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5 décembre 2009 6 05 /12 /décembre /2009 19:00
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Les habitués de ce blog connaissent d'ores et déjà le principe de ces articles. Les autres l'auront sûrement compris ne serait-ce qu'en lisant le titre. Cette rétrospective 2001 n'a que pour seule fonctionnalité de nous rappeler les films qui ont marqué cette année riche en chefs d'uvres cinématographiques remarquables. Qu'ils aient laissé chez vous une marque indélébile, ou bien que vous les ayez trop rapidement oubliés (qui sait, vous découvrirez aussi peut-être dans cet articles des titres jusqu'alors inconnus !) les films de 2001 qui m'ont semblé valoir le coup sont tous ici répertoriés. A vous maintenant d'y faire votre choix, ou tout simplement de vous laisser aller quelques instants à des souvenirs sûrement pas si lointains Enjoy
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Top 10
 
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Que ceux qui ne connaissent pas la magie de ce cinéaste taïwanais qu'est Hou Hsiao Hsien, Millennium Mambo peut indubitablement devenir un passage obligé. Mais de qui s'agit-il finalement ? « HHH », comme certains aiment l'appeler, est un de ces génies de la forme, un cinéaste qui sait toucher non pas pour ce qu'il raconte mais pour sa façon de raconter. A ce titre d'ailleurs, je ne peux m'empêcher de prendre ce film en prétexte pour interpeller tous ceux qui se seraient convaincus que je fais un rejet systématique de certains cinéastes comme les Dardenne, Loach, ou autres cinéastes dit d'auteurs, avec pour seul grief celui des sujets qu'ils abordaient A ceux là, je réponds par ce Millennium Mambo, un film que j'adore et qui parle pourtant de la vie ordinaire, de la simple vie de tous les jours... Seulement voilà, contrairement aux films des auteurs que vient juste de citer, et contrairement à tous les partisans de ce qu'on pourrait appeler aujourd'hui le cinéma-sujet, ce Millennium Mambo est sûrement ce qui concrétise le mieux l'essence-même du cinéma véritable : le regard de cinéaste sur le monde. Car oui, les sujets du quotidien, les « tranches de vie » peuvent être transcendées par le cinéma, peuvent être transcendées par le regard atypique d'un cinéaste ! Or, ce Millennium Mambo en est pour moi la pleine démonstration
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Millenium Mambo, c'est l'histoire d'une simple perdition, celle de Vicky, jeune ado-adulte, entre deux feux, entre deux mondes, à la croisée des chemins de son existence Alors oui on pourrait s'attarder et s'attrister de cette jeune femme, mais on préfère ici s'éloigner du personnage, s'éloigner du particularisme de cette Vicky pour ne s'intéresser qu'à son univers, son état, son monde Le monde de Vicky n'est pas sans séduire : la réalisation joue à fond sur les artifices du monde moderne, aussi bien dans les couleurs chamarrées des néons de Taipei que dans les sons électroniques du talentueux Lim Giong Or, ce monde totalement artificiel et parfois évidé d'humanité séduit malgré tout. On ne peut s'empêcher d'y trouver la chaleur et l'onirisme d'une sorte de monde d'Alice ultra-moderne Car oui, et c'est toute la force de Hou Hsiao Hsien : celle de nous laisser nous complaire dans ce monde végétatif, un peu à l'image de cette héroïne magnétiquement interprétée par sublime Shu Qi. Au travers d'elle, la léthargie semble avoir sa part de légitimité, l'inaction sa part de pardonnable C'est simple : on pénètre ; on est pénétré Bref, d'un sujet banal Hou Hsiao Hsien parvient à faire de son film une trappe vers un autre monde perçu, une bouche béante dans laquelle on sombre consciemment et avec tout notre consentement. Tout cela repose au fond sur cette force à faire d'un univers vain un univers néanmoins séduisant. Car oui, comater plaisamment aux côtés de Vicky conduit en fin de compte à un trouble calme, un trouble intérieur qui nous est propre à tous : celui de l'endormissement conscient, qu'il soit social, affectif, ou autre...  En somme, voilà une splendide démonstration une de plus ! qui nous révèle à quel point la transcendance de la forme peut conduire à elle seule à créer du fond. C'est cela du véritable cinéma expérimental, au sens non plus où il expérimente, mais plutôt dans celui où c'est nous qui vivons une pure expérience, une expérience de cinéma
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Autre chef d'uvre remarquable qui n'a depuis pas pris une ride et qui semble lui aussi destiné à traverser les temps sans prendre une ride : cette merveille qu'est Mulholland Drive. Un peu comme tous les films de David Lynch, ce film ne pourra jamais vraiment connaître les affres de la vieillesse tant il est déconnectés de tous les courants artistiques, de toutes les modes formelles. Que vous soyez grand amateur de cinéma ou novice, que vous connaissiez Lynch ou non, que vous ayez 17 ou 77 ans, tout le monde est mis sur un pied d'égalité au moment de découvrir Mulholland Drive. Le film est unique même un autre Lynch ne permettra pas de le décoder ! et l'expérience de cinéma qu'il nous offre n'en est que plus grande.
   Naomi Watts et Laura Harring. Bac Films   Laura Elena Harring et Lori Heuring. Bac Films   Justin Theroux et Dan Hedaya. Bac Films
Car, après tout, qu'elle est la force de ce Mulholland Drive ? Qu'elle est l'ingrédient qui en fait un film incomparable ? La réponse peut sembler si simple a y réfléchir : la force du film provient du simple talent. Il y a d'abord ce talent de Lynch a savoir créer une atmosphère à part, prenante, grisante, totalement construite autour d'un Hollywood incroyablement évider de tout charme, de toute dimension humaine Au fond, il y a ce talent à nous faire un Hollywood à l'image de cette route obscure qu'on traverse de nuit sur les cimes qui surplombent la cité des anges : la fameuse « Mulholland Drive » Il y aussi ce talent qu'à Lynch de savoir d'entourer d'artistes à personnalités qui viennent donner tout leur savoir faire ou bien toute leur âme au projet : il peut s'agir aussi bien d'Angelo Badalamenti à la composition musicale, que de Naomi Watts, dans un rôle tout simplement électrisant pour lequel elle a repoussé toutes les limites Enfin et surtout il y a ce petit plus qui fait que ce spectacle ne rencontre nul pareil, qui fait que ce film devient une véritable expérience de vie qui nous habite : il y a l'écriture du maître Lynch. Créateur de mystères par sa science de l'énigme ou bien générateur de troubles suite à des ruptures de logiques qu'il se garde bien d'expliquer : Mulholland Drive devient très vite un film où se pose de nombreuses questions, sur le sens de l'histoire, sur les intentions de l'auteur, mais surtout, sur le ressenti que cela créé Il faut s'appeler Lynch pour nous offrir des spectacles comme cela, pour nous sortir des codes auxquels nous sommes tous rompus. Et le résultat est finalement toujours le même : on ne se dit pas conquis, mais on se reconnaît envahi. Ce cinéma là est rare, ce cinéma là est vivant en nous et  c'est en cela qu'on se doit de s'y risquer au moins une fois
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3. 69197961_af.jpg Ring
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Année riche en films marquants, 2001 est aussi l'année où les salles hexagonales dévouvraient (avec quatre ans de retard !) un film qui, l'air de rien, représentait un grand tournant du cinéma d'épouvante dans son histoire et ses codes, le dernier remontant à 1980 avec le Shining de Kubrick Responsable de ce tournant : le réalisateur japonais Hideo Nakata et ce qui reste encore aujourd'hui son film le plus marquant et le plus connu : Ring. Mais « tournant » en quoi, seriez-vous amenés à vous demander. C'est vrai que j'affirme cette idée sur un ton plutôt péremptoire alors que sûrement la plupart d'entre vous ont déjà eu l'occasion d'être confronté à son remake américain connu d'ailleurs sous le même titre, et qui ne vous a pas laissé le souvenir d'un film si original que cela. Certes, il y a cette histoire amusante de cassette vidéo tueuse qui est commune aux deux films, l'original japonais dont il est ici question d'un côté et le remake américain de l'autre, mais à part ça, rien de véritablement nouveau dans les codes de le fond Eh bien justement : la différence est là. L'histoire de Ring n'est pas vraiment l'intérêt de ce film, Ring bouleverse la donne surtout dans sa forme et dans ce que le réalisateur arrive a tirer comme propos de cette histoire fantasque. Au fond, le Ring japonais et le Ring américain se distinguent surtout sur leur forme, et pourtant c'est de là qu'on arrive au final à deux films totalement différents. C'est un fait à mes yeux : avoir vu le Ring américain ne vous renseigne en rien sur le Ring japonais. Ce sont là deux films totalement différents, aussi bien au niveau de leur forme que de leur qualité
Nanako Matsushima. Collection Christophe L.   Nanako Matsushima. Collection Christophe L.   1260037703_pdvd_267.jpg
Car au fond, pourquoi ce Ring a-t-il attiré les producteurs d'Hollywood sur son cas ? C'est parce qu'ils ont été eux-mêmes séduits. Ils ont senti que ce film avait quelque chose de spécial. Sa force pourtant, ce n'est pas seulement son histoire racontée littéralement : celle d'une cassette vidéo que l'on se passe de main en main et qui tue une semaine après le visionnage ceux qui se sont risqués à la voir. Ce qui captive dans cette histoire, c'est qu'on assiste à une remarquable mise en abime du cinéma d'épouvante dans ce film, et que le spectateur y est directement pris à parti ? Car oui, après tout qu'est-ce qui nous pousse à voir de tels films ? Que recherche-t-on en se confrontant à la peur ? C'est finalement ce qu'explore Nakata par ce sujet qui met le film d'épouvante dans le film d »épouvante. En ressort pour l'occasion une angoisse qui ne nait pas de la simple démonstration de choses horrifiques comme c'est souvent le cas dans le cinéma américain. Dans Ring, l'angoisse naît de nous, de notre imagination, de notre capacité à nous effrayer nous même. Ainsi Nakata fuit les effets putassiers pour travailler une ambiance pesante, lancinante, pour laquelle d'ailleurs le travail du compositeur Kenji Kawai y est pour beaucoup. Finalement, Ring incarne un peu ce qui distingue le film d'épouvante du simple film d'horreur. L'horreur se contente de montrer ; Ring, quand à lui, parvient à suggérer et c'est diablement plus efficace.
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Requiem for a dream, on en connaît surtout le thème principal, pris et repris dans je ne sais combien de bandes annonces et autres émissions On s'en rappelle aussi parce que c'est là film qui révéla Jared Leto, et qui marqua aussi certainement les plus belles performances de Jennifer Connelly et de Marlon Wayans, sans oublier celle de actrice moins connue certes, mais qui eu néanmoins le mérite de récolter un Oscar pour le rôle qu'elle tient dans ce film. C'est sûr, beaucoup connaissent Requiem for a dream mais le connaissent-ils pour ce qu'il est vraiment. Démonstration des ravages de la drogue, peinture d'une génération perdue, c'est surtout ce qu'on retient et ce qu'on lit de ce second film de Darren Aronofsky, celui de la confirmation Grâce à tout cela d'ailleurs, Requiem for a dream était parvenu à faire son petit trou à l'époque, et gagner par là même, une certaine renommée. Mais vite encensé, vite enterré Aujourd'hui parler de Requiem relève de la discussion d'ados d'une certaine époque, ou bien d'exemple de film aux effets surfaits dont c'était la mode à une époque et qui aujourd'hui subit le mépris de cette nouvelle lame de fond qui entend défendre un cinéma épuré et touchant à la réalité concrète, le « vrai » je l'avoue, momentanément, j'en ai fait partie Puis je l'ai revu, et j'ai pris conscience de toute l'étendue de la sous-estimation que l'on porte sur ce film
   Marlon Wayans. Sagittaire Films   Jared Leto. Collection Christophe L.   Jennifer Connelly. Sagittaire Films
En effet, le revisionnage récent n'a fait que m'apporter l'une des plus grosses baffes ressenties dernièrement. Requiem est un film total, où la forme embrasse le fond et vis-et-versa. Cette réalisation diversifiée, nerveuse, appuyée par un Clint Mansell très inspiré dont la bande originale ne se limite d'ailleurs pas au simple thème principal ; tout ceci concorde à faire de ce film un tourbillon dans lequel on se prend très rapidement. Plus que de simples effets passés de mode, les choix d'Aronofsky contribuent à faire de cette aventure une véritable expérience vivante qui prend aux entrailles. La descente aux enfers de toute cette galerie de personnage ne touche pas que les esprits, elle agresse aussi les corps. C'est bien simple, le film sait tout emporter sur son passage à qui sait s'y laisser prendre. Ce genre de film intransigeant à ceci de bon qu'il n'a pas la paresse de vous attendre : il vous prend et il vous noie. Parfois cela à du bon, et pour ce film c'est tout simplement excellent
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Avec sa bonne humeur enfantine et son look rétro tellement enjôleur, ce Fabuleux destin a connu en France un remarquable succès, laissant ça et là de multiples traces et références dans le paysage audiovisuel français. C'est vrai qu'il avait de quoi parler à tous et à tout le monde ce film. Tout d'abord cette déclaration d'amour à la France traditionnelle ouvertement construite comme une image fantasmatique plutôt que comme une réalité historique avait clairement de quoi séduire les foules tant il parlait à un imaginaire qui, dans l'hexagone et même ailleurs (Amélie reste encore aujourd'hui le plus grand succès qu'a connu un film en langue française dans les salles américaines !) qui ne demandait qu'à être stimulé. Et puis il y avait la bonne bouillasse de cette chère Amélie, incarnée par une Audrey Tautou radieuse, dont les deux billes noires qu'elle avait en guise d'yeux ne pouvait qu'attendrir tous les curs tant cela transmettait chez elle ce côté léger, voire son côté ingénue, qui a de quoi nous faire tous craquer
   Flora Guiet. Collection Christophe L.   Audrey Tautou. Collection Christophe L.   Mathieu Kassovitz. Collection Christophe L. 
Malgré tout, on ne pourra pas nier que cette Amélie n'ait pas souffert de son succès. En effet, ce côté rose-bonbon qu'on nous a martelé partout et pendant longtemps n'a pas manqué de flétrir quelque peu le côté atypique de ce film qui justement devenait à l'époque une mode dans la norme, ce qui pouvait au final le rendre agaçant Beaucoup de cinéphiles n'auront pas manqué d'ailleurs de régurgiter ce qui leur est très vite apparus comme une grosse guimauve trop sucrée et finalement totalement surfaite. Or, même si ce sentiment ne m'est pas totalement étranger, je ne peux toutefois m'empêcher de retrouver toujours un grand plaisir lorsque, avec du recul, je retombe sur ce film. Certes, c'est mièvre et totalement décentré du monde réel, mais c'était justement là toute la démarche de ce grand rêveur qu'est Jean-Pierre Jeunet. Qu'importe la réalité du monde concret après tout ! Ce qui lui donne son sel c'est la façon dont on le regarde, c'est sa capacité à s'émerveiller de ce que l'on y voit. Oui, Amélie comme son brave Nino Quimcampoix sont sûrement totalement à l'Ouest en vivant dans leur monde fait de hobbies étranges et de pratiques aussi infantiles que bizarres Mais après tout on se plait à être l'espace d'un instant comme eux à voir ce qu'on veut bien voir à oublier les godes et autres lubrifiants qui entourent Nino au travail, ou bien à ne pas prêter attention aux a priori que l'on porte aux personnes marginalisées de la société Jeunet aime le rêve, Jeunet aime les gens qui rêvent, et bien moi aussi : j'aime les films de rêveurs, j'aime cette Amélie Poulain
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D'un certain point de vue on pourrait le trouver bougrement classique ce Wonder Boys, tant son sujet et ses ambitions semblent des plus classiques C'est vrai qu'après tout ce film ne fait que traiter, sur le ton de la comédie, de la crise de quarantaine que connaît un prof de littérature dont l'inspiration s'est faite la malle depuis de nombreuses années, faisant en sorte d'ailleurs que son premier ouvrage, publié il y a plus de dix ans, semble irrémédiablement être appelé à devenir son unique et dernier chef d'uvre. C'est vrai que tout ceci est bien classique, un peu bobo qui plus est, mais seulement voilà Quand on précise que cet écrivain empâté est incarné par Michael Douglas ; que celui-ci se retrouve soudainement avec dans les pattes un jeune élève talentueux incarné par le prodigieux Tobey Maguire (juste avant qu'il ne se fasse piquer par une araignée génétiquement modifiée !), et que leur rencontre va conduire ce pauvre écrivain pépère dans une série d'embrouilles concoctées par le brillant Curtis Hanson (L.A. Confidential et 8 Mile c'était lui !), on comprend tout de suite que ce spectacle peut se révéler en fin de compte des plus savoureux.
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Or, savoureux, ce Wonder Boys l'est ! Loin de se limiter à une simple élucubration de bobo sur les mal-êtres de la vie (chose à laquelle l'actuel cinéma français nous a rompu jusqu'à l'écurement) cette comédie légère de Curtis Hanson sait au contraire nous porter un regard assez malicieux sur une existence blasée d'individu qui s'est progressivement empâté dans la paresse et, au fur et à mesure qu'on effeuille sa cuirasse de dandy élégant et séduisant, dans une certaine forme de pathétisme. La démarche est aussi subtile qu'agréable. Le film au fond n'a l'air de rien mais laisse un plaisir léger qui sait durer dans le temps et auquel on revient régulièrement. C'est finalement de cette fausse simplicité, de cette modeste sophistication, que je tire personnellement toute ma satisfaction pour ce film, dont les qualités me semblent justement trop rares pour qu'on ne le considère pas pour ce qu'il est à mes yeux : un chef d'uvre de cinéma.
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Démarrant comme une banale comédie romantique américaine, à coup de rues new-yorkaises ensoleillées et de trémolos amoureux, ce Beau-père et moi semblait très vite s'assimiler à ces spectacles consensuels formatés pour les familles puritaines d'outre atlantique C'est de cet a priori que naît dans un premier temps une légère déception, mais par la suite une véritable jubilation. Car, oui, la rencontre entre le délirant comédien issu du Saturday Night Live Ben Stiller et la figure charismatique des films de Scorsese prêts à toutes les transfigurations Robert de Niro va s'avérer des plus détonnantes.
   Robert De Niro. Collection Christophe L.   Robert De Niro et Ben Stiller. Collection Christophe L.   Ben Stiller. Collection Christophe L.
Alors oui, je le conçois, on peut trouver ce type d'humour potache, peu élaboré, ou « socialement peu investi » (diront certains qui voudraient que le septième art ne soit qu'un instrument social aux mains de leur domination culturelle Ah merde ! ça y est ! ça me reprend) malgré tout, il est pour moi diablement efficace. Stiller incarne pour moi l'icône du cinéma burlesque des années 2000 et il est ici exploité au maximum. Avec son éternel talent, De Niro sait se faire un partenaire de luxe ou son visage pince sans rire est tout bonnement tordant. Alors certes, ce genre de comédie ne plaira sûrement pas à tous, où bien même si elle plaira beaucoup auront du mal à le considéré comme une pièce maîtresse du cinéma datant de 2001, mais pour moi, ce film fait incontestablement partie des films marquant de l'année. On dira ce qu'on voudra, l'art du rire est quelque chose de très délicat et peu évident, or il me semble que pour ce film, l'art burlesque a été poussé très loin. J'adore.
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Après avoir traité de Mon beau-père et moi comédie d'outre atlantique c'est d'une autre contrée elle aussi réputée pour ses comédies diablement efficace dont est originaire le film dont il est ici question. Adapté d'un roman à succès, ce Journal de Bridget Jones a su lui aussi tirer le meilleur parti de la tradition de comédie romantique dont son pays d'origine est aujourd'hui l'un des fleurons. Au lieu de jouer sur les romances dégoulinantes à base de violons et autres « Notre amour est impossible », cette jolie comédie romantique préfère miser sur des éléments concrets plus proches de notre quotidien. Ainsi, la ravissante Renée Zellweger incarne-t-elle à la perfection avec ses jolies rondeurs la Bridget dans laquelle on se reconnaît tous. Elle jure, elle est maladroite, elle mange des tonneaux de glaces en chantant All By Miself de Celine Dion Bref, on l'adore.
   Renée Zellweger et Colin Firth.   Renée Zellweger et Hugh Grant.   Renée Zellweger.
Eh oui, c'est bien cela qui nous séduit dans cette comédie : la princesse charmante n'est pas forcément une jolie rose sortie de son quotidien par son prince charmant. Ici, le prince charmant incarné par le justement charmant Hugh Grant, n'est pas forcément celui qu'on croit, ce qui n'en rend que plus humaines, et donc plus drôles les turpitudes de la belle Bridget. Observer ces gens ordinaires, imparfaits, qui s'efforcent coute que coute de reproduire les jolis contes de fées lus ou vus dans les romans ou au cinéma est tout bonnement jouissif, et pour la simple raison qu'on se reconnaît en eux. Ainsi, cette transgression d'Orgueil et Préjugés en frasque burlesque amoureuse n'en devient que plus grisante, car plus authentique. Encore une fois, beaucoup la trouveront surement drôle cette comédie, sans pour autant la considérer comme un chef d'uvre Pourtant combien oseront reconnaître qu'ils n'y résistent jamais lorsque la petite lucarne se risque à le diffuser ce fort agréable Journal ?
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Difficile pour ceux qui le découvraient en 2001 de ne pas se laisser aller à tout un lot de préjugés concernant ce Moulin Rouge. En effet, quelques années plus tôt, son auteur Baz Luhrmann, s'était déjà risqué à toucher ce grand classique qu'est Roméo et Juliette pour en faire une sorte de grande comédie musicale très clipesque intitulée d'ailleurs à l'époque Romeo + Juliet. On aimait ou on n'aimait pas, ce Moulin Rouge se voulait visiblement dans la même veine, c'est-à-dire surenchère visuelle, chanson à la mode de l'époque, et autre travestissements de l'histoire originale d'une façon fort discutable. Lurhmann n'a pas déçu : entre le clip de Lady Marmelade repris par la piteuse Cristina Aguilera (tombée depuis dans les oubliettes de la pop made in USA) les multiples reprises faites de grands tubes de la dernières décennies (de Madonna à Police, en passant par David Bowie et Joe Cocker) ainsi que toute la débauche guimauve de circonstance : on peut dire que le paquet à été mis. De là à dire que le bon goût a été respecté
   69216009_ph1.jpg   69216009_ph4.jpg   Ewan McGregor et Nicole Kidman.
Pourtant, même si le film démarre sur les chapeaux de roue et manque de nous tuer d'indigestion tant il joue de surenchère visuelle et sonore, très vite ce Moulin Rouge pose les bases de son intrigue amoureuse des plus classiques et n'entend pas en démordre. A raison ! En effet, il y avait finalement fort longtemps qu'on nous avait abandonner ces bonnes vieilles histoire d'amour ardant, et Luhrmann sait finalement renouer avec la tradition sans pour autant sombrer dans le banal. L'intrigue est enlevée, les passages chantés apportent une réelle dimension à l'ensemble, le tout étant transcendé par un univers atypique, irréels, totalement fantasmé, mais pour lequel on se laisse facilement prendre.
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Ghost Of Mars fait incontestablement partie de ces films qui divisent C'est vrai que ce film de John Carpenter n'est clairement pas taillé pour convaincre tout le monde. Plutôt pensé comme un film de série Z qui s'assume totalement, ce Ghost Of Mars se veut comme une sorte de far-west dans l'espace, tourné avec très peu de moyens. Ainsi, les habitués du genre comme Natasha Henstridge (La Mutante), Pam Grear (Jackie Brown et avant tous les films estampés « blacksploitation ») ainsi que Clea DuVall (The Faculty) se retrouvent dans cette drôle d'histoire de ville fantôme menacé par d'étranges « fantômes » possédés par un mal inconnu
   Natasha Henstridge. CTV International   CTV International   Ice Cube. CTV International
Alors oui, c'est vrai, très peu de subtilité dans ce film, mais le maître Carpenter joue sa carte jusqu'au bout et en fait un film particulièrement efficace. Tout d'abord, le maître de l'horreur sait parfaitement mener son entreprise et sait faire de ce prétexte spatial un film assez prenant au niveau de la mise en scène. Mais surtout, Ghosts of Mars est un régal car il sait parfaitement que ce type de spectacle se regarde au second degré, avec un certain plaisir comique involontaire, et que le grand John sait tendre les perches qu'il faut pour qu'on puisse se régaler de ce genre de spectacle qu'il estime fort noble à partir du moment où il sait donner au spectateur ce qu'il était venu chercher, voire même plus. Pour ma part, si ce genre de films n'existerait pas, ils me manqueraient terriblement Merci à maître Carpenter de savoir nous rassasier de temps en temps avec des perles comme ce Ghosts Of Mars
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Mais aussi
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Datant de la « bonne époque » de Soderbergh (avant qu'il nous ponde ses Ocean's Twelve, ses Che, ou autres Girlfriend Experience), Traffic est un film qu'on apprécie pour son efficacité. Traitant du trafic de drogue de part et d'autre de la frontière américano-mexicaine, Soderbergh parvient à mettre en exergue une intrigue relativement efficace et dont le déroulement prête à méditer. Peut-être seul point noir, cette mode de l'époque qui vient polluer le film du « filtre » coloré. Au moins Soderbergh s'en sert d'instrument narratif assez ingénieux pour donner des informations géographiques : la photographie jaunâtre renvoyant au Mexique et la bleuâtre aux Etats-Unis Une idée géniale pour certains, un détail encombrant pour d'autres, mais rien ne qui ne puisse empêcher de profiter de ce spectacle et de se rappeler un instant aux bons souvenirs des bons films de Soderbergh
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Dans la lignée de ces films produits dans la Chine « communisto-néocapistalistico-populaire » ce Beijing Bicycle parvient séduire malgré sa grande épuration formelle, et cela grâce à une intrigue assez originale et bien menée. Une simple bicyclette volée, passant de mains en mains, et poursuivie par son propriétaire originel, est l'occasion à un petit tour d'horizon de la nouvelle société chinoise, au matérialisme assumée, à laquelle se confronte la Chine de la vieille école qui reste dans une logique où le matériel est un besoin avant d'être un faire-valoir Un film vraiment intéressant et plaisant
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69199135_af.jpg  The Hole
Huis-clos plus ou moins horrifique, ce Hole raconte la mésaventure d'adolescents qui se retrouvent malgré eux enfermés dans un abri souterrain perdu dans les bois... Même s'il n'est pas pleinement original, le film sait se faire efficace, notamment grâce à l'interprétation de celle qui s'était juste avant révélée dans American Beauty, la magnétique Thora Birch
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Nouvelle aventure du héros récurrent de Francis Véber le fameux François Pignon -  ce Placard a eu la lourde tache d'emboîter le pas au Diner de cons, succès national par ailleurs totalement mérité. La réussite du Diner de Cons est d'ailleurs sûrement ce qui explique que ce Placard n'ait connu qu'un succès d'estime, mais n'ait pas été classé aux côtés de ses illustres prédécesseurs comme la Chèvre ou autres Emmerdeur Pourtant cette comédie se montre efficace sur tous les registres auxquelles elle se risque : cette histoire de pauvre employé ordinaire qui sauve sa place en faisant passer son licenciement comme répondant d'une démarche homophobe (alors qu'il n'est même pas gay) sait à la fois se faire hilarante, grinçante et surtout dynamique ! à côté de toutes ces comédies françaises qui restent empêtrées dans leur postulat de base sans savoir en sortir sur l'heure et demie qui reste, la richesse du propos de ce placard n'en est que plus appréciable, d'autant qu'il est servi par une brochette d'acteurs de choix : Auteuil, Rochefort, Laroque et Depardieu en tête
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Faire une aventure de chevaliers sur le ton de la comédie anachronique, Mel Brooks l'avait déjà fait avec son sacré Robin des Bois, mais aussi avec l'humour gros sabots que nous lui connaissons tous Ce Chevalier n'en est que d'autant plus séduisant parce qu'il parvient justement à jouer de l'effet comique que provoque l'anachronisme sans pour autant jouer totalement la carte de la comédie. A dire vrai, c'est surtout pour apporter un regard moderne sur l'aventure chevaleresque que Brian Helgeland s'est risqué à ce type d'exercice, et c'est pleinement réussi...
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Ivan Reitman est surtout connu pour avoir été le papa avec Dan Aykroyd et Harold Ramis du fameux Ghostbusters ! Eh bien c'est à lui que l'on doit cette Evolution, histoire de météorite qui s'abat en plein désert et autour de laquelle se développe une nouvelle forme de vie qui se développe et évolue à une vitesse vertigineuse ! ceux qui connaissent l'art par lequel Reitman sait faire du spectacle accessible à tous tout en sachant lui conférer une part de merveilleux et d'émerveillement savent déjà que cette Evolution a tout pour plaire. Ajouté à cela la présence de David Duchovny, dans un rôle jumeau de celui qu'il tenait dans X-Files ; un Sean William Scott qui se contente de nous refaire le « Stiffler » d'American Pie, et la charmante Julianne Moore, Evolution devient clairement un film qui mérite le détour pour ceux qui ne s'y sont pas encore risqués.
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tanguy.gif Tanguy
Parmi la constellation de réalisateurs sans originalité ni saveur, il y a heureusement cet Etienne Chatiliez qui sait survivre avec quelques uns. Ce Tanguy, même s'il répond à l'exigence hexagonale de traiter d'un sujet de société (« faire son Tanguy » va même faire son entrée parmi les expressions reconnues de la langue française) cela n'empêche pourtant pas le film de se faire une comédie efficace car drôle. Sachant tirer parti de tout ce que cette situation permet (un trentenaire qui continue de squatter chez ses parents) le film laisse un souvenir des plus agréables et y revient non sans plaisir
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Eh oui ! Cela remonte à cette époque ! 2001 : le tout premier épisode d'Harry Potter. Ils sont encore tout petit et prépubères nos charmants sorciers, mais leurs aventures n'en déméritent pas pour autant, et cela malgré l'époque. Les effets spéciaux sont tout à fait à la hauteur des épisodes récemment sortis ce qui fait qu'un retour en arrière ne se fait pas au prix d'une réacclimatation aux conditions de l'époque. Bien au contraire, cet épisode là est peut-être celui qui se perd le moins dans les banalités et sait fournir un spectacle rythmé de bout en bout et durant lequel la magie fonctionne totalement.
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Sachant se distinguer à plusieurs reprises dans le registre de l'épouvante ces derniers temps, les Espagnols avaient déjà frappé en 2001 en la personne d'Alejandro Amenabar et ce Les Autres. Sublime huis-clos dans une vieille maison (auquel le récent Orphelinat de Bayona rend d'ailleurs indirectement hommage), la belle Nicole Kidman s'efforce d'élever ses enfants malades à l'abri des rayons du soleil. Seulement voilà, des esprits rodent mais ces « autres » ne sont pas forcément ceux que l'on pense Efficace, merveilleusement ciselé, ce film d'Amenabar n'a que d'autant plus de force qu'il ne se contente pas de transmettre le frisson de l'épouvante, il sait aussi jouer du frisson de l'émotion.

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Publié par L'homme-grenouille - dans Sélections de l'homme-grenouille
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commentaires

l'homme-grenouille 12/09/2014 09:46

Je note je note...
Désolé de répondre si tard...
Je vais m'efforcer de corriger ça aussi vite que possible !

Martin 04/09/2014 10:11

Salut c'est encore moi, je t'informe que tu as oublié encore un film des frères Cohen ;): "The Barber : l'homme qui n'était pas là "

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  • : Exilé d'Allociné mais la motivation reste intacte ! Par ce blog j'entends simplement faire valoir notre droit à la libre-expression. Or, en terme d'expression, celle qui est la plus légitime est celle des passions. Moi, je suis passionné de cinéma, et je vous propose ici mon modeste point de vue sur le septième art, en toute modestie et sincérité, loin de la "bien-pensance" mondaine. Puisque ce blog se veut libre, alors lisez librement et commentez librement. Ce blog est à vous...
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