ta description de la BO de Lost in Translation, film que j'affectionne tout particulièrement. J'aime cette BO. Elle a pour moi quelque chose d'unique en son genre. Je trouve par ailleurs que Sofia Coppola a très bon goùt en matière de musique. La BO de Virgin Suicides était déjà composée par Air, qu'elle a choisi à nouveau pour quelques titres de Lost In Translation. Et sa dernière production, Marie-Antoinette, s'est vue attitrer des musiques de Phoenix (la réalisatrice est en couple avec le chanteur, et ils viennent d'avoir une fille, ndlr), des Cure et bien d'autres. Tout cela rend vraiment bien.

Mes préférences pour cette BO de Lost In Translation vont à "Alone in Kyoto" de Air, "Brass in Pocket" des Pretenders (encore meilleure quand c'est Scarlett Johansson qui la chante ^^), "Too Young" de Phoenix et le magnifique "More Than This" de Bill Murray. J'aime également les thèmes instrumentaux présents dans cette Bo.
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Changement de registre avec Mr. Kenji Kawaï, que j'affectionne également en particulier pour ses compositions pour Ghost In The Shell et Avalon. La BO est très imposante et dégage une atmosphère très convenue pour le film, on notera en particulier le thème "Making of a Cyborg". Idem pour le deuxième, avec un thème principal nommé "Voyage to Avalon", magnifique.

Voilà, j'avais juste envie de déposer mon avis ici =).

A bientôt.

Anya 08/06/2006 20:50

Allons bon, je commence à être citée dans les articles à présent, et on ne me prévient même pas ? ;p
A propos de Silent Hill, je ne connaissais pas le travail du compositeur Yamaoka sur le jeu et l'ayant découvert dans le film, sa musique m'a énormément déroutée.

Merci d'avoir fait ce si grand paragraphe sur les compositeurs japonais, au lieu de s'attarder sur les plus connus Elfman et autres Zimmer. Une mention comme tu dis au légendaire Joe Hisaishi (bien qu'avec le dernier Miyazaki, j'ai eu l'impression qu'il avait du mal à se renouveler) et Kenji Kawai, grand moment de musique dans "Ghost in the Shell"

Merci d'avoir cité également Craig Armstrong, compositeur à l'origine pianiste si éclectique, mon compositeur préféré =)

Oh, et à propos de compositeur, j'aimerai aussi citer Nobuo Uematsu, créateur de la musique de la majorité des jeux vidéos Final Fantasy qui a un style bien à lui, mais arrive à apporter une nuance nouvelle à chaque opus.

Toujours un très bon article, j'aime beaucoup te lire

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