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30 avril 2007 1 30 /04 /avril /2007 13:42

                                      Affiche teaser américaine. Warner Bros.

Adaptation d'un comics de Frank Miller qui a été publié pour la première fois en 1999, 300 est un film qui n'a laissé personne indifférent. Entre ceux qui n'y ont vu qu'un simple défouloir et d'autres qui expriment un certain scepticisme à l'égard de son propos et des valeurs qu'il diffuse, les lectures sont multiples et les jugements peuvent dès lors varier d'un extrême à l'autre. Je me suis donc dit qu'il ne serait certainement pas superflu de s'essayer à une certaine réflexion sur ce film et sur toutes les interprétations que l'on peut en faire. L'idéal aurait été bien sûr de le faire pendant que le film reste en salle, histoire que chacun puisse se faire une idée par la suite en allant voir le film, mais le temps m'a manqué et il me semblait préférable d'attendre un moment plus propice à une réflexion plus poussée. J'en appelle donc à vos souvenirs, comme j'en appelle aujourd'hui difficilement aux miens, pour s'interroger sur ce film des plus particuliers.

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Une simple adaptation de Comics ?

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Il est vrai que la première réaction que l'on serait tenté d'avoir après avoir vu ce 300 serait : « mais pourquoi se prendre le chou à chercher à faire de ce film des interprétation alambiquées ? Prenons le comme un spectacle bourrin et défouloir et rien de plus ! » L'air de rien, c'est une position qui peut se défendre aisément au regard de ce que propose 300. Que ce soit pour son partie pris esthétique ou pour son approche très fantaisiste de l'Antiquité, 300 peut être effectivement perçu – et cela avant tout autre chose – comme la simple adaptation du comics original de Frank Miller. Dès lors, on comprendra parfaitement le jugement d'un certain nombre qui – se limitant à ce simple aspect – considère le film comme une véritable réussite.

                             Warner Bros. France

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Il est vrai que là-dessus, il n'y a pas grand-chose à redire : le film 300 parvient à retranscrire avec une certaine excellence l'atmosphère de l'original, et cela grâce à un travail sur l'image qui est tout simplement remarquable. Les plus bédéphiles d'entre vous auront certainement été très attentifs au travail visuel qui a été effectué sur les images. La photographie propose un rendu très pictural des couleurs et la segmentation des plans n'est pas sans nous rappeler la façon très dynamique dont se composent les cases d'un comics. S'ajoute à cela quelques ralentis qui, bien qu'ils ne plairont pas à certains puristes du cinéma, rappellent néanmoins les grands ensembles à double pages du comics original que l'on regarde attentivement quelques minutes et qui parvienne à suggérer le mouvement dans l'immobilisme. Bref, il n'y a pas à dire, ceux qui se sont avant tout focalisé sur l'aspect « adaptation » ont bien raison de clamer leur satisfaction face à ce 300.

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   Kelly Craig. Warner Bros. France  Gerard Butler. Warner Bros. France

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Après, reste à savoir s'il est justifié de limiter son approche de 300 à cette simple dimension « adaptation ». Il est vrai que bon nombre d'éléments viennent concourir à le penser, puisque dans l'ensemble on constate que le film suit plus ou moins rigoureusement la démarche du comics. On y retrouve la même vision abracadabrantesque de l'Antiquité et cette volonté assumée de ne se servir de l'Histoire que comme d'un tremplin à une atmosphère particulière plutôt que comme une ligne directrice à respecter à tout prix. Sur ce registre, nul besoin me semble-t-il d'énumérer les multiples signes qui témoignent de cette démarche : loup aux dents démesurés, rhinocéros de 12 mètres d'envergure crachant des flammes par le museau, éléphants titanesques avec des châteaux forts construits sur le dos, et autres monstres en tout genre relèvent de cet aspect…

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                               Warner Bros. France

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Alors du coup, on pourrait se demander pour quelle raison, certains en viennent à remettre en cause le propos de ce film, et cela notamment en établissement un lien entre l'histoire qu'il relate et l'actualité. Après tout, le comics fut écrit il y a bien longtemps, en dehors du contexte que nous connaissons aujourd'hui : il serait donc forcément artificiel de vouloir chercher dans ce film autre chose qui soit en rapport avec notre actualité. Il serait en effet facile de s'arrêter à cette idée que, la sortie de ce 300 n'a été au fond qu'inspirée par le récent succès de Sin City, autre comics de Frank Miller adapté à l'écran. Pourtant, bien des éléments dans ce film semble nous démontrer le contraire et nous permettent d'insister sur le fait que le choix d'adapter ce 300 en cette période-ci de troubles internationaux n'a rien d'anodin. La comparaison mérite donc d'être faite afin d'aller plus loin dans la compréhension de ce 300.

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                               Tyler Max Neitzel. Warner Bros. France

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Un film engagé dans le contexte international ?

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Autant mettre les choses au clair tout de suite, ceux qui reprochent à ce 300 de mauvaises mœurs le font souvent par rapport au contexte international dans lequel il s'inscrit. Pour ceux qui ne voit pas encore de quoi on parle, le temps est peut-être venu de mettre les points sur les i : beaucoup considère que la sortie de ce 300 en pleine période de guerre en Irak n'a rien d'anodin et qu'il faut y lire une volonté assumée ou non, des producteurs ou de Frank Miller, d'exacerber certains sentiments au travers de cette histoire.

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                        Rodrigo Santoro. Warner Bros. France

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Il est vrai qu'à reprendre la trame globale de l'Histoire, les concordances avec le conflit américano-irakien et ses origines sont parfois plus que troublantes. Car au fond, qu'évoque l'intrigue de 300 ? Les Spartiates, jusqu'alors tranquilles chez eux, voient leur liberté menacée par l'arrivée d'un émissaire de Xerxès qui leur demande une soumission à son régime de terreur. Léonidas se décide alors de refuser cet état de fait et par à la rencontre des forces qui s'apprêtent à déferler sur ses propres terres. Le rapprochement avec l'actualité relève certes de la caricature, mais on peut aisément associer les Spartiates des Américains, ne serait-ce que pour la valeur qui leur est toujours associée : la Liberté. De même, Xerxès est sans cesse associé à la terreur, d'où un rapprochement facile avec les puissances extrémistes du Moyen-Orient. D'ailleurs, dans ce film, l'ennemi vient de l'est et à des connotations orientales très marquées. On pourrait ajouter à cela que le déclencheur de la guerre dans le film est l'arrivée de l'émissaire qui vient répandre – par son message – la terreur au cœur même de Sparte. L'analogie avec le 11 septembre est dans cette optique plus qu'envisageable. Ainsi, au premier regard, on pourrait soutenir l'idée que 300 soutient une image de l'actualité très pro-Bush, où les Américains ne sont partis en guerre contre l'Orient que suite à une agression injustifiée vécue sur leur propre territoire. C'est l'entérinement de la vision basique du combat de la liberté contre la terreur.

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                               Peter Mensah. Warner Bros. France

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L'analogie est tellement grossière qu'on en vient presque à la remettre en question que par ce manque de subtilité. Serait-il possible qu'Hollywood se lance avec autant de balourdise dans un propos à ce point pro-Bush ? A se reporter aux questions qui ont été posées à Frank Miller sur cette question, il semble que la réponse soit indiscutablement « oui ». En effet, sur ce sujet, le discours du géniteur de Sin City est sans ambiguïté possible. Soutenant fermement la théorie d'Huntington concernant le Choc des Civilisations, Miller soutient fermement la politique menée par George W. Bush en Irak. Il a même poussé l'idée jusqu'à dire que l'Occident, au fond, n'affirmait pas assez violemment ses valeurs dans le monde et qu'il était nécessaire de faire preuve de force et d'autorité.

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                           Giovani Antonio Cimmino et Lena Headey. Warner Bros. France

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Face à un tel discours de la part même du créateur de 300, qui pourtant a écrit ce comics bien avant les évènements en Irak, l'ambiguïté du propos soutenue par le film ne semble plus possible : il apparaîtrait comme indiscutable que le propos sous-jacent de ce film – aussi grossier soit-il – ne se limite finalement qu'à un basique discours pro-Bush qui appuierait la politique américaine mise en place depuis quelques années. Et pourtant, malgré tous ces indices qui érigent cette idée comme une évidence, de nombreux éléments dans cette histoire peuvent nous permettre de questionner le monolithisme discursif de ce 300.

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                          Warner Bros. France

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Une ambiguïté entretenue ?

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L'air de rien, ce 300 est au fond assez riche dans son fond est parvient à entretenir une ambiguïté qu'il ne cesse de nourrir au fur et à mesure de ses minutes. Le premier élément qui vient sans cesse entretenir l'ambiguïté sur le discours et les valeurs portées par 300, c'est bien l'image qui est donné des pseudo-gentils : les Spartiates. A moins d'une maladresse énorme et peu probable, ce film cherche à nous brosser dès son introduction un portrait de ses héros incroyablement rebutant. Cruels avec leurs nouveaux-nés qu'ils tuent quand ils sont mal formés, impitoyables avec les enfants quand il s'agit de les éduquer, et enfin insensibles à la guerre ou à la mort, ces Spartiates nous dégoûtent plus qu'ils n'attirent notre sympathie et notre respect. D'une certaine façon, 300 n'entretient aucun manichéisme tout le long de son film dans la mesure où pas un instant on ne se prend de sympathie ni pour un camp, ni pour l'autre. Chacun des camps inspire chez le spectateur une certaine forme d'écoeurement et de distance tant les uns comme les autres paraissent aussi fous et déshumanisés. Bref, il semble impossible de voir par 300 une once de noblesse dans la guerre : elle est présentée comme quelque chose déconnectée de toute valeur et tout sens. D'une certaine façon, l'esprit est en quelque sorte tourné en ridicule par une sorte de démonstration par l'absurde.

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                          Gerard Butler. Warner Bros. France

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A cela s'ajoute le fait que, plus le film avance, et plus le jeu des identifications entre Occident et Orient se trouble. Alors qu'au départ on parvenait sans trop de souci à associer Léonidas et ses 300 à l'occident et la liberté, tandis que Xerxès et ses Perses pouvaient être associés au Moyen-Orient et à la terreur, les indicateurs deviennent de plus en plus flous avec les minutes qui s'égrainent. On assiste à une scène où un petit nombre d'hommes peu armés mais téméraires, cherchent à empêcher le débarquement inéluctable d'une armée bien plus nombreuse et disposant d'un avantage matériel conséquent (éléphants, rhinocéros, grenades magiques et j'en passe…). Le décor désertique de cette scène nous amène à nous questionner sur le jeu des identifications établi au début du film. Tel que la scène est présentée, il devient difficile d'associer le Moyen-Orient fondamentaliste aux puissances armées nombreuses et organisées ; comme on a du mal à identifier les Américains aux quelques barbus retranchés dans leur montagne avec une simple lance et un bouclier. En effet – et vous l'aurez compris – dans la deuxième partie du film il devient beaucoup plus cohérent d'associer l'envahisseur terrible aux Américains, et les pauvres opprimés aux Orientaux, en l'occurrence ici : les Irakiens.

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Warner Bros. France         Rodrigo Santoro. Warner Bros. France

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Que pourrait alors signifier ce retournement de valeurs dans ce 300, et l'ambiguïté que cela entretient alors dans son discours et ses valeurs ? Sur cette question, la conclusion du film est riche d'information. En effet, alors que l'Histoire était la dernière préoccupation des scénaristes pendant plus d'une heure de film, voilà qu'elle est évoquée à de nombreuses reprises sur la dernière demi-heure (…et là j'invite tous ceux qui n'ont pas vu le film à sauter un paragraphe ! J) . A la fin donc, on constate finalement que Léonidas et ses Spartiates, aussi peu nombreux qu'ils étaient, ne peuvent finalement rien contre Xerxès et finissent par être exterminés. Xerxès triomphe donc par la force numérique et matérielle de ses armées. Pourtant, ce 300 n'entend pas s'arrêter là et développe l'idée que la victoire de Xerxès ne pourra rien faire face à ce que l'Histoire retiendra de cette bataille, et le film se conclut d'ailleurs sur plusieurs dizaines de milliers de Grecs prêts à bouter les Perses hors de leurs terres hellénistiques. Or, dans le cas de figure où l'invasion ici relatée est à associer à l'invasion américaine en Irak, il s'agit alors d'un véritable désaveu de la politique de Bush car le film souligne avant l'illégitimité de cette guerre et de ses conséquences néfastes à long terme. Cette interprétation aurait en tout cas le mérite d'être en cohérence avec la démonstration par l'absurde des valeurs martiales évoquée précédemment.

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                              Gerard Butler et Rodrigo Santoro. Warner Bros. France

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Au final, qu'en déduire ?

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Après avoir lu cet article, vous vous dites certainement que la plupart des analyses mises ici en place sont pour la plupart tirées par les cheveux et qu'au fond, on va certainement trop loin dans la volonté d'interpréter ce 300. C'est sûrement vrai. Mais finalement qu'importe ! Le plus important qu'il faut retenir de tout ça c'est que ce film entretient – volontairement ou non – une remarquable ambiguïté qui a pour mérite de ne pas laisser indifférent. Ce 300 n'est-il que l'expression à peine édulcorée d'un Frank Miller pro-Bush jusqu'à l'os, ou bien un habile retournement de valeurs de la part du réalisateur du film Zack Snyder et de ses scénaristes ? La question à vrai dire reste entière. Il en ressort néanmoins que ce 300 est à mille lieues des films spectacles que nous propose habituellement Hollywood et c'est ça qui en fait un film vraiment intéressant. 

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                              Affiche britannique. Warner Bros.



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commentaires

Hervé 08/08/2016 10:43

Au moment de sa sortie, je n'avais pas du tout pensé à la guerre en Irak. J'y voyais plutôt une allusion aux tensions internationales concernant l'Iran.

Comme quoi, les grilles de lecture... reste que quand on le regarde attentivement, le film est assez raciste. Mais bon, à la base c'est du Frank Miller et ce dernier est toujours ambigu sur ce point.

L'homme-grenouille 27/08/2016 19:47

Salut Hervé !
Désolé de répondre si tard. J'étais en vacances.

Alors pour être honnête, il m'a fallu relire mon article pour te répondre parce que, l'air de rien, il date d'il y a dix ans. D'ailleurs, en relisant, je me suis dit que ça ne devait être que la première fois que je le relisais celui-là car - ô par tous dieux ! - qu'est-ce qu'il y a comme fautes à corriger. (Bon allez... Si j'ai le courage, je corrige ça dans les jours à venir.)

Au final, qu'est-ce que je retire de cet article et du commentaire que tu en fais ?... Eh bah que tu as finalement raison en disant que ce n'est qu'une question de grille de lecture. Snyder est-il vraiment moins radical que Millar ? Dix ans plus tard, quand je regarde ce qui ressort de ses deux "Superman", je n'en suis plus vraiment si convaincu que cela. Oui, ce gars à des petits relents fachos assez évidents. Maintenant, il a toujours été suffisamment intelligent pour accepter de diluer tout cela dans le moule actuel de bien-pensance hollywoodienne. Du coup, est-ce que l’ambiguïté de 300 est alors à imputer aux studios ? Est-ce qu'elle vient de moi, qui veut bien la voir alors qu'elle n'existe peut-être nulle part d'autre ailleurs que dans mon esprit ? Je ne sais pas... Aussi, je pense que la question du racisme dans "300" se pose de la même façon...

300 est-il raciste ? Bah à dire vrai, j'en sais rien. Ce film est un tel déferlement de haine primaire des uns pour les autres, les uns étant présentés aussi simplistement (ça se dit ça ?) que les autres, j'ai du mal à y voir du racisme personnellement. Maintenant, si tu as des arguments, je suis preneur. Je ne dis jamais non contre une nouvelle lecture... ;-)

Startouffe 14/02/2011 11:30

A prendre au premier degré ?Salutations cher Chris.

Merci d'avoir pris la peine de contribuer au débat.
Or, effectivement, j'avoue que ton point de vue affirmé sur la question suscite chez moi quelques questionnements. Tu sembles en effet convaincu que le film doit se prendre au premier degré. Justement, je n'en suis pas si sûr étant donnée la possibilité de lire les évènements de ce "300" au regard de l'actualité de son époque. D'ailleurs, tu parles d'icônes gays, d'ethnocentrisme et de phallocratie, je trouve justement très intéressant d'oser marier de telles valeurs si c'est pour les poser en comparaison avec l'Amérique d'aujourd'hui. En effet, l'ami Miller aime poser les temps antiques comme une référence, or Snyder semble lui rappeler que nos chers amis Grecs pouvaient être aussi des antidémocrates d'un point de vue politique tout en ayant une réelle liberté de moeurs et de rapport au corps dont les populations d'Occident ne jouissent que partiellement aujourd'hui.

Alors oui, effectivement, le débat peut encore être d'actualité, et merci de l'avoir rappelé par ton post cher Chris. A une prochaine...

Christ.Retro 13/02/2011 14:21

Ma critique: Un futur film culte !Provocant, original, outrancier, anachronique, envoûtant et malsain; voilà les premiers mots qui me viennent à l’esprit.
Des scènes d'action a la chorégraphie bluffante, du sang qui gicle dans tous les sens avec un sol qui reste immaculé, les abdominaux en tablettes, des ralentis à outrance, une touche de fantastique, des effets spéciaux déroutants, le tout intégralement tourne sur fond vert et bleu digne des série B et une une bande son rock qui tient bien la route donnent á ce film une ambiance très particulière. C'est tellement exagéré que cela en devient beau.
C’est une œuvre barbare a regarder au premier degré. Adaptation d'un roman graphique décalé à l'esthétique léchée et, pour peu qu'on accepte de le voir en tant que tel, c'est une réussite.

PS: Ce film avec son caractère ultra gay, son sexisme, sa xénophobie, son ethnocentrisme, pimenté de phallocratie et d’androcratie soutenu par des scènes érotiques est à réserver à un public averti.

Bon débat

Jérémy 19/08/2008 01:19

Superbe réflexion...

Ce '300' me pose quelques questions aussi... Moi quand je suis sortit de la salle, j'étais en colère, en fait. D'abord, purement visuellement il y a des choses que ne trouve pas si extraordinaires que ça - bien qu'un énorme travail visuel ait été effectué je suis d'accord... Mais le vrai problème c'est bien ce que raconte l'histoire. Je n'y ait pas vu de références à Bush ou l'Irak (je rejoins Ashtray), mais seulement une œuvre violente qui m'a parut presque gratuite. Je trouve que l'approche de la violence n'est pas la même par exemple avec 'Sin City', où le côté purement fictionnel descend tout au second degré. Ici les bases historiques me gênent, bien que tout soit comme "sublimé" (je suis bien conscient que les Oliphants n'existent pas même dans l'antiquité !). En fait, à la sortie de la salle, j'étais un peu dans le même état d'esprit que si j'avais vu un documentaire poignant sur une vraie guerre, avec des images choc, etc...
J'ai pas pris '300' à la bourrin, et c'est peut-être mon problème. Et tu le dis très bien : je pense vraiment que le film n'est à voir quand dans l'optique d'une adaptation de comic-book... enfin faut-il encore y arriver !

En tout cas merci de partager tes réflexions, c'est vraiment très très intéressant.

startouffe 12/11/2007 23:05

Alors, pour vous répondre à tous les deux, mais surtout à toi Ashtray, je conçois que toute cette discussion sur le sens profond de "300" reste au fond assez secondaire. On peut se mater le film et bien prendre son pied tout en laissant cette question des sous-entendus de côté : là-dessus on est bien d'accord.

Néanmoins j'avoue que creuser la question n'est pas totalement inutile. Car, en effet, il y a quand même quelque chose de choquant dans ce "300", quelque chose de génant auquel on a tous sûrement été sensible en regardant ce film... Or, il me semble intéressant de constater que le film, à bien le regarder, est moralement ambigu. Cayoux parlait d'eugénisme, mais il est vrai qu'il y a pas mal de trucs douteux dans ce film, et j'avais vraiment envie de faire le point là-dessus. Comme le résultat me semblait pas totalement insensé je me suis permis de vous le faire partager...

Bref voila, c'est vrai que ce regard n'est pas indispensable au film, mais il permet quand même d'en apprécier une autre de ses dimensions, pas tant en décalage que cela avec la réalité dans la mesure où ce "300" est sortie en plein moment où les théories fumeuses d'Huntington concernant le "choc des civilisations" commençaient à se faire pleinement connaître de par le monde, et surtout aux USA.

En tout cas merci de porter ce regard avisé sur ces fulgurances que je publie parfois comme ça, j'avoue que ça m'excite un petit peu les méninges ce qui est vraiment plaisant en ces temps de disettes cinématographique. Merci donc et n'hésitez pas "à pulluler" sur ce blog ;)

cayoux33 11/11/2007 14:22

300 est, c'est vrai un exellent film ... Mais c'est vrai que on pourrait interprèter aussi 300 comme une mise en valeur de l'eugènisme : les bébés qui paraissent faibles sont tués, mais aussi on pourrait y interprèter des race supérieurs ( les spartiates ) et des races inférieures ( les perses ) caricaturisés.
C'est l'oeuvre de Miller qui reflètait ces pensées ...

Ashtray-girl7 19/10/2007 13:33

Je resterais sur ta dernière phrase: "300 est à mille lieues des films spectacles que nous propose habituellement Hollywood et c’est ça qui en fait un film vraiment intéressant". Oui, je pense que c'est l'essentiel à retenir de ce film. Visuellement, c'est electrisant. Une réussite.
Après, concernant toutes ces théories pro-Bush et tout le bazar, difficile de se prononcer, dans la mesure où, tu le soulignes d'ailleurs, la BD de Miller a été conçue bien avant le conflit actuel. Je pense, pour ma part, qu'il ne s'agit là que de la vision d'une antiquité fantasmée par Miller, un brin caricaturale sans doute, comme souvent dans la culture comic-book d'ailleurs, et que le débat s'arrête là.
D'autres films sont sortis ou vont sortir autour de la guerre en Irak autrement moins ambigüs sur leur propos: prenons "Le Royaume", par exemple...
"300" est une adaptation graphique relatant une histoire antique teinté d'heroic fantasy. Rien de plus, à mon sens.

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