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14 septembre 2014 7 14 /09 /septembre /2014 17:38

 

 

Rétro 92 (entête) JPEG

 

Ça y est ! Il est de retour ! Le classement rétrospectif par année ! Bon, je claironne ça comme si c’était un évènement mondialement attendu, mais bon, j’avoue que si je me suis un peu bougé le cul pour me remettre là-dedans, c’est parce qu’on me l’a demandé à plusieurs reprises, soit par commentaire, soit par mail. Mais bon, ça me fait plaisir de me remettre à ça. J’avoue que le transfert surprise de ce blog d’Allociné à Overblog a été l’un des principaux responsables de l’arrêt de cette démarche. Il y avait tellement à corriger (il y a d’ailleurs ENCORE tellement à corriger, entre les ponctuations disparues et les photos mal dimensionnées : c’est titanesque) qu’un instant je m’étais arrêté d’écrire pour corriger l’essentiel et rendre le blog davantage présentable. C’était un tort. Je m’en veux un peu d’avoir laisser tomber un concept qui me plaisait et qui visiblement plaisait aussi à pas mal d’entre vous, notamment à ceux qui sont encore en pleine exploration du cinéma et qui recherchent quelques pépites. Le moment est donc venu de reprendre cette rubrique avec le même état d’esprit qu’au moment où je l’avais initié. Pour ceux qui, malgré tout, ne le connaitraient pas, je tiens juste à préciser que je ne suis pas du genre à vouloir me faire complet, universel ou consensuel dans mes choix. Je vous présente mes coups de cœur personnels. Après, si une absence vous intrigue, si vous avez un conseil à me donner, n’hésitez pas ! Je ne serais super heureux de profiter de vos lumières.

 

 

Top 10

 

 

 

http://fr.web.img4.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/65/05/94/19253696.jpg1. Batman, le défi 

 

Il y a des années pour lesquels le n°1 s’impose naturellement et il y a des années où je pourrais refaire le top une heure plus tard et inverser les trois premières places sans que ça ne me choque davantage. Cette année 1992 fait clairement partie de la seconde catégorie. Pourtant, pour beaucoup, même sans avoir pris le temps de regarder le reste du classement, un film tel que ce Batman le défi leur apparaitrait comme indétrônable en tête de ce podium. La réputation de ce film n’est plus à faire pour beaucoup, et ce serait certainement brasser des évidences que de rappeler les raisons qui me poussent à le préférer à tous les autres. Malgré tout, comme pour tout, et parce que tout le monde ne connait pas forcément ce film, des précisions sont toujours bonnes à donner.

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Certes, peut-être que pour les générations qui n’étaient pas encore nées en 1992 et qui n’ont pas eu l’occasion de découvrir ce film au moment de sa sortie, l’aspect « tournage studio » totalement artificiel du film pourra surprendre et choquer, au point de considérer que le film a mal vieilli. Pourtant, moi, c’est justement l’un des points que je préfère dans ce film. Là, pour le coup, Tim Burton s’est totalement lâché. Ce « Batman » est avant tout un univers, et cet univers est pour moi remarquable de richesse, d’originalité et d’épaisseur. Gotham a une réalité physique dans ce film. Certes elle est lourde, rude, austère, factice… Mais aussi ce qui en fait de ce film une sorte de théâtre grandiose, d’opéra baroque, que je trouve absolument formidable. Dans ce film, je trouve que Gotham est finalement le personnage principal. Batman, le pingouin ou bien encore Catwoman n’en sont finalement que des éléments de décor. Ils ne font qu’incarner la difformité, la démence et la dimension surnaturelle de cette ville. Cette œuvre est d’une cohérence artistique parfaite, qu’il s’agisse des décors de Welch, de la musique d’Elfman, de l’interprétation remarquable du trio Keaton / De Vito / Pfeiffer ; ou bien tout simplement de la réalisation métrique de Burton. Franchement, c’est quand je revois des films comme celui-là que je me remémore à quoi ressemblait à l’époque le grand Tim Burton…

 

 

http://fr.web.img1.acsta.net/r_160_240/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/89/41/43/20052107.jpg2. Le Festin nu

 

Oui, je me doute, certains ont peut-être hurlé intérieurement à l’hérésie en ne voyant ce Festin Nu qu’en deuxième position. A ceux-là, j’aurais envie de dire : « regardez les films que j’ai mis après ce Festin nu pour comprendre l’attachement que je lui apporte. » Alors certes, il n’est pas premier ce chef d’œuvre de David Cronenberg. Je lui ai sûrement préféré Batman le défi parce que le film de Burton m’a suivi de nombreuses années depuis l’enfance, à différentes étapes de ma vie, ne pouvant ainsi lui retient l’impact fondamental qu’il a eu sur moi. A dire vrai, c’est peut-être la seule raison qui justifierait le fait que l’univers fantastique de la Gotham burtonienne se retrouve devant le nom moins fantastique univers constitué par le grand roi David.

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Parce que oui, certains retiendront surtout dans ce film le fait qu’il est une adaptation très osée d’un roman de William Burroughs jugé pourtant inadaptable, mais moi j’avoue que je n’accorde que peu d’importance à ce genre de considération et ne retiens dans tout cela que l’univers cronenbergien qui est ici magnifié dans ce film. Alors après, attention : je ne retire aucun mérite au travail de Burroughs et ne renie pas sa participation à l’édification de ce monde. Mais bon, voilà, de ce matériau de base, le grand David a trouvé là le support parfait à l’expression de son talent. Ce que j’aime dans ce film, ce n’est pas forcément le sens à donner à ce film. Certes, le Festin nu est une merveilleuse exploration de l’univers mental torturé de l’écrivain, et plus largement du créateur. Mais moi, ce que j’en retiens, c’est le sens du film dans sa signification littéral. C’est un film sensitif. C’est un film qui sollicite les sens. C’est un film qui brasse les sens. C’est un film qui me conduit dans un univers de sensations totalement nouvelles. Et c’est pour des films comme cela que je vénère et respecte le grand roi David. Et si la figure cronenbergienne siège sur la banderole de ce blog, c’est notamment pour toutes les sensations que le réalisateur canadien a su me transmettre. Et dans ce champ d’expérience, le Festin nu en est l’une des clefs de voûte…

 

 

http://fr.web.img4.acsta.net/r_160_240/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/35/49/60/18869530.jpg3. Reservoir Dogs

 

Est-il encore nécessaire de présenter Quentin Tarantino pour quelqu’un qui a déjà navigué sur ce blog ? Paradoxalement, peut-être que oui. Après tout, Maître Quentin ne fait pas partie de ces réalisateurs qui ne parlent qu’au travers de leur film comme le font des Christopher Nolan ou des Stanley Kubrick. Tarantino est un personnage à part entière. On le voit. Il s’exprime. Il fixe une image à sa filmographie qui tient autant de ce qu’il montre de lui que ce qu’il montre réellement à l’écran. Ainsi assimile-t-on peut-être trop facilement le cinéma de Tarantino à un cinéma grande-gueule, surfait, outrancier et vulgaire. Il est vrai que ce fut parfois le cas – après tout la filmographie d’un auteur est évolutive – mais se rappeler ce qui fut le premier long-métrage du bonhomme permet aussi de rappeler ce qui m’apparait comme une évidence : Quentin Tarantino, c’est avant tout un génie qui maîtrise remarquablement les codes du cinéma et sait avec brio les réinventer. Voir ou revoir Reservoir Dogs, c’est s’ouvrir à cette évidence.

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Au départ, j’étais parti pour le mettre un peu plus bas dans le classement ce film, me laissant justement dupé par ce personnage de Tarantino que je n’apprécie que modérément. Mais j’ai pris le temps de me souvenir des films, de ce que j’en avais retenu, de ce que cela m’avait fait ressentir. Or, déjà, ce Reservoir Dogs est quand même un film remarquablement mené. Presque en huis-clos, la narration est découpée par des insertions qui apportent des informations et des dimensions nouvelles à l’intrigue principale qui se déroule sous nos yeux. Ce procédé remarquablement maitrisé permet à Tarantino de faire ce qu’il est peut-être le seul à maitriser aussi bien : amorcer et désamorcer les tensions. Un temps on sourit, on prend ces voyous pour des imbéciles de secondes zones et sans cultures. Dans la minute qui suit ils se transforment en personnages tragiques d’un drame rude et cruel. C’est son premier film, et ça, il le maitrise déjà à la perfection. Le paradoxe veut malgré tout que le maître Quentin ne s’est pas encore totalement débridé, ce qui donne une mesure phénoménale dans le rythme et dans les formes de narration. C’est très équilibré, tout en étant audacieux. Ce film est à la fois un film totalement tarantinien mais en même temps tellement à part dans sa filmo. Je l’avoue. Plus j’y repense et plus je me rends compte à quel point j’aime ce film. Voilà une pépite plus que recommandable pour qui ne s’y est pas encore risqué.

 

 

http://fr.web.img1.acsta.net/r_160_240/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/93/01/83/20345323.jpg4. Candyman

 

C’est sûrement, des classiques que j’ai découvert après coup, l’une des plus grosses surprises que j’ai pu avoir. Pour moi Candyman, cela devait être un banal slasher movie dans la plus pure des traditions, sans originalité ni réelle saveur. Eh bah comme dirait le philosophe américain Jack Slater, c’était bien là une « monumentale erreur » de ma part. Mais au fond, ce ne fut pas tant un mal que cela car, après tout, la surprise et le plaisir n’en furent que plus grands. Ce qui me chagrine par contre, c’est de constater que cette monumentale erreur, je ne suis visiblement pas le seul à l’avoir commise. Très peu vu sur la plupart des sites dédiés au cinéma, les rares critiques se révèlent en plus très disparates. A croire que le peu qui s’y sont risqués n’ont voulu voir dans ce film que ce qu’il avait préconçus de lui : un simple slasher sans originalité… Pourtant, à mes yeux, il est tellement plus que ça…

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Ce qui m’a choqué le plus dans Candyman, c’est que c’est un film qui se décide à ancrer son épouvante dans un contexte social marqué. Le fantôme qui hante les esprits, et qu’il ne faut pas trop solliciter par la parole, c’est la fracture sociale. A quelques kilomètres du centre se trouve ces quartiers désolés de Chicago ; cette bombe sociale qui ne demande qu’à exploser et dont il faut taire le nom. En parler, c’est allumer la mèche, c’est faire en sorte que le ghetto s’invite chez soi ; c’est faire en sorte que le noir opprimé se rappelle à sa légitime colère. Mais entendons nous bien : ce n’est pas parce que je trouve une grille de lecture socialisante à ce film qu’il suffit, à mes yeux, pour en faire un chef d’œuvre. Non, ce postulat n’est qu’une base. Autour d’elle, Bernard Rose a eu l’intelligence de dresser un code d’épouvante qui rend le malaise social palpable ; qui parvient à presque réinventer le principe de la légende urbaine pour faire qu’on perçoive la ville comme une nouvelle jungle primitive dans laquelle l’humain n’est finalement pas si civilisé que cela.

 

 

http://fr.web.img6.acsta.net/r_160_240/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/65/05/56/19779690.jpg5. Basic Instinct

 

Il y a des films qui bercent notre univers culturel, qu’on le veuille ou non. Basic Instinct en fait partie. Ces croisements de jambes menés par une Sharon Stone sans culotte sont désormais rentrés dans l’inconscient collectif, ce qui conduirait presque le public à ne voir dans Basic Instinct qu’un classique parmi tant d’autres, alors que bon, il faut bien reconnaître qu’il est difficile de percevoir dans un film de Paul Verhoeven un quelconque classicisme. Parfois certains voient ce film et ne comprennent pas ce qu’on lui trouve. Certains le diront finalement bien peu subversif par rapport à ce qui peu se faire aujourd’hui. Peut-être est-ce parce qu’ils n’auront pas été touché par ce qui fait pour moi tout le sel de ce film : le charme de Sharon Stone.

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Des fois, je me dis qu’il faut éventuellement être de sexe masculin et hétérosexuel pour prendre vraiment son pied face à ce film car pour moi, ce thriller n’est dérangeant que si on se laisse prendre dans le jeu de séduction du personnage de Catherine Kramer. C’est pour là tout l’intérêt de l’intrigue : remarquer comment la raison peuvent être altérés par les sens ; comment la volonté peut-être corrompue par le désir. Pour qui ne parvient pas à se laisser prendre par le jeu habilement et perfidement mis en scène par Paul verhoeven, je peux comprendre qu’on reste distant face à ce qui peut être alors perçu comme un thriller un peu froid. Mais bon, ce serait dommage, car je trouve que le talent de l’ami hollandais est vraiment mis à contribution dans ce film et que tout est là pour que le charme opère. Une fois dit ça, je n’ai plus grand-chose d’autre à dire, si ce n’est espérer que le charme fonctionne sur vous comme il a pu fonctionner sur moi.

 

 

http://fr.web.img1.acsta.net/r_160_240/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/66/41/14/18931839.jpg6. La famille Addams

 

Ah ! Et dire qu’autrefois cette Famille Addams était une série télévisée ! Et dire qu’autrefois Fétide n’était pas incarné par Christopher Lloyd ! Et dire qu’autrefois la Famille Addams n’était pas habité par l’esprit déluré de Barry Sonnenfeld ! Une fois, pour l’amusement, je m’étais amusé à regarder en streaming quelques épisodes de cette série originale. Loin de démériter, surtout pour son époque, celle-ci avait eu le mérite de poser des bases amusantes, où finalement une famille de Frankenstein et autres sorcières renversaient les codes habituels de la comédie traditionnelle familiale. L’idée était sympa mais, plus je le revois plus c’est une évidence, Barry Sonnenfeld a vraiment donné une dimension incroyable à cet univers au point de le rendre mythique.

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Quand on regarde les adaptations des autres séries du même genre, comme les Drôles de Dames, l’agence tous risques ou autres chapeau melon et bottes de cuir, on peut s’imaginer ce qu’aurait pu devenir la Famille Addams si elle avait était adapté par un simple quidam. Mais dans les mains du grand Barry, cette farce gentillette s’est transformer en comédie aussi légère que grinçante. Les Addams ne sont plus des freaks dont on se moque parce qu’ils ne sont justement pas dans la norme, ils deviennent des individus attachants pour leur façon d’assumer ce qu’ils sont et ce qu’ils aiment, tout en questionnant le monde normal, non pas parce qu’ils ne leur ressemblent pas, mais juste parce qu’ils ne semblent pas aimer et assumer ce qu’ils sont. Tous les ressorts comiques reposent là-dessus et sur la capacité d’un casting 5 étoiles à donner vie à cette famille qui ne juge personne mais que tout le monde juge. Encore aujourd’hui, je trouve que ce film n’a pas vieilli et qu’il est toujours autant divertissant. Comme quoi, c’est parfois en sortant de son époque qu’on devient intemporel…

 

 

http://fr.web.img3.acsta.net/r_160_240/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/62/94/56/19172299.jpg7.  C’est arrivé près de chez vous

 

1992… Plus j’y repense et moins j’en reviens. A la date de rédaction de cet article (2014) ce film a plus de vingt ans. Et pourtant, quelle modernité ! Sept ans avant le Projet Blair Witch, c’est arrivé près de chez vous invente le found footage avec une efficacité et une pertinence remarquables. L’air de rien, c’est arrivé près de chez vous, c’est quand même l’un des pitchs les plus audacieux et les plus casse-gueules de l’histoire du cinéma : proposer un film qui se présente comme un reportage mené sur un tueur à gage qui explique ses méthodes et son quotidien. Le film pourrait s’écrouler dans les cinq minutes si le choix qui avait été fait n’avait été celui de la comédie satirique. Et quand je dis « satirique », finalement, je suis loin du compte.

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Plus que satirique, c’est arrivé près de chez vous est en fait extrêmement cru, noir et sans aucun état d’âmes sur les tabous qu’il aborde. Meurtres d’enfants, de vieux, exprimés sans aucun état d’âmes, le film va très loin, certains diront même trop. C’est vrai qu’on ne pourra pas le reprocher à ce film, c’est qu’il est jusqu’au-boutiste. Il pousse vraiment le trip jusque dans ses derniers retranchements, jusqu’au malaise, presque jusqu’à l’écœurement. Mais pour moi, cette démarche est tout au service du film. Sans cela, le film se serait vite dégonflé et se serait limité à la simple farce. Avec cette dynamique qu’on ressent assez rapidement, on craint intérieurement de la destination vers laquelle on nous emmène : à raison.  Le trio de réalisateur parvient à éviter toute caution des actes de son personnage principal, tout en sachant ne pas tomber dans le racolage. Le dosage a été bon. L’interprétation de Poelvoorde est mémorable. Le film, lui, est juste excellent d’audace et de pertinence. Chapeau…

 

 

http://fr.web.img5.acsta.net/r_160_240/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/36/23/21/18464031.jpg8.  JFK

 

Année 1992 : Année pleine de chefs d’œuvre ! Déjà la huitième place et voilà que se profile encore un film à 5 étoiles… Là, pour le coup, il est question de ce qui reste pour moi le meilleur film d’Oliver Stone (et aux vues de sa filmographie récente, je pense que ce film le restera ad vitam aeternam !) mais aussi d’un excellent thriller politique, sur une question qui pourtant, n’avait rien d’évident tant il est sujet à polémiques et à des prises de pied dans le tapis. Mais Stone a su selon moi faire le bon choix, celui qui consiste à laisser le final cut au cinéaste plutôt qu’au militant.

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Certes, JFK est un film plaidoyer mais c’est aussi et surtout un remarquable thriller. Stone joue la carte du suspense, de la fausse piste, des personnages hors-normes. Alors certes, parfois il a recours à un registre émotionnel qui n’est pas forcément du bon ton, afin de coller à ce style conventionnel / grand public qu’il a voulu se donner. Mais bon, pour moi ça ne retire rien à l’efficacité de tout le reste. Certes, il romance souvent. Certes, il invente parfois, mais c’est toujours au service de son histoire et de son efficacité. En cela le film est brillant, maitrisé de bout en bout par son réalisateur, et interprété par un casting absolument remarquable. Là, pour le coup, on peut parler de classique, mais un classique qui vaut vraiment le coup pour son efficacité et son talent.

 

 

http://fr.web.img4.acsta.net/r_160_240/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/00/02/51/07/dernier.jpg9. Le Dernier des Mohicans

 

Michael Mann, pour moi, c’est avant tout les polars mélancoliques très bien filmés à la Heat, Collateral ou autre Manhunter. Pour qui aborde donc le personnage selon le même angle que celui que je viens de vous présenter, ce Dernier des Mohicans a de quoi décontenancer. Plus classique dans la forme, moins personnel dans le fond, ce film ne transpire pas vraiment la personnalité de l’auteur si bien que le fan de Michael Mann pourrait être subitement déçu. Mais bon, au-delà de ça, l’amoureux du cinéma classique américain a de grandes chances de trouver son compte dans ce film certes classiques, mais très efficace sur bien des points.

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Certes, la personnalité de Mann ne s’exprime pas, mais son talent, lui, il s’exprime. Le bonhomme maitrise incontestablement son espace visuel et sonore, sachant lui donner une dimension peu commune au cinéma. Il sait aussi mettre le doigt sur la dimension tragique d’une histoire, non pas celle qui va faire pleurer dans les chaumières, mais celle qui va parvenir à laisser un goût d’injustice du monde au milieu d’une logique qu’on n’a pas vraiment envie de questionner non plus. Au fond, le dernier des Mohicans parvient à être ce qu’on attend de lui, une vraie aventure humaine avec des personnages forts. Rien que pour cela, je remercie Michael Mann du plaisir apporté.

 

 

http://fr.web.img4.acsta.net/r_160_240/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/70/94/33/19205675.jpg10. Wayne’s World

 

Oui, c’est vrai, ce film a souvent un humour d’attardé. Oui, c’est vrai, ce film a des allures de teen movie légèrement demeuré et pas très élaboré. Et oui, pour qui connait l’humour de Mike Myers par cœur et en est légèrement gavé, ce film peut devenir une purge. Tout ça, c’est vrai et je le reconnais entièrement. Seulement voilà, ce top est fait à l’affect, et moi mon affect il me dit qu’en 1992, après les neuf films que je viens de citer, c’est Wayne’s World que je préfère !

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Rassurez-vous ! Je ne compte pas me limiter à cette seule explication pour justifier la fin de mon classement ! Certes c’est nounouille ce film, mais c’est quand même un humour qui me parle. C’est simple, pas prise de tête, ça a du recul sur le niveau fixé, et ça sait surtout jouer des codes du cinéma assez malicieusement. Preuve en est, cette histoire de chaine télé qui veut absolument faire de Wayne’s World ce qu’il n’est pas et qui n’a pas compris l’essence du concept. L’état d’esprit du truc est un tout : c’est aussi parce que c’est cheap, simple et pas très élaboré que c’est justement sympa. En ça, je trouve que le film a tout compris. De plus, il pourra se targuer d’avoir une suite à la hauteur de lui-même, ce qui n’est pas rien. Pour moi, ces deux Wayne’s World, à défaut d’être des chefs d’œuvre, sont malgré tout des monuments qui ont marqué une époque et que je ne peux m’empêcher d’apprécier et de vouloir transmettre.

 

 

 

 

Mais aussi…

 

 

 

http://fr.web.img6.acsta.net/r_160_240/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/70/93/98/19117479.jpg Twin Peaks - Fire Walk With Me

Un lynch et un Cronenberg la même année : je suis gâté. Mais bon… Un avertissement s’impose : je pense qu’on ne peut apprécier ce Fire Walk With Me que si on a déjà vu la série Twin Peaks. De même, je tiens à préciser que même pour ceux qui ont vu la série, ce film est peut-être dispensable et légèrement en deça de son original. Mais bon, Twin Peaks reste Twin Peaks et Lynch reste Lynch. Difficile de ne pas rentrer dedans et de ne pas se faire happer par l’univers de ce film si on aime la série d’origine...

 

http://fr.web.img2.acsta.net/r_160_240/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/00/02/40/70/impitoyable.jpg Impitoyable

Du bon Clint, dans la pure tradition de ce qu’il fera par la suite. « Impitoyable » c’est réfléchi, sobre et diablement efficace. Pour moi c’est un film qui a de la personnalité, indéniablement. Et rien que pour ça, qu’est-ce que ça fait du bien.

 

 

http://fr.web.img3.acsta.net/r_160_240/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/36/28/67/18468823.jpg L’amant

Je sais qu’il est vilipendé ce film de Jean-Jacques Annaud. Certains diront qu’il est un peu trop cul-cul, d’autres diront qu’il massacre le roman original. Ce n’est pas totalement faux. Moi, malgré tout, je ne peux m’empêcher de l’apprécier ce film parce que je le prends certainement d’un point de vue différent de celui de ses détracteurs. Ce film, je le prends comme une bluette, une comédie romantique, avec juste un ton un peu plus maussade, un peu plus de cul et un peu moins de happy end rose-bonbon. Jean-Jacques Annaud est quand même loin d’être un manchot dans sa réalisation et le duo Jane March / Tony Leung est, je trouve, très choupinou. Peut-être que si vous abordez ce film comme moi, vous saurez y trouver le même plaisir…

 

http://fr.web.img6.acsta.net/r_160_240/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/35/16/35/18365836.jpg Alien 3

Chose peu courante dans mes tops. J’y glisse un film auquel je n’ai attribué dans mes critiques que 3 étoiles sur 5. Parce que oui, ce troisième épisode d’Alien est pour moi loin d’être une réussite. Pour autant, c’est un film qui, je trouve, a le mérite d’exister. Il a une ambiance. Il reste propre et ambitieux. Et surtout, il reste un élément de cette merveilleuse saga qu’est la quadrilogie Alien. Donc, certes, c’est singulier, il y a un côté spin off de cet épisode qui peut déranger et donner une impression de futilité, malgré tout, si vous êtes curieux, je pense qu’on ne perd pas grand-chose à se risquer à le voir. Donc voilà, un film que je conseille modérément, mais que j’avais quand même du mal à passer sous silence.

 

http://fr.web.img6.acsta.net/r_160_240/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/36/32/02/18657266.jpg L’arme fatale 3

Même si j’adore ça, je n’attends pas forcément d’un film qu’il révolutionne mon univers mental et sensoriel. Parfois j’aime qu’on me resserve ce que je connais déjà, mais avec un savoir-faire qui me donne l’impression que je redécouvre sans cesse différemment le même plat. Pour moi, l’Arme fatale 3 c’est ça. J’aime bien les buddy movies ; j’aime bien les films policiers qui sont en fait davantage des films d’action, un peu à la sauce Le flic de Beverly Hills ; et j’aime bien quand tout ça est fait pour être sympa, décontractant, pas prise de tête. Avec ce troisième opus, pour moi, on y arrive parfaitement. C’est toujours aussi enlevé, toujours aussi bien mené, et en plus le film joue habilement de la routine. On connait les gars. On les aime justement parce qu’on les connait et qu’ils restent égaux à eux-mêmes. Malgré tout, la situation change toujours un petit peu. Après, il y a aussi le « plus » Joe Pesci. Certains diront que c’est un Arlequin de trop, moi je trouve que c’est une petite note pas très sérieuse dans un film qui, de toute façon, ne l’est pas du tout. Est-ce la nostalgie de ce genre de film qui me rend aussi positif à l’égard de ce film ? Peut-être… Mais bon, puisque le plaisir est là, où est le mal ?

 

 

 

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Publié par L'homme-grenouille - dans Sélections de l'homme-grenouille
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