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26 novembre 2006 7 26 /11 /novembre /2006 21:28

  Tiens donc ! Un article sur un film encore en salle ?! Eh oui, en effet, c'est une première à laquelle je me risque ici, et cela pourra surprendre ceux qui connaissent le principe de ce blog qui repose bien plus sur l'analyse que la critique. A vrai dire, je me suis toujours plus ou moins interdit de publier des articles sur des films encore en salle et cela pour deux raisons bien faciles à comprendre. La première, c'est que j'estime que pour faire ce type d'article, il faut parvenir à se convaincre que la substantifique moelle de l'œuvre nous apparaisse clairement, ce qui n'est jamais vraiment faisable sans un certain recul. La seconde, plus évidente encore, c'est que je ne désire pas qu'un lecteur qui hésite à voir le film lise l'article et se voit révélé jusqu'à la moindre ficelle du film : ce serait cruellement le priver du plaisir qu'il aurait pu avoir à découvrir le film par lui-même.

                            Affiche française. Warner Bros.

  Alors pourquoi avoir franchi le pas avec ce Prestige ? Là encore c'est tout simple. D'une part, c'est parce que le propos de ce film est d'une remarquable limpidité, si bien que la démarche globale m'est apparue immédiatement. D'autre part c'est parce que ce film, à ce que j'ai pu lire et entendre, ne semble pas être forcément compris ou apprécié pour ce qu'il est vraiment. D'où cette conviction qu'un article portant sur ce Prestige ne porterait pas forcément préjudice à ce chef d'œuvre. C'est après tout le principe de ce blog que d'essayer de réhabiliter des films jugés trop hâtivement par les spectateurs. Donc pour une fois, autant chercher à réparer les préjugés pendant que le film soit encore en salle !

                            Christian Bale. Warner Bros. France

  Cependant, vous le comprendrez bien, un pareil exercice sur un film encore en salle m'oblige à quelques prudences pour éviter que, malgré tout, malgré mes avertissements, certains se risquent quand même à lire cet article sans pour autant avoir vu le film ! C'est pour cela que je vais me faire plus flou que d'habitude afin de ne pas trop en dire, tout en essayant de faire preuve d'une certaine précision pour que, quand même, les septiques (et même les autres !) aient une chance d'être convaincu. En somme, histoire de bien mettre les choses au clair : cet article se destine essentiellement à ceux qui ont vu le film, qu'ils l'aient aimé ou pas (surtout à vous, les septiques !!!), mais aussi aux hésitants, ceux qui n'entendent pas vraiment se risquer pour voir ce film. Pour ces derniers, j'espère aussi vous convaincre que ce Prestige est un chef d'œuvre qui mérite plus d'un détour.

                                Hugh Jackman et Christian Bale. Warner Bros. France

Deux magiciens pour un même tour.

  Le « prestige » est le nom donné au troisième acte d'un tour de magie en représentation. Le premier acte, la promesse, consiste à faire constater par les spectateurs que tous les éléments utilisés dans le tour sont réels et bien normaux, afin de donner encore plus de dimension au tour qui va suivre. Le deuxième acte, le « tour » consiste à faire disparaître l'objet observé, ou le magicien lui-même, tout ceci devant se faire avec une indispensable mise en scène qui conduit le spectateur à interroger sa logique et ses certitudes. Mais ces deux actes n'auraient aucune force s'il n'y avait pas un troisième acte, ce fameux « prestige ». Cette dernière étape consiste  à faire réapparaître ce qui semblait irrémédiablement disparu. Bien sûr, précise-t-on, tout n'est qu'illusion et le public le sait, mais le but du tour de magie n'est pas de se faire passer pour vrai, mais de susciter sans cesse l'interrogation du « comment ». C'est en cela que le secret est essentiel dans la magie, car dès lors que le secret du tour est révélé, la magie perd tout son pouvoir et du même coup son intérêt. C'est ainsi que, dès le début du film, Cutter – l'expérimenté magicien brillamment interprété par le majestueux Michael Caine – nous présente le principe fondamental d'un tour de magie. Dès l'introduction, ce film Le Prestige nous dévoile une armature sur laquelle va se construire toute la démarche de l'auteur, Christopher Nolan.

                           Michael Caine. Warner Bros. France

  L'histoire qui va en effet être relatée dans ce Prestige est celle de deux grands magiciens, de loin les plus prestigieux de Londres en cette période de fin XIXème  siècle, qui vont s'autoriser les pires vilainies pour surpasser l'autre en talent, allant jusqu'au meurtre de l'un par l'autre. L'intrigue commence en effet dès le départ par la comparution du premier de ces magiciens, Alfred Borden (interprété par Christian Bale), qui est accusé d'avoir tué son grand rival alors que celui-ci était en pleine représentation, le grand Robert Angier (interprété quant à lui par Hugh Jackman). Bien que l'identité du coupable et son motif semblent sans équivoque possible, quelques incohérences empêchent de comprendre comment Borden s'y est réellement pris. C'est que le meurtre a eu lieu pendant le plus grand tour d'Augier, un tour appelé « l'homme transporté » est dont personne ne connaît le déroulement ni les ficelles, sauf peut-être Borden. Résoudre cette enquête implique de connaître le secret de « l'homme transporté », or ni Cutter ni Borden n'entendent rompre cette déontologie qui consiste à révéler le secret d'un tour, car là se trouverait la mort de la magie en soi. C'est pourtant sur ce postulat implicite que le film va se construire – révéler le secret – en revenant sur l'histoire de ces deux magiciens d'exception qui, de partenaires vont, à la suite d'un drame, progressivement devenir les plus grands ennemis et rivaux du milieu.

     Christian Bale et Hugh Jackman. Warner Bros. FranceChristian Bale et Hugh Jackman. Warner Bros. France

 

  Ce qui fait la singularité de cette confrontation dans ce Prestige, c'est qu'elle repose sur la découverte du secret de l'autre. Le combat qui se mènent en effet entre les deux hommes est un combat de connaissance : l'autre se vainc en découvrant le secret de ses tours, tout en parvenant à garder le secret des siens. Ce combat entre Augier et Borden est d'autant plus farouche que les deux furent partenaires (qui plus est, formés par le même homme : Cutter), mais qu'en plus tous les coups sont permis pour démystifier le spectacle de l'adversaire devant les yeux de son propre public. C'est cette confrontation interminable qui va conduire les deux hommes à se concurrencer sur le même type de tour : un tour durant lequel le magicien parvient à disparaître d'un côté de la scène pour réapparaître instantanément de l'autre côté, défiant toute logique : un tour appelé celui de « l'homme transporté ». C'est autour de ce tour que va réellement se concrétiser la confrontation des deux hommes, et autour des secrets du tour de l'un et du tour de l'autre que va se construire l'intrigue du film.

                        Hugh Jackman. Warner Bros. France 

 

Deux secrets pour un même film.

 

  Toute l'intrigue du film repose donc sur le secret de cet « homme transporté ». C'est Borden qui mettra au point ce tour en premier et lui garantira l'espace d'un temps la suprématie sur Augier qui, bien qu'aidé du savant Cutter, ne parviendra pas à élaborer une technique qui permette le même type d'exploit. Augier mettra bien au point un procédé ingénieux qui lui permettra de faire face quelque instant mais Borden ne manquera pas de saborder l'astuce. Ce passage est essentiel dans la démarche du film, nous le verront par la suite. Le fait est qu'Augier finit lui aussi par mettre au point une nouvelle méthode de « l'homme transporté » qui elle aussi va s'avérer indéchiffrable pour son adversaire. Augier a beau toujours ignorer le secret de son rival, au moins est-il revenu à égalité en faisant que Borden ignore aussi le sien. Mais le plus faramineux à cette période de l'histoire, c'est que le spectateur lui se retrouve dans une position pire encore que celle d'Augier ou de Borden, puisqu'il ignore les deux secrets !

Hugh Jackman. Warner Bros. FranceChristian Bale. Warner Bros. France

  Deux secrets pour un même tour qui semble infaisable : le film ne peut qu'aiguiser notre curiosité jusqu'à la faire monter à son paroxysme. Bien que le film est été construit autour de la question « Comment Borden a-t-il tué Augier ? », le spectateur lui, à ce moment du film, ne se limite plus à ce simple mystère, mais aussi cherche aussi à connaître le secret de Borden qu'Augier nous a tant fait convoité, et le secret d'Augier que par la suite, Borden va également nous faire convoiter du fond de sa prison. En somme, le film comme le tour de magie, parvient à construire sa fascination autour du même principe : le secret. Et ce Prestige se plait à nous laisser languir dans cette situation pendant longtemps, l'accentuant sans cesse d'ailleurs en superposant les secrets les uns sur les autres : celui d'Augier sur celui de Borden, eux-mêmes se superposant sur le secret de base : « comment s'est déroulé le meurtre d'Augier ? ». A bien y regarder d'ailleurs, chaque nouveau secret apparaît à espace régulier au cours du film : celui du meurtre au début du film, celui de Borden dans le premier tiers, et celui d'Augier dans le deuxième tiers. En procédant ainsi, Nolan nous montre bien que toute la jouissance que l'on retire de son intrigue se trouve bien être dans le secret. Et pour nous le prouver, il va pousser la démarche jusqu'au bout : il va dans un dernier tiers faire se dissoudre tous les secrets par une vaste scène de révélation, et ainsi opérer une très risquée démonstration par l'absurde.

                                Scarlett Johansson, le réalisateur Christopher Nolan et Hugh Jackman. Warner Bros. France

 

L'essence de la magie est dans le secret.

 

  Le film énonçait dès son début, à travers les paroles de Cutter au tribunal, que la magie n'existait que par le secret. Si un tour est révélé, la magie tombe et n'émerveille plus. Nolan a l'audace de le prouver dans ce film en en faisant la démonstration. Après avoir passé deux heures à construire et enjoliver sans cesse les secrets de son intrigue, il opère, comme on l'attendait de lui d'ailleurs, une révélation finale où il offre au spectateur le secret de chacun sur le tour de « l'homme transporté ». Certes, on attendait pas moins d'un film à intrigue qu'il nous apporte la clef du mystère à la fin ! C'est la seule différence qui s'opère d'ailleurs entre le film et le tour de magie : le film doit révéler son truc à la fin sinon c'est trop facile, car l'habilité du conteur consiste justement à démontrer qu'on peut créer un dénouement logique à une intrigue qui pourtant semblait insurmontable. C'est là que repose la difficulté du film, et c'est sur la cohérence de la résolution que le spectateur jugera de la qualité de l'intrigue. Cependant, avec ce Prestige, Nolan va chercher à nous démontrer que, certes, c'est la révélation qui va permettre au spectateur de juger de la qualité de l'intrigue mais qu'au fond, ce qui lui aura fourni du plaisir, ce ne sera pas la résolution de l'intrigue en elle-même, mais au contraire sa construction et le fait qu'il ait été confronté au secret de celle-ci.

                               Andy Serkis, David Bowie et Hugh Jackman. Warner Bros. France

  Ainsi la révélation de ce Prestige aura de quoi surprendre, car au fond elle vient détourner les méthodes habituelles de la révélation. Loin d'être compliquée, l'explication aux deux tours de « l'homme transporté », et celle du meurtre, sont en fait d'une simplicité effondrante. On pourrait presque dire que les clefs de compréhension étaient d'une banalité surprenante aux vues de la complexité de l'intrigue. Surprise d'ailleurs lorsque j'ai assisté à la projection de ce film : un spectateur a quitté la salle en plein milieu de la phase de révélation ! Cette personne a du juger les clefs de l'intrigue bien trop grossières, et le pire c'est que son jugement était fondé ! Néanmoins, il fut bien dommage que ce spectateur ait quitté son siège dès qu'il s'est rendu compte de la supercherie (…que par ailleurs Nolan a su habilement prévenir tout le long de son film, si bien que le spectateur attentif n'est au final ni surpris ni déçu), car le propos tenu par le personnage d'Augier au moment même de la révélation témoigne de toute la démarche du film.

                              David Bowie. Warner Bros. France

  Augier précise en effet, une fois de plus, que le fondement même de la magie est fondée sur le secret : c'est ce secret, et toute la mise en scène qui l'entoure, qui permet de susciter le rêve chez le spectateur. Par ce propos, Nolan fait se mettre en abîme son propre film. L'intérêt du tour de « l'homme transporté » et le secret du film ne font qu'un, et cet intérêt réside dans le secret, et surtout dans la mise en scène de ce secret. Il ne se trouve pas dans la révélation. A un moment du film, en son début, Borden rappelle l'importance de cette mise en scène à Augier lorsque ceux-ci vont voir le tour d'un magicien chinois, Chung Ling Soo, afin d'en trouver le secret. Borden souligne en effet que le tour du maître chinois n'a de force que parce qu'il arrive à détourner l'attention du spectateur de la simplicité du tour par un habile effort de mise en scène. Comprendre la force du tour de Chung Ling Soo faisait partie de la formation proposée par Cutter pour qui, aussi, la mise en scène est au cœur du tour de magie. Il le démontrera lui aussi en révélant le secret de la cage écrasée qui est en fait assez banal et sordide… Plus le tour sera sophistiqué, plus la clef apparaîtra grossière, d'où l'importance de la dissimuler au spectateur.

                                Michael Caine et Hugh Jackman. Warner Bros. France

 

« Un tour de magie se déroule en trois actes ».

 

  Une fois que la démarche de Nolan apparaît clairement à la fin de son film, on ne peut que se souvenir de la façon qu'il avait eu de l'introduire : « un tour de magie se déroule en trois actes… ». Au fond, le tour de magie opéré par Nolan suit la même structure. Dans un premier temps, Augier fait la démonstration que concrètement, le coup de « l'homme transporté » ne peut se faire à un seul homme. Pendant plus d'une demi-heure, la démonstration se perpétue, démontrant au spectateur que tout est bien réel, que le tour de magie utilise des bases qui ne vont pas à l'encontre de l'entendement. C'est le premier acte. Ensuite, Augier démontre qu'il parvient à réaliser le tour seul, comme l'a démontré Borden. C'est l'acte deux – le tour – celui durant lequel on fait disparaître ce qui semblait pourtant bien concret, commun à notre entendement. Enfin, le prestige : Nolan démontre au travers de sa révélation qu'il était envisageable de revenir sur une explication plausible et fait ainsi revenir la logique et l'entendement. Montrer que l'intrigue était viable par une révélation, c'est ce qu'on demande à un film, et c'est qu'est le prestige pour lui, cet acte sans lequel les deux autres n'ont aucune force.

                         Affiche américaine. Warner Bros.

 



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commentaires

Startouffe 20/12/2009 19:15

Pour répondre aux interrogations de Jordan...Salutations Jordan,

Tout d'abord je te prie de bien vouloir m'excuser de te répondre aussi tard, et je remercie d'ailleurs grandement l'ami DanielOcean de s'être substitué à moi en attendant. En tout cas, en te lisant, une chose me rassure : c'est que la découverte de la résolution finale du film n'ait pas gâché ton plaisir à le voir.

A dire vrai, je ne pense pas que ce qui nous plait tant dans ce film soit la résolution de l'intrigue, je pense qu'il s'agit plutôt de la façon dont elle est montée. Oui, la fin était évidente (ou tout du moins elle était grossière, parce que pour ma part le coup des jumeaux j'étais totalement passé à côté), mais le but n'était pas que nous soyons subjugués par la révélation. Parce qu'en effet, le coup des jumeaux ça fait vraiment la solution de facilité et la machine à dupliquer peut clairement être perçu comme quelque chose peu crédible... Au contraire, ce qui m'a intéressé là-dedans, c'est que le film n'a pas cessé de nous prévenir. Ce qui plait dans un tour de magie, c'est le secret, l'illusion : connaître la solution ne fait que retirer de la magie et retire tout mérite au tour... Nolan le démontre...

En l'occurrence, DanielOcean a raison en affirmant qu'Angier se suicidait à chaque coup. Tout le ressort de leur démarche respective repose là-dessus : le sacrifice pour maintenir l'illusion, pour sauvegarder le secret d'un tour au fond bien grossier... Borden avait un jumeau ? - Aucun mérite à ses tours une fois qu'on le sait ! Certes, mais ce qui est remarquable, c'est la rigueur du sacrifice auquel il a consenti pour cacher cette vérité. Là est le mérite du magicien, le même qu'Angier qui accepte de se suicider à chaque fois sans savoir "s'il serait le prestige, ou bien celui dans la cuve"... Je pense en tout cas, pour ma part, que le film se comprend tout de suite mieux au regard de cet angle de vue de l'intrigue.

Voià, j'espère en tout cas avoir clarifié ton point de vue sur la question, en espérant que ces explications t'inciteront à redécouvrir ce film beaucoup plus riche et subtil qu'il n'y parait au premier regard....

Jordan 12/12/2009 23:45

ah bon ? j'ai loupé cette explication dans le film... cela ne m'a pas paru si limpide que ça...

DanielOceanAndCo 12/12/2009 20:24

Nan, c'est clairement dit qu'il se "suicide" à chaque fois.

Jordan 12/12/2009 15:50

Bon film mais...Pour faire suite à mon commentaire précédent, je trouve ce film très bien mais j'avais quand même compris les 2 secrets :
- le jumeau est assez simple à trouver car fallen ne parle jamais et on devine bien la fausse barbe... ce qui m'a mis sur la piste d'un double...
- le coup de la duplication est facilement compréhensible dès que l'on voit les chapeaux et les chats... on comprend vite le parti qu'il peut en tirer pour son tour... j'aurai préféré qu'il nous cache ces duplications pour éviter de comprendre trop vite...

donc j'avais donc compris assez vite les 2 grosses ficelles principales... il me manquait juste les détails : le jumeau qui s'automutile pour ressembler à son frère et l'explication du coup monté pour piéger borden...

Jordan 12/12/2009 15:42

incohérence dans le filmen vous lisant tous, j'ai l'impression que vous êtes tous passés à côté d'une incohérence qui me gêne fortement dans le film.
quand Angier fait fonctionner la 1ère fois la machine, son double apparait en face de lui et il le tue car il avait prévu le pistolet à côté au cas où : par conséquent, l'orignal Angier reste dans la machine et c'est le double nouvellement créé en face qui se retrouve à bonne distance de la machine.

or, dans les spectacles avec le public, quand on connait la fin, c'est toujours l'original qui se fait tuer si le fonctionnement de la machine est toujours le même. Donc Angier se suicide à chaque fois pour laisser son double perdurer et ce n'est donc pas l'original qui tue son double mais l'inverse...
je trouve ça incohérent car l'original sait qu'il va mourir à chaque fois dans la cuve d'eau au moment du tour....
qu'en pensez-vous ?

sedboun 29/05/2008 16:25

Chef D'oeuvreIncroyable film de Nolan en trois partie distinctes.
On se fait berner comme des bleus.
Joli réflection sur l'art et la création en général.
En tout cas ça a été une vraie baffe pour moi, à tel point que j'ai failli le revoir dans la foulée. Bravo !!!
Très bel article :-)

Startouffe 11/02/2008 00:27

RE : dernier plan du prestigeAlors là cher Nazim, j'avoue que je suis tout aussi perplexe que toi sur ce dernier plan. Il est vrai que la façon avec laquelle ce dernier plan nous est présenté, on a l'impression qu'il s'agit d'une révélation.

Pourtant, si on y réfléchit deux minutes, que nous montre ce plan? De mémoire, il s'agit d'un corps de Angier noyé dans une cuve d'eau. Est-ce là une information nouvelle? A dire vrai, non ! On savait déjà qu'Angier tuait ses doubles dans des cuves. Si encore on avait vu un Angier vivant ou je ne sais quoi d'autre, alors oui la fin aurait été une révélation. Mais là, rien de nouveau.

Peut-être que le but de Nolan était de conclure son film sur le sort d'Angier. Peut-être il y a-t-il là la volonté de présenter la vraie mort symbolique d'Angier comme étant celle où il franchit la limite qui ne devait être franchie. Ou bien, plus subtilement, Nolan joue-t-il tout simplement avec nous : le film reposant sur le secret, alors s'est-il probablement permis une petite pirouette finale pour démontrer que toute la prouesse d'un tour passe dans la mise en scène et donc par la création de mystère... Tu disais être fasciné parce que tu ne maîtrisais pas tout... Qui nous dis que ce n'était pas là le seul et unique but de ce dernier plan : recréer du mystère là où tout à été pourtant résolu...

Mais là j'avoue que ce sont des pistes lancées ça et là sans trop de convictions... Je reconnais moi-même ne rien trouver dans le film qui aurait pu donner une cohérence, ou du moins une explication, à ce choix de dernier plan. A partir de là je me dis que tout ceci ne relève certainement que du détail, et que cela n'empêche en rien d'apprécier ce sacré chef d'oeuvre qu'est ce Prestige. Mais bon, tout ceci n'est que personnel. Si quelqu'un à une autre idée là-dessus, j'avoue que moi aussi je suis demandeur : ;)

nazim 07/02/2008 02:06

dernier plan du prestigeJe n'ai pas compris le dernier plan du prestige, vraiment pas. Je ne dirai pas ce que c'est. Y a t-il une chose à comprendre en plus? Je suis très troublé par ce dernier plan, et j'ai lu des gens qui parle d'un twist final au moment de ce plan. Et le ton du narrateur laisse entrevoir qu'il y a quelque chose à comprendre. Et je serais heureux de savoir, si tu sais, j'aimerais bien comprendre....Ce film me fascine, parce que justement, même à la fin, je suis pas certain d'avoir tout compris, il est vraiment machiavélique....

Startouffe 27/08/2007 12:19

...réponse pour comprendre la finSalut Anatole,

Donc, en gros, tout l’intérêt du film résidait dans le fait de savoir :
- Comment et pourquoi Borden a tué Angier (secret n°1) ?
- Quel était le secret de Borden pour son tour de « l’Homme transporté » (secret n°2) ?
- Quel était le secret d’Angier pour son tour de « l’Homme transporté » (secret n°3) ?

(autant dire tout de suite que ceux qui n'ont pas vu le film ne devraient pas lire ce qui suit...)

Au travers de la révélation finale, on apprend dans un premier temps que Borden n’a pas tué Angier. On s’en doutait déjà lors de la scène d’intro quand on voit la scène de meurtre, on en a la confirmation lorsque cette scène se reproduit à nouveau. Le meurtre d’Angier n’est pas l’œuvre de Borden, mais elle semble faire partie d’une manigance mûrement planifiée d’Angier lui-même (élément de compréhension pour le secret n°1).

Ce n’est qu’ensuite que d’autres éléments de révélation sont donnés. Alors que Borden va être exécuté, il va être enfin dévoilé l’identité d’un personnage jusqu’ici mystère : lord Caldwell, celui qui, depuis la mort d’Angier, cherche à acheter le matériel d’Angier et les secrets de Borden. Or – patatra ! – on découvre que Caldwell est en fait Angier ! Alors Angier n’est pas vraiment mort se demande-t-on ? Pourtant on l’avait bien vu se noyer ! Pourtant aussi, on a bien vu son cadavre refroidi à la morgue ! Mais où est le truc ? On se demande comment Nolan va pouvoir expliquer ça tout en restant crédible. Eh bien le réalisateur va montrer que l’astuce était aussi grossière que le coup de l’oiseau dans sa cage.

En fait, le secret du tour d’Angier, c’est que sa machine lui permettait de se dupliquer en deux, à deux endroits différents, comme pour les chapeaux et les chats lorsqu’il était au Colorado dans le laboratoire de Tesla. L’inconvénient, c’est qu’Angier voulait une machine qui téléporte, et non pas une machine qui duplique. Qu’a cela ne tienne, l’un des deux doubles apparaissant à une certaine distance de la machine, il suffisait de supprimer celui qui restait sur place, dans la machine, pour que l’effet soit réussi. Voila pourquoi au premier essai, quand il découvre son premier double lors de sa première expérience, il ne réfléchi pas et le supprime en lui tirant dessus. Ainsi, à chaque tour de magie, à chaque fois qu'il utilisait sa machine, Angier plaçait sous sa machine une trappe qui conduisait l’un de ses deux doubles dans une cuve remplie d’eau, afin de s’en débarrasser. Pour chaque tour un nouvel Angier a tuer, un nouveau cadavre a se débarrasser (réponse au secret n°3).

Une question reste néanmoins en suspend : pourquoi Angier n’est pas réapparu en haut de sa scène lorsque Borden a découvert son double se noyer ? Si Angier n’était pas au courant que Borden s’était faufilé dans les coulisses pour découvrir le pot aux roses, il aurait dû réapparaître en haut de son théâtre, et son secret serait alors révélé à Borden comme au spectateur. Mais ce soir là, il n’est pas réapparu : c’est qu’Angier avait prémédité que Borden finirait par aller en coulisse, et il a donc donné 100 représentations pour laisser le temps à Borden de faire ce qu’il a fait. Angier a donc dû voir Borden se faufiler dans les coulisses, et n’est pas réapparu volontairement, pour laisser Borden avec le corps de son double sur les bras. Ainsi, Borden serait accusé de son meurtre et Angier sera parvenu à se venger du meurtre de sa femme, tout en surpassant son rival dans l’art de la magie (réponse au secret n°1).

Donc, Angier s’est fait passé pour mort, a récupéré son matériel, les secrets de Borden, et la fille de Borden, dans le but de se venger de son rival et de le surpasser en terme de prestige dans l’art de la magie. L’inconvéniant c’est qu’étant officiellement mort, il a dû prendre pour cela une identité d’emprunt : celle de lord Caldwell donc. Jusque là, je pense avoir été clair. Mais tout n’est pas encore expliqué : il n’est pas expliqué par exemple comment cela se fait-il qu’au final – malgré l’exécution de Borden – celui-ci parvient à se retrouver dans la cachette d’Angier/Caldwell pour le tuer finalement ! C’est là qu’intervient le secret n°2 : comment Borden réussissait-il son coup de « l’homme transporté » ?

Comme celui d’Angier, le secret de Borden est des plus grossiers. Cutter (Michael Caine) ne voyait qu’une doublure pour réaliser ce tour : s’en était bien une puisqu’il s’avérait que Borden lui aussi n’était pas qu’un, mais deux. Lui n’a pas eu recours à la science de Tesla pour se dupliquer, Borden était en fait une identité unique derrière laquelle se cachaient deux jumeaux. Comme pour la magicien chinois qui, au début du film, dissimulait sa grande force derrière une vieillesse jouée – ce que Borden appelait le « don de soi à son art » - les Borden cachait leur dualité pour en tirer également parti. Eux aussi ont su faire preuv de sacrifice pour leur art. Dès lors, après avoir découvert qui était l’énigmatique Caldwell, on découvre qui était vraiment Fallen, l’ingénieur de Borden. Fallen était en fait le jumeau qui n’était pas Borden, les deux hommes s’échangeant les rôles régulièrement. Leur souci du secret était tel qu’ils se le sont caché aux femmes qu’ils aimaient respectivement : voila pourquoi il arrivait que la femme de Borden dise que des jours il ne l’aimait pas, et des jours il l’aimait. C’est le don de soi à son art (réponse au secret n°2).

Borden exécuté, il restait Fallen en liberté. Bref, un Borden avait été tué, mais un Borden était resté vivant et libre, et c’est celui-là qui est venu tué Angier dans son repaire. Reste un dernier détail à comprendre : comment Borden a-t-il retrouvé Angier ? La réponse est donnée à la toute fin. Borden récupère sa fille après avoir tué Angier, et c’est Cutter qui la lui laisse. Cutter est donc certainement celui qui laissé Borden retrouver Angier, considérant certainement le plan d’Angier trop cruel et machiavélique pour le laisser s’accomplir jusqu’au bout.

Anatole26 27/08/2007 12:03

...pour comprendre la finSalut,

(Attention, des éléments de l'intrigue sont révélés dans ce message)

Je viens de voir le film et même si cela peu paraitre évident, je n'ai rien compris a la fin. Il y avait combien de Hugh Jackman? Déja il se tire une fois dessus (à la fin dans le flsh back) pourquoi ? Puis il se noie (ce pourquoi l'un des Christian Bale a eu la corde au cou) ! Puis il se refait tiré dessus (par le deuxieme Bale) ! Puis y en a un dans la boite en verre (derniere image) !

Je te serais vraiment reconnaissant de me repondre...

keating 04/02/2007 10:58

un film prestigieu !j'ai découvert le film hier soir ( hé oui il vient seulement de sortir en Belgique !) et j'ai adoré . Christopher nolan est l'un des meilleurs réalisateurs du moment et il livre une petite perle cinématographique ici . L'intrigue est parfaitement ficelée , la mise en scène magistrale et les acteurs somptueux .

Je suis sur que si certains hésitaient à le voir , ton article les a convaincu du contraire !

bonne continuation

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