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21 novembre 2015 6 21 /11 /novembre /2015 11:24

 

Dix ans déjà ! Dix ans déjà que le divin JW m’a forcé la main pour regarder des séries !

« Mais si ! Regarde cette série là ! Tu verras, tu ne pourras qu’être transporté !

- Oui mais une série c’est long ! L’avantage d’un film c’est que, si ça ne te plait pas, tu n’en as que pour deux heures, alors qu’une série, il faut s’investir longtemps et c’est même pas sûr qu’on soit gagnant derrière…

- Oui mais l’avantage d’une série, c’est qu’une fois que tu accroches, tu as ton fixe assuré pour tous les soirs pendant des mois !

- Oui mais les séries, j’ai déjà connu, ça n’en finit jamais. Quand j’étais ado je me matais X-Files, et c’était toujours le même cirque. Saison 1 : Attention des extra-terrestres sont là pour nous coloniser. Saison 2 : la colonisation est prête, elle va bientôt être lancée. Saison 3 : C’est imminent là, la colonisation. Ça va vraiment commencer. Saison 4 : ça y est on y est presque dedans là, la colonisation… Et puis au final, il se passe rien, on te dilue ça sur des plâtrées de saisons et ça se finit en eau de boudin…

- Pas avec celle là. Cinq saisons, finies, complètes, brillantes. Pas de stand alone. Que du récit en continu, et d’une richesse…

- Ouais mais voilà, si je commence à mettre un orteil dans le monde de la série, il va me falloir une vie entière pour tout défricher. Et j’ai une vie, j’ai pas envie…

- Oh si, tu vas avoir envie.

- Ouais mais j’ai pas le temps…

- Oh si tu vas voir que tu vas en trouver du temps...

- Ouais mais, je sais pas par où commencer alors…

- Tu vas commencer par cette série là. Et une fois que tu l’auras vu, tu me supplieras de te faire découvrir d’autres séries du même genre.

- Pff… Mais c’est quoi cette série à la jaquette aussi peu bandante ? Un visage blanc qui se fait passer du rouge à lèvres ?

- C’est Six Feet Under : le pitch le moins bandant du monde qui cache la plus belle fiction jamais racontée…

- Bon… Je la prends juste pour ne pas ternir ma belle image de personne ouverte d’esprit... »

 

Oui. Il y a dix ans. On m’avait forcé la main. Et quel bien lui en a pris à ce cher JW ! Aujourd’hui, c’est un fait, je suis devenu un accro aux séries, américaines pour commencer, et quelques européennes depuis peu. Il serait dommage de l’ignorer pour qui aime s’alimenter en arts du récit : la série télévisée a connu un vrai boom quantitatif et qualitatif depuis la fin des années 1990 mais surtout depuis le début des années 2000. Loin de moi l’envie de vous faire ici un historique ou un catalogue. Ce que j’ai envie de faire, tout simplement, c’est de vous donner un petit aperçu de mes coups de cœur au travers d’une petite série de Tops 5, comme j’avais pu le faire autrefois pour les B.O. de films (bon là c’était des Tops 3, mais qu’importe). Les novices auront ainsi des noms pour les guider dans leurs recherches, et les habitués trouveront peut-être du plaisir à comparer leurs goûts, ou bien à compléter leurs lacunes. Ainsi, je cesse là le bla-bla introductif et je vous invite immédiatement dans le cœur du sujet avec le premier top qui s’impose, celui des génériques d’ouverture…

 

 

 

Top 5 des génériques d'ouverture.

(Pour le coup, en cliquant sur le titre, vous ne tomberez pas sur la fiche de la série, mais sur la vidéo du générique en question…)

 

 

5. Californication

Quand je pense aux génériques qui m’ont marqué le plus, je me rends compte qu’il y a quand même trois ingrédients qui comptent beaucoup : la musique choisie, la manière de mettre en image l’esprit de la série, et surtout la façon dont ce générique vient amorcer le début de l’épisode. En cela je trouve que celui de Californication fait très bien son boulot.  Pour une série au format court (25 minutes), le générique parvient à se poser après une bonne introduction graveleuse du genre « Eh ouais, c’est ça l’esprit Californication ». Et pour le coup, je trouve que l’esthétique est très bonne. Images aux couleurs saturées, format super 8, un petit peu à l’image du héros Hank Moody. Tout ça a des allures d’âge d’or passé –d’âge de la débauche révolue – mais la pellicule tourne quand même, et toute cette bande de quadras semble rester nostalgique de cette logique « sexe, drogue et rock n’ roll », même s’ils n’ont plus vraiment l’âge. Et pour le coup, la musique de Tyler Bates et Adam Tree colle parfaitement. Quelques riffs un peu « la gueule dans le pâté », mais d’un seul coup tout se met à prendre forme avec un rythme, une joie, quelques cuivres même… et puis tout retombe comme un soufflet, comme si on était allé trop loin par rapport à ce qu’on pouvait encore se permettre… Une belle réussite à mon sens…

 

4. Game of Thrones

Alors là, pour celui-là : grand respect à ceux qui ont pensé ce générique. Pour le coup, c’est vraiment la trouvaille visuelle que je félicite car je considère qu’à lui-seul, ce générique parvient à réintroduire l’un des éléments essentiels de la littérature fantastique : l’exploration de l’univers lu à travers des cartes. Difficile de mettre des cartes dans une série – Game of Thrones s’y risque dans certains épisodes avec l’exposition de maquettes – mais finalement elle n’en a pas besoin car tout ce générique fait le boulot à sa place. Montrer la richesse des lieux explorés et leur dimension fantastique dès l’introduction, je trouve ça génial, surtout que cette carte mélange à la fois l’aspect « vieux parchemin » mais aussi le côté maquette en bois propres aux jeux de rôles / jeux de plateaux. A cela s’ajoute le fait que ce monde soit présenté comme un globe inversé, à la surface concave plutôt que convexe. Cela peut tout aussi bien traduire la vision archaïque que se font les gens de Westeros de leur monde que cela peut être perçu comme une sorte de symbolique de ce qu’est le monde de Game of Thrones : une sorte de miroir du nôtre… Et quand en plus de ça, on prend en compte que ce générique à l’intelligence de faire ce que bien peu font, c’est-à-dire de se montrer évolutifs selon les épisodes, alors celui-ci prend alors une dimension supplémentaire non-négligeable : il exprime tout autant la richesse de ce monde en même temps qu’il créé une certaine forme de teasing pour ce qui est des évènements à venir… Non décidément, ce générique est tellement riche d’idées que je n’en trouve même pas le temps de parler de la musique, c’est dire…

 

3. True Detective

Après la présentation dithyrambique que je viens de faire du précédent générique, certains pourraient s’étonner que j’ai trouvé le moyen d’en trouver trois meilleurs que ceux là. Pourtant c’est le cas, et c’est notamment le cas de celui de True Detective. Et cela pourra paraître d’autant plus surprenant à certains qui savent à quel point je suis sceptique à l’égard de cette série. Seulement voilà, je trouve que le gros point fort de cette série, c’est son ambiance, et je trouve que cette ambiance, le générique parvient parfaitement à la synthétiser et à l’imposer en chaque début d’épisode. Il y a d’abord le choix très judicieux de cette chanson composée en 2003 par Bret Sparks : Far from any road. Auteur bipolaire et mélancolique, l’état d’esprit de Sparks correspond parfaitement à la série. Il a fallu en plus que celui-ci soit agrémenté de cette magnifique composition picturale, où les décors grisâtres fusionnent avec chacun de personnages, comme si l’un faisait autant l’autre, sans qu’aucune distinction ne puisse être vraiment faite. J’aime d’ailleurs beaucoup ce plan très suggestif à la cinquantième seconde du générique où on voit ce visage dans lequel le décor semble couler en lui, comme du sang dans ses veines. Ce plan est d’ailleurs habilement mis en valeur par un changement de ton de la musique à ce moment là. Non, il n’y a pas à dire. Ce générique, c’est de l’or en barre. Dommage que la série ne soit pas autant à mon goût…

 

2. Les Piliers de la Terre

L’ami JW s’étonnera peut-être que ce générique là soit seulement deuxième. Pour en avoir parlé récemment avec lui, je lui avais pourtant affirmé que ce dernier était pour moi – et de loin – le seul qui savait vraiment assurer son taf de générique, sans longueur inutile, et avec un vrai souci de transcender l’esprit de la série dont il se fait l’annonciateur. Ce que j’adore particulièrement, c’est ce choix esthétique de présenter tous les personnages et les différents éléments qui marquent l’intrigue par ces espèces d’estampes fugaces qui s’emboitent les unes dans les autres, je trouve ça tout simplement magnifique, dynamique, hautement symbolique. Je considère notamment que les transitions sont particulièrement bien choisies. Elles tracent à l’avance tous les enjeux, suggèrent les éléments clefs de l’intrigue, le tout sublimé par cette merveilleuse musique, épique à souhait. Il y a un souffle dans ce générique que je trouve vraiment remarquable et qui est, paradoxalement, celui que j’ai le plus de mal à décrire. Dommage que d’autres séries ne s’inspirent pas davantage de ce genre de démarche car c’est là pour moi ce qui s’est fait de mieux en termes de générique… du moins, à l’exception du premier de ce classement.

 

1. Breaking Bad

Eh oui, Breaking Bad. Cela en surprendra certainement plus d’un que je cite ce générique comme celui que je trouve le plus réussi de tous. Au fond il est très court, ne se limitant qu’à un titre s’inscrivant dans un tableau de Mendeleïev qui part en fumée, le tout simplement accompagné de quelques notes un peu groggy d’un mauvais western. Et pourtant je trouve qu’il a cerné justement l’essentiel. A la fois il a cerné l’essence de ce qu’est un générique, parce qu’il ne nous emmerde pas avec un clip de deux minutes qu’on a facilement tendance à zapper à force d’enchainer les épisodes. Non, ce générique se contente juste de poser une emprunte identitaire au début de chaque épisode. C’est l’élément qui est juste là pour te dire « Eh ouais, bienvenu dans Breaking Bad mon gars… » Mais bon, après, pour que ça marche, encore fallait-il que ces quelques secondes parviennent à saisir et poser l’atmosphère de la série. Or je trouve que pour le coup, c’est totalement réussi. Un tableau de Mendeleïv qui part en fumée de cristal meth, c’est pour moi parfaitement résumer la déchéance de ce pauvre anti-héros qu’est Walter White : le génie aigri qui sombre dans la déprime en même temps qu’il se transforme en délinquant narcotique. Et ces notes ! Résonnant comme un western vaseux, défoncé par la fumette, incapable d’offrir finalement des grandes figures de l’Ouest américain mais au contraire quelques escarmouches pas très nobles entre esprits ploucs d’Albukerque. Ce générique, c’est toute la désillusion que la série porte sur l’Amérique en seulement quelques secondes. C’est précis, c’est efficace, c’est parfait. Qui d’ailleurs peine à se rappeler ce générique ? Personne. Qui a un petit sourire désabusé quand il s’en rappelle ou qu’il l’entend quelque-part ? Pratiquement tout le monde… Vous voyez ? C’est ça du talent…

 

 

Top 5 du premier épisode.

 

 

5. Utopia

Toute la difficulté d’un premier épisode, à mon sens, c’est de savoir saisir un spectateur assez rapidement ;  c’est être aussi capable de transmettre malgré tous les codes qui vont faire l’identité de la série ; mais c’est également être capable de susciter le « encore » à la fermeture du dernier plan. Exercice tortueux, surtout quand la série elle-même est tordue. Or, c’est le cas de cet Utopia qui, non seulement a pour principale identité cet esprit décalé un peu à la trash comic, mais qui a en plus comme particularité cette volonté d’afficher un décalage permanent entre le cynisme du ton et le regard surappuyé qui est porté à notre société, à la fois par l’outrance de l’intrigue que par l’exagération des couleurs. Or, pour le coup, ce premier épisode a le mérite de mettre les pieds dans le plat tout de suite. Une scène dans un magasin de comics : de l’humour, de l’intrigue, de la cruauté, de la couleur, et surtout ce petit générique totalement barré qui nous fait comprendre qu’on bascule dans un autre monde. Tout ensuite s’enchaine vraiment habilement : les personnages sont atypiques mais sympathiques, beaucoup d’éléments d’intrigue sont distribués assez rapidement pour générer une vraie dépendance à la résolution du mystère ; mais surtout, le ton est vite donné par une conclusion très crue, osée, qui nous fait bien comprendre qu’il va falloir s’accrocher. Mais bon, on en redemande, parce que ce premier épisode sait se conclure comme une réponse concrète au très bon gimmik qui structure bien tout l’ensemble : le fameux « Where is Jessica Hyde ? » En cela, la dernière image de l’épisode fait son boulot. Moi je me suis dit « Ah non ! Pas maintenant ! » Bon bah, quand généralement on dit ça à la fin d’un premier épisode, c’est qu’ll a rempli son office…

 

4. Dexter

On s’en rend moins compte aujourd’hui parce que Dexter fait partie de notre quotidien, mais c’était là un sacré pari de la part de Showtime que de s’être lancé dans une telle série, avec un tel sujet et un tel héros. Pour moi, cela pouvait vite déraper soit dans quelque-chose de trop glauque pour que je m’y attache vraiment sur le long terme, soit dans quelque-chose de trop caricatural pour que j’y trouve de l’intérêt. Or, cet épisode est parvenu selon moi à poser très rapidement le ton juste, aussi bien grâce à l’esthétisme remarquable de la réalisation (qui prend des allures de vieux polars newyorkais comme je les aime) mais aussi grâce à ces dialogues ciselés et cette voix suave de Michael C. Hall. Et puis – bim – au-delà de ça, la série parvient en plus à poser les bases de son intrigue de fond : le Ice Truck Killer – tout en le liant avec le personnage principal. L’air de rien, cette idée, c’était du pur génie. Poser un prédateur qui cherche à se fondre dans la masse en décodant le plus possible de mimiques de normalité, et contrebalancer ce postulat qui pourrait être flippant en lui opposant un autre serial killer beaucoup moins sympathique. Voilà donc comment Dexter Morgan est devenu notre ami en un seul épisode. Non seulement il cherche avec nous à comprendre une normalité qui parfois nous échappe, mais en plus de ça, dans ce monde de boucher, il est peut-être le seul à se chercher une éthique. Brillant, très efficace… Dommage que la série n’ait pas suivie sur le long terme…

 

3. Game of Thrones

Je l’avoue : c’est avec ce genre d’épisode que je me suis dit que les scénaristes embauchés par HBO étaient sacrément talentueux. L’air de rien, ce premier épisode se veut l’introduction d’une longue saga épique qui, en plus, met du temps à démarrer dans sa version papier. Pourtant là, ce seul premier épisode parvient à mettre en place à nombre incroyable de choses. Non seulement il nous pose tous les personnages tout en parvenant à nous faire transmettre pour chacun d’entre eux une charge émotionnelle, mais en plus cet épisode parvient également à énoncer tous les enjeux, démontrant bien à quel point ceux-ci sont tous contradictoire les uns par rapport aux autres… Et le pire, c’est que le tout est opéré en réussissant l’exploit de conclure par un putain de cliffhanger (parce que oui, rappelez-vous du pauvre Bran et de sa grimpette malheureuse au sommet de la tour de la reine…) ! Non mais là chapeau ! Parvenir en seulement une heure à nous faire comprendre l’état d’esprit de la série, tout en me plongeant dedans au point que je sois déjà impatient de voir l’épisode 2, j’avoue, pour moi, c’est de l’art ; de la grande écriture…

 

2. Breaking Bad

Un pantalon qui vole en plein milieu du désert. Un camping-car pourri qui trace à travers le sentier sableux, la police aux trousses… Au volant, un étrange homme masqué et en slip qui enregistre un message d’excuse auprès de sa femme… Si ça ce n’est pas une accroche réussie ? Comment pourrait-on être plus intrigué que ça par un épisode d’intro ? C’est qu’en plus, l’air de rien, cette introduction traduit tout l’esprit de la série : ironie, personnages pathétiques, western de tocards, et en même temps une sacrée pointe d’humour noir… Et il faut qu’en plus de ça, cet épisode ne pose pas cette intro comme un flash forward à résoudre pour la fin de la saison. Non, dès la fin de l’épisode, cette situation d’introduction est résolue. Rien que par cela, on sent que l’ami Vince Gilligan n’a pas peur de presser le pas : qu’il en a encore dans le panier, et que la densité sera au rendez-vous… Voilà une bien belle introduction pour une bien belle série…

 

1. Battlestar Galactica

Ceux qui savent mon amour pour la science-fiction seront peut-être surpris de l’apprendre mais, non, je n’étais pas plus emballé que ça de me lancer dans cette série là. Or, le premier épisode (disons plutôt les deux prologues d’une heure et demi chacun !) fut pour moi un modèle d’entrée en matière. Géré comme un film catastrophe, la tension ne cesse de monter pour ne jamais redescendre. C’est tendu, c’est riche, c’est passionnant, d’autant plus que c’est dans ce contexte là qu’on découvre toute la richesse de l’univers qu’on nous propose. Une fois que j’avais pris ces deux prologues dans la tronche, j’étais accro. Tout bonnement merveilleux…

 

 

Top 5 des bandes originales.

 

 

5. Game of Thrones

Lors du classement des génériques, je n’avais pas eu l’occasion de parler de la musique de Game of Thrones voilà qui va désormais être réglé. Parce que là aussi, la B.O. de Game of Thrones ne se limite pas simplement à son titre principal. Bien au contraire, plus les saisons se sont enchainées et plus cette bande-originale s’est étoffée, notamment en remarquables morceaux qui m’ont particulièrement touchés. Pour le coup, on est dans de l’orchestral pur, on a sorti la grosse artillerie, mais je trouve que ça se sent et que ça marche ! Juste en guise d’exemple, je citerais la track qui me revient le plus immédiatement à l’esprit : celle que l’on entend à la conclusion de la saison 4, Children, alors qu’Arya prend le bateau pour traverser le détroit. Pour moi ça traduit bien le relief qu’HBO a été capable de donner à cet univers musical grandiose. Le concept est assez classique, reprendre le motif principal que tout spectateur a su finir par identifier, et puis le décliner de plein de manières différentes. Pour le coup, les génériques de fin sont pratiquement tous des modèles de réussite, quelque soient les saisons…. Une belle œuvre, qui sait en plus s’enrichir avec le temps…

 

4. Cowboy Bebop

Alors oui, la présence d’un « anime » pourra peut-être surprendre dans ce top. Depuis le départ je ne parle que de séries américaines et – désolé de vous l’annoncer – c’est parti pour durer. Je sais que parfois, pour se présenter comme des esprits ouverts et éclairés, certains se sentent obligés de faire des tops très internationaux, quelque soit la réalité de leurs goûts. Mais pour moi, ce ne se sera pas la cas. Désolé, mais mes goûts me guident essentiellement de l’autre côté de l’Atlantique et ce classement sera truffé de produits Made In USA jusqu’à à la moelle. Donc, si vous aimez les « animes » japonaises, profitez, car, malgré le fait qu’autrefois j’aie passé pas mal de temps à explorer cet univers là, il n’en est malheureusement pas resté grand-chose dans mon esprit. Seulement voilà, dans ce « pas grand-chose », il y a Cowboy Bebop. Or, ce qui a fait pour moi la force de cette série, ce fut clairement son atmosphère, et dans ce registre là, la musique de Yoko Kanno y a clairement joué une part majeure. Alors attention, par rapport à toutes les autres B.O. que je vous cite ici, celle-ci est en total décalage avec le reste. Japanime oblige, il y a un petit côté foufou dans certaines musiques, un peu bizarre, face auquel on peut avoir du mal à se positionner pour peu qu’on ait jamais été sensibilisé à l’esprit de ces productions là. Mais c’est justement cela que j’aime bien. Cette compositrice mélange un peu tout et n’importe quoi, sur un ton parfois très décalé comme seuls les Japonais sont capables de nous le faire. Cette singularité est ce qui rend cette composition attachante. L’une des plus belles illustrations de cet état d’esprit là est le Real Folk Blues du générique de fin : association totalement impossible entre chanteuse pop japonaise et sons jazzy, C’est bizarre mais chez moi ça illustre merveilleusement bien l’esprit foutraque de la série. Il est même étonnant de trouver au milieu de tout ça quelques morceaux de soft rock comme c’est le cas de Call Me, enregistré avec le groupe Seatbelts (oui, un groupe qui a décidé de s’appeler « ceinture de sécurité », ça ne s’invente pas.), ainsi que cet étrange morceau lunaire qu’est Space Lion. Si ce dernier est encore une composition un peu improbable de sons qui n’ont pas forcément grand-chose à foutre ensemble, je trouve que, dans le contexte de l’épisode Jupiter Jazz, ce morceau tape vraiment pas mal. C’est d’ailleurs devenu avec le temps mon morceau préféré de tout l’ensemble. Comme quoi… Bref, une petite B.O. que j’aime beaucoup. Un vrai point fort de la série…

 

3. Dexter

Un petit paradoxe direct pour commencer ? Sachez une chose me concernant par rapport à cette B.O. : je ne suis pas plus fan que ça du thème principal de la série. Oui. Avouez, c’est un handicap quand il s’agit de choisir les B.O. de séries qui vous ont le plus marqué. Pourtant, c’est un fait – outre ce thème principal que je trouve passable – je dois bien avouer que je trouve totalement hypnotisant l’habillage musical de cette série. C’est d’ailleurs lui qui, parfois, est parvenu à me faire passer la pilule des saisons les plus ratées.  Entre d’un côté tout l’aspect hispanisant que justifie cet ancrage de la série à Miami et de l’autre ces grands moments de malaise et de flottement qu’amène l’état d’esprit très ambigu du personnage principal, je trouve que l’osmose est parfaite et surtout, je trouve que l’ensemble et d’une incroyable richesse et diversité. Moi je retiens notamment ces remarquables End Credits, musique malsaine par excellence, la délicatesse de Photos, ou bien encore l’émotion de Deb Cries. La B.O. est d’autant meilleure qu’elle s’est vue enrichie et réorchestrée à partir de la saison 4, toujours avec autant d’inspiration de la part de Daniel Licht. C’est vraiment pour moi le gros point fort d’une série qui en a quand même perdu beaucoup au cours de ses huit longues saisons.

 

2. Twin Peaks

Ah, seulement quelques notes de basses, et déjà, on est dans un autre univers. Il faut dire qu’avec Twin Peaks, on se balade dans un univers de David Lynch, et que la musique se devait d’être à la hauteur. Or, pour le coup, elle l’est totalement. Comment s’en étonner de la part d’Angelo Badalamenti, un habitué des atmosphères lynchéennes ? Au risque de me répéter avec mon article sur les bandes originales qui date de 2009, je ne peux que citer en premier lieu le fameux thème de Laura Palmer : il est si caractéristique ! Quelques synthés, un piano. C’est un peu inquiétant, un brin mélancolique, ça marche. Et à côté, vous avez tout le décalage que peuvent créer des musiques comme le sont des pistes comme Audrey’s Dance ou bien encore Dance of the Dream Man. Cette musique, elle imprègne incroyablement la série. Elle en est même indissociable tant elle joue un rôle narratif fondamental. C’est à ça qu’on reconnait les meilleures bandes originales selon moi.

 

1. The Leftovers

Pour ceux qui avaient lu cet article dans les premiers mois de sa parution (entre 2015 et 2016) vous allez peut-être vous étonner de trouver là The Leftovers sur la première place du podium. En effet, initialement The Leftovers ne figurait pas dans ce Top. Sa présence est due à une modification que j’ai faite au moment de publier la seconde partie de cet article. Cette modification, j’ai longtemps hésité à la faire. Pour moi, d’une certaine manière, rajouter ces Leftovers dans l’article, alors que je l’ai découverte en 2016, c’était un peu tricher avec mes propres règles. Parce que oui, afin de ne pas avoir à mettre à jour régulièrement cet article en fonction de mes nouvelles découvertes – afin de le figer dans le temps pour donner un état des mes goûts à un instant t – je m’étais dit que je ferais un classement pour ma période de dix premières années de sériephagie aïgue. 2005-2015, pas plus… Et puis voilà : comment prendre du recul par rapport à des découvertes récentes ? Comment ne pas risquer de mettre directement aux premières places de classement un cœur de cœur récent au détriment d’œuvres plus anciennes qui lui survivront davantage avec le temps ? Parce que oui, le problème était là : je ne voyais pas placer cette musique de Leftovers ailleurs que sur la première place du podium. Cette musique m’a pénétré dans chaque épisode. Puis je l’ai écouté en boucle chez moi. Puis encore. Puis encore… Depuis, ma consommation pulsionnelle de cette bande originale à passé… Mais dès que je l’entends à nouveau dans une émission télé ou bien au hasard des playlists aléatoires de mon téléphone, ça y est je replonge. Ce n’est pas compliqué, je trouve le travail de Max Richter absolument fantastique sur cette bande-originale. Elle joue en grande partie sur l’efficacité de l’atmosphère de cette série. A la fois profondément mélancolique. A la fois chargée d’une puissance forte, comme un espoir, une pulsion de vie qui habite cette torpeur. Qu’il s’agisse de la musique du générique, des magnifiques notes de piano de The Departure ou de Only Questions, des élans presque religieux de De Profondis ou bien encore de Dona Novis Pacem, tout fonctionne avec un souffle absolument incroyable. Et encore, là je me rends compte que je ne parle que des premières pistes de la composition, alors que tout le reste est du même acabit. Ah que c’est bon ! Alors du coup, je me suis dit qu’il fallait que j’assume jusqu’au bout. Oui, j’adore Leftovers et j’avais envie de vous le dire. Et comme après tout la première saison date de 2015, je me dis qu’on peut se permettre quand même une petite exception pour une série aussi grande. Le pire, c’est que je viens de relancer cette bande-originale pour les besoins de cet ajout de dernière minute. Or ça y est, c’est fini pour moi : plus possible de l’arrêter. Mais quelle came…

 

 

Top 5 des meilleures atmosphères.

 

 

5. True Detective / True Blood

Deux séries sur une même marche ? A dire vrai, pour commencer ce classement, je n’entends pas forcément faire ici de ex aequo, mais plutôt traiter ces deux séries comme si elles étaient un peu les mêmes, du moins en ce qui concerne leurs atmosphères respectives. Alors certains l’auront peut-être déjà compris : ce que je pose ici comme l’une des atmosphères les plus marquantes de mon expérience du monde des séries, c’est clairement cet étrange Etat américain qu’est la Louisiane. Mais par tous les dieux, quelle étrange partie du monde que celle-ci ! Par certains points, elle en est presque improbable. S’y côtoient pêle-mêle les images de la belle Amérique, mais au milieu d’une sorte de Far-West marécageux qu’on a oublié de se développer socialement et économiquement. Ainsi, que ce soit dans True Blood ou dans True Detective, on n’a même pas besoin qu’on nous parle de vampires ou de serial killers détraqués pour que déjà on ait l’impression d’être dans un autre monde ; un monde presque fantastique. Alors après, j’en conviens : on pourra toujours arguer que ces deux séries n’en restent pas moins très différentes, notamment dans leur ambiance. Ce n’est pas faux. Là où True Detective est très anxiogène voire angoissant, True Blood joue plutôt la carte du fantastique voire presque parfois de l’épouvante. Qu’à cela ne tienne. Il n’empêche que les deux univers me parlent et que, l’un dans l’autre, à chaque fois que je regarde un épisode de l’un, je pense toujours à l’univers de l’autre. Donc l’un dans l’autre…

 

4. X-Files

Eh bah oui : X-Files. Alors forcément, quand on est né dans les années 1980 et qu’on était un ado dans les années 1990, X-Files voulait dire quelque-chose de particulier. C’est générationnel, c’est nostalgique, c’est l’esprit d’un temps. Dès fois j’essaye de juger cette série avec un regard extérieur et je me demande souvent si les nouvelles générations pourraient être aussi réceptives que j’ai pu l’être moi face à cet univers étrange et, sur certains points, assez fascinant ? A dire vrai, je l’ignore totalement. Peut-être que pour beaucoup, l’atmosphère qu’ils ressentiront d’X-Files sera celle d’une série qui fait très old n’cheap. Seulement, chez moi, c’est bien la seule chose qui n’ait jamais été ébranlée dans mon esprit, malgré l’usure du temps et le passage des années. Les intrigues ne me parlent plus forcément, la musique de Mark Snow non plus, et les clichés fantastiques usités là-dedans me font parfois grincer des dents, m’amenant même parfois à me poser la question : « mais comment ai-je pu à ce point aduler cette série étant adolescent ? » Mais bon voilà : l’univers de la série est encore là. Et oui, celui-là, dans mon cœur, il n’a pas bougé. Je ne saurais pas comment l’expliquer, du moins pas mieux que lors de mon article que j’avais rédigé après avoir revu les cinq première saisons. Pour moi cela tient à une recette assez simple mais efficace. Cela tient à un regard sur l’Amérique assez riche et diversifié ; de la grande ville à la petite réserve indienne perdue au fond d’un Etat rural. X-Files donne toujours cette image d’Etats-Unis bâtis sur un terrain immense et instable, dont aucun habitant ne semble vraiment prendre conscience. Ils y vivent heureux et insouciants justement parce qu’ils n’ont conscience de rien. Mulder et Scully sont justement les deux agents qui observent cette étrange société qui ignore son côté sauvage et incontrôlable. Et pourtant, il suffit parfois seulement d’ouvrir la porte d’un vieux hangar devant lequel tout le monde passe, ou bien de poser des questions au quidam que tout le monde voit sans connaître pour qu’enfin cette dimension fantastique leur apparaisse clairement. En cela d’ailleurs, les raisons qui m’ont fait placer cette série dans ce classement sont finalement assez proches de celles qui concernaient True Blood et True Detective. Donc oui, X-Files a peut-être mal vieilli sur pas mal de points, mais sur cet aspect là, je trouve que la saga de Chris Carter a toujours son charme… 

 

3. Sherlock

Et voilà pour ma troisième place une découverte récente, mais quelle découverte ! Autant le dire tout de suite : il y a plein de choses qui pourraient me déranger dans Sherlock : son format inhabituel, ses explications invraisemblables, ses personnages parfois trop grandguignolesques… Et pourtant, globalement, j’adore quand même cette série et, si je fouille bien dans mon esprit, je me rends compte que la raison en est des plus évidentes. Ce que j’aime dans ce Sherlock, c’est son atmosphère. De tous les éléments qui composent cette série, c’est celle-ci qui, dès le départ, m’a le plus saisi, et c’est toujours celle-ci qui, lorsque la suspension d’incrédulité manquait de s’écrouler chez moi, est venue me rattraper. Mais qu’est-ce que cet univers est charmeur et surtout malicieusement composé ! En gros, en reprenant en 2010 cette icône de la Belle époque, et en voulant le plonger dans notre monde contemporain, les créateurs Mark Gatiss et Steven Moffat se sont retrouvés contraints à devoir faire un pont de plus d’un siècle entre deux périodes. Le risque était qu’en gagnant en modernité, on pouvait perdre en charme nostalgique. Qu’à cela ne tienne : les deux auteurs de ce Sherlock ont eu la brillante idée de mélanger tout cela dans un Londres sans cesse à cheval entre deux temps. Ainsi se retrouve-t-on avec un Watson qui blogue et un Sherlock qui textote au milieu d’un univers composé de classicismes et d’orientalismes de la période victorienne. Finalement, cette série résumerait presque à elle seule ce qu’est l’Angleterre, ou du moins telle qu’elle se fantasme : un progrès dans la continuité, sans rupture avec le passé. Et ce parallèle, la série parvient également à l’incarner dans son mélange réussi entre le charme des anciens polars et la nervosité des nouveaux. Et là où la série est quand même très forte, c’est qu’à chaque épisode, elle sait réinventer sans cesse cette combinaison, faisant que le charme opère toujours, quoi qu’il arrive. Bref, vous l’aurez compris, pour le coup, l’atmosphère fait beaucoup. Elle fait presque toute la série à elle toute seule… En tout cas, me concernant, elle fait presque tout mon amour pour ce Sherlock

 

2. Cowboy Bebop

Tadam ! Oh bah quelle surprise ! Cowboy Bebop dont je disais que j’adorais la musique se retrouve désormais présent dans le top des meilleures atmosphères ! Alors, en même temps, il y a une logique là-dedans, dans la mesure où la musique joue énormément sur l’atmosphère d’une série. Mais bon, d’un autre côté, une bonne musique ne garantit pas forcément une bande ambiance. Or, pour moi, si cette série dispose bien d’un point fort – si ce n’est le seul – c’est sa remarquable atmosphère. Bah oui, parce que Cowboy Bebop ne raconte pas vraiment d’histoire, n’a pas vraiment de personnages intéressant, n’a même presque aucune dynamique. La seule chose qui le distingue, c’est son étrange univers, fait d’une humanité plus si nombreuse que ça, qui ère dans le système solaire, seule, sans idéal, juste à accomplir les tâches du quotidien. Cet univers n’a pas forcément grand-chose d’original (quoi que, cette Venus aux nuages qui rendent aveugles, je l’adore), mais il se dégage de lui une atmosphère vraiment peu commune – unique dans la science fiction je trouve – celle d’une humanité désabusée, propulsée dans un espace sans intérêt sinon celui de survivre à son quotidien. Et pourtant, de ce futur pauvre, sans héros ni grande quête à accomplir, se construit progressivement une richesse, issue d’un patchwork culturel improbable. Je ne vous le cache pas d’ailleurs, il m’a fallu prendre du recul sur cette série avant de véritablement l’apprécier, tant elle ne correspond pas aux codes traditionnels de la série. Seulement voilà, c’est court (une seule saison d’une vingtaine d’épisodes de vingt minutes) et ça se contente simplement de faire son boulot : poser l’atmosphère. Franchement, rien que pour cela, cette série mérite d’être vue. Personnellement, elle siège parmi mes séries de cœur juste pour ça et – justement – je trouve que pour le coup – ce n’est pas rien…  

 

1. Black Mirror

Je voulais en parler quelque-part de cette série – je DEVAIS en parler – mais je ne savais pas où. D’ailleurs, comme pour le Top précédent, Black Mirror ne figurait pas initialement dans cet article. Seulement voilà, alors que j’en rédigeais la deuxième partie, je remarquais que cette série n’allait figurer nulle part, alors que pourtant, elle fait partie de celles qui m’ont le plus marqué. Ainsi donc, je voulais parler de Black Mirror quelque-part… Mais je ne savais clairement pas où. Comment traduire au mieux ce qui avait su me saisir dans cette série ? C’est que, l’air de rien, c’est dur d’intégrer dans un Top une série dont les intrigues, les personnages, les propos changent à chaque épisode ! Parce que oui, Black Mirror se risque à la culture du stand alone dans sa version la plus absolue, un petit peu dans la veine de la Twilight Zone, et c’est peu dire qu’aujourd’hui c’est un pari risqué au regard des exigences actuelles du public en terme de fond, d’addiction et de cohérence. Seulement voilà, le fait est que je dois bien le reconnaitre : cette série a réussi son pari impossible. Elle a une identité et une cohérence malgré ces intrigues toutes indépendantes les unes des autres… Et surtout elle a un aspect clairement addictif. Or, si finalement il y a bien une chose qui fait liant entre tous ces épisodes c’est bien son atmosphère. Et encore une fois : cela pourra paraître étrange de considérer qu’il y a une atmosphère commune à des épisodes qui n’ont parfois rien à voir, mais pourtant… Black Mirror, à mon sens, c’est que c’est une série qui a su imposer une patte. On sait avec Black Mirror qu’on va avoir un propos cru, sans concession, et diablement intelligent sur notre manière de questionner notre aliénation aux nouvelles technologies. Du coup, on est toujours dans un état d’esprit particulier quand on aborde un épisode de Black Mirror. Ce n’est pas une question de décor ; ce n’est pas une question de personnage ; ce n’est pas une question de musique ; c’est clairement une question d’état d’esprit ; une question d’attente de l’exigence ; une question de vulnérabilité qu’on ressent face à ce qu’on pourrait nous raconter. Or, ça, c’est vraiment balèze. D’ailleurs, au final, j’ai décidé de mettre Black Mirror en première place des meilleures ambiances de série et je l’assume totalement. Oui, Black Mirror dispose d’une atmosphère hors du commun, qui repose sur tellement plus que n’importe quelle autre série. L’atmosphère est peut-être même la clef de voûte de tout cet ensemble, donc chapeau bas…

 

 

Top 5 des saisons les plus accomplies.

 

 

5. Saison 2 de True Blood

Déjà citée dans le top précédent pour son atmosphère, je me permets de reciter True Blood dans ce nouveau classement, ce coup-ci pour souligner le fait que, pour moi, la série va bien au delà d’un simple univers séduisant. L’air de rien. L’équilibre de cette série était casse-gueule, et la saison 2 parvient à lui trouver un équilibre presque inattendu. Pour moi, l’enjeu de ce True Blood, c’était d’être capable de rendre cet univers suffisamment crédible pour que les ressorts émotionnels fonctionnent, mais qu’elle ait suffisamment de recul sur elle-même et sur ses codes pour qu’on puisse avoir accès à cette dérision qui fait partie de l’état d’esprit de la série. En ce sens, cette saison 2 est un bijou à mes yeux, puisqu’elle arrive à pousser les curseurs de la saison 1 beaucoup plus loin, sur quasiment tous les aspects de sa narration. Personnellement, j’avais peur qu’en poussant plus loin la dérision, l’équilibre ne s’écroule. Mais, me concernant, il n’en a rien été, bien au contraire. Je suis même surpris de constater à quel point cette saison 2 parvient à donner une image totalement loufoque des bases de la société américaine, sans se déconnecter pour autant de ce qu’elle est vraiment. Et là où l’équipe d’Alan Ball a été très maline, c’est qu’elle s’est appuyée sur les codes de la Série B de qualité – à la Carpenter – d’un côté, mais aussi sur l’atmosphère presque fantastique de ce décor si singulier qu’est la Louisiane. Donc oui, cette saison je la trouve d’autant plus remarquable qu’elle était casse-gueule, dure à mettre en place, et pourtant elle tient totalement debout, transcendant ainsi la démarche globale de la série. Et pour prendre conscience à quel point cet équilibre était précaire et peu évident à trouver, il suffit juste de regarder les saisons qui suivent pour se rendre compte qu’effectivement, la prouesse ne pouvait finalement ne se réaliser qu’une seule fois…

 

4. Saison 2 de Dexter

Alors je l’annonce tout de suite pour les sceptiques : globalement, non, je ne considère pas Dexter comme une série d’excellente qualité. Après tout, voilà désormais deux fois que je la cite, on pourrait croire que je la mets au panthéon de mes fictions préférées. Pourtant j’insiste, ce n’est pas le cas… Ou plutôt ça a été le cas avec les deux premières saisons avant de s’évanouir avec les saisons qui suivront. Mais bon… Franchement, cette saison 2, pour moi, c’est l’apothéose. Déjà d’une part parce qu’il fallait être capable de répondre à la saison 1 qui était déjà, selon moi, d’une qualité exceptionnelle. Poser un serial killer comme un miroir à nos propres hypocrisies sociales, c’était juste brillant. Voilà qu’on nous tendait un personnage qui ne savait pas ce que c’était que de penser, d’agir et de compatir normalement, donc il singeait la normalité. Et le pire, c’est qu’en l’observant, non seulement on pouvait prendre conscience à quel point nos codes sociaux étaient parfois illogiques et contradictoires, mais en plus, on pouvait parfois se surprendre à se reconnaitre dans la posture de Dexter ; cet étranger intrigué par une morale sociale qui le dépasse un peu et dans laquelle il ne se reconnait pas toujours. J’avais franchement du mal à voir comment on pouvait aller au-delà de ça dans la saison 2. Eh bien tout simplement en montrant que tout le monde, autour de Dexter, a une mentalité de tueur. Entre Rita qui tue indirectement son ex en faisant disparaitre la preuve qui aurait pu l’innocenter ; LaGuerta qui tue sentimentalement sa remplaçante pour reprendre son poste ou bien encore Doakes qui se comporte tout autant que Dexter comme un psychopathe sauf que lui est du côté de la loi, voilà une belle brochette de déni social organisé en bandes, où on méprise le serial-killer pour ses actes et ses motivations, alors que ceux-ci se retrouvent aussi dans l’esprit et les mœurs de chacun. Et en plus de cela, il a fallu que cette Saison 2 apporte cette trame amoureuse plus qu’intéressante. L’amour : le seul caractère pulsionnel toléré, voire légitimer par la société. Le comportement du personnage de Lila et sa mise en perspective sont tout simplement passionnants et pertinents. Donc oui, pour moi, Dexter avait atteint son sommet dès sa saison 2. D’ailleurs, quand je l’avais découverte, je m’étais que – là – décidemment, je ne vois pas comment ils pourraient faire mieux que cela. Or, pour le coup, effectivement, j’avais raison de penser cela. J’ai même eu six saisons pour me rendre compte à quel point j’avais malheureusement raison… Ah ça… Quelle tristesse de tout gâcher comme cela…  

 

3. Saison 3 de Battlestar Galactica

Bon… Ça va être difficile de le cacher plus longtemps. J’adore Battlestar Galactica. C’est même l’une de mes séries préférées. Pourtant, je dois bien l’admettre. Jusqu’à cette saison 3, j’avais trouvé la série perfectible. Et même si les deux premières saisons comportaient chacune d’entre elles des éléments que j’adorais, il y avait toujours quelques faiblesses qui trainaient de ci de là, ainsi qu’un ventre de quelques épisodes qui, à chaque fois, pouvait quelque peu brimer mon plaisir. Cette saison 3, par contre, je la trouve juste IM-PEC-CABLE. Déjà, elle bénéficie d’un cliffhanger de saison 2 de très haute volée, si bien qu’on la commence tambour battant, en rupture totale avec l’esprit que la série avait distillé jusqu’à présent. Mais là où cette saison fait fort, c’est qu’elle parvient à revenir rapidement à ses habitudes, sans pour autant perdre le bénéfice de ce qu’elle a posé lors de ses premiers épisodes. Franchement, il y a un flux tendu assez impressionnant sur l’ensemble de cette saison là, ce qui est d’autant plus remarquable par rapport aux autres séries que Battlestar dispose de saisons deux fois plus longues que les standards habituels. Bref, tenir un tel rythme, assurant un tel contenu, sur plus d’une vingtaine d’épisodes, le tout jusqu’à l’un des plus beaux cliffhangers de l’histoire des séries, moi je trouve ça incroyable. Bref, vous comprenez pourquoi je considère que cette saison est, à mes yeux, l’une des plus abouties, toutes séries confondues…

 

2. Saison 3 de Six Feet Under

C’est marrant, mais je me rends compte que, pour le coup, j’ai été estomaqué par cette saison de Six Feet Under presque pour les mêmes raisons qui m’ont fait adoré la saison de Battlestar que je viens de vous présenter précédemment. D’abord, il y a cette entrée en matière phénoménale, s’appuyant sur le remarquable cliffhanger de la saison d’avant ; entrée en matière qui est une véritable rupture avec ce qui a été raconté jusqu’à présent, du moins en termes de forme. Là où cette saison est exceptionnelle, c’est qu’elle laisse le doute sur ce qu’il s’est réellement passé, sur la manière dont s’est résolu le cliffhanger précédent. Ainsi, on ne sait jamais vraiment comment prendre ce qu’on voit. Est-ce le réel ? Est-ce un fantasme ? Est-ce une allégorie ? Si bien que lorsque l’intrigue reprend pour de bon, sur les rails qui étaient les siens jusqu’à présent, il flotte sur elle une impression d’irréalité qui est EXACTEMENT ce que l’auteur voulait nous faire ressentir des personnages. Oui, ils sont passés par un moment dur qui s’est posé comme ça, sans crier gare, et depuis tout n’est plus vraiment comme avant. Tout à des allures d’illusions. Il est difficile de revivre comme avant, acceptant la réalité de la vie comme une simple évidence. Et là où Alan Ball est vraiment balèze, c’est qu’il arrive à surfer là-dessus sur toute sa saison. Toutes les péripéties, tous les choix de personnages, sont dictés par cet état d’esprit là. Alors certes, pour qui n’a pas vu la série, dire cela semble un peu flou, seulement voilà, je ne veux pas vous spoiler cette série si jamais vous ne l’avez pas vu. Les connaisseurs, eux, sauront de quoi je parle. Vraiment, cette série, pour moi, c’est un must, et cette saison en est vraiment la quintessence ultime.

 

1. Saison 3 de Breaking Bad

Et pour cette première place, je vais me permettre un beau paradoxe. Alors que pour les saisons précédentes j’ai pu dire d’elles qu’elles m’avaient séché du premier épisode jusqu’au dernier, d’où leur présence dans ce top, voilà que pour cette première place, je vais vous parler d’une saison qui ne m’a pas forcément foutu un coup de masse dès le départ, bien au contraire. Oui, je reconnais le paradoxe, et pourtant, je vais m’expliquer. Déjà, ne perdons pas de vu qu’on parle de Breaking Bad quand même. Pour moi, rares sont les moments inintéressants de cette série tant celle-ci dispose d’un rythme et d’un savoir-faire dans sa narration qui n’ont que peu d’égaux dans le monde de la série. Donc, non, les premiers épisodes de cette saison 3 ne m’ont pas totalement séché, mais oui, ils avaient quand même ce fort pouvoir d’attraction propre à n’importe quel épisode de la série. Mais là où pour moi cette saison est parvenue à faire quelque-chose que je trouve incroyable et unique, c’est qu’alors qu’elle compte douze épisodes comme beaucoup de ses semblables, elle se décide malgré tout à opérer sa montée en puissance jusqu’à son cliffhanger final dès l’épisode cinq. Oui… Pour moi, le cliffhanger de fin de saison se trouve clairement à la fin de l’épisode 5. la montée en puissance est telle, l’événement qui survient à la fin de cet épisode est tellement fort que, pour moi, on est clairement dans une logique et dans une intensité de fin de saison… Et pourtant, il reste sept épisodes derrière. En gros, je me souviens m’être dit à la fin de ce fameux épisode 5 de saison 3 : « Ouah ! Là c’est quitte ou double. Soit les gars se sont gourés dans leur timing et dans ces cas-là ça va créer une dépression sur la fin de saison que je ne comprends pas, soit les gars parviennent à tenir ce niveau de tension jusqu’à la fin de la saison et, dans ce cas là, on obtient juste la plus grande saison de tous les temps. Eh bien avec cette première place, vous savez désormais ce qu’il en a été. Oui, ces gars sont parvenus à tenir un niveau de tension hallucinante sur sept putains d’épisodes. Alors c’est vrai, ce n’est pas non plus du hjgh pressure tout le temps. Les épisodes respirent bien. Il y a des relâchements volontaires. Mais à prendre les épisodes un à un, chacun parvient à rajouter une couche au cliffhanger de la saison 5, ne faisant pas décroitre le niveau de suspense et de menace sur les personnages. Or, ça, je trouve ça juste incroyable. Et c’est à ça je trouve qu’on peut prendre conscience du talent d’écriture et de mise en scène de cette série. Donc voilà, cette saison 3, c’est juste une pure expérience de talent. Rien que pour ça, Breaking Bad, il faut en manger… Par principe…

 

 

Top 5 de la meilleure dynamique, saison par saison.

 

 

5. Bref

Tiens dites donc ! Une série française ! Profitez-en, ce sera la seule de tout ce classement ! Eh oui, c’est Bref, de Bruno Muscchio et de Kyan Khojandi. Alors, cela en étonnera peut-être quelques-uns que je cite cette série qui, bien qu’elle en ait fait rire plus d’un, est certainement considérée par beaucoup comme de simples pastilles comiques certes drôles mais inoffensives. Et pour être honnête, quand je dis « par beaucoup » j’entends aussi et surtout « par moi. » Bah oui, même si Bref me faisait beaucoup rire, je trouvais que cette série n’avait pas forcément grand-chose à dire non plus, et qu’on ne pouvait pas lui en vouloir non plus parce que, justement, son format ne lui permettait pas d’en dire plus que ça. Et puis, le hasard (qui porte ici le nom de Rupo) m’a amené à découvrir la chaîne de radio de l’ami Bruno Muscchio, dans laquelle il s’était risqué à donner la parole pendant quatre heures durant à des militantes féministes qui avait accusé sa série d’être sexiste. Au-delà du fait d’avoir trouvé l’émission passionnante de par la haute qualité du débat, je me suis rendu compte à travers lui que Bref, contrairement à ce qu’on pouvait penser, disait plein de choses. Il disait plein de choses sur les questions évoquées par les féministes, c’est vrai, mais aussi sur ce que c’est d’appartenir à la génération Y, en ces temps de débuts d’années 2010… Et là, d’un seul coup, en regardant à nouveau la série, je me suis rendu compte à quel point celle-ci explorait, à travers ses gags, le comportement de notre époque, épluché avec une minutie et une pertinence que j’ai trouvé remarquables. Et pourquoi en parler dans ce classement ci ? Eh bien justement parce que je trouve que l’essentiel du boulot narratif a finalement été opéré lors de la deuxième et dernière saison. La série a marché. Ils auraient pu arrêter ou continuer en diluant. Non, les gars se sont mis à creuser, au point d’aboutir à ce portrait désabusé d’une génération touchante mais perdue, incarné à travers un personnage désespérément sympathique, malgré  le fait qu’il soit l’incarnation totale d’une certaine forme de lâcheté contemporaine. Et là où justement je trouve que la progression de cette série est remarquable, c’est que je trouve dingue d’être parvenu à cette pertinence de propos quand on regarde d’où part la série au départ, et dans quel format elle entend s’exprimer. Franchement, c’est un beau boulot, et c’est une belle série qui a été faite là… et qui marquera plus son temps qu’on ne l’imagine vraiment…

 

4. Rome

Deuxième série dont j’évoque la qualité de la dynamique saison par saison et, encore une fois, il s’agit d’une série qui ne comporte que… deux saisons. Alors je ne suis pas en train d’insinuer que, plus c’est court, mieux c’est. Mais d’un autre côté, je dois bien avouer que, malgré tout, pour parvenir à une dynamique réussie, qui fait se conclure brillamment la série en donnant l’impression que rien ne manque et que rien n’y est de trop, encore faut-il savoir se fixer une fin suffisamment prompte. Cinq saisons, pour moi, c’est la limite. En dessous, quand c’est voulu, c’est parfois même encore mieux. Là, en ne s’étalant que sur deux saisons, cette série Rome a fait le pari de la densité, et elle a eu grandement raison. C’est vrai, le coût astronomique de cette série explique aussi ce choix, mais les auteurs ont sur fait de mauvaise fortune bon cœur puisqu’en condensant ainsi l’intrigue évoquant la transition de la République à l’Empire, la série parvient à fournir une montée en puissance nerveuse et haletante. Or, pour le coup, la dynamique est d’autant plus efficace que, je dois bien l’avouer, le premier épisode avait un petit côté cheap qui m’avait laissé un peu dubitatif. Mais bon. La magie de l’écriture a su faire en sorte que, très rapidement, ce qui n’aurait pu se limiter qu’à une simple reconstitution est très vite devenu un thriller shakespearien sur les rapports de pouvoir. En deux épisodes, tout est dit, tout est traité. Non décidemment, c’est remarquable. A mes yeux, cette série reste d’ailleurs la meilleure série historique dans le domaine des séries et du cinéma confondu.

 

3. Battlestar Galactica

Après ce que j’ai pu dire dans le top précédent, vous comprendrez aisément pourquoi cette série figure aussi dans mes meilleures progressions. Alors oui, au risque de me répéter, je le redis : pour moi, les deux premières saisons avaient beau être globalement très intéressantes, elles n’en possédaient pas moins des épisodes plus mous, qui étaient là pour tenir la longueur, en attendant d’explorer les quelques pistes prévues pour la saison. Et encore, pour les avoir revu récemment, je peux même vous dire que la saison 2 en cela est même meilleure que la saison 1 puisque seule une petite chute ne survient que vers la fin. Mais alors par contre, pour la saison 3 et 4, on entre dans du flux continu, sans temps mort. Et là où cette série est remarquable dans sa progression, c’est qu’elle a clairement décidé d’explorer ses pistes de réflexion jusqu’au bout, que cela plaise ou non, que ce soit risqué ou non. Du coup, qu’il s’agisse des métaphores politiques que la série pose, ou bien de la compréhension métaphysique de l’humain qui est faite à travers les Cylons, Battlestar Galactica va jusqu’au bout de son sujet et sait s’arrêter à temps, au bout de quatre saisons. Pourtant, Scy-fi avait tapé du pied pour poursuivre l’aventure, vu le succès de la série. Et c’est à ça qu’on reconnaît une grande série et un beau projet. Alors que des Dexter disent oui, il y en a qui disent non. Et voilà comment, après avoir atteint un pic, on ne retombe pas misérablement. 

 

2. Breaking Bad

Là aussi, si vous avez lu le top précédent, je pense que la présence de Breaking Bad ne vous surprendra pas. Cette série, je la vénère pour sa manière très astucieuse de gérer son propos : toujours dense, sous tension, mais sans jamais perdre de sa pertinence. Mais pour éviter de répéter ce que j’ai déjà dit sur cette merveilleuse série, je rappellerai quand même que, contrairement à certains, je n’ai pas été totalement acquis lors de la première saison. Enfin, j’ai adoré la première saison, mais elle était encore posée, en mode cinéma « social », davantage dans une peinture acerbe assez classique de la société américaine plutôt que dans la remarquable tragédie / thriller presque surnaturelle que cette série va devenir. Mais bon, loin de lui reprocher ce début plus posé, je trouve qu’au contraire cela contribue à l’effet « vortex » de cette série. Quand on compare la saison 1 et la saison 5, c’est le jour et la nuit. La saison 5 est un monde qui parait tellement éloigné du nôtre, sa cruauté et sa noirceur aussi, qu’on aurait tendance à le prendre avec distance. Or, moi j’ai pris ce monde saisi aux tripes, car justement j’ai senti une connexion très forte avec notre quotidien et notre réalité. Et si cette connexion s’est opérée, c’est justement parce qu’on part de cette saison 1, plus sage, plus sociale, plus posée, plus classique. On part de la cruauté de notre réalité, qui semble si insignifiante, si banale, et de là, Breaking Bad opère progressivement notre descente aux enfers. Et là où la série est malicieuse, c’est qu’en compagnie de Walter White, on arrive toujours à se rassurer, à se justifier, à trouver un certain équilibre dans cette étrange aventure, en se disant que, finalement, c’est une posture qui peu être tenable… Et voilà comment on se laisse embarquer jusqu’en cette saison 5, surréaliste, inhumaine, en se demandant comment on peut en arriver là. Eh bien justement, Breaking Bad nous montre comment on en arrive là. Il nous montre que les grands monstres sont des humains banals, qu’ils sont nous, qu’ils ont juste été un peu lâche, un peu perdu, un peu pris dans une logique qui les a dépassé… En cela, l’aspect transitif assuré par cette série est remarquablement géré, et c’est pour cela que je considère que c’est l’une des plus belles progressions qui m’ait été donné de voir dans le monde des séries…

 

1. The Wire

Bon, là, en termes de progression saison par saison, pour moi, on atteint le must. Ce n’est pas forcément une question de progression de la qualité, c’est plutôt une question de cohérence de la progression. The Wire, c’est cinq saisons pour cinq angles différents sur un même sujet. Ce sujet, c’est Baltimore, ou plus largement la ville américaine en général. Quand la première se focalise essentiellement sur la vente de drogues dans les projects et sur comment la police lutte contre elle au quotidien, la seconde se décide à faire volte face pour s’intéresser, dans un premier temps, à quelque-chose qui n’a rien à voir : la situation ouvrière dans le port industrialo-portuaire de la ville. Cette rupture surprend d’abord, séduit ensuite quand le nouvel univers se montre tout aussi intéressant que le précédent, mais surtout, convainc enfin quand au cours de la saison 2, les deux univers finissent par se compléter et fusionner. C’est ça la force de ce The Wire : chaque nouvelle saison part d’un point de vue différent et se connecte progressivement aux précédents. Ce qui veut dire que, plus les saisons s’accumulent, plus l’univers s’enrichit, plus les clefs de lecture et de compréhension de la société américaine se fait subtile. Alors forcément, quand on arrive à la dernière saison, c’est juste l’apothéose. La logique est imparable, la démarche brillante. En cela, The Wire est vraiment la série la mieux construite en termes de narration et de progression. Rien que pour cela, cette série mérite d’être découverte. Et la beauté de ce The Wire, c’est que la série ne se limite pas à ça… C’est vous dire donc si je vous la recommande…

 

 

Top 5 des pires débandades, saison par saison.

 

 

5. Oz

Oz, ou pour moi l’un des plus bels exemples de série qui se sont essoufflés à vouloir trop durer. Alors après – entendons-nous bien – en fait ces séries sont légions. Dallas (pour ceux qui aiment), X-Files, How I Met Your Mother, Docteur House sont autant de séries qui, à mon sens, méritent d’être classées dans cette triste catégorie. Seulement voilà, contrairement à Oz et aux exemples que je vais citer après, ces séries là avaient été pensées pour durer le plus longtemps possible, pour poser un cadre plaisant dans lequel les spectateurs aimeraient se retrouver encore et encore… C’était la logique de la série du XXe siècle. Oz, par contre, pour moi, c’est une série à classer dans une autre catégorie. Oz, c’est l’un des précurseurs de cet âge d’or de la série télé, c’est l’un des fers de lance de la chaîne HBO et de sa toute nouvelle logique à l’égard de ce format. Parce que oui, à mes yeux, HBO c’est la chaîne qui a su imposer une marque de fabrique, outre l’audace de ses propos, c’est le fait de savoir fixer des fins aux séries. Mais là, en toute honnêteté, je trouve que c’est loupé. Tout par en sucette avec cette saison 3, deux fois plus longue que les autres. Elle tient la route jusqu’à la moitié, et puis soudainement la dynamique se calme. Plus grand-chose à dire, on commence à enchaîner des péripéties secondaires les unes aux autres. Et ce sera comme ça jusqu’à la fin de la saison 6. Sans dynamique, l’univers carcéral d’Oz devient juste un quotidien auquel on finit par s’accoutumer, et c’est justement ça pour moi l’erreur de cette série. Oz marchait parce que c’était rude, c’était une épreuve. Avec les trois dernières saisons, tout se normalise presque. On en vient même à chercher à humaniser des personnages qui marchaient justement parce qu’ils étaient déshumanisés (Schillinger : mais qu’en avez-vous fait !!!) A cela s’est ajouté des idées vraiment moisies et presque incompréhensibles pour une série de ce niveau (la pilule qui fait vieillir ? Mais what the fuck !), tout cela pour finir sur une conclusion essoufflée qui ne sait même pas s’appuyer sur le pouvoir émotif que suscite la fin d’une série. Bâclée, diluée, non décidément, cette deuxième partie d’Oz est pour moi un cas d’école de déception.

 

4. House of Cards

Après Oz, pour moi House of Cards est un tout autre type de sabordage d’excellente série, mais non pas moins douloureux. Oz s’est perdue à cause d’une trop longue exploitation, House of Cards lui s’est perdu bien avant. Il a fallu seulement trois saisons pour attendre le naufrage, et c’est triste. Moi, cette série là, je l’adorais. Qu’on ose enfin peindre la politique ainsi, aussi crument, j’étais ravi. Moi, la version gentillette d’Aaron Sorkin que fut West Wing, ça m’avait totalement laissé sur le trottoir. J’avais l’impression de regarder la maison de Mickey tellement c’était mièvre et inoffensif. House of Cards c’était sans concession, mais surtout, c’était remarquablement foutu formellement. Le scénario était ficelé comme un vieux thriller policier bien noir, avec une esthétique et une atmosphère qui seyait parfaitement au ton donné. Le casting était parfait. J’étais aux anges. Et puis vint la saison 3. Là, le faux-pas ne fut pas de vouloir diluer. Le faux-pas fut de ranger popaul et de refermer la braguette. Ça y est, dans cette saison on touchait à la sacrosainte figure du président, du coup en arrière toute ! Les scénaristes dérivent vers l’intrigue amoureuse, la difficulté de tenir le couple, le retour à la foi (Putain ! Ils ont osé !) Et voilà comment la lecture acide du système passe au second plan, tordant les intrigues politiciennes pour satisfaire les besoins de questionnement du couple vers lesquels les scénaristes ont décidé d’aller. Ça devient binaire, peu crédible et pire que tout, ça en devient même incroyablement incohérent. Quand ça arrive sur une belle aventure ou un bon polar ça m’emmerde déjà ce genre de loupés, mais quand ça touche une œuvre unique et audacieuse, qui possède de grandes vertus pédagogiques et presque politiques, moi je le ressens presque comme un crime. Une série aussi originale que ça, qui avait autant d’audace que ça, elle n’a pas le droit de faire demi-tour en court de chemin. Elle n’a pas le droit de dévoyer ainsi son message. Pour moi c’est un peu comme si Christophe Colomb, après avoir réussi à braver l’inquisition, après avoir réussi à convaincre Isabelle de Castille, s’était lancé sur sa route de l’ouest mais avait fait demi-tour aux Açores, de peur de ce que sa découverte pourrait entrainer sur le cours de l’Histoire. House of Cards pour moi c’est pareil. Cette série pouvait ouvrir une voie nouvelle dans le domaine de la série, dans le domaine de la fiction. Elle a fait demi-tour. Désormais je ne pourrais m’empêcher de voir cette série comme une occasion gâchée. Honnêtement, je trouve ça triste.

 

3. True Blood

Eh oui ! True Blood. Je sais pourtant ce que certains se diront. Il en vante l’atmosphère. Il en vante aussi les talents remarquables d’écriture de son auteur Alan Ball. Il classe même la saison 2 dans son top des saisons les plus accomplies de tous les fucking temps, et pourtant, il classe cette série sur le podium de ses plus grandes débandades… Oui, je l’avoue : malgré le pied terrible que j’ai pris sur les deux saisons de True Blood, je considère malgré tout que cette série mérite amplement sa place dans ce classement au vu de ce que j’ai gardé comme ressentiments à son égard. Mais bon, quand on prend le temps d’y réfléchir, tout cela n’est pas si incohérent. Après tout, pour que la chute soit violente, il faut que l’ascension fût élevée. Or c’est justement le problème de ce True Blood selon moi. Cette série avait su dans un premier temps esquiver tous les pièges qui auraient pu la faire se crouter lamentablement, ce qui lui avait permis de fournir un spectacle d’une qualité assez inédite vu l’audace du projet initial. Or cette saison 3 a ceci de frustrant que, après avoir slalomé comme une reine entre les sapins, voilà que la série se bouffe tous les obstacles sur son passage. C’est con, parce qu’au fond je me dis que ce n’est pas là un manque d’audace comme ce fut le cas dans House of Cards, c’est juste que – je pense – l’œuvre a fini par totalement dépasser l’auteur au point qu’au premier relâchement d’attention, tout s’écroule derrière lui. Ah parce que ça ! Il a osé l’Alan Ball. Il a multiplié les créatures, les pouvoirs, les personnages, les situations… Mais le subtil équilibre obtenu presque miraculeusement dans les premières saisons s’est totalement cassé la gueule et il n’est jamais parvenu à le retrouver. Alors après, je ne dis pas. Il y a quelques moments sympas qui reviennent de temps en temps. Mais bon, on est quand même bien loin de ce que la série savait offrir en ses débuts. Et pour le coup, oui, après, je pense qu’on peut reprocher à Alan Ball de ne pas avoir su arrêter sa série plus tôt. Sept saisons, quand on dérape à la trois. C’est beaucoup trop…

 

2. Deadwood

Après l’erreur de longueur exagérée, de l’audace, puis de la perte de contrôle, en voici une pire encore : l’interruption brutale en plein milieu de l’élan. Alors j’aurais pu en citer d’autres dans ce cas, comme Caprica ou plus récemment Utopia. Mais dans ces deux précédents cas, selon moi, les auteurs de ces séries n’ont rien à se reprocher par rapport au fait qu’on leur ait couper l’herbe sous le pied. Caprica était un projet audacieux qui n’était porté par aucune star ni même par aucune grosse chaîne (parce que oui, Sci-fi, ça reste quand même un public de niche) La diffusion avait été sabordée et la politique de la chaîne avait davantage été responsable de l’arrêt de la série que les auteurs en eux-mêmes. Même chose pour Utopia qui fut sacrifié pour avoir eu le malheur d’être programmé à une heure de trop grande écoute par rapport au ton décalé et trash qu’il proposait. Pour moi, ce n’est pas le cas de Deadwood. Le projet était porté par des acteurs connus comme Thimothy Oliphant et Ian McShane ou bien par des visages familiers comme celui de Brad Douriff ou bien encore celui de Powers Boothe, la série évoquait un thème qui parlaient aux Américains puisqu’il s’agissait de la conquête de l’Ouest (et Deadwood et ses héros sont très présents dans la culture de l’Américain moyen, contrairement à chez nous), et les audiences de sa première saison avaient été au rendez-vous. Bref, tout allait bien. Seulement voilà, il a fallu qu’à partir du milieu de la saison 2, les scénaristes ne se décident à en garder un petit peu pour la suite et se mettent à lever le pied au niveau de l’intrigue. Or, sur un projet aussi coûteux, à la fois en décor qu’en casting, c’est une erreur presque impardonnable. Les audiences ont commencé à violemment piquer du nez au cours de la saison 3, au point que la chaine n’abandonner le projet. Des tentatives seront bien négociées pour réaliser quelques épisodes de conclusion, mais rien n’y fit. Le projet était devenu trop coûteux au vu de ses dépenses. Et voilà comment on obtient une série de seulement trois saisons, et trois saisons déclinantes qui n’aboutissent finalement sur rien, sur du vide. Quelle frustration. Quelle erreur. Quelle misère…

 

1. Dexter / Californication

Eh oui ! Je triche un peu, je l’avoue. Sur la première place, j’ai décidé d’en mettre deux, côte-à-côte, sans pour autant supprimer la deuxième place. Mais bon, à bien y réfléchir, pour moi ça avait vraiment du sens que de mettre ces deux séries en regard l’une de l’autre tant elles ont un destin commun. D’une part, il faut le savoir Dexter et Californication sont deux séries issue de la même chaîne et diffusées de manière concomitante. Et quand je dis diffusée concomitamment, je n’exagère presque pas le mot puisque chaque saison de chaque série fut diffusée sur Showtime l’une à la suite de l’autre. D’abord Dexter, puis dans la foulée, sans changer de chaîne, c’était parti pour un épisode de Californication ! (Les spectateurs de l’époque étaient quand même bénis !) Seulement voilà, le destin commun de ces deux séries les conduira toutes deux, de manière solidaires, vers les limbes de l’histoire de la série télévisée, et cela pour les mêmes raisons. Dexter et Californication, ce sont deux séries qui sont nées à l’époque où le marché était en pleine expansion et qu’il convenait d’être audacieux pour capter le plus large public. Et pour le coup, pour ces deux séries, ça a marché. Deux séries très audacieuses dans leur propos, aux personnages forts, à l’atmosphère et à la réalisation remarquable (remarquez d’ailleurs comment je cite régulièrement ces deux séries dans mes tops) ont fini par s’imposer sur Showtime et dans tout le paysage télévisuel américain. Ça a marché. C’était bon. C’était bien écrit. Seulement voilà, puisque le public était là, il a fallu faire durer le plaisir. Et voilà comment Dexter qui aurait dû ne durer que deux saisons s’est retrouvé rallongé de six saisons supplémentaires ! Et même chose pour Californication, série qui avait fait le tour de son propos en quatre saison et qui aurait mérité de se conclure à sa cinquième, comme beaucoup avant lui. Au lieu de cela on a dilué, et on a dilué les deux séries de la même manière. Puisque la série commence à devenir grand public, on commence à l’édulcorer, on ne creuse plus rien, et quand on arrive au bout d’un cycle… eh bah on reprend exactement le même cycle. Répétitions, absurdités, personnages caricaturaux digne des séries les plus basiques du monde… Tout y est passé. Et pour quoi au final ? Se conclure lamentablement, comme une fin aléatoire sortie de nulle part. Deux chefs d’œuvre au départ, deux lapidations à l’arrivée. Voilà donc pour moi la palme de la débandade. C’est une palme dédiée à une logique toute entière, celle de Showtime

 

 

Dans la deuxième partie...

Top 5 des personnages les plus touchants.

Top 5 des meilleurs bad-guys.

Top 5 des personnages les plus bad-ass.

Top 5 des meilleurs sidekicks.

Top 5 de la scène culte.

Top 5 des meilleurs cliffhangers.

Top 5 des meilleures conclusions de série.

Top 5 de mes meilleures séries.

 

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Publié par L'homme-grenouille - dans Séries TV : du cinéma autrement
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