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28 septembre 2008 7 28 /09 /septembre /2008 18:40

                                      

Ah, la misère… Elle en fait faire de ces choses, la misère. C'est le cas de cette pauvre Lorna, une fille bien comme il faut, mais qui a pour simple tare de ne pas être née riche, de ne pas être née Belge… la misère fait des victimes, cruellement, comme cette Lorna pourtant si innocente mais à qui la misère ne laisse pas le choix… Après ce pauvre Igor qui subit l'enfance que lui a donné son père dans la Promesse, ou bien encore la pauvre Emilie Duquenne qui court après les emplois précaires dans Rosetta, voici Lorna, l'immigrée de service qui se doit de fricoter avec la mafia pour ne serait-ce que survivre.

                                    Arta Dobroshi. Diaphana Films

 

La misère, voila bien le thème privilégié de ces frères réalisateurs tant primés, Jean-Pierre et Luc Dardenne. D'autres diraient leur fond de commerce, pour ne pas aller jusqu'à préciser leur fond de tiroir. Déjà en 2005, leur Enfant leur avait valu la Palme d'Or à Cannes, mais cela ne leur a pas empêché de se retrouver une fois de plus en tête de liste pour celle de 2008. Figure du cinéma mondial les Dardenne ? Icône du septième art du XXIe siècle ? A se fier aux plus prestigieuses académies, aux plus grands festivals d'esthètes, il est là le vrai cinéma. Dans la lignée des 4 mois, 3 semaines et 2 jours, ou bien encore de cet Entre les murs qui nous arrive bientôt dans les salles : le Silence de Lorna est un cinéma qu'on prime. Un cinéma militant, un cinéma qui montre ce qu'il est nécessaire de montrer, en somme un cinéma utile.

                                          

Le Silence de Lorna, c'est le triomphe du « cinéma sujet » comme l'appellerait une noble connaissance. Seul importe le sujet. Tant qu'il est bon, c'est lui qui fera la valeur du film. En ce sens, les Dardenne se font les porte-étendards de ce cinéma qui pourrait se qualifier lui-même de « réaliste ». Quand on regarde leur dernier film, leur message cinéphilique est le même que les autres. Des décors quotidiens ; une lumière la plus naturelle possible ; un refus d'un travail trop sophistiqué de la photographie ; et un cadre, serré ou bien baladeur – chaotique – afin d'échapper à tout formalisme. Voilà la posture ! Le cinéma doit embrasser la réalité, il doit montrer le monde tel qu'il est. Tout artifice visuel ne fait que dénaturer l'œuvre. Le vrai cinéaste est celui qui filme le vrai, que embrasse la réalité sans chercher à la corrompre par un métrisme esthétique qui détournerait le spectateur de la crudité de son monde. Au fond, le message que nous envoient les académiciens du cinéma en primant systématiquement ce genre de film est le suivant : être cinéaste, c'est avant tout savoir porter le regard sur un aspect de la réalité qu'on ne voit pas assez. Or, en ce sens, le non-formalisme prôné par les Dardenne, Kechiche et consort, est en soit l'apothéose de l'art cinématographique.

 

                               Les réalisateurs Jean-Pierre Dardenne et Luc Dardenne. Diaphana Films

                                                              Luc et Jean-Pierre Dardenne

Haro ! Haro sur le formalisme ! A bas les Coppola qui nous dresse des portraits artificiels et déconnectés de la réalité de la mafia, et préférons-y Gomorra pour son regard sans fioriture, sans construction aucune, car là est la simple démonstration de la réalité ! A bas Kubrick et sa rigueur mégalomaniaque qui stérilise la vision du vrai ! Au bûcher les nouveaux Lynch qui se perdent dans des pyrotechnies visuelles du plus bel effet certes, mais qui se contentent de nous offrir un spectacle de travestis digne du cabaret. Il sera beau le film de Guillermo del Toro, mais il ne saura créer que la fascination, l'émotion… Mais il ne saura pas créer la révolte juste nécessaire au monde d'aujourd'hui. Tout ce cinéma est beau, il est plaisant, mais il n'est plus digne d'être primé à en croire les derniers palmarès de Cannes. Le message des Sean Penn qui distribuent chaque année les médailles du cinéma mondial est très clair. Le vrai cinéma, ce n'est pas le beau, c'est l'utile. La voilà, la vraie misère… La misère ce n'est pas celle qu'on voit dans le Silence de Lorna, la misère c'est le Silence de Lorna lui-même…

 

Haro sur le formalisme ! Hourra au déconstructivisme !

 

Comment en est-on arrivé jusqu'ici ? Comment les spectateurs que nous sommes ont-ils fini par se laisser lentement et gentiment endormir par cette idée qui a abouti au concept même de « cinéma d'auteur », qui pardonne en même temps qu'il justifie la misère artistique dans laquelle il s'enlise de jour en jour ? Lisons les critiques ! Qui s'ose aujourd'hui à dire que le Silence de Lorna est un mauvais film ? qu'il est ennuyeux ? qu'il répète sans cesse ce que les Dardenne ont déjà mis dix fois en pellicule ? Si peu… Trop peu même… Trop peu non pas parce que les vrais chefs d'œuvres ne rencontrent que peu d'opposants, trop peu parce qu'il n'est pas naturel qu'un film ne trouve pas son minimum de détracteurs… On a le droit de s'ennuyer dans cet énième Dardenne, on a le droit de le trouver moche, on a le droit de se questionner sur son absence de dimension artistique… Pourquoi la peur nous tétanise la plupart du temps quand on vient à devoir juger le cinéma d'auteur encensé par la critique ? Est-ce la peur de passer pour un beauf ? Osera-t-on nous considérer, nous écouter, quand on vantera Michael Mann si on n'a pas su démontrer notre sensibilité artistique par le fait d'aimer le dernier Dardenne – Allons ! Pitié !

                               Arta Dobroshi. Diaphana Films

Osons le dire ! Non pas par anticonformisme mais par conviction ! Que ceux qui ne se reconnaissent pas dans ce cinéma lèvent l'opprobre qu'ils se jettent sur eux-mêmes. Que l'on cesse ce silence poli que l'on utilise d'habitude pour être consensuel pour ce qu'on ignore et ce qu'on craint à la fois. Nul ne se gêne pour détruire une super-production américaine, personne n'a peur de calomnier parfois les films d'esthètes qui ne racontent pas grand-chose et qui se reposent essentiellement sur le plaisir plastique. Pourquoi le Silence de Lorna devrait bénéficier du silence des sentiments au profit d'une raison corrompue ? – Parce que le Silence de Lorna vaut plus qu'un Spider-man ? Parce que la dimension artistique est exacerbée chez un Dardenne plutôt que chez un Michael Mann ? Parce que le cinéma utile a plus « d'impact » que le cinéma plastique et qu'il doit par conséquent bénéficier d'un régime de faveur ? Non, non, et trois fois non ! Un premier non car un art ne se juge tout d'abord pas par son utilité. L'art est justement inutile par essence, dans le sens où il n'est pas fait pour remplir une fonction établie. Un autre non car il n'y a aucune raison qu'un spectacle distrayant ait – par définition – moins de valeur qu'un spectacle militant. Et enfin, un troisième nom car tout ce que le cinéma d'auteur dit être, il ne l'est pas. Ni plus utile, ni plus proche proche du réel que le cinéma formaliste.

 

                                 Arta Dobroshi. Diaphana Films

Il me semble qu'il est enfin temps qu'on regarde avec un minimum de sens critique ce type particulier de cinéma que l'on valorise ces derniers temps pour nous le présenter comme la quintessence du cinéma. Quand on regarde le Silence de Lorna, on constate que le premier silence que les Dardenne veulent imposer, c'est bien celui du formalisme. Dès la première seconde, on se contente d'un banal écran noir avec le titre inscrit dessus en guise d'introduction. C'est l'épuration absolue. On entre directement dans le vif du sujet, sans musique, avec pour seul accompagnement musical celui de bruits de la ville. C'est le bruit des voitures sur la parking d'Intermarché, ou bien encore le bruit des instruments du quotidien dans le logement que partagent Lorna et Claudy. La seule musique qu'on peut entendre, c'est encore celle que met Claudy a tue-tête dans l'appartement. Mais la musique est systématiquement et symboliquement méprisée chez les Dardenne. On ne l'entend que déformés au travers des cloisons ou bien on l'a fait s'arrêter par un cri, tout simplement.

                                 Jérémie Renier et Arta Dobroshi. Diaphana Films

On ressent en permanence le souci de faire de l'image la copie la plus exacte de la réalité. Hors de question de chercher une dimension esthétique même dans la misère. Il ne s'agit pas de rendre beau par l'aspect, de déformer. Ainsi les décors sont des postes, des hôpitaux, des lieux de travail, des parkings, des rues banales. Le Silence de Lorna, c'est le bar pas très chic, ce sont les hideux sièges en plastiques jaunes alignés dans la salle d'attente, c'est aussi les teintes maussades des vieux hôpitaux lugubre. Pas de beau, du vrai. Le travail de lumière et de photographie se veut d'ailleurs le plus neutre possible. Jamais finalement on ne s'éloigne des teintes de la réalité, même les lieux où les couleurs seraient susceptibles de changer ne sont pas l'occasion d'un travail de la teinte générale ou d'une composition picturale. L'épuration. D'ailleurs, peut-on vraiment parler de décor dans ce Silence de Lorna ? Finalement les Dardenne se désintéressent pas mal de l'espace de vie de leur cinéma. Il n'y a pas d'espace Dardenne. S'il n'y en a un, ce n'est que celui qui entoure le personnage. Le cadrage est toujours le même, tellement systématique qu'on le reconnaîtrait presque entre mille. On fixe un personnage, on tourne autour de lui ou c'est lui qui tourne autour d'une caméra qui, bien qu'immobile, scrute les personnages sans cesse. Il y a-t-il d'ailleurs un plan sans être humain dans ce film ? Ou bien un plan où le personnage n'est pas la personne au centre de l'attention de la caméra ? L'espace du film n'est au fond qu'une nouvelle occasion de construire quelque chose d'artificiel. Seuls les gens sont vrais, alors on ne les quitte jamais du regard.

                                 Arta Dobroshi. Diaphana Films

L'absence d'artifice formel est vraiment le credo des Dardenne et ce silence de Lorna n'en est qu'un nouvel étendard de plus. On vient de voir que l'épuration formelle se faisait déjà au niveau de la photographie, des décors, des cadres, mais il l'est aussi et surtout au niveau de l'écriture de l'intrigue. Linéaire. Voila bien un mot qui résumerait à lui tout seul la forme sous laquelle se déroule ce Silence de Lorna. Aucun artifice : on met tout en ligne, dans le sens chronologique des choses. Pas de reconstruction. Pas d'effet d'annonce ou quelqu'autre procédé pour donner de la densité au propos. Non, pas chez les Dardenne. Si on veut comprendre que Lorna vit chez un camé avec qui elle a fait un mariage blanc pour obtenir la nationalité belge, on l'apprendra en allant. Pour cerner le quotidien, on le montre tel qu'est le quotidien, c'est-à-dire long et répétitif. Les sempiternels retours à l'appartement où se déroule ce jeu de dupes entre Claudy et Lorna ; les rencontres avec Fabio ; les journées au boulot… Tout se répète et change lentement. Les rebondissements, quand ils doivent avoir lieu, comme la mort de Claudy, ou la grossesse de Lorna, sont même atténués par les effets d'ellipses pour en atténuer une dimension dramaturgique qui aurait pu paraître surfaite. Ainsi Lorna se retrouve soudainement à la morgue sans qu'on nous ait présenter la mort de son mai, aisni l'emmène t-on voir son corps sans que le spectateur assiste à cette scène. De même, entre les douleurs au ventre et le rendez-vous pour l'IVG, il n'y a rien. On ellipse pour éviter les pics émotionnels. On tasse, on aplanie afin que la sensation de réel ne soit pas parasitée par des artifices sensationnalistes. La réalité doit apparaître telle quelle.

                               Arta Dobroshi. Diaphana Films

A le regarder ce cinéma des Dardenne, on se dit une chose. On se dit que la forme est finalement inutile. Pire, la forme c'est l'ennemi. Il faut la neutraliser, la rendre neutre. Seul le sujet compte, seule l'histoire peut rendre le film beau, pas son aspect. Si on allait dans la démesure de la démarche, on pourrait presque se poser la question si un banal caméscope ne pourrait pas suffire pour faire un Dardenne. Puisque seul compte le sujet, puisqu'il semble nécessaire de s'affranchir de la technique, la question du support matériel semble devenir toute superflue. Ainsi pense-t-on, avec ce genre de cinéma, qu'on libère le spectateur de la dictature de l'esthétisme et des codes arbitraires de la narration. Ainsi pense-t-on qu'on fait du cinéma du vrai, donc du vrai cinéma.

 

Là où se trouve la dictature du cinéaste…

 

Est-il nécessaire d'aller dans un tel rigorisme pour éviter la dictature de l'artificiel pour toucher à la liberté du réel ? Quand on va voir le cinéma « qu'on qualifie aussi d'auteur » asiatique, ce souci est totalement absent. Il suffit de sortir d'Occident pour venir à en douter très rapidement. Quand on jette un œil du côté de Wong Kar-Wai par exemple, ou bien encore du Taiwanais Hou Hsiao Hsien, où se trouve la dictature ? Pourtant ces deux cinéastes sont les champions de la dénaturation de l'image et du rigorisme formel. De son côté Hou Hsiao Hsien est un maître en ce qui concerne la construction plastique de ses films, qu'il s'agisse du choix des lumières ou bien encore du travail de la photographie. Que ce soit dans Millennium Mambo ou bien dans Three Times, les compositions picturales sont nombreuses : le premier de ces deux exemples se complait d'ailleurs à merveille de cet environnement de couleurs artificielles qu'est Taipei. Le second se plait quand à lui à reconstituer un univers pastel du plus bel effet… Est-ce pour autant au détriment de l'intrigue ? Au détriment des sentiments ? Le propos perd-il de sa force et de sa subtilité parce qu'il est magnifiée par une mise en forme séduisante et maîtrisée ? Une réalité magnifiée, ça ne devient pas fantastique. De toute façon, la véritable réalité du film, c'est celle des sentiments qu'il fait naître, et certainement pas celle de l'image en elle-même !

Tony Leung Chiu Wai. Océan Films Shu Qi et Chang Chen. Océan Films

                                        2046 de Wong Kar-Wai et Three Times de Hou Hsiao Hsien

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Alors certes, ils pourront être nombreux ceux qui défendront l'idée que néanmoins, ce formalisme n'est au fond qu'une convention rigide dont les Dardenne s'émancipent, émancipant par là même les spectateurs que nous sommes tous. Kubrick serait donc un tyran du globe oculaire parce qu'il impose son cadre rigoriste ? Le personnage est tellement inquiétant qu'on serait tenté de le croire. Mais encore une fois, ils sont tellement nombreux ces cinémas d'auteurs, qui parlent du quotidien tout en utilisant le cadre sans le pervertir. Ne pourrait-on pas s'arrêter un instant vers ce cinéaste prolifique qu'est Kim Ki-Duk ? Son Locataires symbolise à lui seul ce que le génie du cadre apporte à notre ressenti de spectateur. Prenons-y une seule scène pour nous en convaincre ; celle de la cérémonie de thé où, dans la sobriété du silence, toute la magie se fait. Alors qu'un Dardenne aurait focalisé sa caméra sur le visage d'un personnage ou de l'autre – dans un mouvement permanent bien sûr pour ne pas insuffler dans la scène une rigidité formelle ! – Kim Ki-Duk, lui, préfère imposer un cadre fixe, immobile. Ce n'est pas la caméra qui donne une illusion de dynamisme, la caméra est justement absente par son absence de mouvement. Le spectateur est ainsi en contact direct avec la vraie dynamique du film : les deux personnages et leurs sentiments. Ainsi survient, dans un coin de l'écran, alors qu'on pourrait presque le rater, un pied qui vient caresser celui de l'autre. Les regards se croisent. On lit de l'émotion, de la surprise, presque un soupçon d'effroi face à tant d'audace. Le réalisateur ne choisit pas d'imposer ce qu'il veut nous montrer. On regarde les visages ou les corps, ce pied érotique ou la théière figée. Au spectateur de voir ce qu'il a envie de voir. Non ! Le cadre n'est pas une dictature ! Au contraire c'est la liberté laissée au spectateur !

                            Pretty Pictures

Au fond, où est la véritable dictature ? Car c'est bien là où cet article veut en venir ! C'est bien là le cœur du sujet qui l'anime ! Non seulement le cinéma formaliste n'est pas une norme dépassée d'un cinéma figé et presque intellectuellement réactionnaire, mais en plus, c'est dans du « cinéma du réel » que les dardennophiles priment et valorisent  que se trouvent les germes de la dictature de l'auteur ! Quelle est la conséquence directe de ces plans qui ne veulent rien cadrer sinon le personnages ; qui fixent sans cesse le personnage et le suivent vaille que vaille au gré de ses mouvements ? La véritable conséquence de ce cinéma formalistophobe c'est qu'on n'a rien d'autre à regarder que ce qu'on lui montre, crûment. Regarder l'action, un point c'est tout. Regarder le personnage et ce qu'il fait : là seulement se trouve l'intérêt. Le spectateur n'a pas d'espace de cinéma où se déplacer : il est prisonnier du « vois ce que je veux que tu vois » dardennien. Contraindre les libertés : c'est ça la dictature.

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Le cinéma du réel n'existe pas !

Or, est-ce bien en refusant l'artifice qu'on cerne la réalité ? Voilà toute la démarche formelle des Dardenne ! Pourtant, tout philosophe vous dira que la réalité ne peut se saisir pour ce qu'elle est vraiment. La réalité existe mais on ne la cerne jamais. On n'en perçoit que des représentations. Les Dardenne rechignent à tout formalisme et on en dit que c'est un cinéma qui capte le réel. Foutaises ! Sous prétexte que les couleurs que je vois sur l'écran ressemblent à celles que je perçois dans le monde du dehors avec mes yeux ; sous prétexte que les rues sont aussi fades que celles de mon quotidien et que l'Intermarché où Lorna et Fabio font le plein ressemble à on Intermarché, alors on cernerait mieux le réel ? Si c'est là tout l'intérêt du cinéma des Dardenne par rapport au reste du cinéma qui me donne une image faussée du monde, alors c'est une démarche bien vaine ! Ce refus de la forme n'apporte rien. Il ne fait que cacher un film derrière son seul sujet. Ca s'appelle du cinéma paresseux. C'est du cinéma qui n'a rien à dire. Il se contente de prendre et de servir. C'est de l'exploration du réel, mais la liberté en moins

                                Arta Dobroshi. Diaphana Films

Est-ce que, sous prétexte qu'on me montre ce que je vois tous les jours de la manière où je le vois tous les jours va faire qu'il est plus réel ? Vais-je au cinéma pour voir ce que je vois déjà en vrai, mais en ajoutant le prisme opaque de la caméra ? Ce type de cinéma peut – au mieux – me faire regarder autre chose, mais il ne peut m'amener à me faire regarder autrement. Le cinéma des Dardenne est un cinéma me conforte à conserver au cinéma le regard de tous les jours sur la réalité. Or, n'allons nous justement pas au cinéma pour être confronté à un autre regard ? N'est-ce pas même l'essence de l'art ? De nous sortir de nos propres perceptions pour regarder le monde d'un autre œil ? Or, il ne suffit pas de montrer autre chose pour montrer autrement.

                                Arta Dobroshi. Diaphana Films

Alors on cherchera sûrement à se rassurer en se disant que ce film semble si vrai qu'on a eu l'impression d'avoir eu accès à cette réalité ; de savoir ce que c'est ; d'avoir vu. C'est vrai qu'on se sent sensibilisé en sortant d'un Dardenne, beaucoup plus que si c'était un Américain qui avait mis ce film en boîte. Mais là seul se trouve l'intérêt d'un tel film : la « sensibilisation ». On n'a pas transmis du sens, on s'est juste contenté de rendre « sensible ». Pour ce qui est de notre « vie » dans le film, de notre implication sentimentale et personnelle, le cinéma des Dardenne ne laisse aucune place. Aucune interprétation personnelle n'est possible. « Vois ce que je veux que tu vois ». Le pire, c'est qu'avec cette négation du rigorisme formel, il n'a pas tant de chose que ça qu'on nous fasse voir. On laisse les choses se dérouler, linéairement. On voit du quotidien et on attend, on attend que quelque chose se passe… Quel est donc ce cinéma dont le postulat est en fin de compte celui de nous offrir de la réalité crue ? Cette réalité qu'on peut voir de la même manière en sortant de la salle – mieux encore ! – avant d'y avoir pénétré… Si le cinéma du réel prôné par les Dardenne se limite à ça  - offrir bêtement et simplement une image de réalité – alors autant sortir dans la rue ! Au moins aurais-je la liberté de m'attarder à voir ce que je veux voir, à parler, à découvrir le monde à ma manière plutôt qu'au travers du prisme oisif des Dardenne ! Si je veux voir la réalité comme semble m'y inviter le Silence de Lorna, alors le mieux semble encore être de ne pas aller voir le Silence de Lorna et de parcourir la société qui m'entoure au lieu de demander aux Dardenne de le faire pour moi.

                          Arta Dobroshi. Diaphana Films

Sortir dans la rue, parcourir la société… C'est d'ailleurs ça qui doit certainement manquer à tous ces festivaliers. Finalement un film a une chance d'être primé non pas pour sa qualité a transgresser la réalité et ouvrir un espace de liberté à l'imagination humaine, mais bien parce qu'il a réussi à faire sortir un peu, l'espace d'instant, cet ensemble d'intellectuels dans la rue. « Roooh, bah c'est bien triste la Roumanie ! Je savais pas ! Primons le ! Il faut que les gens savent ! » Sûrement est-ce l'idée que se sont échangés Stephen Frears et les autres membres du Jury dans le palais du festival de Cannes en 2007 lorsqu'il s'est agit d'attribuer la palme d'or à 4 mois, 3 semaines et 2 jours... « Ah la banlieue c'est pas qu'une zone où pleins de jeunes habillés en Lacoste jouent au foot et dealent de la drogue ? Ca peut être aussi un espace de vie ? Merde ! Bah ça alors ! » Agnès Jaoui et Sabine Azema viennent de découvrir quelque chose ! Quelle révélation ! Ca mérite bien un César pour cette fade Esquive ! Vivre parmi les gens normaux on sait pas faire, heureusement qu'Abdel Kechiche est là pour nous aider ! Et voila comment Entre les murs, bien qu'il soit sympathique, récolte une palme d'or en 2008… Non pas parce qu'il était le meilleur film, ou bien parce qu'il donnait le meilleur regard, mais seulement parce qu'il a su surprendre un jury de dandies à qui il a montré quelque chose que ces bonnes gens de l'aristocratie cinématographique ne connaissaient pas. C'est sûr que promouvoir du cinéma social, du cinéma « utile », ça vous donne plus de relief dans les réunions mondaines. Vous vous sentez utiles… Mais en faisant cela, on en oublie – et on fait oublier ! – ce qu'est véritablement le cinéma : de l'art.

 Anamaria Marinca et Laura Vasiliu. Bac Films    Sara Forestier. Rezo Films    Haut et Court

Le cinéma n'a pas pour vertu d'être utile, le cinéma a pour but de susciter des sensations, de faire naître de l'émotion. Au fond de chacun des cinéphiles que nous sommes, nous ne demandons pas à être sensibilisés, on demande à ce qu'on nous fasse sentir quelque chose ! Qui a du cinéma utile dans son panthéon ? Quel cinéma du réel a traversé les âges pour être encore reconnu culte de nos jours ? Rien ! Car le véritable cinéma, c'est le cinéma de l'émotion ; c'est le cinéma qui nous pénètre ; c'est le cinéma qui nous touche. On retiendra le Parrain de Coppola parce que ce personnage shakespearien, théâtral, exacerbe notre ressenti des choses. C'est en cela qu'il nous touche. Qui se souviendra de Gomorra dans vingt ans ? Gomorra c'est du cinéma paresseux qui se cache derrière l'utile. Les films utiles ne sont pas des œuvres artistiques, ce sont des outils qui remplissent une fonction précises, et comme toute chose utile, elle est périssable et on la jette tôt ou tard. Oui, le cinéma est par essence artificiel ! Le nier, c'est nier le cinéma !

                            Marlon Brando. Paramount Pictures      Le Pacte

En refusant la construction, le cinéma d'auteur à l'Occidental refuse ce qui fait de lui du cinéma. Il se contente d'exposer sans génie et sans recherche. Il montre et tu dois regarder. « Tu en veux de la misère ? Tu as besoin de soulager tes pulsions de culpabilité sociale ? Eh bah tiens ! Voila le Silence de Lorna, et matte ! » Un cinéma de l'utile sans forme, au fond ce n'est rien d'autre que du porno ; le porno de la misère.

 

 

Conclusion : plus de festival pour Lorna…

 

Pauvres Dardenne ! Il a fallu que ça tombe sur eux ! Eh oui, vous l'aurez bien compris, quand je peste contre les Dardenne je peste en fait toujours contre les mêmes : ces aristocrates du cinéma qui corrompent à des degrés divers l'expression pleine et entière du septième art. Car au fond – ceux qui m'ont déjà lu me connaissent – il n'est pas dans ma philosophie, ni dans la philosophie de ce blog, de prôner la disparition d'un type de cinéma par rapport à un autre. Le cinéma des Dardenne a le droit d'exister bien évidemment : il doit exister ! Il a seulement le malheur d'être l'instrument d'une nomenklatura qui pervertit progressivement la posture que se doit d'avoir une société face à ses arts, et ici en l'occurrence face à son cinéma. Car, par ce petit jeu de prix festivaliers d'un côté, de mépris festivaliers de l'autre, c'est un cinéma qu'on assassine petit à petit, c'est l'avènement du monolithisme des courants qu'on appelait justement « réalistes » à un certain temps.

                               Arta Dobroshi. Diaphana Films

Prenant-on conscience : tout ce petit jeu de golden boys du cinéma qui se dandynisent n'est pas sans conséquence. Parce que tandis qu'on prime les Dardenne d'un côté, on méprisera de l'autre Richard Kelly et son Southland Tales. Ah ça ! Personne n'a eu de remords à l'enterrer vivant ce film, bizarre et surprenant certes, mais qui avait pour lui son originalité, sa personnalité et une démarche bien réelle ! Résultat : Southland Tales a été lâché par ses producteurs, il n'a même pas été distribué dans les salles, et Richard Kelly – un réalisateur qu'on disait pourtant prometteur – est désormais marqué du sceau de l'excommunié. Et il ne s'agit pas que d'un film, que d'un festival, que d'un pays… Avec ces arguments vaseux du « cinéma du réel », dont on fait les Dardenne les chantres, voila qu'on conspue Benchetrit et son J'ai toujours rêvé d'être un gangster ! « Pouah ! Qu'il est laid avec son cinéma formaliste ! C'est du cinéma américain ça ! C'est du Hollywood ! » entend-on ici où là… Et on préfèrera défendre aux Césars encore une de ces « comédies de mœurs » comme ils aiment les appeler. Ce sera un film qui ne racontera rien de nouveau, mais qui sera le représentant de la sacro-sainte académie du cinéma français, avec les vieux habitués qu'il s'agisse des Deneuve, Azema, Jaoui, Gamblin, Garrel et les autres et – mieux encore, aristocratie oblige ! - ces « fils de » qui ne cessent d'envahir nos écrans…

                         Ling Bai. Universal Pictures      Edouard Baer. Mars Distribution

Alors pourquoi ne pas oser y aller pour une fois ! Pourquoi ne pas oser le dire ! Ce cinéma dit d'auteurs qu'on pose comme norme en Europe, et qui est défendu par un certain nombre d'Américains, ne justifie pas la sainte protection critique dont on l'a ceint. Il est parfois chiant, souvent moche, et par-dessus tout il est particulièrement creux ! Certes les Dardenne ne sont pas si méchant, et pourquoi condamner les gens qui aiment bien se regarder un petit porno – qu'il s'agisse d'un porno de la misère ou pas – juste histoire de se soulager de temps en temps ? Soit ! Mais qu'on cesse de l'utiliser à des vertus mondaines pour glorifier ce qui n'a pas lieu d'être. Parce qu'au final, ils ne sont pas rares, ceux qui se laissent envoûter par cet enrégimentement intellectuel qui nous fait culpabiliser dès qu'on s'ennuie devant ce genre de film, et qui nous font craindre de passer pour un inculte si jamais on n'a pas été transcendé par ce type de films…

                            Arta Dobroshi. Diaphana Films

Pourquoi ce silence respectueux de la critique, presse ou amateur, dès qu'il s'agit d'aborder un Dardenne, comme si on parlait de religion ? Pourquoi ce silence respectueux alors qu'on hésite pas de l'autre côté à détruire les films qui se veulent grands spectacles, ces films qui se veulent faciles et efficaces, ces films qui se veulent accessibles à tous ? Pourquoi un même film devient plus mauvais s'il est américain plutôt qu'asiatique ? Pourquoi Jean-Pierre Jeunet ne trouve plus un producteur en France pour ses films ? Pourquoi Luc Besson est-il synonyme d'injure au cinéma alors que c'est lui qui a produit Trois Enterrements ? ... Et surtout – Zeus tout puissant – pourquoi faut-il qu'on en revienne toujours à cette idée « d'exception culturelle » qui justifie tous les archaïsmes de notre cinéma et qui tend à s'étendre – magie de l'Europe oblige – à tous nos voisins européens ? Laissons le cinéma vivre ! Arrêtons de se sentir obligé de glorifier le cinéma conservateur de Kechiche tous les trois ans ! Arrêtons de blâmer ces réalisateurs français qu'on accuse de faire du cinéma américain et pas du cinéma français ! Une vraie culture est une culture universelle : elle s'ouvre à tout et n'exclue rien ni personne. L'infiltration d'une culture par une autre est un signe de vitalité et d'enrichissement pour son peuple ; c'est le principe « d'exception culturelle » qui est un signe de décadence. Pas l'inverse… Se refermer sur soi, refuser l'influence et l'ouverture à l'autre, se justifier par une exception, ça c'est le signe de la décadence. Notre cinéma, au jour d'aujourd'hui, c'est l'empire ottoman du cinéma mondial ; le vieil homme malade comme on l'appelait avant… Il se repose sur une gloire passée et sur une grandeur illusoire. Aussi vrai que le Silence de Lorna n'est en rien la quintessence de ce qu'est vraiment le cinéma, l'empire lui s'écroule déjà, conduisant dans son atonie culturelle latente les sages cinéphiles français que nous sommes…

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Merci encore une fois à l'ami Coxwell avec qui j'ai conversé de ce Silence de Lorna. Cet article ne fait que reprendre ce qui a été dit lors de cet échange ; il est donc autant le sien que le mien...

 



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L'homme-grenouille 05/10/2011 12:13


Salutations Karl,

Ca fait plaisir de te retrouver sur ce blog. Je suis content de voir que ce changement d'hébergement ne m'a pas fait perdre tout le monde (à moins que tu sois un homonyme du Karl qui avait déjà
posté ici !).Je te remercie de tes questions car, effectivement, il me me semble que tu mets le doigt sur quelque-chose d'intéressant sur chacune de tes trois remarques.

Alors tu me demandes pour commencer si le problème dardennien n'est pas un problème que l'on retrouve chez d'autres formalistes. Alors forcément oui, toujours un peu : le propre d'une mise en forme
c'est qu'elle a ses forces mais aussi ses limites. Mais ce que je reproche à la forme Dardenne, c'est qu'elle est un peu une négation de la forme. Les Dardenne pensent échapper à la dictature du
cadre en filmant au plus près des personnages et en laissant ces derniers définir les mouvements de champ de vision du spectateur. Pour moi c'est vraiment une fausse bonne idée. Les Dardenne
sous-entendent qu'en abolissant le cadre rigide du réalisateur on libère le spectateur. Alors avec un tel discours, forcément, les bobos sont séduits et font "Ouaaaah !" Mais bon, c'est perdre de
vue que le cadre n'est pas aboli pour autant. Il y aura toujours un cadre, que les Dardenne le veuille ou non. Ici ce n'est plus le réalisateur qui l'impose, c'est le personnage. Au final le
spectateur passe d'un dictateur à un autre. Et encore, c'est partir du principe que le personnage a une volonté propre et une auto-détermination dans un film et que le réalisateur se contente juste
de capter ses mouvements, ce qui est absurde. Non, pour moi c'est clair, ce discours vaseux n'est en fait qu'un sophisme à deux balles pour justifier la médiocrité d'une réalisation qui renie le
choix et la nécessaire expression d'un réalisateur. Effectivement, la forme créé autant une prison pour le spectateur qu'elle créé un espace de découverte visuelle. C'est au talent du réalisateur
d'être capable de jouer des limites et des forces de son cadre pour faire en sorte que son spectateur puisse y vivre. ça nécessite du talent. Les Dardenne n'en ont pas, alors au lieu d'essayer, ils
prennent la posture du cancre qui refuse de travailler, pour transformer son impuissance en choix. Cette attitude n'est pour moi pas celle des vrais formalistes qui, eux, essayent de créer
quelque-chose. Ils n'y arrivent pas forcément, mais au moins ils tentent. Les Dardenne eux, préfèrent pester sur chaque tentative formaliste et imposent (car il faut les écouter parler de leur
cinéma ces gars là)leur nihilisme artistique. Je trouve ça pathétique...

Alors après, la comparaison entre les Dardenne et Aronofsky se justifie-t-elle ? Je te répondrai "forcément" car le second affirme s'inspirer des premiers. Mais bon, même en cherchant à faire du
Dardenne, Aronofsky va au-delà de ce que font les Dardenne. Déjà il s'en démarque par son regard sur l'humain. Les personnages d'Aronofsky sont des personnages habités ou bien tendres. Si tu
compares à Lorna qui parle jamais, se contente juste de geindre et de se taper la tête contre les murs, le bilan est vite fait à mon sens. Encore une fois, les Dardenne ne tentent même pas de créer
un personnage. Ils restent dans le neutre, la non-expression, comme ça ces personnages deviennent intouchables... Du coup, pour susciter de l'émotion avec leurs zombies, ils surchargent en pathos
avec des histoires misérabilistes qui viseront à faire de sensiblerie bon-marché pour bobo. Et puis ensuite, il y a une deuxième différence fondamentale : si Aronofsky utilise certes le mouvement
un peu chaotique des Dardenne, il ne le fait pas systématiquement non plus. Il sait poser sa caméra comme il le faut, il sait faire épouser le mouvement de sa caméra au mouvement de la scène, même
si effectivement, à certains moments, je trouve ça hors de propos. Enfin, Aronofsky ne vomit pas l'artifice : dans Black Swan, on a de la musique, des effets sonores, des effets spéciaux. Rien de
ça chez les Dardenne. Aronofsky a cette différence qu'il veut certes faire sauter la forme mais pour transcender la forme, pas pour la faire disparaître. Il suffit de comparer les deux films pour
se rendre compte de la différence que cela implique : l'un te transcende dans son propos, l'autre en est incapable. Certains te diront peut-être que Lorna les a touché, ému, bouleversé.. Mais
jamais le propos n'a été transcendé... Or, c'est le rôle de la forme, mener le propos plus loin et plus fort que la simple évocation de son sujet n'est capable de le faire.

Enfin, tu voulais savoir ce que je pensais d'une éventuelle comparaison entre Black Swan et Perfect Blue... Il me semble effectivement que la mise en regard de ces films est en effet intéressante
et pertinente. D'une part le propos est plus ou moins le même, le traitement de l'histoire sous forme de thriller est présent dans l'un comme dans l'autre, et surtout la forme des deux films
présentent de nombreuses similitudes. Il y a le monde réel et le monde imaginaire de l'héroïne qui sont portés à l'écran, mais sans jamais faire de distinction pour le spectateur, entraînant une
confusion volontaire. Alors moi je te réponds "oui", sans hésitation, il y a un lien entre les deux films, car les deux nourrissent la même démarche : faire partager au spectateur le "ressenti" du
personnage principal, et le faire via la confusion des informations.

Enfin voilà. J'espère avoir satisfait à ta demande. N'hésite pas à me solliciter si tu veux poursuivre la discussion. Merci en tout cas de trouver ce blog à ton goût. Je m'efforcerai de le remettre
en forme dans les mois à venir afin que d'ici la fin de l'année civile, tous les problèmes de transfert d'Allociné à Overblog soient rectifiés.

A une prochaine.


Karl 04/10/2011 21:38


N'ayant vu aucun film des frères Dardennes, je ne peux te donner ton avis pour l'instant. Mais j'ai rencontré les mêmes caractéristiques dans le film "Le Petit Lieutenant", qui m'avais sur le
moment laissé l'impression de regarder un documentaire greffé sur un film. Permets-moi néanmoins de te poser une question. Tu reproches aux frères Dardennes (peut-être as-tu entièrement raison)
d'imposer un cadre pesant qui ne quitte jamais le personnage. Mais cette caractérsitique ne se retouve-t-elle pas dans des film très formalistes, comme le récent "Black Swan"?

Au passage, toute mes excuses pour ce HS, mais nombreux sont ceux qui ont noté des similitudes entre le récent film d'Aronofsky et "Pefect Blue". Toi qui t'interesse de près à Kon (j'ai feuilleté
ton article d'une rare pertinence dur "Paprika"), qu'en penses-tu?


Septième Art 08/12/2008 22:01

Personnellement je suis en désaccord avec ta critique, toutefois tant mieux car le miracle du cinéma est de de provoquer les débats et de faire réagir les spectateurs différemment. J'ai sorti un article sur ce film qui m'a très ému et je trouve le message qu'il délivre très convainquant. De plus j'ai été séduit par l'interprétation. A bientôt, Gérard

Carcharoth 13/10/2008 00:24

Ah, comme nous sommes d'accord cher Stratouffe ! Surtout le passage sur WKW et Hsiao Hsien bien sur, mais le reste aussi. Quoique Gomorra ne rentre pas tout à fait dans la même catégorie que Lorna pour moi, m'enfin c'est un petit détail. Pompons donc les chinois et les japonais, qui nous ont pompé notre cinéma des années 40-50, et redonnons à nos production un aspect visible et tolérable !
On devrait lire ton texte dans les écoles et les facs de cinéma !

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