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27 novembre 2009 5 27 /11 /novembre /2009 19:51

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Il y a peu de chance pour que vous découvriez ce blog par cette page, par conséquent il me semble quelque peu inutile d'en présenter le contenu. Comme pour les années 2005, 2004 ou 2003, je me suis ici amusé une fois de plus à remonter le temps par un classement récapitulatif de mes grandes claques de 2002, en attendant de vous pondre ma nouvelle sélection de films pour 2009. L'objectif est toujours le même : trouver là l'occasion de remettre au goût du jour des films qui ont à cette époque marqué mon année. Bien évidemment il y aura des chefs d'uvre que personne n'oubliera de citer, mais c'est aussi l'occasion de parler de ces petits films qui n'ont pas fait de bruit, ou pas suffisamment pour qu'on daigne se repencher sur eux maintenant qu'ils ne font plus l'actualité. Bien sûr, il y a toujours une grande part de subjectivité là-dedans : certains s'étonneront de ne pas trouver certains films, d'autres seront surpris d'en voir figurer d'autres Mais étant des lecteurs avertis de la démarche sachant très bien que cette démarche reste subjective certes mais sincère dans le fond peut-être sera-ce là pour vous l'occasion de découvrir (ou bien l'occasion de redécouvrir) des films qui ne remontent à pas si loin que cela, mais qui semblent pourtant parfois revenir d'un lointain passé. Prends donc ce qu'il te plaira cher lecteur, et n'hésite à enrichir cette contribution personnelle d'un film jugé injustement oublié

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Top 10

 

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1. aspiderman.gif Spider-man

 

 

 

Pour ceux qui ont lu l'introduction de cet article, voir trôner l'homme-araignée en tête de classement doit bien faire sourire ! « C'est donc cela les petits films qui n'ont pas fait suffisamment de bruit ? Les films désensablés d'un passé pourtant pas si lointain ? » - Bien sûr, Spider-man n'est plus un de ces films qu'il est nécessaire de présenter, ou de représenter. Ses suites que l'on attend impatiemment, ainsi que ses multiples diffusions à la télévision, savent nous rappeler aux bons souvenirs des débuts au cinéma des aventures ce jeune héros intrépide et un peu gaffeur qu'est Peter Parker Pourtant, un bilan s'impose quand je regarde toute la flopée de films sortis en 2002 : c'est bien celui-là qui a allumé le plus d'étoiles dans mes yeux de spectateur éberlué cette année là.

   Tobey Maguire. Columbia TriStar Films    Tobey Maguire alias Spider-Man. Columbia TriStar Films    Kirsten Dunst et Tobey Maguire alias Spider-Man. Columbia TriStar Films

Certes, pour qui ne connaît pas le type de cinéphile que je suis (et il en existe de tellement de sortes, tous par ailleurs fort respectables par ailleurs) on pourrait tout de suite se dire que je suis de ceux qui viennent au cinéma pour en prendre plein les yeux, et que par conséquent un blockbuster comme celui-là ne pouvait que triompher face à tout autre film d'auteur intimiste. Bon, c'est vrai, j'aime le grand spectacle. Cependant, si Spider-man m'a autant conquis c'est aussi et avant tout parce que le film ne se limite pas qu'à de simples scènes vertigineuses survitaminées aux effets-spéciaux. Oh non ! Spider-man a cette force qu'il reste une aventure humaine, au-delà de sa forme très sophistiquée. Voir ce pauvre Peter Parker, personnage touchant parce qu'un peu candide (remarquablement interprété par le poupon Tobey Maguire), se retrouvant confronté à un pouvoir et à une mission qui lui échappent totalement, c'est jouissif et revigorant. Pas de doute là-dessus, la patte sincère du papa d'Evil Dead, Sam Raimi, se ressent pleinement. Quel spectacle au fond peut être plus universel ? Qui ne peut pas se reconnaître dans cette pléiade de personnages tous aussi attachants les uns que les autres ? En tout cas, pour ma part, j'ai passé toute la soirée de sortie de film à vouloir tisser des toiles dans la rue tellement le dynamisme de cette aventure avait su m'imprégner. Encore aujourd'hui je ne m'en lasse pas. Si tous les blockbusters pouvaient avoir cette trempe, le paradis terrestre serait enfin à portée de main

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2. darko_1.gif Donnie Darko

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 Si au départ il peut se percevoir comme une simple histoire de science-fiction sympathique mais sans grande envergure dramaturgique, la maturation puis le revisionnage de ce Donnie Darko parviennent à nous révéler toute la profondeur réelle de la démarche. Donnie Darko, c'est le premier film de Richard Kelly, connu depuis pour avoir été victime de la stupidité cannoise qui lui a littéralement saboté son second film plus ambitieux encore avant même qu'il ne puisse le sortir (son The Box est d'ailleurs récemment sorti : le 4 novembre 2009 !). Finalement Donnie Darko est un petit peu à l'image de ce qu'on dit aujourd'hui de son auteur, c'est-à-dire qu'on le juge de qualité, prometteur, mais qui n'a pas vraiment l'envergure pour prétendre à être reconnu comme un grand Eh bien, à mes yeux, on a bien tort de sous-estimer un tel film

    Patrick Swayze. Collection AlloCiné / www.collectionchristophel.fr    Collection AlloCiné / www.collectionchristophel.fr    Jake Gyllenhaal et Jena Malone. Collection AlloCiné / www.collectionchristophel.fr

Car, oui, Donnie Darko est un film qui se donne des airs de petite science-fiction pour teenagers. On est dans une petite bourgade des Etats-Unis, et le jeune Donnie adolescent taciturne voit des lapins noirs qui lui prédisent une fin du monde imminente Pourtant, à bien le regarder, ce film n'est finalement pas « qu'un » film fantastique : c'est avant tout un film sur l'adolescence, une adolescence qui va mal, une adolescence en mal de repères et de bien-être. Cette histoire a d'autant plus de force qu'elle s'appuie sur la performance plus que convaincante de Jake Gyllenhaal dans l'un de ses premiers grands rôles (auxquels se joignent d'étonnants Patrick Swayze et Drew Barrymore), mais aussi sur une ambiance sublimement travaillée par Kelly, dans laquelle la musique de Michael Andrews joue un rôle majeur. Vraiment un chef d'uvre dans son genre

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3. af_lagaan.gif Lagaan

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Seulement deux films indiens ont su sortir de leurs contrées d'origine pour toucher l'académie des Oscars qui les avaient nominés dans la catégorie du meilleur film étranger. Le premier s'appelait Mother India, et il n'est désormais plus de toute première jeunesse puisqu'il remonte à 1956 Le second, c'était ce Lagaan d'Ashutosh Gorawiker, produit par une grande star de l'époque, l'acteur qui occupe ici le rôle phare du film : Aamir Khan. L'histoire voudra qu'il ne remportera pas la précieuse statuette (mais qu'importe) mais on en retiendra tout de même le fait que Lagaan avait su transcender les codes bollywoodiens pour enfin toucher une certaine forme d'universalité. En effet, lorsqu'il me prit de découvrir les grands classiques de Bollywood, ce Lagaan n'était pas celui qui m'avait le plus marqué, mais je concède pourtant qu'aujourd'hui, avec le recul, c'est celui que je rechigne le moins à revoir, toujours avec le même plaisir.

    Rezo Films    Rezo Films    ph3.jpg

Car oui, je le concède et qu'importent les foudres que cela me vaudra de ce cher confrère DanielOceanAndCo le plaisir de la découverte révolu, les lacunes et les pesanteurs du cinéma bollywoodien ont de plus en plus de mal à passer chez moi Ce cinéma reste toujours aussi sincère, aussi démonstratif, mais malheureusement toujours aussi codifié et bavard, si bien qu'aujourd'hui, je réfléchis toujours à deux fois avant de revoir un de ces films de 3h30. Mais rien de tout cela en ce qui concerne Lagaan. Si son classicisme de forme n'est pas sans nous rappeler le charme du cinéma américain d'après-guerres, le film parvient néanmoins à respecter un certain nombre de conventions tout en les allégeant, sachant garder le meilleur et bonifier le pire. Extrêmement bien calibré, rigoureux et mesuré dans sa mise en scène et surtout marque de fabrique des grandes productions bollywoodiennes subjuguant par sa beauté plastique, ce film incarne à lui seul ce que l'Inde est capable de faire de mieux. La sincérité de l'uvre transpire à chaque instant, le fait qu'aucune surenchère ne vienne jamais l'entamer, ainsi que l'aspect atypique du sujet traité un impôt colonial joué sur une partie de cricket ! sont trois qualités qui subliment l'instant que l'on passe à découvrir ce film. Aujourd'hui encore plus qu'hier, Lagaan est le film indien à découvrir.

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4. famille.gifLa Famille Tenenbaum

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Il y a des cinéastes comme Wes Anderson, qui ont leur univers bien à eux, ce qui fait de leurs films des OVNI auxquels on adhère immédiatement ou bien qui, au contraire, laissent totalement sur le bas-côté. Pendant un certain temps, je faisais partie de la seconde catégorie et cette Famille Tenenbaum, qui fut le premier film que je découvrais de cet auteur, m'avait paru être une comédie avec ses quelques bons instants, mais sans rien de véritablement transcendant. Quelques Vie aquatique, Darjeeling Limited, et Rushmore plus tard, cette Famille Tenenbaum n'a plus du tout la même saveur. Non pas qu'il faille se farcir toute la filmographie de l'auteur pour commencer à prendre plaisir à ses films : loin de là ! Mais il est évident que l'univers d'Anderson mérite pour la plupart un certain temps d'acclimatation pour le plus grand bonheur de ceux qui s'y sont risqués.

     Owen Wilson.    Luke Wilson, Gwyneth Paltrow, Gene Hackman, Anjelica Huston, Danny Glover et Ben Stiller.     Bill Murray et Luke Wilson.

 

En effet, ce qui fait la particularité de ces films à mes yeux, c'est cet aspect toujours un peu fantasque et fantastique qui ressort des galeries de personnages présents dans ces films. Dans cette Famille Tenenbaum, personne n'est vraiment normal, chacun agit selon une logique qui lui semble propre et qui, par bien des points, est bien éloigné de la nôtre. On les regarde de l'extérieur tels des journalistes se délectant des familles extraordinaires comme de l'intérieur tel un beau-frère qui ne sait pas où il met les pieds. Il en ressort un portrait atypique, pour une famille dont on ne voudrait certainement pas faire partie, mais qui néanmoins nous touche énormément et révèle plus de réel dans ces frasques que bien des spectacles conventionnels et pour le moins banals. Nul doute : un film à part.

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5. affichette.jpg Ghost World

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Quand j'ai découvert ce film, en 2005, Ghost World était à mes yeux la concrétisation anticipée de ce dont je rêvais à l'époque : voir un film réunissant deux des actrices qui alors hantaient mon esprit : Scarlett Johansson d'un côté celle qui venait tout juste de se perdre dans les translations de Sofia Coppola et Thora Birch de l'autre, dont je m'étonnais qu'on ne l'ait pas plus vue depuis sa magnifique interprétation dans American Beauty. Autant dire que le plaisir n'en a été que décuplé en découvrant par là même que le réalisateur de ce Ghost World, Terry Zwigoff celui donc qui avait anticipé mon rêve de cinéphile faisait partie de ces réalisateurs qui vivent dans un univers en décalage par rapport au nôtre.

Thora Birch et Dave Sheridan. Mars DistributionScarlett Johansson et Thora Birch. Mars Distribution http://images.allocine.fr/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/00/02/30/89/ph1.jpg

Le décalage. Oui, c'est bien cela qui ressort le plus dans ce Ghost World (quel titre révélateur d'ailleurs) et cela qui finalement me touche le plus dans ce film. Les deux héroïnes sont des adolescentes plongées dans un univers qu'elles trouvent absurde et pétri de vanité. Elles s'efforcent d'y vivre malgré ce sentiment qui les habite que ce devrait-être à ce monde de se plier à leur vision des choses plutôt que l'inverse. Ainsi, ces lycéennes appelées doucement sur le chemin de la vie adulte, basculent d'un univers superficiel à un autre de celui des adolescents à celui des adultes ne manquant pas d'agrémenter leur parcours de sarcasmes ô combien jubilatoires et de rencontres tordues, comme celle d'un Steve Buscemi absolument irrésistible. Mais le film a ceci de troublant qu'il sait subtilement naviguer entre le plaisir de la dérision et la tendre mélancolie qui ressort de ces personnages qui se battent vainement dans un monde qu'ils sont tout de même contraint d'accepter. Subtil et méditatif, ce Ghost World me reste encore aujourd'hui très vivement ancré dans l'esprit, tant son message est finalement d'une pertinence confondante d'universalité

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6. chihiro_1.gif Le voyage de Chihiro

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C'est à chaque fois la même chose A chaque fois qu'on me parle de Miyazaki, ce Voyage de Chihiro se retrouve systématiquement relégué derrière les Totoro et autres Princesse Mononoke, comme une sorte de réflexe. Je ne sais pas pourquoi, mais ce film se pose rarement comme une évidence à mes yeux, et pourtant, à bien y repenser et à chaque fois que je me suis risqué à nouveau à le voir c'est sûrement le film du magicien nippon qui me transporte le plus dans son univers. J'ignore si cette impression n'est propre qu'à moi-même, mais je trouve que ce Voyage a le souvenir ingrat étant donné la qualité de l'uvre qui nous est ici proposée. Est-ce parce que justement tout est homogène dans la perfection que rien ne ressort et que, du coup, on néglige ce Chihiro ?

   Le Studio Ghibli    Le Studio Ghibli    Le Studio Ghibli

En tout cas, pour ma part, nul doute n'est permis : ce film est incontestablement le plus réussi techniquement et le plus riche dans son univers créatif par rapport à toutes les uvres du maître. Car, si Totoro ou autres sont des films merveilleux d'une remarquable réussite, je n'ai pas souvenir qu'ils avaient cette capacité à nous faire passer d'un univers à un autre en alliant à ce point richesse et subtilité dans chacune des situations. De la ville perdue en plein milieu des plaines où les parents de la jeune fille se risquent à manger les plats abandonnés ci et là ; en passant par le château de l'infâme Yubaba, en passant par les multiples contrées par lesquels passent cet étrange train aquatique, le Voyage de Chihiro relève de la véritable épopée digne de l'Alice de Lewis Carroll ! Et ceci n'est au fond qu'un détail qui le distingue des autres Miyazaki, car après tout ce film se caractérise aussi et bien sûr par toutes les qualités habituelles aux toiles du maître nippon. En effet, le Voyage de Chihiro c'est une fois de plus une galerie de personnages attachants, le refus du mièvre, la créativité visuelle, un système de valeurs très subtil, une approche atypique de la notion de merveilleux, etc Bref, nul doute, j'ai beau l'oublier à chaque fois que je parle de Miyazaki, ce film fait pourtant partie de ceux pour lesquels je prends le plus de plaisir à le revoir. C'est un incontournable de cette année, incontestablement !

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7. affcie.gif Monstres & Cie

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A bien y réfléchir, il est tout de même bien rare de voir un studio en son entier devenir à lui seul un gage de qualité comme c'est le cas depuis plus de vingt ans pour Pixar. Des petites perles qui émaillaient les premiers festivals Imagina tel Lexo Jr. ou bien encore Geri's Game, jusqu'aux premiers long-métrages pour grand écran dont Toy Story fut le pionnier en 1996, l'histoire des studios Pixar est longue est pourtant pétrie d'éloges. Malgré tout, à sa sortie, ce Monstres et Cie n'avait rien pour séduire vraiment. Certes, on mettait en avant les performances techniques, notamment l'animation des fourrures, mais enfin bon ! vous conviendrez quand même qu'on ne fait pas un film que là-dessus ! De même, à remettre dans le contexte, le passage aux longs-métrages de la part de Pixar avait entrainé une grande infantilisation des histoires au dépend de cet humour silencieux et universel (je tiens à rappeler qu'à l'époque, seul Toy Story et 1001 pattes étaient sortis : deux films qui n'avaient pas les qualités que l'on connaît aux productions Pixar d'aujourd'hui). Bref, ce Monstres et Cie marque bien, en quelque sorte, un grand tournant dans l'histoire des studios à la lampe, puisque finalement il est le premier à avoir été en mesure de nous proposer un spectacle d'une richesse peu commune dans ce type de registre

    monstres7.jpg    monstres5.jpg    monstres3.jpg

En effet, ce qui fait que Montres et Cie n'est pas un film comme les autres, c'est qu'il se démarque enfin de cette « Disneyfication » qui touche alors presque tous les films d'animation produits alors en Occident : mièvreries, niaiseries, propos manichéens et simplistes auxquels s'ajoutaient régulièrement des chansons pour le moins pompeuses. Monstres et Cie est LE film qui se libère enfin de toutes ces conventions pénibles. Certes, on reste dans un univers de peluches, mais ce coup-ci, la créativité sans borne de ce grand univers fascinant (un monde de monstres qui utilisent des portes transdimensionnelles pour aller récupérer des cris d'enfants, source d'énergie vitale de leur monde : ce n'est pas rien quand même !) n'est pas dilué dans une histoire fadement plate. Ce qui suscite le plus grand des plaisirs dans ce film, c'est indéniablement cette subtilité des personnages, des situations, ou bien encore l'humour et l'émotion brute qui ressortent de ces mimiques et situations universelles qui peuvent se passer de mots, et qui faisaient d'ailleurs l'identité et la force des premières courts-métrages de chez Pixar. En plus de cela, s'y associe le fait que toute cette comédie est au service d'un regard de notre propre société, regard aussi subtil que railleur. Vraiment, je ne vois vraiment que des qualités à ce spectacle que je ne me lasse jamais de revoir régulièrement.

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8. http://images.allocine.fr/r_160_240/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/00/02/45/14/aff.jpg Spider

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Dans la filmographie de Cronenberg, ce film peut surprendre. Laissons de côté les corps qui se déchirent, la chair qui reprend ses droits sur l'esprit Ce Spider est un voyage de l'intérieur, celui d'un personnage trouble, troublé troublant Clef de toute cette histoire d'exploration, l'interprétation de Ralph Fiennes acteur de génie qui sait donner à cette longue aventure au sein d'un esprit malade et mutique toutes ses lettres de noblesse.

http://images.allocine.fr/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/00/02/46/13/ph3.jpg  http://images.allocine.fr/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/00/02/46/13/ph2.jpg  Ralph Fiennes. Metropolitan FilmExport

Alors oui, on pourrait être rebuté par le sujet, se dire que c'est certainement un long paraphe ennuyeux qui doit donner envie de se tirer une balle dans le caisson. C'est vrai qu'il n'est pas vraiment gai ce film, et ce n'est pas peu de le dire. Néanmoins, la création visuelle et sonore mise en place par le maître Cronenberg pour reconstituer cet univers à la force et la puissance de captation que celle que l'on ressent dans son Festin Nu autant dire que c'est avec délice qu'on se laisse sombrer dans ce film ô combien subtil et délectable

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9. http://images.allocine.fr/r_160_240/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/00/02/47/97/affiche.jpg Hush !

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Traiter de l'homosexualité est, à bien y penser, chose plus courante qu'il n'y parait dans le cinéma d'aujourd'hui. Cela en fait presque un sujet casse-gueule tant les cinémas d'auteur de tous genre s'y risquent, pour finalement ne faire qu'enfoncer des portes ouvertes et tourner en rond A ce titre, ce Hush! marque finalement les esprits car il s'en sort plutôt bien : sachant s'appuyer sur les rigidités de la morale japonaise pour faire de l'homosexualité non pas un tabou à lui seul, mais au contraire un aspect parmi tant d'autres de tout un corpus de tabous qui tournent autour de l'expression des sentiments en général.

http://images.allocine.fr/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/00/02/47/97/ph2.jpg http://images.allocine.fr/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/00/02/47/97/ph1.jpghttp://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/00/02/47/97/ph4.jpg

Hush fait aussi plaisir à regarder car il n'a pas peur de mettre les pieds dans le plat. Il n'a pas peur de s'immiscer clairement dans le sentiment homosexuel plutôt que d'en faire une simple déclinaison abstraite de cette bien-pensante hétérosexualité. Et puis surtout, il n'y a pas dans ce film ce militantisme parfois bien maladroit que l'on peut retrouver dans les films d'Occident. A ce niveau là, la sobriété du cinéma nippon, parfois un brin trop exacerbée dans ce film, se révèle au final du meilleur ton tant elle évite les écueils habituels dans le genre. Au final, la qualité intrinsèque de ce film repose incontestablement dans sa simplicité, qui ici agit comme une véritable bouffée de fraicheur. Un film unique

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10.http://images.allocine.fr/r_160_240/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/00/02/48/77/affiche2.jpg  La mémoire dans la peau

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Les lecteurs de XIII ne manqueront pas de penser à leur espion préféré face à cette histoire d'inconnu laissé pour mort en pleine mer déchaînée, repêché par un chalutier qui passait par ici au plus grand des hasards, mais qui a le malheur de se réveiller totalement amnésique Cette aventure qui se profile, à la recherche de son identité, on la connaît ! Pourtant, il faut avouer qu'elle permet une identification tellement rapide à l'individu qu'elle en devient captivante

http://images.allocine.fr/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/00/02/48/77/ph2.jpg http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/00/02/48/77/ph1.jpg http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/00/02/48/77/ph3.jpg

Eh oui, il faut bien avouer que Doug Liman doit toute sa réussite au fait que son intrigue sait prendre tout de suite au corps. A cela plusieurs raisons. Tout d'abord on notera cette réalisation sobre qui sait éviter toutes les putasseries propres au cinéma d'action, ce qui lui donne incontestablement une authenticité captivante. Mais aussi il y a ce cadre atypique pour de telles aventures : l'Europe et en l'occurrence la France, ce qui témoigne surement de la volonté de l'auteur de s'inscrire dans la lignée de la belle époque du polar noir à la Melville Bon, après il est vrai qu'il faut savoir encaisser le jeu limité de Matt Damon (heureusement sur les DVD, la version française est disponible !), mais la présence de la fraiche Franka Potente parvient à compenser cette tare comme il se doit. Au final, une vraie réussite pour cet opus qui marquera d'ailleurs le début d'une trilogie de très haut niveau

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Mais aussi

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aff_ali_1.gif Ali

Alors que traditionnellement, le « biopic » est souvent synonyme de film lisse prétexte à un caméo d'acteur en mal d'Oscar, cet Ali de Michael Mann a ce grand mérite de savoir sortir des hagiographies standardisées qui corrompent aussi bien l'histoire du personnage mis en avant qu'elles ne bâclent le déroulement de l'intrigue. Ici, le personnage n'est pas un symbole à respecter, mais une identité à comprendre. Il n'est pas non plus peint au travers de son parcours, mais il est peint au travers de son combat celui de tous les jours. Ali, c'est le chaos d'une période, un état d'esprit, plutôt que les affres d'un individu. Ali possède ce que peu de « biopics » possèdent : un souffle, une âme torturée, qui au sortir du film n'est jamais vraiment apaisée La démarche est trop rare pour qu'elle ne suscite pas au moins un minimum d'intérêt de votre part, et donc aussi un petit détour...

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affiche2.jpg Bowling For Columbine

Michael Moore entre chez un coiffeur ; on l'installe, et là il demande s'il peut acheter des munitions pendant qu'on lui fait sa coupe. Voilà l'introduction de ce Bowling For Columbine, sûrement le brûlot le plus abouti du documentariste satirique Michael Moore. Comme d'habitude, cela pourra sembler parfois démago, caricaturale, sélectif ou facile, il n'en reste pas moins que la démarche est toujours d'une efficacité sans faille et touche toujours dans le mille. On s'interroge, on s'interloque, on est saisi d'un illogisme qui fait autant sourire qu'il ne révolte. C'est en plus la grande force de Moore de savoir éviter la leçon de morale pompeuse au profit d'une satire qui sait faire rire de l'absurde qu'il dénonce. Au-delà donc d'une dimension d'utilité sociale de l'uvre, c'est surtout pour le plaisir que suscite une telle entreprise qu'on finit donc toujours par revenir vers ce film d'une efficacité déroutante.

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zoolander2_1.gif Zoolander

On range souvent et trop facilement Ben Stiller dans la catégorie de l'humour potache, comme ce fut d'ailleurs le cas pour son dernier Tropic Thunders Zoolander est d'ailleurs à ce titre sûrement le film le plus méprisé de cet auteur. Il est vrai que le jeu de mimiques maniérées de Stiller l'acteur a de quoi irriter en son début. Quant à la critique qui est faite du monde de la mode, elle semble très vite limitée. Mais ce n'est finalement pas cela l'intérêt de film. Son intérêt se retrouve plutôt dans son audace à sans cesse plus d'hurluberlusqueries (mot compte triple), si bien que dans sa seconde partie, le film parvient à dériver dans un autre monde, qui a ses propres codes, et qui par bien des aspects suscitent les fous-rires tant il penche de plus en plus vers l'invraisemblance assumée. C'est finalement cela Zoolander : un cri d'amour à la vanité, certes inutile par essence, mais tellement inoffensive qu'on s'ennuierait presque si elle ne s'exprimait pas si fréquemment. A ce titre, revoir le film une deuxième, puis une troisième, relève pour le coup de la plus belle des bonifications, tant les détails qui nous ont échappé viennent enrichir notre vision de cet OVNI du septième art

 

http://images.allocine.fr/r_160_240/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/00/02/38/77/affiche.jpg L'auberge espagnole

 De tous les auteurs du sérail français, Cédric Klapisch est surement celui qui a su le mieuxx cultiver et maintenir une identité aussi particulière qu'intéressante. Cela se ressent notamment dans cette Auberge espagnole, portrait frais et amusant de l'esprit européen de l'époque. Le film vaut d'autant plus le coup que quelques années plus tard, Klapisch saura nous gratifier d'une suite intitulée les Poupées russes et qui, une fois n'est pas coutume, surpassera de loin cet original pourtant déjà très bon. Deux raisons donc pour découvrir ce film à mille lieues des productions pompeuses auxquelles notre cinéma national nous habitue désormais

 

tesis_1.gif Tesis

Direct dans son sujet et dans la façon de le traiter, ce Tesis avait été à l'époque récompensé de son efficacité par le Goya du meilleur film chez nos amis d'outre-Pyrénées. Pourtant, Amenabar s'est aventuré là sur une pente bien glissante puisqu'il retrace le parcours d'une jeune étudiante en audiovisuel qui, voulant construire sa thèse sur la violence à l'écran, se retrouve sans le vouloir mêlé dans une affaire de meurtres en séries, tous commis dans le but de réaliser des snuff movies. Forcément, avec un tel sujet, le film se met lui-même en abime mais sait s'en tirer grâce à un ton sec et ô combien efficace. Au final, la finesse du propos et la percussion de la forme savent faire de ce film un évènement positivement marquant dans l'histoire d'un cinéphile épris de ce genre de pépites

 

amen.gif Amen

Ce film est, certes, loin d'être le meilleur commis par Costa-Gavras, mais il n'en reste pas moins remarquablement prenant. A l'époque le film avait suscité la polémique en mettant en scène la collaboration de l'Eglise romaine à la politique menée à l'époque par le IIIe Reich. Cette polémique aura finalement plus desservi le film qu'autre chose car il faisait se focaliser le spectateur sur un seul aspect du film, en lui faisant par la même négliger le reste : cette merveilleuse histoire humaine incarnée avec talent par un Mathieu Kassovitz au sommet de sa gloire. La polémique appartenant désormais au passé, mais ce film demeurant immortel dans ses intentions et dans sa qualité, le moment est donc idéal pour le découvrir ou le redécouvrir sans hésiter

 

http://images.allocine.fr/r_160_240/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/00/02/52/74/affiche2.jpg Meurs un autre jour

Certains s'interrogeront sur la présence de James Bond dans cette sélection 2002, s'appuyant effectivement sur le fait que depuis belle lurette, les aventures de l'agent de sa Majesté sont reléguées au rang des grands spectacles pyrotechniques sans saveur. Pourtant, pour ce vingtième épisode que j'étais d'ailleurs allé voir sans conviction (n'oublions pas que ce Die Another Day succédaient aux exécrables The World Is Not Enough et autre Tomorrow Never Die) j'ai été surpris par la qualité, l'efficacité et surtout l'originalité de l'opus réalisé par Lee Tamahori. Dès l'introduction, l'arrivée de l'agent 007 en surf sur les côtes minées de Corée, ainsi que le combat qui s'en suit à coup d'aéroglisseurs, laissent suggérer un renouvellement de la saga. Et ce n'est pas raté : entre le sort inattendu qui attend l'agent Bond, la surprenante Halle Berry en James Bond Girl, et le regard porté sur le symbole que l'agent britannique incarne au travers de son opposant des plus charismatiques, les objets de satisfaction sont multiples. Notons d'autant plus que cet anniversaire « bondien » est célébré dans un merveilleux mariage entre les références passées et les nouveaux codes apportés, le tout se faisant tambour-battant, sur un rythme qui ne se désintensifie pas un seul instant. Mis à part peut-être le thème du film interprété par Madonna (à croire que la qualité de la chanson d'introduction est désormais devenue inversement proportionnelle à la qualité du film) tout concourt à faire de ce vingtième opus un des meilleurs de la saga. En tout cas, à mes yeux, cela ne fait aucun doute

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affasterix.jpg Astérix et Obélix : mission Cléopâtre

Dernier film à être cité dans ce top, mais non le moindre, cette remarquable réussite qu'est cet Astérix & Obélix : mission Cléopâtre. Et quand on parle de réussite, il faudrait même parler de double réussite ! Car en effet, cette adaptation au cinéma du célèbre gaulois se fait dans la continuité du premier essai tenté par Claude Zidi et qui s'est avéré être un effroyable bide (à raison d'ailleurs). Retourner dans cette aventure gauloise en faisant oublier cette immondice était donc déjà chose difficile. Mais Alain Chabat a su doublement triompher aussi en parvenant cet incroyable mariage entre l'humour de Goscinny, et celui des Nuls. Une mission réussie au final, aussi bien remarquable sur le plan visuel (il faut dire que le budget fut pharaonique) que sur le plan de l'humour. Seul regret peut-être, le fait que nos charmants Gaulois aient souvent été mis dans l'ombre de cette pléiade de personnage dont celui incarné par Jamel Debbouze, un brin trop présent (mais la prestation de Gérard Darmon saura effacer tout cela) D'une certaine façon, cette Mission Cléopâtre est un petit peu cette suite de la Cité de la Peur dont tout le monde rêvait, mais qui n'ait jamais survenue. Le pied

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Publié par L'homme-grenouille - dans Sélections de l'homme-grenouille
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Startouffe 19/09/2010 12:29

Spider-man, 1er : carrément !Salut mon Darkou ! Eh oui, j'avoue et j'assume : Spidey 1er du nom, j'ai kiffé sa race ! Et tu n'as pas tort de dire que c'est peut-être le plus teenage des trois volets de Raimi. C'est justement cela qui me fait l'apprécier autant : ce côté héros mi-immature, mi-insouciant... Et surtout ce côté héros sur la paille qui me plait tant : celui qui fait ça avec les moyens du bord, celui qui n'est pas sûr de réussir ses cascades... Tu évoques aussi le côté Frelon vert fluo : c'est vrai, mais ouvre les comics et tu verras qu'on est loin du compte de l'esprit d'origine, donc moi ça ne m'avait pas choqué outre-mesure...

Bon, après on pourrait effectivement s'étonner que je fasse tant d'éloges sur le 1er et que les deux autres épisodes ne figurent que sur listes additionnelles (mais ils sont quand même là !) A cela deux raisons : tout d'abord, concernant le second opus, j'ai un peu moins apprécié que les deux autres, même si je l'ai trouvé vraiment très bon. Quant au troisième, inégal mais vraiment chouette, il a aussi subi les effets d'une année 2008 de très grande qualité. Parce qu'il ne faut pas se leurrer non plus, ce Spidey arrive number one aussi ârce que la concurrence en 2002 a été moindre...

Enfin voilà ! J'espère que cette interrogation que tu t'ai posée quand à cette première ne t'as pas gâché la découverte de ce top dont le but reste avant tout de faire découvrir (ou bien faire sortir de l'oubli) des films qui me semblent mériter le détour... Aplus sur ce blog cher Darkskywalker...

Darkskywalker 11/09/2010 17:03

Spiderman en première position?Voilà un choix surprenant. Je t'avoue que j'ai toujours considéré cet opus comme le moins bon de la trilogie, celui qui était le plus orienté jeune public, avec son méchant en costume de Power Rangers, et le moins original en terme d'approche. D'où ma surprise lors de Spiderman 2 avec un Sam Raimi qui livre un film plus intimiste, plus audacieux dans sa mise en scène, bref un film qui tel son héros se lâche davantage.

Idem pour Spiderman 3 où il aura tenté de poursuivre cette démarche en y ajoutant une touche plus sombre mais en retombant malheureusement de manière plus maladroite dans le conventionnel au dénouement. Pourtant je ne crois pas avoir vu les deux suites dans tes classements des années suivantes, faut croire que tu as dû avoir un sentiment opposé au mien.

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