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16 mai 2006 2 16 /05 /mai /2006 20:15

Cela fait maintenant quelques temps que je ne peux m'empêcher de m'interroger sur la qualité de notre cinéma français. Quand je vois à quel point d'autres cinémas comme ceux du Japon, de Corée ou même de Chine, savent sans cesse se réinventer et apporter quelque chose de neuf à l'univers du cinéma, j'en viens sans cesse à me demander ce que nous, Français, apportons de neuf aujourd'hui. Même si l'hexagone a su produire ses derniers temps quelques bons produits assez exotiques comme OSS 117, Enfermés dehors ou encore l'étonnant Renaissance, on peut quand même être en droit de s'apitoyer du conventionnalisme et surtout du manque affligeant de renouvellement que nous offrent aujourd'hui les dernières productions françaises. Quatre étoiles, Fauteuils d'orchestre ou encore Le temps des porte-plumes, voila autant de films qui ressassent sans cesse les mêmes thèmes, les mêmes idées, les mêmes personnages… Soit on se retrouve dans un catalogue d'images nostalgiques poussiéreuses, un peu dans la lignée des Choristes, soit on nous rabâche les mêmes questions du mal-être social qui étreint Français lambda, non sans nous faire éviter un certain nombre de poncifs du genre. Bref, reconnaissons-le : ce cinéma est devenu tellement répétitif et monocorde qu'il en est devenu royalement chiant.

                                      

Si au fond chacun de ces films français n'est pas forcément mauvais en soi (ce n'est pas ce que cherche à démontrer cet article), il est tout de même gênant de constater que, dans l'ensemble, ils témoignent tous d'une relative fermeture sans cesse plus forte. Il est quand même bien dommage que désormais en France, le qualificatif « Film d'auteur » soit devenu un doux euphémisme pour désigner un film chiant. Où est donc passé le cinéma de genre à la française qui faisait tout l'attrait de notre septième art ? Où est passé l'esprit révolutionnaire d'un Godard, d'un Verneuil ou d'un Melville ?

                                    

Ce qui est vraiment horrible à constater, c'est que le cinéma n'est pas en train de dépérir faute de nouveaux auteurs ou de nouvelles idées ! Eh oui ! C'est là qu'est tout le drame. A bien y regarder le cinéma français est encore aujourd'hui capable de produire de véritables nouveaux courants : il suffit de repenser à Jean-Pierre Jeunet, au Pacte des Loups de Christophe Gans, ou encore au récent Calvaire de Fabrice Du Welz pour constater que les auteurs prêts à relancer le nouveau cinéma de genre à la française sont là. Mais ce qui est navrant, c'est qu'aujourd'hui un Jean-Pierre Jeunet soit obligé de passer chez Warner pour produire un film et qu'un Christophe Gans soit maintenant contraint de s'exiler au Canada pour continuer à œuvrer dans sa voie si atypique. Et encore, on ne cite que ces deux là qui au fond ont réussi à percer, mais on oublie tous les réalisateurs prometteurs qui étaient prêts à apporter leur grain de sel mais qui finalement ont vu leur entreprise tomber à l'eau faute de producteur. On pourrait penser au Bloody Mallory de Julien Magnat, qui aurait pu être une bouffonnade vraiment tripante si seulement le film n'avait pas était fait avec les moyens du bord…

                      Christophe Gans (réalisateur).             

                                           (Christophe Gans et Jean-Pierre Jeunet)

A bien y regarder, si notre cinéma français aujourd'hui se meurt dans un monolithisme des plus austères, c'est de la faute de producteurs frileux et conservateurs. Si aujourd'hui un cinéma comme celui en provenance de Corée parvient à se développer et à se diversifier, c'est essentiellement parce que de ses producteurs osent investirent dans des projets aussi divers que variés. Pour peu que le film soit susceptible de rencontré un public, et donc de remporter de l'argent, on produit. Certes, les films ne sont pas toujours bons, mais au moins on assiste à une augmentation du capital du cinéma en général et à une diversification des genres : deux conditions qui ne peuvent que favoriser l'éclosion de nouveaux talents et de courants novateurs. Ainsi, sur les deux dernières années, le cinéma coréen peut se vanter d'avoir produit des films de rayonnement mondial dans la plupart des champs d'exercice connu. En effet, on retiendra par exemple le grand prix du jury obtenu à Cannes par Old Boy, le grand prix du festival de Gérardmer pour Deux Sœurs, et on ne saurait ignorer les récents chefs d'œuvres de Kim Ki-Duk comme Locataires ou encore Samaria. Le cinéma coréen peut aussi se vanter d'avoir produit des films de science-fiction (Natural City) ou d'animation (Wonderful Days) qui, bien que plutôt légers sur le plan du scénario, ont déjà tout des grands sur le plan du savoir-faire.

                                Affiche coréenne. Pretty Pictures

Malheureusement, cette façon de penser qui prévaut dans la plupart des pays de fort rayonnement culturel comme les Etats-Unis, le Japon ou même encore la Chine, ne se retrouve pas chez les producteurs français. En France, on n'apprécie pas les films en fonction du public qu'il est susceptible de rencontrer, mais on les juge en fonction d'un système de valeurs qui a tendance à dénigrer le grand spectacle populaire. Si bien que la production française dans son ensemble préfère au final miser sur des valeurs sûres, sur des noms qui ont déjà fait leurs preuves, pour se décider à avancer vraiment leur jetons. Ainsi retrouve t-on sur les affiches souvent les mêmes figures : les Danièle Thompson, les Claude Miller ou autres Agnès Jaoui… En somme ces choix frileux de producteurs conduisent à une sorte de conservatisme pesant qui nuit au fond gravement à la diversité de notre cinéma.

                                       

                                                  (Claude Miller et Agnès Jaoui)

Cependant, il ne faut pas être dupe non plus. Cette frilosité du monde des producteurs n'est en fait que la partie immergée de l'iceberg, car c'est d'un mal bien plus profond dont souffre notre cinéma. Il suffit de regarder une cérémonie des Césars pour comprendre la vraie nature du problème. Sans cesse, on voit les mêmes figures issues de notre septième art, qu'il s'agisse de Sabine Azéma, de Lambert Wilson, ou encore d'Agnès Jaoui, venir conspuer les gouvernements successifs qui cherchent à attenter aux privilèges royaux dont bénéficie encore aujourd'hui le monde du cinéma en France. Si les statuts d'intermittents permettent effectivement dans un sens de faire survivre des métiers et des professions du septième art, d'un autre côté il transforme notre cinéma en cinéma d'assistance totalement déconnecté des règles du marché. Ce dernier terme, « marché », fera peut-être sauter plus d'un d'entre vous de votre fauteuil, pourtant ce sont bien les principes de marché et de concurrence qui permettent de réguler sans cesse l'offre à la demande, et dans le cadre du cinéma de pousser les producteurs vers ce que veut le public, c'est-à-dire du neuf.

                          2003 Productions / Warner Bros. France 2004

En somme, arrêtons de nous laisser prendre par ces discours qui prétendent défendre une soi-disant exception culturelle, car il s'agit bien pour ceux qui les prononcent de défendre leur pré carré et leur façon très bobo de percevoir le cinéma. Il suffit de regarder des films comme Fauteuils d'orchestre, Peindre ou faire l'amour ou encore La petite Lili pour se rendre compte que la plupart des considérations mis en avant par ce cinéma là est totalement déconnectée de notre monde et ne fait que répondre à des interrogations pompeuses d'un univers d'artistes mondains. C'est avec des films de ce genre que l'on ne peut que constater la crise de notre cinéma qui, à des lieues de son faste passé, est aujourd'hui en train de plonger dans une spirale négative de déconnection avec la société, de fermeture sur soi.

                                

Cependant n'allons pas trop vite en besogne : le salut du cinéma français ne dépend pas de l'éradication du cinéma d'auteur, bien au contraire ! Seulement, sa capacité de régénération et de développement ne peut passer que par la diversification des voies qu'il emprunte et aussi par un accroissement de son capital. Sur ce point, certains seront peut-être surpris mais il y a vraiment un homme qui œuvre pour dans ce sens (accrochez-vous à ce que vous pouvez) : c'est Luc Besson. A ce stade de la lecture, j'imagine déjà quelques uns en train de composer un commentaire plutôt salé conspuant cette idée que Luc Besson, au travers de ses productions de nanars, puisse devenir le sauveur de notre cinéma national. Seulement à bien y réfléchir, en produisant des films comme le Transporteur ou autre Yamakasi, Besson se contente juste d'appliquer à la lettre l'état d'esprit des autres cinémas dynamiques du moment : « s'il y a un public potentiel, on produit ».

                                   Frédéric Diefenthal, Samy Nacéri et Gérard Krawczyk, le réalisateur de

Certains ne voient certainement toujours pas en quoi Europa Corp va permettre une dynamique qualitative de notre cinéma, car il est vrai qu'il n'y a vraiment pas de quoi être fier de Yamakasi, cependant l'effet positif est double. Le premier, c'est que le public de base qui demande des produits de base comme le Transporteur n'a plus besoin d'avoir recours à une culture d'importation : maintenant il dispose de sa propre mass-culture dans laquelle il s'identifie mieux. Le second, c'est que cet apport de capital que génèrent ses productions donne le pouvoir à Europa Corp de s'oser à des investissements risqués et d'ainsi permettre à certains films marginaux de voir le jour. Ne l'oublions pas, mais c'est à Europa Corp que nous devons le dernier film de Tommy Lee Jones, mais aussi le dernier film de Dai Sijie, les Filles du botaniste. Qu'on le veuille ou non, Europa Corp est aujourd'hui la boîte de production française le mieux en mesure de produire un gros budget dans les années à venir. Jean-Pierre Jeunet, lors d'une émission sur Canal + intitulée « L'Hebdo du Cinéma » avait clairement fait savoir qu'il soutenait l'entreprise de Luc Besson car il serait aujourd'hui le seul français à accepter sans sourciller de financer son prochain film.

                  

J'espère donc que cet article aura su susciter le débat dans votre esprit et que désormais le regard que vous portez sur le cinéma français et ses principaux acteurs a changé. Maintenant, si de votre côté vous n'arrivez pas aux mêmes conclusions que moi, ceci est un blog, et je me ferai un plaisir de recueillir vos observations. Je tiendrai seulement à préciser dans quelques dernières lignes que le sentiment qui anima la rédaction de cet article n'était pas celui d'un quelconque mépris vis-à-vis du cinéma d'auteur français (« déception » correspondrait mieux). De même, mon souhait de revoir le cinéma français refleurir ne répond pas d'un esprit chauvin, mais bien d'un désir de voir la plus grande diversité culturelle animer ce monde aussi riche que passionnant qu'est le septième art. Je conclurai donc par ces mots : vive la diversité ! Vive le cinéma !



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commentaires

Le Nouveau Cinéphile 17/10/2015 01:31

Je sais que cet article a 9 ans, mais je ne peux m'empêcher de penser qu'il n'a (hélas pour notre cinéma national) rien perdu de son actualité. Oui, le cinéma français se porte mal, on fait toujours la même chose, et c'est dommage.

Il y a toujours quelques signes d'espoir cependant, comme ceci: http://www.allocine.fr/diaporamas/cinema/diaporama-18635092/

Franchement, des super-héros français, est-ce que ça n'est pas potentiellement génial comme idée?

L'homme-grenouille 24/10/2015 10:24

C'est vrai que ça a l'air excitant. Mais se posent du coup plein de questions. Qui produit ? Comment on va produire ? Que vaut le réalisateur ? Si le film est laissé seul à lui-même, devant combattre la rigidité du système français, on risque de tomber sur une sorte d'Eden Log : un film plein de promesses, fait avec des bonnes intentions, mais mal gaulé parce que mal filmé, mal écrit et mal financé. Qui est d'ailleurs ce réalisateur, Julien Mokrani ? Il n'a fait que des court-métrages. Peu d'expérience. Peut-être un gars qui sera dépassé par le modèle économique et technique du long-métrage... Peut-être que son envie de convaincre va se traduire par un conventionnalisme forcené dans lequel il n'osera exprimer aucune sensibilité. Bref, il y a quand même beaucoup d'incertitude sur ce projet, comme souvent concernant le cinéma français dès qu'il sort de ses clous...

Alors attention, qu'on ne me fasse pas dire ce que je n'ai pas dit. Je ne dis pas que le film ne pourra qu'être pourri. Je dis juste seulement que, parce qu'il est audacieux (audacieux pour la France je précise : car aux Etats-Unis, en Corée, voir au Royaume-Uni, ce film ne l'aurait pas été), ce film va se retrouver confronté à un paquet de contraintes qui ne vont pas l'aider. Le fait d'avoir une équipe peu expérimentée ne va notamment pas aider (...parce que oui, qui va se risquer dans le cinéma français dans un projet pareil ? Seuls des petits jeunes prometteurs ou des mecs en manque de taf vont rejoindre le projet).En gros, en France, le seul espoir, c'est que Besson traine derrière et laisse de la marge de manœuvre. Parce que Besson a le personnel, il a le savoir-faire, il a le pognon, il saura trouver les équipes techniques nécessaires, et opérer les ajustements nécessaires. Après, il faut que le gros Luc reste suffisamment loin du projet pour éviter de le formater dégueulassement comme il le fait d'habitude.

Enfin bon, pour le moment tout ce que je dis est de la belle spéculation. Le truc le plus pertinent à dire pour le moment c'est : wait and see...

ideyvonne 23/02/2009 18:23

Cinéma Cinéma ...Article très intéressant et qui montre combien nous sommes souvent déçu des productions cinématographiques françaises. Personnellement j'en suis arrivée à "zaper" ce qui sort en France car il n'y a pas grand chose d'intéressant à se mettre sous la dent. Le problème dans le Cinéma (en général) c'est qu'il faut qu'un film deviennent "rentable" et c'est là où tout le monde se trompe. Ne devrait-t-on pas considérer le cinéma comme un moyen de se divertir, de penser, de faire suggérer ou faire prendre conscience des choses... Encore combien d'années à attendre pour voir un chef-d'oeuvre français?

Darkskywalker 26/04/2008 17:07

Je n'ai jamais été un grand défenseur du cinéma français et ton article rejoint mon avis sur la situation actuelle, à savoir que le cinéma français est en train de s'enfermer dans une spirale trés néfaste où la diversité va devenir un concept de plus en plus lointain.

L'énorme succés de Bienvenue chez les ch'tis ne va malheureusement sans doute pas faire pencher la balance du bon côté tout comme celui des Choristes autrefois. Même si je n'aime pas la manière de produire de Luc Besson (que je préfèrais soit dit en passant largement comme réalisateur), il fait néanmoins parti de ces quelques personnes qui font bouger le cinéma français. Cela me rappelle une interview de Christophe Gans qui disait que même s'il n'appréciait pas sa façon de concevoir les films, Luc Besson était sans doute l'une des personnes sans qui le pacte des Loups n'aurait jamais pu voir le jour.

Christophe Gans qui malgré le succés du Pacte des Loups n'avait même pas pu réaliser l'adaptation de Rahan et s'était trés logiquement tourné vers l'étranger où se trouve beaucoup plus de potentiel et de libertés. Un principe parfaitement compréhensible et qui se généralise de plus en plus, Hollywood recrute massivement et n'hésite donc pas à employer les cinéastes français en quête de nouvelles expériences.

Il y a bien quelques lueurs d'espoirs: tu as cité le long métrage d'animation Renaissance. J'avais tellement attendu ce film qui apportait enfin du neuf dans le cinéma français que j'avais été quelque peu déçu, l'ensemble étant moins original et surtout moins abouti que ce que j'aurais espérer, surtout comparer aux promesses un peu trop grandes du réalisateur. Mais le film avait néanmoins été un agréable moment dont j'espérais qu'il serait suivi par d'autres projets de ce genre (l'animation étant aprés tout un genre de plus en plus courant au cinéma et dans lequel les français sont loin d'être des inconnus)

je pense aussi également à Ne le dis à personne et son succés surprise et mérité, vu les difficultés qu'avait rencontré Canet pour tourner un film qui ne s'inscrivait pas dans un genre comique.

Sincèrement, les réalisateurs français ne manquent pas de talent, mais c'est bien le cinéma français (ou son industrie) qui manque d'ambition et d'ouverture. J'espère réellement une amélioration de la situation mais j'ai peu d'espoir en la matière et je préférerais largement que le cinéma asiatique bénéficie d'une plus grande distribution que voir bienvenue chez les ch'tis occuper les salles obscures pendant des mois.

Récemment, j'ai quand même vu la Môme dont j'ai grandement apprécié la mise en scène mais quand on voit que la récompense va à la réalisation de la graine et le mulet...

Stonyboy 30/03/2008 21:49

Nécroton post a beau avoir été écrit il y a presque 2 ans, il est malheureusement toujours d'actualité. je ne peux qu'appuyer ta position et ça risque d'empirer d'autant que les sorties françaises pullulent d'œuvres pseudo intello intimistes (La graine et le mulet, Les chansons d'amour me viennent par exemple à l'esprit) plus ou moins imbuvables et que les seuls vrais succès du box-office (Les Chtis, Astérix 3) sont d'une médiocrité accablante.

Snifff 25/04/2007 16:08

Elle est compliquée la production cinématographique française aujourd'hui. C'est vrai que je suis assez d'accord pour dire, que le cinéma français est très répétitif, que ce soit dans les films d'auteurs ou les comédies. A part les exceptions déjà citées : OSS 117, Enfermés Dehors (que j'ai revu hier). L'année dernière il y a eu Je vais bien, ne t'en fais pas, qui était un bon film d'auteur français. La science des rêves aussi, mais c'est un cas à part. Un long dimanche, c'est une production américaine, donc cas à part.

Evidemment que Les Choristes a nuit involontairement, il a lancé une mode de film grand public inintéressant autant dans le fond que la forme. Pour L'Esquive, c'est vrai que le film est audacieux, mais je n'ai pas accroché. Fauteuils d'orchestre, j'ai trouvé ça d'un ennui terrible. Je n'avais pas la banane après. Le Pacte des loups, je ne trouve pas ça exceptionnel. Mais le cinéma français n'est pas mort, il y a de bons films dans différents registres. OSS 117 a relancé la comédie "intelligente" et me rappelle de Broca, Audiard fait de très bons film. Noé ose, le prochain Corneau va être énorme. On a Klapisch, qui fait de bons films populaires. Canet relance le divertissement avec Ne le dis à personne. Besson amasse de l'argent et produit en parallèle de très bons films (3 enterrements). C'est un sujet compliqué, mais je crois pas que le cinéma français soit mort, même si la majorité des films n'apportent pas grand chose (c'est pareil partout, rassurez-vous).

loic 08/07/2006 16:39

il é bien notre cinéma francais lol

Matcheu 04/07/2006 14:24

C'est assez étrange... Paradoxalement, j'aime le cinéma français, et en même temps je suis plutot d'accord avec toi.
D'une certaine manière, je ne suis pas (encore?) lassé du côté parfois bavard et caricatural du cinéma français tout en espérant un renouveau.

Cependant, je me pose une question: un cinéma caricatural qui tourne en rond... c'est pas la vision en négatif de l'exception culturelle?
Je veux dire que, quand on aime une certaine forme de cinéma, on est pas géné par la réutilisation des codes voire des clichés. On parle d'exception culturelle... quand on aime pas, on dit que ça tourne en rond.

L'important, au fond, c'est qu'on parle de "cinéma français" en tant que catégorie (et non pas en terme de simple nationalité).
Après, on aime ou non, tout est question de subjectivité...

(Désolé si je ne suis pas très clair, l'étroitesse de la fenetre fait que j'ai du mal à me repérer dans ce que je dis...)

Mais en tout cas, bon article, comme la plupart sur ce blog! :)

Dark_clem 22/06/2006 13:04

Tout à fait d'accord avec toi !
Je n'aurais pas dit mieux

Startouffe 21/06/2006 00:16

Briévement en réaction au deuxième message laissé par Flav... C'est marrant que tu évoques Gaspar Noé parce que je ne peux pas le voir en peinture ce mec!! A mes yeux ses films sont de vastes impostures. Je serais d'ailleurs curieux de savoir ce que tu lui trouve à ce bonhomme... ;)

Startouffe 15/06/2006 17:48

Réponse à FlavPour répondre à Flav (en essayant d'être plus court que pour 2001 ;)!), je dirais qu'effectivement "l'Esquive" a le mérite d'emprunter une démarche peu commune. Seulement, le reproche que moi je lui ferais, c'est d'être au fond plus ou moins vide, et donc assez rasoir… Disons que, ce qui me désole surtout pour ce film, c'est qu’il ait été porté en triomphe par le milieu mondain du cinéma, l'érigeant comme une merveilleuse oeuvre sociale qui offre un nouveau regard sur le monde d'en-bas! Moi je suis désolé, mais si ces gens veulent un regard de ces quartiers là, qu'ils s’y déplacent!!! ...parce qu’honnêtement à part le « plaisir » de découvrir la banlieue pour ceux qui ne connaissent pas, y’a rien dans le film… à peine une histoire de midinette vraiment fade ...A mes yeux pas de quoi grimper au rideau…

Pour « Fauteuil d’orchestre » le problème est différent. Je suis tout à fait d’accord avec toi quand tu dis que c’est un film sympathique qui a pour simple vocation de refiler la banane. …Et ce n’est pas retourner ma veste que de le dire! J’avais laisser une critique sur Allociné à ce sujet et c’est ce que je dis dedans. :) Seulement voila, moi je suis du genre à aller au cinéma 3 à 5 fois par semaine, et quand je rentre dans une salle obscure pour me taper un film que j’ai déjà vu mille fois, tu comprendras que la banane ne vient pas forcément, même quand c’est du spectacle honnête… C’est ça moi que je reproche au cinéma français, c’est qu’au fond il nous refourgue sans cesse les mêmes sujets, sans cesse les mêmes intrigues, et voire même sans cesse les mêmes acteurs ! C’est en ça que « Fauteuils d’orchestre » stigmatise un peu à mes yeux l’atonie actuelle du cinéma français…

Voila ! En tout cas je suis ravi de voir une telle effervescence sur cet article ! Allez y ! Lâchez-vous ! Chacun de vos commentaires est un vrai plaisir à lire et me permet ainsi d’enrichir mon point de vue sur la question ! Continuez ainsi, c’est un plaisir :) !

Flav43 13/06/2006 10:13

Tu as oublié Gaspar Noé en réalisateur français. Lui on peu dire que c'est pas mondain et que "Irreversible" propose une vértiable révolution tant dans la forme que dans le fond abordé. Enfin, je pense !

Flav43 13/06/2006 09:49

Je ne suis pas d'accrod avec toi sur "L'Esquive" et "Fauteuils d'orchestre" même s'ils n'apportent rien de nouveau ( sauf "L'Esquive", donne moi l'exemple d'un film lui ressemblant.. ), "Fauteuils d'orchestre" n'a pas de prétention autre que de nous donner la banane une fois sorti du ciné. Par contre c'est juste qu'aujourd'hui, cinéma d'auteur français = film chiant !

Startouffe 12/06/2006 23:34

Merci à tous!Merci à vous tous pour vos commentaires! Pour répondre à celui laissé par Brad, j'utiliserai la réponse d'Anya en disant que ma maigre culture en cinéma français (qui s'explique par ma méfiance permanente envers les nouvelles productions héxagonales) ne me permet pas vraiment de disserter sur la plupart des films que tu as cité. Cependant ta remarque, cher Brad, ne rentre pas forcément en contradiction avec mon constat : je pense que le cinéma d'auteur français est capable de bonne chose. Seulement c'est l'absence d'autres genres autour qui me navre vraiment, et me conduit au final à m'écoeurer d'un cinéma qui m'apparaît comme tournant en rond.

De même, je vous suis tous quand vous soulignez la belle réussite de films comme "OSS 117" ou encore des "Brigades du Tigre"... Moi je ne regrette au fond qu'une chose : c'est que ces tentatives ne soient que trop rares et isolées. ...Quoi que... Il est vrai qu'en ce moment il n'y a pas trop de quoi se plaindre. Assiste-t-on enfin au regénérescence de notre cinéma? ...Sur ce plan là je reconnais que vous avez peut-être bien raison... ;)

Enfin bon, c'est vrai qu'en lisant Barish et Anya, qui évoquent la délicatesse du cinéma asiatique ou encore des pures merveilles comme "Lost In Translation" ou "Eternal Sunshine", je me dis qu'ils sont quand même encore bien rares les films français qui parviennent à se transcender à un tel niveau (A part Jean-Pierre Jeunet, j'ai du mal à voir...) Enfin, soyons patient et cela finira sûrement par venir. Qui sait? Peut-être plus tôt qu'on ne le pense!

En tout cas merci pour vos commentaires, c'est un réel plaisr à chaque fois d'en découvrir de nouveau, alors n'hésitez pas! :)

Anya 08/06/2006 19:55

Quel article en effet, très pertinent et clair.
Je ne suis pas assez calée en cinéma français pour faire des références et donc dire si tu as raison ou pas. Cependant, pendant longtemps, le cinéma français avait pour moi cette image très rasoir de film dont les personnages ne font que parler devant un verre ou à table.
Mais il est vrai aussi que cette tendance de copiage du "dernier film qui marche", comme le dit Barish est de plus en plus présente ce qui est dommage étant donné la richesse de notre culture, de notre vision du monde "différente des States" je dirais, il nous est offert tellement de possibilités !
Les Asiatiques font souvent ce cinéma éthéré et très peaufiné esthétiquement, parce que la retenue et le soucis du détail font partie de leur culture. Mais nous aussi nous avons nos atouts ! Il a été montré que les cinéastes français maitrisaient apparemment la comédie, mais dans d'autres registres en effet, ils n'arrivent pas à se renouveler.

Et je suis d'accord avec toi quand tu dis que quelque part, c'est la faute des maisons de production qui n'osent pas apporter leur soutien aux oeuvres nouvelles et originales.

Je ne sais pas où serait la solution à tout cela, il semble qu'il y aurait un système, quelque part, à revoir.

Très bon article encore une fois, bravo !

barish 05/06/2006 09:51

le cinéma français procede un peu selon moi , sur le emme systeme que les états unis : exemple : "les choristes" ont cartonné ; resultats on produits es films du meme genre : "le temps des portes plumes" , "les aiguilles rouges" etc... aux états unis scarie movie marche fort , on produits sexy movie , une crétinerie absolue !!!. seul quelques exceptions font esperer que cela passera avec le temps : "calvaire" , "oss117" ," enfermés dehors" affirme leurs originalité et sa marche. Comme aux usa , les formidables films independants tel que : "lost in translation" ," eternal sunshine..." , "sideways" .

brad91 01/06/2006 09:49

c'est pas totalement faux., mais...Et bien quel article !!!!
Tu n'y vas pas de main morte !
Cependant, je ne suis pas tout à fait d'accord avec toi. En effet, je ne pense pas que le cinéma français tourne en rond. Il suffit de voir la qualité de certains films comme Gentille, Crustacés et coquillages, La boite noire ou encore Les amants réguliers et Le temps qui reste l'année dernière. ces films témoignent d'un vrai regard d'auteur et ne prennent pas le spectateur pour un imbécile. Au contraire meme. Il y a donc encore des producteurs qui ont le courage de financer un cinéma exigeant.
Cette année, Les brigades du Tigre, OSS 117 sont deux exemples de grosses production parfaitement réussies. Dommage d'ailleurs que LBDT n'ait pas fonctionner au box office car c'est un vrai bon film populaire avec un message cohérent et une interprétation parfaite.
En revanche, je suis d'accord evec toi et la médiocrité des films qui "marchent" actuellement et qui favorisent donc la production de ces films insipides. Je pense notamment à fauteuils d'orchestre, Je vous trouve tres beau notamment...
Néanmoins, il ne faut pas oublier que ce sont cesmauvais films qui permettent le financement de films plus ambitieux grace à la TSA.
Enfin, je suis entièrement d'accord sur ton analyse concernant Besson. Il a une liberté totale et n'hésite pas à produire des films risqués. Cela lui est possible grace aux succès du Transporteur ou autre Yamakasi.
Donc oui, il représente l'avenir du cinéma français, meme si ca dérange pas mal de personnes.

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