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1 janvier 2012 7 01 /01 /janvier /2012 17:05
Top 2011 (entête) JPG
« …Et de une de plus ! Youpi ! Tralala-lalère ! » …Non, désolé j’arrête. J’ai essayé de tenir une phrase en étant dans le ton des fêtes de fin d’année, dans l’humeur des réjouissances hivernales, mais je n’y arrive pas. Bienvenue donc dans le merveilleux bilan morose d’une nouvelle année elle aussi morose en ce qui concerne le cinéma ! Je vous rassure malgré tout, il est bien question ici de parler de ce qui a été pour moi le « meilleur de 2011 », et par conséquent de choses qui apportent joie et gaîté. Ce sera bien le cas rassurez-vous : tout cet article ne sera qu’un élan d’enthousiasme pour tout ce qui en a été digne cette année. Mais bon, par souci d’honnêteté, il convient – avant d’aborder le meilleur – de faire un bilan global de ce qu’a été pour moi  ce début de décennie. Or, ce qu’il y a d’un peu dramatique à reconnaître à mon sens, c’est que cette année a été – une fois de plus ! – une année un peu banale ; avec quelques chefs d’œuvres heureusement, mais sans plus ; mais aussi avec beaucoup de produits formatés et peu de grosses productions qui osent. L’un des symboles de cette année pourrait d’ailleurs être ce petit évènement dans l’histoire de ces dix dernières années de cinéma que fut la fin de la saga du petit sorcier binoclard, j’ai nommé Harry Potter ! Qu’on aime ou pas, il faut reconnaître que c’était quand même un petit évènement ; une page qui se tourne (d’où ma petite dédicace par l’entête de cet article !). Et pourtant, malgré l’assise formidable de la saga dans le public mondial, la saga s’est conclue sans audace, sans flamboiement, sans risque… Au contraire : au lieu de miser sur un gros coup pour ce final, Warner a préféré maximiser les gains en scindant inutilement le dernier épisode en deux, et en suivant scrupuleusement le sillage tracé par J.K. Rowling. Je l’ai déjà dit mais je le répète : pour moi c’est tout un symbole de ce qu’a été le cinéma en 2011…
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 C’est vrai qu’on pourrait se rassurer en se disant que, comparée à 2010 et 2009, c’est grosso modo la même chose. En effet, si je fais de mon côté ma petite comptabilité personnelle, sur les 106 films découverts cette année, il est vrai que j’ai tout de même relevé sept films auxquels j’ai attribué les fameuses 5 étoiles (il n’y en avait que quatre l’année dernière, mais onze en 2009). De même onze autres films de 2011 m’ont suffisamment emballés pour que je leur attribue quatre étoiles, ce qui pour moi est aussi plus ou moins une marque d’excellence (…mais là, contrairement aux films à 5 étoiles, j’en comptais jusqu’à quinze l’année précédente). Alors certes, il ne faut pas tout voir en noir, mais je trouve quand même que, lentement mais sûrement, on s’enlise dans la banalité. Ça, c’est le genre de trucs qui ne me rassurent pas du tout. Surtout que je ne peux m’empêcher de me dire que [Attention : passage en mode « sociologue de comptoir » pendant une demi-douzaine de lignes] l’Homme et la société qu’il a construit ne connaissent jamais la stabilité : ce n’est pas dans leur nature. Soit ils s’élèvent vers davantage de libre-expression et d’épanouissement, soit ils périclitent en sombrant lentement dans une longue agonie. Or, personnellement, quand je vois que 2008 – la dernière année agréable au niveau cinéma – commence à s’éloigner dans le temps sans que l’on puisse s’imaginer qu’une année de faste similaire puisse ressurgir, ça m’inquiète un peu pour l’avenir. [Fin du mode sociologue de comptoir]. Alors, certes, on pourra toujours me dire que la vision déclinante que j’ai des choses vient sûrement du fait qu’avec l’âge et l’expérience je deviens plus exigent et que, par conséquent, ce n’est pas la qualité qui baisse mais mon seuil de satisfaction qui monte. C’est un argument que je conçois, mais dans ces cas-là, comment expliquer que je ressente ce déclin du cinéma alors que simultanément, je ne me suis jamais autant enthousiasmé en ce qui concerne l’univers des séries ?
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Oui, cela peut paraître un paradoxe, mais si pour moi il y avait une caractéristique à retenir de cette année 2011, c’est l’étonnante vitalité des séries, notamment américaines. A dire vrai, cette affirmation pourrait se montrer paradoxale pour deux raisons : d’une part parce que le phénomène n’est pas nouveau, d’autre par  parce qu’en parlant de séries, on quitte le domaine du grand écran. Seulement je pense pouvoir vous démontrer que parler du faste des séries dans un article consacré au meilleur du cinéma de 2011 est totalement pertinent, et pour cela il va suffire de s’appuyer sur la production 2011. D’une part, il est vrai que l’âge d’or des séries américaines n’a pas commencé en cette année mais bien dix ans plus tôt. Pourtant, je rappellerai aussi que tout le monde avait prophétisé la fin de cet âge d’or avec la crise de 2008 et la réduction des budgets dont les principales chaînes dotaient ces séries et que, malgré tout, après un petit passage à vide, 2011 nous a quand même fourni un cru en série d’une qualité remarquable. Dexter saison 6, Californication saison 4, Breaking Bad saison 4, pour ce qui est des suites des grosses franchises ; mais aussi le lancement de nouvelles saisons de qualité comme The Borgias ou bien encore l’excellentissime Game of Thrones. Oui, je le dis, il existe encore du cinéma de qualité, c’est juste que, cette année, il s’est essentiellement exprimé au sein des séries télé. Car oui – je l’affirme haut et fort afin de dissiper le deuxième doute qui plane sur cette affirmation – les séries sont désormais une véritable expression cinématographique, à niveau égal de ce qui passe sur grand écran. Pendant longtemps les séries étaient du sous-cinéma, aussi bien au niveau des intrigues, des personnages que du rendu formel, et bien désormais, en regardant un Game of Thrones ou un Breaking Bad, on se rend compte que ce n’est plus le cas…
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Bref, pour conclure ce petit bilan global de cette année 2011, je dirais que rien n’est mort si jamais les grandes majors et grands auteurs de cinéma décident de regarder du côté de la petite lucarne pour en tirer les conséquences qui s’imposent. Oui l’originalité paye ; non les spectateurs ne sont pas insensibles à la qualité d’un scénario, d’un personnage, d’une mise en scène soignée ; et enfin – c’est clair que non – ce ne seront pas les gadgets comme ces lunettes 3D à la con qui renfloueront les caisses des producteurs et distributeurs mais bien les couilles/ovaires présentes dans le pantalon de ces derniers ! Alors – pitié ! – un petit peu moins de Conan et autres fadasseries comme le fut Captain America pour ce qui est des blockbusters ; un petit peu moins de Hugo Cabret et de Tintin synthétiques pour les grands auteurs, et un peu plus de cinéma asiatique dans la distribution autre que les traditionnelles saignées coréennes et autres numérisations chinoises de mauvais goût ! Le monde de 2011 est encore peuplé de génies toujours vivants ou bien encore de génies en pleine éclosion : il faut juste leur laisser l’opportunité de se faire connaître, de s’exprimer puis de prospérer. D’ailleurs, puisque je suis revenu à parler de ce qu’il y a eu de bon durant cette année 2011, et que le titre de cet article est « le meilleur de 2011 » le moment semble idéal pour arrêter de se plaindre et de jacasser pour enfin passer au traditionnel top 10 de fin d’année, avant d’aborder les autres bonnes trouvailles de ce début de décennie...
 
 
Top 10
 
 
 
1. http://images.allocine.fr/r_160_240/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/78/85/13/19627032.jpg Black Swan
Ceux qui me sont proches ne seront pas surpris de cette première place ; les autres vont désormais apprendre pourquoi… Oui ! – Pour moi, mille fois oui ! – S’il y a bien un film qui m’a totalement convaincu, emporté, transcendé, sidéré, durant cette année 2011, c’est celui-là : c’est ce Black Swan. Je l’avoue, si on m’avait dit en février 2009 que je ferai trôner au sommet d’un de mes classements annuels un film de Darren Aronofsky j’en aurais certainement poussé un « ouf » de soulagement comme rarement j’ai pu en pousser dans ma vie. Car oui, pour ceux qui ne connaissent pas la petite histoire de Black Swan et de son réalisateur, il faut savoir que Darren Aronofsky est un petit jeunot du monde du cinéma – qui a déjà 43 ans il est vrai – mais qui n’a fait ses débuts qu’en 1998 avec un petit film à 50 000 $ de budget – Pi – une magnifique petite trouvaille inventive et décalée qui démontrait déjà toute la particularité de son univers. Depuis, ce réalisateur n’avait à mes yeux enrichi sa filmographie que de deux films, mais des films d’une puissance phénoménale : Requiem for a dream en 2000 et The Fountain en 2006. Ces films, pour moi, transpiraient d’une envie, d’une grâce, d’une générosité formelle que peu de réalisateurs possèdent encore aujourd’hui. A cela s’ajoutait une association magique, celle du maître Darren avec un vrai génie symphonique en guise de partenaire fidèle: Clint Mansell. Avec ces trois films, on touchait pour moi au génie plastique. Si le résultat final pouvait toujours être discutable, on ne pouvait par retirer à ce cinéma le fait qu’il savait être entier. Et puis il y a eu février 2009 : la sortie de The Wrestler. Par ce film l’ami Darren mettait en forme la révolution dont il avait laissé trace dans quelques magazines. Fini le formalisme ! Fini le plaisir plastique ! Depuis qu’il avait découvert le cinéma des frères Dardenne, son cinéma à lui n’avait plus de sens : il fallait faire du cinéma du vrai ! Ce fut, pour moi, l’une des plus violentes désillusions de cinéphile. Les méchants avaient gagné ; l’un des plus grands esprits du septième art de l’époque avait cédé et s’était rendu à l’ennemi. Alors certes, sans être du Dardenne, The Wrestler marquait un tournant pour moi dans la carrière d’Aronofsky ; un tournant durant lequel il avait certes désormais acquis la respectabilité auprès du monde du cinéma, mais où surtout il avait perdu sa magie et sa fougue, celle qui me faisait m’enflammer sur mon fauteuil… En 2009, je pensais donc que plus jamais je ne pourrais m’enthousiasmer sur un film de Darren Aronofsky...
http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/78/85/13/19648912.jpg http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/78/85/13/19592819.jpghttp://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/78/85/13/19498377.jpg
Et puis – paf ! – voilà que débarque Black Swan… Retour aux sources ? Oui et non… Aussi paradoxal qu’il puisse y paraître, j’ai été totalement bouleversé par ce film alors que, pourtant, son réalisateur n’a pas renié sa parenthèse dardennienne. Alors oui, le cadre bouge, il est sans cesse en mouvement même quand l’intrigue où l’objet filmé ne l’est pas. De même, l’image prend parfois un aspect crade ou délavé, pour ne surtout pas rentrer dans une logique de magnification du sujet. Mais pourtant, là où Aronofsky frappe fort, c’est qu’il parvient à donner du sens à cette démarche. Il lui donne du sens en faisant ce que les Dardenne n’ont jamais osé faire, n’ont jamais su faire : il a su insuffler une émotion et une dynamique via cette forme si particulière. Il a su noircir et ébranler quand le personnage était au plus bas, puis transformer cet ébranlement en mouvement gracieux et maîtrisé lorsque l’oiseau d’opéra prend son envol. Ce genre de propos pourra peut-être apparaître comme de la branlette d’autiste pour celui qui entend juste s’enflammer sur une histoire ou une intrigue, et non sur une simple question technique, mais pourtant, si j’insiste là-dessus, c’est que selon moi, toute la différence du film est là. Black Swan est un film qui a un dynamisme inouï et dont la mise en mouvement est d’autant plus parlante que le film sait s’enraciner en nous par cette réalisation moite et charnelle qui sait épouser son personnage au plus prêt. Passer de la fébrilité à la maîtrise, du chancellement à la grâce : c’est tout l’enjeu du personnage mais c’est aussi tout l’enjeu formel de cette réalisation. Dans ce film, le vrai cygne noir c’est Darren, l’homme qui parvient à réancrer son cinéma formel et formaliste dans la réalité du cinéma du vrai. A partir de là, la caméra n’a plus qu’à transcender l’objet qu’elle a décidé de filmer… et là encore, Black Swan frappe fort puisque cet objet est incarné par Natalie Portman.
http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/78/85/13/19495242.jpg http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/78/85/13/19495241.jpg http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/78/85/13/19495238.jpg
Natalie Portman… Combien de mecs de ma génération auraient voulu avoir une copine comme la jeune Mathilda de Léon, premier rôle dans lequel la jeune fille révèle déjà un don évident pour faire transpirer son émotion sur la pellicule… Dans ce film, c’est la consécration totale. Jamais Oscar n’a été autant mérité et si peu contesté. Quelle performance. Aussi bien au niveau des performances de danseuses à laquelle se livre la jeune femme qu’au niveau de son don corporel total et sans pudeur auquel elle se livre. La grâce de cette actrice hors-norme associée à l’œil précieux d’Aronofsky pour la mettre en image, donne au résultat un film qui suinte l’émotion comme jamais. On en oublierait presque que Vincent Cassel participe à ce brillant balai tant celui-ci est parfait. Vous l’avez compris, je n’ai même plus besoin d’en rajouter davantage, ma passion pour ce film a été totale. Vous en dire plus ne suffirait pas à vous mieux convaincre. Pourtant, il y a peut-être une dernière chose qui me vient à l’esprit pour vous inciter à découvrir ou redécouvrir ce qui est pour moi un remarquable chef d’œuvre, c’est que justement, il n’est pas si évident que cela pour tout le monde que ce film puisse contenir un tel potentiel. Ceux qui ne l’ont pas vu se diront peut-être que cette histoire de « danseuses » n’a rien de bien attrayant… De même, ceux qui en on vu les premières minutes pourraient se dire que cette histoire, cet univers, ce style, n’est pas bien alléchant ni même chargé d’émotion. A tous ceux là, je leur répondrai qu’en effet, Black Swan semble a premier abord classique, dénué d’émotion, basique dans sa démarche, mais que c’est justement cela qui fait toute sa force. Il vient nous chercher au fond, et puis progressivement il nous emporte dans son ballet. Et d’un film banal et policé, le film devient très rapidement sulfureux, tendancieux, sensuel et diablement charnel comme peu savent l’être. Non – décidemment je ne trouve rien à y redire – ce Black Swan a été indubitablement pour moi le phare de cette année, le rayon de soleil au milieu des ténèbres, le moment de passion au milieu de la mélasse cinématographique… Merci Darren…
 
 
2. http://images.allocine.fr/r_160_240/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/83/93/95/19803697.jpgDrive
 
Cette année est décidemment l’année du rachat, puisqu’après Darren Aronofsky, c’est Nicolas Winding Refn qui, après m’avoir perfidement trahi avec son immonde Valhalla Rising, m’a redonné foi en son cinéma par ce somptueux Drive. Lui aussi, l’ami Refn, mérite qu’on revienne un peu pour son parcours, afin de comprendre son égarement et la pertinence de sa drivesque rédemption (rassurez-vous, je ne vous ferez pas le coup du portrait de réalisateur à chaque fois). C’est qu’en effet, à la base, il me semble utile de savoir que l’ami Refn s’est surtout fait connaître grâce à Pusher, un film très nerveux qui devait surtout sa force à son sens du rythme et à son dynamisme plus qu’à son univers assez quelconque… Valhalla Rising, c’était l’antithèse, très beau, mais très mou, voire indigent au niveau de l’intrigue et de son développement. Pour moi, plus qu’une antithèse, c’était un cauchemar. Drive, c’est un petit peu la synthèse des deux : beauté plastique et science du rythme en impeccable symbiose, car le reste finalement importe peu et Refn le montre très bien…  
http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/83/93/95/19806934.jpg http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/85/83/31/19854770.jpg http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/85/83/31/19854792.jpg
Bah oui ! Au risque de décevoir, je trouve que l’intrigue de Drive en elle-même, ainsi que ses personnages, relèvent clairement de l’anecdote. J’ai entendu parler d’analyse psychologique des personnages, de prise de conscience au moment de la scène de l’ascenseur, etc… Oui… C’est sûrement vrai. Mais pour ma part ça ne m’a pas du tout parlé. Par contre, la façon dont est mené ce classicisme, avec maestria et élégance, fait pour moi toute la différence et toute la force de séduction de ce film. Rien que l’introduction du film suffit à faire comprendre que c’est au niveau de la forme que Refn compte nous conduire sur un nouveau chemin. Une sonnerie de téléphone… Des conditions données par le chauffeur pour participer à un casse… puis – bam ! – le casse directement. Banal film d’action ce Drive ? Et bien justement non : notre héros est du genre à mener sa course-poursuite en restant immobile, garé comme n’importe qu’elle voiture en stationnement lorsque la police débarque. Notre héros, c’est celui qui trace sur deux cents mètres lorsqu’il est pris en chasse par un hélicoptère puis se planque dans un angle-mort, immobile, en espérant que ça passe… Cette scène résume à elle seule l’esprit du film : film simple ; mais film originalement mené. La forme ne fait pas tout, je le concède, mais dans ce film, le fond n’est qu’un enrobage au service de la forme. D’ailleurs, dans le rôle du faire-valoir formel, Ryan Gosling est parfait d’effacement. Et quand je dis ça, ce n’est pas une vacherie : franchement ! Des fois il faut savoir s’effacer pour laisser la forme se sublimer. Ryan Gosling le fait avec une super-classe. Après, je laisse chacun en penser ce qu’il en veut, mais personnellement, j’affectionne particulièrement les films qui savent procurer des sensations qui sont à la fois très fortes mais en même temps très simples. Pour moi ces films touchent à l’essentiel, d’où l’incroyable panard que j’ai pris face à Drive. Un film expérience donc, et surtout, l’un de mes gros coups de cœur de l’année.
 
 
    3. http://fr.web.img1.acsta.net/r_160_240/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/73/96/94/19638756.jpg Animal Kingdom
 

Ceux qui ont parcouru ce top au cours de l’année 2011 seront sûrement surpris de retrouver ici cet Animal Kingdom car, effectivement, je ne l’ai rajouté qu’après coup. Changement d’avis ? Non... Découverte avec du retard... Malheureusement. Oui, je dis que c’est malheureux parce qu’alors que je me pourris mon temps libre à voir une bonne centaine de films par an, j’arrive quand même à rater de véritables chefs d’œuvre comme cet Animal Kingdom. Autre raison de m'énerver, c'est qu'à découvrir ce film après avoir fait le top, je n'ai pas pu faire figurer son brillant réalisateur dans mon top 10 des personnalités. Certes, j'aurais pu aussi changer ce classement là, mais il m'était trop dur de chasser l'une des dix personnalités que j'avais déjà choisi. Vous allez me dire qu'il y a bien pire comme malheur pour un cinéphile. Effectivement, ce qui aurait pu être plus malheureux encore, cela aurait été de ne jamais voir ce film. J’en conçois. J’espère d’ailleurs qu’en faisant figurer ce film dans mon top, vous saurez éviter cette belle perte qui serait justement de ne pas voir ce petit bijou.

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/73/96/94/19223831.jpghttp://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/73/96/94/19602846.jpghttp://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/73/96/94/19223830.jpg

Pourtant, je l’avoue, je n’étais pas trop emballé au départ. Certes, la réalisation de cet inconnu David Michôd (« inconnu », plus pour très longtemps à mon avis…) en impose tout de suite par sa maitrise plastique et par son adéquation parfaite avec sa très belle bande-son, mais malgré tout, j’avais du mal à trouver mes marques dans cette histoire de pauvre ado qui vient de perdre sa mère toxico et qui du coup, va être obligé d’aller vivre avec ses tontons dealers. Oui, j’avais du mal parce que ça puait ce cinéma socio-misérabiliste que j’exècre. Et pourtant ! Quelle erreur de penser ça ! Certes le décor et le contexte sont misérables mais, à travers la caméra de Michôd, tout prend soudainement une autre allure. Il y a d’abord un véritable talent à élaborer des personnages forts et singuliers, tout en sachant les maintenir dans cette atmosphère de « vrai ». Et puis surtout, il y a dans cet Animal Kingdom ce talent incroyable à savoir enrichir l’intrigue d’une multitude de péripéties. Elles sont nombreuses, remarquablement ficelées, et pourtant elles s’enchainent avec une aisance et une évidence stupéfiante. Le pire, c’est qu’au bout de trois quarts d’heure, j’étais déjà aux anges en me disant que, arrivé seulement à la moitié de son intrigue, cet Animal Kingdom était pourtant déjà parvenu à la même richesse d’intrigue que l’essentiel des autres productions du même genre au bout de deux heures. Et quand je me suis dit, j’ignorais encore ce qui m’attendait, car le film avait encore beaucoup à dire… Bref, vous l’avez compris, comme quasiment tous ceux qui l’ont vu, je recommande chaudement cette petite merveille venue d’Australie. Certes, je la recommande pour la force de son histoire et la maitrise formelle de sa réalisation mais, surtout, je la recommande avant tout pour l’incroyable richesse de son histoire. Animal Kingdom ne se contente pas d’une intrigue traditionnelle : il développe son univers, il va jusqu’au bout de sa logique, bref il raconte une vraie histoire, intense, jusqu’au bout. Et ça... Si ça pouvait en inspirer d’autres, ça ferait énormément de bien au cinéma mondial.    

 

 

 4. http://images.allocine.fr/r_160_240/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/69/23/10/19618067.jpgHarry Brown
 
Après deux génies ressuscités et publicités en tête de ce classement, j'enchaîne finalement avec deux chefs d’œuvre méprisés et injustement ignorés (Ah on se refait pas !). Le premier, c'était donc Animal Kingdom, pour le second je penche aussi sans réserve vers cet Harry Brown ainsi que vers le film qui le suit et que je vous présenterai après (un peu de patience !). Combien de salles ont projeté Harry Brown, et combien de temps ? Trop peu ! Pas suffisamment en tout cas pour que ce film anonyme, fait par un auteur sans standing, puisse se faire un nom et une réputation ! Du coup, est passé à la trappe un des films de cette année qui, à mes yeux, possédait pourtant le plus de personnalité et d’audace. C’est qu’à première vue, ce film ne paye pourtant pas de mine : l’histoire d’un petit vieux qui, cloitré dans sa cité, va décider de venger un autre petit vieux tabassé par des racaillons. Dit comme ça, c’est très misérabiliste et ce n’est pas très enthousiasmant. Mais dans les pattes du jeune Daniel Barber, et avec le somptueux Michael Caine dans la peau de ce cher Harry, le portrait a pris pour moi une tout autre tournure.
 
http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/69/23/10/19347315.jpg http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/69/23/10/19347313.jpg http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/69/23/10/19198751.jpg
Ce que ce film cache très bien, c’est sa dimension subversive, et c’est bien ça qui fait sa force. Alors que sur les dix premières minutes il se plait à nous peindre un univers pessimiste et blasant au possible, très rapidement le personnage de Harry Brown devient l’exutoire par lequel le spectateur va se sauver. Il est évident que sans Micahel Caine, on ne tiendrait pas aussi facilement au côté du vieux Harry, car l’ancien combattant devient très vite borderline avec la morale et les limites que notre société tolère usuellement. Ainsi supporte-t-on plus facilement l’insupportable et on se laisse emmener dans des ambiances qui sont parfois de véritables expériences visuelles et sonores totalement surprenantes, très travaillées, et dans lesquelles David Lynch s’y serait certainement reconnu. Au final, sans qu’on s’en aperçoive, on parvient à prendre conscience de la force et surtout de la violence d’un monde que Harry Brown nous peint d’une manière fort surprenante. Un film coup de poing d’une authenticité qui moi me refile encore des frissons. J’adore…
 
   
5. http://images.allocine.fr/r_160_240/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/83/98/15/19730211.jpgSenna
 
Avec Animal Kingdom et Harry Brown, Senna est pour moi aussi le dernier grand méprisé de l’année, même si, pour ce film là, je comprends plus aisément qu’il n’ait pas eu la chance qu’il méritait. Je le reconnais : un documentaire, sur un pilote de Formule 1 mort depuis près de 20 ans qui plus est, ce n’est effectivement pas ce qui déplace les foules. D’ailleurs, moi-même je le concède, je ne m’y serai certainement pas déplacé si je n’avais pas entretenu étant gamin un intérêt pour les courses automobiles et si, chose peu commune, je n’étais pas tombé sur la bande-annonce du film qui avait su me mettre l’eau à la bouche (…pour une fois qu’une bande-annonce donne envie de voir un film sans vous en pourrir le plaisir, c’est suffisamment rare pour être signalé). Bref, je reconnais qu’un distributeur puisse avoir des réticences à mettre ses billes sur un tel film, pourtant c’est bien dommage, car je trouve que ce documentaire inaugure un genre nouveau…    
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Moi, je suis du genre à dire que les documentaires ont leur place sur Arte, mais pas dans une salle de ciné. Un grand écran, c’est fait pour le plaisir de l’image, et la grande salle, c’est fait pour le plaisir du son. Du coup, je n’ai jamais compris que des films documentaires comme Nostalgie de la lumière par exemple, soient projetés dans des cinémas : visuellement banal, narrativement banal (voire chiant), sensationnellement banal. Personnellement, Nostalgie de la lumière sur ma petite lucarne, c’est pareil, voire mieux, puisque sur ma lucarne je peux zapper. Avec Senna, Asif Kapadia retourne totalement la question. Disposant d’un sujet filmé en permanence par toute une série de caméras dans les circuits, les paddocks, ou les plateaux-télés, le documentariste anglais décide de profiter de cette quantité prolifique pour monter un film qui n’a pas que pour seul but d’expliquer, mais qui recherche aussi et surtout à faire RESSENTIR. Ayrton Senna était un homme de vitesse, à la recherche du « pure driving » : Kapadia se dit que son documentaire sera inutile s’il ne réussit pas à transmettre la jouissance de la vitesse, et la sensation de liberté qu’elle procure une fois la course passée. Ainsi Senna n’est pas un banal enchaînement d’images, il est pensé comme une mise en intrigue, comme la construction d’une atmosphère et d’un univers… Bref, Senna est pensé comme un film, tout simplement. Et ce que j’apprécie par-dessus tout dans ce film, c’est que son auteur n’a pas hésité à franchir une limite que beaucoup de documentaristes jugent blasphématoire dans un documentaire. En effet, Kapadia n’a pas hésité à truquer, rajouter du son, de l’image, pour renforcer son propos. « Truqueur = imposteur » diront les puristes. Moi je préfère l’idée qu’un truqueur est quelqu’un qui transcende par l’artifice, et ça, c’est la parole d’un cinéphile…
 
   
 
Alors peut-être que pour cette sixième place, j’en surprendrais plus d’un. C’est vrai, sur bien des points, cette Défense Lincoln est bien classique et beaucoup jugeront qu’elle ne sort pas du lot. Classique : j’accepte. Effectivement, cette Défense Lincoln ne réinvente rien au genre du polar, voire même au « film de procès » pour peu qu’on considère que ce soit un genre à part entière. Pourtant, je l’ai déjà un peu dit sur Drive, et je le redis à chaque film de Clint Eastwood qui sort : moi ce n’est pas parce qu’on me sert du classique que je ne vais pas m’emballer. Alors oui, j’adore l’original, j’adore les films qui sortent du lot, mais j’adore aussi les films qui savent s’approprier un genre, qui en maîtrisent totalement les codes, et qui nous restituent un film d’une efficacité redoutable. Pour moi, la Défense Lincoln c’est ça : du classique redoutablement efficace.  
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Souvent, le problème que l’on rencontre avec le classique : c’est la prévisibilité. On est tellement rompu aux codes qu’on ne se laisse même plus surprendre. Or, c’est sur ce point que je trouve le film réussi. Dès le départ, Brad Furman nous montre qu’il dispose d’une galerie très diversifiée de personnages et que les possibilités d’interaction et d’évolution de l’intrigue sont multiples. Dès lors, le film pour moi ne peut que fonctionner, puisqu’à partir du moment où le film annonce ouvertement qu’il va explorer les bas-fonds de son univers, que tous les coups vont être permis (et que l’intrigue permet tous les coups !), les spectateurs que nous sommes peuvent se retrouver à nouveau dans cette situation que nous adorons tous au cinéma : « Par tous les dieux ! Que va-t-il se passer ? » Or, lorsque ce sentiment est lié au fait qu’on soit dans une structure qu’on connaisse et dont on maîtrise tous les rouages, alors dans ces cas là c’est le plaisir intégral. Ainsi, je remercie cette Défense Lincoln pour ça. Savoir utiliser des codes somptueusement, mais avec suffisamment de brio et un univers suffisamment riche pour qu’on se laisse emporter sans difficulté. Pour moi, y’a pas à dire, c’est aussi efficace que brillant.
 
 
 
Au risque de surprendre encore, mais voici celui qui, pour moi, clôt la liste des films à 5 étoiles de cette année. Eh oui ! Je suis littéralement tombé amoureux de ce Chat du rabbin ! Ceux qui ont emmené leur gamin de 6 ans pensant que c’était un pseudo-Disney auront peut-être du mal à me comprendre, mais tant pis ! A ceux-là je leur dirais que – justement ! – ce film de Joann Sfar est tout sauf un Disney et qu’il n’est pas du tout adapté à un jeune public (ou alors il faut que ce jeune public soit très ouvert d’esprit !) Car oui, pour moi ce qui fait toute la force de Chat du rabbin, ce n’est pas son côté mignon ou la délicatesse de son conte, bien au contraire !  
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Ce qui m’a séduit dans ce film, c’est sa liberté de ton, son côté vilain garçon qui aime faire des blagues qui s’affranchissent du politiquement correct. Dans le top 10 des tabous de la bonne société française, Sfar prend les trois premiers et les mixe pour se vautrer dedans à l’envie et en faire une farce aussi désopilante que complexée. Allez hop ! Du passé colonial ! De l’antisémitisme ! De la religion ! Et des blagues sur les Arabes ! …Comment ça on n’a pas le droit ? Johan Sfar nous montre qu’on a toujours le droit de rire de tout tant que ce n’est ni gratuit, ni réducteur. Or, c’est la force de ce film selon moi : il est d’une tendresse hallucinante pour ceux dont il brosse le portrait, et joue justement avec humour de toutes les subtilités parfois un peu absurde de chaque culture. Alors après – c’est vrai – plus on connaît les sujets abordés, plus on est amené à être plié en deux quand ceux-ci sont tournés en ridicule. Cependant je rassure : il n'est pas nécessaire d'être agrégé en sciences sociales pour prendre du plaisir face à film authentique et pétri d’une réelle personnalité.
 
 
Le voilà ! Il est là… Si des cinéphiles occasionnels parcourent les blogs à la recherche des films de l’année, ils s’étonneront peut-être de ne retrouver ces Intouchables qu’en fin de classement. Car – oui ! – Intouchables est le film que tout le monde a vu (…et les fêtes de Noël vont permettre aux retardataires de combler leur retard !) et la plupart du temps, tout le monde l’a aimé. Surprise d’ailleurs constatée cette semaine : Intouchables se retrouve désormais en tête du classement des 250 meilleurs films de tous les temps selon les spectateurs Allociné (du moins c'était encore le cas au 1er janvier 2012). Même s’il me semble que ce résultat montre encore un peu les lacunes de ce type de classement, il témoigne néanmoins d’un fait : Intouchables est un phénomène de société, mais c'est aussi LE film populaire de cette année.
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Alors, je pourrais épiloguer dans ce paragraphe sur les raisons du succès, sur ce qui fait que ce film est tant apprécié et si appréciable… Mais bon, cela a déjà été fait à droite et à gauche, et les raisons évoquées ne sont jamais les mêmes de toute façon, alors à quoi bon faire un tel listing… Pour ma part, je dirais juste que la force de ce film, c’est surtout sa volonté de bien faire. Nakache et Toledano donnent tout : ils sont parfois maladroits, parfois ils en font un peu trop au niveau des violons et des symboles, mais on ressent l’envie permanente de trouver le ton juste, et de parvenir à toucher sans survendre, mais juste en cherchant à convaincre que les deux gars qu’ils présentent sont vraiment des gars chouettes, qu’ils aiment et qu’ils ont envie de nous faire aimer. Pour moi ça marche, et ça marche même super-bien. Il faut dire que dans ce travail pas évident, deux hommes contribuent à faire grandement de cette entreprise une réussite : Cluzet, bien évidemment, personne ne s’en surprendra, mais surtout Omar Sy, tout simplement… solaire (?). Je le disais quelques lignes plus haut : qu’un film soit original ou classique, je m’en fous. Qu’il soit mené avec conviction et générosité, en général je chavire sans bouder. Pour moi, avec cet Intouchables, ça a été le cas. A vous de vous y risquer alors si ce n’est pas déjà fait… 
 
 
 
Et encore un film dont je n’attendais rien avant de le voir et qui finalement fait parti de mes gros coups de cœur de l’année. Eh oui ! Ainsi, ceux qui me demandent pourquoi je m’évertue à aller voir des films français, des comédies de mœurs, ou du cinéma indé de bobos américains alors que la plupart du temps j’en ressors blasé, eh bien pour ceux là, voilà ma réponse. Au milieu de toutes ces déceptions, il y a toujours un film qui parvient à me toucher profondément. C’est le cas de ce Rabbit Hole. Pourtant, quand on lit le pitch, on pense déjà le connaître avant même l’avoir vu ce film : « un couple doit apprendre à gérer le deuil d’un de leur enfant mort jeune ». C’est que, quand on lit ça d’habitude, on se dit : « Youpi ! ça va être fun ! On va bien s’amuser dans cette « peinture sociale touchante de pertinence dans sa façon d’aborder les drames de la vie… » Bref, je sais pas vous, mais moi c’est le genre de film pour lesquels je m’imagine bien sortir mon pistolet allégorique au bout de dix minutes de projection pour me le carrer dans la bouche. Eh bien ici, que nenni…  
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Alors attention, je ne dis pas non plus que Rabbit Hole est un film guilleret durant lequel on se bidonne un bon coup. C’est clair que non. Mais franchement, malgré un sujet aussi morbide, le film parvient à se sortir tout de suite du champ du pathos en se focalisant sur un duel – un duel figuré bien entendu – mais un duel quand même entre deux personnages, deux façons de réagir, deux façons de lutter face à la perte d’un proche. Le film n’est jamais dans l’apitoiement mais dès le départ dans la réaction, et c’est ce qui fait toute sa force. Cette force est double puisque, par le choix qu’il propose entre les deux façons de réagir, on se retrouve immédiatement investi de la question et on tient, parce que le film sait aller bien au-delà du simple constat, et explore vraiment un panel très large de ce qu’est la relation humaine. Je suis ressorti de là, j’ai dit « ouah ! ». C’est que l’intrigue est très bien menée, par un surprenant John Cameron Mitchell que j’avais connu plus déluré que ça, et que surtout le couple Nicole Kidman-Aaron Eckhart sait ici donner ses lettres de noblesse à l’interprétation qui en est faite. Vraiment, il n’y a pas à dire, c’est un vrai coup de cœur…  
 
 
 
 
Il y a des films qui séduisent pour leur histoire ; il y a des films qui séduisent pour leurs personnages et il y a des films qui séduisent pour leur univers. L’idéal est bien sûr de rencontrer un film qui parvient à nous séduire pour les trois, mais parfois, il suffit que l’un seul de ces trois domaines ait une réelle personnalité et une réelle force pour nous combler. Pour moi, c’est le cas avec ce Tron : Legacy. Ici ce n’est pas l’histoire qui m’a séduite, totalement improbable ; ce ne sont pas les personnages non plus, au fond bien basiques ; mais c’est bien l’univers – l’atmosphère unique de ce Tron ! – qui m’a fait chavirer…  
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Je l’avoue, déjà, j’avais été très réceptif au Tron original. Bien que je sois plus jeune que le film, et bien que je l’ai découvert sur le tard - si bien que la performance technique était déjà pleinement dépassé lorsque je l’ai vu – j’étais malgré tout tombé amoureux de l’univers visuel de la Grille. Même si l’ensemble était un peu trop traité à la sauce Walt Disney, il y avait vraiment quelque-chose d’unique dans cette atmosphère, et qui à mon sens était intemporelle puisque, même dépassée techniquement, elle avait su conserver sa personnalité et son caractère atypique en ce début de XXIème siècle. Tron : legacy joue pour moi sur les mêmes ficelles et l’a emporté dans mon cœur pour les mêmes raisons. Même si l’univers présenté est un petit peu moins barré que le premier, il est visuellement d’une richesse incroyable. Voilà déjà trois fois que je le vois, et des détails que je n’avais pas encore vu m’apparaissent toujours… Et puis, il y a un élément dont ce film peut se vanter, c’est qu’en plus de s’appuyer sur le visuel, il dispose d’un ornement sonore absolument renversant. Je préfère vous le dire tout net, cette B.O. composée par Daft Punk est peut-être pour moi, (en concurrence avec The Fountain de Mansell) LA B.O. de ces dix dernières années. Alors après, certains pourront se plaindre qu’à part l’audio et le visuel, il n’y a pas grand-chose à se mettre sous la dent mais bon… Moi je répondrai que, comme pour Drive – avec moins de talent néanmoins – le fond sait se faire enrobage au service de la forme. S’il ne séduit pas, il ne gêne pas non plus. Du coup, il permet de faire en sorte que ce film reste au simple – mais pur – niveau de la grosse claque audiovisuelle. On n’en pensera ce qu’on voudra, mais moi j’adhère à bloc…  
 
 
 
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Publié par L'homme-grenouille - dans Sélections de l'homme-grenouille
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