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14 mars 2009 6 14 /03 /mars /2009 17:16

Bac Films

Tout amoureux du cinéma aura déjà connu ce sentiment. L'impression que les films que l'on enchaîne n'ont plus ni goût ni saveur. Quel sentiment de frustration… mais aussi de remise en cause. On se demande toujours quelle est vraiment la cause de ce désabusement. Est-ce vraiment les films qu'on est allé voir qui manquaient de saveur, ou bien est-ce notre regard de cinéphile qui s'est blasé de tout et qui, par surconsommation, n'est plus capable de capter et ressentir les émotions transmises par ces œoeuvres consensuelles du septième art ? Quel malaise que de se retrouver face au spectateur occasionnel, qui vante les mérites d'un film qu'il a dit touchant ou enivrant, et qui –- de votre côté -– vous a laissé de marbre parce que vous n'y avez vu que grosses ficelles scénaristiques et mécanismes lacrymaux de mauvais goût ? Est-ce lui qui n'est pas suffisamment initié ? Est-ce vous qui vous êtes desséché et aveuglé ? …Et puis on prend conscience qu'à nos débuts dans la découverte du septième art on était effectivement nous aussi émerveillés d'un rien, par la première machine à larmes formatée ou par le spectacle visuel bien foutu et qu'on a renié depuis. On retrace ce chemin qui nous à progressivement appris à voir inconsciemment les structures, à désosser le propos, et à ne voir le film qu'au travers de grilles techniques et morales qui dessèchent totalement notre perception du cinéma. Plus les films s'enchaînent et plus nous sommes devenus exigeants, plus l'émoi se faisait rare et sans cesse pour des œoeuvres de plus en plus extrêmes. Au bout de quelques années de cinéphilie intense, le bouleversement sincère, profond, que l'on peut connaître devant un film devient si rare, les œoeuvres qui nous touchent sont tellement réduites, qu'on se demande si au final, le plus heureux des cinéphiles n'est pas celui qui a su rester spectateur occasionnel, celui qui sait encore s'émouvoir devant un film formaté et grossièrement cousu...…

Jennifer Ulrich. Bac Films

Pourquoi évoquer un tel sentiment au début d'un article qui annonçait comme sujet La Vague, modeste film allemand d'un certain Dennis Gansel, sorti dans nos contrées en 2009 ?  La raison en est bien simple. La Vague fait partie de ces véritables bouffées d'oxygène -– celles qui se font de plus en plus rares au fur et à mesure qu'on s'enfonce dans les abysses du cinéma –- et qui ont su réanimer soudainement mon coeœur et mon esprit. C'est la redécouverte de ce sentiment qui nous faisait tant donner de sens au cinéma. En faire un article m'a d'abord paru vain, car une simple critique postée dans la rubrique « critiques de spectateurs » d'Allociné me semblait largement suffisante pour faire connaître mon sincère engouement. Et puis, comme pour toute oeœuvre pour laquelle on se prend d'affection, on finit par lire autour de soi afin de chercher chez les autres comment ils ont perçu leur ressenti face à ce film. Et puis on s'étonne que votre sentiment ne soit pas universel, que tout le monde ne se soit pas enthousiasmé, que le brasier ait épargné des cœoeurs. Position devenue rare, c'est désormais moi qui me retrouve en position d'avoir été sincèrement investi par un film que d'autres disent consensuel, classique, mal construit, au propos qui cumule les raccourcis simplistes, ou bien qui passe tout simplement à côté de son sujet. Souvent, face à ce genre de situation, la sagesse nous conduit à penser que notre engouement soudain pour ce film doit posséder quelque chose d'irrationnel, comme toute forme d'affection et de sentiment d'ailleurs. Ainsi, se conforme t-on à l'idée confortable et facile que tous les goûts et toutes les sensibilités sont dans la nature –- raisonnement au combien cogniticide ! -– pour qu'au final on puisse reconnaître la légitimité de son sentiment sans se sentir pour autant dans une logique de dictature égocentrique de la pensée… Pourtant voilà, quel intérêt à être sensible à l'art – essence même du partage des émotions– si c'est pour nier par la suite qu'une émotion est faite pour être partagée ? Oui, La Vague m'a conquis corps et âme ! Oui, cette œoeuvre fut un des rares films qui -– parmi la centaine que je vois par an -– a su générer en moi l'émotion, la révélation, la redécouverte. Oui, j'y ai vu là l'essence même de ce que doit être l'œoeuvre de cinéma. Alors, au lieu de n'y voir qu'une expression irrationnelle de ma propre singularité, j'ai décidé de m'efforcer, à travers les quelques paragraphes à venir, d'explorer mon ressenti afin que vous puissiez vous ouvrir à ce qui fait de cette Vague un film pas comme les autres.

Bac Films          Jürgen Vogel. Bac Films       

Contrairement à ce que certains ont pu écrire pour encenser cette Vague, ce n'est pas parce que j'ai vu dans cette œoeuvre un film utile -– un nécessaire devoir de mémoire –- que mon engouement fut complet. La raison en est bien plus simple et bien plus stimulante : La Vague est avant tout un film qui nous propose du jamais vu, de l'original. La démarche de base parait pourtant simple, une démarche ouvertement pédagogique qui plus est puisqu'elle prend place dans un lycée. La Vague, c'est avant tout regarder vers le passé et s'interroger sur ce qu'il a (ou « ce qui l'a ») construit. Il est vrai qu'avec une telle démarche La Vague peut être légitimement perçu comme du cinéma qui se veut « utile » et socialement investi, mais là n'est pas sa réelle force. Souvent dans le cinéma « utile », dans le cinéma « social », ou bien encore pourrait-on l'appeler le cinéma « pédagogique », le film se cache derrière son propos. Par exemple, c'est souvent le cas chez les Dardenne qui estiment que la qualité du sujet abordé fait la qualité du film. Pour beaucoup, la qualité du Silence de Lorna, c'est qu'il parle de la situation de la pauvre Lorna. Pour d'autre, la force de Gomorra se trouve dans la force du sujet abordé : la mafia. Pour La Vague, il me semble erroné de dire que l'intérêt du film ne réside que dans l'intérêt de son sujet : le fascisme. A parler « d'utilité » d'ailleurs, on aurait pu dire que La Vague, si elle se limitait dans sa démarche qu'à présenter le fascisme, qu'elle était justement un film « inutile » tant le sujet a déjà été exploré maintes fois : le Salo de Pasolini, la Liste de Schindler de Spielberg, la Vie est belle de Benigni, ou bien encore plus récemment la Chute de Hirshbiegel. Pour être touché par La Vague et percevoir ce qui en fait un film unique et captivant, il ne faut pas regarder son sujet, mais sa façon unique de l'aborder. C'est parce qu'il est novateur, osé, audacieux – bref parce qu'il est un regard d'artiste sur le monde, que La Vague sait susciter l'émoi chez le cinéphile blasé. Combien de fois devra t-on épargner les Pianiste et autres Walkyrie sous prétexte que leur sujet est noble et leur réalisation soignée, alors que ce qu'ils ont a nous montrer à déjà été vu cent fois, mille fois ? Certes, La Vague ne brille pas par sa science de la mise en image (quoi que…). Par contre, elle ne peut qu'exciter les esprits par le chemin inédit par laquelle elle nous invite : sortir le fascisme de son contexte (les années 30) et s'efforcer de l'implanter parmi nous, dans notre période, dans nos contrées pourtant enrichies de cette expérience douloureuse. Rien que pour cela, l'intention de La Vague est louable. Mais le vrai bonheur, c'est qu'elle ne s'arrête pas là.

Jürgen Vogel. Bac Films

L'audace séduit toujours le cinéphile blasé car enfin on lui propose du neuf, mais elle n'emporte le morceau que si elle parvient à toucher son but. Or, La Vague cherche avant tout à nous faire porter un autre regard sur son sujet, un regard tellement codifié et connoté que la démarche n'en est que plus louable. Il me semble qu'il y a une réelle erreur d'interprétation de voir dans une telle démarche un aspect « attention, ça pourrait nous arriver ». C'est d'ailleurs sur cet aspect là que certains ont cassé du sucre sur le dos de ce film. Comme ils l'ont trouvé parfois peu crédible dans son enchaînement d'actions, ou bien encore caricatural dans ses personnages, certains se sont permis de dire que Gansel avait touché à côté. C'est vrai que cette façon dont la classe de Herr Wenger bascule en une seule semaine de l'incrédulité au fascisme le plus rude et le plus épuré, parait a bien des points totalement invraisemblable car – à raison – on s'imagine que dans la réalité une telle inertie demanderait plus de temps et rencontrerait bien plus de résistances diverses et complexes. Mais c'est juger un film pour ce qu'il n'a pas cherché à faire. Le sens de cette démonstration ne semble pas être l'alarmisme mais bien la pédagogie. Il ne s'agit pas d'aiguiser la méfiance mais d'assurer la compréhension. Au jour d'aujourd'hui, le problème n'est pas le retour du fascisme, le problème est l'incompréhension du fascisme. Comme le dit si bien le film, « on est prévenu ». On pense cette logique révolue, on pense surtout que le fascisme de cette époque n'était basé que sur la contrainte que faisait peser un petit groupuscule sur la masse. La Vague revient sur ce qui a été oublié, sur ce que la culpabilité et le souci de déresponsabilisation nous a fait nier : le fait que fascisme est aussi basé sur la séduction.

Jürgen Vogel. Bac Films

C'est là, me semble-t-il, le sens véritable de chacune des scènes : montrer comment le fascisme n'était pas qu'un mouvement de contrainte organisé par un corpuscule armé et manipulateur, mais bien une force d'inertie sociale capable de s'autoalimenter une fois qu'elle est lancée. Peu crédible l'enchaînement des évènements ? Le but n'est pas d'être crédible mais pédagogique. Le regard nouveau qu'autorise la fiction permet de voir sa propre réalité autrement. La Vague met en évidence la réelle dynamique du fascisme : ce n'est justement pas une dynamique d'un seul sur les autres, c'est une dynamique de groupe. Le groupe qui va se faire appeler « la Vague » dans ce film le démontre bien dans sa façon de se construire. Elle montre comment l'esprit de corps rassure, structure, et fait se sentir plus fort. Chaque étape du film montre chacun des aspects et chacune des étapes qui conduisent à construire le fascisme. D'abord, les élèves d'Herr Wenger ressentent la satisfaction de ne plus se sentir seul : on s'entraide lors des devoirs, on entraide aussi lors de la sortie des classes lorsqu'une chemise blanche à un problème. La Vague commence avec la satisfaction de ne plus se sentir livré à soi-même dans un monde où il est difficile de s'immiscer. La Vague, c'est le plaisir de ce confort intellectuel que procure la facilité de l'esprit de corps. Les épreuves initiatiques de l'épanouissement de son être ne sont plus de notre propre ressort, mais ils répondent d'un effort global. Ensuite, le film met en avant la satisfaction de l'affirmation de l'individu au travers de l'affirmation du groupe. « La Vague » est un nom qui est le fruit du groupe et non du professeur, le logo aussi. L'affirmation de soi passe d'ailleurs par toute une série de tags au pochoir comme rite de désobéissance avec l'autorité en place et donc d'affirmation de soi. Diane_Selwyn pestait dans l'association qui est faite entre l'affirmation du clan et les scènes de beuverie sur fond de musique hardcore. Dans une logique pédagogique –- et non de dénonciation –- cette scène ne devient pas un amalgame douteux de ce dont il faut se méfier, mais bien une démonstration que La Vague répond aussi d'un besoin d'affirmation et d'affranchissement de l'autorité que symbolisent souvent chez l'adolescent la cigarette, la musique et l'alcool. Enfin, le film démontre dans un troisième temps le dernier aspect séducteur du fascisme sur un corps social : le sentiment de supériorité et d'omnipotence. Ensemble, la Vague se supporte lors du match de water-polo et gagne. Personne n'arrête la Vague.

Jürgen Vogel. Bac Films Bac Films

Mais surtout, la beauté de cette démarche pédagogique, c'est qu'elle ne met pas en évidence que ce qui a fait la force du fascisme dans les années 30, c'est-à-dire l'aspect séduisant que nous venons de voir. La force de cette Vague c'est qu'elle ose enfin présenter le fascisme pour ce qu'on se refuse souvent de reconnaître, par culpabilité souvent, et parce que l'idée dérange : un mouvement qui a trouvé sa source et son inertie dans la masse sociale et non seulement chez un leader manipulateur. Encore une fois, l'enchaînement des évènements tel qu'il s'opère dans La Vague cherchent à mettre en évidence comment ce type de mouvement, qui favorise le développement d'un esprit de corps au dépend d'un esprit individualiste, finit toujours par construire une propre inertie qui dépasse la volonté de chacun de ses membres. On avait déjà évoqué le nom et le logo du groupe. Certes, ce sont les élèves qui l'ont choisi, mais sous la proposition du leader Herr Wenger. Bref, la situation est encore sous le contrôle de son créateur. Pourtant, très rapidement, les premières opérations commando de tags sont des initiatives qui sont le fait du groupe sans la consultation ni l'aval du leader. De même à la pièce de théâtre dont l'organigramme est redéfini par les membres de La Vague, ou bien encore du comportement de certains lascars qui profitent de La Vague, plus guidés par l'envie d'utiliser le mouvement à leurs fins plutôt que dans un quelconque but idéologique. Summum de la démarche fasciste, la radicalisation du mouvement en groupe oppressif qui oblige le port de la chemise blanche est aussi le fait des élèves, sans consultation ni aval du leader. Au final, La Vague devient un mouvement qui échappe totalement à son leader qui – pour réaffirmer sa prédominance sur sa création, se doit d'adopter au final l'extrémisme de leur posture afin d'être en mesure d'être écouté pour leur faire entendre raison (avec les conséquences que ceux qui ont vu le film savent). Certains ont vu dans certaines scènes des ruptures de rythme inutiles qui ne servaient à rien. Effectivement, de nombreuses scènes ne servent pas au déroulement intrinsèque de l'intrigue, et de ce seul regard elles peuvent paraître inutiles. Pourtant, quand on a compris la réelle démarche pédagogique du film, alors de teklles scènes prennent tous leur sens car elles sont autant d'exemples et de manifestation du fascisme tel qu'on ne le connaît guère.

Bac FilmsJürgen Vogel (de dos). Bac Films

Il n'en fait nul doute à mes yeux : La Vague peut donc se vanter, non seulement d'offrir un angle d'approche nouveau sur le fascisme en le sortant de son contexte, mais aussi et surtout en proposant une véritable réflexion de fond sur la nature des mouvements fascistes –- et autres mouvements totalitaires ! (Le professeur n'est-il pas sympathisant d'extrême gauche au départ ?) – chose qui est suffisamment rare pour être appréciée. Comment rester insensible à un film qui, dès son premier quart d'heure, nous invite à un exercice aussi stimulant qu'inattendu ? Comment les esprits formatés que nous sommes ne peuvent pas se sentir libérés d'une telle étreinte sociale ? Que ce soit dans son fond et dans sa forme, La Vague est un film à part qui mérite tant d'être découvert. Sur la forme, sortir le fascisme de son contexte historique nous fait porter un regard indéniablement neuf sur le sujet. Dans le fond, voilà enfin un film qui, après un demi-siècle de traumatisme social s'ose enfin à poser sur la place public ce débat houleux qui était jusqu'alors cloisonné au sérail des spécialistes : « Est-ce Hitler qui a fait l'Allemagne des années 30 ou bien est-ce plutôt l'Allemagne des années 30 qui a fait Hitler ? ». Pour ceux qui ne seraient pas convaincus de la pertinence d'une telle interrogation, certains vous rappelleraient sûrement qu'Hitler est parvenu au pouvoir grâce à un appui électoral massif. Même moi, qui ait personnellement baigné dans ces questionnements historiographiques de par mon cursus universitaire et de part ma profession, j'avoue avoir vécu ce film comme une remarquable opportunité de prise de recul sur la nature même de la société humaine au travers de ce phénomène très marqué par l'Histoire qu'est le fascisme. Quelle audace tout de même pour un réalisateur de nous inviter à une telle démarche sur un tel sujet ! Reconnaissons-lui au moins ce mérite ! Enfin ! Grâce à l'art et au génie d'un cinéaste, un aspect fondamental de la condition humaine peut être abordé d'un regard nouveau par la société toute entière. Ceux qui prônent sans cesse un cinéma de l'utile et du réel en opposition à toute forme d'artifice, n'ont-ils pas ici la plus belle des réponses qu'on devrait leur faire en matière d'art et d'utilité sociale ?

Jennifer Ulrich et Jürgen Vogel. Bac Films

Donc oui – je le concède – La Vague n'est peut-être pas aussi riche et maîtrisée dans sa mise en scène qu'un Munich ou un Walkyrie, et sans nul doute les personnages ont moins de subtilité et de profondeur que ceux de la Liste de Schindler… Malgré tout, je considère au plus profond de moi que cette Vague –- film austère et modeste à bien des égards –- mérite tout de même la plus grande des considérations parce qu'elle a ce qui fait l'essence même du chef d'œuvre artistique : ce regard qui nous fait voir et sentir notre monde différemment.  Voila pourquoi le déroulement de ce film fut pour moi un véritable régal ! Sûrement n'aurais-je pas mis tout le monde d'accord avec les arguments que j'expose dans cet article, mais après tout –- que diable ! –- nous sommes sur un blog donc le débat peu être lancé ! D'autres diront peut-être aussi, parce qu'ils n'ont pas aimé le film, que ce qui a été écrit dans cet article ne les empêchera pas de penser ce qu'ils veulent de cette Vague. A ceux là je répondrais qu'il n'a de toute façon jamais été dans l'esprit de ce blog de forcer les pensées, mais seulement d'inciter à la découverte et à la redécouverte. Vous n'avez pas aimé La Vague ? Eh bien le seul message que s'efforce de passer ce blog ce n'est que celui-ci : revoyez-le ! Cherchez à le revoir autrement, avec un autre regard...… A mes yeux ce film peut susciter une véritable prise de recul sur la société humaine, il peut susciter un véritable tourbillon intérieur comme il l'a crée en moi, et la seul volonté de cet article est de chercher à vous faire partager tout cela. Comme il fut dit précédemment, l'amour du véritable cinéphile finit toujours par gonfler les exigences et faire baisser votre sueil de tolérance au classicisme. Alors, si jamais vous vous sentez faire partie de ceux-là, il serait dommage de passer à côté de cette Vague, un des rares films à nous rappeler ce qu'est -– quelque soit sa diversité -– la véritable nature du cinéma.

 

 

Bac Films



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Publié par L'homme-grenouille - dans Films trop méconnus ou incompris
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commentaires

l'homme-grenouille 20/09/2013 20:45

Bon, tout d'abord, je tiens à m'excuser de la qualité grammaticale épouvantable de mes derniers commentaires. J'ai beau dire qu'on s'en fout des fautes : quand ça nuit à la compréhension, c'est
quand même la lose.

Sinon, je serais pas si rude que toi à l'égard du cinéma. Ce système que tu dénonces, pour moi, il a toujours existé. La période que nous connaissons actuellement ne l'a peut-être que légèrement
accentué. D'ailleurs, tu mets en avant les carences du cinéma américains, parlons des lourdeurs du cinéma français, incapable de produire du cinéma de genre depuis bien longtemps.

Mais bon, après effectivement, ma posture face à cette situation reste la même que la tienne, un peu plus de diversité, je dirais pas non. Je pense que s'il y en avait davantage, les blockbusters
sans cerveau nous dérangeraient moins...

jecogite 20/09/2013 20:17

Tu sais, peu importe nos similitudes de gouts, cela n'empechera pas d'apprecier tes ecrits et analyses qui sont fortement interessants.
Des similitudes, on en trouvera bien parmi tous les films dont tu parles par contre, tes explications et analyses sont coherentes, justes, simple et denuees de petage de cul comme beaucoup de gens
se dandinent a le faire.

Il me semble que le cinema est en train de perdre son fil de depart lorsqu'il a ete nomme art. Car le cinema est en train de faire comme tout le reste: donner de l'importance a son apparence au
lieu de donner de l'importance a son fond et son role d'art qui est je pense d'eveiller les emotions, reflexion mais surtout la sensibilite et le gout de la curiosite et de la difference.

Que faire quand on voit le prix d'un blockbuster qui coute assez pour nourrir un petit pays et qui ne transmet aucun message a part 2h de distractions....
Heureusement qu'il y a encore des realisateurs et scenaristes qui ont quelque chose a sortir de leur esprit fou pour nourrir encore ceux qui n'arrivent pas a prendre leur pied avec ce putain d'Iron
Man.

Putain quoi, il foutent des millions dans les effets speciaux, ils pourraient pas mettre qqes dollars de plus dans le budjet pour le senario ???

C'est pas compliquer pourtant....

Bon desole d'avoir fait du hors sujet.
La vague est donc un excellent film qui pour ma part m'a juste confirme que l'on croit etre a l'abri de ce qu'il s'est passe tant il nous est evident que c'est une aberration. Mais une chose est
sure, c'est que comme le dit Jonathan LITTLELL avec sont bouquin les bienveillantes, c'est que sous l'emprise du groupe et surtout de l'IDEE, beaucoup d'entre nous feraient des atrocites qui nous
semblent aujourd'hui invraissemblables.

Il dit une phrase tres juste:
Est-ce hitler qui a fait l'allemagne des annees 30 ou est ce l'allemagne des annees 30 qui a fait hitler ?

Et dans la vague, la reponse est toute faite et elle fait PEUR (ou en tout cas elle devrait).
L'analyse de ce film pour moi est un gros WARNING: CA PEUT ENCORE ARRIVER EN UN CLAQUEMENT DE DOIGT sans meme qu'on s'en rende compte. A n'importe quel moment et dans n'importe quelle societe. On
se croit a l'abri de ca ? Jamais cela ne pourrait se reproduire ?
Ben voyons... on sait bien qu'il n'y a pas eu de genocide sur terre depuis 1945 hein ?
Et ca, c'est terrifiant.

Donc si on comprends bien la demonstration de ce film, je dirais qu'on pourrait quelque part le classer dans la categorie films d'epouvantes non ? (he he)

l'homme-grenouille 20/09/2013 17:33

Worf ! Tenir compte des fautes ! Ne t'inquiète pas c'est un blog sans prise de tête ici ! On se tutoie, on se dit les choses franchement et on ne se formalise pas. Je suis le premier à laisser des
fautes atroces parfois. J'ai certes honte, mais j'un autre côté je me dis que le but de ces commentaires et de s'exprimer et de communiquer, pas de parader ou je ne sais quoi...

Sinon, pour les deux films cités, il se trouve que je ne les ai pas vu. Je m'efforcerai de saisir les occasions qui se présenteront de les voir. Pour ma part, je te laisse regarder mes sélections
par année pour savoir ce qui me botte bien... A condition bien sûr que tu nous trouves des similitudes de goût.

Bon plaisir sur ce blog et merci de ton commentaire !

jecogite 20/09/2013 17:27

Bonjour

Ecoute, j'aime beaucoup lire tes ecrits.
C'est tres intéressant.
C'est vrai que la lassitude des films est quelque chose d’omniprésent a force. Normal, les scénaristes n'ont plus d’idées. Il y a cependant des scénaristes caches a qui on ne donne pas leur chance
qui feraient des merveilles sans doute.
C'est vrai que la vague fait parti de ces films qui n'accrochent pas au 1er abord mais qui est genial si on fait l'effort de rentrer dans le film.
Moi aussi j'ai adore car boum, surprise: un message intelligent, sans fioriture a 1 million de dollars l'effet special.
Enfin bref, un film peut etre n'importe quoi.
Une oeuvre d'art dans l'art du cinema ne saurait se contenter d'un effet special pour se voir offrir le mot ART.
Or la vague fait bien parti du 7eme art et ne se contente pas juste d'etre un film.

Je conseille vivement les films suivants car ils sont inattendu egalement.

Timecrimes
Man from earth

Et oui, voici les 2 derniers films qui m'ont marques ces 4 dernieres annees.
Si c'est pas lamentable....
2 oeuvres d'art en 4 ans sur des centaines de films....

(PS: ne tenez pas compte des fautes, j'ai un clavier anglais)

l'homme-grenouille 18/07/2013 21:35

Ah ! Merci de me donner l'occasion de me réexpliquer sur ces problèmes de ponctuations et caractères qui manquent ! En fait, ce blog était à l'origine hébergé par Allociné. Puis, il y a deux ans
(ou trois, je ne sais plus), Allociné a fermé ses blogs et les a transféré sur Over-blog. Ce transfert à entraîné de multiples changements de mises en page, des photos supprimées ou substituées, et
donc des caractères qui ont disparus, dont les fameux "oe" ou bien encore quelques tirets et "..." Il faudrait que je relise tout et retape tout. Mais c'est long... Je le fais de temps en temps.
Ton commentaire m'a donné le prétexte de remettre en forme cette page : je t'en remercie. ^^

Pour ce qui est ensuite du fond de ton commentaire, je ne peux que te rejoindre sur ce que tu dis. Isoler le totalitarisme aux seules années 30 comme une invention ex nihilo est une pure lâcheté
d'esprit. Je crois que nous ne sommes pas encore prêts pour constater que les mécaniques totalitaires sont en fait des mécanismes de base de notre société. Je te laisse quelques pistes d'ailleurs
pour réfléchir à tout ça :

1 - le comportement des supporters dans un stade ne répondent-ils pas à la même logique que le totalitarisme ? Même uniforme, solidarité du groupe, comportement irrationnel, transcendance des
individus dans le groupe, sentiment d'invulnérabilité, etc...

2 - Le comportement de midinettes à un concert de Robbie Williams est-il si différent de celui d'un supporter de foot ? T-shirts, chansons chantées en coeur, etc...

3 - L'école de la IIIe République n'était-elle pas une institution totalitaire ? Enfant en blouse, défilé dans la cour, levé de drapeau, poème patriotique, instauration du sport et de la géographie
en cours pour former le parfait soldat, etc...

4 - La Révolution française ne fut-elle pas l'invention du totalitarisme moderne ? Premier Etat a obliger tous les hommes a intégrer l'armée. Répression sanglantes des anti-révolutionnaires,
nouveau calendrier, nouvelle religion, port de la cocarde en signe distinctif, nouveau vocable. Le "citoyen" imposé à l'époque ne vaut-il pas le "Camarade" russe ou allemand ?

5 - Le christianisme n'est-il pas une forme de totalitarisme lui-même ? Destruction des autres dieux, rejet de la diversité romaine au profit de l'uniformité. Persécution des non-chrétiens, rejet
de la société de ceux qui ne se plient pas aux règles, mise en commun des ressources, etc...

6 - A se demander finalement si la première forme de totalitarisme, c'est à dire contraindre une population à se plier aux intérêts et volonté de l'Etat, ce ne fut pas le judaïsme. Après tout, le
coeur de cette religion n'est-il pas encore aujourd'hui la reconstruction d'un Etat qui a disparu depuis 2500 ans ?

On a déjà fait un grand progrès en France en reconnaissant que nazisme et communisme fonctionnait de la même manière en les regroupant dans le terme "totalitarisme". Quand aurons nous le courage
d'élargir encore le concept ?

Sur ce, je te laisse le soin de réflexion...

Margot 18/07/2013 12:29

Bien le bonjour.
Tout d'abord, je voudrais te remercier d'avoir évoquer ce sentiment de lassitude dû à un trop grand nombre de films vus (oui je sais, j'ai presque 4 ans de retard). Je me demandais depuis quelques
années pourquoi je ne me sentais plus émoustillée, satisfaite, intriguée (ou Dieu sait quoi d'autre) devant un film. Et pourtant, je ne me farcie pas autant de films que toi, sans parler du fait
que tu les décortiques dans tes critiques ou dans tes articles.
Tout comme pour toi, La Vague a été pour moi une sensation de soulagement, j'ai retrouvé dans ce film le plaisir de découvrir des choses nouvelles et certainement pas stéréotypées à
l'américaine...Ouf !
Un point de vue différent et un recul certain sur les événements qui ont mené au Fascisme. Enfin quelqu'un a eu l'idée de nous démontrer l'effet de masse et du groupe et non l'influence total d'un
unique leader. Un œil neuf, voilà ce qu'il fallait !

Peut être que je fais erreur, mais il me semble que ce problème de l'influence de masse n'est pas beaucoup pris au sérieux. Il s'agit tout de même d'une dynamique qui peut devenir extrêmement
violente et ce de son propre chef, avec pour seule influence une crainte ou une peur. Pour exemple, je citerai le livre de M.Éric-Emmanuel Schmitt : Mangez le si vous voulez.
Cette histoire est elle aussi inspirée de faits réels. Tout s'y passe lors de la guerre Franco-Prusse (vu que je n'y connais pas grand chose, je ne vais pas du tout m'étendre).
Un jeune homme d'un village français (qui est apprécié de tous : il aide au confort des villageois et au plaisir de vie) reçois un jour la visite de son cousin qui est soldat dans cette guerre. Le
village est ce jour même en émoi grâce à une fête organisée pour détendre la populace rendue nerveuse à cause des affrontements. Une discussion démarre entre les deux cousins. Le sujet de la Prusse
vient forcément sur le tapis, et là les problèmes commencent. Un villageois plus que beurré entend qu'on parle de la guerre et commence à gueuler que le dit cousin est un espion prussien...(merci
l'alcool!). la rumeur (et les cries de révolte) se répandent comme une traînée de poudre à travers tout le village. Le protagoniste tente alors d'intervenir pour défendre son cousin militaire.
Malheureuse erreur de sa part, on le traite alors de collabo !! Il n'en fallait pas plus, la foule se rue sur lui (l'autre s'échappe) et dès ce moment là va lui faire subir les pire atrocités qui
lui passeront par la tête.

Plus tard, dans l'oeuvre, l'écrivain monteras comment tous ces hommes et femmes n'ont juste rien compris à ce qu'il se passait réellement, ils ont subit et suivis cette fameuse dynamique de groupe
sans prendre complètement conscience des atrocités qu'ils venaient d'infliger à un homme qu'il appréciaient quelques heures auparavant.
Le livre est très cru à certains moments, mais il vaut vraiment le détour, et puis, il doit faire une centaine de pages tout au plus.

Et oui, tout ça pour dire que j'ai beaucoup aimé La Vague de par son idée différente.

Ps : je me permet de te signaler que tu as quelques fautes. Rien de bien méchant, c'est juste que tu écris "cur" au lieu de "cœur" et "uvres" au lieu de "oeuvre". Pardon de faire ça, c'est juste
que j'ai pris la manie de reprendre un ami à moi qui écrit lui aussi des critiques cinématographiques.
Bonne journée :)

dasola 18/06/2009 15:18

Bonjour, ce film est très intéressant car il montre comment en très peu de temps on peut sombrer dans le fascisme avec une bonne conscience absolue (à part quelques élèves féminines). Il faut rester toujours vigilant et mettre des garde-fous. Bonne après-midi.

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