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30 mai 2010 7 30 /05 /mai /2010 19:19

 

Warner Bros. France  Robin Williams. Warner Bros. France

 

M. Keating

Ouvrez vos livres à la page 21 de l'introduction.

M. Perry, veuillez lire le premier paragraphe de la préface intitulé « comprendre la poésie ».

  

  

  

Neil

« Comprendre la poésie par le professeur J. Evans Pritchard, professeur agrégé.

Afin de bien comprendre la poésie, on doit avant tout bien se familiariser avec la métrique, les rimes et les figures de style et ensuite se poser deux questions : un, le thème du poème a-t-il été traité avec art et – deux – ce thème est-il important. La première question définit la perfection de l'œuvre et la seconde son importance. Une fois que l'on a répondu à ces questions, il est relativement aisé de jauger la valeur de l'ouvrage. Si l'on note la perfection du poème sur la ligne horizontale d'un graphique, et son importance sur la verticale, l'aire totale ainsi obtenue par le poème indiquera la mesure exacte de sa valeur.

Un sonnet écrit par Byron peut être noté haut sur la verticale mais avoir une côte médiocre sur l'horizontale. Un sonnet de Shakespeare en revanche sera noté très haut aussi bien à l'horizontale qu'à la verticale et la vaste surface couverte ainsi prouvera que la valeur du poème mérite tous les éloges. En lisant les poèmes présents dans ce recueil, mettez en pratique cette méthode de notation. Mieux vous saurez les évaluer de la sorte et mieux vous saurez comprendre et donc savourer la poésie. »

  

M. Keating

De l'excrément.

C'est tout ce que vaut M. J. Evans Pritchard.

Il ne s'agit pas de mesurer de la tuyauterie. Il s'agit de poésie.

Est-ce qu'on juge un poème comme dans le hit parade mensuel ?

« Oh j'adore Byron, je le classe 20e mais ce n'est pas très dansant. »

Je vous demande donc de déchirer cette page.

  

(Un silence)

  

M. Keating

Allez ! Arrachez moi toute la page. Allez...

  

(Nouveau silence, personne ne réagit)

  

M. Keating

Vous m'entendez ? Déchiez là ! Dé-chi-rez-là !

Allez la page entière...

  

(Charlie arrache sa page et la montre à ses camarades)

  

 

  

M. Keating

Merci M. Dalton.

Messieurs j'ai une idée : cette page ne suffit pas : arrachez toute l'introduction !

Quelle tombe aux oubliettes de l'Histoire ! Qu'elle disparaisse !

La part du diable ! Vas t-en J. Evans Pritchard, professeur agrégé !

Arrachez ! Déchirez ! Etripez ! Arrachez tout !

Je ne veux entendre que le bruit de la déchirure pritchardienne et on mettra ça sur un clou au p'tit coin !

 

(Cameron hésite)

 

M. Keating

Ce n'est pas l'Evangile !

Vous ne grillerez pas en enfer pour ça !

 

Cameron

On peut pas faire ça…

 

M. Keating

Allez-y !

Pas de quartier je veux qu'il n'en reste rien !

 

(Keating s'absente dans la salle voisine chercher une poubelle)

 

Cameron

Il faut pas exagérer...

C'est risqué, faut pas faire ça !

 

Neil

Discute pas Cameron !

Arrache ! Arrache !

 

(Les élèves déchirent, rient)

 

(Le professeur McAllister surprend la scène en passant dans le couloir et pénètre en hurlant)

 

M. McAllister

Bon sang !

Qu'est-ce qui se passe ici ?!!

 

M. Keating

Et voici la poubelle !

 

 

 

M. McAllister (étonné)

M. Keating ?

 

M. Keating (sûr de lui)

M. McAllister…

 

M. McAllister (gêné)

Oh… Pardon… J'ai cru que vous n'étiez pas là…

 

M. Keating

Mais si...

 

M. McAllister (toujours gêné, se retirant)

Ah...

En effet...

Excusez moi.

 

M. Keating

N'arrêtez pas messieurs !

C'est une bataille ! Une guerre !

 

(Les élèvent se passent la poubelle et la remplissent)

 

M. Keating

Une guerre dont les victimes pourraient être vos cœurs et vos âmes

A bas ces académiciens frileux qui mesurent la poésie comme de la rayonne.

Non, non ! Nous n'en voulons pas ici, chassons tous les Pritchard !

A présent dans cette classe vous apprendrez à penser par vous-même !

Vous apprendrez à savourer les mots et le langage !

En dépit de tout ce qu'on peut vous raconter, les mots et les idées peuvent changer le monde.

Je vois dans l'œil de M. Pitts là, que la littérature du XIXe siècle n'est d'aucune utilité pour la banque ou la médecine… Hein ? Vrai ? Peut-être…

M. Hopkins est bien d'accord :

« Oui, bornons-nous à apprendre notre M. Pritchard et ânonner nos rimes et puis nous attaquerons notre programme réel : satisfaire nos vrais ambitions. »

 

J'ai un petit secret à vous dire.

Approchez. Allons, approchez.

 

(Ils approchent)

.

M. Keting

On lit et on écrit de la poésie non pas parce que c'est joli.

On lit et on écrit de la poésie parce que l'on fait partie de l'humanité et que l'humanité est faite de passion.

La médecine, le droit le commerce sont de nobles poursuites et sont nécessaires pour assurer la vie.

Mais la poésie, la beauté, l'amour, l'aventure, c'est en fait pour cela qu'on vit.

Pour citer Whitman : « ô moi, ô la vie, tant de questions qui m'assaille sans cesse. Ces interminables cortèges d'incroyants, ces cités peuplés de sots, qu'il y a-t-il de bon en cela, ô moi, ô la vie ? Réponse : que tu es ici. Que la vie existe ...et l'identité. Que le prodigieux spectacle continue et que tu peux y apporter ta rime… Que le prodigieux spectacle continue... et que tu peux y apporter ta rime… »

 

Quelle sera votre rime ?

 

 

 

 

 

 

 

 

Tout est dit…



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Publié par L'homme-grenouille - dans Regard amphibien sur le ciné
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